Murus gallicus

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Maquette de la construction d'un murus gallicus au musée de Bibracte

L'expression « murus gallicus » (mur gaulois) désigne les remparts gaulois tels qu'ils sont connus par les découvertes archéologiques et par certains textes antiques. Petit rempart généralement sans fossé à l'avant et de quatre mètre de hauteur équipant aussi bien les oppida que les fermes d'aristocrates, il a plus une fonction symbolique et ostentatoire que défensive car l'archéologie expérimentale a montré sa faible efficacité militaire[1].

Description[modifier | modifier le code]

Jules César donne la description suivante de ce type de fortification dans le livre VII de la Guerre des Gaules :

« Tous les murs gaulois sont faits, en général, de la manière suivante. On pose sur le sol, sans interruption sur toute la longueur du mur, des poutres perpendiculaires à sa direction et séparées par des intervalles égaux de deux pieds. On les relie les unes aux autres dans l'œuvre, et on les recouvre d'une grande quantité de terre ; le parement est formé de grosses pierres encastrées dans les intervalles dont nous venons de parler. Ce premier rang solidement établi, on élève par-dessus un deuxième rang semblable, en conservant le même intervalle de deux pieds entre les poutres, sans que cependant pour cela elles touchent celles du rang inférieur, mais elles en sont séparées par un espace de deux pieds aussi, et chaque poutre est ainsi isolée de ses voisines par une pierre, ce qui la fixe solidement. On continue toujours de même jusqu'à ce que le mur ait atteint la hauteur voulue. Ce genre d'ouvrage offre un aspect varié qui n'est pas désagréable à l'œil, avec son alternance de poutres et de pierres, celles-ci n'en formant pas moins des lignes continues qui se coupent à angles droit ; il est, de plus, très pratique et parfaitement adapté à la défense des villes, car la pierre le défend du feu et le bois des ravages du bélier, celui-ci ne pouvant ni briser ni disjoindre une charpente où les pièces qui forment liaison à l'intérieur ont en général quarante pieds d'un seul tenant. »

Murus gallicus au camp celtique de la Bure.

Le murus gallicus est donc une construction en terre solidifiée par un empilement en couches entrecroisées de poutres horizontales avec un parement de pierres sèches. L'accès intérieur au rempart se fait par un remblai de terre tassée. C'est en 1867 que pour la première fois on fouilla et reconnu un ouvrage de type murus gallicus, sur le site de l'oppidum de Murcens dans le Lot[2]. Dès 1875, les archéologues avaient répertoriés en Europe, et surtout en France, une quarantaine d’ouvrages identifiés comme murs gaulois. Ceux-ci offrent une grande variété dans le détail et les dimensions. Les recherches archéologiques, en particulier dans le Berry, on montré que ce type d'enceinte n'était pas réservé aux grands sites mais se trouvait aussi pour des sites isolés de taille bien plus petite, sans doute des habitats aristocratiques[3].

Les archéologues ont répertorié également deux autres familles de murs :

  • le mur vitrifié, semblable au murus gallicus, mais dont le parement extérieur a subi une vitrification ;
  • le mur à poteaux frontaux verticaux, que l'on retrouve plus souvent en Europe de l'Est.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Stephan Fichtl, La ville celtique : les oppida de 150 av. J.-C. à 15 ap. J.-C., Errance,‎ 2000, p. 52-53
  2. Georges Duby (dir.), Paul Albert Février, Michel Fixot, Christian Goudineau et Venceslas Kruta, Histoire de la France urbaine I : La Ville antique, Seuil,‎ 1980 (ISBN 202005590-2), p. 212
  3. Buchenschutz, 2000

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

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