Aoste

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Aoste (homonymie).
Aoste
Blason de Aoste
Héraldique
Aoste vue depuis le hameau Crétallaz (Quart)
Aoste vue depuis le hameau Crétallaz (Quart)
Noms
Nom italien Aosta
Nom francoprovençal Aoûta (standard supradialectal) ;
Oûta, Ohta, Veulla (patois valdôtain)
Nom alémanique Augschtal[1]
Nom piémontais Aousta
Administration
Pays Drapeau de l'Italie Italie
Région Valle d'Aosta-Stemma.svg Vallée d'Aoste 
Province Blason ville It Aoste.svg Aoste 
Syndic Bruno Giordano
2010-2015
Code postal 11100
Code ISTAT 007003
Code cadastral A326
Préfixe tel. 0165
Démographie
Gentilé aostois
Population 35 049 hab. (31-12-2010[2])
Densité 1 669 hab./km2
Géographie
Coordonnées 45° 44′ 00″ N 7° 19′ 00″ E / 45.73333, 7.31667 ()45° 44′ 00″ Nord 7° 19′ 00″ Est / 45.73333, 7.31667 ()  
Altitude Min. 583 m – Max. 583 m
Superficie 2 100 ha = 21 km2
Divers
Saint patron Saint Grat
Fête patronale 7 septembre
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Vallée d'Aoste

Voir sur la carte administrative de Vallée d'Aoste
City locator 14.svg
Aoste

Géolocalisation sur la carte : Italie

Voir la carte administrative d'Italie
City locator 14.svg
Aoste

Géolocalisation sur la carte : Italie

Voir la carte topographique d'Italie
City locator 14.svg
Aoste
Liens
Site web http://www.comune.aosta.it/fr/home

Aoste ([ɔst] dans l'usage local, [a'ɔst] dans l'usage de France) (Aoûta en arpitan, Aouste en ancien français) est une ville italienne d'environ 35 000 habitants, chef-lieu de la région autonome et bilingue de la Vallée d'Aoste, au nord-ouest de l'Italie.

Géographie[modifier | modifier le code]

Entourée de sommets élevés (Mont Blanc, Cervin, Mont Rose, Grand Paradis) de la chaîne des Alpes, la ville est située à la jonction de deux vallées importantes pour les communications. L'une est celle de la Doire Baltée, qui remonte vers le mont Blanc. L'autre vallée est celle du Buthier, appelée Valpelline, qui remonte vers la vallée du Grand-Saint-Bernard et le col du même nom.

La ville communique avec la Suisse (Val d'Entremont) par le col du Grand-Saint-Bernard ainsi que par le tunnel du même nom, et avec la France par le tunnel du Mont-Blanc et par le col du Petit-Saint-Bernard (Vallée de la Tarentaise). En suivant la Doire en aval, on accède facilement à Turin et au Piémont.

Localisation de la commune d'Aoste à l'intérieur de la Vallée d'Aoste


Citations[modifier | modifier le code]

« J'étais si heureux en contemplant ces beaux paysages
et l'arc de triomphe d'Aoste
que je n'avais qu'un vœu à former
c'était que cette vie durât toujours[3]. (Stendhal) »

Distances[modifier | modifier le code]

Chamonix-Mont-Blanc 57,6 km
Martigny 73,5 km
Turin 114 km
Genève 134 km
Milan 186 km
Gênes 247 km
Lyon 278 km
Nice 351 km
Paris 669 km
Rome 771 km

Histoire[modifier | modifier le code]

La légende[modifier | modifier le code]

Aoste était habitée déjà dans la préhistoire par les Salasses, une population de culture mégalithique d'origine celto-ligure. Selon la légende, la ville de Cordèle fut fondée en 1158 av. J.-C. par Cordelus, souche des Salasses, descendant de Saturne et camarade d'expédition d'Héraclès. Les uniques témoignages de la période salasse sont constitués par une nécropole et un lieu de culte remontant au IIIe millénaire, où se trouve aujourd'hui le quartier de Saint-Martin-de-Corléans, avec des tombeaux mégalithiques.

Époque romaine[modifier | modifier le code]

Rome commença à s'intéresser à la conquête des Alpes après la fin de la Deuxième Guerre punique, en 202 av. J.-C.. Les Gaulois, alliés des Carthaginois, constituaient une menace dans cette région. La fonction d'un camp militaire dans l'actuelle vallée de la Doire Baltée était surtout stratégique. Pour protéger la plaine du , il fallait conquérir les Alpes, pour en faire un rempart naturel contre les invasions des Barbares. Dans ce but, à l'embouchure des vallées alpines, les Romains fondèrent des cités fortifiées.

Mais au Ier siècle av. J.-C., à cause de la conquête de la Gaule, la perspective changea, et les Salasses commencèrent à représenter un obstacle important au passage des soldats et des marchands à travers deux des principaux cols alpins, le long de la Route des Gaules. Après des escarmouches et des expéditions militaires sans issue efficace, César Auguste envoya contre les Salasses le futur consul Aulus Térentius Varron Murène avec plusieurs soldats. Après leur défaite, les Salasses furent probablement exterminés ou réduits en esclavage.

Une nouveau avant-poste de la traversée des Alpes fut fondé en 25 av. J.-C. et baptisée Augusta Praetoria Salassorum (les Prétoriens étant les soldats de garnison), à la confluence des deux fleuves de la région, le Buthier et la Doire Baltée, pour symboliser sa position de carrefour entre la route du Grand-Saint-Bernard (appelé à l'époque Mons Jovis, d'où l'appellation locale "Mont Joux", ou Summus Pœninus), et celle du Petit-Saint-Bernard (Columna Jovis ou Colonne de Joux, ou Alpis Graia).

Le plan actuel de la ville a conservé le plan hippodamien typique des colonies militaires romaines. La rue principale, appelée en latin Decumanus Maximus (correspondant aux actuelles Rue de la Porte Prétorienne, rue Jean-Baptiste de Tillier et rue Édouard Aubert), mesurant à l'époque 9 mètres de large, représentait le prolongement de la route consulaire des Gaules, reliant Mediolanum (Milan) au col du Petit-Saint-Bernard. L'accès à la ville se faisait à travers un pont sur le Buthier, encore visible aujourd'hui, même si le fleuve modifia son cours à la suite d'une inondation. Dans la ville se trouvaient un théâtre, un amphithéâtre, des thermes et un forum. Les murs d'enceinte et les portes de la ville sont visibles à plusieurs endroits.

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Le blason de la ville d'Aoste dans le Salon ducal de l'Hôtel-de-Ville.

Le Moyen Âge a marqué la ville sur le plan religieux, avec Saint Anselme qui est né à Aoste. Fidèle à ses suzerains savoyards, Aoste rejette la réforme protestante et, selon la légende, chasse Jean Calvin. Depuis 1536, les cloches de la cathédrale sonnent chaque jour à 11h30 pour marquer la supposée fuite du réformateur[4].

Aoste est l'une des étapes de la Via Francigena, chemin de pèlerinage menant à Rome. Elle est mentionnée à ce titre par Sigéric, en 990, avec la mention XLVII Augusta (numéro d'étape en partant de Rome).

L'architecture de la ville garde les traces des différentes périodes : ruines romaines (arc de triomphe, théâtre et Amphithéâtre d'Aoste, cryptoportique du forum récemment (16 avril 2007) mis en valeur), période médiévale (différentes fortifications et tours, Cathédrale, et Collégiale de Saint-Ours).

Monuments et lieux d'intérêt[modifier | modifier le code]

À Aoste se situent les musées suivants :

Préhistoire[modifier | modifier le code]

Période romaine[modifier | modifier le code]

La ville est particulièrment connue par son important patrimoine artistique et architectonique d'époque romaine, dont la plupart est encore visible en élévation.

Le périmètre d'enceinte des fortifications romaines de la ville demeure visible en de nombreuses endroits. De plus, les tours sont également visibles comme la Tour du Bailliage, la Tour Fromage, la Tour du Pailleron, la Tour de Bramafam, la tour du lépreux (évoquée dans le roman Le lépreux de la cité d'Aoste de Xavier de Maistre), la Tourneuve, la Tour des Seigneurs de Quart à Saint-Ours (aussi Porte de l'Insinuation).

La Tour du Bailliage tire son nom de son utilisation par le bailli pendant le Moyen Âge.

Période médiévale[modifier | modifier le code]

Période moderne et contemporaine[modifier | modifier le code]

Événements[modifier | modifier le code]

  • Tous les deux ans, le dernier dimanche de septembre des années paires, la Désarpa (du patois valdôtain, la Désalpe), la descente des vaches des alpages, les cornes décorées par des bouquets colorés (en patois valdôtain, lo bosquet) ;
  • La Bataille de reines, le combat de vaches, une manifestation typique des pays autour du Mont-Blanc, très populaire aussi en Valais. Le combat final se tient à l'arène de la Croix-Noire l'avant-dernier dimanche d'octobre ;
  • D'octobre à mai, Aoste accueille la plupart des événements faisant partie de la Saison culturelle, organisée par l'assessorat régional de l'instruction et de la culture ;
  • La Saint-Grat, deuxième évêque de la ville et patron de la Vallée d'Aoste, le 7 septembre. Depuis 2006, en ce jour l'administration régionale organise la Fête de la Vallée d'Aoste, au cours de laquelle sont décernés les prix de Chevalier de l'autonomie et Amis de la Vallée d'Aoste ;
  • En été, le Festival des peuples minoritaires ;
  • D'octobre à avril, la saison de pièces de théâtre pour enfants Enfanthéâtre, créée en 1983 ;
  • Le marché, tous les mardis et les samedis ;
  • Au mois de novembre, la Foire des Alpes, une foire-marché des races ovines et caprines locales, organisée par l'AREV à l'arène de la Croix-Noire ;
  • Fin novembre, le Charaban, un spectacle théâtral en patois valdôtain.

La Foire de Saint-Ours[modifier | modifier le code]

L'un des plus grands événements marquants dans la vallée d'Aoste est la Foire de Saint-Ours. Ne pas confondre, comme cela peut se produire, avec « ours », l'animal. Cette foire, dédiée à Ours d'Aoste, a lieu les 30 et 31 janvier de chaque année dans la vieille ville d'Aoste.

Cette manifestation au départ religieuse, qui a fêté ses 1 007 ans d'histoire en 2007, rassemble tous les artisans de la vallée venant exposer leurs œuvres. Celles-ci sont majoritairement en bois sculpté. On peut y trouver les chaussures en bois typiques, réalisées par les sabotiers du val d'Ayas. La pierre ollaire y est aussi présente, ainsi que des pièces de métal, mais l'on y voit également les dentellières de Cogne, ou les tisserands de Champorcher, travaillant le chanvre encore avec un ancien métier à tisser de l'époque, et les tisserands de Valgrisenche (le drap).

La foire de la Saint-Ours à Aoste est précédée de deux autres foires, la Foire des Glaciers à Pré-Saint-Didier, et la foire de Saint-Ours à Donnas.

Personnalités liées à Aoste[modifier | modifier le code]

Transports[modifier | modifier le code]

Transports routiers[modifier | modifier le code]

Depuis 1965, grâce à l'ouverture du Tunnel du Mont-Blanc, la communication avec Chamonix et le reste de la France se fait de manière plus aisée.

L'autoroute A5, qui traverse le val d'Aoste, depuis avril 2007, arrive à quelques centaines de mètres du tunnel du Mont-Blanc, favorisant ainsi le transfert des poids lourds, d'ailleurs interdits depuis, sur la route nationale 26 de la Vallée d'Aoste.

De même, le Tunnel du Grand-Saint-Bernard (desservi par la route nationale 27), assure la liaison avec la Suisse vers le Valais.

Transports aériens[modifier | modifier le code]

Aoste possède un aéroport qui porte le nom de l'ancien assesseur, député régional et pilote Conrad Gex.

Transport en commun[modifier | modifier le code]

Article détaillé : SVAP.

La plaine aostoise[5], comprenant la ville et les communes limitrophes, est desservie par la Société Valdôtaine d'Autocars Publics, abrégé en SVAP.

La SVAP a récemment lancé le projet AllôBus de transport à la demande, concernant Aoste et les communes limitrophes. Le service nocturne s'appelle AllôNuit.

Transport ferroviaire[modifier | modifier le code]

La Gare d'Aoste constitue le point de rencontre entre la ligne Chivasso - Aoste (vers Turin-Porta-Nuova et le réseau ferré italien) et la ligne Aoste - Pré-Saint-Didier, vers le Valdigne (haute vallée d'Aoste, vers Courmayeur).

Sports[modifier | modifier le code]

Aoste a été ville candidate aux Jeux olympiques d'hiver de 1998. C'est Nagano qui a été choisie.

Dans cette commune se pratiquent le fiolet et la rebatta, deux des sports traditionnels valdôtains. Aoste compte trois sections : Aoste-ville, Arpuilles-Excenex et Porossan.

Administration[modifier | modifier le code]

Le gonfanon de la ville d'Aoste dans le Salon ducal de l'Hôtel-de-Ville.
Article détaillé : Élections communales à Aoste.
Les syndics successifs
Période Identité Étiquette Qualité
10 mai 2005 24 mai 2010 Guido Grimod Union valdôtaine Syndic
24 mai 2010 en cours Bruno Giordano Union valdôtaine Syndic
Les données manquantes sont à compléter.

La ville d'Aoste fait partie de l'Association internationale des maires francophones[6].

Hameaux[modifier | modifier le code]

Arpuilles, Beauregard, Bibian, Bioulaz, Borgnalle, Brenloz, Busséyaz, Cache, La Combe, Les Capucins, Chabloz, Champailler, Collignon, Cossan, Cotreau, Duvet, Entrebin, Excenex, Les Fourches, Laravoire, Montfleury, Movisod, Pallin, Papet, Pléod, Porossan, La Riondaz, La Rochère, Roppoz, Saraillon, Saumont, Seyssinod, Signayes, Talapé, Tsanté, Tzambarlet, Vignole

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Charvensod, Gignod, Gressan, Pollein, Roisan, Saint-Christophe, Sarre

Société[modifier | modifier le code]

Évolution démographique[modifier | modifier le code]

La population de la ville est d'environ 35 000 habitants. L'agglomération constituée avec les communes limitrophes (Saint-Christophe et Sarre) atteint les 60 000.

Habitants recensés


Jumelages[modifier | modifier le code]

Galerie de photos[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Lin Colliard, La vieille Aoste, éd. Musumeci, Aoste, 1972.
  • Aimé Chenal, Promenade archéologique de la ville d'Aoste, ITLA, Aoste, 1965.
  • Mauro Caniggia Nicolotti & Luca Poggianti, Aoste inconnue : traces cachées, oubliées ou invisibles de la vieille ville, typog. La Vallée, Aoste, 2010.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dans la variante Töitschu de la langue walser - v. Michele Musso, Imelda Ronco, D'Eischemtöitschu : vocabolario töitschu-italiano, Walser Kulturzentrum, Gressoney-Saint-Jean, éd. Musumeci, Quart, 1998, p. 300.
  2. (it) Popolazione residente e bilancio demografico sur le site de l'ISTAT.
  3. Citation reportée sur un ascenseur du fort de Bard.
  4. Claude Ansermoz, « Ni italienne ni suisse, Aoste cultive son particularisme millénaire », dans 24 Heures du 24 janvier 2008, p. 29.
  5. Région comprenant les communes d'Aoste, Charvensod, Quart, Saint-Christophe, Brissogne, Sarre et Pollein.
  6. Site de l'OIMF - Liste des membres

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Il existe une catégorie dédiée à ce sujet : Aoste.

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]