Trail (course à pied)

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Trail
Autres appellations Course nature
Course tout-terrain
Trail running
Fédération internationale Plusieurs
Pratiquants Plusieurs millions
Image illustrative de l'article Trail (course à pied)
Coureur de la course Lairig Ghru 2012 dans les collines écossaises
Coureurs de l'Ultra-Trail du Mont-Blanc-CCC 2009 sur les sentiers du mont Blanc

Le trail ou la course nature est un sport de course à pied, sur longue distance, en milieu naturel, généralement sur des chemins de terre et des sentiers de randonnée en plaine, en forêt ou en montagne.

Depuis quelques années, le trail rencontre un succès grandissant. Aux États-Unis, le nombre de coureurs de trail est passé de 4,5 à 6 millions entre 2006 et 2012[1]. En Europe, les pratiquants seraient 8 millions[2].

Terminologie[modifier | modifier le code]

Une traileuse engagée sur la Mrs. Robinson's Romp 5-10k (Kansas City, USA)

Trail est le terme le plus courant en français, notamment dans les médias spécialisés, pour désigner globalement le sport de la course à pied en milieu naturel, défini principalement par opposition à la course à pied sur piste d'athlétisme ou sur route. Ce terme vient de l'expression anglaise « trail running », qui signifie littéralement « course à pied sur sentier » et qui désigne, depuis plusieurs années dans les pays anglo-saxons, le sport de la course à pied en milieu naturel[3].

Trail désigne aussi un évènement (compétition) de ce sport, avec une définition et des règles variables selon les langues et les organisations sportives[4]. Dans le langage courant, « courir un trail », désigne généralement le fait de participer à une épreuve chronométrée, alors que « pratiquer le trail » fait référence au sport trail en général.

D'autres expressions françaises désignent parfois globalement ce sport ou loisir, notamment « course nature », souvent utilisée par les médias généralistes pour expliquer le trail auprès du grand public[3] ou bien « course tout-terrain[5] ».

Le trail est généralement distingué du cross country, bien que la définition de course hors-stade et hors-route s'applique aux deux disciplines et que la frontière entre les deux est parfois ténue. Les épreuves de cross country sont généralement courtes voire très courtes (4 à 12 km) et sont intégrées aux agendas de beaucoup de coureurs de pistes alors que le trail peut se courir sur des distances allant jusqu'à plusieurs centaines de kilomètres pour certains « ultra-trails ».

Le trail est généralement distingué du raid nature ; le parcours d'un raid peut être réalisé en plusieurs étapes (nuits de repos), nécessiter une gestion autonome du bivouac et comprend souvent une liberté de parcours ou une difficulté d'orientation. À l'inverse, dans une compétition de trail, le parcours est toujours réalisé sans étapes (pas d'arrêt du chronomètre), avec quelques points de ravitaillements ou repos mis en place par les organisateurs, sur un parcours balisé obligatoire. De même le trail est distingué de la course d'orientation, en raison du parcours balisé.

D'autres expressions font références à des aspects plus spécifiques de certains trails : l'expression « rando-course » désigne un parcours à une allure moins soutenue (avec beaucoup de marche) souvent employée pour caractériser certaines sorties longues d'entrainement ou de reconnaissance. La « course en montagne » désigne plus spécifiquement la pratique dans l'environnement de la moyenne ou haute-montagne, avec un important dénivelé et des passages plus techniques ; de même pour le « skyrunning » (littéralement « course de ciel ») qui désigne une course à très fort dénivelé rattachée à un circuit de compétitions internationales.

Histoire[modifier | modifier le code]

En tant que pratique sportive à part entière, le trail n'est codifié que depuis le milieu des années 1990 mais des compétitions de course à pied se déroulant en montagne ou dans le désert existent depuis des décennies. L'un des premiers événements marquant de l'Histoire récente du trail est probablement l'exploit de Gordy Ainsleigh (en) qui boucle en 1977 les 100 miles de la Western States Endurance Run, course d'ultra-trail désormais mythique.

Sept ans plus tard, en 1984, Patrick Bauer parcourt seul et sans assistance 350 km dans le désert avec un sac de 35 kg sur le dos[6]. De cette épopée solitaire naitra deux ans plus tard le Marathon des sables couru cette année-là par seulement 23 coureurs. Ils étaient plus de 1 000 à prendre le départ en 2013 pour cette course également mythique. Historiquement, c'est la Fédération britannique d'athlétisme qui a défini pour la première fois en 1995 les compétitions de trail running : toutes courses sur des sentiers pédestres ou des chemins ouverts au public mais interdits aux véhicules motorisés[7]. Un an plus tard, des coureurs du Colorado créent l'American trail running association (ATRA) aux États-Unis.

Au cours des dix années suivantes, de nombreuses épreuves toujours plus longues et plus difficiles voient le jour jusqu'à ce que les organisateurs décident, dans le courant des années 2000 de proposer des distances alternatives lors des grandes épreuves. L'engouement est immédiat et entraîne une démocratisation de ce sport jusqu'alors plutôt réservé aux coureurs d'ultra. Désormais, la plupart des épreuves se déclinent en plusieurs versions allant parfois de la course enfants de quelques centaines de mètres à l'ultra en passant par diverses distances afin de toucher toujours plus de monde.

Présentation[modifier | modifier le code]

Ullswater Trail Race 2011

Contrairement aux courses sur route, en trail, la distance à parcourir n'est qu'une des trois données importantes qui définissent le parcours. Les deux autres données fondamentales sont le dénivelé (le cumul de toutes les ascensions qui permet de donner le dénivelé positif total, appelé généralement le D+) et la technicité des chemins (difficultés d'approche, irrégularité et déclinaison des pentes, état des sols, présences de cailloux, etc.).

Il n'existe pas de consensus mais on estime généralement que 100 mètres de D+ équivalent en fatigue à 1 km de plus couru sur du plat. Par exemple, un trail de 17 km avec 400 m de dénivelé positif demandera un effort équivalent à un semi-marathon (21 km). C'est important quand il s'agit d'estimer le temps que l'on va mettre à boucler la distance totale (prévoir son allure, calculer ses besoins en eau et en nourriture, déterminer la durée de ses sorties longues préparatoires, etc.)[8].

Les trails peuvent être pratiqués tout au long de l'année, quelles que soient les conditions climatiques (neige, pluie, chaleur extrêmes) et sur des amplitudes horaires très variées. Il n'existe aucune règle concernant les heures de départ puisque certaines courses ont lieu de jour, d'autres de nuit ou bien, pour les plus longues sur plusieurs jours et/ou nuits. Les trails nocturnes, tels que le Noz Trail sont de plus en plus fréquents. En trail, la notion de proximité avec la nature est importante. Le respect absolu de l'environnement est souvent mis en avant et l'organisation fait le plus souvent en sorte que le passage des coureurs ait un impact réduit sur la nature (zone de propreté proche des ravitaillements voir pas de ravitaillement du tout). En effet, selon les courses, l'organisation peut prévoir des arrêts ravitaillements en cours de parcours mais de plus en plus d'épreuves sont organisées en semi-suffisance (ravitaillements éloignés de plusieurs dizaines de kilomètres les un des autres) ou en auto-suffisance (ravitaillement à l'arrivée uniquement). Le parcours est toujours sécurisé par du personnel, le plus souvent des bénévoles, placés aux endroits potentiellement dangereux ou aux traversées de routes.Les organisateurs et les coureurs mettent également souvent en avant la convivialité de la discipline et sa mixité, les sportifs amateurs côtoyant les sportifs professionnels.

Lors de compétitions de trail, les distances annoncées sont souvent approximatives. Il n'est pas rare que le parcours fasse quelques mètres voire quelques kilomètres de plus ou de moins que ce qui est annoncé. D'une année sur l'autre, une même épreuve peut également avoir un tracé légèrement différent. Le temps réalisé par un coureur sur un trail n'a donc pas la même importance que sur une course plate sur bitume, d'autant que le dénivelé influe directement sur le temps total. C'est donc plus généralement son positionnement dans le classement d'arrivée et l'écart avec les premiers qui permet de déterminer la performance, le chronomètre n'étant qu'une donnée indicative.

La notion de finisher a également une grande importance. Ce terme désigne les personnes qui ont passé la ligne d'arrivée avant la fin du temps imparti. Être finisher de certaines courses peut notamment rapporter des points permettant de s'inscrire à des courses prestigieuses et en particulier l'Ultra-Trail du Mont-Blanc.

Enfin, les récompenses aux vainqueurs et aux finishers (le plus souvent des gadgets, des tee-shirt ou des médailles souvenir) sont sans commune mesure avec les primes que touchent les vainqueurs des courses sur routes célèbres tels que les marathons des grandes capitales (New-York, Londres, Paris, Berlin, Rome...).

Terrains de pratique[modifier | modifier le code]

Trail de montagne[modifier | modifier le code]

La montagne, et surtout la moyenne montagne, semble le terrain de prédilection de la majorité de pratiquants[9].

Trail de campagne ou littoral[modifier | modifier le code]

La campagne et le littoral sont les autres lieux privilégiés de pratique après la montagne. D'après une étude française, c'est le terrain privilégié par un tiers des pratiquants[9].

L'une des particularité du littoral français est de proposer, sur la quasi totalité de son tracé, des chemins aménagés et entretenus permettant de courir sans grand risque dans des paysages souvent somptueux (bord de plage, calanques, flanc de falaises, dunes...). Ces chemins, souvent appelés chemins des douaniers, sont plutôt prévus pour les promeneurs mais de plus en plus de coureurs se les approprient et des compétitions voient régulièrement le jours sur ces chemins. On peut citer notamment le trail des falaises à Bonifacio, la Barjo qui permet de rejoindre la Hague dans le Nord-Cotentin ou encore le Trail du Pays de Caux qui se court en partie le long des falaises d'Étretat pour ne citer que ces quelques exemples.

Trail blanc[modifier | modifier le code]

Epreuve de Cross Country dans la neige à Okotoks près de Calgary

Le terme "trail blanc" est généralement utilisé pour designer un trail de montagne se courant essentiellement ou exclusivement dans la neige. Les termes "trail hivernal" ou "snow trail" sont également employés pour désigner ce type de courses. Certains trails de montagne à très forts dénivelés emmènent les coureurs vers des sommets enneigées, y compris en plein été, mais ce n'est pas de ce type de courses qu'il s'agit. Les trails blanc désignent des trails qui ont lieu l'hiver, le plus souvent dans des stations de sport d'hiver et qui consistent à courir sur des pistes de ski, de ski de fond, de raquette ou hors piste, mais dans la neige, damée ou pas. Outre le dénivelé, toujours présent en montagne, les coureurs doivent composer avec le froid et les spécificités du terrain qui peut être très changeant, les appuis étant très différents selon la dureté de la neige. En France, les premiers trails blancs sont apparus au début des années 2000 avec notamment le trail blanc New Balance de Serre Chevalier qui est sans doute l'un des plus connus. De nouvelles éditions apparaissent chaque année et il est désormais possible de courir des trails blancs de toutes distances et dans tous les massifs montagneux :

  • Alpes : Serre-chevalier, Semnoz, snow-trail de Chabanon
  • Jura : O'xyrace trail blanc jurassien
  • Pyrénées : la Romeufontaine, trail blanc du pont d'Espagne
  • Massif central : Trail hivernal du Sancy, trail de Vulcain
  • Vosges : trail blanc des Vosges (Rouge-Gazon), trail de la Haute Moselotte

Trail de désert[modifier | modifier le code]

Marathon des Sables 2009

Les trails se déroulant dans des déserts sont assez rares car ils nécessitent une logistique importante et représentent un coût élevé pour les coureurs. Le marathon des sables est sans conteste le trail de désert le plus emblématique de cette pratique particulière du trail qui cumule trois difficultés majeures :

  • le sable, élément instable et surtout très agressif car en s'infiltrant partout il abîme la peau et en particulier les pieds déjà soumis à de nombreuses contraintes mécaniques ou les muqueuses lorsqu'il est soulevé par le vent,
  • la chaleur, pouvant être accablante et contre laquelle il n'existe pas de moyen de s'abriter (c'est une évidence mais il n'y a pas d'ombre dans le désert),
  • les difficultés à s'orienter étant les deux autres grandes difficultés de l'exercice.

Aux États-Unis, la Badwater a lieu chaque année au mois de juillet et a la réputation d'être la course la plus difficile du monde. Elle a la particularité de réunir les difficultés du désert (elle se court dans la Vallée de la Mort) et de la montagne puisqu'elle compte environ 4000 mètres de dénivelé positif, le désert des Mojaves étant une zone désertique et montagneuse.

D'autres courses plus confidentielles, souvent organisées par des tour operator occidentaux, réunissent quelques dizaines de coureurs sans parvenir à gagner une notoriété comparable. On peut citer par exemple la société américaine RacingThePlanet qui organise des trails dans les déserts de Gobi, d'Atacama ou encore du Sahara.

Trail urbain[modifier | modifier le code]

On assiste depuis quelques années à l’émergence d'un nouveau concept de course, le trail urbain. En France, le premier trail urbain s'est déroulé dans la ville de Lyon en 2008[10]. Les deux termes sont pourtant, par définition, contradictoires mais le principe consiste à faire passer les coureurs par les lieux les plus pittoresques, privilégiant le dénivelé et les passages étroits ou difficiles. Les premières éditions de l'Éco-Trail de Paris finissaient d'ailleurs par l'ascension des escaliers de la tour Eiffel, même si cette course, traversant une majorité de sentiers et de forêts domaniales avant d'arriver à la capitale, n'est pas à proprement parler un trail urbain.

Aspects techniques[modifier | modifier le code]

Montée, descente, sentier technique[modifier | modifier le code]

Technique de montée en marche active avec poussée des mains sur les cuisses

La majorité des compétitions de trail comporte un dénivelé plus ou moins important, constitué de montées et descentes, qui requièrent une technique différente de la course sur le plat.

En montée, l'effort musculaire est réalisé par des contractions concentriques et fait surtout appel à la puissance des muscles quadriceps. La foulée est raccourcie, la pose et la poussée du pied s'effectue surtout sur l'avant du pied. Les montées à faible pente sont effectuées en courant mais réclament un effort cardiaque conséquent. Les montées raides sont souvent réalisées par une technique de marche rapide ou « active », en s'aidant avec une poussée des mains sur les cuisses, ou par des techniques de marche nordique en s'aidant de bâtons. Dans les montées très raides, les mains peuvent s'agripper au sol ou aux rochers et aider l'ascension et le maintien de l'équilibre, selon des techniques basiques d'escalade.

En descente, le travail musculaire est surtout excentrique. Avec une pente faible, la foulée peut être allongée pour gagner en vitesse. Quand la pente devient importante, la foulée est raccourcie, pour ralentir la course (risque de chute) ou limiter l'impact dans les muscles et les articulations (douleurs, risques de blessure). Les descentes raides ou techniques parcourues en courant requièrent de « l'engagement » psychologique pour surmonter la peur d'une chute ou d'une blessure.

Sur les sentiers dits « techniques » (très accidentés), la foulée dynamique, plus courte et avec une pose du pied très brève, permet de limiter les risques de chute si le sol est instable ou si le pied est mal posé.

Hydratation et alimentation[modifier | modifier le code]

Coureur devant un stand de ravitaillement avec des aliments solides

En course à pied, le coureur doit gérer l'hydratation et les apports énergétiques nécessaires à de meilleures performances physiques et à une limitation des risques de blessure. Pour le pratiquant de trail qui court sur des distances de fond, ces apports sont effectués les jours et heures avant la course mais aussi durant la course, par la consommation de boissons ou d'aliments solides.

Durant une course, le coureur limite la déshydratation (causée par la transpiration) en buvant de l'eau ou bien une boisson isotonique ou légèrement hypotonique, plus favorable à l'absorption de l'eau et des nutriments dans le sang. Les boissons isotoniques apportent généralement des électrolytes (principalement du sodium) qui compensent les pertes minérales dues à la transpiration[11]. À partir de 5-7 heures de course (notamment par temps chaud), les apports en sodium évitent les risques d'hyponatrémie[12].

Des compléments énergétiques sont nécessaires pour compenser l'épuisement des stocks de glycogène dans le sang après 1 ou 2 heures de course. Ces apports sont réalisés par des boissons ou gels énergétiques composés principalement de glucides (glucose, fructose, maltodextrine...) ou bien par des aliments solides sucrés ou salés (barres de céréales, fruits, biscuits...).

Pour le pratiquant de trail, la gestion de son hydratation et son alimentation est un aspect tactique important de la course. Celui-ci doit préparer au mieux l'équipement, la quantité et la qualité des boissons et aliments nécessaires, en minimisant le poids transporté. Il doit aussi composer avec les désordres physiologiques conséquents à l'effort, aux chocs répétés et à la redistribution du sang vers les muscles (perte d'appétit, dégoûts, nausées, ralentissement de la digestion...). Il doit gérer au mieux les ravitaillements en liquides ou aliments solides disponibles sur le parcours, pour se restaurer convenablement ou pour remplir son sac ou sa gourde, en perdant le moins de temps possible.

Fatigue et environnement[modifier | modifier le code]

Tente de repos sur l'UTMB 2009

La fatigue du coureur est le principal élément limitant les performances sportives (durée et intensité) et favorisant les blessures. La fatigue peut-être de plusieurs natures : manque de sommeil, fatigue au niveau des muscles, fatigue du système nerveux (cerveau, nerfs)[13].

La fatigue physiologique est due à l'exercice physique prolongé et se manifeste notamment par des courbatures, des crampes, des somnolences ou une perte de poids. L'entrainement insuffisant ou le surentraînement favorisent l'apparition de cette fatigue. De « mauvaises » chaussures, c'est-à-dire non adaptées au pied du coureur, à la nature du terrain et à la longueur de la course, favorisent également la fatigue. Un état de fatigue global, le « coup de pompe », est généralement dû à un défaut d'alimentation (souvent hypoglycémie)[14]. Une bonne économie de course, avec une foulée efficace, limite les atteintes musculaires[15].

Pour les parcours longs (ultra), des études scientifiques suggèrent que la fatigue des jambes correspond principalement à une fatigue du système nerveux central et non à un affaiblissement de la force des muscles. Les études indiquent aussi que les femmes semblent mieux résister à ce type de fatigue[16]. Aucune fatigue cardiaque (suite à un ultra-trail) n'a été démontrée[17].

Les compétitions de plusieurs dizaines d'heures engendrent une privation de sommeil qui limite les performances physiques et cognitives (perte d'attention, somnolence, troubles visuels...). Pour se préparer à cette privation, beaucoup de coureurs augmentent la durée de sommeil les jours précédents une compétition (nuits plus longues, siestes[18]). Durant les courses longues, certains coureurs se ménagent de courtes siestes, au bord du chemin ou dans des espaces aménagés (tente, refuge de montagne).

L'environnement extérieur est aussi une contrainte et un élément limitant pour le coureur. Les conditions météorologiques variables limitent les performances. Par des vêtements et accessoires de protection adaptés, le coureur doit se protéger de différentes agressions physiques : chaleur ou froid, sécheresse ou humidité, vent, pluie, neige, rayonnement solaire. Les conditions extérieures limitent aussi les perceptions du terrain, à l'exemple du brouillard, de l'orage ou de la nuit qui rendent difficiles l'orientation et la perception des obstacles. En haute montagne, les effets de l'altitude diminuent les performances physiques (rythme cardiaque, déshydratation).

Équipements[modifier | modifier le code]

Parallèlement au développement de la discipline, le marché de l'équipement dédié au trail a explosé ces dernières années[19]. Les équipementiers traditionnels ayant su adapter leurs matériels et les fournisseurs de membranes ou de matériaux techniques en sont les principaux bénéficiaires[20]

Chaussures de trail[modifier | modifier le code]

La XA Pro de Salomon, lancée en 2001, est considérée comme la première chaussure dédiée au trail[21].

Les pratiquants de trail utilisent souvent des chaussures conçues spécialement pour le trail. En comparaison des chaussures de course sur route, la semelle extérieure des chaussures de trail possède des crampons plus agressifs et souples, afin d'assurer une meilleure accroche et adhérence sur une grande variété de terrains secs et humides (roche, boue, neige...). En comparaison des chaussures de randonnée à tige basse, les chaussures de trail sont beaucoup plus légères, souples et aérées.

Généralement, la semelle intermédiaire en élastomère (type EVA) contient une fine plaque de plastique souple visant à protéger le pied des objets pointus, comme les cailloux et les racines. Parce que le trail est pratiqué sur des reliefs moins durs que la route ou avec des appuis de pied plus variés, les chaussures de trail possèdent généralement un amorti moindre que celles de route. De même, la hauteur de la semelle est généralement plus faible, afin d'assurer une meilleure stabilité et un meilleur dynamisme du pied sur les terrains accidentés.

Les chaussures de trail comportent généralement des bandes latérales ou frontales de renfort dites « pare-pierre » pour protéger le pied et la chaussure des chocs et de l'usure. Souvent, le système de laçage vise à augmenter le maintien latéral du pied (stabilité). Des systèmes de laçage variés ou des chaussons intérieurs améliorent souvent la protection du pied, en évitant par exemple que les lacets soient accrochés par des ronces ou que de petits cailloux pénètrent dans la chaussure. Si les tissus maillés (mesh) améliorent l'évacuation de la transpiration du pied et la légèreté de la chaussure, des tissus imperméables (type Gore-Tex) améliorent la protection du pied contre l'humidité et le froid.

Selon la nature du terrain, les chaussures sont parfois associées à des pointes métalliques ou des chaînes amovibles (pour la neige et glace), à des chaussettes étanches ou à des guêtres amovibles (sable, boue).

À l'identique de la course sur route, les tendances récentes favorisent la conception de chaussures de trail plus « minimalistes », avec un drop réduit (inclinaison arrière-avant minimale ou nulle) et un amortissement moindre sous le talon : pour offrir plus de dynamisme et légèreté aux pratiquants de parcours rapides et pour mieux correspondre aux foulées avec des appuis sur l'avant ou le milieu du pied (forefoot/midfoot strike). À l'inverse, quelques rares fabricants proposent des chaussures avec des semelles très épaisses, pour favoriser l'amortissement des chocs et reliefs, notamment dans les descentes et les parcours longs.

Réserve d'eau individuelle[modifier | modifier le code]

Équipement d'un coureur de l'ultra-trail CCC : Sac à dos, gourdes pour l'eau et les boissons énergétiques, bâtons pliables, nécessaire médical et couverture de survie, passeport, lampe frontale et piles de rechange, couvre-chef, veste et pantalon imperméables, gobelet...
Tenue moderne d'un coureur : tshirt technique, cuissard de compression, manchons de compression des mollets, sac à dos de trail

Une ceinture porte-gourde (ou sac à dos avec une poche à eau) contenant de l'eau et/ou des produits énergétiques notamment pour les trails supérieurs à 21 km. Des produits solides sont également recommandés.

Lampes frontales[modifier | modifier le code]

Le trail se pratiquant de jour comme de nuit, il est indispensable de pouvoir s'éclaire correctement, surtout que par définition, le trail se pratique dans des lieux dépourvus d'éclairages public. Les lumières dont s'équipent les traileurs la nuit doivent donc être suffisamment puissantes pour leur permettre de voir le relief et les éventuels obstacles qui juchent leur chemin afin d'éviter la chute. La lampe frontale, qui permet d'éclairer en toute circonstance l'endroit vers lequel se pose les yeux du coureur est donc un choix très largement privilégié, d'autant que ce type de lampes permet d'éviter tout encombrement des mains du coureurs tout en limitant les risques de perte. Elles sont obligatoires en compétition lorsque l'épreuve ou une partie de l'épreuve se déroule de nuit. Sur certaines courses, les organisateurs exigent que les coureurs disposent également de piles de rechange, voire une seconde frontale de sécurité. Les principaux fabricants de lampes frontales, tels que Petzl, Geonaute, Energizer, Black Diamond, Silva ou encore Ferei se sont adaptés à ces nouveaux marchés en proposant des modèles adaptés à ce type d'épreuves (lampes toujours plus légères, plus autonomes et/ou plus puissantes). Certaines épreuves pouvant comporter plusieurs nuits entières, une grande autonomie est indispensable. Certains modèles sont équipés de batterie à très grande autonomie. Celles-ci sont alors déportées vers l'arrière de la têtes ou portées à la ceinture et permettent au coureur d'avoir une lumière très puissante pendant plusieurs dizaines d'heures.

Autres accessoires[modifier | modifier le code]

La discipline du trail est à la fois très jeune et parallèlement héritière des traditions d'activités millénaires telles que la course à pied et la randonnée. Certains accessoires apparaissent donc dans la panoplie des traileurs sans qu'il soit réellement possible de déterminer s'il s'agit d'accessoires indispensables ou de gadgets liés à des effets de mode ou de marketing.

Les bâtons de trail, version à peine revue des bâtons de randonnées sont de plus en plus utilisés. Pas plus que pour la randonnée, il n'est possible d'affirmer que leur utilisation améliore de façon indiscutable l'efficacité de la course. Ils sont interdits sur certaines courses car on leur reproche notamment leur dangerosité pour les autres pratiquants lorsqu'ils sont mal utilisés et leur impact négatif sur l'environnement.

Des manchons de contention peuvent être portés aux mollets ou aux avant-bras, mais là encore, leur efficacité est âprement discutée.

En course[modifier | modifier le code]

Équipement obligatoire[modifier | modifier le code]

Station d'altitude sur un col de l'UTMB

Les organisateurs imposent fréquemment aux coureurs une liste d'équipements de sécurité obligatoires : un volume minimum de boisson au départ, une couverture de survie, une lampe torche, un téléphone mobile, des piles neuves, un sifflet… Sur certaines épreuves longues, la vérification des sacs est obligatoire et chaque coureur doit s'y soumettre.

Ravitaillement[modifier | modifier le code]

Accompagnement et assistance[modifier | modifier le code]

Barrière horaire[modifier | modifier le code]

Les organisateurs imposent souvent ce que l'on appelle une barrière horaire c'est-à-dire que les coureurs doivent rejoindre un point précis (ou l'arrivée) avant une certaine heure. Au delà, ils sont mis hors course et ne pourront affirmer qu'ils ont été finisher de cette course. Sur les trails courts ou moyens, les barrières horaires sont généralement calculées de façon assez large et servent essentiellement à mettre hors courses des personnes qui n'auraient pas le niveau requis pour terminer la course dans de bonnes conditions de sécurité. Sur les courses sélectives ou les épreuves d'ultra, les barrières sont plus serrées et lorsque les meilleurs se bagarrent en têtes de course, beaucoup de coureurs se bagarrent avec ces barrières avec la hantise d'être mis hors-course.

Entrainement[modifier | modifier le code]

Montre GPS de Garmin affichant la distance parcourue, l'altitude et l'allure moyenne de course

L'entrainement au trail est relativement similaire à celui de la course de fond sur piste ou sur route. Il est réalisé principalement par la pratique régulière de séances d'endurance (jogging), sur route ou sentiers, pour acquérir de bonnes qualités de foncier. Des séances plus intensives et rapides de fractionné ou de fartlek permettent d'améliorer les capacités aérobie et d'augmenter ainsi la vitesse du coureur (VMA) ou bien de s'entrainer aux « allures spécifiques » d'une compétition.

Plus spécifiques au trail, les séances de dénivelé, permettent d'améliorer la technique, la vitesse et l'endurance du coureur dans les montées et descentes. La pratique régulière sur des terrains naturels variés, sous différentes conditions météorologiques (chaleur, pluie, froid, neige), permettent aux pratiquants de se familiariser avec les conditions imprévisibles d'une course en pleine nature et de tester leurs choix d'équipement et de nutrition.

L'entrainement est complété par des exercices de préparation physique générale (PPG) ou spécifique (PPS) : musculation, pliométrie, étirement, proprioception, pratique croisée d'autres sports d'endurance (vélo, natation), électrostimulation...

Pour les athlètes de haut-niveau, des plans d'entrainement personnalisés définissent la fréquence et le type des séances d'entrainement de la semaine, réparties sur l'année en différentes périodes selon le calendrier des compétitions : semaines de reprise, développement général, préparation spécifique pour une compétition, jours de récupération, repos saisonnier... L'évolution des performances est souvent évaluée d'après les données fournies par un cardiofréquencemètre (fréquences cardiaque), une montre GPS (vitesse horizontale, vitesse d'ascension, dénivelé cumulé) ou un accéléromètre (rythme des foulées). L'entrainement physique est souvent complété par un suivi diététique, médical et une préparation mentale.

La pratique du trail impose des charges d'entrainement importantes. Selon une étude de 2013 en France, presque la moitié des compétiteurs s'entraîne au moins 4 fois par semaine, les autres s'entrainant 3 fois par semaine. Pour la grande majorité des compétiteurs, l'entrainement dure entre 3 et 10 heures par semaine, pour une distance cumulée entre 20 et 60 km par semaine. La moitié réalise entre 500 et 1500 mètres de dénivelé cumulé par semaine. Plus de la moitié des pratiquants interrogés s'entraîne en solitaire ; les autres s'entrainant entre amis ou dans des clubs ou associations[9].

Organisations internationales[modifier | modifier le code]

Le trail sous sa forme actuelle est un sport très récent qui n'est pas organisé au niveau international par un unique organisme. Le trail n'est pas une discipline olympique et les épreuves les plus prestigieuses sont souvent organisées par des associations ou des sociétés privées, en marge des fédérations sportives nationales ou internationales.

La Fédération internationale de Skyrunning (ISF) organise depuis 1992 le circuit de Coupe du monde de skyrunning, avec des épreuves de marathon, ultra et kilomètre vertical en montagne. Peu connue en France, cette organisation semblait en 2013 la plus structurée et ses compétitions avaient le plus de légitimité sportive dans le milieu du trail[22].

La Fédération internationale ultra (IAU), rattachée à l'Association internationale des fédérations d'athlétisme (IAAF), fédère dans le monde de nombreuses courses hors-stade (distances supérieures au marathon) et parraine de nombreux trails, notamment aux États-Unis et en Europe. L'IAU organise depuis 2012 des championnats du monde de trail, mais ceux-ci sont peu représentatifs dans le milieu du trail[22].

D'autres structures, plus petites, œuvrent également pour l'organisation ou la réflexion sur la pratique du trail, à l'exemple de l’International Trail Running Association (2013)[22].

Compétitions[modifier | modifier le code]

Les courses célèbres[modifier | modifier le code]

Certaines épreuves de trail ont atteint une renommée internationale et sont souvent bien plus prestigieuses que les championnats structurés par des fédérations sportives. Ces épreuves ont été créées à une époque où les fédérations ne se préoccupaient pas tellement de ce qui passait en dehors des stades et des grandes épreuves sur route. En Europe, la plus célèbre est sans conteste l’Ultra-Trail du Mont-Blanc (UTMB). Son succès est tel qu'il faut impérativement avoir obtenu des points qualificatifs dans d'autres trails et en passer par un tirage au sort pour avoir une chance d'y participer.

Parmi les courses les plus connues, on peut également citer :

Championnat du monde de course de montagne[modifier | modifier le code]

Les Championnats du monde de course en montagne sont une compétition de course en montagne disputée chaque année depuis 1985. Ce championnat est organisé par l'Association mondiale de course en montagne (World Mountain Running Association (en)) affiliée à l'IAAF.

Championnat de skyrunning[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Skyrunning.

Championnat du monde de trail[modifier | modifier le code]

Depuis quelques années, des compétitions fédérales et nationales s'organisent sous forme de championnats mais elles ne sont pas encore très représentatives et ne permettent pas de sacrer les meilleurs sportifs de la discipline, qui boudent souvent ces rendez-vous au profit de courses plus plaisantes, plus prestigieuses ou plus difficiles. Par exemple, L'Espagnol Kilian Jornet ne possède aucun titre malgré sa position incontestée de meilleur trailer mondial. Les meilleurs trailers font généralement partie d'équipes privées (des teams) sponsorisées par des équipementiers et/ou des marques présentes dans le trail et leurs attentes divergent de celles des fédérations nationales[23].

Depuis 2011, un championnat du monde de trail est organisé par l'International Association of Ultrarunners (IAU). La dernière édition s'est déroulée le 6 juillet 2013 au Pays de Galles et a été remportée par le britannique Ricky Lightfoot et la française Nathalie Mauclair[24].

Édition Or Argent Bronze
2013 Drapeau : Royaume-Uni Ricky Lightfoot Drapeau : Allemagne Florian Neuschwander Drapeau : France Julien Rancon
2011 Drapeau : France Erik Clavery
Édition Or Argent Bronze
2013 Drapeau : France Nathalie Mauclair Drapeau : France Aurélia Truel Drapeau : Italie Maria Chiara Parigi
2011 Drapeau : France Maud Gobert

Ultra-Trail World Tour[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Ultra-Trail World Tour.

Records individuels[modifier | modifier le code]

En dehors des compétitions, la pratique du trail concerne parfois la réalisation de records individuels de vitesse sur des parcours d'alpinisme ou de randonnée : ascension de sommets par les voies normales, intégralité d'un sentier de grande randonnée, tour ou traversée d'un massif montagneux, etc. Ces records individuels de vitesse sont généralement réalisés par des champions de trail, avec l'assistance d'une équipe : ravitaillement en eau et nourriture, organisation de bivouac pour le repos, assistance médicale, reconnaissance et conseils stratégiques, voire l'accompagnement du coureur durant le parcours pour le maintien de l'allure, le guidage ou le transport du petit matériel.

Le 11 juillet 2013, Kilian Jornet bat le record de l'ascension à pied du mont Blanc, en réalisant l'aller-retour entre l'église de Chamonix et le sommet en 4 heures 57 minutes. Le 21 août 2013, il bat aussi le record de l'ascension aller-retour du mont Cervin (4 478 m) depuis Breuil-Cervinia, en 2 heures 52 minutes.

Pratique dans le monde[modifier | modifier le code]

En Europe[modifier | modifier le code]

En France[modifier | modifier le code]

Comme dans de nombreux autres pays, le trail attire en France chaque année de plus en plus d'adeptes. En 2013, les estimations vont de 300 000[25] à 1,5 million de pratiquants en France, soit 5 à 15 % des 6 à 10 millions de pratiquants de course à pied[26].

Le nombre d'épreuves a été multiplié de façon exponentielle ces dernières années. En 2003, environ 150 compétitions de trail étaient organisées en France[25]. En 2013, on dénombrait plus de 1 500 épreuves de trail[26] sur les 5 000 compétitions de courses à pied organisées chaque année.

Le trail est peu réglementé et il n'existe pas de fédération délégataire dédiée. De nombreuses associations organisatrices ne dépendent d'ailleurs pas de la Fédération française d'athlétisme. Celle-ci s'est intéressée tardivement au phénomène et elle n'est pas, à ce jour, un acteur majeur dans la promotion et le développement de cette discipline. Une tentative d'organisation du trail a donné lieu aux définitions suivantes[27] :

  • les courses nature : courses pédestres sur une distance inférieure à 21 km, avec un parcours goudronné ne dépassant pas 25 % ;
  • les trails courts : courses pédestres sur une distance comprise entre 21 et 42 km, avec un parcours goudronné ne dépassant pas 25 % ;
  • les trails : courses pédestres sur une distance supérieure à 42 km, avec un parcours goudronné ne dépassant pas 15 % ;
  • les ultra-trails : courses pédestres sur une distance supérieure à 80 km, avec un parcours goudronné ne dépassant pas 15 %.
Termes en fonction des distances, suivant la Fédération française d'athlétisme.

Ces dénominations ne sont cependant pas vraiment appliquées. Le terme "course nature" n'est pratiquement jamais utilisé, la plupart des organisateurs préférant utiliser le terme trail pour leurs courses, même lorsque les distances sont plus courtes. De même, peu d'organisateurs se préoccupent de calculer le pourcentage de parcours goudronné, sachant bien que moins il y en a et mieux c'est pour la plupart des traileurs.

Depuis 2003, la National Trail Running Cup est le principal circuit de compétitions françaises, organisé par l'équipementier Salomon. Il devient en 2014 le Skyrunner France Series rattaché au circuit international de skyrunning de l'ISF. Au fil des années, ce circuit s'est professionnalisé et il possède en 2014 certainement le plus de légitimité sportive[22]. Son épreuve finale est le Marathon du Mont-Blanc, une compétition de renommée mondiale[22].

La Fédération française d'athlétisme a la délégation du Ministère des sports pour l'organisation de la pratique du trail. Elle organise depuis 2008 le circuit annuel Trail tour national (TTN) composé d'une vingtaine de compétitions trail et d'un système de classement par points. En 2013, le premier « championnat de France de trail » s'établit lors d'un évènement unique (Gapen'cimes), avec pour vainqueurs Sébastien Spehler et Stéphanie Duc, et dans la catégorie « trail court » les vainqueurs Julien Rancon et Céline Lafaye[28]. La FFA organise aussi l'équipe représentant la France pour le championnat du monde de trail organisé par l'IUA[22].

En Belgique[modifier | modifier le code]

Aux États-Unis[modifier | modifier le code]

Le champion américain Anton Krupicka (à gauche).

Au États-Unis, la course à pied est l'activité sportive la plus pratiquée, avec environ 19 % de la population américaine[1] (âgée de plus 6 ans) pratiquant la course à pied, le jogging ou le trail de manière épisodique ou régulière. Les pratiquants de trail sont passés de 4,5 à 6 millions entre 2006 et 2012, ce qui représente 2,1 % de la population (+6 ans) en 2012[1].

Si la pratique du trail est similaire à celle en Europe, quelques spécificités apparaissent dans les compétitions américaines : le rôle des pacers (coureurs accompagnateurs), des distances d'ultra-trail souvent fixées sur 50 ou 100 miles (80 ou 160 kilomètres), des stands de ravitaillements moins éloignés, des restrictions environnementales plus importantes pour des trails souvent organisés dans des parcs nationaux (maximum de participants).

Médias[modifier | modifier le code]

Depuis quelques années, les médias dédiés aux sports de pleine nature ou à la montagne abordent épisodiquement la pratique du trail, notamment lors de grandes compétitions.

La majorité des magazines spécialisés dans la course à pied traitent régulièrement de la pratique du trail et de ses compétitions, à l'instar de Zatopek Magazine ou Jogging International qui propose depuis décembre 2010 un cahier complet dédié au trail[29]. Quelques magazines récents sont dédiés spécifiquement au trail. C'est le cas notamment des magazines francophones Esprit Trail et Trails Endurance Mag, en allemand Trail Magazin, en espagnol Revista Trail. La chaîne télévisée française Montagne TV diffuse l'émission Trail Référence[30].

Économie[modifier | modifier le code]

Peu d'études traitent spécifiquement de l'économie entourant la pratique du trail. Cette nouvelle pratique apparait comme un secteur économique en forte expansion. Parmi les acteurs de l'économie du trail, on peut distinguer : les équipementiers du trail (fabricants de matériel), les fabricants de produits de nutrition sportive, les distributeurs (boutiques de sport), les médias (magazines), les organisateurs de compétitions, les organisateurs de séjours ou voyages, les pratiquants (amateurs et professionnels), les sponsors ou encore les collectivités locales.

Pour les équipementiers, les ventes de matériel de trail sont en forte augmentation depuis plusieurs années (France, Allemagne, États-Unis) alors que dans le même temps le secteur des sports traditionnels de montagne (alpinisme, escalade) est en diminution. En France, le marché du trail représenterait 13 % des ventes de chaussures de sport, 14 % du textile de course à pied et 43 % des sacs et accessoires de course à pied[25].

Cette progression du secteur trail est comparée à celle du secteur des pratiques itinérantes : la randonnée pédestre et surtout la marche nordique, une pratique également en plein essor. Pour l'industrie de l'équipement, le trail apparait comme un laboratoire d'innovations techniques qui fait évoluer le matériel de randonnée : sacs, chaussures légères...

Selon une étude réalisée en France en 2013, plus de la moitié des pratiquants de trail dépenserait plus de 1 000 euros par an pour l'équipement et les frais d'inscriptions aux compétitions[9].

Éléments significatifs de l'engouement pour le trail, de nouvelles compétitions de trail apparaissent chaque année (Europe, États-Unis). Progressivement, chaque région ou grande ville met en place des évènements (compétitions, salons de vente) ou des animations sportives (circuits de pratique, stages) autour du trail. De même, la plupart des équipementiers parrainent leurs propres compétitions dans différents pays.

Pour les collectivités locales, l'essor du trail apparait comme un vecteur d'attraction touristique. À titre d'exemple, les courses de l'UTMB de 2012 ont généré environ 60 000 nuitées payantes dans les hébergements de la région, touchant environ 7 000 coureurs et 12 000 accompagnants, pour une durée moyenne de séjour de presque 5 jours[31]. Selon une étude, le trail des Gendarmes de 2008, avec ses 5 000 coureurs, leurs accompagnateurs (famille) et les visiteurs, a généré des retombées économiques locales estimées à environ 1 million d'euros, réparties dans l'hébergement marchand (46 %), la restauration (29 %), les commerces et les boissons[32].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c (en) The Outdoor Foundation, « Outdoor recreation participation study », 2013, p. 58 lire en ligne
  2. http://www.lepetitjournal.com/casablanca/economie/165302-ultra-trail-atlas-toubkal-un-evenement-sportif-a-haut-potentiel-touristique-et-economique-pour-le-maroc
  3. a et b http://www.jogging-international.net/courses/articles/invitation-au-trail
  4. http://www.lepape-info.com/courses/definition-du-trail-running-linternational-trail-running-association-a-statue
  5. Delore 2001
  6. Histoire du Marathon des Sables sur le site officiel de la course
  7. (en) « History and heroes » sur rapidascent.com.au
  8. Voir (en) Minetti AE, Moia C, Roi GS, Susta D, Ferretti G. « Energy Cost of walking and running at extreme uphill and downhill slopes », Journal of Applied Physiology, 93: 1039-1046, 2002 lire en ligne — article vulgarisateur « Estimation de la difficulté d'un parcours en milieu naturel : relation de couplage dénivelé/distance », Ultrafondus, 2005
  9. a, b, c et d Think Tank Trail, « Première enquête socio-économique sur le trail », 2013 lire en ligne
  10. Trail urbain : Angers, Lyon, Le Mans, des épreuves en plein essor sur VO2.fr
  11. http://www.sport-passion.fr/conseils/boisson-isotonique.php
  12. Dunford et Doyle, Nutrition for Sport and Exercise, 2008 (ISBN 978-0-495-01483-6) p. 29
  13. Présentation de différentes études sur http://www.ultratrailmb.com/page/66/Physiologie.html
  14. Delore 2001, p. 48 et 106
  15. http://www.ultratrailmb.com/documents/etudes_medicales/Etude_fatigue_et_recup/1._Guillaume_Millet__presentat_generale_et_fatigue_musculaire.pdf
  16. Université Jean Monnet et CHU de Saint-Etienne, « Troubles aigus associés à la pratique de l’ultra-trail : effets du sexe et troubles du système nerveux central » , 2009-2012 lire en ligne
  17. http://www.ultratrailmb.com/documents/etudes_medicales/Etude_fatigue_et_recup/4.______Stephane_Nottin_Fatigue_cardiaque.pdf
  18. http://www.ultratrailmb.com/page/207/Sommeil.html
  19. NPD chiffre les marchés du trail et de la marche nordique
  20. Les équipementiers sportifs font du trail un relais de croissance Les Echos - 2010
  21. Jogging International, n°350, déc 2013, p. 63
  22. a, b, c, d, e et f Benoît PRATO, « Un cadre à définir » dans Le Dauphiné, 01/07/2013 [1]
  23. Mondial de Trail : teams privés et équipes nationales ne font pas bon ménage VO2.fr
  24. Résultats des Championnats du monde de trail 2013 lepape-info.com
  25. a, b et c lasemainedansleboulonnais.fr, « L'économie du trail en quelques chiffres », septembre 2013 lire en ligne
  26. a et b Florence Puybareau, « Le boum du trail », Le Parisien Économie, no 923,‎ 23 septembre 2013, p. 3 (ISSN 0767-3558)
  27. Fédération Française d'Athlétisme, « Cahier des Charges Trail 2013 »,‎ 2013
  28. http://www.vo2.fr/actualite/trail-championnat-de-france-de-trail-sebastien-spehler-vainqueur-devant-fabien-antolinos-et-michel-lanne-06102013-7726.html
  29. Le magazine Jogging-International n°314 daté de décembre 2010 et son nouveau rédacteur en chef Jean-Baptiste Treboul, inaugurait avec ce numéro une nouvelle formule intégrant pour la première fois un cahier trail de 16 pages
  30. http://www.montagnetv.com/programmes/programme/12068-trail-reference
  31. Dossier de presse UTMB 2013 lire en ligne
  32. http://www.tourisme-hautevienne.com/IMG/pdf/Etude_impact_eco_Trail_Gendarmes_et_Voleurs.pdf

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Michel Delore, Courir Tout-Terrain : préparation et entrainement, Amphora,‎ 2001.
  • (en) Site de Trail Run Magazine, « History of trail and mountain running », 2013. (consulté en ligne le 22 décembre 2013)