Audemars Piguet

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Audemars Piguet

Création 1875
Fondateurs Jules-Louis Audemars
Edward-Auguste Piguet
Personnages clés Jasmine Audemars (présidente du conseil d'Administration)
Slogan Pour briser les règles, il faut d'abord les maîtriser.
Siège social Drapeau de Suisse Le Brassus (Suisse)
Direction François-Henry Bennahmias
Actionnaires Société indépendante en mains des familles fondatrices.
Activité Horlogerie
Produits Montres
Effectif 1200
Site web www.audemarspiguet.com
Montres signées Audemars Piguet

Audemars Piguet est une manufacture de haute horlogerie[1] suisse, installée au Brassus dans la vallée de Joux[2]. Elle a été fondée en 1875 par Jules-Louis Audemars et Edward-Auguste Piguet[3].

C'est l'une des marques les plus prestigieuses de l'horlogerie suisse. Parmi les nombreux modèles, le plus connu est sans doute la Royal Oak. Sa production annuelle s'élève à environ 31 000[4] montres.

Historique[modifier | modifier le code]

Une histoire d'amitié[modifier | modifier le code]

Le 17 décembre 1875, Jules-Louis Audemars décide d'ouvrir un atelier d'horlogerie dans la ferme familiale, située au Brassus, dans la vallée de Joux en Suisse, après avoir suivi un apprentissage en horlogerie auprès de son père[5]. Jules-Louis occupe les fonctions de "repasseur"[6] pour les montres à complication. Il est chargé de contrôler minutieusement les montres avant leur commercialisation[7].

Très vite, les commandes affluent. Il fait alors appel à un ancien camarade de classe et ami, pour l'aider : Edward-Auguste Piguet[6]. Edward-Auguste a lui aussi été formé à l’horlogerie par sa famille[8].

Jules-Louis et Edward-Auguste travaillent ensemble pendant 6 ans. Rapidement, ils comprennent que les entreprises qui réalisent des bénéfices sont celles qui commercialisent les montres[6]. Jules-Louis et Edward-Auguste décident alors de s'associer et de vendre leurs propres créations.

Le 17 décembre 1881, Jules-Louis Audemars et son ami d'enfance Edward-Auguste Piguet signe un contrat, officialisant la création de leur entreprise[9]. Ensemble, ils décident de prendre leur indépendance et de créer leurs propres montres[2]. Ils fondent la manufacture horlogère "Audemars Piguet & Cie"[9],[10].

L'essor malgré les guerres[modifier | modifier le code]

Dès sa création, la manufacture se spécialise dans les montres à complication et les mécanismes horlogers de précision[8]. C'est d'ailleurs ce qui fera la marque de fabrique d'Audemars Piguet[8]. Elle s'adresse alors à un public exigeant et rivalise d'idées et d'innovations pour marquer sa différence[8]. Ainsi, pendant les premières années, l'entreprise personnalise chaque montre[8].

Audemars Piguet se développe alors autour de trois valeurs phares : la tradition, l'excellence, et l'audace[11].

Dès 1882, Audemars Piguet présente ses premiers modèles, avec quantième perpétuel, répétition minutes ou chronographe[12].

Rapidement, la manufacture Audemars Piguet se développe. L'entreprise effectue ses premiers recrutements. Et se spécialise dans les montres à sonnerie[13].

Jules-Louis assure la fabrication des montres, tandis qu'Edward-Auguste s'occupe du développement commercial[13].

En 1885, Audemars Piguet ouvre une succursale à Genève[8]. Mais l'entreprise vise déjà l'international. Ainsi, en 1888, des commerciaux indépendants représentent déjà la marque à Berlin, New York, Paris et Buenos Aires[6]. En 1889, Audemars Piguet expose sa collection de montres de poche à complications lors de l'Exposition universelle de Paris[14]. Le public est séduit par ces montres innovantes et de grande qualité[8]. Le succès est au rendez-vous. Si bien que des concurrents essayèrent plusieurs fois de récupérer ses brevets et inventions[8].

Avec 70 ouvriers[13], elle devient le 3ème plus grand employeur du canton de Vaud[6]. Mais la Première Guerre mondiale éclate, ralentissant le développement de l'entreprise.

En 1918 et 1919, Jules-Louis et Edward-Auguste décèdent. La manufacture est reprise par les successeurs des fondateurs : Paul-Louis Audemars et Paul-Edward Piguet[6].

Au sortir de la guerre, la manufacture se réorganise et reprend sa production. Elle emploie alors une vingtaine de personnes. Et compte certains clients célèbres. Parmi eux se trouvent Cartier et Tiffany & Co[6].

Mais la crise de 1929 fait plonger les ventes à 737 montres contre 2000 en 1920[15]. En 1933, le fils de Paul-Louis Audemars, Jacques-Louis Audemars, prend les commandes de l'entreprise et lui donne un nouveau souffle[13].

La manufacture mise alors sur la production de chronographes[13]. Mais la Seconde Guerre mondiale marque un coup d'arrêt à l'ensemble de l'économie.

A la fin du conflit, l'entreprise se réorganise, rebondit et mise sur l'innovation. En 1949, Audemars Piguet participe pour la première fois à la Foire aux échantillons de Bâle[13].

Les innovations[modifier | modifier le code]

La maison se distingue également par ses innovations.

En 1891, la manufacture présente le plus petit répétiteur à mouvement au monde (18mm de diamètre)[15]. En 1892, elle met au point la première montre-bracelet à répétition minutes[16]. Un an plus tard, l'entreprise décide de consacrer sa production aux montres-bracelets[15]. La manufacture réalise alors la première montre-bracelet à répétition minutes au monde, sur commande de Louis Brandt[12].

En 1915, le plus petit mouvement de répétition à 5 minutes voit le jour dans les ateliers Audemars Piguet[14]. La même année, la manufacture présente sa collection Grande Complication. Ces montres, qui indiquent heures, minutes et secondes, sont également pourvues d'un calendrier perpétuel et d'un chronographe[15]. Parallèlement, une autre montre de poche à très grande complication est montrée. Elle contient 15 complications dont une exceptionnelle. Un cadran en émail bleu sur lequel sont gravées 315 étoiles ainsi que leur nom, reproduit avec exactitude la position des astres dans le ciel de Londres, où est livrée la montre[15].

La première montre-bracelet à heures sautantes voit le jour en 1921[17]. En 1925, la marque lance la montre à gousset la plus fine au monde (1,32 mm)[2]. En 1934, elle met au point la première "montre squelette", laissant apparaître le mécanisme[2]. En 1946, la montre-bracelet à remontage manuel avec son mouvement de 1,64 mm d'épaisseur sort des ateliers de fabrication[14]. Quant à la première montre-bracelet dotée d'un quantième perpétuel, elle est commercialisée en 1957[17]. Dix ans plus tard, le mouvement automatique avec rotor central en or de 21 carats atteint un nouveau record avec seulement 2,45 mm d'épaisseur[15].

En 1962, Georges Golay devient directeur commercial. Un réseau d'agents continue d'asseoir le développement de la marque. Tandis que la manufacture continue la fabrication de montres à complication[13].

En 1970, Audemars Piguet présent le mouvement automatique avec affichage de la date et rotor central en or le plus fin (3,05 mm d'épaisseur)[14].

La première montre ultra-plate tourbillon à remontage automatique est commercialisée en 1986[16]. La même année, une montre-bracelet rectangulaire, composée de 412 pièces, sort des ateliers de la manufacture[12].

En 2005, la marque présente un modèle à échappement libre à coup perdu, inspiré de la marine[18].

Parmi les autres montres phares se trouvent la Jules Audemars, commercialisée en 2009[19]. Elle présente alors la particularité d'avoir une fréquence de 43 200 alternances par heure[19].

La marque se spécialise dans les mouvements de grande complication, incluant la date, un chronographe, les phases de la Lune[17]. Parallèlement, la manufacture décide de se consacrer à la production de montres haut de gamme, tout en misant sur l'innovation[16].

La Royal Oak[modifier | modifier le code]

A la foire de Bâle en 1972, la marque lance la Royal Oak, la première montre sportive de luxe, en acier[20]. La particularité de ce modèle réside dans l'utilisation de l'acier. Pour la première fois, ce métal est utilisé comme un métal précieux[17].

Cette montre, dessinée par Gérald Genta[18] la veille de la foire horlogère de Bâle en 1971, doit séduire le public italien, à qui elle est destinée[21]. Ce n'est qu'un an plus tard, que la manufacture la présente officiellement au public[21].

La montre se distingue alors par son design : le cadran octogonal, est doté de huit vis hexagonales apparentes et d'un bracelet intégré[22].

Son nom vient de Charles II d'Angleterre, qui, pour échapper aux troupes d'Oliver Cromwell, se cacha dans un chêne, devenu un "chêne royal". Plus tard, entre 1769 et 1914, le terme "Royal oak" est repris et donné à quatre bâtiments de la flotte britannique[13].

En 1974, Giovanni Agnelli, dirigeant de l'entreprise Fiat, l'arbore à son poignet[21]. La montre devient alors un best-seller.

Au fil des ans, la Royal Oak devient l'emblème de la marque[2]. La montre est alors régulièrement revue et dotée de nouvelles fonctionnalités. En 1983, une phase de lune et un calendrier lunaire viennent compléter ce modèle[12]. Un an plus tard, le calendrier perpétuel est ajouté[12].

En 1992, la manufacture lance une nouvelle version de cette montre pour le sport extrême. Et crée la collection Royal Oak Offshore. Cette fois-ci l'acier est associé au caoutchouc[13].

Un an plus tard, la Royal Oak Offshore Grande Complication fait son apparition. Elle est alors en titane, caoutchouc et céramique, et mesure 44 mm de diamètre[23]. 648 composants sont nécessaires pour assurer le mouvement et les différentes fonctions de la montre[23]. 700 heures de travail sont nécessaires pour assurer sa réalisation, qui ne s'effectue que sur commande[23].

En 2002, trente ans après le lancement de la Royal Oak, Audemars Piguet édite une série limitée de la Royal Oak Concept. 150 modèles sortent des ateliers de production[24]. Un an plus tard, la montre Royal Oak Offshore T3 est même porté à l'écran par Arnold Schwarzenegger dans le film Terminator 3[19].

En 2011, la Royal Oak est déclinée dans une édition limitée Lionel Messi[2]. Le footballeur argentin est d'ailleurs l'égérie de la marque[2], tout comme Michael Schumacher ou LeBron James[17].

La même année, Audemars Piguet présente la Royal Oak Squelette Tourbillon à l'occasion du Salon international de la haute horlogerie. Un an plus tard, soit à l'occasion des 40 ans du modèle phare de la marque, la manufacture lance la Royal Oak Extra-plate et la Royal Oak Tourbillon Extra-plat Squelette en édition limitée[18].

Mécénat sportif[modifier | modifier le code]

De 1984 à 1991, la marque commence à sponsoriser des athlètes, équipes ou événements sportifs. Audemars Piguet soutient le golfeur britannique Nick Faldo, et la bateau UBS Switzerland[13].

En 1996, Audemars Piguet lance la collection Millenary[13]. La même année, Garry Kasparov devient l'égérie de la manufacture. Un modèle doté d'un second fuseau horaire et de la réserve de marche est d'ailleurs créé en 1998 en l'honneur du joueur d’échecs[13].

En 2003, afin de fêter la victoire de l'équipage suisse Alinghi, Audemars Piguet crée une série spéciale suite à la Coupe de l'America: la Royal Oak city of sails[12]. Un an plus tard, l'équipe suisse renouvelle l'exploit. Audemars Piguet lance alors la Royal Oak Offshore Alinghi Team[19].

En 2005, Audemars Piguet s'associe avec Maserati[19]. Il en résulte la création de la montre Dual Time Millenary Maserati. Un an plus tard, la Millenary MC12 est commercialisée, toujours en partenariat avec la marque automobile[19].

En 2011, la manufacture commercialise Millenary 4101[2].

En 2014, Audemars Piguet est la dernière manufacture de la haute horlogerie suisse à être détenue par la famille de ses fondateurs[20].

Audemars Piguet compte 810 collaborateurs[16]. Une dizaine de filiales et une douzaine de boutiques dans le monde assurent la distribution et la commercialisation[16]. La manufacture dispose de trois sites de production au Brassus, au Locle et à Meyrin[16].

Production[modifier | modifier le code]

Jusque dans les années 70, 5000 montres sont confectionnées chaque année[6].

En 2000, à l'occasion de ses 125 ans, la manufacture inaugure un nouveau bâtiment au Brassus. Celui-ci abrite les ateliers de production[19].

En 2010, Audemars Piguet compte 1000 collaborateurs et 19 boutiques à travers le monde. L'entreprise dispose également de 14 filiales pour assurer la distribution[19].

En 2011, Audemars Piguet réalise plus de 550 millions de chiffre d'affaires[6].

En 2012, la manufacture emploie 1100 personnes. 30 000 montres sont vendues chaque année[6].

En 2014, plus de 26 000 montres sortent tous les ans des ateliers de production Audemars Piguet[16]. Les montres sont toujours assemblées à la main[15].

En 2014, l'entreprise demeure indépendante. Elle est toujours détenue par la famille des fondateurs[6]. Jasmine Audemars est à la tête du conseil d'administration de la manufacture[6].

Communication[modifier | modifier le code]

Le site Internet est lancé en 1996[15].

Fondation et musée[modifier | modifier le code]

En 1992, Audemars Piguet lance sa fondation. La Fondation Audemars Piguet vise à contribuer à la préservation des forêts[13].

Un an plus tard, le musée Audemars Piguet ouvre ses portes au public[15].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Montre à Quantième perpétuel
  • Gisbert L Brunner; Christian Pfeiffer-Belli; Martin K Wehrli, Audemars Piguet : Meisterwerke klassischer Uhrmacherkunst, München : Callwey, 1992. (OCLC 31239253)
  • Gisbert L Brunner; Martin K Wehrli; Christian Pfeiffer-Belli; Audemars Piguet : le maître de l'horlogerie, Le Brassus : Audemars Piguet, 1993. (OCLC 81700157)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « L’histoire d’Audemars Piguet », HauteHorlogerie.org (consulté le 12 janvier 2008)
  2. a, b, c, d, e, f, g et h « Audemars Piguet », sur TF1 News
  3. « Audemars Piguet, une histoire de famille », sur Paris Match
  4. http://fr.worldtempus.com/article/insider/audemars-piguet-pas-de-risque-de-saturation
  5. « Jules Audemars (1851-1918) », sur Bibliothèque cantonale et universitaire de Lausanne
  6. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k et l « Audemars Piguet, histoire d'un succès fou », sur World tempus
  7. « Repassage », sur Fondation de la Haute Horlogerie
  8. a, b, c, d, e, f, g et h « Audemars Piguet, le savoir-faire familial », sur Watch World Guide
  9. a et b « Audemars, Jules Louis », sur Dictionnaire historique de la Suisse
  10. « Jules-Louis Audemars », sur le-coultre.org
  11. « Audemars Piguet », sur La Fondation de la Haute Horlogerie
  12. a, b, c, d, e et f « L'histoire des marques : Audemars Piguet », sur La cote des montres
  13. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l et m « Audemars Piguet », sur My watchsite
  14. a, b, c et d « Audemars Piguet », sur Belles Montres
  15. a, b, c, d, e, f, g, h et i « Montres Audemars Piguet, historique de la marque », sur Montres Actualité
  16. a, b, c, d, e, f et g « Audemars Piguet », sur Horlogerie suisse
  17. a, b, c, d et e « La saga Audemars Piguet », sur Boursorama Lifestyle
  18. a, b et c « Hors Série Horlogerie », sur Le Temps
  19. a, b, c, d, e, f, g et h « Histoire de l'horloger suisse Audemars Piguet », sur Mag Montres
  20. a et b « Audemars Piguet, une histoire de famille », sur Paris Match
  21. a, b et c « Audemars Piguet Royal Oak », sur L'Internaute
  22. « Audemars Piguet », sur Les Ambassadeurs
  23. a, b et c « Royal Oak Offshore Grande Complication », sur La Cote des montres
  24. « Montres Audemars Piguet, historique de la marque », sur Montres Actualité

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]