François Michel Le Tellier de Louvois

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François Michel Le Tellier
Marquis de Louvois

Description de cette image, également commentée ci-après

François-Michel Le Tellier, marquis de Louvois

Alias
Louvois
Naissance
à Paris
Décès (à 50 ans)
à Versailles
Nationalité Français
Pays de résidence Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Activité principale Secrétaire d'État français de la Guerre (1662-1691)
Distinctions
Ascendants
Michel Le Tellier
Élisabeth Turpin
Conjoint
Famille

François Michel Le Tellier, marquis de Louvois ( à Paris - à Versailles) est un homme d'État français, ministre de Louis XIV.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines et famille[modifier | modifier le code]

Il est le fils de Michel Le Tellier, marquis de Barbezieux, et d'Élisabeth Turpin.

Il épouse Anne de Souvré, marquise de Courtanvaux et de Messei, descendante de Gilles de Souvré. Née posthume, Anne de Souvré a été élevée dans la famille du second mari de sa mère, Urbain II de Montmorency-Laval, marquis de Bois-Dauphin et de Sablé, le fils de la célèbre "Madame de Sablé"[1].

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Son père lui obtient de Louis XIV la transmission de sa charge de secrétaire d'État de la Guerre, alors qu'il n'a même pas quinze ans, le . Il n'en fut le plein détenteur qu'en 1677 mais, dès le (soit à 21 ans), il est autorisé à exercer la charge en l'absence de son père et assiste celui-ci dans l'administration de la Guerre, et on estime que vers 1670 il y joue le premier rôle. En 1672, il devient ministre d’État et entre au Conseil d'en haut. Il intrigue contre Jean-Baptiste Colbert pendant l'« Affaire des poisons » et, à la mort de ce dernier, obtient sa place de surintendant des Bâtiments, Arts et Manufactures de France (6 septembre 1683), ce qui lui permet de prendre en main la construction du château de Versailles[2].

En 1689, il convainc Louis XIV de la nécessité d'un second ravage du Palatinat.

Voltaire le décrit ainsi dans « Le siècle de Louis XIV » : « Il fut plus estimé qu’aimé du roi, de la cour et du public ; il eut le bonheur, comme Colbert, d’avoir des descendants qui ont fait honneur à sa maison, et même des maréchaux de France ; il n’est pas vrai qu’il mourut subitement au sortir du conseil, comme on l’a dit dans tant de livres et de dictionnaires. Il prenait les eaux de Balaruc[3], et voulait travailler en les prenant : cette ardeur indiscrète de travail causa sa mort, en 1691. »

L'abbé de Choisy écrit de lui : « Michel Le Tellier avait reçu de la nature toutes les grâces de l'extérieur : un visage agréable, les yeux brillants, les couleurs du teint vives, un sourire spirituel, qui prévenait en sa faveur. Il avait tous les dehors d'un honnête homme, l'esprit doux, facile, insinuant ; il parlait avec tant de circonspection, qu'on le croyait toujours plus habile qu'il n'était ; et souvent on attribuait à sagesse ce qui ne venait que d'ignorance »[4].

Réorganisation de l'armée[modifier | modifier le code]

Hiérarchie et discipline furent les soucis constants de Louvois. Il ne put abolir la vénalité des grades de colonel et de capitaine : aussi les régiments restaient-ils propriétés de leurs officiers. Mais Louvois réprima les abus, sévissant contre l'absentéisme des officiers (en 1674 en pleine campagne, on vit encore des régiments presque sans officiers présents !). Il réprima aussi le pillage, lequel était généralement excusé par l'arriéré de solde et le retard du ravitaillement[5].

Il interdit aux soldats de se livrer à des exactions ; jusqu'alors, les pillages militaires étaient tolérés, notamment pour compenser les retards dans le versement des soldes. Il ne fut guère apprécié des militaires. Ces derniers se méfiaient de ce grand commis de l'État qui se permettait de leur donner des ordres et n'hésitait pas à sévir contre l'absentéisme des officiers. Les officiers disposaient d'enveloppes pour payer et équiper les nouvelles recrues. Mais ce système entraînait de nombreux abus. Certains supérieurs dotaient leurs hommes d'uniformes et de chaussures de mauvaise qualité et empochaient la différence. On usait du même stratagème avec la nourriture, achetée à vil prix. Dernière filouterie : les officiers n'hésitaient pas à gonfler artificiellement les effectifs placés sous leur commandement afin d'empocher le surplus de solde[6].

Dragonnades[modifier | modifier le code]

Pour obtenir des conversions forcées, il organise des dragonnades où la soldatesque a la mission d'agir pour imposer la terreur, surtout chez les Protestants. La méthode brutale obtient des résultats mais il s'attire notamment la haine de Madame de Maintenon. Il meurt en charge le , peut-être[réf. nécessaire] à la veille d'une disgrâce du fait de son opposition à une annonce officielle du mariage secret du Roi-Soleil avec Madame de Maintenon (auquel Louvois, selon de nombreuses sources, avait assisté[réf. nécessaire]), annonce qui aurait fait de Louis XIV la risée de toute l'Europe.

Propriétés de Louvois[modifier | modifier le code]

Louvois acquiert le château de Meudon en 1679 suite au décès d'Abel Servien. Ce dernier meurt ruiné, contraignant son fils à vendre le domaine de Meudon. Pour le puissant ministre la situation de Meudon est idéale, à proximité de Versailles et de Chaville où se trouve la propriété familiale. Il se lance dans une série d'aménagements grandioses : embellissement du château, aménagement d'un système hydraulique dans la forêt de Meudon, création d'un très grand potager qui s'appellera par la suite le potager du Dauphin.

De 1683 à 1685, il achète le château d'Ancy-le-Franc, puis le comté de Tonnerre, à François-Joseph de Clermont.

Le tombeau de Louvois à l'Hôtel-Dieu de Tonnerre

Le , il achète à une descendante de la famille d'Orange-Nassau le château de Montfort en Bourgogne pour 62 000 livres.

Son tombeau se trouve à l'intérieur de l'ancien hôpital (Hôtel-Dieu) de Tonnerre (son cœur repose en l'église Saint-Étienne de Montmirail, dans la Marne).

Iconographie[modifier | modifier le code]

Blason des Louvois[modifier | modifier le code]

D'azur, à trois lézards d'argent posés en pal, cousu d'un chef de gueule chargé de trois étoiles d'or

D'azur, à trois lézards d'argent posés en pal, cousu d'un chef de gueule chargé de trois étoiles d'or

Descendance[modifier | modifier le code]

Il a 6 enfants avec sa femme :

Postérité[modifier | modifier le code]

  • Dans le cadre du projet de modernisation du Service Public, le Ministère de la Défense de la République Française a choisi Louvois comme nom pour le logiciel de gestion des soldes (Logiciel Unique à Vocation Interarmées de la Solde).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Luc-Normand Tellier, Face aux Colbert : les Le Tellier, Vauban, Turgot... et l'avènement du libéralisme, Presses de l'Université du Québec, 1987.Etexte
  2. Thierry Sarmant, Les Demeures du Soleil : Louis XIV, Louvois et la surintendance des Bâtiments du roi, Seyssel, Champ Vallon, 2003
  3. Balaruc-les-Bains, station thermale dans l'Hérault près de Sète
  4. Abbé de Choisy, Mémoires pour servir à l'histoire de Louis XIV, Mercure de France,‎ 2000 (1re éd. 1966), p. 103
  5. Hubert Méthivier, L'ancien régime en France, PUF, Paris, 1994
  6. GEO Histoire de janvier 2011 p. 110

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Louis André, Michel Le Tellier et l'organisation de l'armée monarchique, Paris, 1906
  • Louis André, Michel Le Tellier et Louvois, Paris, 1943
  • Martine Biard, Postes et messageries en Languedoc de Louis XIV à la Révolution de 1789 , Paris, Éditions Edilivre, 2011
  • André Corvisier, Louvois, Paris 1983
  • Un numéro spécial d'Histoire, économie et société lui est consacré (janvier-mars 1996)
  • Camille Rousset, "Histoire de Louvois et de son administration politique et militaire", Paris: Librairie académique Didier, 1872, 4 tomes.
  • Thierry Sarmant, Les Demeures du Soleil : Louis XIV, Louvois et la surintendance des Bâtiments du roi, Seyssel: Champ Vallon, 2003.
  • Politique, guerre et fortification au Grand Siècle : lettres de Louvois à Louis XIV (1679-1691), éd. Nicole Salat et Thierry Sarmant, Paris: Société de l’histoire de France, 2007.
  • Thierry Sarmant et Raphaël Masson (dir.), Architecture et Beaux-arts à l'apogée du règne de Louis XIV : édition critique de la correspondance du marquis de Louvois, surintendant des Bâtiments du roi, arts et manufactures de France, 1683-1691. Tome 1 : 1683-1684, Paris, Comité des travaux historiques et scientifiques, 2007 ; Tome 2 : 1685, Paris, CTHS, 2009.
  • Thierry Sarmant et Mathieu Stoll, Régner et gouverner : Louis XIV et ses ministres, Paris : Perrin, 2010.
  • Luc-Normand Tellier, Face aux Colbert : les Le Tellier, Vauban, Turgot... et l'avènement du libéralisme, Presses de l'Université du Québec, 1987, 816 pages.Etexte (ISBN 2-7605-0461-1).
Précédé par François Michel Le Tellier de Louvois Suivi par
Michel Le Tellier
Secrétaire d'État français à la Guerre (1662-1691)
Louis François Marie Le Tellier
Jean-Baptiste Colbert
Surintendant général des bâtiments du roi
16831691
Édouard Colbert de Villacerf