Mandeure

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Mandeure
Vue générale de Mandeure.
Vue générale de Mandeure.
Blason de Mandeure
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Franche-Comté
Département Doubs
Arrondissement Montbéliard
Canton Valentigney
Intercommunalité Pays de Montbéliard Agglomération
Maire
Mandat
Jean-Pierre Hocquet
2014-2020
Code postal 25350
Code commune 25367
Démographie
Gentilé Mandubiens
Population
municipale
4 905 hab. (2011)
Densité 325 hab./km2
Géographie
Coordonnées 47° 27′ 07″ N 6° 48′ 22″ E / 47.4519444444, 6.8061111111147° 27′ 07″ Nord 6° 48′ 22″ Est / 47.4519444444, 6.80611111111  
Altitude Min. 324 m – Max. 581 m
Superficie 15,1 km2
Localisation

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Mandeure
Liens
Site web www.ville-mandeure.com

http://mandeuremaville.voila.net

Mandeure est une commune française située dans le département du Doubs en région Franche-Comté.

Géographie[modifier | modifier le code]

Arrosée par la rivière le Doubs, Mandeure est rattachée à la communauté d'agglomération du pays de Montbéliard. Elle est intégrée dans l'aire urbaine Belfort-Montbéliard-Héricourt-Delle.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Rose des vents Valentigney Rose des vents
N Bondeval
O    Mandeure    E
S
Bourguignon, Mathay Écurcey

L'urbanisation est localisée exclusivement dans la vallée du Doubs, qui constitue le nord du territoire communal. La partie sud comporte d'abord un petit plateau à vocation agricole dans son extrémité septentrionale, puis une vaste zone plus montagneuse percée de petites combes et plantée de forêts (900 hectares).

Historiquement, la commune était composée de deux centres reliés par la route nationale 437 (actuellement déclassée en D 437) : Mandeure à l'ouest (côté amont du Doubs), et Beaulieu à l'est (côté aval). Chacun de ces centres constituait une paroisse à part, et possédait ses propres commerces. Entre les deux, le quartier de Courcelles était composé de quelques habitations seulement.

Ce quartier de Courcelles a fait l'objet d'un développement important vers l'est dans les années 1970 : construction d'un collège, d'un terrain et d'une salle de sports, ainsi que d'immeubles de logements sociaux. Il est même prévu à l'époque d'y déplacer la mairie ; l'une des rues nouvellement tracées est ainsi nommée avenue de l'hôtel de ville, nom qui perdure malgré l'abandon définitif du projet. En 1974, un immeuble de 10 étages et d'une capacité d'accueil de 216 chambres est construit par l'Association montbéliardaise d'aide aux travailleurs (AMAT)[1]. Il est désaffecté dès 1994[1], et finalement détruit en avril 2010.

Désormais la bipolarité Mandeure – Beaulieu est toujours tangible, notamment au niveau des commerces, mais l'urbanisation est continue le long de la route départementale 437.

Toponymie[modifier | modifier le code]

À l'époque romaine, Mandeure se nommait Epomanduodurum, nom qui peut avoir une origine aussi bien celtique que romaine :

  • du celtique Epona (déesse des chevaux) ;
  • du celtique man (bien) ;
  • du celtique tueddre (dresser) ;
  • mais aussi du suffixe latin -durum (lieu fortifié).

D'autres décompositions du nom Epomanduodurum sont possibles :

  • Epo (cheval), manduo (petit), durum (forteresse). Le nom signifierait alors « forteresse des petits chevaux » ;
  • Epo (attelage) Mandu (petit cheval de trait) et durum (forteresse)[2].

Au VIIe siècle, la Cosmographie du Ravennate utilise le nom Mandrola. Au XVIIIe siècle, deux chartes évoquent Mandodrum et Mandourum[3].

Histoire[modifier | modifier le code]

Mandeure (Epomanduo) sur la Table de Peutinger

Le peuplement remonte à la période gauloise.

Théâtre gallo-romain de Mandeure.
Quartier « Beaulieu » à l'est. On aperçoit les usines de Peugeot Motocycles et l'église.

À l'époque romaine, Epomanduodurum était une importante cité installée dans un méandre du Doubs. De nombreux vestiges en subsistent aujourd'hui : théâtre adossé à flanc de colline (le deuxième plus grand de Gaule), bains dans l'actuel quartier de Courcelles, habitations. La cité était organisée selon un plan orthogonal, divisé en grands îlots rectangulaires. En périphérie, l'ensemble urbain et artisanal de l'Essarté était situé sur le territoire de l'actuelle Mathay[3].

Article détaillé : Epomanduodurum.
Article détaillé : Théâtre antique de Mandeure.

Après la période romaine, l'histoire de Mandeure est mal connue jusqu'au XIIe siècle, où deux actes citent un Othon de Mandeure (1136) et un Werner de Mandeure (1187)[3]. Après une période franque, Mandeure est intégrée dans l'Empire germanique. À partir du XIIe siècle, l'histoire de la cité est marquée par les rivalités entre l'archevêché de Besançon et le comté de Montbéliard (plus tard, les princes de Wurtemberg et de Montbéliard)[3]. La population est divisée en deux communautés : certains habitants dépendent de l'archevêché de Besançon, d'autres des princes de Montbéliard.

La Réforme est introduite à Mandeure en 1583. Toutefois, la Réforme a été introduite à Montbéliard dès 1524, près de soixante ans plus tôt. À partir du 25 juillet 1583, il existe deux communautés à Mandeure[3] :

  • les catholiques (environ 300 personnes), qui dépendent de l'archevêché de Besançon ;
  • les luthériens (environ 30 personnes), qui dépendent des princes de Montbéliard.

Jusqu'en 1679, les deux communautés partagent la même église. Successivement, les deux communautés se voient accorder une certaine autonomie politique et économique :

  • le 16 février 1518, Antoine de Vergy, l'archevêque de Besançon, donne des franchises aux habitants, ce qui les place en situation d'autogestion ;
  • le 24 juin 1656, Léopold Frédéric, prince de Montbéliard, donne les mêmes droits aux luthériens.

En 1786, la seigneurie de Mandeure est cédée au roi de France, mais elle demeure une principauté ecclésiastique liée à Besançon.

En 1792, Raymond Durfort, l'archevêque de Besançon, prince de Mandeure, meurt alors qu'il s'est exilé en Suisse, à la suite de la Révolution française.

Mandeure se constitue alors en république indépendante, fondée le 15 avril 1792. La ville prend la devise aquila non capit muscas (l'aigle ne prend pas les mouches), devise qu'elle conserve encore aujourd'hui.

Mais Mandeure est définitivement annexée par la France le 10 octobre 1793, à l'occasion d'une opération menée dans le pays de Montbéliard par le conventionnel Bernard de Saintes. Elle est alors rattachée au département de la Haute-Saône, puis du Mont-Terrible en 1797, du Haut-Rhin en 1800 et enfin du Doubs en 1816.

Économie[modifier | modifier le code]

Jusqu'à la fin du XIXe siècle, la grande majorité des habitants de Mandeure sont agriculteurs. On cultive des vignes qui donnent des vins réputés localement[3]. Des industries (entreprise Peugeot et papeterie) s'installent alors à Mandeure ; l'agriculture régresse fortement, modifiant radicalement la physionomie de la commune.

Mandeure est actuellement un centre industriel, en raison notamment de l'implantation des premières usines Peugeot dès la fin du XIXe siècle. Ainsi, des automobiles puis des motos et des vélos Peugeot ont été fabriqués à Mandeure jusque dans les années 1980.

Actuellement, trois usines subsistent de ce passé :

  • une usine d'équipements pour l'automobile. Longtemps dans le groupe PSA (équipementier automobile Faurecia) avec une production diverse, elle fabrique désormais des colonnes de direction au sein du groupe japonais Fuji Autotech. Son propriétaire a annoncé en 2007 l'agrandissement du site (350 salariés en 2007, 200 de plus à terme)[4] ;
  • cette usine, scindée en deux, fabrique, d'un autre côté des lignes d'échappement pour l'équipementier Faurecia.
  • une usine de la société Peugeot Motocycles qui fabrique des scooters. Avec 800 salariés, il s'agit de la principale unité de production de la marque.

L'autre grande industrie de Mandeure est sa papeterie, fondée en 1883[5] et installée au bord du Doubs. Elle fait partie du groupe Clairefontaine depuis 1990[6]. Elle possède actuellement une capacité de production de 30 000 tonnes de papier par an, et se consacre aux papiers cartons, aux bristols, aux papiers lustrés, à la billetterie, aux papiers spéciaux et aux supports pour induction magnétique[5].

Une société de traitement de surface et zingage, à vocation nationale, existe depuis 1964. Mandeure est également dotée d'une société de traitement des déchets.

Quelques petites exploitations agricoles subsistent.

La ville de Mandeure est dotée d'un terrain de camping situé sur les bords du Doubs et d'un hôtel de 5 chambres. En outre, Mandeure possède de nombreux commerces et une moyenne surface.

Mandeure et son plateau agricole.

Mandeure présentée à toute la France[modifier | modifier le code]

La ville de Mandeure est citée abondamment dans un épisode d'À votre écoute, coûte que coûte : L'homme qui ne voulait pas être délocalisé[7]. Le côté satirique de l'émission se conjugue aux problèmes d'emploi réels que connaît la ville, dépendante en partie de l'industrie automobile du bassin industriel de Montbéliard. Celle-ci a le mérite de les faire connaître à l'ensemble du pays.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
2014 en cours Jean-Pierre Hocquet   maire
1987 2014 Joseph Tyrode parti socialiste maire
1965 1987 Eugène Courvoisier parti socialiste maire
1959 1965 Marcel Girardot   maire
1945 1959 Charles Cordier   maire
1941 1945 Pierre Sire   maire
1935 1941 Eugène Peugeot   maire
1908 1935 Robert Peugeot   maire
Les données manquantes sont à compléter.

La mairie actuelle date de 1904.

La commune demande le raccordement au télégraphe et un bureau de poste en 1884. Cependant celui-ci n'est établi qu'en 1918. La première ligne téléphonique (privée) date de 1903[3].

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 4 905 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
625 631 640 707 711 846 905 908 961
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
904 996 1 013 1 061 1 047 1 118 1 190 1 294 1 629
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 933 2 409 2 871 4 179 5 124 5 180 4 985 4 564 5 120
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2011
5 186 5 550 6 596 6 105 5 402 5 142 5 035 5 022 4 905
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[8] puis Insee à partir de 2004[9].)
Histogramme de l'évolution démographique


À l'époque romaine, certaines sources attestent d'une population allant jusqu'à 30 000 habitants.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Frédéric Bataille (1850-1946), poète et mycologue.
  • Grégory Gaultier (né en 1982), joueur professionnel de squash (4 fois champion d'Europe, vice-champion du monde 2006, no 1 français).
  • David Zollinger (né en 1982), pilote automobile, quatre fois champion d'Europe (2009, 2010, 2011 et 2013), quatre fois champion de France (2003, 2005, 2007 et 2008) et deux fois vice-champion (2004 et 2006).

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Mandeure

Les armes de Mandeure se blasonnent ainsi :

tiercé en pairle, au premier d'argent à une abeille d'or, au deuxième d'azur à un bar d'argent, au troisième de gueules à un bar d'or, les deux bars posés adossés.

* Il y a là non-respect de la règle de contrariété des couleurs : ces armes sont fautives (abeille d'or sur argent).

L'abeille est l'emblème de la République de Mandeure ; les deux bars sont issus des armoiries des comtes de Montbéliard[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b AMAT – Projet d'entreprise associative 2009-2013.
  2. Dictionnaire de la langue gauloise, Xavier Delemarre, 2003, ISBN 2-87772-369-0
  3. a, b, c, d, e, f, g et h Mandeure au fil du temps, Cercle carthophile du pays de Montbéliard, 1995. ISBN 2-9507666-1-7.
  4. Les Echos, 25 juillet 2007, page 14
  5. a et b Site du groupe Clairefontaine, Usines et papeteries de Clairefontaine.
  6. Site de la papeterie de Mandeure.
  7. http://www.franceinter.fr/player/reecouter?play=321991
  8. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  9. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2011

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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