Saint-Claude (Jura)

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Saint-Claude
Vue de Saint-Claude.
Vue de Saint-Claude.
Blason de Saint-Claude
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Franche-Comté
Département Jura
Arrondissement Saint-Claude
(chef-lieu)
Canton Saint-Claude
(chef-lieu)
Intercommunalité Communauté de communes Haut-Jura Saint-Claude
Maire
Mandat
Jean-Louis Millet
2014-2020
Code postal 39200
Code commune 39478
Démographie
Population
municipale
10 690 hab. (2011)
Densité 292 hab./km2
Géographie
Coordonnées 46° 23′ 16″ N 5° 51′ 50″ E / 46.3877777778, 5.8638888888946° 23′ 16″ Nord 5° 51′ 50″ Est / 46.3877777778, 5.86388888889  
Altitude Min. 360 m – Max. 1 222 m
Superficie 36,67 km2
Localisation

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Saint-Claude

Saint-Claude est une commune française située dans le département du Jura, en région Franche-Comté.

Le gentilé des habitants de Saint-Claude est Sanclaudien ou Sanclaudienne.

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation et localisation[modifier | modifier le code]

carte de la Franche-Comté présentant les principales aires urbaines et les voies de communication de la région
Saint-Claude et les voies de communications franc-comtoises.

Saint-Claude est située dans le sud du département du Jura, dans le cœur du massif du Jura.

La ville est distante de 60 km de Genève (sud-est), de 57 km de Lons-le-Saunier (nord-ouest), de 30 km d'Oyonnax (sud-ouest).

Saint-Claude est bâtie au fond d'une vallée encaissée profonde de plus 450 m, à la confluence entre la Bienne et le Tacon.

Située à une altitude moyenne de 435 m, la ville est dominée de plus de 500 m par les sommets du Haut-Jura, tels que le mont Bayard, le Pain de Sucre, le Crêt Pourri ou le mont Chabot[1].

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Rose des vents Leschères La Rixouse Longchaumois Rose des vents
Ravilloles, Cuttura
Avignon-lès-Saint-Claude
Ponthoux
N Lamoura
O    Saint-Claude    E
S
Lavans-lès-Saint-Claude
Chassal
Larrivoire, Coiserette, Villard-Saint-Sauveur Septmoncel

Histoire[modifier | modifier le code]

La cité se développe initialement autour d'un monastère fondé au début du Ve siècle par deux frères moines et abbés, Romain et Lupicin. Elle est tout d'abord appelée Condat (du celte Condate « confluent »), puis Saint-Oyend-de-Joux[Note 1], du nom de l'abbé Oyand (ou Eugendus) qui accroît le rayonnement du monastère à partir de la fin du Ve siècle[2]. En 639, saint Claude[3] devint moine dans l'abbaye qui portait alors le nom de Saint-Oyand. Saint Claude est mort le 6 juin 699.

Lieu de pèlerinage, la ville profite vers la fin du XIIe siècle (1160), de la découverte du corps intact de l'abbé Claude (décédé quatre cent soixante ans auparavant), pour augmenter sa renommée. La ville prend alors le nom de Saint-Oyand-Saint-Claude. Au XVe siècle, saint Claude étant vénéré par le roi Louis XI[4], la ville garde le seul nom de Saint-Claude. Louis y étant venu avec son père Charles VII, en tant que dauphin, y passe de nouveau en 1456, au moment où il s'enfuit vers la Bourgogne afin d'éviter l'armée de son père[5]. À la fin de sa vie, le roi Louis XI vieilli effectue toutefois un autre pèlerinage vers Saint-Claude le 21 avril 1482[6], quoique son objectif soit réparti par une manifestation politique. Il y emmène en effet un grand nombre de soldats suisses.

En 1499, après son deuxième mariage, avec le roi Louis XII, la reine Anne de Bretagne décida de visiter ce lieu de pèlerinage, en souhaitant un héritier viable du royaume de France. Elle avait en effet perdu tous ses enfants avec Charles VIII. La reine donna naissance à la princesse Claude de France, plus tard épouse de François Ier.

En 1742, l'abbaye est rattachée à l'évêché de Saint-Claude. Voltaire avait fait une campagne contre les moines de l'abbaye de Saint-Claude qui refusaient d'affranchir leurs serfs en arguant de leurs droits. Ce n'est qu'à la Révolution que ces paysans purent devenir libres.

Sous la Révolution, pour suivre le décret de la Convention du 25 vendémiaire an II invitant les communes ayant des noms pouvant rappeler les souvenirs de la royauté, de la féodalité ou des superstitions, à les remplacer par d'autres dénominations, la commune change de nom pour Condat-Montagne[7], nom construit à partir de son nom initial de Condat, auquel on ajouta « Montagne », double sens entre sa situation géographique et la Montagne, le courant politique révolutionnaire.

La commune était desservie au début du XXe siècle par les Chemins de fer vicinaux du Jura.

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Le vendredi 7 avril 1944, la division 157 de la Wehrmacht se déploie dans la région de Saint-Claude. La ville est cernée. Les locaux de la coopérative la Fraternelle sont mis à sac. Ses responsables qui ravitaillent le maquis sont arrêtés ainsi que Paul Delacour, maire de la ville nommé par Vichy.

Le samedi 8 avril 1944 à l’aube, les commandos allemands motorisés de la division attaquent le bois de la Versanne. Ils sont tenus en échec toute la journée par le maquis bien retranché. La Wehrmacht réussit à décrocher à la nuit emmenant ses morts et ses blessés. Le maquis a lui aussi subi des pertes. Il se replie, se réorganise et s’abrite dans la forêt.

Le lendemain, dimanche 9 avril 1944, jour de Pâques, sous couvert d’une vérification d’identité, la Gestapo organise une grande rafle à Saint-Claude, en présence de Klaus Barbie arrivé la veille à l’hôtel de France. Tous les hommes de 18 à 45 ans sont rassemblés sur la Place du Pré. 302 sont retenus en otage et déportés à Buchenwald, 186 ne rentreront pas[8].

Économie[modifier | modifier le code]

Saint-Claude a tout d'abord fondé son économie sur l'artisanat et la vente aux pèlerins d'articles de tournerie en bois, en os et en ivoire dont le plus célèbre représentant est Jean-François Rosset pour ses bustes de Voltaire. Cette activité connaît un essor important à partir de 1855 avec la pipe de bruyère. Aujourd'hui marginal[réf. nécessaire], cet artisanat fait la renommée de la ville : les pipes de Saint-Claude restent réputées parmi les amateurs. La ville se proclame en effet la capitale de la pipe.

Article détaillé : Confrérie des Maitres-Pipiers.

Saint-Claude a également été un centre important pour les industries lapidaire et diamantaire.

Située à l'extrémité de la Plastics Vallée, elle compte de nos jours beaucoup d'entreprises en rapport avec le secteur de la plasturgie.

La ville possède une antenne de la Chambre de commerce et d'industrie du Jura.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Voies[modifier | modifier le code]

206 odonymes recensés à Saint-Claude (Jura)
au 15 décembre 2013
Allée Avenue Bld Chemin Cité Côte Impasse Montée Parc Passage Place Pont Route Rue Autres Total
1 [N 1] 5 [N 2] 2 [N 3] 25 2 [N 4] 1 [N 5] 2 [N 6] 4 1 [N 7] 9 13 [N 8] 2 [N 9] 9 81 [N 10] 49 [N 11] 206
Notes « N »
  1. Allée Chaffardon.
  2. Dont Avenue du 19-Mars-1962.
  3. Boulevard de la République et Boulevard Bellevue.
  4. Cité de Mouton et Cité de Serger.
  5. Côte de Chaumont.
  6. Impasse du Bugnon et Impasse du Valèvre.
  7. Parc des Avignonnets.
  8. Dont la place du 9-Avril-1944.
  9. Pont de Rochefort et Pont du Faubourg Marcel (sur la Bienne et le Tacon).
  10. Dont Rue du 8-Mai-1945.
  11. Autres voies non identifiées en relation avec des écarts, lieux-dits, hameaux, zones industrielles, résidences, quartiers, etc.
Sources : rue-ville.info & annuaire-mairie.fr & OpenStreetMap & FNACA-GAJE du Jura

Édifices et sites[modifier | modifier le code]

  • La cathédrale Saint-Pierre, Saint-Paul et Saint-André est classée monument historique. L'une des particularités de la cathédrale est que l'un de ses clochers (flanc gauche) n'a jamais été terminé.
  • Le Musée de la Pipe et du Diamant de Saint-Claude et Confrérie des Maitres-Pipiers
  • Le musée de l'abbaye[9], donations Guy Bardone et René Genis. Œuvres du XXe siècle et vestiges archéologiques de l'ancienne abbaye de la fin du Moyen Âge.
  • Les nombreux ponts (Grand Pont, pont de pierre...) compte tenu du fait que la ville est très encaissée.
  • Place Louis-XI avec sa vue sur les remparts.
  • Vue sur la vallée du Tacon du bas de la pittoresque rue de la Poyat (rue très pentue joignant le quartier haut de l'abbaye et les quartiers bas du faubourg).
  • Le « chapeau de gendarme » à la sortie de la ville dans les lacets de Septmoncel. Cette curiosité géologique rappelle la forme du chapeau porté par les gendarmes sous la Révolution. Elle est très spectaculaire en hiver avec la formation d'une cascade de glace.
  • Point de vue sur la ville depuis la grotte Sainte-Anne qui la surplombe de 200 mètres.
  • La grotte du maquis située sur le mont Chabot.
  • Le banc des curés situé à l'entrée du quartier de Serger.
  • La Maison du Peuple, construite par les coopérateurs de la Fraternelle, inaugurée en septembre 1910, est le symbole de l'histoire de la coopération à Saint-Claude[10].

Galerie de photos[modifier | modifier le code]

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Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

(par ordre chronologique de naissance)

Jumelages[modifier | modifier le code]

Événements[modifier | modifier le code]

  • La fête des Soufflaculs[11], qui a lieu une fois par an et qui remonte au Moyen Âge : les habitants sont vêtus de tuniques blanches, de loups et de soufflets qu'ils actionnent devant les dames, ou sous les jupes des dames. Ils font brûler le roi le soir venu et le tout est suivi d'un feu d'artifice.
  • La fête des pipes, pour célébrer un savoir-faire plus que centenaire.
  • Le festival de bandes dessinées et de littératures du Haut-Jura. Cette manifestation organisée par Générations Bédés et Salmigondis accueille des auteurs de différents horizons (Allemagne, Italie, Suisse, Belgique, etc.) et de la France entière.
  • Prom'été : grande braderie organisée chaque année dans le centre-ville (pendant un week-end de juillet et un week-end d'août).

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires depuis 1945
Période Identité Étiquette Qualité
         
1944 1945 Claude Jules Mermet SFIO Diamantaire
1945 mai 1953 Fernand Michalet SFIO Directeur d'école
mai 1953 1985 Louis Jaillon CD Hôtelier
1985 1989 Daniel Vuillard UDF Employé de banque
1989 juin 1995 Pierre Guichard UDF Industriel
juin 1995 mars 2001 Francis Lahaut PCF Employé de banque
mars 2001 mars 2008 Jean-Louis Millet MPF Professeur d'économie
mars 2008 mars 2014 Francis Lahaut PCF Employé de banque
mars 2014 en cours Jean-Louis Millet DVD Professeur d'économie

Transports en commun[modifier | modifier le code]

La ville est desservie par la ligne SNCF de TER appelée "ligne des Hirondelles", ligne longue de 120 km qui traverse le Jura du nord au sud, de Dole à Saint-Claude. Voir la description de cette ligne sur le site du Parc du Haut-Jura.
La société de transports JuraBus exploite les transports urbains de la ville sous le nom de Urbus.
La ville est desservie par 3 lignes urbaines et 5 autres lignes à la demande (Allo-Bus) sur réservation, sans oublier la navette pour le centre nautique de l'été du 2e vendredi du mois de juin au 2e vendredi du mois d'août sans réservation.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 10 690 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements des communes de plus de 10 000 habitants ont lieu chaque année à la suite d'une enquête par sondage, contrairement aux autres communes qui ont un recensement réel tous les cinq ans[Note 2],[Note 3].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
3 657 3 579 3 525 4 463 5 222 5 238 5 270 5 471 5 897
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
5 885 6 316 6 809 7 083 7 550 8 216 8 932 9 782 10 146
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
10 449 10 980 12 022 12 631 13 947 13 436 11 381 10 749 11 301
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 -
12 114 12 486 13 511 12 715 12 704 12 303 11 950 10 690 -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[7] puis Insee à partir de 2004[12].)
Histogramme de l'évolution démographique


Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Également orthographié Oyen, Oyent ou Oyand.
  2. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  3. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Carte IGN consultée sur Géoportail.
  2. Encyclopédie universelle : Abbaye de Condat
  3. Encyclopédie universelle : Saint Claude
  4. http://books.google.fr/books?id=VORZAAAAYAAJ&pg=PA49 Lettres patentes de Louis XI, Mehun-sur-Loire, septembre 1482
  5. Jacques Heers, Louis XI p. 46, Perrin, Paris 2003
  6. Joseph Vaesen et Étienne Charavay, Lettres de Louis XI p. 223, Librairie Renouard, Paris 1909
  7. a et b Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  8. « Histoire, 2e partie, Humanisme, fraternité, et résistance », sur Site officiel de la ville de Saint-Claude (consulté le 15 décembre 2013)
  9. Voir les pages consacrées au musée de l'abbaye sur le site Musées en Franche-Comté.
  10. Voir le site recma.org.
  11. Site des Soufflaculs de Saint-Claude
  12. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2011

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]