Lycée en France

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Le lycée actuel correspond principalement aux trois dernières années de l'enseignement secondaire (seconde, première et terminale), pour des adolescents âgés, généralement, de 14-15 ans (début de la seconde) à 17-18 ans (fin de la terminale). Les enseignements au lycée aboutissent à des examens finaux et nationaux : le baccalauréat, le BEP ou le CAP. Néanmoins, un certain nombre de filières relevant de l'enseignement supérieur, comme les BTS, les CPGE et les classes préparatoires au DCG, sont en partie prises en charge par les lycées. En 2008, il y avait  :

De 1802 à 1959, le terme « lycée » désignait des établissements financés par l'État couvrant l'ensemble de l'enseignement secondaire long (de la sixième à la terminale), par opposition aux « collèges », qui pouvait également couvrir l'ensemble du cycle secondaire long, mais étaient financés par la municipalité. De 1959 à 1963, l'ensemble des collèges et lycées couvrant l'intégralité de l'enseignement secondaire long prirent la dénomination de « lycée ». À partir de 1963, le terme prend sa signification actuelle, le premier cycle de l'enseignement secondaire (de la 6e à la 3e) se transformant progressivement en « collège d'enseignement secondaire »[1].

Le nom vient du Lycée, un gymnase d'Athènes près duquel Aristote enseignait. L'origine de cette appellation serait due à la proximité d'un sanctuaire dédié à Apollon Lykeios[2].

L'organisation des cursus au sein des lycées français a été partiellement modifiée lors de la « réforme du lycée » créée par les ministères Darcos et Chatel de 2007 à 2009, et dont l'application commencera à la rentrée 2010 pour les secondes, 2011 pour les premières et 2012 pour les terminales.

Histoire[modifier | modifier le code]

Des établissements d'abord uniquement masculins pour former une élite[modifier | modifier le code]

Créé à l'origine par Napoléon Bonaparte par la loi du 11 floréal de l'an X (1er mai 1802) pour former « l'élite de la nation », le lycée, selon l'expression de Napoléon, fait partie avec le Code civil ou encore la Légion d'honneur, des « masses de granit ».

Les lycées de garçons ont été créés en 1802 à partir des plus importantes écoles centrales. Le lycée assure une formation en lettres (français, latin, grec ancien, 4 professeurs) et en sciences (4 professeurs). L'article 5 du décret du 17 mars 1808 en fixe ainsi le programme : « Les langues anciennes, l'histoire, la rhétorique, la logique, et les éléments des sciences mathématiques et physiques ». Le régime usuel est l'internat et les lycées sont marqués par un encadrement de type militaire. Peu nombreux, les lycées sont entièrement pris en charge par l'État. Le fonctionnement est assuré par un proviseur, un censeur[3], un économe et l'enseignement par des professeurs.

Les douze premiers lycées créés en l'an XI sont ceux de Bruxelles, Moulins, Marseille, Mayenne, Besançon, Rennes, Douai, Lyon, Bordeaux, Strasbourg, Rouen et Paris (ancien collège de Paris du Prytanée français). Le Lycée Impérial de Montpellier, actuel Lycée Joffre, est considéré comme l'un des plus anciens lycées de France car directement issu de l'enseignement universitaire médiéval.[réf. souhaitée]

Avec la Restauration, les lycées prennent le nom de « collèges royaux ». Ils reprennent le nom de lycée sous la Deuxième République, ce que confirme la loi Falloux (texte). Les lycées comprenaient alors des « petites classes », dont l'enseignement se rapprochait du primaire, classes connues sous le nom de Petit lycée.

Les lycées de jeunes filles voient le jour avec la loi proposée par Camille Sée et votée le 21 décembre 1880. Cette loi instaure un enseignement secondaire féminin qui peut se dérouler dans des lycées de jeunes filles qui sont au nombre de 36 dès 1896[4]. Le premier lycée de jeunes filles en France fut créée à Montpellier en 1881 : c'est l'actuel lycée Georges-Clemenceau. Les lycées et collèges (publics) deviennent gratuits entre 1926 et 1930 et certains sont restés non-mixtes (essentiellement dans le privé ) jusqu'à une époque récente.

Les deux filières : classique et moderne[modifier | modifier le code]

Originellement, l'enseignement dans les lycées et collèges était uniquement classique, dans le sens où les langues latine et grecque étaient enseignées. Cependant, dans un contexte de Révolution industrielle et afin de former aux métiers du commerce et de l'industrie intermédiaires c'est-à-dire compris entre le cadre et le manœuvre, l'idée d'un enseignement intermédiaire situé entre le primaire et le classique, semblable à la Realschule en Allemagne, prit forme.

Le , le ministre Victor Duruy institua l'enseignement spécial, prenant place dans les collèges afin de répondre à ces besoins ; cet enseignement était organisé en trois années et son programme était concentrique (l'on partait du programme de l'année précédente et on approfondissait) et plus tourné vers la pratique, comportant du dessin et de la menuiserie. Les professeurs étaient formés à l’École normale de Cluny[5].

L'enseignement spécial se rapproche de plus en plus de l'enseignement classique : sa durée s'allonge de trois, quatre et six, la nomenclature des classes est reprise et les débouchés se rapprochent de ceux du classique : Saint-Cyr, Polytechnique, etc. En 1891, l'enseignement spécial devient l'enseignement moderne.

L'enseignement secondaire est réformé en 1902 : dans les enseignement classique et moderne quatre années de tronc commun (6e-3e) sont suivies par deux années de préparation du premier bac, dont il existe quatre formes :

  • A : latin-grec
  • B : latin-langues
  • C : latin-sciences
  • D : langues-sciences

A, B et C sont de l'enseignement classique alors que D est de l'enseignement moderne.

Dans l'enseignement classique, le grec pouvait être commencé en 5e.

Ce premier bac donnait droit à pouvoir préparer, en une année, la seconde partie du bac (Mathématiques élémentaires et Philosophie)[6]. L'enseignement moderne accède ainsi à une forme d'égalité avec le classique, bien que perçu comme d'un niveau inférieur. Le primaire supérieur reprit le flambeau et les élèves issus du moderne.

Vers la démocratisation du second cycle du secondaire[modifier | modifier le code]

Le décret no 59-57 du 6 janvier 1959 établit des « lycées classiques, modernes et techniques » ; les anciens collèges techniques et les écoles nationales professionnelles sont transformés en lycées techniques[7]. En 1963, les petites classes des lycées sont supprimées et assimilées au primaire. En 1977 sont institués, par le décret no 76-1304 du 28 décembre 1976, les lycées d'enseignement professionnel, devenus lycées professionnels en 1985 par le décret no 85-1267 du 27 novembre. Les lycées généraux et les lycées techniques sont alors regroupés sous le nom de lycée d'enseignement général et technologique. Très souvent, les sections générales, technologiques et professionnelles de lycée coexistant dans ce qu'on appelle des lycées polyvalents.

En 1985, Jean-Pierre Chevènement, alors ministre de l'Éducation nationale lance le mot d'ordre : « 80 % d'une classe d'âge au baccalauréat », objectif repris de manière presque identique par son successeur, René Monory et repris par la loi d'orientation scolaire de 1989 de Lionel Jospin, alors ministre de l'Éducation Nationale. S'ensuit une décennie de fort développement des lycées et des premiers cycles universitaires[8]. L'innovation la plus marquante de la période est la création du baccalauréat professionnel en 1987. Il permet aux titulaires d'un BEP ou d'un CAP de compléter leurs études secondaires et même d'envisager des classes post-bac. De 1987 à 1995, le nombre de bacheliers passe de 300 000 à 500 000. 40 % de cet accroissement s'explique par le succès des bacs professionnels[9].

Les différents cursus du lycée[modifier | modifier le code]

Jusqu'en 1994, les filières du lycée s'appelaient A (littérature, philosophie, langues), B (économique et sociale), C (mathématiques), D (biologie), E (mathématiques & technique), F1, F2, F3, F4… F12 (regroupe les sections technologiques actuelles parmi lesquelles musique et danse, STI, SMS), G1, G2, G3 (tertiaire : secrétariat, commerce, comptabilité) et H (Techniques informatiques). Ces filières sont à présent regroupées en trois voies : générale, technologique et professionnelle[10].

La voie générale[modifier | modifier le code]

À cela les élèves de terminale peuvent ajouter une option facultative, différente de l'enseignement obligatoire, soit une option artistique (arts plastiques, théâtre, musique, histoire des arts, cinéma-audiovisuel ou depuis peu arts du cirque) soit une troisième langue vivante (LV3), soit une langue ancienne (grec ancien ou latin) ou encore Section européenne.

La voie technologique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Baccalauréat technologique.

Elle débouche sur le bac technologique qui comprend plusieurs séries :

La voie professionnelle[modifier | modifier le code]

La voie professionnelle est la troisième possibilité offerte après le collège. L'enseignement est dispensé en lycée professionnel et débouche sur un CAP, un bac professionnel en trois ans, un BT (brevet technique) voire un bac technologique (qui se faisait par le biais d'une classe de première d'adaptation maintenant supprimée). Le BEP n'existe plus.

En général les lycées professionnels regroupent des sections cohérentes entre elles au niveau des formations. Ainsi certains LP (Lycée professionnel) concentrent des sections tertiaires, d'autres des sections industrielles etc.

Les lycées des métiers sont des établissements dont l'identité et la formation sont construites autour d'un ensemble cohérent de métiers. Ces lycées s'engagent à se conformer pendant 5 ans renouvelables à un cahier des charges.

Les filières post-bac[modifier | modifier le code]

Certains lycées comprennent aussi des sections de techniciens supérieurs ; des classes préparatoires aux grandes écoles ; des classes préparant au diplôme de comptabilité et de gestion[12].

Le lycée en tant qu’établissement[modifier | modifier le code]

Il existe environ 2 500 lycées en France (1 500 publics et 1 000 privés).

Les lycées publics[modifier | modifier le code]

Les lycées publics sont des établissements de type EPLE. Les bâtiments appartiennent à la région.

L’équipe de direction du lycée est constituée du proviseur, de son adjoint et du gestionnaire. Le conseil d’administration est composé de 30 membres et règles les affaires de l’établissement (projet, budget…)[13]

Les lycées agricoles (218 en France), ou, pour les établissements publics, établissements publics locaux d’enseignement et de formation professionnelle agricoles (EPLEFPA), dépendent du ministère de l'Agriculture. Au niveau régional, la Direction régionale de l'Alimentation, de l'Agriculture et de la Forêt est responsable de l’enseignement agricole public. Ce service est l’équivalent du rectorat de l’Éducation nationale[14].

Il existe en France six lycées de la Défense, autrefois nommés « lycées militaires », répartis entre les trois armées. Ils accueillent, chaque année, environ 4 000 élèves en internat, de la classe de 6e jusqu’aux classes préparatoires militaires.

La démocratisation de l'enseignement secondaire s'est appuyée sur un accroissement considérable des ressources allouées à cet enseignement. La dépense a crû de 5 % par an de 1987 à 1993, soit 5 fois plus vite que dans les périodes antérieures et postérieures[15]. Le coût annuel moyen d'un lycéen est d'environ 10 000 euros, et les dépenses ont augmenté de 50 % entre 1990 et 2004[16].

Les lycées privés[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Enseignement privé en France.

Statistiques[modifier | modifier le code]

Évolution du nombre d’établissements du second degré
(France métropolitaine + DOM)[17]
1960-61[N 1] 1970-71 1980-81 1990-91 2000-01 2001-02 2002-03 2003-04 2004-05 2005-06 2006-07 2007-08 2008-09
Public
Collèges 3 372 4 143 4 891 5 019 5 128 5 139 5 168 5 183 5 200 5 220 5 238 5 247 5 260
Lycées pro. 906 1 150 1 353 1 362 1 108 1 096 1 083 1 072 1 061 1 050 1 043 1 027 1 012
Lycées 1 203 1 171 1 134 1 294 1 513 1 527 1 531 1 538 1 545 1 551 1 554 1 563 1 567
EREA 82 80 80 80 80 80 80 80 80 80
Total Public 5 481 6 464 7 378 7 757 7 829 7 842 7 862 7 873 7 886 7 901 7 915 7 917 7 919
Privé
Collèges 1 810 1 294 1 757 1 814 1 808 1 802 1 803 1 804 1 788 1 790 1 773 1 778 1 771
Lycées Pro. 1 300 1 642 978 809 647 650 647 644 641 658 653 660 660
Lycées 1 899 1 676 1 194 1 290 1 102 1 094 1 077 1 082 1 069 1 074 1 069 1 063 1 063
Total Privé 5 009 4 612 3 929 3 913 3 557 3 546 3 527 3 530 3 498 3 522 3 495 3 501 3 494
Total Public + Privé 10 490 11 076 11 307 11 670 11 386 11 388 11 389 11 403 11 384 11 423 11 410 11 418 11 413

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Données France métropolitaine, hors DOM.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Michel Chapoulie, Les professeurs de l'enseignement secondaire : Un métier de classe moyenne, page 3.
  2. Lykeios renvoie aussi bien à un souvenir « oriental » (la Lycie) qu'à l'idée de lumière (cf. latin lux, luna) ou au nom qui en grec désigne le loup : Ð lÚkoj. Apollon devient ainsi « dieu-au-loup », « tueur de loups », mais aussi « dieu-loup ». Académie de Nancy
  3. chargé de maintenir le bon ordre et la discipline, équivalent d'un actuel Conseiller principal d'éducation
  4. A. Prost, « Des lycées pour les filles », dans Id., Regards historiques sur l'éducation en France (XIXe-XXe siècles), p.113-116.
  5. Ferdinand Buisson, Lycées et collèges, coll. « Dictionnaire de pédagogie »,‎ 1911 (lire en ligne)
  6. A quoi sert le baccalauréat ? : La réforme de 1902, Sénat,‎ 2007-2008 (lire en ligne)
  7. A. Léon, P. Roche, Histoire de l'enseignement en France, p. 110.
  8. Éric Maurin, La nouvelle question scolaire, Seuil, 2007, p 132
  9. Éric Maurin, p 133
  10. présentation des trois voies de formation en lycée, MEN/DESCO.
  11. Enseignement de Biologie-Écologie en lycée agricole
  12. « Classes préparant au diplôme de comptabilité et de gestion (DCG) dont le fonctionnement est autorisé pour l'année universitaire 2011-2012 », sur /www.enseignementsup-recherche.gouv.fr
  13. « Les collèges et les lycées (E.P.L.E.) », sur www.education.gouv.fr,‎ novembre 2008
  14. educagri.fr
  15. Éric Maurin, p 134
  16. Source : rapports d'audits consacrés à « La grille horaire des enseignements », cité dans Marie-Estelle Pech, Anne Rovan, « Éducation : la facture flambe, les notes stagnent » dans Le Figaro du 17/10/2006, [lire en ligne]
  17. Daniel Vitry (dir.), Repères et références statistiques sur les enseignements, la formation et la recherche : édition 2009,‎ septembre 2009, 426 p. (ISBN 1635 9089, lire en ligne), p. 41 (2.3 Collèges et lycées : évolution par type d’établissement)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Sources[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]