Mandeure

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Mandeure
Carte de localisation de Mandeure
Pays France France
Région Franche-Comté
Département Doubs
Arrondissement Montbéliard
Canton Valentigney
Code Insee 25367
Code postal 25350
Maire
Mandat en cours
Joseph Tyrode
2008-2014
Intercommunalité Communauté d'agglomération du Pays de Montbéliard
Latitude
Longitude
47° 27′ 07″ Nord
         6° 48′ 22″ Est
/ 47.4519444444, 6.80611111111
Altitude 324 m (mini) – 581 m (maxi)
Superficie 15,1 km²
Population sans
doubles comptes
5 035 hab.
(2006)
Densité 333 hab./km²

Mandeure est une commune française, située dans le département du Doubs et la région Franche-Comté.

Sommaire

[modifier] Géographie et morphologie urbaine

Arrosée par la rivière le Doubs, Mandeure est rattachée à la communauté d'agglomération du Pays de Montbéliard. Elle est intégrée dans l'aire urbaine Belfort-Montbéliard-Héricourt-Delle.

Ses communes limitrophes sont Valentigney, Bondeval, Écurcey, Bourguignon et Mathay.

L'urbanisation est localisée exclusivement dans la vallée du Doubs, qui constitue le nord du territoire communal. La partie sud comporte d'abord un petit plateau à vocation agricole dans son extrémité septentrionale, puis une vaste zone plus montagneuse percée de petites combes et plantée de forêts (900 ha).

Historiquement, la commune était composée de deux centres reliés par la route nationale 437 (actuellement déclassée en D437) : Mandeure à l'ouest (côté amont du Doubs), et Beaulieu à l'est (côté aval). Chacun de ces centres constituait une paroisse à part, et possédait ses propres commerces. Entre les deux, le quartier de Courcelles était composé de quelques habitations seulement. Désormais cette bipolarité est toujours tangible, notamment au niveau des commerces, mais l'urbanisation est continue le long de la route départementale 437.

[modifier] Origine

À l'époque romaine, Mandeure se nommait Epomanduodurum, nom qui peut avoir une origine aussi bien celtique que romaine :

  • du celtique Epona (déesse des chevaux)
  • du celtique man (bien)
  • du celtique tueddre (dresser)
  • mais aussi du suffixe latin -durum (lieu fortifié)

On peut également donner une autre décomposition du nom Epomanduodurum : Epo (cheval), manduo (petit), durum (forteresse). Le nom signifierait alors « forteresse des petits chevaux. »

Au VIIe siècle, la Cosmographie du Ravennate utilise le nom Mandrola. Au XVIIIe siècle, deux chartes évoquent Mandodrum et Mandourum.[1]

on peut aussi donner pour "Epo" (attelage) "Mandu" (petit cheval de trait)et "durum" forteresse (Xavier Delemarre dictionnaire de la langue gauloise 2003)

[modifier] Histoire

Le peuplement remonte à la période gauloise.

Théâtre gallo-romain de Mandeure.
Quartier « Mandeure » à l'ouest. On aperçoit la mairie, la papeterie, l'église et le temple luthérien.
Quartier « Beaulieu » à l'est. On aperçoit les usines de Peugeot Motocycles et l'église.

À l'époque romaine, Epomanduodurum était une importante cité installée dans un méandre du Doubs. De nombreux vestiges en subsistent aujourd'hui : théâtre adossé à flanc de colline (le deuxième plus grand de Gaule), thermes, habitations. La cité était organisée selon un paln orthogonal, divisé en grands îlots rectangulaires. En périphérie, l'ensemble urbain et artisanal de l'Essarté était situé sur le territoire de l'actuelle Mathay.[1]

Article détaillé : Théâtre antique de Mandeure.

Après la période romaine, l'histoire de Mandeure est mal connue jusqu'au XIIe siècle, où deux actes citent un Othon de Mandeure (1136) et un Werner de Mandeure (1187).[1] Après une période franque, Mandeure est intégrée dans l'Empire germanique. À partir du XIIe siècle, l'histoire de la cité est marquée par les rivalités entre l'archevêché de Besançon et le comté de Montbéliard (plus tard, les princes de Wurtemberg et de Montbéliard).[1] La population est divisée en deux communautés : certains habitants dépendent de l'archevêché de Besançon, d'autres des princes de Montbéliard.

La Réforme est introduite à Mandeure en 1583. Toutefois, la Réforme a été introduite à Montbéliard dès 1524, près de soixante ans plus tôt. À partir du 25 juillet 1583, il existe deux communautés à Mandeure[1] :

  • les catholiques (environ 300 personnes), qui dépendent de l'archevêché de Besançon ;
  • les luthériens (environ 30 personnes), qui dépendent des princes de Montbéliard.

Jusqu'en 1679, les deux communautés partagent la même église. Successivement, les deux communautés se voient accorder une certaine autonomie politique et économique :

  • le 16 février 1518, Antoine de Vergy, l'archevêque de Besançon, donne des franchises aux habitants, ce qui les place en situation d'autogestion ;
  • le 24 juin 1656, Léopold Frédéric, prince de Montbéliard, donne les mêmes droits aux luthériens.

En 1792, Raymond Durfort, l'archevêque de Besançon, prince de Mandeure, meurt alors qu'il s'est exilé en Suisse, suite à la révolution française.

Mandeure se constitue alors en république indépendante, fondée le 15 avril 1792. La ville prend la devise aquila non capit muscas (l'aigle ne prend pas les mouches), devise qu'elle conserve encore aujourd'hui.

Mais Mandeure est définitivement annexée par la France le 10 octobre 1793, à l'occasion d'une opération menée dans le pays de Montbéliard par le conventionnel Bernard de Saintes. Elle est alors rattachée au département de la Haute-Saône, puis du Mont-Terrible en 1797, du Haut-Rhin en 1800 et enfin du Doubs en 1816.

[modifier] Économie

Jusqu'à la fin du XIXe siècle, la grande majorité des habitants de Mandeure sont agriculteurs. On cultive des vignes qui donnent des vins réputés localement.[1] Des industries (entreprise Peugeot et papeterie) s'installent alors à Mandeure ; l'agriculture régresse fortement, modifiant radicalement la physionomie de la commune.

Mandeure est actuellement un centre industriel, en raison notamment de l'implantation des premières usines Peugeot dès la fin du XIXe siècle. Ainsi, des automobiles puis des motos et des vélos Peugeot ont été fabriqués à Mandeure jusque dans les années 1980.

Actuellement, deux usines subsistent de ce passé :

  • une usine d'équipements pour l'automobile. Longtemps dans le groupe PSA (équipementier automobile Faurecia) avec une production diverse, elle fabrique désormais des colonnes de direction au sein du groupe du groupe japonais Fuji Autotech. Son propriétaire a annoncé en 2007 l'agrandissement du site (350 salariés en 2007, 200 de plus à terme)[2] ;
  • une usine de la société Peugeot Motocycles qui fabrique des scooters. Avec 800 salariés, il s'agit de la principale unité de production de la marque.

L'autre grande industrie de Mandeure est sa papeterie, fondée en 1883[3] et installée au bord du Doubs. Elle fait partie du groupe Clairefontaine depuis 1990.[4] Elle possède actuellement une capacité de production de 30 000 tonnes de papier par an, et se consacre aux papiers cartons, aux bristols, aux papiers lustrés, à la billetterie, aux papiers spéciaux et aux supports pour induction magnétique.[3]

Une société de traitement de surface et zingage, à vocation nationale, existe depuis 1964. Mandeure est également dotée d'une société de traitement des déchets.

Quelques petites exploitations agricoles subsistent.

La ville de Mandeure est dotée d'un terrain de camping situé sur les bords du Doubs et d'un hôtel de 5 chambres. En outre, Mandeure possède de nombreux commerces et une moyenne surface.

Mandeure et son plateau agricole.

[modifier] Administration

Liste des maires successifs
Période Identité Parti Qualité
1987 2014 Joseph Tyrode parti socialiste maire, conseiller général
1965 1987 Eugène Courvoisier parti socialiste maire
1959 1965 Marcel Girardot maire
1945 1959 Charles Cordier maire
1941 1945 Pierre Sire maire
1935 1941 Eugène Peugeot maire
1908 1935 Robert Peugeot maire
Toutes les données ne sont pas encore connues.

La mairie actuelle date de 1904.

La commune demande le raccordement au télégraphe et un bureau de poste en 1884. Cependant celui-ci n'est établi qu'en 1918. La première ligne téléphonique (privée) date de 1903.[1]

[modifier] Démographie

À l'époque romaine, certaines sources attestent d'une population allant jusqu'à 30 000 habitants. Les fluctuations récentes sont les suivantes :

Évolution démographique
1936 1954 1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006
4985 5120 5186 5550 6596 6105 5402 5142 5035
Nombre retenu à partir de 1999 ou avant : population sans doubles comptes

[modifier] Personnalités liées à la commune

  • Frédéric Bataille (1850-1946), poète et mycologue
  • Grégory Gaultier (né en 1982), joueur professionnel de squash (4 fois champion d'Europe, vice champion du monde 2006, n°1 français)

[modifier] Héraldique

Blason de Mandeure

Les armes de Mandeure se blasonnent ainsi :

tiercé en pairle, au premier d'argent à une abeille d'or, au deuxième d'azur à un bar d'argent, au troisième de gueules à un bar d'or, les deux bars posés adossés.

Armes à enquerre : abeille d'or sur argent.

L'abeille est l'emblème de la République de Mandeure ; les deux bars sont issus des armoiries des comtes de Montbéliard.[1]

[modifier] Voir aussi

[modifier] Notes et références

  1. abcdefgh Mandeure au fil du temps, Cercle carthophile du Pays de Montbéliard, 1995. ISBN 2-9507666-1-7.
  2. Les Echos, 25 juillet 2007, page 14
  3. ab Site du groupe Clairefontaine, Usines et papeteries de Clairefontaine.
  4. Site de la papeterie de Mandeure.

[modifier] Liens externes

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