Méduse (mythologie)

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Méduse, mosaïque de l'ancienne Hadrumète au Musée archéologique de Sousse
Méduse de Didyme, ornant le grand temple d'Apollon

Méduse (en grec ancien Μέδουσα / Médousa, de μέδω / médô, « commander, régner »[1]), appelée aussi Gorgo, est, dans la mythologie grecque, l'une des trois Gorgones (avec ses sœurs Euryale et Sthéno), dont elle est la seule à être mortelle.

Sommaire

Le mythe dans l'Antiquité [modifier]

Versions du mythe [modifier]

Détail d'une statue d'Athéna vêtue de l'égide ornée du « gorgoneion ». Ier-IIe s. Copie archaïsante d'une statue du Ve siècle av. J.-C. Poitiers. Musée Sainte-Croix.

Dans les premiers états du mythe, « la Gorgone est un monstre, l'une des divinités primordiales, appartenant à la génération pré-olympienne. Puis on en vint à la considérer comme une victime d'une métamorphose[2]. » Ce monstre hybride avait des ailes d'or, des mains de bronze et des défenses de sanglier. Elle est parfois représentée sous la forme d'un centaure. Sa demeure varie selon les auteurs : elle est située à l'extrême ouest du monde, du côté des Hespérides, selon Hésiode, chez les Hyperboréens, au nord, selon Pindare ou, le plus souvent, à l'ouest de la Libye[3].

Fille de Phorcys et de Céto, et donc sœur des Grées[4], elle est une belle jeune fille dont Poséidon s'éprend[5]. Violée par ce dieu dans un temple dédié à Athéna, elle est punie par la déesse qui la transforme en Gorgone. Ses cheveux deviennent des serpents, ses yeux se dilatent et désormais son regard pétrifie tous ceux qui le croisent[6]. Selon une autre version, que cite Apollodore, Méduse était une jeune fille tellement fière de sa beauté et de sa chevelure qu'elle avait osé rivaliser avec Athéna. Pour la punir, la déesse changea ses cheveux en serpents et modifia son regard[7].

À la demande de Polydecte, roi de l'île de Seriphos, qui souhaitait séduire Danaé sans être gêné par la présence de son fils Persée, ce dernier relève le défi d'aller décapiter Méduse. Il est aidé, selon des sources plus tardives, par Hermès, qui lui a donné des sandales ailées, et Athéna, qui lui a remis un bouclier poli comme un miroir[8]. Athéna lui dit aussi d'interroger les Grées (les « Vieilles »), sœurs des Gorgones, afin d'apprendre dans quelle grotte se cache Méduse. Les Grées sont nées avec des cheveux blancs et vivent dans une grotte où ne pénètre jamais la lumière du soleil ni la clarté de la lune ; elles n'ont ensemble qu'un seul œil et une seule dent, qu'elles se passent à tour de rôle[9]. Comme elles refusent de coopérer, Persée leur subtilise leur œil unique au moment où elles se le passaient de l'une à l'autre, pour les forcer à lui répondre. Il apprend ainsi le chemin qui mène vers les nymphes, après quoi, soit il leur rend l'œil et la dent, soit il jette ceux-ci dans le lac Triton, en Libye, afin de les neutraliser définitivement[9]. Persée arrive chez les nymphes. Celles-ci lui indiquent la grotte où se trouvent les Gorgones et lui remettent le casque d'Hadès (la kunée), qui rend invisible, une besace et, selon certaines sources, des sandales ailées.

Persée arrive dans la grotte où les trois Gorgones sont en train de dormir. Couvert du casque d'invisibilité, il réussit à s'approcher de Méduse sans en être vu grâce au reflet que lui renvoie son bouclier, en ayant bien soin de détourner la tête. Il se saisit de Méduse à tâtons et la décapite, soit à l'aide de l'épée diamantine qu'il tient de Zeus, soit avec la harpè, serpe en usage chez les Hittites et leurs successeurs[10], qu'il tiendrait d'Hermès ou d'Athèna. Du sang de Méduse jaillissent deux fils, Chrysaor, père de Géryon, et Pégase, le cheval ailé[11]. Le sang qui sort de sa blessure est recueilli par Asklépios : celui qui coulait de la veine gauche est un poison, tandis que celui de la veine droite est un remède capable de ressusciter un mort[12], le mythe manifestant ainsi l'ambivalence caractéristique du pharmakon.

Persée met la tête de Méduse dans sa besace et s'enfuit à l'aide de ses sandales ailées, tout en étant dissimulé, grâce à son casque d'invisibilité, aux deux autres Gorgones qui le poursuivent. Selon Hésiode, il enfourche alors Pégase[13]. Il se sert de la tête de Méduse, qui n'a rien perdu de son pouvoir, pour pétrifier Atlas parce que celui-ci lui refuse l'hospitalité alors que tombait la nuit. Puis il délivre la vierge Andromède dont il est devenu instantanément amoureux et qu'il épouse par la suite. Rentré chez lui, il pétrifie Polydecte, qui retenait sa mère prisonnière, et offre enfin à Athéna la tête de Méduse, que la déesse fixe sur son bouclier, l'égide[14].

Interprétations anciennes [modifier]

Copie romaine de la tête de Méduse ornant l'égide de la statue d'Athéna du Parthénon (original de Phidias), Glyptothèque de Munich (Inv. 252)

Dès une époque ancienne, ce mythe a fait l'objet de tentatives d'interprétation historicisante.

Selon Palaiphatos, auteur des Histoires incroyables, Persée serait un pirate qui, pour s'emparer d'une statue en or que cachaient trois sœurs en Éthiopie, aurait exécuté l'une d'entre elles et fait ainsi parler les autres[15].

Selon Pausanias[16], Méduse est une reine qui, après la mort de son père, a repris elle-même le sceptre, et règne sur ses sujets près du lac Tritonide, en Libye. Elle a été tuée pendant la nuit au cours d'une campagne contre Persée, un prince péloponnésien.

Pour Pomponius Mela ainsi que pour Alexandre de Myndos, la Gorgone serait dérivée du catoblépas, animal monstrueux vivant en Afrique, doté d'une énorme crinière et dont le regard tourné vers le bas aurait le pouvoir de pétrifier ceux qu'il regarde[17], en fait une sorte de buffle ou de gnou.

Selon un certain Héraclite, auteur d'un autre recueil de choses incroyables, Méduse était une prostituée[18].

À l'époque chrétienne, on trouve une autre interprétation rationalisante de ce mythe dans les Étymologies, encyclopédie du VIIe siècle due à Isidore de Séville. Les Gorgones y sont décrites comme « trois sœurs identiquement belles, comme si elles avaient un œil unique, qui frappaient à ce point ceux qui les regardaient que l'on pensait qu'elles les changeaient en pierres[19]».

L'iconographie [modifier]

Persée portant un pétase, des sandales ailées et sa besace à l'épaule (la kibisis), détourne la tête pour tuer Méduse. Pithos orientalisant à reliefs, v. 660 av. J.-C., musée du Louvre (CA 795)

Les premières représentations du mythe de Méduse apparaissent sur deux pithoi béotiens à relief (Louvre CA 795 et CA 937) et sur une amphore à col protoattique (musée d'Éleusis), tous trois remontant au second quart du VIIe siècle av. J.-C.[20] Sur les premiers, Méduse apparaît comme un centaure femelle, sur le point d'être décapitée par Persée, qui détourne la tête pour éviter d'être pétrifié. Sur l'amphore d'Éleusis, Méduse gît, décapitée, parmi les fleurs ; ses sœurs, à forme humaine mais au visage monstrueux, veulent poursuivre Persée, mais sont arrêtées par Athéna qui s'interpose.

À la fin du VIIe siècle, la représentation de la tête sans corps ou masque de Méduse, aussi appelé gorgoneion, évolue sous le pinceau des peintres de Corinthe, sans doute sous l'influence des têtes de lion apotropaïques (destinées à conjurer le mauvais sort)[21] : elle a le visage rond, avec de gros yeux proéminents, un nez épaté et une barbe ; elle tire souvent la langue. L'exemple le plus connu est une assiette attique de Lydos[22]. Les mêmes traits faciaux se retrouvent encore dans une mosaïque romaine du IIe siècle à Cordoue (voir galerie ci-dessous). Elle a parfois des ailes, comme dans la mosaïque trouvée à Tarragone ou celle d'Athènes (galerie).

Le masque de Méduse est souvent représenté sur des boucliers dans la peinture des vases attiques : au départ, il peut orner le bouclier de n'importe quel guerrier ; à partir du milieu du Ve siècle, il se rencontre le plus souvent sur des vases et dans la sculpture, comme ornement de l'égide d'Athéna. Cette représentation apotropaïque vise à préserver du mauvais oeil. Pour cette même raison, elle est fréquente dans les mosaïques décorant les riches villas romaines.

Le gorgonéion peut perdre son aspect grotesque et terrifiant, qu'il a surtout dans les représentations archaïques, et prendre l'apparence d'une belle jeune femme, seuls les serpents de la chevelure rappelant sa nature monstrueuse. Dès -490, Pindare évoque ainsi dans un de ses poèmes « Méduse aux belles joues[23]».

Cette ambiguïté serait un trait essentiel de Méduse : « Elle est sur cette ligne de fracture, cette faille qui sépare en deux l’être humain : la vie et la mort » comme l'atteste le fait que son regard conserve son pouvoir de pétrification même dans la mort[24].

Parmi les représentations modernes, les plus connues sont le bouclier d'apparat peint par le Caravage, conservé à la galerie des Offices, ou encore le buste du Bernin conservé aux musées du Capitole.

Interprétations du mythe antique [modifier]

Le mythe propose des représentations complexes et contrastées du féminin, notamment par l'apposition de la tête de Méduse sur l'égide d'Athéna, opposant ainsi dans une même image la sensualité féminine et la raison par laquelle elle a été vaincue[25]. Les mêmes figures antithétiques sont aussi réunies autour du héros par excellence qu'est Persée : Méduse, dont le regard brave et pétrifie les hommes, et Andromède, la jeune vierge timide qui n'ose même pas regarder un homme[26]. À ces personnages, il faut ajouter Danaé, qui avait sauvé Persée d'une mort certaine alors qu'il était encore au berceau[27].

Des analystes ont aussi relevé l'importance du chiffre trois dans ce mythe : trois Gorgones, trois Grées, trois cadeaux des nymphes, trois étapes dans la mission de Persée[28].

Psychologie [modifier]

Selon Paul Diel, les Gorgones, en tant que monstres, ne peuvent que « symboliser l'ennemi intérieur à combattre » et correspondent à des « déformations monstrueuses des trois pulsions » que sont la socialité, la sexualité et la spiritualité. Méduse symboliserait « la perversion de la pulsion spirituelle » qu'est « la stagnation vaniteuse » et sa chevelure de serpents manifesterait « le tourment de la culpabilité refoulée ». La quête de Persée est universelle en tant qu'elle consiste pour tout homme à affronter sa propre vérité intérieure en reconnaissant sa vanité coupable et refoulée : « Méduse symbolise l'image déformée de soi […] La pétrification par l'horreur (par la tête de Méduse, miroir déformant) est due à l'incapacité de supporter objectivement la vérité à l'égard de soi-même. Une seule attitude, une seule arme, peut protéger contre Méduse : ne pas la regarder afin de ne pas être pétrifié d'horreur, mais capter son image dans le miroir de vérité[29]. » En affrontant l'horreur de la pétrification qu'avait suscitée en lui sa vanité refoulée, le héros peut l'extirper de soi et la dissoudre. Mais il ne peut le faire que lorsque le miroir déformant qu'est Méduse est endormi et qu'il la voit à travers le bouclier que lui a remis Athéna, « déesse de la combativité spirituelle, divinité de la sagesse et de la vérité ». Ce faisant, il accomplit le précepte placé sur le fronton du temple de Delphes : « Connais-toi toi-même ».

La décapitation de Méduse entraîne la naissance de Chrysaor, symbole de spiritualisation, et de Pégase, symbole de sublimation. « L'imagination perverse doit mourir afin que naissent les deux formes de l'imagination créatrice : la spiritualité et la sublimité[30]».

Psychanalyse [modifier]

Buste de Méduse par le Bernin, 1630, musées du Capitole (MC 1166)

Dans un bref article où il s'interroge sur la sexualité féminine, Sigmund Freud propose une interprétation psychanalytique de ce mythe selon laquelle la décapitation de Méduse serait une représentation de la castration[31]. La terreur qu'inspire le monstre serait donc la peur de la castration, résultant de la vue de quelque chose qu'on n'était pas censé voir ni regarder. Elle apparaîtrait chez le petit garçon qui, en apercevant les organes génitaux féminins, découvre que la menace de castration est bien réelle. Les cheveux sur la tête de Méduse sont souvent représentés par des serpents : en dépit de la peur qu'ils inspirent, ces derniers contribueraient en fait à mitiger l'horreur, en tant que substituts symboliques du pénis, dont l'absence était précisément source d'angoisse. Dans une étude menée en parallèle à celle de Freud, Sándor Ferenczi voit dans la tête coupée de Méduse une représentation symbolique des organes génitaux de la femme déplacés du bas vers le haut[32].

Le mythe peut aussi être interrogé à la lumière de la théorie de Lacan sur la pulsion scopique. Le regard est en effet présent sous diverses variations dans ce mythe, non seulement chez Méduse et Andromède, mais aussi sous la forme originelle de l'œil : yeux protubérants de Méduse, œil unique que se partagent les Grées, mauvais œil dont il faut se détourner absolument. Le regard étant lié au désir, il est source d'angoisse par excellence: en se fondant dans le regard de l'autre, « le sujet ne perçoit plus le monde des représentations, mais il est confronté à son manque-à-être[33] ».

Mythologie comparée [modifier]

Sculpture de Méduse sur le fronton du temple d'Artémis à Corcyre.

L'appartenance de Méduse aux divinités pré-olympiennes semble indiquer que ce mythe a un substrat très ancien. Selon Joseph Campbell, les lieux de culte à la déesse mère et aux divinités féminines auraient été remplacés par un nouveau panthéon lors de l'arrivée en Grèce des envahisseurs. Les divers états du mythe reflèteraient ainsi le passage d'une société matriarcale à une société patriarcale.

Se basant sur une analyse du texte homérique et des données archéologiques, Thalia Feldman fait l'hypothèse que la quête de Persée et la décapitation de Méduse seraient d'origine post-homérique. En revanche, le thème d'une tête sans corps, le gorgonéion, serait très ancien, comme le montre notamment une terre cuite d'époque archaïque trouvée sous le Parthénon (voir galerie). Ce motif aurait sa source dans la nécessité pour l'être humain d'exorciser ses peurs, notamment en les représentant sous la forme d'un masque grimaçant, d'une figure de terreur. Le gorgonéion serait donc à l'origine un croquemitaine. Le fait que le gorgonéion soit une tête de femme semble indiquer qu'il est le résidu d'un état de société matriarcal, les figures terrorisantes étant naturellement associées au genre qui détient l'autorité. Le mythe de Méduse s'est donc construit sur le thème d'un visage hirsute et animal, doué d'un regard qui avait le pouvoir de transformer l'homme en pierre, de le castrer. À la suite de changements de société et de structure familiale, entre le VIIIe siècle et le VIe siècle, le mythe a évolué, donnant à ce masque un corps de femme et imaginant un héros capable de la décapiter. Une image complète de Méduse apparaît pour la première fois sur le fronton du temple d'Artémis à Corcyre, érigé en -580. Elle y est représentée avec tous ses attributs : serpents entrelacés sur la poitrine, bouche grimaçante, langue pendante, yeux protubérants, ailes dans le dos[34].

Lecture féministe et études sur le genre [modifier]

Dans un essai aux allures de manifeste intitulé « Le rire de la Méduse », Hélène Cixous (1975) plaide en faveur du désir et de la libération des femmes à l'égard du discours masculin. Prenant le mythe à contrepied (« Méduse n'est pas mortelle : elle est belle et elle rit »), elle ironise sur les théories freudiennes et refuse la métaphore de la femme vue comme « un continent noir » qu'il faudrait cartographier et coloniser. Elle récuse aussi le mythe de la femme fatale incarnée par Méduse et suggère que la libération des stéréotypes ne peut venir que de l'écriture des femmes, qui doivent se réapproprier leur corps et leur sexualité. Loin d'être confinée aux organes génitaux, la libido féminine ne connaît pas de frontières et est d'ordre cosmique, englobant les deux sexes, avec mille et un seuils de jouissance. Les anciennes structures de haine et de domination doivent céder le pas à des rapports d'égalité basés sur le don et l'amour.

Pour Susan Bowers (1990), le mythe de Méduse présente une image pervertie d'une déesse qui était honorée dans la culture matriarcale. S'appuyant sur les pages que Sartre a consacrées au thème du regard et à la façon dont celui-ci détermine le rapport à autrui[35], Bowers suggère que la culture patriarcale a fait de Méduse — et par extension de toutes les femmes — l'objet du regard masculin afin d'éviter que les hommes ne soient eux-mêmes objectifiés par le regard de Méduse[36]. L'interdit de regarder Méduse pourrait aussi être lié à l'interdit de contempler le divin. Quant au masque de Méduse, il serait une expression symbolique de la rage des femmes[37] ou de la femme en situation de pouvoir[38].

Postérité et survivance du mythe [modifier]

Littérature [modifier]

Pierre-Paul Rubens, Tête de Méduse (1618).

Le mythe de Méduse a été abondamment repris dans la littérature. « De Dante et Pétrarque à Shelley, en passant par Goethe, la figure de Méduse incarne pour les poètes de toutes les époques l’ambivalence du regard féminin, qui attire et ensorcelle, séduit et condamne. Pour Pétrarque, Méduse c’est sa muse Laura lorsqu’elle détourne le poète du sacré et l’incite à rendre hommage à la beauté charnelle. Pour Goethe, c’est le visage trompeur de l’amour, et l’illusion à laquelle ont recours les femmes pour piéger les hommes dans leurs filets[39]. »

Les poètes romantiques ont été fascinés par le mythe de Méduse, notamment par le thème de la beauté qui se dégage de l'horreur[40]. Certains ont également relevé le fait que, dans le récit du viol de Méduse par Poseidon, c'est la victime, plutôt que le violeur, qui est punie par Athéna, inaugurant ainsi une longue tradition de justice biaisée[41].

En 1961, la romancière britannique Iris Murdoch fait de Méduse l'héroïne de son roman Une tête coupée (A Severed Head).

Dans les littératures de l'imaginaire au XXIe siècle, Méduse apparaît notamment dans la suite romanesque de fantasy Percy Jackson de Rick Riordan (en 2005-2010).

Peinture [modifier]

Cinéma [modifier]

Le péplum américain Le Choc des Titans de Desmond Davis en 1981 et son remake de 2010 par Louis Leterrier, librement inspirés du mythe de Persée, ne retiennent des trois Gorgones que la seule Méduse, qui devient un être mi-femme, mi-serpent, armé d'un arc et rôdant dans une caverne volcanique.

Jeux [modifier]

Elle est un des 6 personnages jouables du jeu Atmosfear - Khufu The Mummy

Design [modifier]

Une image stylisée de la Gorgone sert de logotype au couturier italien et designer d'accessoires Versace (voir le logo sur la Wikipédia italienne). La récupération de la figure de Méduse par la publicité atteste de l'impact durable de ce mythe ainsi que de son ambivalence.

Notes et références [modifier]

  1. Pierre Chantraine, Dictionnaire étymologique de la langue grecque, Paris, Klincksieck, 1999 (édition mise à jour) (ISBN 2-252-03277-4) , s.v. μέδω, p. 675b.
  2. Pierre Grimal, Dictionnaire de la mythologie grecque et romaine, Paris, Presses universitaires de France, coll. « Grands dictionnaires », 1999 (1re éd. 1951) (ISBN 2-13-050359-4) , p. 168.
  3. Pline l'Ancien, Histoire naturelle [détail des éditions] [lire en ligne], VI, 200.
  4. Hésiode, Théogonie [détail des éditions] [lire en ligne], 270-276.
  5. Théogonie, 278-279.
  6. C'est l'origine du terme « médusé », synonyme de « stupéfait ».
  7. Pseudo-Apollodore, II, 4,3
  8. Selon un résumé de Phérécyde et une trilogie tragique perdue d'Eschyle, cf. (en) Timothy Gantz, Early Greek Myth, Johns Hopkins University Press, 1993 [détail de l’édition] , p. 307-308.
  9. a et b Chuvin, p. 134
  10. Chuvin, p. 135
  11. Théogonie, 280-281.
  12. Pierre Grimal, Dictionnaire de la mythologie grecque et romaine, Paris, Presses universitaires de France, coll. « Grands dictionnaires », 1999 (1re éd. 1951) (ISBN 2-13-050359-4) , p. 168.
  13. Pseudo-Hésiode, Bouclier d'Héraclès [détail des éditions] [lire en ligne], 216-237.
  14. Apollodore, Bibliothèque [détail des éditions] [lire en ligne], II, 4, 3.
  15. Chuvin, p. 136
  16. Description de la Grèce [détail des éditions] [lire en ligne] (II, 21, 5).
  17. Chuvin, p. 137, Diodore de Sicile, III, 52
  18. Chuvin, p. 137
  19. Fuerunt autem tres sorores unius pulchritudinis, quasi unius oculi, quae ita spectatores suos stupescere faciebant ut vertere eos putarentur in lapides, Etymologiae, XI, 29.
  20. Gantz, op. cit., p. 304 ; Thomas H. Carpenter (trad. Christian-Martin Diebold), Les Mythes dans l'art grec [« Art and Myth in Ancient Greece »], Paris, Thames & Hudson, coll. « L'Univers de l'art », 1997 (éd. orig. 1991) (ISBN 2-87811-136-2) , p. 104.
  21. Carpenter, op. cit., p. 105.
  22. Conservée au Staatliche Antikensammlungen de Munich (Inv. 8760)
  23. Pindare, Odes [détail des éditions] [lire en ligne], Pythiques, XII. Signalé par Marjorie J. Milne à propos d'une céramique attique à figures rouges de l'école du peintre Polygnote, vers 450-30, conservée au Metropolitan Museum of Art de New York. Milne fait remarquer que c'est une des premières représentations de la Gorgone sous les traits d'une jolie femme. En l'occurrence, l'art a été en retard sur la poésie. (Voir (en) Marjorie J. Milne, « Perseus and Medusa on an Attic Vase », dans The Metropolitan Museum of Art Bulletin New Series, 4.5 (janvier 1946), p. 126-130)
  24. Eléonore Pardo, « Le regard médusé », Recherches en psychanalyse. Les Origines grecques de la psychanalyse, 2010, vol. 9 [lire en ligne].
  25. L'essai d'Hélène Cixous développe l'opposition entre la raison masculine et le corps féminin, représenté par Méduse et sauvagement réprimé
  26. Ovide, IV, 681-82.
  27. Cet épisode a inspiré un très beau poème de Simonide de Céos (Poetae Melici Graeci, 543), où Danaé en fuite parle à son bébé dans un coffre de bois balloté par les flots.
  28. Chuvin, p. 135
  29. Paul Diel, Le symbolisme dans la mythologie grecque. Étude psychanalytique, Paris, Payot, 1952, p. 104-108. Cette interprétation est reprise par Jean Chevalier et Alain Gheerbrant, Dictionnaire des symboles, Paris, Laffont, 1969.
  30. Paul Diel, 1952, p. 109.
  31. Cet article a été écrit en 1922 mais n'a été publié qu'en 1940, à titre posthume: « Das Medusenhaupt », Gesammelte Werke, 1941, t. XVII, p. 47; « La tête de Méduse », traduit par Marc de Launay, Magazine Littéraire, 1976 no  109, p. 35.
  32. Sandor Ferenczi, « On the symbolism of the Head of Medusa », Further Contributions to the Theory and Technique of Psycho-Analysis, 1923. Cité dans The Medusa Reader, ed. by Marjorie Garber and Nancy Vickers, London, Routledge, 2003.
  33. Eléonore Pardo, art. cit.
  34. Feldman, 1965
  35. Jean-Paul Sartre, L’être et le néant, Paris, Gallimard, 1943, p. 311-314.
  36. Susan R. Bowers, 1990, p. 220.
  37. Emily Erwin Culpepper, 1986.
  38. Susan Bowers, 1990, p. 230.
  39. Laurence Roussillon-Constanty, Méduse au miroir : esthétique romantique de Dante Gabriel Rossetti, Grenoble, Ellug, 2008, p. 31.
  40. Shelley décrit dans un poème « the tempestuous loveliness of terror », McGann, p. 6.
  41. Jerome J McGann, 1972, p. 8.

Sources [modifier]

Sources primaires [modifier]

Sources secondaires [modifier]

  • (en) Susan R. Bowers, « Medusa and the Female Gaze », NWSA Journal, Vol. 2, No. 2 (Printemps, 1990), p. 217-235
  • (en) Joseph Campbell, Occidental Mythology, New York, Viking Press, 1964
  • Thomas H. Carpenter (trad. Christian-Martin Diebold), Les Mythes dans l'art grec [« Art and Myth in Ancient Greece »], Paris, Thames & Hudson, coll. « L'Univers de l'art », 1997 (éd. orig. 1991) (ISBN 2-87811-136-2)
  • Pierre Chuvin, La mythologie grecque : Du premier homme à l'apothéose d'Héraclès, Paris, Fayard, 1992 (ISBN 9782213029764) 
  • Hélène Cixous, « Le rire de la Méduse », Revue L'Arc, 1975, p. 39-54. Repris dans Le rire de la Méduse et autres ironies, Galilée, 2010 (ISBN 978-2-718-60813-6)
  • (en) Emily Erwin Culpepper, « Ancient Gorgons: A Face for Contemporary Women's Rage », Women of Power magazine, 1986
  • Paul Diel, Le symbolisme dans la mythologie grecque. Étude psychanalytique, Paris, Payot, 1952
  • (en) Thalia Feldman, « Gorgo and the Origins of Fear », Arion (October 1965), 4 (3), pg. 484-494
  • (en) Sandor Ferenczi, « On the symbolism of the Head of Medusa », Further Contributions to the Theory and Technique of Psycho-Analysis, 1923
  • Sigmund Freud, (trad. Marc de Launay), « La tête de Méduse », Magazine Littéraire, 1976, no 109, p. 35
  • (en) Timothy Gantz, Early Greek Myth, Johns Hopkins University Press, 1993
  • (en) Marjorie Garber and Nancy Vickers (eds), The Medusa Reader, London, Routledge, 2003
  • Pierre Grimal, Dictionnaire de la mythologie grecque et romaine, Paris, Presses universitaires de France, coll. « Grands dictionnaires », 1999 (1re éd. 1951) (ISBN 2-13-050359-4) 
  • (en) Jerome J. McGann, « The Beauty of the Medusa: A Study in Romantic Literary Iconography », Studies in Romanticism, 11, Winter 1972, p. 3-25
  • Eléonore Pardo, « Le regard médusé », Recherches en psychanalyse. Les Origines grecques de la psychanalyse, 2010, vol. 9
  • Laurence Roussillon-Constanty, Méduse au miroir : esthétique romantique de Dante Gabriel Rossetti, Grenoble, Ellug, 2008

Voir aussi [modifier]

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Articles connexes [modifier]

Liens externes [modifier]