Centre-ville

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Le centre-ville est le cœur de la ville. Il est également appelé hypercentre dans le cas des grandes agglomérations. C'est le lieu des manifestations culturelles et sportives, des échanges et de la politique (au sens de la polis grecque). On y retrouve les lieux de culte, la place, la mairie, et les magasins de toutes sortes.

Au fil du temps, les centres-villes ont changé de rôle et de valeur.

Évolution dans le temps[modifier | modifier le code]

Antiquité[modifier | modifier le code]

Pyramide maya El Castillo

Comme les défenses étaient généralement de toute première importance, la ville antique était souvent située sur des hauteurs. Le centre-ville était un groupe d’habitations protégées par une enceinte assurant principalement la protection, mais aussi une concentration idéale pour la religion à en juger par le nombre et la taille des temples qu’ont découverts les archéologues. La ville de Babel avec sa grande tour religieuse est un bon exemple. Vivant dans la peur d'être attaquée et réduite à l'esclavage, la population fermait les portes de la ville la nuit en cas de danger. À l’extérieur et au-delà des murailles s’étendaient les champs, les terrains de pâture qui n’étaient pas défendus pendant les attaques.

Les citadins vivaient souvent de l’agriculture et de l’élevage ; ils travaillaient donc à l'extérieur de la ville mais habitaient souvent à l’intérieur de la ville plutôt que sur leur exploitation. Les villes servaient de dépôts de marchandises, de centres d’activité commerciale et de marchés de distribution, à l'instar des villes Tyr et Sidon. Durant la domination de l'Empire romain, certains centres-villes naissent par la présence de forts militaires, comme Wiesbaden en Allemagne, Vienne en Autriche. Après la construction des camps militaires vient généralement celle de cathédrales ou d'autres bâtiments religieux puis des bâtiments destinés à l'enseignement général.

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

une rue d'aspect médiéval à Honfleur en Normandie.

La vocation militaire de la ville décline au profit du château-fort mais elle-même s'enferme toujours derrière des murailles avec des douves ; les territoires sont divisés en nombreux royaumes. Les premiers châteaux forts en pierre apparaissent à la fin du Xe siècle. Un grand nombre de villes médiévales sont entourées de remparts (Paris, Rouen, Carcassonne) suite à l'insécurité majeure qui règne. La ville redevient le lieu du pouvoir et les capitales se développent ; elle connaît l'émergence d'une nouvelle couche sociale : la bourgeoisie. Les bourgeois, écartés du pouvoir, souhaitent s’impliquer dans la vie politique et obtiennent en 1214 le droit de créer un conseil avant de prendre le pouvoir en 1262. Le commerce connaît la création de La Hanse, association professionnelle de marchands ; elle devient une union politique.

Les conditions sociales sont différentes. Le serf est un homme dépendant d'un seigneur ; aux niveaux supérieurs de la hiérarchie sociale, les relations entre les hommes libres sont caractérisées par les liens de vassalité : le vassal doit aide et conseil à l'homme auquel il a prêté serment de fidélité. De tels liens impliquent un certain nombre de devoirs, au nombre desquels le service militaire. Ces liens de dépendances ont pour conséquence principale une forte hiérarchisation sociale, le centre intellectuel de la féodalité se situe essentiellement dans les abbayes et les monastères où se développe l'art architectural.

Époque moderne[modifier | modifier le code]

Strasbourg vers 1900

La Révolution française détruit les droits seigneuriaux et féodaux. L'industrialisation et la concentration ouvrière créent une pauvreté durable et massive des ouvriers, qui ne peuvent évoluer. Les agriculteurs et l'industrie se trouvent en situation de surproduction. Le chômage augmente, accélérant l'exode rural vers les grandes villes où les chômeurs espèrent trouver du travail.

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

Lotissement péri-urbain

Les changements économiques ont amené des couches sociales urbaines prospères à vouloir participer au pouvoir. Mais à côté d'elles, un prolétariat ouvrier qui est lui aussi – fait nouveau – urbain, se développe. Les progrès techniques nourrissent les conflits et s'accélèrent avec eux, ce qui retire le côté protecteur de la ville. En effet, les forces militaires sont telles qu'une protection physique devient dérisoire ; la politique est vue comme une solution pour la protection. Les débats politiques ne se font plus dans les rues. En France, l'exode rural s'est grosso modo terminé en 1975. Depuis cette date, le solde migratoire campagne/ville s'est stabilisé, voire depuis le début des années 1990 s'est inversé aux alentours des grandes régions urbanisées. On parle maintenant de rurbanisation : les citadins s'installent à la campagne tout en gardant un mode de vie urbain, un travail en ville. Ce phénomène produit un « mitage » du paysage par un bâti parsemé, ou au mieux réparti en lotissements. Cela créé une modification des paysages et des conflits entre les activités agricoles et les rurbains.

Avenir[modifier | modifier le code]

Paris vue par satellite

On assiste à un étalement des villes. Le centre-ville se vide de ses habitants et de ses commerces, la circulation est problématique. Les banlieues voient l'avènement de centres commerciaux et zones d'activité diverses qui conduit à la formation de edge cities (ville-lisière).

Le développement économique, les mutations sociales successives, l'augmentation de la population urbaine et l'engorgement des réseaux de transport conjugué à l'étalement urbain poussent à une plus grande sectorisation de la ville. La ville perd progressivement son caractère centralisé. Les transports publics permettent à la population de se déplacer facilement et rapidement. Une autre motivation importante conduisant à l'étalement urbain est le choix d'un cadre de vie qui paraisse plus agréable à l'individu urbain lui offrant des surfaces habitables plus importantes à moindre coût et dans un bâti moins dense.

La ville vue par des auteurs[modifier | modifier le code]

  • « Car il y a dans les villes deux fonctions, l'une primaire d'habitation, l'autre secondaire de circulation et on voit aujourd'hui partout l'habitation méprisée, sacrifiée à la circulation, de telle sorte que nos villes, privées d'arbres, de fontaines, de marchés, de berges, pour être de plus en plus « circulables », deviennent de moins en moins habitables. », Des clés et des serrures, Michel Tournier
  • « D'un autre côté, pour s'orienter dans Londres, si l'on ne connaît pas cette ville ne vaut-il pas mieux disposer d'un plan de Berlin que pas de plan du tout ? », Là pour ça, Alain Fleischer
  • « La forme d’une ville change plus vite, hélas, que le cœur des mortels. », Charles Baudelaire

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]