Huguette Bouchardeau

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Huguette Bouchardeau
Image illustrative de l'article Huguette Bouchardeau
Fonctions
Députée du Doubs
2 avril 19861er avril 1993
Législature VIIIe et IXe
Ministre de l’Environnement
17 juillet 198420 mars 1986
Président François Mitterrand
Gouvernement Gouvernement Fabius
Prédécesseur elle-même (en tant que secrétaire d'État)
Successeur Alain Carignon
Secrétaire d’État auprès du Premier ministre, chargée de l’Environnement et de la Qualité de la vie
22 mars 198317 juillet 1984
Président François Mitterrand
Gouvernement Gouvernement Mauroy III
Prédécesseur Michel Crépeau (en tant que ministre)
Successeur elle-même (en tant que ministre)
Biographie
Date de naissance 1er juin 1935 (79 ans)
Lieu de naissance Saint-Étienne (Loire)
Nationalité Drapeau de la France Française
Parti politique PSU

Huguette Bouchardeau, née le 1er juin 1935 à Saint-Étienne (Loire), est une femme politique française, écrivain qui fut également universitaire et éditrice.

Biographie[modifier | modifier le code]

Huguette Bouchardeau est née à Saint-Étienne, dans une famille de six enfants[1]. Sa mère était sténodactylo et son père gérant d'épicerie[2]. Elle étudie la philosophie à Lyon, tout en militant à l'UNEF, devenant présidente des étudiants en lettres puis, en 1955, secrétaire élue de l'AG des étudiants lyonnais, association créée par Paul Bouchet. Elle est agrégée de philosophie en 1962 (ou 1963?)[3], professeur de philosophie au lycée Honoré d'Urfé de Saint-Étienne, puis elle mène une carrière universitaire, comme maître de conférences à l'université Lyon 2[4]. Elle soutient en 1975 une thèse sur l'enseignement de la philosophie en France, de 1900 à 1972, qui porte sur les représentations qu'ont les enseignants de leur discipline et de leurs pratiques pédagogiques, ainsi qu'à l'analyse de manuels de philosophie[5]. Elle contribue à la fondation d’un des premiers centres d’études féministes universitaires, le «Centre lyonnais d’études féministes» (CLEF), à l'université Lyon 2. Huguette Bouchardeau est mariée et mère de trois enfants.

Une militante[modifier | modifier le code]

Huguette Bouchardeau mène une carrière politique. Elle est nommée secrétaire nationale du Parti socialiste unifié (PSU), fonction qu'elle occupe de 1979 à 1981, puis elle est désignée comme tête de liste de ce parti aux européennes de 1979.

En 1981, elle est la candidate du PSU à l'élection présidentielle de 1981, et bénéficie du soutien du Parti communiste révolutionnaire et la Fédération de la gauche alternative, qui rassemble des trotskistes et d'anciens maoïstes. Elle n'obtient que 1,11 % des voix au premier tour, candidate qui recueille le moins de suffrages à cette élection. Aux élections législatives de juin 1981, qui suivent l'élection de François Mitterand comme président de la république, elle est candidate dans la première circonscription de la Loire et bénéficie du soutien du Parti socialiste, mais elle échoue, devancée de 126 voix par le candidat communiste au second tour de l'élection.

Une ministre[modifier | modifier le code]

En mars 1983, elle est nommée secrétaire d'État à l'environnement et au cadre de vie auprès du Premier ministre (gouvernement Pierre Mauroy (3)), puis en juillet 1984 elle devient ministre de l'Environnement (gouvernement Laurent Fabius). La loi du 12 juillet 1983, relative à la démocratisation des enquêtes publiques et à la protection de l’environnement est couramment appelée «loi Bouchardeau» ; ainsi, on parle d'enquête publique de type Bouchardeau ou de droit commun.

Une parlementaire[modifier | modifier le code]

Démissionnaire du PSU en 1986, elle devient en mars 1986 députée du Doubs, et le reste jusqu'en mars 1993, date à laquelle elle renonce à se représenter (cf. bibliographie, article de Libération, 30 mai 1995). Pendant le second septennat de François Mitterrand, elle se rapproche de France Unie - mouvement rassemblant les non-socialistes de la majorité gouvernementale, elle est la candidate de ce mouvement à la présidence de l'Assemblée nationale en janvier 1992.

Une maire[modifier | modifier le code]

Elle est maire d'Aigues-Vives (Gard) de 1995 à mai 2001[6].

Une éditrice[modifier | modifier le code]

Huguette Bouchardeau est à l'initiative de la collection Mémoire des femmes, aux éditions Syros (1978-1984)[7], collection qu'elle dirige jusqu'à sa candidature à l'élection présidentielle française. Elle fonde en 1995 HB éditions, à Forcalquier, maison d'édition dirigée ensuite par son fils François, et qui a cessé ses activités en 2008.

Loi Bouchardeau[modifier | modifier le code]

  • Loi Bouchardeau du 12 juillet 1983, no 83-630, relative à la démocratisation des enquêtes publiques et à la protection de l’environnement, qui réforme l’enquête publique dont l’objet est d’informer le public et de recueillir ses appréciations, ses suggestions et ses contre-propositions (cf. Commission nationale du débat public).

Décoration[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • (Entretien avec Huguette Bouchardeau) Margaret Maruani et Chantal Rogerat, « Huguette Bouchardeau »,revue Travail, genre et sociétés, 1999/2 n° 2, p.5-23 Article en ligne.
  • Hélène Crie-Wiesner, Portrait, Huguette Bouchardeau, Libération, 31 mai 1995 En ligne.

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • (Thèse de 3e cycle) Une institution : La philosophie dans l'enseignement du second degré en France 1900-1972, 1975.
  • Pas d'histoire, les femmes, Syros, 1977
  • Un coin dans leur monde, Paris, Éditions Syros, 1980
  • Tout le possible, 1981
  • Le Ministère du possible, Alain Moreau, 1986
  • Choses dites de profil, Ramsay, 1988
  • George Sand, la lune et les sabots, Robert Laffont, 1990
  • La Grande Verrière, Payot 1991
  • Carnets de Prague, Seghers, 1992
  • Rose Noël, 1992
  • Simone Weil, éd. Julliard, 1995
  • Leur père notre père, 1996
  • Les Roches rouges : portrait d'un père, Écriture, 1996
  • Faute de regard, Écriture, 1997
  • Le Déjeuner, François Bourin, 1998
  • Agatha Christie, Flammarion, 1998
  • Elsa Triolet, Flammarion, 2000
  • Mes nuits avec Descartes, Flammarion, 2001
  • Nathalie Sarraute, 2003
  • La Famille Renoir, Calmann-Lévy, 1994
  • Simone Signoret, 2005
  • Simone de Beauvoir, 2007

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Portrait, Libération, 30 mai 1995 (bibliographie).
  2. Entretien avec H. Bouchardeau, cf. source, p.3-4.
  3. Notice d'autorité Sudoc, consultée le 16 juillet 2014.
  4. Notice de la BnF, cursus, consulté en ligne le 16 juillet 2014.
  5. p. 191-192, Anne-Maris Drouin-Hans, «Les sciences humaines dans la philosophie des manuels : une dangereuse familiarité ? (France, 1960-1996)», in Claude Blanckaert et al. L'histoire des sciences de l'homme: trajectoire, enjeux et questions vives, pp. 183-218, Paris, L'Harmattan, 1999
  6. http://www.liberation.fr/portrait/0101141106-huguette-bouchardeau-elle-semblait-avoir-tire-un-trait-sur-la-politique-et-voila-que-l-ex-ministre-de-l-environnement-devenue-ecrivain-se-presente-aux-municipales-a-aigues-vives-huguette-entre-le-gard
  7. Entretien dans la revue Travail, genre et sociétés, 1999
  8. Libération.fr, 14 juillet 2014, http://www.liberation.fr/societe/2014/07/13/legion-d-honneur-l-institutrice-tuee-a-albi-decoree-pour-le-14-juillet_1062963

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]