Montbéliard

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Montbéliard
Château des ducs de Wurtemberg (XIIIe siècle).
Château des ducs de Wurtemberg (XIIIe siècle).
Blason de Montbéliard
Blason
Montbéliard
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Franche-Comté
Département Doubs (sous-préfecture)
Arrondissement Arrondissement de Montbéliard (chef-lieu)
Canton Chef-lieu de deux cantons : Montbéliard-Est, Montbéliard-Ouest
Intercommunalité Communauté d'agglomération du pays de Montbéliard
Maire
Mandat
Marie-Noëlle Biguinet
2014-2020
Code postal 25200
Code commune 25388
Démographie
Gentilé Montbéliardaise, Montbéliardais
Population
municipale
25 974 hab. (2011)
Densité 1 730 hab./km2
Population
aire urbaine
161 868 hab. (2010[1])
Géographie
Coordonnées 47° 30′ 37″ N 6° 47′ 56″ E / 47.51027, 6.7988847° 30′ 37″ Nord 6° 47′ 56″ Est / 47.51027, 6.79888  
Altitude Min. 311 m – Max. 454 m
Superficie 15,01 km2
Localisation

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Montbéliard

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Montbéliard
Liens
Site web http://www.montbeliard.com/

Montbéliard (en franc-comtois : Monbyai) est une commune française faisant partie de la métropole Rhin-Rhône, elle est située dans le département du Doubs en région Franche-Comté.

L'ancien nom germanique de Montbéliard fut Mömpelgard. De 1042 à 1793, la ville fit partie du Saint-Empire romain germanique et forma le cœur du comté puis de la principauté de Montbéliard (Grafschaft Mömpelgard) fondé par l'empereur Henri III du Saint-Empire. Au XVIe siècle, Montbéliard adhéra à la Réforme protestante à l'instar de la République de Mulhouse et des cités suisses. La principauté fut annexée par la France en 1793. Montbéliard changea alors plusieurs fois de département. La ville fit d'abord partie de la Haute-Saône, puis en 1797 du département du Mont-Terrible avant d'être rattachée à l'Alsace en 1800 par son intégration au département du Haut-Rhin. Les pertes territoriales de 1815 entraînèrent son rattachement définitif au département du Doubs en 1816.

Montbéliard est le centre de l'unité urbaine de Montbéliard qui rassemble 108 852 habitants en 2009 et forme avec Belfort la plus grande aire urbaine de la région avec 285 026 habitants.

La commune est ville d'Art et d'Histoire, ville Internet @@ et également ville fleurie (4 fleurs).

Sommaire

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

Montbéliard, ville de l'Est de la France est situé dans le nord-est de la Franche-Comté, dans la trouée de Belfort.

Rose des vents Laire
Raynans
Issans
Vyans-le-Val, Héricourt
(Haute-Saône)
Bethoncourt
Grand-Charmont
Rose des vents
Allondans
Sainte-Suzanne
N Sochaux
O    Montbéliard    E
S
Courcelles-lès-Montbéliard Arbouans Exincourt

Topographie[modifier | modifier le code]

Géologie[modifier | modifier le code]

Hydrologie[modifier | modifier le code]

Montbéliard est arrosé par l'Allan.

Climat[modifier | modifier le code]


Transports[modifier | modifier le code]

Tracé de l'EV6
carte de la Franche-Comté présentant les principales aires urbaines et les voies de communication de la région
Situation de Montbéliard au sein des voies de communications franc-comtoises.
Article détaillé : EuroVelo 6.

L'EuroVelo 6 ou EV6, également connue sous le nom d'« Eurovéloroute des Fleuves », est une véloroute de type EuroVelo qui traverse Montbéliard en reliant Saint-Nazaire à Constanţa[2]. C'est la plus célèbre véloroutes européennes, longue de 3 653 km, elle traverse l'Europe d'ouest en est, de l'océan Atlantique à la mer Noire en passant par dix pays. Elle suit l'itinéraire de trois des plus grands fleuves européens : la Loire, le Rhin et le Danube.

À l'horizon 2016 la ville sera desservis par le Bus à Haut niveau de service de l'agglomération: cadencité

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Morphologie urbaine[modifier | modifier le code]

Les quartiers de Montbéliard

Toponymie[modifier | modifier le code]

Au cours de la Révolution française, la commune porta provisoirement le nom de Mont-Réuni[3].

Gentilé

Les habitants de Montbéliard sont appelés officiellement les Montbéliardais[4].

Histoire[modifier | modifier le code]

Origines de la ville[modifier | modifier le code]

La première trace écrite de la ville (Montem Billiardae) date de 935. Il s’agit alors d’un petit groupe d’habitations situé sur un rocher fortifié surplombant le confluent de l’Allan et de la Lizaine. Le nom de « Montbéliard » vient d'un prénom féminin d'origine germanique. Les alentours du site de Montbéliard étaient déjà très développés dès l'époque antique, comme en témoignent les ruines du théâtre gallo-romain de Mandeure. Jusqu'au VIIe siècle, la région de Montbéliard est dominée par cette cité. Ensuite, Montbéliard devient la nouvelle puissance locale. Le château apparaît au XIe siècle pour consolider les frontières face aux invasions hongroises. Le comte Louis (proche de l'empereur), qui détient la Haute-Lorraine, le comté de Bar et le Sundgau, se marie en 1038 avec Sophie de Bar (proche des Capétiens) pour conserver Montbéliard.

Montbéliard au Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Le Haut Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Après la construction du château au XIe siècle, le châtel « derrière » est construit pour agrandir le château initial (châtel « devant »). L'église Saint-Pierre et quelques habitations apparaissent en même temps. Au XIIe siècle, un bourg castral s'établit en avant du châtel « devant ». Le bourg Vautier survient le siècle suivant devant le châtel « derrière ». La ville s'agrandit jusqu'au XIVe siècle puis décline à cause de la peste. L'événement majeur durant cette période est la signature de la Charte de franchise de 1283[5], elle va fixer le statut de la ville jusqu'en 1793. Renaud de Bourgogne donne l'autonomie à Montbéliard en échange du payement de la toisé (impôt calculé par rapport à la largeur de la façade des habitations). L'administration est dirigée par le Conseil des XVIII, composé de deux représentants élus par guet (quartier). Ce Conseil des XVIII élit et assiste les neuf bourgeois qui sont les vrais maîtres de la ville. Les notables sont les anciens membres de ces deux conseils. Tout ceci forme le Magistrat (ou conseil de ville).

Le Bas Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Plusieurs dynasties se sont succédé : les Mousson, les Montfaucon, la famille de Chalon, puis Montbéliard revient dans l'escarcelle des Montfaucon. Henri, fils d'Étienne de Montfaucon meurt en croisade à Nicopolis en 1396. À la mort d'Étienne de Montfaucon, ses enfants ont tous disparu, mais peu avant son décès, il nomme Henriette, (l'une de ses petites-filles) héritière de ses biens et la fiance à Eberhard IV de Wurtemberg. Le mariage eut lieu en 1407. Le comté de Montbéliard passe donc dans le giron de cette famille germanique et devient en même temps une terre d'empire. Cette nouvelle alliance apporte la seigneurie alsacienne de (Riquewihr, et le comté d'Horbourg). Elle s'ajoute aux seigneuries comtoises (Clerval, Passavant) et à celles d'Héricourt, Etobon, Blamont, Clémont. Au XVe siècle, Montbéliard a une superficie de 5 hectares et une population estimée à 1 500 habitants, l'architecture des habitations est très proche du style alsacien. La production artisanale est active et organisée en « chonffes » (corporations) qui réglementent scrupuleusement les corps de métiers.

Montbéliard au XVIe siècle[modifier | modifier le code]

Situation de la ville[modifier | modifier le code]

Montbéliard est donc une enclave dans le royaume de France ; la ville est influencée par la Franche-Comté espagnole, le Saint-Empire dont elle est vassale et voisine[6], de la Suisse mais la langue utilisée reste le français. Le comte de Montbéliard (qui peut être le duc de Wurtemberg ou son cadet) crée le Conseil de Régence composé de 10 membres nommés par lui-même, c'est un conseil des finances, des ecclésiastiques et un tribunal seigneurial. La ville se remet petit à petit des pertes humaines dues à la peste et des destructions des troupes lors de la guerre de Cent Ans (surtout celles des Écorcheurs en 1438/1439 et 1444/1445) et des guerres de Bourgogne.

La Réforme à Montbéliard[modifier | modifier le code]

Ces calamités provoquent une crise de la foi chez les fidèles, visible avec la multiplication des procès de sorcellerie. La richesse du clergé local et ses abus sont dénoncés. Guillaume Farel, appelé par le duc Ulrich VI de Wurtemberg, arrive en 1524 dans cette ambiance propice à ses prédications protestantes. Son intégrisme conduit à l'envoi de Capucins par l'archevêque de Besançon qui menace ensuite d'excommunication et d'interdit les habitants de la ville. Farel est expulsé de Montbéliard en mars 1525 et laisse la ville à moitié convertie au luthéranisme. Le duc Ulrich insiste et envoie le pasteur Pierre Toussain. Il termine l'œuvre de Farel : en 1537 le culte de l'image est supprimé, les confréries sont abolies et des écoles protestantes pour filles et garçons voient le jour ; la plupart des instituteurs sont des pasteurs. En 1538, Montbéliard est devenu protestant et Toussain prêche alors dans tout le comté, il devient surintendant de l'Église nouvelle. L'intérim de Charles Quint rétablit le catholicisme de 1547 à 1552, puis le luthéranisme est restauré. Georges Ier de Wurtemberg s'oppose au désir du Magistrat d'appliquer le calvinisme. La paix d'Augsbourg en 1555 impose le luthéranisme définitivement à Montbéliard sur toutes les autres formes de christianisme. Georges Ier crée une bourse pour envoyer en formation ses pasteurs à l'université de Tübingen dans le Wurtemberg.

La Renaissance de Montbéliard[modifier | modifier le code]

De 1558 à 1561, une régence est instaurée en attendant la majorité de Frédéric Ier de Wurtemberg ; ses devanciers ont imposé le Luthéranisme. La Réforme religieuse dans la principauté se fortifie. Mais des calvinistes en nombre qui fuient les guerres de religion en France se réfugient dans la principauté. Toussain est mis à la retraite en 1573. Le prince Frédéric est maintenant au pouvoir. Dès lors, un antagonisme religieux s'instaure. Un colloque entre les deux partis est arbitré par le prince en 1586, mais ce dernier échoue. Fidèle à ses convictions, Frédéric (summus episcopus) impose plus que jamais le Luthéranisme qui devient religion d'État. Les calvinistes sont tenus de se conformer à sa doctrine et ceux qui s'y opposent doivent quitter la Principauté. La sorcellerie est combattue (38 personnes brûlées de 1555 à 1618). Après le siège de la ville de décembre 1587 à janvier 1588 par le duc de Guise, la situation s'améliore. Le temple Saint-Martin est érigé à partir de 1601 et le luthéranisme est cette fois définitivement établi en échange de la confirmation de la Charte de Franchise de 1283. Par le talent de son architecte Schickhardt, Frédéric Ier va alors entreprendre l'agrandissement de la ville avec un nouveau quartier : la « Neuve-ville » ; au château avec la construction de l'hôtel des gentilshommes et l'extension de la halle au grains, avec la construction d'une bibliothèque, d'une école latine (collège) et d'une académie universitaire. Une imprimerie (1587), une papeterie et un jardin botanique seront encore créés. Les forges de Chagey, les salines de Saulnot sont consolidées. Son fils Jean-Frédéric de Wurtemberg poursuit son œuvre. Claude Flamand, successeur de Schickhardt, parachève la Neuve-ville, la citadelle est terminée, les forges d'Audincourt sont construites, l'agriculture et l'élevage sont modernisés. En 1618-1620, on dénombre dans la ville 4 000 habitants environ.

Montbéliard au XVIIe siècle[modifier | modifier le code]

Le comté plongé dans la guerre de Trente Ans[modifier | modifier le code]

Les Habsbourg veulent imposer le catholicisme dans tout l'empire. Montbéliard reste neutre et essaye de montrer sa fidélité. Jusqu'en 1630, les conflits sont évités. Léopold-Frédéric de Wurtemberg doit faire face ensuite aux mouvements des troupes suédoises et impériales qui passent par la porte de Bourgogne. En 1633, le comte demande l'aide de la France et reçoit 750 soldats qu'il doit loger et entretenir. La France étant ennemi de l'empire, Montbéliard est alors attaqué et Léopold-Frédéric doit s'exiler en Suisse. 20 000 soldats français arrivent en renfort et Montbéliard arrive à résister. Toutefois, les conséquences sur la population sont dramatiques. La famine éclate en 1635, les épidémies suivent avec l'afflux de réfugiés et tuent la moitié de la population, des villages disparaissent et la mortalité est élevée.

L’occupation française[modifier | modifier le code]

Château de Montbéliard

Georges II de Wurtemberg monte sur le trône en 1662. Le pays de Montbéliard se reconstruit mais est déjà sous la menace française. En effet, la majeure partie de l'Alsace devient française en 1648, la Franche-Comté en 1674. La cité se retrouve ainsi enclavée à l'instar de la République de Mulhouse. La France occupe alors le comté de 1676 à 1698, Georges II s'enfuit à Bâle puis en Silésie avec toute sa famille. Le Magistrat et le Conseil de Régence gouvernent. Toutefois, la France prend ses aises: le château est pillé ainsi que les archives, les revenus du comte sont saisis, la citadelle et les remparts sont détruits. De plus, les habitants doivent loger les soldats. Le traité de Ryswick permet la fin de l'occupation et le retour du comte. Georges II doit réinstaurer le luthéranisme mais à la suite d'une nouvelle occupation de la France en 1699, un curé royal est installé et l'église Saint-Maimbœuf (au château) devient catholique. Les seigneuries dépendantes (appelées aussi Quatre Terres) du comté de Montbéliard sont perdues et converties au catholicisme.

Montbéliard au XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

Le règne de Léopold-Eberhard[modifier | modifier le code]

Léopold-Eberhard de Wurtemberg (1699-1723). Fils unique de Georges II, il combat Louis XIV tout comme l'avait fait son père défunt. Il se marie à Anne-Sabine Hedwiger, fille d'un capitaine qu'il connut au cours d'un séjour en Silésie. Durant son règne, Léopold-Eberhard s'est surtout distingué par son goût du lucre et par ses mœurs déplacées (on lui comptait quatre maîtresses avec qui il eut de nombreux enfants illégitimes). Toutefois, il sut relancer l'économie montbéliardaise en faisant venir des paysans alsaciens et des anabaptistes. Une descendance de cette communauté subsiste encore dans le pays. Léopold-Eberhard entre en conflit avec les bourgeois en 1704 en raison de la multiplication des taxes qu'il décrète et son ingérence dans les prérogatives du Magistrat (Conseil de ville). Une plainte est déposée à la Cour impériale de Wetzlar. Le prince refuse toute concession et arrête le bourgeois en chef, les archives sont saisies et la garde bourgeoise est désarmée. Le Magistrat est dissout et le prince nomme tout bonnement ses hommes. Les bourgeois exilés déposent une requête envers l'empereur Joseph Ier qui force Léopold a signer le « traité amiable » en 1708. Les bourgeois destitués sont rétablis dans leur fonction et les taxes sont remises aux taux de 1704. Le prince meurt à l'âge de 53 ans sans héritier légitime et sans prospérité. Après ses obsèques, les habitants du pays eurent le sentiment que le plus calamiteux des règnes qu'ils eussent connus venait de prendre fin.

Une paix relative sous une ère d'indépendance[modifier | modifier le code]

La France est affaiblie mais elle défend les intérêts de Georges-Léopold de Sponeck, un bâtard de Léopold-Eberhard, pour enrayer la succession de Eberhard-Louis de Wurtemberg. L'affaire n'aboutit pas. Le conseil de Régence intègre Montbéliard à la zone monétaire de la France (livre tournois) en 1726. La ville est occupée par la France durant la guerre de Succession de Pologne d'avril 1734 à octobre 1735. La France maintient une forte pression douanière, et les habitants du pays de Montbéliard se lancent dans la contrebande, notamment de tabac, et exporte en Suisse.

Depuis le décès du prince Léopold-Eberhard (1723), il n'y a plus de princes-résidents à Montbéliard. Eberhard-Louis de Wurtemberg (1723-1733) conduit depuis Stuttgart un règne de 10 ans sans histoire par l'intermédiaire de son conseil de Régence. Charles-Alexandre de Wurtemberg (1733-1737), son cousin, lui succède. Il se convertit au catholicisme mais maintient le luthéranisme à Montbéliard et respecte la charte de franchise. Son fils, Charles II de Wurtemberg ( où Charles-Eugène, 1737-1793) laisse le pouvoir, tout comme son père, aux mains du conseil de Régence. En 1769, il nomme son frère cadet Frédéric-Eugène Stathouder du comté de Montbéliard où il s'installe en 1769. Il fit construire un château à Étupes, village à proximité de Montbéliard (la belle résidence d'été fut détruite quelques années après la Révolution) Frédéric-Eugène fut donc le dernier prince-résident et il s'enfuira avec toute sa famille dans le Wurtemberg à l'arrivée des premiers soldats de la Révolution.

Économie et société[modifier | modifier le code]

Les récoltes sont plus productives, les épidémies sont moins violentes, la famine a disparu même si des disettes ont lieu en 1770-1771 et 1788-1789. La population passe de 12 000 à 26 000 habitants mais elle se ruralise car la ville ne passe que de 2 900 à 4 000 habitants. Une émigration se développe, une communauté montbéliardaise protestante se forme même au Canada à Lunenburg (Nouvelle-Écosse actuelle), ville fondée par les Britanniques avec des colons protestants surtout germanophones, mais aussi francophones.

Les exploitations étaient petites et vivrières avec souvent une chènevière. Les familles anabaptistes avaient les plus grandes terres. L'artisanat était actif avec une omniprésence du textile (verquelures, tanneurs), il était organisé par des corporations. Frédéric Japy commence ses premières montres, les Forges d'Audincourt sont en plein essor. Le commerce suit la même dynamique. 50 marchands se réunissent aux Halles chaque semaine et une foire mensuelle est organisée. La contrebande de tabac était prospère.

Situation religieuse[modifier | modifier le code]

Les pasteurs sont bien formés et cultivés. Ils doivent faire face au piétisme qui prône une accentuation plus prononcée de la piété. Toutefois, la vie religieuse est assez calme ; la recette ecclésiastique est fournie ; un Conseil réunit tous les pasteurs du comté de Montbéliard et les pasteurs ruraux doivent prêcher à Saint-Martin une fois par an. Une caisse est créée pour la retraite des pasteurs et les veuves. Le Grand Consistoire juge les mœurs avec rigueur. L'hôpital, l'orphelinat et les écoles sont bien gérés. La tolérance règne uniquement pour les protestants : si les calvinistes font leur culte en privé, les anabaptistes vivent à l'écart. Quant aux catholiques, ils sont victimes de sévères discriminations, la célébration de la Messe étant strictement interdite à partir de 1538[7].

Montbéliard et la Révolution française[modifier | modifier le code]

Annexion de Montbéliard[modifier | modifier le code]

À partir de 1789, un petit parti pro-français naît. En 1792, le stathouder Frédéric-Eugène ne répond guère aux doléances de ses sujets car le pays confiné dans ses frontières vit un marasme économique sans précédent et l'on a faim. Une ceinture douanière renforcée isole le comté de Montbéliard et plus rien ne s'échange avec la France. Le parti révolutionnaire tente de prendre le pouvoir. Finalement, les soldats de la Révolution arrivent, et Montbéliard est annexé sans combats le 10 octobre 1793 par le Conventionnel Bernard de Saintes. Les commerçants, et surtout les industriels avaient subrepticement œuvré à l'annexion, car elle permettait sans contraintes de leur ouvrir un grand marché pour leurs produits. L'abolition de la douane mettait donc un terme aux corporations étouffantes. Le Stathouder Frédéric-Eugène prend la fuite avec sa famille… La Révolution française crée un bouleversement dans les us et coutumes des habitants du pays. Mais ce changement, dans un premier temps, est plutôt bien accueilli car il semble apporter plus d'égalité et tolère la religion réformée. En revanche, les impôts sont augmentés. Le rattachement à la France apporte aussi son lot de confusions et de spéculations dans les monnaies…

L’intégration de Montbéliard à la France[modifier | modifier le code]

Montbéliard est d'abord rattaché à la Haute-Saône et devient chef-lieu d'un district le 11 octobre 1793. En 1797, la ville est rattachée au Mont-Terrible avec pour chef-lieu Porrentruy (Suisse) qui à ce moment-là faisait partie de la France. Mais ce rattachement est jugé contre-révolutionnaire et Montbéliard est rattaché alors au Haut-Rhin. En 1801, le traité de Lunéville reconnaît officiellement Montbéliard ville française. En 1814, le tsar Alexandre Ier voyage et arrive dans la ville. Il veut connaître les lieux où sa mère, Sophie-Dorothée de Wurtemberg a vécu avant d'épouser le tsarévitch Paul, fils de la Grande Catherine de Russie… Le maire Rossel négocie le rattachement définitif au Doubs, en 1816, la ville devient une sous-préfecture qu'elle est encore actuellement.

Des idéaux révolutionnaires mal acceptés[modifier | modifier le code]

Montbéliard avait sa guillotine mais elle n'a jamais été utilisée. La loi du maximum des salaires et des prix, les mobilisations pour l'armée étaient mal acceptées. Le culte de l'Être suprême était rejeté par les Luthériens. D'ailleurs, les cultes religieux étaient interdits pendant un temps, les pasteurs ne sont plus payés, les écoles luthériennes sont fermées. Le concordat de Napoléon corrige la situation. L’Église luthérienne est rattachée à Strasbourg, le temple est restauré. Les châteaux de Montbéliard et d'Étupes subissent des dégâts. Ils sont pillés, le premier devient un hôpital militaire, le second est détruit. En revanche, l'économie tourne bien grâce à la suppression des frontières. La famille Sahler emploie 800 ouvriers dans la rue de la Schliffe pour la confection de vêtements.

Montbéliard au XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Vie économique et sociale[modifier | modifier le code]

La gare de Montbéliard, au tout début du XXe siècle.
Le chemin de fer dessert la ville dès 1858.

Montbéliard est un bourg rural avant tout. La ville se spécialise dans l'élevage, la fameuse race de vache Montbéliarde est appréciée et reconnue en 1889 grâce au député Jules Viette. Le blé et l'orge étaient cultivés pour la bière, et on trouvait même un peu de vignoble. Jusqu'à la première guerre mondiale, Peugeot et Japy ne dominaient pas encore la région. L'horlogerie est omniprésente avec deux grosses entreprises : Vincent-Rouse et Marti. Le textile était dominé par les familles Sahler et Bourcard. Les tanneries, les tuileries tenues par les Italiens, les usines de bois Schwander, les usines d'outillage Goguel et d'autres petites fabriques font tourner le reste de l'économie. La gare et le tramway apparaissent. Les banques familiales Morel et Goguel s'occupent du secteur financier au début du XIXe siècle.

Les dirigeants, pour la plupart, sont des luthériens, ils dominent la vie politique et jouent un grand rôle social. Les classes moyennes se développent à la fin du siècle et commencent à avoir un poids politique. Les classes populaires vivent mal : disettes, alcoolisme, logements insalubres, conditions de travail dures… Toutefois, les mouvements sociaux sont rares à cause de la petite taille des entreprises.

Vie politique[modifier | modifier le code]

La restauration française redonne le pouvoir aux notables luthériens. Le Second Empire est mal accueilli mais finalement devient populaire car l'empereur fait construire la voie ferrée qui permet le développement de la ville. La libéralisation de Napoléon III amène la concurrence et une opposition républicaine surgit avec Jules Viette et le député Dorian. La guerre franco-prussienne de 1870 survient et la ville est occupée le 8 novembre 1870 par les Prussiens. En janvier 1871, l'armée de la Loire, dite de Bourbaki, arrive massivement sur les hauteurs de Montbéliard. Son but est de couper les lignes de communication allemandes et de délivrer Belfort où le colonel Denfert-Rochereau s'est enfermé avec ses troupes dans la citadelle. La délivrance échouera. À la signature de l'armistice, l’Alsace est annexée à l'Allemagne, mais Belfort recouvrera son identité française. Montbéliard, au sud, ne sera pas inquiété. Le premier député socialiste, Ablitzer, est élu en 1912.

La mairie est dominée par les luthériens jusqu'en 1900 avec une arrivée progressive de maires républicains. Le parti radical gagne en influence avec la montée des classes moyennes. Montbéliard n'est pas touché par le boulangisme et l'affaire Dreyfus grâce à l'esprit tolérant de ses habitants.

Religion et culture[modifier | modifier le code]

L'enseignement et la culture sont dominés par l'Église luthérienne jusqu'à la IIIe République. « L'école modèle » est fondée par l'Église en 1838 pour former les instituteurs, le collège universitaire créé en 1811 est sous son contrôle, les cours du secondaires pour jeunes filles sont donnés par les pasteurs. La société d'émulation est créée par des médecins luthériens en 1851. La bibliothèque est fondée en 1819 par Duvernoy. L’anticléricalisme apparaît sous la IIIe République et l'Église luthérienne perd en influence. Les catholiques sont très présents dans le monde ouvrier ; Après la démolition de l'église Saint-Maimboeuf au château, une nouvelle est érigée au Faubourg (autrefois la « Neuve-ville »). Son emplacement n'est pas le fruit du hasard : L'édifice « écrase » de sa masse le temple Saint-Georges (construit sous l'Ancien Régime par le prince Georges II) afin marquer la reconquête du catholicisme dans la ville. L'enseignement primaire ne se développe qu'à partir de 1900 avec la construction de 3 écoles. Une École normale d'instituteurs est créée aux Huisselets en 1880 par Jules Viette puis devient un lycée professionnel en 1892. À la veille de la première guerre mondiale, les écoles sont devenues laïques. La vie intellectuelle reste dominée par les luthériens avec leur empreinte dans l'imprimerie et la presse (Le 14 juillet », Le Pays de Montbéliard) mais aussi le sport (cyclisme, gymnastique).

Le comté de Montbéliard et les quatre seigneuries de Blamont, Clémont, Héricourt et Châtelot formaient l'ensemble de la Principauté de Montbéliard.

voir aussi la partie histoire de l'article Communauté d'agglomération du pays de Montbéliard

Autre source : Le Roman d'une Principauté. Auteur D. Seigneur. Éditions Cêtre, Besançon.

Montbéliard au XXe siècle[modifier | modifier le code]

La ville est libérée de l'occupation allemande le 17 novembre 1944 par le général de Lattre de Tassigny, à la tête du CC5 de la 5e division blindée[8].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Administration municipale[modifier | modifier le code]

Budget et fiscalité[modifier | modifier le code]

Intercommunalité et fonctions[modifier | modifier le code]

Jumelages[modifier | modifier le code]

Le mouvement des jumelages franco-allemands est né au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. La ville de Montbéliard fut la première ville après la Seconde Guerre mondiale à développer un partenariat avec une ville allemande. C'est en 1950, que le maire de Montbéliard Lucien Tharradin, ancien résistant et rescapé de Buchenwald, pose les premières bases d'un jumelage avec Ludwigsburg[9] dans le Bade-Wurtemberg, en allemand, Montbéliard se dit Mömpelgard ou Mümpelgart[10]. Ce premier jumelage franco-allemand, officialisé en 1962, soit cinq ans après le décès de Lucien Tharradin, garde une valeur de symbole[11].

Le pont reliant le quartier de la prairie à la zone commerciale du Pied Des Gouttes porte le nom de pont de Ludwigsburg.

Drapeau de l'Allemagne Ludwigsburg (Allemagne) : C'est le premier jumelage franco-allemand.

Drapeau des États-Unis Greensboro (États-Unis)

Ancien régime[modifier | modifier le code]

Sous l'Ancien Régime, le conseil commun de Montbéliard se composait de neuf maîtres bourgeois et d'un maître bourgeois en chef, élu pour le présider. Le maire était un officier du comte, nommé par lui, accrédité auprès des magistrats municipaux et n'ayant que voix consultative dans les délibérations du conseil[12].

Liste des maîtres bourgeois en chef
Période Identité
1633 Gerson Parrot[13]
1689 Jules-Frédéric Scharffenstein[14]
1678 George Euvrard[15]
1728 Pierre Scharffenstein[16]
1767 Jean-Jacques Parrot (père de Georges Frédéric Parrot)

Période contemporaine[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1929-1944 André Bermont SFIO
1944-1946 André Bermont SFIO
1947-1957 Lucien Tharradin RPF
1959-1965 Jean-Pierre Tuefferd
1965-1978 André Boulloche PS
1978-1989 André Lang PS
1989-2008 Louis Souvet UMP
2008-2014 Jacques Hélias[17] PS
Depuis 2014 Marie-Noëlle Biguinet UMP
Les données manquantes sont à compléter.

La commune de Montbéliard et la communauté d'agglomération du pays de Montbéliard sont membres du syndicat mixte de l’aire urbaine Belfort-Montbéliard-Héricourt-Delle.

La communauté d'agglomération du pays de Montbéliard est l'une des plus efficaces de France, en effet beaucoup de tâches dites de « ville » (logement, développement urbain, taxe industrielle, développement touristique) sont gérées par la communauté qui regroupe plus de 125 000 habitants.

La ville est chef-lieu de deux cantons :

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 25 974 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements des communes de plus de 10 000 habitants ont lieu chaque année à la suite d'une enquête par sondage, contrairement aux autres communes qui ont un recensement réel tous les cinq ans[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
3 428 3 693 3 592 4 485 4 767 5 133 5 789 5 829 6 144
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
5 852 6 353 6 484 6 509 8 938 8 784 9 531 9 561 9 799
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
10 034 10 455 10 392 10 063 10 292 12 767 14 217 14 301 17 023
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 -
21 699 23 908 30 425 31 836 29 005 27 570 26 535 25 974 -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[3] puis Insee à partir de 2004[18].)
Histogramme de l'évolution démographique


La population passe de 3 823 habitants en 1815 à 10 400 en 1913. L'ouverture de la région grâce au canal, le chemin de fer, la route Porrentruy-Montbéliard-Belfort ont permis une immigration. La gare, construite en 1852, va permettre l'essor industriel. L'exode rural devient alors très fort mais aussi des Italiens travaillant dans le bâtiment, les Suisses dans l'horlogerie et les optantes (réfugiés alsaciens) nourrissent la démographie. L'espérance de vie est de 47 ans pour les hommes et 49 ans pour les femmes, la mortalité infantile est de 20 %. Le réseau hydrographique dense empêche l'expansion de la ville et provoque des inondations.

Enseignement[modifier | modifier le code]

Les établissements scolaires de Montbéliard sont[19] :

Collèges
  • Collège Guynemer
  • Collège Pierre-Brossolette
  • Collège privé Saint-Maimboeuf
Lycées

Santé[modifier | modifier le code]

Sports[modifier | modifier le code]

La ville est nationalement connue grâce à son club de football évoluant en Ligue 2 pour la saison 2014-2015 : le FC Sochaux-Montbéliard. Le club a passé 66 saisons en Ligue 1.

On trouve également à Montbéliard le stade Bonal, où évolue justement le FCSM.

La ville et sa salle de 6 400 places (Axone) est candidate à l'organisation du championnat du monde de handball masculin 2017 qui se déroulera en France.

Médias[modifier | modifier le code]

Un seul journal de presse écrite est présent (l'Est Républicain) après la disparition du journal le Pays de 2013. Un média internet existe depuis 2000 traitant exclusivement de l'actualité montbéliardaise ToutMontbeliard.com. Les radios Chérie FM, Radio Star, France Bleu Belfort-Montbéliard et PrincesFM existent sur Montbéliard. En télévision, France 3 Franche-Comté a des bureaux à Montbéliard.

Cultes[modifier | modifier le code]

Animations[modifier | modifier le code]

Temple Saint-Martin illuminé lors du réveillon Cité rêvée 2007
  • Montbéliard compte près de 450 associations diverses (sport, loisirs, culture, solidarité, éducation, environnement…), dont 43 associations d'anciens combattants.
  • Le marché de Noël de Montbéliard ou les Lumières de Noël qui se tiennent pendant tout le mois de décembre, attirent chaque année près de 400 000 visiteurs venus admirer et faire des achats auprès des artisans qui y exposent, ce qui en fait le 3e marché de Noël de France[réf. nécessaire]. Sans oublier la possibilité de déguster les spécialités locales et boire un bon vin chaud. Plus de cent vingt artisans se blottissent autour du temple Saint-Martin. L'artisanat d'art côtoie la gastronomie régionale. Les maîtres mots du comité de sélection : tradition et authenticité. L'esprit de Noël doit être au rendez-vous. Les animations sont nombreuses (conférences, dégustations, ateliers pour enfants, patinoire à ciel étoilé, expositions…) et chaque année un pays invité est à l'honneur (le Canada en 2005, le Pérou en 2006, la Finlande en 2007…).
  • Tous les deux ans, le réveillon de fin d'année se passe dans la rue…

(2005) Le réveillon dans les rues (appelé réveillon des Boulons), tous les deux ans, est une tradition déjà ancienne à Montbéliard, mais entièrement renouvelée depuis la dernière édition en 2003. Voici donc Cité rêvée, deuxième acte, aboutissement d’un travail de plus de dix-huit mois pendant lesquels sept compagnies ont élaboré ensemble le menu d’une nuit inoubliable.
L’évènement ne se raconte pas, il se partage avec les milliers de voisins d'un soir, au cœur d’une fête étrange et joyeuse, d’un spectacle gigantesque étreignant la ville, courant dans ses artères, bousculant les repères familiers.
Il y a le feu qui fascine, la musique omniprésente, des caravanes d’animaux fantasmagoriques, des acrobates, des comédiens, des projections monumentales transfigurant les façades historiques, des concerts…
Ils sont plus de deux cents artistes et gais poètes à confectionner une œuvre unique et foisonnante à l’échelle d’une ville.

Économie[modifier | modifier le code]

Emplois[modifier | modifier le code]

Secteur primaire[modifier | modifier le code]

Industrie[modifier | modifier le code]

Commerce[modifier | modifier le code]

Services[modifier | modifier le code]

Culture et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Montbéliard est classée ville d'art et d'histoire.

Dans les proches environs :

Personnages liés à la ville[modifier | modifier le code]

Gastronomie[modifier | modifier le code]

Saucisse de Montbéliard
  • Montbéliard a donné son nom à la saucisse de Montbéliard, souvent servie dans les potées ou avec un accompagnement de lentilles. Cette saucisse fumée pendant dix heures dans un tuyé prend son essor au XIXe siècle (compagnons du Boitchu). On trouve des traces de son existence en 58 av. J.-C. et aujourd'hui elle bénéficie de l'IGP (indication géographique protégée).

On peut également la servir avec de la cancoillotte chaude et du roësti ou fraîche cuite en papillote.

On ne peut pas parler de gastronomie sans évoquer une des meilleures races de vaches laitières, la race montbéliarde. Présentée la première fois en 1872, la race fut reconnue officiellement en 1889.

On doit également citer la pomme de terre, destinée au bétail mais qui fut consommée par la population de la région, pour raison de famine. Ce tubercule fut introduit au XVIe siècle par Jean Bauhin et son frère Gaspard dans le pays de Montbéliard, un siècle avant que Antoine Parmentier ne la « découvre » en 1771.

Le mobilier de style montbéliardais[modifier | modifier le code]

Lié au duché du Wurtemberg et à la religion luthérienne du XIVe siècle au XVIIIe siècle, le pays de Montbéliard a développé son propre style de meubles (renaissance germanique dit « meuble protestant »), très différent du style franc-comtois.

Ce style se caractérise en un meuble (principalement armoire ou buffet) composé de deux corps juxtaposés et identiques. Le plus remarquable, et probablement unique en France, est la présence de poignées de chaque côté de la partie haute et basse, pour un déplacement aisé. À l'origine, le meuble était composé de deux coffres mis l'un sur l'autre, les poignées étaient très utiles pour déménager rapidement chaque élément lors des guerres et invasions très fréquentes du comté de Montbéliard à une certaine époque. Les « coffres » étaient ainsi transportés à l'abri dans les forêts ou les grottes de la région.

Les bois utilisés étaient le chêne, le noyer (pour les meubles les plus riches), mais aussi les arbres fruitiers (pommier, poirier, cerisier, merisier…) plus aisés à sculpter. Les sculptures se composent, sur le fronton, de godron, de grives, de grappes de raisin. Les ferrures sont très travaillées et les poignées sont en acier forgé. L'assemblage est toujours réalisé par chevillage et ne comportait aucun clou. Les meubles les plus riches comportaient des colonnes torsadées pleines ou évidées. Le fond était toujours en bois de sapin.

Une très belle collection se trouve au musée Jouffroy du château de Belvoir, ainsi qu'au musée du château et au musée Beurnier à Montbéliard.

Une exceptionnelle collection se trouverait[citation nécessaire] dans une des salles du palais des tsars de Saint-Pétersbourg. Ces meubles furent apportés en Russie par une des descendantes des Wurtemberg, la princesse Sophie-Dorothée de Wurtemberg qui épousa en 1776 le grand-duc Paul (famille des Romanov), devint tsarine sous le nom de Maria-Féodorovna. Le couple eut dix enfants, dont Nicolas Ier et Alexandre Ier, tsars de Russie.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Galerie[modifier | modifier le code]

Industries d'hier[modifier | modifier le code]

  • Brasserie de Montbéliard (bière ARLEN), fermée en 1930.
  • Brasserie de Sochaux.
  • Usine Schwander (bois)
  • Usine Goguel (1850-1960)
  • Filature Salher des Neufs-Moulins.
  • Usines Marti et Roux (horlogerie)
  • Filatures Bourcard
  • Usine Peugeot (1910), puis le seul établissement qui subsiste aujourd'hui à Sochaux.
  • Usine l'Épée (Ste Suzanne, 1939-1995)
  • Construction mécanique Rossel (1902)
  • Carrosserie Holliger-Leloup
  • Fabrique de navettes Ferrand (1901).

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. [1]
  2. EV6 c'est quoi ? - Eurovelo6.org Site édité par le conseil régional du Centre. L’EuroVelo 6 Atlantique-Mer Noire est l’un des 12 itinéraires du réseau EuroVelo 6 né à l’initiative de la Fédération européenne des cyclistes (ECF) (...). Son objectif est de suivre trois des plus grands fleuves européens, creusets de la civilisation européenne : la Loire, le Rhin et le Danube. Elle traverse donc la France, la Suisse, l’Allemagne, l’Autriche, la Slovaquie, la Hongrie, la Serbie, la Croatie, la Bulgarie et la Roumanie.
  3. a et b Notice Communale Montbéliard sur Ldh/EHESS/Cassini
  4. « La Citadelle de Montbéliard » par Jean-Paul Bourquin, 1993.
  5. Charte de franchise de 1283
  6. vassale et voisine
  7. [PDF]La Réforme à Montbéliard, Gazette des archives de la ville de Montbéliard, n°33, mai 2006
  8. Pierre Schlund, Souvenirs de guerre d'un Alsacien, Éditions Mille et une vies, 2011, (ISBN 978-2-923692-18-0)
  9. Traduit « mot-à-mot » par le Bourg de Louis
  10. Histoire du pays de Montbéliard de Louis Renard, édition 1950
  11. Charles de Gaulle, président de la République française, et Konrad Adenauer, chancelier de la République fédérale d'Allemagne, signeront en 1963 le traité de l'Élysée pour sceller l'amitié et la coopération franco-allemandes
  12. Augustin Thierry, Recueil des monuments Inédits de l'histoire du Tiers État : première série, chartes, coutumes, actes municipaux, statuts des corporations d'arts et métiers des villes et communes de France : région du Nord, volume 2, F. Didot, 1853 p. XLIII
  13. L. Wetzel, Recueil mémorable de Hugues Bois-de-Chesne, chronique inédite du XVIIe siècle suivie de la Relation du siège d'Héricourt, en 1637, par Charles Duverney accompagnée de notes historiques et publiée d'après les manuscrits originaux, sous les auspices de la Société d'émulation de Montbéliard, Charles Deckherr, 1856, p. 84
  14. Solange Brault-Lerch, Les orfèvres de Franche-Comté et de la Principauté de Montbéliard du Moyen Âge, Droz, 1976, p. 824
  15. Mémoires de la Société d'émulation de Montbéliard, volume 3, 1859, p. 228
  16. Solange Brault-Lerch, Les orfèvres de Franche-Comté et de la Principauté de Montbéliard du Moyen Âge, Droz, 1976, p.828
  17. Site officiel de la préfecture du Doubs - liste des maires (doc pdf)
  18. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2011
  19. « Etablissements de Montbéliard », onisep.fr (consulté le 2 juillet 2014)
  20. Source : Villes et Villages Fleuris
  21. musée du Château
  22. La méridienne géante du parc de Prés-la-Rose
  23. Les cadrans solaires du parc de Prés-la-Rose

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Daniel Seigneur, Le Roman d'une principauté : Montbéliard du XIVe au XVIIIe siècle, Éditions Cêtre, Besançon,‎ 2006, 408 p.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]