Supermarché

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Présentation classique d'un rayon alimentaire en supermarché

Un supermarché, souvent appelé épicerie au Québec, est un établissement de vente au détail proposant, en libre-service, des produits alimentaires mais aussi de grande consommation.

Significations nationales de l'appellation[modifier | modifier le code]

Le terme « supermarché » recouvre des réalités qui peuvent varier selon les pays:

De 400 m2 à 1 000 m2, la catégorie des « petits supermarchés » [5] réunit des magasins plutôt urbains et axés sur l'alimentaire. Les enseignes principales comportant ce type de points de vente sont les groupes Carrefour, Casino, Intermarché et Système U.
De 1 000 m2 à 2 500 m2, la catégorie des « grands supermarchés » réunit des points de vente plutôt ruraux, offrant un assortiment essentiellement alimentaire avec cependant un complément non-alimentaire plus développé en fonction des attentes de la clientèle incluse dans la zone de chalandise.
  • Au Danemark, en Espagne, en Italie et au Luxembourg, la fourchette de surface règlementaire des supermarchés est de 400 à 4 000 m2 (bien qu'un supermarché ne dépasse pas en moyenne les 3 000 m2, au-delà on parle plus d'hypermarché).
  • Au Québec, on parle de supermarchés quand il s'agit d'un magasin d'alimentation à grande surface, de grands magasins quand il s'agit d'un commerce qui tombe dans la catégorie des hypermarchés en France, de depanneurs pour les supérettes et d'épicerie pour une épicerie fine. On dit faire son épicerie quand on va magasiner dans un supermarché ou dans une épicerie fine.

Historique[modifier | modifier le code]

Concept qui vient de l'étranger[modifier | modifier le code]

On trouve trace des premiers supermarchés aux États-Unis dans les années 1920, peu après l'invention du libre-service. Ces magasins ont une allure dépouillée et sont aménagés dans de vieilles granges, des usines ou des patinoires désaffectées. Les produits sont disposés à même le sol ou sur de simples planches de bois, avec à la clef des prix 20 à 50 % moins élevés que dans les épiceries traditionnelles.[réf. nécessaire]

Le premier magasin Piggly-wiggly à Memphis, Tennessee
  • Clarence Saunders (1881-1953), est un entrepreneur américain, pionnier du magasin de vente au détail en libre-service. Détenteur du brevet d'un magasin libre-service déposé en 1917[6], il va incarner et développer cette formule véritablement révolutionnaire. En septembre 1916, il ouvre à Memphis un magasin-pilote à l’enseigne Piggly Wiggly (Petit cochon à perruque). Saunders n’y propose que des marchandises préemballées et « prévendues » par la publicité. Il est l’un des premiers à étiqueter tous ses articles, posés bien en vue sur des étagères et des gondoles, à portée de main des clients.[réf. nécessaire]

Avec près de 3 000 magasins, il devient en 1929 la deuxième enseigne américaine d’épicerie.[réf. nécessaire]

  • Michael Cullen est considéré par d'autres comme le « père » du supermarché [7]. En août 1930, cet ancien employé de Kroger ouvre son premier supermarché King Kullen à New-York, dans un ancien garage loué dans le Queens. Il y amasse des tonnes de marchandises avancées par un ami grossiste. Il reprend aussi à bon compte les stocks que ne parviennent pas à écouler des fabricants, pris à la gorge par la crise économique.

Le premier supermarché du Canada ouvre en 1934 au Québec, sous la bannière Steinberg à Montréal [8].

En France[modifier | modifier le code]

En France, en 1931, s'ouvre rue Caumartin à Paris, le premier Prisunic, ancêtre du supermarché : Le concept est celui d'un commerce populaire vendant des produits de grande série à des prix bas. Le , Goulet-Turpin ouvre un magasin self-service en France, rue André Messager à Paris, dans le quartier de Montmartre.

En 1949 , Edouard Leclerc transforme son épicerie en magasin discount à Landerneau (Finistère). Le magasin pratique la vente en gros avec l'objectif avoué de faire chuter les prix non sur une poignée d'articles mais sur l'ensemble de l'assortiment : L'alimentation et le bazar sont vendus avec des rabais de 20 à 35 %

En 1948, le phénomène arrive à Londres puis à Bâle en 1951. En Belgique, la famille Delhaize inaugure un premier supermarché de 400 m2 en 1957, place Flagey à Bruxelles, lequel existe toujours[9]. Tout a dû être importé des États-Unis, rayonnages, chariots et caisses enregistreuses. Les premiers clients désorientés face au libre-service attendent que l'on vienne s'occuper d'eux, il faudra plusieurs jours pour les persuader de prendre un chariot et de choisir eux-mêmes la marchandise et vaincre leur réticence vis-à-vis de la viande préemballée[10].

En France, une autre ébauche de supermarché est l'œuvre de la Grande épicerie Bardou en mai 1957 à Paris[7],[11],[12]. Le premier véritable supermarché avec parking ouvre le dans la nouvelle cité de Rueil plaine à Rueil-Malmaison, en région parisienne. Il s'agit de l'Express-Marché de la société Goulet-Turpin[13],[14].

Le mouvement est lancé qui donne naissance à l'ouverture de magasins qui sont en réalité déjà des hypermarchés ( > 2.500m2 selon la norme française) avec le premier Carrefour en région parisienne (Sainte Geneviève des Bois en 1963)[réf. souhaitée] . Gérard Mulliez ouvre son premier supermarché Auchan en 1961 à Roubaix, dans le quartier des hauts-Champs. Le magasin est installé dans une ancienne usine Phildar.[15]

Aujourd'hui (2006), en France, le concept de supermarché est en phase de repositionnement face au hard-discount qui se trouve en plein déploiement. Plus souples, les supermarchés, plutôt implantés en zone urbaine ou périurbaine, privilégient désormais les services et la fidélisation, entre autres au moyen de cartes de fidélité et de points cadeaux. [réf. nécessaire] Avec le développement d'internet, apparait le concept de supermarché en ligne : la plupart des grandes enseignes proposent désormais un site marchand où il est possible de commander ses achats qui seront ensuite livrés à domicile.

Principales enseignes[modifier | modifier le code]

En France, les six principaux groupes présents sur le marché sont tous d'origine française (Carrefour, Leclerc, Auchan, Casino, Intermarché et Système U) et détiennent près de 85 % de parts de marché[16]. Le mode d'organisation de la filière tourne autour de deux modèles : le coopératif et l'intégré.

  • Les groupes Leclerc, Intermarché et Système U, reposent sur le modèle coopératif, à savoir une association d'entrepreneurs juridiquement et financièrement indépendants les uns des autres. Le groupement est géré comme une coopérative, avec des actionnaires adhérents, qui sont aussi propriétaires de leurs points de vente. Chacun est donc son propre responsable, mais ce système présente l'avantage de créer un lien de solidarité entre les adhérents et aussi de pouvoir mutualiser les moyens et les services.
  • Parmi les groupes intégrés, on retrouve les enseignes Carrefour, Casino et Auchan. C'est le groupe qui est le propriétaire du point de vente, dont la gestion courante est déléguée à un responsable localement. Ainsi, ce n'est pas ce dernier qui décide de la politique à mettre en œuvre pour assurer la pérennité de son point de vente, même si une plus grande indépendance peut être accordée dans le cas d'une franchise par exemple[17].

Le supermarché vu par les artistes[modifier | modifier le code]

Peu d’artistes se sont attaqués au sujet du supermarché. En 1958, Italo Calvino lui jette un regard ironique dans son Marcovaldo ou les saisons en ville. Il dévoile la folie de ce lieu avec la même poésie que son héros Marcovaldo, qui veut « courber les surfaces carrées » de la ville. Dans son roman, Bruits de fond, Don DeLillo décrit le supermarché comme le lieu de matérialisme total, et l'utilise comme symbole tout puissant de la société de consommation. D’autres encore, comme la bande des Requins Marteaux, parodient le mauvais goût de la grande distribution en montant de fausses grandes surfaces, animées par des comédiens, avec des stands bourrés de produits bas de gamme au packaging aussi repoussant que leur contenu supposé. Michel Musolino dans une aventure du "Poulpe" (Plus dur sera le Chiite, 1998) donne une analyse percutante de l'hypermarché "Rond Point" d'Aunay sous Bois, toute imbue de tons situationnistes. De manière prémonitoire l'hypermarché finit en flammes…

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Secteur alimentaire - Statistiques & Analyses », sur www.statbel.fgov.be (consulté le 16 juin 2013)
  2. http://archives.dgcis.gouv.fr/2012/www.pme.gouv.fr/economie/onc/chap12.html
  3. http://www.distripedie.com/distripedie/spip.php?article85
  4. http://laurentlagamba.free.fr/texts/texte23.html
  5. Encyclopédie de la Distribution , [http:// www.distripedie.com]
  6. (en) Brevet du 9/10/1917 no 126988 déposé au United States Patent and Trademark Office [lire en ligne]
  7. a et b F. Carluer-Lossouarn, L'Aventure des premiers supermarchés, un livre Linéaires, 2006.
  8. http://www.thecanadianencyclopedia.com/index.cfm?PgNm=TCE&Params=A1ARTA0007691
  9. Supermarché d’Europe 1957-2007 - CIVA, Bruxelles
  10. La Libre Belgique: Super ? Le super a 50 ans 21/12/2007
  11. [PDF]Distribution des biens de consommation et usage de la voiture particulière pour motif « achats » (…) Ministère de l'équipement, des transports, du logement, du tourisme et de la mer - Direction de la Recherche et des Affaires Scientifiques et Techniques - Rapport final (BEAUVAIS CONSULTANTS - 2003)] (p. 16)
  12. [PDF] 50 ans de grandes surfaces en France : entre croissance débridée et contraintes légales 7TH INTERNATIONAL CONGRESS, MARKETING TRENDS VENICE, ITALY, JANUARY 2008, 17-19
  13. Mathilde Visseyrias, « À 50 ans, le supermarchéa la vie devant lui », sur www.lefigaro.fr,‎ 12 avril 2008 (consulté le 16 juin 2013)
  14. « Il y a 50 ans naissait le premier supermarché », sur www.leparisien.fr,‎ 15 octobre 2008 (consulté le 16 juin 2013)
  15. http://www.groupe-auchan.com/qui-sommes-nous/histoire/
  16. Source : TNS Worlpanel 2009
  17. Les grandes surfaces alimentaires en Île-de-France : de nouvelles stratégies face au changement, Enjeux no 148, CROCIS, juin 2012

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • F. Carluer-Lossouarn, L'Aventure des premiers supermarchés, Linéaires, 2006.
  • Rapport d’information déposé par la Commission de la production et des échanges sur l’évolution de la distribution, présenté par Jean-Yves Le Déaut, Assemblée nationale, 11 janvier 2000.
  • M.-L. Allain et C. Chambolle, Les Relations entre la grande distribution et ses fournisseurs : bilan et limites de trente ans de régulation, Cahiers du laboratoire d'économétrie de l'École polytechnique, 2002-7.
  • P. Bovet, « L'Hypermarché, le Caddie et le congélateur » in Le Monde diplomatique, mars 2001.
  • Robert Malsagne, Magasins en libre-service de grandes et moyennes surfaces, Seliser, 1964, 412 pages