Séquanes

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Les peuplades de Gaule

Les Séquanes étaient l'un des peuples celtes établie au nord de l'Helvétie romaine[1]. Ils s'opposaient à leurs voisins Éduens à l'ouest. Le terme *sequana, nom d'une divinité celte signifiant "la rapide", est à l'origine du nom de diverses rivières : la Seine par exemple ou la Saine dans le Jura qui passe par le village de Chaux-des-Crotenay.

Protohistoire[modifier | modifier le code]

Les Séquanes contrôlaient un vaste territoire correspondant aujourd'hui à la majeure partie de la Franche-Comté, entre la Saône, la Bresse, le Jura, les Vosges et le Sundgau qui leur fut enlevé peu avant l'intervention de César par Arioviste. Leur capitale était Vesontio (Besançon). Parmi les autres villes importantes connues on trouve Epomanduodurum (Mandeure), Segobodium (Seveux) et Luxovium (Luxeuil). Il est possible que les Rauraques leur aient été soumis avant leur émancipation après la guerre des Gaules[2].

La conquête romaine[modifier | modifier le code]

Peuple de cavaliers[réf. nécessaire], les Séquanes, après le déclin des Arvernes, devinrent une des plus puissantes tribus de la Gaule. En concurrence directe avec les Éduens, ils remportèrent une guerre contre ces derniers peu avant la conquête romaine. Ils avaient conclu certaines alliances avec Rome, qui permettait à la république d'avoir les Séquanes en barrière face aux Germains[réf. nécessaire].

Vers 60 av. J.-C., « Quand César arriva en Gaule, un de ces partis avait à sa tête les Eduens, et l’autre les Séquanes. Ces derniers qui, réduits à leurs seules forces, étaient les plus faibles, car les Eduens jouissaient depuis longtemps d’une très grande influence et leur clientèle était considérable, s’étaient adjoint Arioviste et ses Germains, et se les étaient attachés au prix de grands sacrifices et de grandes promesses »[3].

Cependant, les Suèves s'installent sur les terres des Séquanes (vers l'Alsace actuelle).

En 58 av. J.-C., Casticos, un notable, fils de Catamantaloedis qui avait régné sur ce peuple, se serait emparé du pouvoir suprême à l'instigation d'Orgétorix, notable des Helvètes prétendant au trône. Le but des Helvètes était ainsi d'obtenir l'autorisation de traverser le territoire séquane et de migrer vers l'océan Atlantique, chez les Santons.

Jules César choisit le prétexte de cette migration pour déclencher la guerre. Après avoir battu les Helvètes, il part vers le nord, occupe Besançon puis vainc Arioviste et les Suèves. Il fait hiverner ses légions chez les Séquanes et renforce le pouvoir des Eduens.

Les Séquanes fourniront 12 000 hommes à l'armée de secours de Vercingétorix, lors du siège d'Alésia[4]. Selon Dion Cassius, c'est sur leur territoire que se déroula la bataille d'Alésia en -52. Ce passage de l'historien grec tardif amena dès le XIXe siècle un certain nombre de chercheurs à penser que, contrairement aux affirmations de la majorité des archéologues depuis Napoléon III, partisan d'Alise-Sainte-Reine (Côte-d'Or), le site d'Alésia pourrait se situer plutôt dans le Jura. Plusieurs sites furent proposés, pour la plupart abandonnés de nos jours, si l'on excepte Chaux-des-Crotenay près de la Saine dans le Jura, qui mériterait de plus amples investigations.

Époque impériale[modifier | modifier le code]

Durant l'Empire romain, les Séquanes sont restés une cité puissante intégrée aux provinces de Gaule, puis de Germanie supérieure. L'archéologie témoigne essentiellement de cette période, avec certains monuments importants, comme la Porte Noire de Besançon, datant du deuxième siècle. La Tétrarchie en a fait le centre d'une province appelée "Grande Séquanaise", Maxima Sequanorum.

Sources[modifier | modifier le code]

« Séquanes » dans Les Celtes de Henri Hubert[5] pages 151, 161, 233, 234, 236, 368, 461, 470, 476, 480, 483, 497

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • M. Gschaid, « Inscriptions religieuses des cités des Séquanes et des Ambarres. Nouvelles interprétations », DHA, 20-2, 1994, p. 155-188 Lire en ligne.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. César, Bellum Gallicum "…altera (natura Helvetiae) ex parte monte Jura altissimo, qui est inter Sequanos et Helvetios (…):
  2. Stefan Fichtl, Les peuples gaulois, Éditions Errance, 2012
  3. Jules César, Commentaires sur la Guerre des Gaules, Livre VI, 12.
  4. Jules César, Commentaires sur la Guerre des Gaules, Livre VII, 75.
  5. Henri Hubert, Les Celtes, Albin Michel, coll. « Bibliothèque de l'Evolution de l'Humanité »,‎ 1932, 733 p. (ISBN 2-226-12260-5)