Comté de Bourgogne

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Bourgogne (homonymie).

Comté de Bourgogne

9861678

Blason
alt=Description de cette image, également commentée ci-après

Le comté de Bourgogne

Informations générales
Statut Comté
Capitale Dole

Entités précédentes :

Entités suivantes :

Le comté de Bourgogne[1] est un important comté fondé en 986 par le comte Otte-Guillaume de Bourgogne, avec pour capitale Dole (château de Dole). Il est gouverné du Xe siècle au XVIIe siècle par les comtes palatin de Bourgogne, à l'origine vassaux des ducs de Bourgogne du duché de Bourgogne.

Ce comté est formé par la réunion des quatre circonscriptions administratives carolingiennes (pagi bourguignons) : l'Amous (région de la Saône, de l'Ognon et du Doubs), l'Escuens (région de Château-Chalon), le Portois (région de Port-sur-Saône) et le Varais (région enserrée dans le « M » que forme le tracé de la rivière le Doubs).

L'ensemble des territoires du comté, mouvant au cours des siècles, correspond aujourd'hui, approximativement à l'actuelle région de Franche-Comté.

Histoire[modifier | modifier le code]

Création du Comté de Bourgogne[modifier | modifier le code]

Le comté de Bourgogne s'élabora lentement. Les terres comtoises firent d'abord parties des différents royaumes de Bourgogne : royaume Burgondes (443-534), Bourgogne mérovingienne (561-771), puis des différents royaumes issus du démembrement de l'empire carolingien nés du Traité de Verdun de 843. En 888, les circonstances avaient permis au roi Rodolphe Ier de Bourgogne, fils du duc Conrad II de Bourgogne de transformer le duché de son père en royaume. Il s'était fait élire roi par une assemblée de grands et de prélats réunis à l'abbaye territoriale de Saint-Maurice d'Agaune et Rodolphe avait réussi à étendre son pouvoir sur le diocèse de Besançon, ou tout au moins sur une partie de celui-ci. Après Rodolphe Ier, le pouvoir passa après lui, successivement aux rois Rodolphe II de Bourgogne, Conrad le Pacifique, puis Rodolphe III de Bourgogne.

« Souverains débiles et sans puissance réelle » écrit Lucien Febvre, ils n'exerçaient qu'un pouvoir nominal. Leurs vassaux étaient maîtres du royaume. Le comte de Mâcon était de ceux-là.

Au milieu du Xe siècle, le comte Liétald II de Mâcon parvint à réunir les pouvoirs dévolus aux comtes carolingiens dans chaque pagi bourguignons. Le moine écrivain Richer le Lorrain dit qu'il fut « prince de Besançon » et un acte le nomme « comte de Bourgogne ». À sa mort, ses droits passèrent à son fils le comte Aubry II de Mâcon. La comtesse Ermentrude de Roucy (veuve d'Aubry et héritière de ses droits) les porta à son second mari, le comte Otte-Guillaume de Bourgogne, considéré comme le premier comte de Bourgogne.

Rattachement à l'empire germanique[modifier | modifier le code]

En 1016, lors d'une entrevue tenue à Strasbourg, l'empereur germanique Henri II du Saint-Empire, recevait du roi Rodolphe III de Bourgogne, sans héritier légitime, une promesse d'être désigné comme son successeur héritier en qualité de roi de Bourgogne. Cette promesse fut renouvelée à Bâle en 1027, avec son successeur, l'empereur germanique Conrad II le Salique, neveu par alliance de Rodolphe, marié à sa nièce Gisèle. Le comte Eudes II de Blois, le fils de sa sœur Berthe, son neveu, figurait comme prétendant naturel à sa succession. À la mort de Rodolphe III survenue le 5 ou 6 septembre 1032, le comte Eudes II de Blois revendiqua la succession de Rodolphe. En 1033, une lutte armée l'opposa à Conrad II le Salique, à laquelle Eudes mit fin en s'engageant auprès de Conrad à renoncer à toutes ses prétentions. Reniant son serment, Eudes reprit la lutte en 1035. En 1037, il trouva finalement la mort dans une bataille que lui livra le duc Gothelon Ier de Lotharingie, à proximité de Bar-le-Duc le 15 novembre 1037. Le comté de Bourgogne fut alors rattaché à l'empire germanique.

L'empereur Conrad II le Salique, successeur d'Henri II du Saint-Empire, vassalise pour plusieurs générations le comté de Bourgogne à l'empereur germanique par la force militaire, au détriment du duché de Bourgogne et du royaume de France. En 1037, Renaud Ier de Bourgogne, fils de Otte-Guillaume est nommé comte palatin de Bourgogne, titre donné dans l’administration impériale germanique à ceux qui sont chargés d’administrer les états impériaux et de rendre la justice au nom de l’empereur. L'empire germanique est alors constitué d'états autonomes vassaux d'un empereur qu'ils élisent  le vaste et puissant comté de Bourgogne rejoint alors cet ensemble.

Le développement des routes commerciales à travers le massif du Jura et l'exploitation des salines (histoire du sel du Jura) assurent une grande prospérité à la région. Les villes préservent leur franchise en observant la neutralité dans les conflits féodaux.

En 1043 l'empereur Henri III du Saint-Empire conforte sa suzeraineté sur le comté de Bourgogne en conférant à Besançon (archevêché de Besançon), le statut de ville libre d'Empire, ainsi que le titre de noblesse de prince-évêque à l’archevêque Hugues Ier de Salins et ses successeurs.

Au début du XIIe siècle, le pape Calixte II, fils du comte Guillaume Ier de Bourgogne et frère du comte Renaud II de Bourgogne, met un terme à l'importante querelle des Investitures en imposant à l'empereur Henri V du Saint-Empire le concordat de Worms, qui réconcilie les empereurs germaniques avec l'église catholique romaine.

Affranchissement du comté de Bourgogne[modifier | modifier le code]

Au XIIe siècle l'empire germanique est garant de la prospérité du comté de Bourgogne, mais en 1127, après l'assassinat du comte Guillaume III de Bourgogne, son cousin le comte Renaud III de Bourgogne veut s'émanciper de la tutelle impériale de l'empereur Conrad III de Hohenstaufen. Il lui impose par la guerre le statut de « franc comte » (comte libre), à l'origine plus tard du nom de Franche-Comté repris pour la région.

Passage à la maison impériale germanique[modifier | modifier le code]

L'empereur Frédéric Barberousse reprend possession du comté de Bourgogne en faisant prisonnier le fils héritier du comte Guillaume IV de Bourgogne. De plus, il épouse en 1156 la comtesse Béatrice Ire de Bourgogne, héritière du comté, qui devient impératrice. Leur second fils, le comte Othon Ier de Bourgogne (1165-1197), hérite du comté de Bourgogne. La fille d'Othon Ier, Jeanne Ire de Bourgogne (1191-1205) devient comtesse mais ne succède que pendant peu de temps après son père, et c'est sa sœur Béatrice II de Bourgogne (1191-1231) qui hérite du comté de Bourgogne.

Béatrice II épouse le duc Othon Ier d'Andechs et de Méranie qui devient par son mariage, comte sous le nom d'Othon II de Bourgogne. Leur fils le comte Othon III de Bourgogne décédant sans héritier, sa sœur Alix de Bourgogne lui succède sous le nom de comtesse Adélaïde Ire de Bourgogne.

Passage à la maison ducale de Bourgogne[modifier | modifier le code]

Cette dernière fait sortir le comté de Bourgogne du joug impérial germanique en épousant en 1236 le comte Hugues de Chalon. Ce dernier est issu d'une lignée française qui compte des liens de mariage et amicaux avec les comtés français voisins du duché de Bourgogne (comtés de Chalon, de Macon et d'Auxonne). Leur fils le comte Othon IV de Bourgogne est le dernier des comtes palatins de Bourgogne. Il épouse en secondes noces Mahaut d'Artois, comtesse d'Artois et paire de France, petite-nièce du roi saint Louis, rendue célèbre par la saga historique Les Rois maudits. Leur fille la comtesse Jeanne II de Bourgogne (héritière des comtés d'Artois et de Bourgogne) devient reine de France par mariage avec le roi Philippe V de France, et ramène les comtés de Bourgogne et d'Artois sous l'influence royale.

En 1318, la comtesse Jeanne III de Bourgogne, fille aînée du roi Philippe V et de Jeanne II, épouse le duc Eudes IV de Bourgogne. Elle hérite le comté de Bourgogne à la mort de sa mère. Son petit-fils Philippe Ier de Bourgogne en hérite et hérite ensuite du duché de Bourgogne de son grand-père : il réunit ainsi le comté et le duché de Bourgogne.

Royaume de France en 1477.

Rattachement à l'État Bourguignon[modifier | modifier le code]

À la mort de Philippe Ier de Bourgogne sans héritier direct, la Bourgogne revient au domaine royal, au roi Jean II de France qui l'accorde en apanage à son fils cadet le duc Philippe le Hardi.

Les riches et puissants ducs de Bourgogne de la maison de Valois (Philippe le Hardi, Jean sans Peur, Philippe le Bon, Charles le Téméraire et Marie de Bourgogne) se considèrent alors chefs d'état souverain durant près d'un siècle, du riche et puissant État bourguignon. Ils deviennent de puissants rivaux des rois de France alliés des rois de Grande-Bretagne.

L'unité de l'État bourguignon est rompue à la mort de Charles le Téméraire. Le duc de Bourgogne est d'abord vaincu par les Suisses à la bataille de Grandson le 2 mars 1476, puis à Morat le 22 juin 1476 et finalement, par le duc René II de Lorraine à la bataille de Nancy le 5 janvier 1477, où il trouve la mort. Le roi Louis XI de France en profite pour reprendre militairement la partie française du vaste État bourguignon.

Retour à la maison impériale germanique[modifier | modifier le code]

La duchesse héritière Marie de Bourgogne, âgée de 20 ans, épouse le futur empereur germanique Maximilien Ier de Habsbourg. De l'héritage de son père, elle conserve les Pays-Bas bourguignons (partie germanique de l'État bourguignon), dont fait partie le comté de Bourgogne, dont héritent ses descendants, les rois d'Espagne de la maison de Habsbourg en Espagne. Pendant 201 ans, de vives querelles et batailles sont alimentées entre le royaume de France, le royaume d'Espagne et l'empire germanique pour la possession de ce territoire.

Possession des Habsbourg, rois d'Espagne[modifier | modifier le code]

Le comté de Bourgogne demeure de 1477 à 1678 sous le contrôle de la maison de Habsbourg en Espagne, Maximilien puis son petit-fils l'empereur germanique et roi d'Espagne Charles Quint, puis la branche des Habsbourgs d'Espagne, Philippe II et ses successeurs. Les rois de France, de Louis XI à Louis XIV, engagent de nombreuses guerres pour tenter de reconquérir sans succès la Franche-Comté.

Rattachement au royaume de France par Louis XIV[modifier | modifier le code]

Carte du comté de Bourgogne en 1716 par Jean-Baptiste Homann.

Par le traité de Nimègue de 1678 qui signe la paix avec le roi Charles II d'Espagne, le roi Louis XIV rattache définitivement le comté de Bourgogne (Franche-Comté) au royaume de France. Besançon devient alors la capitale du comté de Bourgogne (à la place de Dole) avec le parlement de Besançon.

République française[modifier | modifier le code]

La République française regroupe le comté de Bourgogne, le comté de Montbéliard et la partie de l'Alsace non annexée en 1871 pour en faire la région Franche-Comté.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. L'emploi du genre féminin, pour désigner ce fief, a été très fréquent, jusqu'au XIXe siècle. Voir la note de l'article « comté », sur le Wiktionnaire, ainsi que les nombreux résultats d'une recherche en expression exacte "la comté de Bourgogne" sur le moteur de recherche Google.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]