Industrie textile

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Une ouvrière remplace une fusette de fil de coton sur la cantre d'un ourdissoir.

L'industrie textile rassemble l'ensemble des activités de conception, de fabrication et commercialisation des textiles et donc, entre autres, de l'habillement. Cette industrie compte de très nombreux métiers tout au long d'une chaîne de fabrication composée des fabricants de tissus, des fabricants de produits finis et de distributeurs, qui transforment des matières premières fibreuses en des produits semi-ouvrés ou entièrement manufacturés. Les fabricants de fibres naturelles et de fibres synthétiques interviennent en amont, et donc en dehors de cette chaîne.

Au XXIe siècle, les produits textiles sont pour l'essentiel des biens de consommation. Les vêtements de prêt-à-porter représentent une partie importante et connue de ce secteur.

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire de la culture du coton.

En France, au milieu du XIXe siècle, la plus grande entreprise textile par la valeur était les Filatures Cohin et Cie, avec un total de 12 millions de francs répartis en 20 000 actions[1].

En 1860, l'Europe a consommé 3 759 480 balles de coton américain et 584 280 balles de coton américain en réserve, contre seulement 474 440 balles de coton des Indes orientales consommée par l'Europe et le Royaume-Uni. Cette prédominance du coton du sud des États-Unis à donné naissance à l'expression « King cotton ». La guerre de Sécession déclencha la pénurie de coton du Lancashire.

Évolution du secteur[modifier | modifier le code]

L'industrie textile est un exemple de secteur d'activité ayant connu une très forte internationalisation au cours des XIXe et XXe siècles. Si, en règle générale, les pays développés sont des importateurs de textiles et les pays en développement sont exportateurs, depuis les années 2000, le marché est surtout caractérisé par l'ascendance qu'a pris la Chine sur les autres pays producteurs. Malgré cette concurrence et cette conjoncture défavorable en Occident, cette industrie demeure dynamique dans les domaines du textile technique et du textile de luxe.

Fabrication et technique textile[modifier | modifier le code]

La première étape consiste en la transformation de matières premières issues de fibres naturelles, artificielles ou synthétiques en fils. Les métiers associés sont la filature, le guipage, le moulinage ou encore la texturation.

À partir des fils unidimensionnels, les techniques de tissage et de tricotage permettent d'obtenir des surfaces textiles bidimensionnelles (voire tridimensionnelles).

Ces surfaces sont alors très souvent ennoblies pour leur donner de la couleur (teinture, impression) ou des propriétés particulières (apprêts chimiques, apprêts mécaniques, enduction, contre-collage, etc.)

Une autre technique permet à partir de fibres d'obtenir directement des surfaces textiles sans avoir recours au long procédé textile. Il s'agit des Non Tissés qui sont réalisés directement en cardant des fibres et en liant la nappe de fibre ainsi obtenue thermiquement (calandrage) ou par un liant adhésif (imprégnation chimique).

Les surfaces textiles sont alors transformées en habits, meubles, rideaux mais peuvent également être utilisées pour stabiliser des routes, des chemins de fer (géotextiles), pour drainer des terrains ou pour faire pousser des plantes (agrotextiles), pour faire voler des hélicoptères, suppléer une articulation déficiente ou encore protéger un pompier du feu (textiles techniques fonctionnels).
En France, les fabricants de tissu technique sont, pour une grande majorité, des PME/PMI. On peut notamment citer les établissements jules-tournier& Fils et la société Bel maille.

Le textile en France[modifier | modifier le code]

Article général Pour un article plus général, voir Secteur secondaire en France.
Un métier à rubans, écomusée de la Maison des tresses et lacets Dans la Loire

La majorité des 1 280 entreprises textiles actives en France[Quand ?] se situe dans les régions : Alsace, Champagne-Ardenne, Lorraine, Midi-Pyrénées, Nord-Pas-de-Calais, Normandie, Picardie, Rhône-Alpes.

En 2013, l'industrie du textile en France représentait un chiffre d'affaires de 12,5 milliards d'euros et comptait 600 entreprises, où pas moins de 62 983 personnes étaient employées. Les exportations s'établissaient à 7,7 milliards d'euros, contre 14,4 milliards d'euros pour les importations, d'après les chiffres communiqués par Opcalia, UIT, les Douanes françaises et IFM.[2]

En Alsace[modifier | modifier le code]

Article général Pour un article plus général, voir Économie de l'Alsace.

En 2008, le textile regroupe près de 250 entreprises soit 8 000 emplois en Alsace[3]. Certaines résistent à la crise du textile que traverse l'ensemble des pays industrialisés depuis la fin des accords multifibres (2005) en développant de nouveaux matériaux (NSC Groupe, AK Filtration...). Toutefois, l'innovation n'est pas un gage de survie, comme le montrent les difficultés de DMC dont seule l'activité « fil à broder » dégage un bénéfice notable. On observe par ailleurs une réorganisation de la filière[4], caractérisée par la fermeture de sites de production dans les vallées vosgiennes et l'implantation d'usines textiles en plaine, proche des grandes voies de communication, par exemple à Marckolsheim avec Faurecia ainsi qu'à Saint-Louis. Cette réorganisation s'accompagne également d'une coopération renforcée au sein du pôle de compétitivité "fibres naturelles Grand Est".

Dans les Vosges[modifier | modifier le code]

À la fin de 1913, le département des Vosges comptait 206 usines textiles. Après les difficultés liées aux crises économiques et aux deux guerres mondiales, en 1950 l’activité textile vosgienne était encore relativement prospère[5].

L’industrie textile a eu une forte influence sociale et culturelle sur la vie des vallées vosgiennes aux XIXe et XXe siècles[6].

Aujourd’hui, les entreprises qui subsistent se dirigent vers des productions de qualité, spécialisées et des produits innovants impliquant une modernisation et une diversification accrue[7], [8].

Dans le Nord-Pas-de-Calais[modifier | modifier le code]

Le Nord-Pas-de-Calais concentre, dans les années 2010, 11 900 emploi dans la région et 13 % des importations françaises et 15 % des exportations françaises[9]. La région a vu la création d'entreprise de textile comme La Redoute, 3 Suisses, Lemahieu, Vertbaudet, Kiabi, Camaïeu et Phildar, entre autres. Dans les années 1950, avec la sidérurgie et les mines, l'industrie textile était un des piliers de la région[10] et représentait la première activité de la région avec 171 366 emplois, soit 12,8 % de l'emploi régional et 26,5 % de l'emploi textile dans ce secteur[11].

Textile en Grande-Bretagne[modifier | modifier le code]

Asie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : industrie textile chinoise.

Depuis les années 2000, le marché est surtout caractérisé par l'ascendance qu'a pris la Chine sur les autres pays producteurs.

L'Inde, le Pakistan et le Bangladesh sont aussi des joueurs importants : industrie textile de l'Inde (en), industrie textile du Pakistan (en) et industrie textile du Bangladesh (en).

Références[modifier | modifier le code]

  1. Manuel du spéculateur à la bourse, page 447, par Pierre-Joseph Proudhon, 1857, éditions Garnier frères [1]
  2. Les fortunes diverses des ex-salariés, La Croix
  3. La filière textile
  4. « Le textile vosgien » par Simon Edelblutte dans L'Information géographique de juin 2008
  5. Vosges, l’après-Boussac , Le Textile au fil de l’eau, Brefs repères sur l’histoire du textile dans les Vosges
  6. * Pierre Durupt, Hommes et femmes du textile dans les Hautes-Vosges, Remiremont, Société d’histoire de Remiremont et de sa région,‎ 3ème trimestre 1990, 193 p.
    Influences sociales et culturelles de l’industrie textile sur la vie des vallées vosgiennes aux XIXe et XXe siècles, n° 130
    • Le triomphe du paternalisme patronal moralisateur. b) à Saint-Etienne-lès-Remiremont et à Rupt-sur-Moselle : un paternalisme imprégné de catholicisme social. « Il ne faut donc pas s’étonner qu’en 1921, ce soient les établissements H. Géliot qui financent l’agrandissement de la tribune de l’église paroissiale.

    Autres aspects du paternalisme (p. 118) La coopérative Géliot et (p. 120) Le foyer social de la société cotonnière H. Géliot à Saint-Étienne-lès-Remiremont, vers 1950.

    • Saint-Étienne-lès-Remiremont, pp. 134 à 142 : Les Cités Géliot à Saint-Étienne. La condition ouvrière au XXe siècle. Les 20 cités à 4 logements, édifiées en 1908 par les Ets Géliot, démontrent un souci de rigueur et de régularité avec leur plan en damier. S’impose ici un habitat planifié en fonction de l’espace industriel sans tenir beaucoup compte du caractère préexistant du milieu.
  7. L’inventaire du patrimoine architectural textile
  8. Brefs repères sur l’histoire du textile dans les Vosges
  9. [PDF] « la filière textile-habillement en Nord-Pas-de-Calais », CCI de région Nord de France (consulté le 26 juillet 2013)
  10. Didier Paris, La Mutation inachevée : Mutation économique et changement spatial dans le Nord-Pas-de-Calais, L'Harmattan,‎ 1er juillet 1993, 367 p. (lire en ligne), p. 32
  11. Serge Dormard, L'conomie du Nord-Pas-de-Calais : Histoire et bilan d'un demi-siècle de transformations, Presses univ. Septentrion,‎ 2001, 315 p. (lire en ligne), p. 26

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]