Saint-Claude (Jura)
| Saint-Claude | ||
Vue de Saint-Claude |
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Blason |
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| Administration | ||
|---|---|---|
| Pays | ||
| Région | Franche-Comté | |
| Département | Jura | |
| Arrondissement | Saint-Claude (chef-lieu) |
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| Canton | Saint-Claude (chef-lieu) |
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| Intercommunalité | Communauté de communes Haut-Jura Saint-Claude | |
| Maire Mandat |
Francis Lahaut 2008-2014 |
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| Code postal | 39200 | |
| Code commune | 39478 | |
| Démographie | ||
| Population municipale |
11 026 hab. (2010) | |
| Densité | 301 hab./km2 | |
| Géographie | ||
| Coordonnées | ||
| Altitude | Min. 360 m — Max. 1 222 m | |
| Superficie | 36,67 km2 | |
| Localisation | ||
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Saint-Claude est une commune française, située dans le département du Jura et la région Franche-Comté.
Sommaire |
Géographie [modifier]
Situation et localisation [modifier]
Saint-Claude est située dans le sud du département du Jura, dans le cœur du massif du Jura. La ville est distante de 60 km de Genève (sud-est), de 57 km de Lons-le-Saunier (nord-ouest), de 30 km d'Oyonnax (sud-ouest) et de 28 km de Morez (nord-est)[1].
Saint-Claude est bâtie au fond d'une vallée encaissée profonde de plus 450 m, à la confluence entre la Bienne et le Tacon. Située à une altitude moyenne de 435 m, la ville est dominée de plus de 500 m par les sommets du Haut-Jura, tels que le mont Bayard, le Pain de Sucre, le Crêt Pourri ou le mont Chabot[1].
Communes limitrophes [modifier]
Histoire [modifier]
La cité se développe initialement autour d'un monastère fondé au début du Ve siècle par deux frères moines et abbés, Romain et Lupicin. Elle est tout d'abord appelée Condat (du celte Condate « confluent »), puis Saint-Oyend-de-Joux[Note 1], du nom de l'abbé Oyand (ou Eugendus) qui accroît le rayonnement du monastère à partir de la fin du Ve siècle[2]. En 639, saint Claude[3] devint moine dans l'abbaye qui portait alors le nom de Saint-Oyand. Saint Claude est mort le 6 juin 699.
Lieu de pèlerinage, la ville profite vers la fin du XIIe siècle (1160), de la découverte du corps intact de l'abbé Claude (décédé quatre cent soixante ans auparavant), pour augmenter sa renommée. La ville prend alors le nom de Saint-Oyand-Saint-Claude. Au XVe siècle, saint Claude étant vénéré par le roi Louis XI[4], la ville garde le seul nom de Saint-Claude. Louis y étant venu avec son père Charles VII, en tant que dauphin, y passe de nouveau en 1456, au moment où il s'enfuit vers la Bourgogne afin d'éviter l'armée de son père[5]. À la fin de sa vie, le roi Louis XI vieilli effectue toutefois un autre pèlerinage vers Saint-Claude le 21 avril 1482[6], quoique son objectif soit réparti par une manifestation politique. Il y emmène en effet un grand nombre de soldats suisses.
En 1499, après son deuxième mariage, avec le roi Louis XII, la reine Anne de Bretagne a décidé de visiter ce lieu de pèlerinage, en souhaitant un héritier viable du royaume de France. Elle avait en effet perdu tous ses enfants avec Charles VIII. Il s'agit d'une princesse Claude de France à laquelle la reine donne la naissance, future épouse de François Ier.
En 1742, l'abbaye est rattachée à l'évêché de Saint-Claude. Voltaire avait fait une campagne contre les moines de l'abbaye de Saint-Claude qui refusaient d'affranchir leurs serfs en arguant de leurs droits. Ce n'est qu'à la Révolution que les tenanciers purent devenir libres.
Sous la Révolution, pour suivre le décret de la Convention du 25 vendémiaire an II invitant les communes ayant des noms pouvant rappeler les souvenirs de la royauté, de la féodalité ou des superstitions, à les remplacer par d'autres dénominations, la commune change de nom pour Condat-Montagne[7], nom construit à partir de son nom initial de Condat, auquel on ajouta « Montagne », double sens entre sa situation géographique et la Montagne, le courant politique révolutionnaire.
La commune était desservie au début du XXe siècle par les Chemins de fer vicinaux du Jura.
Le vendredi 7 avril 1944, la Division 157 de la Wehrmacht se déploie dans la région de Saint-Claude. La Ville est cernée, les locaux de la coopérative La Fraternelle sont mis à sac. Ses responsables qui ravitaillent le maquis sont arrêtés ainsi que le Maire de la ville, Paul Delacour, pourtant nommé par Vichy. Le samedi 8 avril 1944 à l’aube, les commandos allemands motorisés de la division attaquent le bois de la Versanne. Ils sont tenus en échec toute la journée par le maquis bien retranché. La Wehrmacht réussit à décrocher à la nuit emmenant ses morts et ses blessés. Le maquis a lui aussi subi des pertes. Il se replie, se réorganise et s’abrite dans la forêt. .Le lendemain à Saint-Claude,dimanche 9 avril 1944, jour de Pâques, sous couvert d’une vérification d’identité, la gestapo organise une grande rafle en présence du sinistre Klaus Barbie arrivé la veille à l’hôtel de France. Tous les hommes de 18 à 45 ans sont rassemblés sur la Place du Pré. 302 sont retenus en otages et déportés à Buchenwald, 186 ne rentreront pas.
Économie [modifier]
Saint-Claude a tout d'abord fondé son économie sur l'artisanat et la vente aux pèlerins d'articles de tournerie en bois ou en os. Cette activité connaît un essor important à partir de 1855 avec la pipe de bruyère. Aujourd'hui marginal[réf. nécessaire], cet artisanat fait la renommée de la ville : les pipes de Saint-Claude restent réputées parmi les amateurs. La ville se proclame en effet la capitale de la pipe.
Saint-Claude a également été un centre important pour les industries lapidaire et diamantaire.
Située à l'extrémité de la Plastics Vallée, elle compte de nos jours beaucoup d'entreprises en rapport avec le secteur de la plasturgie.
La ville possède une antenne de la Chambre de commerce et d'industrie du Jura.
Lieux et monuments [modifier]
- La cathédrale Saint-Pierre, Saint-Paul et Saint-André est classée monument historique. L'une des particularités de la cathédrale est que l'un de ses clochers (flanc gauche) n'a jamais été terminé.
- Le Musée de la Pipe et du Diamant de Saint-Claude et Confrérie des Maitres-Pipiers
- Le musée de l'abbaye[8], donations Guy Bardone et René Genis. Œuvres du XXe siècle et vestiges archéologiques de l'ancienne abbaye de la fin du Moyen Âge.
- Les nombreux ponts (Grand Pont, pont de pierre...) compte tenu du fait que la ville est très encaissée.
- Place Louis-XI avec sa vue sur les remparts.
- Vue sur la vallée du Tacon du bas de la pittoresque rue de la Poyat (rue très pentue joignant le quartier haut de l'abbaye et les quartiers bas du faubourg).
- Le « chapeau de gendarme » à la sortie de la ville dans les lacets de Septmoncel. Cette curiosité géologique rappelle la forme du chapeau porté par les gendarmes sous la Révolution. Elle est très spectaculaire en hiver avec la formation d'une cascade de glace.
- Point de vue sur la ville depuis la grotte Sainte-Anne qui la surplombe de 200 mètres.
- La grotte du maquis située sur le mont Chabot.
- Le banc des curés situé à l'entrée du quartier de Serger.
- La Maison du Peuple, construite par les coopérateurs de la Fraternelle, inaugurée en septembre 1910, est le symbole de l'histoire de la coopération à Saint-Claude[9].
Personnalités liées à la commune [modifier]
(par ordre chronologique de naissance)
- Saint Romain [Romain de Condat] (Izernore, Ain v. 390 - monastère de la Balme, Saint-Romain-de-Roche auj. Pratz, Jura 460) : moine et abbé ; cofondateur, avec son frère Lupicin, des monastères de Condat (auj. Saint-Claude), Lauconne, et la Balme. Il fonda également le monastère de Romainmôtier (devenu, au XIe siècle, l'Abbatiale de Romainmôtier, à Romainmôtier, dans le canton de Vaud, en Suisse).
- Saint Lupicin [Lupicin de Lauconne] (Izernore, Ain v. 415 - monastère de Lauconne auj. Saint-Lupicin, Jura 480) : moine et abbé ; cofondateur, avec son frère Romain, des monastères de Condat, Lauconne et la Balme.
- Saint Oyand (Izernore, Ain v. 449 - monastère de Condat auj. Saint-Claude 510) : abbé ; accrut le rayonnement du monastère de Condat. Il fit bâtir, en l'honneur des apôtres Pierre, Paul et André, une église, sur laquelle se dressera plus tard l'actuelle cathédrale Saint-Pierre, Saint-Paul et Saint-André.
- Saint Claude [Claude de Besançon] (Bracon, Jura v. 607 - Saint-Oyand-de-Joux auj. Saint-Claude 699) : évêque de Besançon.
- Henry Boguet (Pierrecourt, Haute-Saône 1550 - 1619) : démonologue, grand Juge de Saint-Claude au comté de Bourgogne (1596 à 1616) ; auteur du Discours exécrable des Sorciers (1602).
- Lacuzon [Claude Prost] (Longchaumois, Jura v. 1607 - Milan, Italie 1681) : résistant et indépendantiste comtois.
- François Ignace Dunod de Charnage (Saint-Claude 1679 - Besançon, Doubs 1752) : jurisconsulte.
- Charles-Gabriel-Frédéric Christin (Saint-Claude 1741 - Saint-Claude 1799) : jurisconsulte, député au États généraux, maire de la commune.
- Antoine-Gabriel Christin (Saint-Claude 1741 - Tours 1844), baron d'Empire, colonel du Génie.
- Antide Janvier (Lavans-lès-Saint-Claude, Jura 1751 - Paris 1835) : maître horloger (de Louis XVI).
- Auguste André Lançon (Saint-Claude 1836 - Paris 1887) : dessinateur animalier, graveur.
- Marie-Léon Arbez-Carme (Saint-Claude 1858 - 1928) : sculpteur, graveur, chimiste, ingénieur, inventeur et journaliste ; ses travaux, quasiment secrets, firent considérablement avancer la recherche sur l'industrie des matières plastiques.
- Jean-Baptiste Lemire (Colmar, Haut-Rhin 1867 - La Flèche, Sarthe 1945) : chef d'orchestre dans cette ville et compositeur.
- Suzanne Belperron (Saint-Claude 1900 - Paris 1983) : joaillier.
- Commandant Vallin [Jean Duhail] (Le Havre, Seine-Maritime 1905 - Viry, Jura 1944) : chef du maquis du Haut-Jura en 1943-1944 ; arrêté sur dénonciation à Saint-Claude, il fut torturé et fusillé par les Nazis. Sa tombe est à l'entrée du cimetière de Viry.
- Paul-Émile Victor (Genève, Suisse 1907 - Bora Bora, Polynésie française 1995) : célèbre explorateur polaire, scientifique, ethnologue et écrivain ; patron (et fondateur en 1947) des Expéditions polaires françaises durant 29 ans. Il a passé une partie de son enfance à Saint-Claude.
- Louis Jaillon (Saint-Claude 1916 - id. 2003) : a été maire de la ville, député, conseiller général et régional.
- René Genis (Hué, Viêt-Nam 1922 - Saint-Claude 2004) : peintre figuratif (école de la Réalité poétique).
- Dany Dauberson [Suzanne Gauche] (Le Creusot, Saône-et-Loire 1925 - Marseille, Bouches-du-Rhône 1979) : chanteuse et actrice. Elle a passé une partie de sa vie à Saint-Claude et y repose.
- Guy Bardone (Saint-Claude 1927) : peintre figuratif (Nouvelle École de Paris).
- Marie-Josèphe Delacour, (Saint-Claude 1929) : épouse d'Édouard Balladur.
- Maximine Lagier-Durant (Saint-Claude, 1952), poète, écrivaine et traductrice.
- Michel Bailly (Saint-Claude, 1952) : écrivain, comédien.
- Marie-Christine Dalloz (Saint-Claude 1958) : maire de Martigna ; députée (depuis 2007).
- Jean-Daniel Vuillermoz (Saint-Claude 1965) : costumier de théâtre et de cinéma.
- Jean-Noël Arbez (Saint-Claude 1965) : skieur (ski alpin) ; triple médaillé olympique (2 médailles d'argent, 1 de bronze) aux Jeux paralympiques de Nagano (1998).
- Emmanuel Jonnier (Dijon, Côte-d'Or 1975) : skieur (ski nordique) ; a participé aux J.O. de Salt Lake City (2002) et de Turin (2006). Il a grandi à Saint-Claude.
- Nadir Belhadj (Saint-Claude 1982) : footballeur (international algérien) ; joue à Portsmouth FC.
- Mevlüt Erding (Saint-Claude 1987) : footballeur (international turc), joue au Stade rennais depuis janvier 2012, après plusieurs années au PSG.
- Alexis Vuillermoz (Saint-Claude 1988) : cycliste professionnel (VTT cross country) ; Team Lapierre International.
- Angelique Boyer (1988) : apparaît dans le telenovela Teresa (telenovela, 2010).
Jumelage [modifier]
Rottenburg am Neckar (Allemagne)
Événements [modifier]
- La fête des Soufflaculs[10], qui a lieu une fois par an et qui remonte au Moyen Âge : les habitants sont vêtus de tuniques blanches, de loups et de soufflets qu'ils actionnent devant les dames, ou sous les jupes des dames. Ils font brûler le roi le soir venu et le tout est suivi d'un feu d'artifice.
- La fête des pipes, pour célébrer un savoir-faire plus que centenaire.
- Le festival de bandes dessinées et de littératures du Haut-Jura. Cette manifestation organisée par Générations Bédés et Salmigondis accueille des auteurs de différents horizons (Allemagne, Italie, Suisse, Belgique, etc.) et de la France entière.
- Prom'été : grande braderie organisée chaque année dans le centre-ville (pendant un week-end de juillet et un week-end d'août).
Administration [modifier]
Nom des habitants [modifier]
Le gentilé des habitants de Saint-Claude est Sanclaudiens.
Transports en commun [modifier]
La ville est desservie par la ligne SNCF de TER appelée "ligne des Hirondelles", ligne longue de 120 km qui traverse le Jura du nord au sud, de Dole à Saint-Claude. Voir la description de cette ligne sur le site du Parc du Haut-Jura.
La société de transports JuraBus exploite les transports urbains de la ville sous le nom de Urbus.
La ville est desservie par 3 lignes urbaines et 5 autres lignes à la demande (Allo-Bus) sur réservation, sans oublier la navette pour le centre nautique de l'été du 2e vendredi du mois de juin au 2e vendredi du mois d'août sans réservation.
Démographie [modifier]
En 2010, la commune comptait 11 026 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements des communes de plus de 10 000 habitants ont lieu chaque année à la suite d'une enquête par sondage, contrairement aux autres communes qui ont un recensement réel tous les cinq ans[Note 2],[Note 3].
Voir aussi [modifier]
Articles connexes [modifier]
- Musée de la Pipe et du Diamant de Saint-Claude
- Confrérie des Maitres-Pipiers
- Liste des communes du Jura
- Anciennes communes du Jura
- Liste des évêques de Saint-Claude
- Gare de Saint-Claude
- Le Crêt Pourri
- Tornade du 19 août 1890 à Saint-Claude
Liens externes [modifier]
- Site officiel de la ville de Saint-Claude
- Saint-Claude sur le site de l'Institut géographique national
Sources [modifier]
Bibliographie [modifier]
Notes et références [modifier]
Notes [modifier]
- Également orthographié Oyen, Oyent ou Oyand.
- Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
- Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.
Références [modifier]
- Carte IGN consultée sur Géoportail.
- Encyclopédie universelle : Abbaye de Condat
- Encyclopédie universelle : Saint Claude
- http://books.google.fr/books?id=VORZAAAAYAAJ&pg=PA49 Lettres patentes de Louis XI, Mehun-sur-Loire, septembre 1482
- Jacques Heers, Louis XI p.46, Perrin, Paris 2003
- Joseph Vaesen et Étienne Charavay, Lettres de Louis XI p.223, Librairie Renouard, Paris 1909
- Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
- Voir les pages consacrées au musée de l'abbaye sur le site Musées en Franche-Comté.
- Voir le site recma.org.
- Site des Soufflaculs de Saint-Claude
- Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010
