Technopole

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Icône de paronymie Cet article possède un paronyme ; voir : Technopol.

Les termes technopole (féminin) et technopôle (masculin) apparaissent régulièrement dans la littérature à la fin des années 1970. Rapidement, un débat s'est engagé sur l'orthographe et le genre du mot. L'Académie française a opté en 1988 pour la technopole (cité des techniques) d'une part, et le pôle de technologie d'autre part. La première technopole en France qui ait consolidé la définition est celle de Sophia Antipolis, imaginée par le sénateur Pierre Laffitte à l'origine de la Fondation Sophia Antipolis et également créateur de l'Association mondiale des parcs scientifiques (IASP International Association of Science Parks).

La technopole[modifier | modifier le code]

La technopole (au féminin et sans accent) est le concept d'origine, d'où fut ensuite dérivé - par erreur sur l'orthographe - la notion de « technopôle », aujourd'hui officiellement abandonnée (Académie française) mais toujours invoquée par certaines technopoles (celle de Metz ou de Le Mans, par exemple). Certains dictionnaires usuels (Petit Robert et Petit Larousse), peu au fait de la décision de l'Académie, continuent à proposer une distinction de sens entre le terme correct technopole (féminin) et le barbarisme technopôle (masculin) : une technopole (du grec polis signifiant cité) serait un site urbain de technologie disposant de structures favorables au développement de technologies de pointe, tandis qu'un "technopôle" (sic) serait un site urbain destiné à accueillir des entreprises dites de haute technologie. On voit que la distinction de sens est inexistante ; et pour cause : les deux termes recouvrent une même notion.

Historiquement, l'idée de technopole renvoie à la notion de cité (polis en grec) dévolue aux techniques. Dans l'Encyclopédie de géographie, elle est définie comme « la réunion en un même lieu d'activités de haute technologie (électronique, chimie, biologie...), centres de recherche, entreprises, universités, ainsi que des organismes financiers facilitant les contacts personnels entre ces milieux[1]. »

En règle générale, les technopoles et les pôles de technologie sont des groupements d'organisations de recherche et d'affaires qui s'attachent au développement scientifique en englobant un processus allant de l'étape du laboratoire jusqu'à celle de la fabrication du produit. Ainsi, la technopole désigne un espace précis, le point singulier d'un territoire où se concentrent et s'irriguent mutuellement les activités économiques liées aux techniques nouvelles. Physiquement, c'est un ensemble d'entreprises (majoritairement petites et moyennes) structuré dans un environnement de qualité. Cet ensemble est situé généralement dans un système relationnel fermé avec des universités et des instituts de recherche technique, publics et privés.

Forme d'urbanisation, la technopole semble alors constituer un processus complexe de territorialisation-relocalisation selon les stratégies des firmes dominantes, tout en faisant preuve d'une volonté d'ancrage et d'intégration avec les collectivités locales.

La création de technopoles fut mise en œuvre par des villes dont les stratégies de développement économique s'appuyaient sur la valorisation d'un potentiel universitaire et de recherche, avec l'espoir que cette mise en valeur entraîne une industrialisation nouvelle à l'initiative d'entreprises de haute technologie, créées ou attirées sur place. En France, les premières technopoles et les premiers pôles de technologie (souvent maladroitement intitulés « technopôles ») ont souvent été créés à l'initiative de l'État (sud-ouest de Paris, Sophia Antipolis, Nancy-Brabois, Inovallée - ZIRST de Meylan, Futuroscope, EPALE...). La Technopole de Sophia Antipolis (cité de la science et de la sagesse près de Nice) actuellement la plus ancienne et plus grande d'Europe (1969, 2 400 ha) a été fondée sur un projet d'intérêt national sous la gouvernance d'une mission interministérielle.

Le pôle de technologie[modifier | modifier le code]

Quant au pôle de technologie (encore appelé par certains « technopôle », malgré l'avis négatif de l'Académie française[réf. souhaitée]), il évoque le développement polarisé des années 1950-1960 avec les pôles de croissance et pôles de développement.

Typologie des technopoles et pôles de technologie[modifier | modifier le code]

D'après l'importance et le type d'activité, on peut classer les technopoles ou pôles de technologie en plusieurs catégories :

  • Les centres d'innovation : en extension à l'intérieur de campus universitaire, ils fournissent de petites unités de recherche ou d'expertises pour les entreprises (exemple : à l'Université de technologie de Compiègne).Les CEEI (Business Innovation Centers Européens) issus de la commission européenne et sous la houlette du réseau EBN (European Business Innovation Centre Network) situé à Bruxelles qui compte plus de 300 CEEI dans 30 pays. En France les CEEI sont fédérés par le réseau RETIS qui regroupe plus de 133 membres (Technopoles, CEEI, Incubateurs et pôles de compétitivité).
  • Les parcs scientifiques : nés dans les pays anglo-saxons, aménagés à l'initiative des universités et à proximité des campus, leur développement est lié aux firmes possédant un département de « recherche et développement » en croissance ou déjà renommé, associé avec les laboratoires universitaires et avec d'autres unités subordonnées. Cet ensemble se compose de bureaux, de laboratoires et d'ateliers (exemple classique de Cambridge Research Park en Grande-Bretagne[réf. souhaitée]). Les technopoles françaises s'inspirent souvent de ce modèle.
  • Les parcs technologiques comprennent une forte proportion de recherche appliquée, éventuellement (mais pas nécessairement) en liaison avec les universités. L'activité essentielle y est la production industrielle de haute technologie et les services aux entreprises. Les technopoles sont souvent l'objet d'une opération mixte, activités économiques d'un côté, habitat et équipements de l'autre. (L'un des exemples classiques en France est Sophia Antipolis, ou moins connus, Rennes Atalante et la Technopole de Villeneuve d'Ascq à Lille).
  • Les parcs d'affaires et commerciaux : ils sont caractérisés par un environnement de haute qualité avec une faible densité et répondant à toutes les exigences des entreprises commerciales ayant une image de prestige et par des activités hautement spécialisées. Les fonctions sont triples : manufacture, commerce et services professionnels (On trouve de nombreux exemples dans la région parisienne, plus particulièrement près des aéroports).
  • Les zones industrielles supérieures : souvent influencées par l'image des parcs scientifiques et les tendances récentes de construction, elles ont une liaison faible voire éloignée de la haute technologie. Mais par la qualité du « design » et de leur apparence, elles ont bénéficié d'une image authentique de haute technologie.
  • Les Parcs Scientifiques Verts (Green Innovation Parks) : en 2009-2010, une nouvelle approche développée par la société Cicom à Sophia Antipolis consiste à concevoir des parcs d'activités scientifiques et technologiques qui ne consomment plus d'énergie et sont donc auto-suffisants; cette nouvelle génération de Green Park s'implante actuellement dans l'Oregon, à Izmir en Turquie, à Abu Dhabi avec le projet Masdar City par exemple et Pékin en Chine (Green Innovation Park). On y trouvera toutes les technologies vertes : énergie solaire photovoltaïque et thermique, éoliennes, puits géothermiques, recyclage de l'eau et des déchets, agriculture locale, transports électriques, etc.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Article de Claude Manzagol, « La localisation des activités spécifiques », p. 492, in Antoine Bailly, Robert Ferras, Denise Pumain (et) Encyclopédie de géographie, Economica, 1995.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • J. Araskiewiez (sous la direction de), 2003, L'héritage d'une utopie: essai sur la communication et l'organisation de Sophia-Antipolis, Aix-en-Provence, 226 p.
  • Y.Bertacchini, 2003, « Sophia Antipolis: ante et post de la projection d'une vision territoriale à l'observation de ses représentations virutelles » dans L'héritage d'une utopie: essai sur la communication et l'organisation de Sophia Antipolis, http://archivesic.ccsd.cnrs.fr:sic_00103853
  • P. Rasse, 2003, « Utopies de la cité de la sagesse »" dans L'héritage d'une utopie: essai sur la communication et l'organisation de Sophia Antipolis, http://archivesic.ccsd.cnrs.fr:sic_00153335
  • P. Rasse, C. Masoni Lacroix, J. Araskiewiez (sous la direction de), 2008, Réseaux d'innovation: enjeux de la communication au sein d'une technopole, le cas Sophia Antipolis, Paris, L'Harmattan: collection "Communication et Civilisation", 190 p.
  • Y. Couvidat, J. Giusti 1990, Atlas international des technopoles,Paris, Syros.
  • G. Benko, 1991, Géographie des technopôles, Paris, Masson.
  • (en) M. Castells, P. Hall, 1994, Technopoles of the World. The making of 21st Century Industrial Complexes, London, Routledge.