Charles le Téméraire

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Charles le Téméraire
Charles le Téméraire portant le collier de l'ordre de la Toison d'or par Rogier van der Weyden, vers 1460. Huile sur bois, Gemäldegalerie, Berlin.
Charles le Téméraire portant le collier de l'ordre de la Toison d'or par Rogier van der Weyden, vers 1460. Huile sur bois, Gemäldegalerie, Berlin.
Titre
Comte de Charolais
1433 – 1477
Prédécesseur Philippe le Bon
Successeur Marie de Bourgogne
et Maximilien de Habsbourg
Duc de Bourgogne, de Brabant, de Limbourg,
de Luxembourg, Marquis de Namur,
comte de Flandre, d'Artois, de Hainaut,
de Hollande et de Zélande,
Comte palatin de Bourgogne
15 juin 14675 janvier 1477
9 ans, 6 mois et 21 jours
Prédécesseur Philippe le Bon
Successeur Marie de Bourgogne
et Maximilien de Habsbourg
Duc de Gueldre, Comte de Zutphen
1473 – 1477
Prédécesseur Arnold de Gueldre
Successeur Marie de Bourgogne
et Maximilien de Habsbourg
Biographie
Dynastie Maison de Valois
Date de naissance 10 ou 11 novembre 1433
Lieu de naissance Palais des ducs de Bourgogne, à Dijon
Date de décès 5 janvier 1477 (à 43 ans)
Lieu de décès Nancy (Lorraine)
Sépulture Église Notre-Dame de Bruges
Père Philippe le Bon
Mère Isabelle de Portugal
Conjoint Catherine de France
Isabelle de Bourbon
Marguerite d'York
Enfant(s) Marie de Bourgogne

Charles le Téméraire
Ducs de Bourgogne

Charles de Valois-Bourgogne[1], dit Charles le Téméraire[2] (Dijon, 10[3] ou 11 novembre 1433[4],[5]Nancy, 5 janvier 1477) est, après Philippe II le Hardi, Jean sans Peur et Philippe III le Bon, le quatrième et dernier duc de Bourgogne (de la branche des Capétiens-Valois), seigneur et maître d'un ensemble de provinces connu aujourd'hui sous le nom d'États bourguignons.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance[modifier | modifier le code]

Né le 10 ou le 11 novembre 1433 au palais des ducs de Bourgogne de Dijon, Charles est le troisième fils, devenu aîné après les décès en bas âge des deux premiers, Antoine et Josse, du duc Philippe III de Bourgogne (Philippe le Bon) (1396-1467), et de sa troisième épouse Isabelle de Portugal (1397-1472), fille du roi Jean Ier de Portugal.

Charles reçut le titre de comte de Charolais qui, sous les ducs Valois de Bourgogne, était réservé à l'héritier des États bourguignons[6],[Note 1].

À l'âge de trois semaines, son père l'institua chevalier de la Toison d'or lors du troisième chapitre de l'ordre qui se tint à Dijon le 30 novembre, jour de la Saint-André, patron de la Bourgogne[6]. Dès sa première année, il eut sa propre maison que dirigeait sa gouvernante, Madame de Villers La Faye[Note 2].

Charles fut élevé aux Pays-Bas bourguignons, un ensemble de provinces formant la partie septentrionale de l'État bourguignon et correspondant aux pays modernes de Belgique et Pays-Bas (ainsi qu'au Nord / Pas-de-Calais français). Il grandit avec ses cousin et cousine, enfants de sa tante Marie de Bourgogne († 1463), épouse du duc Adolphe II de Clèves :

Premiers pas en politique[modifier | modifier le code]

Charles le Téméraire en armure de combat (Musée des Beaux-Arts de Dijon)

En 1452, alors qu'il n'a que dix-neuf ans et n'est encore que comte de Charolais (actuelle Saône-et-Loire, en Bourgogne), il réprime avec une extrême brutalité le soulèvement des Flamands lors de la rébellion de Gand dans les Pays-Bas bourguignons et se trouve au combat de Rupelmonde, et à la bataille de Gavere.

Quelques années plus tard (septembre 1456), se produit un événement qui aura à terme des conséquences funestes pour Charles comme pour l'État bourguignon : le dauphin de France (futur Louis XI), fuyant la vindicte paternelle, cherche refuge en terre bourguignonne. Son cousin Philippe le Bon, à qui il demande asile à Bruxelles, lui alloue une pension annuelle de 48 000 livres. Il se voit aussi attribuer une résidence au château de Genappe au sud de Bruxelles[7]. Louis y demeura jusqu'à la mort de Charles VII (22 juillet 1461) qui le fit enfin roi. Durant ces presque cinq années, Genappe devient « le siège d'une puissance européenne[8] ». Le dauphin en exil observe les intrigues de la cour bourguignonne, sonde les esprits de ceux qui la composent, s'emploie à séduire ceux qui pourront lui être utiles, note discrètement les forces et faiblesses d'un État encore fragile.

Succès initiaux[modifier | modifier le code]

Alors que Philippe le Bon vieillissant règne sur les riches mais disparates terres composant l'État bourguignon, son fils Charles prend la tête de la Ligue du Bien public qui s'est formée contre Louis XI, d'une part parce que celui-ci voulait limiter l'indépendance de ses plus puissants vassaux (Bourgogne, Bretagne, Bourbon), et d'autre part pour revendiquer des terres (la Picardie pour le duc de Bourgogne) ou de l'argent (pour le Roi René, duc d'Anjou).
Le 16 juillet 1465, la bataille de Montlhéry (entre l'armée commandée par Louis XI et l'armée bourguignonne du comte de Charolais) s'avère particulièrement embrouillée : tandis que le comte de Saint-Pol (avant-garde bourguignonne), qui selon le plan initial devait reculer en cas d'attaque de l'armée royale, refuse de le faire et se fait laminer par celle-ci, les cavaliers du comte du Maine (aile gauche de l'armée royale) s'enfuient tous ensemble juste avant le choc avec le corps d'armée personnellement commandé par Charolais qui, se voyant déjà victorieux, se rue à leur poursuite si loin du champ de bataille qu'il ne participe plus vraiment à celle-ci, laquelle tourne à une mêlée confuse entre les troupes d'Antoine de Bourgogne (demi-frère de Charolais) et celles du roi. Louis XI, un moment donné pour mort, finalement rallie ses troupes et fait reculer les Bourguignons... avant que le soir n'interrompe les combats.
Au lendemain de la journée, chaque camp revendique la victoire : Charolais, considère qu'il l'a emporté, car son armée reste maîtresse du champ de bataille ; de son côté, Louis XI, qui a jugé préférable de lever le camp pendant la nuit, ramène son armée à Paris sans encombre et s'y fait acclamer comme vainqueur.
Après Montlhéry, le comte de Charolais (futur Charles le Téméraire) devient, selon Commynes, si persuadé que sa victoire est due à son intelligence tactique, qu'il refuse par la suite tout conseil[9].

Trois jours après la bataille, l'armée bretonne fait enfin jonction[10] avec celle du Bourguignon ; d'autres princes ligueurs (dont le duc de Lorraine) les rejoignent ; un mois plus tard, ils assiègent Paris. Mais au bout de quelques semaines, le manque de vivre du côté de la Ligue et la prise de la Normandie par le duc de Bourbon du côté de Louis XI contraignent les deux parties à signer le traité de Conflans (5 octobre 1465)[11], par lequel le duc de Bourgogne récupère les villes de la Somme (que Louis XI lui avait rachetées deux ans auparavant), notamment Amiens, Abbeville, Guînes et Saint-Quentin, mais aussi le comté de Boulogne, tandis que la Normandie est officiellement cédée par Louis XI en apanage à son frère cadet (qui faisait partie des ligueurs).

Le 25 août 1466, Charles prend d'assaut et brûle Dinant[12], en bord de Meuse, en révolte contre le protectorat bourguignon. Il espère ainsi étouffer les velléités d'indépendance de la principauté de Liège, une terre d'Église dont le contrôle est indispensable à l'unification des Pays-Bas bourguignons mais qui conteste l'autorité de celui que Philippe le Bon a placé sur le trône épiscopal : le prince-évêque Louis de Bourbon, son neveu. Les Liégeois semblent entendre la leçon puisque, dès le 10 septembre 1466, ils reconnaissent par le traité d'Oleye le duc de Bourgogne comme "avoué héréditaire de Liège"[12], c'est-à-dire comme le seigneur laïc chargé de défendre le temporel de l'évêché. Ainsi ce qui n'était qu'un protectorat devient, de fait, une véritable seigneurie bourguignonne étendue sur Liège et tous les territoires de la principauté.

Maître de l'État bourguignon[modifier | modifier le code]

L'État bourguignon de Charles le Téméraire.

Philippe le Bon meurt le 15 juin 1467. Charles hérite du duché de Bourgogne, ainsi que de tous les titres et possessions de son père : duc de Brabant et de Lothier, de Limbourg, de Luxembourg, comte de Flandre, d'Artois, de Bourgogne palatine, de Hainaut, de Hollande, de Zélande, de Namur, marquis du Saint-Empire, seigneur de Frise. Il est premier pair de France, mais, en dehors de ses campagnes, il réside à Bruges, Bruxelles et Malines. Il fonde une puissante armée bourguignonne de métier mais aussi (et cela sera une des raisons de son effondrement final) de mercenaires issus de tous les pays d'Europe. Charles de Valois-Bourgogne perpétue la politique de ses prédécesseurs : volonté d'indépendance souveraine de l'État bourguignon[Note 3] vis-à-vis du royaume de France et, pour contrer celui-ci, alliance avec le royaume d'Angleterre dans la guerre de Cent Ans. Son souhait le plus ardent est de joindre en un royaume d'un seul tenant ses terres des deux Bourgognes (ou « pays de par-delà ») et ses possessions du nord : Picardie, Artois, Boulonnais, Flandre et autres Pays-Bas bourguignons (ou « pays de par-deçà »).

Philippe le Bon n'est pas mort depuis trois mois que son fils se voit contraint de mater une révolte des Liégeois. Il les écrase à la bataille de Brustem près de Saint-Trond (28 octobre 1467)[13].

En octobre 1468, craignant une résurrection de la Ligue du Bien Public et le débarquement d'une armée anglaise pour la soutenir, Louis XI vient à Péronne, quartier général bourguignon du moment, discuter d'un accord de paix. En échange de celle-ci, Charles de Bourgogne souhaite, lui, obtenir une confirmation de la ligne de la Somme et une juridiction souveraine sur ses fiefs français[14]. Alors que les négociations ne sont pas loin d'aboutir, Charles apprend avec colère que Liège, semble-t-il encouragée par des émissaires français, s'est à nouveau révoltée. Il ferme alors les portes du château et de la ville de Péronne et Louis XI, captif de fait et craignant pour sa vie, accepte de signer le traité aux conditions bourguignonnes et d'accompagner Charles dans l'expédition punitive que celui-ci lance aussitôt contre la ville révoltée.

Malgré l'attaque surprise des six cents Franchimontois et suite à celle-ci, Bourgogne prend Liège sans coup férir le 30 octobre 1468[15] et — en présence de Louis XI, probable instigateur de la révolte[16] — la livre au pillage et au feu, avant de la faire raser (dans le but de sceller ainsi en un seul bloc[17] l'ensemble des « pays de par-deçà »). Cette mise à sac soulève, de la Hollande à l'Alsace, la réprobation des villes rhénanes[18].

En mai 1469, au traité de Saint-Omer, l'impécunieux duc d'Autriche Sigismond de Habsbourg cède en gage au duc de Bourgogne, pour 50 000 florins du Rhin, ses domaines de Haute-Alsace et le pays de Brisgau, du comté de Bade en Allemagne (plus précisément : le landgraviat d'Alsace, le comté de Ferrette, les quatre Waldstetten ou « villes forestières », le comté de Hauenstein et la ville de Brisach)[19].

À partir de fin octobre 1469, c’est-à-dire un an après la paix jurée au traité de Péronne (14 octobre 1468), les deux signataires de celui-ci se livrent un duel politique à mort : le règne du Téméraire n'est plus qu'une suite presque ininterrompue de guerres soit contre le roi de France, soit contre des ennemis que l'or du roi de France lui suscite. Pour résister à Louis XI, Charles cherche à s'allier tantôt à l'empereur germanique Frédéric III de Habsbourg, tantôt à Édouard IV d'Angleterre.

En novembre 1471, conformément à la clause de non-respect incluse dans le traité de Péronne (que Louis XI a, de son côté, fait annuler un an plus tôt), Charles le Téméraire se déclare affranchi de la suzeraineté du roi de France. Se considérant comme un souverain de droit divin et œuvrant de toutes ses forces à faire de ses nombreuses possessions un État unifié et centralisé, il représente dès lors un défi permanent pour le roi de France. De cette volonté de ne plus être le vassal, même théorique, de celui-ci ou de l'Empereur romain germanique, témoigne notamment le fait que Charles se fit confectionner un diadème en or d'une richesse prodigieuse, orné de saphirs, de rubis balais et surmonté d'une forme de velours jaune brodée de perles, avec à son sommet un énorme rubis enchâssé dans un ornement d'or[20],[Note 4].

Mais son souci obsessionnel de constituer à tout prix (aux dépens de ses voisins allemands, lorrains et autrichiens) le grand royaume rhénan dont il rêve va lui aliéner la sympathie et le soutien de l'empereur germanique Frédéric III et du roi d'Angleterre Édouard IV[21], en même temps que dilapider ses ressources et celles de ses États. Ceux-ci, d'ailleurs, rechignent de plus en plus[22] à financer son effort de guerre. Si les bourgeois (riches marchands ou simples artisans) des grandes villes de Flandre et autres provinces des Pays-Bas Bourguignons ne le soutiennent plus ou de moins en moins, c'est que Charles de Bourgogne, tout pétri qu'il est de chevalerie, n'a aucune considération[23] pour eux et qu'il se refuse à admettre le pouvoir grandissant de ces démocrates[24] avant la lettre qui résistent à ses vues. Cette politique va le conduire à sa perte.

Montée des périls[modifier | modifier le code]

L'échec du Téméraire devant Neuss, redore un temps le blason de Frédéric III.

Dans les années 1470, Charles essuie une série de revers où l'on sent l'influence de Louis XI qui, par tous les moyens possibles, inspire, aide et finance les ennemis du duc de Bourgogne.

  • En 1472, pendant l'été, Charles massacre la population de Nesle mais échoue à prendre Beauvais, vaillamment défendue par ses habitants dont Jeanne Hachette[Note 5].
  • En 1473, lors de la conférence de Trèves entre le 30 septembre et le 25 novembre, l'empereur Frédéric III du Saint-Empire, refuse d'aider Charles le Téméraire à se faire élire "roi des Romains" pour en faire son successeur. Il accepte cependant d'ériger en un royaume de Bourgogne indépendant ses possessions en terre d'empire. L'empereur avait accepté également de faire entrer dans la souveraineté de ce royaume de Bourgogne le duché de Lorraine, le duché de Savoie (qui incluait alors le Piémont, la Bresse, le Bugey, l'ouest de l'actuelle Suisse, avec Genève et Lausanne), le duché de Clèves, les évêchés d'Utrecht, Liège, Toul et Verdun[25],[26],[Note 6]. La duchesse de Savoie (Yolande de France) ainsi que le duc de Clèves et les six évêques seraient devenus les vassaux du roi de Bourgogne[27]. Charles exigea également la souveraineté de la Bourgogne sur les cantons suisses[28]. Cependant, l'empereur rompt les pourparlers la veille même du couronnement[29] et s'enfuit nuitamment à cheval puis en barque sur la Moselle avec son fils Maximilien qui, dans le cadre de l'accord, devait épouser Marie de Bourgogne.
  • En juin 1475, Charles renonce au siège de Neuss (entrepris dans le but d'assurer un protectorat bourguignon sur l'archevêché de Cologne et toute la partie basse de la vallée du Rhin[30]) sans succès concluant et avec une armée très affaiblie par dix longs mois de vain siège.
  • En juillet 1475, réunies à Bruges, les provinces constitutives des Pays-Bas bourguignons refusent une nouvelle aide financière à leur souverain.
  • En août 1475, Édouard IV d'Angleterre accepte les offres de paix de Louis XI et, pour cinq cent mille écus[31] versés par celui-ci, signe le traité de Picquigny. Charles avait tenté en 1474 de rallumer la guerre de Cent Ans, en s'alliant formellement avec son beau-frère le roi d'Angleterre et en le convainquant de réenvahir la France.

Annexion de la Gueldre et de la Lorraine[modifier | modifier le code]

En dépit de ces revers, Charles de Bourgogne persiste à saisir toute opportunité d'expansion territoriale de ses États. Ainsi, en juillet et août 1473, il s'empare du duché de Gueldre, situé de part et d'autre du Bas-Rhin, agrandissant ainsi les Pays-Bas bourguignons.
Mais son objectif premier reste, bien sûr, de réunir en un tout géographique et politique les deux morceaux (d'une part les Bourgognes, d'autre part les Pays-Bas bourguignons) constitutifs de ses États. C'est sans doute pourquoi, durant l'été 1475, il détourne l'armée qu'il prévoyait d'utiliser, de concert avec celle nouvellement débarquée d'Edouard IV d'Angleterre, contre le roi de France et s'en sert plutôt pour conquérir la Lorraine, après que Louis XI lui a habilement (au traité de Soleuvre, 13 septembre 1475) laissé les mains libres à ce sujet.

Après un siège d'un mois, Charles entre dans Nancy le 30 novembre 1475[32]. Et le 18 décembre, il annonce aux Lorrains qu'il fera de cette ville sa capitale, laissant entendre qu'elle sera celle de son royaume[33]. (Concernant la conquête de la Lorraine, on peut noter que, bien que niant les droits du prince légitime de celle-ci, Charles n'ajouta pas à sa titulature le titre de duc de Lorraine, alors qu'il avait pris celui de duc de Gueldre après l'annexion de ce duché ; probablement, considérait-il que celui de duc de Lothier, adopté par son père après la prise en main du Brabant, rendait compte de sa conquête[34], car les deux termes de Lothier et Lorraine procèdent tous deux de Lotharingie, le premier désignant la Basse-Lotharingie, le second désignant la Haute-Lotharingie).

Être enfin à la tête d'un royaume ? La ligue de ses ennemis (essentiellement, la Basse-Union de quatre villes d'Empire de la région du Haut-Rhin : Strasbourg, Bâle, Colmar et Sélestat, Sigismond d'Autriche, les Confédérés suisses et, agençant l'ensemble, Louis XI)[35] scellée par le traité de Constance (mars et juin 1474), ne lui laissera pas le temps de concrétiser ce rêve.

Révoltes contre la domination bourguignonne[modifier | modifier le code]

L'Alsace s'est soulevée contre Charles notamment à cause de la mauvaise gestion de son bailli, Pierre von Hagenbach et aussi de son refus de la revendre à l'archiduc Sigismond d'Autriche pour un prix pourtant supérieur à ce qu'il la lui avait achetée. C'est ainsi que commence en automne 1474 ce qu'on connaît sous le nom de Guerre de Bourgogne.

Berne et les autres membres de la Confédération des cantons suisses, encouragés et financés par Louis XI, déclarent la guerre au duc de Bourgogne le 25 octobre 1474[36], puis à son allié Jacques de Savoie (comte de Romont, baron de Vaud et beau-frère de Yolande de France, duchesse-régente de Savoie) le 14 octobre 1475.

Les Confédérés suisses enlèvent d'abord quelques villes et places fortes (Cerlier en Savoie, Héricourt et Pontarlier en Franche-Comté), puis ils envahissent tout le pays de Vaud. L'une après l'autre, Grandson, Orbe, Blamont, Morat, Estavayer, Yverdon tombent entre leurs mains[37].

Double défaite contre les Suisses[modifier | modifier le code]

Charles le Téméraire (c 1500).

Charles, pour répondre à l'appel de ses alliés et de ses vassaux, décide d'en finir avec les Confédérés et part en guerre contre eux. Il quitte Nancy le 11 janvier 1476 mais, trop sûr de son fait, il commet la double erreur de sous-estimer la valeur guerrière des Suisses et l'effet néfaste des retards de paiement sur l'humeur des mercenaires italiens[38] qui composent une bonne partie de ses forces. Il est battu par les confédérés d'abord à Grandson, le 2 mars de la même année, où ses troupes se débandent, puis surtout à Morat, le 22 juin suivant, où son armée est taillée en pièces[39].

Alors installé à Lyon, Louis XI y savoure la déroute bourguignonne, laquelle ne lui a coûté aucun homme de ses propres troupes mais beaucoup d'argent : selon le chroniqueur Philippe de Commynes, Louis aura, en tout, versé près d'un million de florins du Rhin aux Cantons suisses[40] ; pour apprécier l'importance de la somme, il faut la rapporter aux 50 000 florins pour lesquels Charles le Téméraire obtint la cession de la Haute-Alsace et du Brisgau.

La France en 1477

Écroulement final[modifier | modifier le code]

En octobre 1476, avec une armée reconstituée vaille que vaille, Charles le Téméraire qui veut sauver le trait d'union lorrain entre les Bourgognes et ses États du nord[41], remet le siège devant Nancy, reprise entre-temps par le duc René II de Lorraine. Là, refusant de se replier en son duché de Luxembourg, il trouve la mort le 5 janvier 1477 lors de la bataille se déroulant au sud de la ville.

Pendant cette bataille, l'écrasante supériorité numérique de la coalition des troupes lorraines et suisses est accentuée par la trahison d'un des lieutenants du Téméraire, Nicolas de Montfort, alias comte de Campobasso, qui vient de passer à l'ennemi avec ses lances et ses mercenaires. Aussi l'armée bourguignonne est rapidement submergée[42]. Ce qu'il en reste se replie vers le pont de Bouxières-aux-Dames qui devrait lui permettre de fuir vers Metz. Mais Nicolas de Montfort y attend sa vengeance. Croyant que les cavaliers de ce dernier sont restés fidèles à la cause bourguignonne et qu'ils sont là pour leur assurer le libre passage du pont, les Bourguignons se précipitent, confiants, mais Nicolas de Montfort massacre les fuyards et les Suisses qui les poursuivent font de même. En outre, une sortie de la garnison de Nancy achève l'éparpillement des troupes du Téméraire[43].

Le Téméraire retrouvé après la bataille de Nancy par Augustin Feyen-Perrin en 1865 - (musée des Beaux-Arts de Nancy).

Deux jours après la bataille, le corps du « Grand Duc d'Occident » est retrouvé, nu, au bord d'un étang marécageux dit « étang Saint-Jean », à l'emplacement actuel de la place de la Croix de Bourgogne à Nancy : il a le crâne fendu jusqu'aux dents par un coup de hallebarde[44] et une joue rongée par les loups. Nul ne peut dire avec certitude qui, dans la soldatesque anonyme, lui porta le coup fatal mais la tradition relate qu'un obscur soldat nommé Claude de Bauzémont se serait jeté sur lui sans le reconnaître ; Charles aurait crié « Sauvez le duc de Bourgogne ! », mais ce cri, compris comme « Vive le duc de Bourgogne ! » aurait entraîné la mise à mort immédiate de Charles par ce soldat[45]. Une simple croix, au centre de cette place, a longtemps marqué l'endroit de sa mort (souvenir remplacé plus tard par un monument édifié à la mémoire du duc René II de Lorraine). Ramenée à Nancy, la dépouille mortelle du Téméraire est exposée sur un lit de parade dans la maison de Georges Marqueix, au numéro 30 de la Grande-Rue (cette maison n'existe plus aujourd'hui mais son emplacement est signalé par un pavage de granit noir et blanc dessinant une croix de Lorraine et portant la date 1477).

"Devant Granson, perdit ses possessions. Devant Morat, le coeur brisa. Devant Nancy, perdit la vie." (Vieux dire suisse)

Tombeau[modifier | modifier le code]

Tombeau du Téméraire en l'église Notre-Dame de Bruges.

La dépouille de Charles de Bourgogne fut inhumée par le duc René dans la nécropole des ducs de Lorraine. Son corps fut déposé dans un cercueil de sapin, dans le sol de la chapelle Saint-Sébastien, de la collégiale Saint-Georges de Nancy (aujourd'hui disparue). René de Lorraine voulait ainsi commémorer sa victoire, mais aussi empêcher que le corps du Téméraire ne rejoigne la nécropole familiale de Champmol, privant le duc de ses ancêtres et de la mémoire funéraire dynastique. Le traité de Middelburg prévoyait la restitution du corps de Charles le Téméraire aux Bourguignons, et Christine de Danemark exécuta cette clause en 1550[46], à la demande de Charles Quint[47]. La dépouille fut transférée par Antoine de Beaulaincourt, roi d'armes de la Toison d'Or à l'église Notre-Dame de Bruges, le 24 septembre 1550. Elle y repose depuis dans le somptueux tombeau que Philippe II, fils de Charles Quint, fit élever pour son trisaïeul en 1558. Le non moins magnifique tombeau de Marie de Bourgogne, morte en 1488 onze ans après son père, figure à son côté.

Succession[modifier | modifier le code]

À la mort de Charles, dernier duc de Valois-Bourgogne, le roi Louis XI, enfin débarrassé de son puissant rival (qui, de Péronne à Liège, l'avait en octobre 1468 tenu à merci pendant quelque trois semaines et que lui-même, pour se dégager du traité de Péronne, avait fait condamner pour félonie en décembre 1470[48]), s'empare de la Picardie, du comté de Boulogne et surtout du duché de Bourgogne[49] pendant la Guerre de succession de Bourgogne, une annexion confirmée quelques années plus tard par un nouveau traité d'Arras, celui du 23 décembre 1482.

Entre-temps, Marguerite d'York, veuve de Charles le Téméraire et protectrice de la duchesse Marie de Bourgogne pousse celle-ci (fille unique et héritière du Téméraire) à épouser le futur empereur germanique Maximilien Ier de Habsbourg (1459-1519). Célébré à Gand le 19 août 1477, le mariage fait définitivement perdre à la France les Pays-Bas bourguignons et, en fait, toute la partie septentrionale des États bourguignons (belge, luxembourgeoise, allemande ou « romain-germanique ») sur laquelle la couronne de France n'a aucun droit.

En 1493, Charles VIII ayant décidé de renoncer à la fille de Maximilien Ier de Habsbourg pour épouser Anne de Bretagne, l'empereur récupéra au traité de Senlis : la Flandre, l'Artois, la Franche-Comté et le Charolais[50].

L'héritage de Charles le Téméraire fut, pendant plusieurs générations, l'objet de nombreuses batailles entre rois de France et maison Habsbourg d'Autriche et d'Espagne. Il faudra attendre deux siècles pour que le comté de Bourgogne (dit Franche-Comté, car terre d'empire) soit arraché aux Habsbourg d'Autriche et d'Espagne par Louis XIV (traité de Nimègue, 1678) et définitivement rattaché à la France.

Personnalité[modifier | modifier le code]

Selon le chroniqueur flamand Georges Chastelain, le jeune Charles de Bourgogne était pétri de qualités : droit, franc, pieux, généreux dans ses aumônes, fidèle à son épouse, familier et joyeux avec les siens, évitant toujours de faire la moindre injure à qui que ce fût[51]. C'était de fait un homme d'un courage exceptionnel[52],[Note 7]. C'était aussi un homme très instruit, doté d'une très grande puissance de travail[53]. Il jouait de la harpe et composait des chansons et des motets. Il fut le protecteur de l'École bourguignonne qui regroupa des compositeurs qui constituèrent par la suite la fameuse École franco-flamande.

Néanmoins, d'autres traits de caractère se développèrent avec le temps. Il faisait preuve d'un caractère violent et impulsif. Il recourut volontiers à la force et à la guerre pour obtenir ce qu'il voulait mais il l'aimait pour elle-même. Pour Louis XI, la guerre n'était rien d'autre qu'une activité prosaïque dépourvue de valeur intrinsèque et destinée à servir des ambitions politiques et à laquelle il préférait d'ailleurs la diplomatie. Pour Charles, la guerre dépassait la mesure d'un mode de conquête pour revêtir un caractère presque sacré et qui s'enrichissait de tous les mythes collectés dans les traditions païennes ou chrétiennes : on connaît sa passion pour le plus grand des conquérants, Alexandre, son enthousiasme pour les Croisades et les combats singuliers[54]. Pour Charles, le champ de bataille constituait l'espace privilégié de la prouesse individuelle par laquelle l'homme se transcendait et apprenait, au prix de la souffrance physique ou morale, la maîtrise de son corps et de son esprit[55]. Philippe de Commynes assure que le duc de Bourgogne, à partir de 1472, donna des témoignages de férocité dont il n'avait pas été coutumier jusqu'alors[56].

De plus, devenu duc de Bourgogne, il se laissa aller à un grand orgueil qui fut dénoncé par Thomas Basin[57] : « Il lui prit un tel orgueil qu'il en vint à ne ménager, estimer ou craindre personne ».

De fait, son tempérament entreprenant et téméraire transparaît dans sa devise : « Je l'ay emprins », c'est-à-dire : « Je l'ai entrepris »[58]. Il adopta cette devise alors que son épouse, Isabelle de Bourbon le suppliait de renoncer à ses projets martiaux lors de la Guerre du Bien public[59],[60].

Surnom[modifier | modifier le code]

La forte personnalité du duc, que tous les chroniqueurs décrivent comme un personnage austère, vertueux et impitoyable, pieux et chaste, animé d'un sens de l'honneur exacerbé[59], incita ses contemporains à lui attribuer des surnoms : ils le surnommèrent ainsi le Hardi ou le Guerrier[61], voire le Téméraire, terme qu'on rencontre déjà sous la plume du chroniqueur, évêque de Lisieux, Thomas Basin, vers 1484.

Cependant, s'ils mentionnent ces qualificatifs, aucun des chroniqueurs du XVe siècle ne les emploie de façon systématique et dans leurs écrits, ce prince apparaît sous le nom de Charles de Bourgogne[61].

L'adjonction d'un surnom ne s'imposa que fort lentement.

  • Au XVIIe siècle, le Grand Dictionnaire Historique de Louis Moreri consacre une rubrique à « Charles de Bourgogne, surnommé le Guerrier, le Hardi ou le Téméraire ».
  • Au XVIIIe siècle, l'historien bénédictin Dom Plancher le mentionne encore comme « Charles le Hardi ».
  • Au XIXe siècle, le surnom de Téméraire s'impose en France et en Belgique à l'époque romantique... mais, encore une fois, ses contemporains (au XVe siècle) le qualifiaient plus souvent de Hardi, de Travaillant, de Guerrier, voire de Terrible.

Ascendance[modifier | modifier le code]

Charles le Téméraire est un prince bourguignon et du sang royal français, descendant et héritier direct de quatrième génération du roi de France Jean II le Bon et du duché de Bourgogne. Mais par sa mère, il s'enorgueillissait ouvertement d'être du sang royal de Portugal, le petit-fils du roi Jean Ier de Portugal, le héros de Aljubarrota, et le neveu de ses fils, les princes héros de la conquête de Ceuta, première fois que les chrétiens avaient passé militairement en Afrique, et un des plus grands faits chevaleresques de ce temps registré par les chroniqueurs européens; aussi, par sa grand-mère maternelle, la reine Philippa de Lancastre, il était de sang Plantagenêt, et un descendant du roi Édouard III d'Angleterre, lui-même petit-fils de Philippe IV le Bel, roi de France.

Mariages et descendance[modifier | modifier le code]

Charles contracta trois mariages.

  1. Il épouse le 19 mai 1440, Catherine de France (1428-1446), fille du roi Charles VII de France (et de Marie d'Anjou). Lors du mariage, son épouse a douze ans et lui six. Catherine meurt à dix-huit ans.
  2. Il épouse à Lille, le 30 octobre 1454, Isabelle de Bourbon (1437-1465), fille du duc Charles Ier de Bourbon. Charles aurait plutôt souhaité épouser Anne d'York (fille du duc Richard d'York, descendant direct du roi Édouard III d'Angleterre), mais son père lui rappelle les termes du traité d'Arras, l'obligeant à épouser une princesse du sang de France. Quoi qu'il en soit, le mariage est heureux[62], et il en naît son seul enfant, la future duchesse Marie de Bourgogne (le 13 février 1457).
  3. Il épouse le 2[63] ou le 3 juillet 1468[64] Marguerite d'York (1446-1503). Elle est fille du duc Richard d'York (à l'origine de la guerre des Deux-Roses) et sœur de l'actuel roi d'Angleterre, Édouard. Le mariage est célébré à Damme[65], l'avant-port de Bruges, par l'évêque de Salisbury. Puis suivent pendant dix jours, à Bruges même, des fêtes fastueuses qui constituent une promotion éclatante de l'État bourguignon.

Père de Marie de Bourgogne, Charles est l'arrière-grand-père de l'empereur romain-germanique et roi d'Espagne Charles Quint, donc l'ancêtre des Habsbourg d'Espagne. En effet, Marie de Bourgogne (1457-1482), transmit ses possessions héréditaires (en grand danger d'être conquises par Louis XI) à la maison des Habsbourg d'Autriche, par son mariage avec le futur empereur romain-germanique Maximilien Ier de Habsbourg (1459-1519) ; et leur fils Philippe le Beau (1478-1506) épousa Jeanne d'Aragon, laquelle alors enfanta Charles Quint.

Charles le Téméraire aurait laissé des enfants naturels, mais les sources manquent[66],[Note 8].

Titres[modifier | modifier le code]

Charles le Téméraire par Rubens (vers 1618). Kunsthistorisches Museum à Vienne (Autriche).

Tous portés de 1467 à 1477 sauf indication contraire

Autres États sous influence[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Sources imprimées[modifier | modifier le code]

  • Philippe de Commynes, Mémoires, introduction, édition, notes et index de Joël Blanchard, avec la collaboration de Michel Quereuil pour le glossaire, Paris, Le Livre de poche, coll.« Lettres gothiques », 2001, 894 p.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • John Bartier, Charles le Téméraire, Bruxelles, Charles Dessart, 1944. Réédition revue et augmentée : Éditions Arcade, Bruxelles, 1970, [compte rendu en ligne].
  • Marcel Brion, Charles le Téméraire, grand-duc d'Occident, Paris, Hachette, 1947. Réédition : Tallandier, 2006, [compte rendu en ligne].
  • Joseph Calmette, Les Grands Ducs de Bourgogne, Paris, Albin Michel, 1949 (et 1994).
  • Jean-Marie Cauchies, Louis XI et Charles le Hardi. De Péronne à Nancy (1468-1477) : le conflit, Bruxelles, De Boeck Université, coll. « Bibliothèque du Moyen Âge », 184 p., [compte rendu en ligne].
  • Quentin Debray, La Bataille de Nancy, Éditions du Rocher, 2007, (ISBN 978-2-268-06069-9).
  • Henri Dubois, Charles le Téméraire, Paris, Librairie Arthème Fayard, 2004, 543 p., [compte rendu en ligne], [compte rendu en ligne].
  • Jean Favier, Louis XI, Paris, Librairie Arthème Fayard,‎ 2001 Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Pierre Frédérix, La Mort de Charles le Téméraire, Paris, NRF Gallimard, 1966.
  • Charles-François Landry, Charles, dernier duc de Bourgogne, La Guilde du livre, 1960.
  • Paul Murray Kendall, Louis XI, Paris, Librairie Arthème Fayard, 1974.
  • Werner Paravicini, « Ordre et règle. Charles le Téméraire en ses ordonnances de l'hôtel », in Comptes-rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, Volume 143, no 1, 1999, p. 311-359, [lire en ligne].
  • Klaus Schelle (trad. Denise Meunier), Charles le Téméraire. La Bourgogne entre les lys de France et l'aigle de l'Empire, Paris, éditions Fayard,‎ 1979 (ISBN 2-213-00686-5)
  • Jean-Pierre Soisson, Charles le Téméraire, Éditions Grasset et Fasquelle,‎ 1997 Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Bertrand Schnerb, L'État bourguignon 1363-1477, Éditions Perrin, 1999.
  • Paul Bonenfant et Jean Stengers, « Le rôle de Charles le Téméraire dans le gouvernement de l'État bourguignon en 1465-1467 », in Annales de Bourgogne, t. XXV, 1953, p. 7-29 et 118-136.
  • Paul Bonenfant :
    • Philippe le Bon : sa politique, son action, De Boeck Université, 1996, 476 p., (ISBN 2804121151).
    • « La persistance des souvenirs lotharingiens », in Bulletin de l'Institut Historique Belge de Rome, fascicule XXVII, 1952, p. 53-64.
    • « Les projets d'érection des Pays-Bas en royaume du XVe au XVIIIe siècle », in Revue de l'Université de Bruxelles, tome XLI, 1935-1936, p. 151-169.
  • Chaume (Abbé), « Le sentiment national bourguignon de Gondebaud à Charles le Téméraire », in Mémoires de l'Académie de Dijon, 1922, p. 195-308.
  • Yves Cazaux, « L'idée de Bourgogne, fondement de la politique du duc Charles », in 10e rencontre du Centre Européen d'Études Burgondo-médianes, Fribourg, 1967, Actes publiés en 1968, p. 85-91.
  • « État bourguignon et Lotharingie », Académie royale de Belgique, in Bulletin de la classe des lettres et des sciences morales et politiques, 5e série, t. XLI, 1955, p. 266-282.
  • Anne Le Cam, Charles le Téméraire, un homme et son rêve, éditions In Fine,‎ 1992 Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Franck Viltart, « Exploitiez la guerre par tous les moyens ! Pillages et violences dans les campagnes militaires de Charles le Téméraire (1466-1476) », in Revue du Nord, t. 91, no 380, avril-juin 2009, p. 473-490.
  • J. Robert de Chevanne, Les guerres en Bourgogne de 1470 à 1475, étude sur les interventions armées des Français au duché sous Charles le Téméraire (ouvrage publié sous les auspices de la Société Eduenne), Paris, Alphonse Picard, 1934, 345 p., [compte rendu en ligne].
  • (en) Richard J. Walsh, Charles the Bold and Italy 1467-1477. Politics and personnel, Liverpool, Liverpool University Press, 2005, XXIV-478 p., [compte rendu en ligne].
  • (en) Hugo Van der Velden, The Donor's Image. Gerard Loyet and the votive portrait of Charles the Bold, Turnhout, Brepols, coll. « Burgundica », 2000, XII-388 p., (ISBN 2-503-50722-0), [compte rendu en ligne].

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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En littérature[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Philippe le Bon son père et Jean sans Peur son grand-père avaient porté ce titre avant de devenir duc de Bourgogne.
  2. Madame de Villers La Faye demeura huit ans auprès de son jeune maître.
  3. En droit (mais c'est peut-être avoir une vue simpliste des choses que de les résumer ainsi), Charles avait deux suzerains, tous deux souverains c'est-à-dire sans supérieur au temporel, le roi de France et l'empereur romain germanique ; c'est théoriquement d'eux qu'il tenait ses possessions ; il n'était donc pas juridiquement souverain même s'il l'était de fait et chercha à le devenir en droit. Ainsi, il chercha à atteindre la souveraineté, pour ses fiefs français, en déclarant en 1471, conformément à la clause de non-respect du traité de Péronne, que ses sujets ne devaient plus faire appel au parlement de Paris. Et pour ses fiefs impériaux, il tenta de les faire ériger en royaume par l'empereur romain-germanique en 1473 ; cependant, comme son père Philippe le Bon, il bénéficiait sur eux de la souveraineté territoriale, ce qui le rendait quasi indépendant de l'empereur.
  4. Charles ne se fit cependant jamais représenter sur son sceau assis sur un trône. Il utilisa un sceau équestre.
  5. Le 7 août 1472, Philippe de Commynes s'enfuit de la cour de Charles et rejoint Louis XI.
  6. Le 4 novembre 1473, Antoine Haneron, prévôt de Saint-Donant de Bruges, adressa au marquis de Rothelin, Rodolphe de Hochberg, une lettre où il détaillait les termes dans lesquels Frédéric III avait arrêté la constitution du royaume de Bourgogne. Le document publié en latin en 1937 par H. Stein, Bibliothèque de l'École des Chartes, tome XCVIII, p. 339-341.
  7. Dans ses mémoires, Philippe de Commynes témoigna qu'il s'engagea avec bravoure dans les combats et fut blessé lors de la bataille de Montlhéry en juillet 1465.
  8. Sirjean laisse entendre l'existence d'une famille de Bourgogne, dont le premier auteur connu, est Jean, originaire de Gray, anobli par René duc de Bar en 1464. Il est toutefois contemporain du Téméraire.
  9. Franche parce que, dépendant du Saint-Empire romain germanique, elle est exemptée des taxes ou impôts que tout fief rattaché au royaume de France doit lui acquitter.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Jacques Hillairet, "Dictionnaire historique des rues de Paris" (impr. 1973), Les Editions de Minuit, Tome I, p.483 (colonne de gauche) : "(L'hôtel de Bourgogne au n°20 de la rue Etienne Marcel) appartint donc aux quatre ducs de Valois-Bourgogne ci-après : Philippe le Hardi (1342-1404), Jean sans Peur (1371-1419), Philippe le Bon (1396-1467) et Charles le Téméraire (1433-1477)."
  2. Sa généalogie sur le site Medieval Lands
  3. Henri Pirenne, Histoire de Belgique, réédition BiblioBazaar, LLC, 2008, [lire en ligne], p. 290
  4. Philippe Contamine et Geneviève Contamine, Autour de Marguerite d'Écosse : reines, princesses et dames du XVe siècle, H. Champion, 1999, p. 99
  5. Joseph Calmette, Autour de Louis XI, Éditions de Fontenelle, 1947, p. 138
  6. a et b Le Cam 1992, p. 18
  7. Soisson 1997, p. 102-104
  8. Paul Murray Kendall, Louis XI (trad. fse, Fayard, 1974), p. 87 et plus généralement l'ensemble du chapitre 9 titré "Le châtelain de Genappe"
  9. Philippe de Commynes, Mémoires
  10. Favier 2001, p. 490
  11. Favier 2001, p. 505
  12. a et b Favier 2001, p. 562
  13. Joseph Calmette, Les Grands Ducs de Bourgogne (Albin Michel, 1949 et juin 1976) p. 242
  14. Soisson 1997, p. 180
  15. Joseph Calmette, Les Grands Ducs de Bourgogne (Albin Michel, 1949 et juin 1976), p. 247
  16. Favier 2001, p. 577
  17. Jean-Louis Kupper et Philippe George, Charles le Téméraire, de la violence et du sacré (Éditions du Perron, juin 2007), p. 20.
  18. Soisson 1997, p. 188
  19. Georges-Henri Dumont, Marie de Bourgogne (Fayard, août. 1982), p. 109
  20. Le Cam 1992, p. 134
  21. Favier 2001, p. 726-728
  22. Paul Murray Kendall, Louis XI (trad. fse, Fayard, 1974) - Édition Le Livre de poche, 1977, p. 432
  23. Favier 2001, p. 724
  24. J.L. Kupper et Ph. George, Charles le Téméraire, de la violence et du sacré, Éditions du Perron, 2007, p. 22
  25. Le Cam 1992, p. 258
  26. Philippe Contamine, Pays Lorrain, no 1, "Charles le Téméraire, fossoyeur ou fondateur de l'État bourguignon", p. 123-134.
  27. http://books.google.fr/books?id=j3kUAQAAMAAJ&pg=PA14 Lettres patentes de Louis XI concernant la trêve jusqu'au 1er mai 1475, La Croix-Saint-Ouen, le 13 juin 1474
  28. Favier 2001, p. 653
  29. Schelle 1979, p. 194-200
  30. Favier 2001, p. 662
  31. Jean Favier. Son intervention-radio du 23 juin 2011 à 14 heures dans l'émission « Au cœur de l'histoire » de Franck Ferrand sur Europe 1.
  32. Schelle 1979, p. 254
  33. Soisson 1997, p. 255
  34. Le Cam 1992, p. 334
  35. Georges-Henri Dumont, Marie de Bourgogne, op. cit., p. 122.
  36. Schelle 1979, p. 221
  37. Schelle 1979, p. 222 à 227.
  38. Favier 2001, p. 698 et 713.
  39. Jacques Baudoin, La sculpture flamboyante en Bourgogne et Franche-Comté, éditions Créer, 1996, [lire en ligne], p. 11.
  40. Paul Murray Kendall, Louis XI, (trad. fse, Fayard, 1974), Édition Le Livre de poche, 1977, p. 442.
  41. Schelle 1979, p. 304
  42. Favier 2001, p. 720-722
  43. Marcel Brion, Charles le Téméraire, grand-Duc d'Occident (Librairie Jules Tallandier, 1977) Marabout Université (1979), p. 298.
  44. Schelle 1979, p. 316
  45. Le Cam 1992, p. 384
  46. Jean-Daniel Pariset, La Lorraine dans les relations internationales au XVIème siècle in Les Habsbourg et la Lorraine, Études réunies sous la direction de J.P. Bled, E. Faucher, R. Taveneaux Presses Universitaires de Nancy, 1988. (ISBN 2-86480-147-7). p. 51
  47. Schelle 1979, p. 317
  48. Soisson 1997, p. 198-199
  49. François Pernot, La Franche-Comté espagnole, Presses Univ. Franche-Comté, 2003, [lire en ligne], p. 355
  50. Herman Vander Linden, L'hégémonie européenne- Période italo-espagnole, volume 10 de l'Histoire du monde, E. de Boccard, 1936, p. 8
  51. Le Cam 1992, p. 70
  52. Le Cam 1992, p. 93
  53. Le Cam 1992, p. 135
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  58. Jean-Louis Kupper et Philippe George, Charles le Téméraire, de la violence et du sacré, Éditions du Perron, juin 2007, p. 96.
  59. a et b Le Cam 1992, p. 87
  60. Thomas Basin, Histoire de Louis XI, éditée et traduite par Charles Samaran, Paris, 1963, tome 1, p. 169.
  61. a et b Le Cam 1992, p. 11
  62. Soisson 1997, p. 99-100
  63. Archives départementales du Nord, Alexandre Desplanque, Chrétien César Auguste Dehaisnes, Jules Finot, Inventaire sommaire des Archives départementales antérieures à 1790, Nord: Nos. 3390 à 3665, Imprimerie de L. Danel, 1895, p. 46.
  64. Henri Pirenne, Histoire de Belgique, BiblioBazaar, LLC, 2008, p. 295.
  65. Archives départementales du Nord, op. cit., p. 46.
  66. Patrick Van Kerrebrouck, Nouvelle histoire généalogique de l'auguste maison de France, Les Valois, 1990, page 387.