Randonnée pédestre

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Randonnée pédestre
Randonnée pédestre en Salta (Argentine).

La randonnée pédestre est une activité de plein air qui consiste à suivre un itinéraire, balisé ou non. Elle s'effectue à pied. La randonnée est à la fois un loisir de découverte et une forme d'exercice physique.

D'autres types de randonnées font appel à d'autres modes de locomotion : Randonnée asine, randonnée équestre, patin à roulettes, raquette à neige, ski, vélo (de route, de randonnée, vélo tout chemin, cyclotourisme, VTT), voilier etc.

La randonnée pédestre a de plus en plus de succès, notamment en France[réf. nécessaire]. C'est un loisir facilement accessible et praticable partout. Sa durée est extrêmement variable : promenade, randonnée à la journée, grande randonnée, trekking dans des destinations lointaines. Le degré de préparation et le matériel nécessaires ne sont pas les mêmes en fonction du milieu, de la durée et de la difficulté.

Concept et déclinaison[modifier | modifier le code]

La randonnée pédestre suppose une certaine intensité physique, on parle de promenade ou de balade pour des marches moins engagées.

Elle se différencie de l'alpinisme, la spéléologie, l'escalade, les via ferrata ou le canyonisme qui se pratiquent sur des terrains nécessitant des techniques de progression spécifiques.

Elle n'est pas compétitive, contrairement à la course nature ou la course d'orientation par exemple.

La marche nordique est une forme de randonnée pédestre qui utilise des bâtons de marche spécifiques, permettant une marche rapide.

Histoire[modifier | modifier le code]

Chemins de randonnée dans le paradis slovaque.

Origines[modifier | modifier le code]

La marche, en tant qu'activité spécifique, existe depuis bien longtemps : elle faisait déjà partie de la philosophie du Chinois Lao-tseu (vers -500) : le mot « Tao » (« voie »), c'est aussi le chemin emprunté par le marcheur[1]. La marche est l'une des pratiques regroupées sous le vocable « wei-wu-wei » (« agir-sans-agir »).

L'émergence d'une activité en soi[modifier | modifier le code]

Cabanes de secours sur un sentier en Nouvelle-Zélande

C'est au XIXe siècle que la randonnée au sens où nous la connaissons apparaît. Elle se différencie de la marche, pratiquée depuis la nuit des temps comme moyen de locomotion, par son aspect récréatif. Un des pères de la randonnée est Horace-Bénédict de Saussure. Il ne s'est pas contenté de vaincre le mont Blanc mais a également parcouru de nombreuses montagnes : le Jura, les Vosges, le Forez, le Vivarais. L'Allemand Karl Baedeker (18011859) édite des guides dans lesquels il décrit ses parcours pédestres. En France, en 1837, est publié le premier guide de randonnée dans la forêt de Fontainebleau : Quatre promenades en forêt de Fontainebleau. En 1842, Claude François Denecourt (17881875) trace son premier sentier dans cette même forêt. Les « sentiers Denecourt » existent toujours. En 1872, apparaît en Alsace le Club vosgien, qui balisera les sentiers dans le massif vosgien. Ainsi Denecourt écrit en 1839 pour définir ses vues :

« Mais je suis près d'oublier que le tableau d'une nature aussi grandiose doit être l'œuvre du peintre ou du poète, dont elle enflamme le génie, et que ma mission doit se borner à diriger le voyageur qui vient en admirer les beautés. Attiré moi-même par la douce paix et le bonheur qui résident au fond de ces bois et de ces déserts, je les ai longtemps parcourus, et, aidé par les observations des artistes qui les fréquentent journellement, j'ai acquis une connaissance de la localité qui m'a mis à même d'en signaler toutes les parties les plus pittoresques, et d'offrir au voyageur les moyens de les visiter avec autant de facilité que d'agrément. Comme il est des personnes qui aiment les longues promenades, d'autres, celles qui ont moins de durée, et que les voyageurs n'ont pas tous le même laps de temps à consacrer à notre forêt, j'en ai classé et divisé les sites par tournées, dont les combinaisons différentes correspondent à tous les désirs[2]. »

Essor depuis l'après guerre[modifier | modifier le code]

En France, la randonnée est un sport de nature au sens de l'article L311-1 du Code du sport.

Randonnée dans le Trentin-Haut-Adige près de Merano.

Avantages[modifier | modifier le code]

Au-delà des vertus sportives de la marche, la randonnée pédestre est souvent le moyen d'un ressourcement intellectuel ou spirituel. Si les traditionnelles balades dominicales font office de coupure avec le quotidien, certains mouvements (ex : les Compagnons de Saint François, les pèlerins des Chemins de Saint-Jacques de Compostelle, etc.) utilisent pleinement ces vertus relaxantes : la randonnée peut alors se révéler un moment d'échange, de réflexion, de rapprochement avec la nature.

Institutions[modifier | modifier le code]

La randonnée pédestre est une activité qui peut se pratiquer de façon informelle ou en club. Des structures comme l'Association nationale du grand sentier de France (ANGSF), la Fédération française de randonnée pédestre, la Fédération française des sports populaires[3], la Fédération française de la montagne et de l'escalade, le Club alpin français, le Club alpin suisse ou le Club vosgien permettent d'organiser la pratique, de gérer la signalisation des chemins pédestres et de représenter les intérêts des randonneurs au niveau politique.

Des professionnels comme l'accompagnateur en moyenne montagne ou le guide de haute montagne peuvent assurer la sécurité des randonnées en terrain difficile ou partager leur connaissance du milieu pour enrichir l'activité.

Techniques[modifier | modifier le code]

Boussole de type plaquette, très pratique en randonnée notamment pour son utilisation avec une carte.

La randonnée est une activité de plein air, pratiquée aussi bien par les enfants que les personnes âgées, néanmoins, un incident peut prendre une tournure beaucoup plus grave en raison de l'isolement et de la difficulté de prévenir les secours et d'indiquer avec précision l'endroit où l'on se trouve. Il est donc vital et indispensable de prendre quelques précautions simples, car les accidents n'arrivent pas qu'aux autres :

Avant de partir:

  • Préparer sa randonnée en établissant un itinéraire et en emportant le matériel, les chaussures et les vêtements adaptés. Prendre le temps d'estimer les difficultés, et adapter la randonnée en fonction des membres du groupe qui l'effectueront.
  • Prévoir une trousse de secours, avec en priorité pour la randonnée, un produit anti-inflammatoire pour soulager les foulures de cheville et les lésions dues à l’activité physique et à des accidents avec enflures et inflammations. Des produits pour stopper et désinfecter les hémorragies, ainsi que des médicaments (de type paracétamol ou ibuprofène) contre la fièvre, maux de tête, et douleurs.
  • Se renseigner sur la météo et savoir renoncer si les conditions ne sont pas bonnes ou se détériorent. Il est à préciser qu'en montagne, le temps peut changer très rapidement, et que les données météorologiques ne sont pas aussi précises qu'en plaine. Il peut faire beau sur un versant et sur l'autre versant de la montagne, un orage peut survenir. Le soleil, se couche également plus rapidement en montagne qu'en plaine, du fait qu'il se cache derrière un autre versant. En forêt, la lumière pénètre plus difficilement au coucher du soleil ou par temps nuageux.
  • Avertir de l'itinéraire et de l'heure approximative d'arrivée à un proche
  • Éviter de partir tout seul

Il faut tenir compte du milieu dans lequel s'effectuera la randonnée. La préparation, le matériel, les vêtements seront différents si elle se déroule en milieu froid, chaud, en forêt, en montagne, etc.

L'estimation des difficultés[modifier | modifier le code]

La difficulté d'une randonnée réside dans sa longueur (ou développé), son dénivelé, son altitude, la complexité du cheminement (qui sera plus ou moins facile à suivre) et dans la difficulté du terrain qu'elle parcourt. Divers systèmes de cotation existent pour indiquer la difficulté du terrain, tel que celui développé par le Club alpin suisse.

La cotation randonnée du Club alpin suisse[modifier | modifier le code]

T1 - Randonnée Sentier bien tracé. Terrain plat ou en faible pente, pas de risques de chute. Exigences : Aucune, convient aussi pour baskets. L'orientation ne pose pas de problèmes, en général possible même sans carte.

T2 - Randonnée en montagne Sentier avec tracé ininterrompu. Terrain parfois raide, risques de chute pas exclus. Exigences : Avoir le pied assez sûr. Chaussures de trekking recommandées. Capacités élémentaires d'orientation.

T3 - Randonnée en montagne exigeante Sentier pas forcément visible partout. Les passages exposés peuvent être équipés de cordes ou de chaînes. Éventuellement, appui des mains nécessaire pour l'équilibre. Quelques passages exposés avec risques de chute, pierriers, pentes mêlées de rochers sans trace. Il faut avoir le pied très sûr, de bonnes chaussures de trekking et des capacités d'orientation dans la moyenne. Expérience élémentaire de la montagne souhaitable.

T4 - Randonnée alpine Traces parfois manquantes. L'aide des mains est quelquefois nécessaire pour la progression. Terrain déjà assez exposé, pentes herbeuses délicates, pentes mêlées de rochers, névés faciles et passages sur glacier non recouverts de neige. Il faut être familier du terrain exposé, avoir des chaussures de trekking rigides et une certaine capacité d'évaluation du terrain et une bonne capacité d'orientation. Expérience alpine. En cas de mauvais temps le repli peut s'avérer difficile.

T5 - Randonnée alpine exigeante Souvent sans traces. Quelques passages d'escalade faciles. Terrain exposé, exigeant, pentes raides mêlées de rochers. Glaciers et névés présentant un risque de glissade. Il faut des chaussures de montagne, une évaluation sûre du terrain et très bonnes capacités d'orientation. Bonne expérience de la haute montagne et connaissances élémentaires du maniement du piolet et de la corde utiles.

T6 - Randonnée alpine difficile La plupart du temps sans traces, passages d'escalade jusqu'à II. En général non balisé. Souvent très exposé. Pentes mêlées de rochers délicates. Glaciers avec risque accru de glissade. Il faut une excellente capacité d'orientation, une expérience alpine confirmée et l'habitude de l'utilisation du matériel technique d'alpinisme.

Les techniques d'orientation[modifier | modifier le code]

La sécurité, c'est également savoir utiliser les moyens d'orientation : carte, boussole et éventuellement GPS.

Balisage[modifier | modifier le code]

Balise posée par le Club vosgien sur un sentier aux environs d’Épinal.
Signalisation 2008 Savoie

La randonnée se déroule généralement sur des sentiers. De nombreuses associations se chargent d'en baliser afin de proposer des randonnées. Pour les randonnées pédestres, des milliers de kilomètres de sentiers ont été aménagés pour la randonnée. Proposant des cheminements pouvant aller de quelques kilomètres jusqu'à plus de 10 000 km pour le sentier européen E4.

Ils sont repérés sur le terrain par des balises peintes ou inscrites sur des panonceaux. Par exemple en France, le Club vosgien utilise neuf signes géométriques et quatre couleurs pour jalonner les sentiers qu'il entretient[4]. Les sentiers de grande randonnée GR (rectangle blanc sur rectangle rouge) et GRP (rectangle jaune sur rectangle rouge) ainsi que les PR (rectangle jaune) sont eux balisés par la Fédération française de randonnée pédestre. Chaque GR est identifié par un numéro. Le plus célèbre de France est probablement le GR 20, qui traverse la Corse du nord au sud. Des guides appelés topo-guides et des cartes de randonnée permettent de connaître leurs itinéraires. En France, ils sont édités par diverses associations, comme la Fédération française de randonnée pédestre, ou par des éditeurs spécialisés.

On trouve de la même manière des balisages spécifiques pour les sentiers de randonnée équestre (de couleur orange en France[5]) ou VTT (en France un triangle et deux ronds[6])

Carte[modifier | modifier le code]

Les cartes à utiliser sont les cartes à grande échelle (typiquement 1:25 000 ou 1:50 000), éditées en Belgique par l’IGN belge, en France par l’IGN français, ou encore en Suisse par Swisstopo. La carte permet d'identifier les reliefs, la nature du terrain, les altitudes. Elle permet de mesurer les distances et les dénivelés (différence d'altitude entre les points de départ et d'arrivée) à l'aide des points cotés et des courbes de niveau.

Une bonne pratique de la lecture de carte permet d'anticiper la difficulté du trajet, et de planifier sa randonnée. Sur le terrain elle peut être transportée dans un porte-cartes, sorte de pochette transparente qui permet de la protéger des intempéries et de ne manipuler que la partie nécessaire.

Matériel[modifier | modifier le code]

Appareils GPS utilisables en randonnée.
Utilisation d'une boussole en randonnée : le principe de base pour s'orienter avec une boussole est la mesure ou l'exploitation d'un azimut. Soit pour se repérer en mesurant l'azimut (de trois points) sur le terrain et en le reportant sur la carte, soit en relevant un azimut sur une carte et en l'utilisant pour se rendre au point voulu à l'aide d'une boussole sur le terrain.
  • La boussole est une aiguille aimantée montée sur un pivot. Attirée par le pôle Nord magnétique de la Terre, elle permet d'orienter la carte dans la même direction que le terrain réel. En Europe, les détails du terrain permettent généralement d'utiliser une carte sans boussole. Cette dernière reste cependant une sécurité appréciable en forêt ou par temps brumeux par exemple.
  • Le GPS n'est pas indispensable, mais un modèle bien adapté à la randonnée peut se révéler extrêmement utile. Il est nécessaire de connaître ces moyens avant de partir afin d'être capable de les utiliser dans des conditions difficiles (mauvais temps). En montagne, on peut également se munir d'un altimètre, appareil très utile pour situer sa position mais également pour s'orienter (progression par tangente à la courbe de niveau).
  • Téléphone mobile : le téléphone peut avoir une grande utilité en randonnée, lors de balades à l’écart de la civilisation, pour prévenir les secours en cas d’accident, demander de l’aide pour s’orienter, connaître les dernières données météorologiques. Prendre soin avant de partir, de charger la batterie au maximum, voire de changer la batterie si elle arrive en bout de vie et qu’elle a tendance à se décharger rapidement. Il existe dans le commerce des chargeurs de batterie fonctionnant à la dynamo ou par cellule photovoltaïque.
  • Lampe de poche : dans ces zones où l’éclairage public fait défaut, la lampe de poche est l’allié idéal si vous vous retrouvez en pleine nuit, pour vous orienter, regarder où vous mettez les pieds, chercher quelque chose dans vos affaires, ou faire des signaux d’appel aux secours. Des piles de rechange ou une lampe de poche fonctionnant à la dynamo sont également à prévoir.
  • Une paire de jumelles, pour s'orienter plus efficacement ainsi que profiter du paysage et de la faune.
  • Un couteau, style couteau suisse.
  • Un sifflet, en cas d'immobilisation, pour informer les secouristes du lieu où vous êtes.
  • Un briquet ou des allumettes, enveloppées dans du plastique pour les protéger de l’humidité.
  • Un sac de couchage avec un sur-sac (protégeant le sac de couchage de l'humidité), pour une randonnée d'une journée, peut paraître superflu. Néanmoins, un imprévu durant la randonnée obligera peut être le randonneur à passer la nuit dehors et suivant le lieu, en montagne, par exemple, les températures baissent de manière significative durant la nuit.

Matériel de sécurité[modifier | modifier le code]

La randonnée pédestre « familiale » ne nécessite pas de matériel de sécurité particulier. Cependant, il n'est pas inutile de se munir d'une courte corde pour les passages difficiles et dangereux, surtout lorsque la sortie comprend des enfants. Un casque peut aussi s'avérer utile sur certains parcours.

Sac à dos[modifier | modifier le code]

Sacs à dos (Île de Bréhat)

Le sac à dos est un des éléments les plus importants du randonneur. En effet, il permet à celui-ci de transporter aisément vêtements (de pluie, de rechange), casse-croûte, carte, pharmacie, boussole, bref tout le matériel nécessaire au bon déroulement d'une randonnée, qu'elle soit à la journée ou sur une période plus longue.

Les gammes de sacs à dos sont très nombreuses, tout comme les marques en fabriquant. Le plus petit comporte une capacité de 10 litres, et pour les plus gros, 90 litres voire plus. L'idéal est de trouver le bon compromis entre poids, confort, technicité. Le sac le plus adapté à la randonnée de journée pourrait être le sac de 30 litres : léger, petit, mais suffisamment grand pour contenir tout le matériel à utiliser dans la journée. Un modèle avec housse de protection contre la pluie, qui est intégré au sac et dont la housse peut être déployée pour le recouvrir, est à privilégier, pour maintenir, en cas de pluie, le contenu au sec. En particulier, les vêtements de rechange.

Gestion de l'effort[modifier | modifier le code]

Les valeurs moyennes de progression sont en général de 4 à 5 km par heure, avec 300 à 350 m de dénivelé par heure en montée, et 400 à 450 m de dénivelé par heure en descente. Ces valeurs sont à ajuster en fonction des personnes, des difficultés et des conditions météorologiques.

Si la durée de la randonnée est inférieure à trois heures, de l'eau suffira, éventuellement sucrée à 5 % si l'effort est particulièrement intense. Sinon il faut prévoir une alimentation solide pour apporter de l'énergie, par exemple des fruits secs ou des pâtes de fruits[7].

Dans le cas d'une randonnée longue en autonomie, la gestion de l'alimentation est cruciale. Il faut à la fois veiller à prévoir un apport nutritionnel satisfaisant, conserver le plaisir gustatif, éviter les problèmes sanitaires, tout en veillant à limiter le poids des réserves de nourriture et les problèmes de cuisson[8]. Il faudra donc rechercher les produits se conservant à température ambiante et à haute teneur énergétique, notamment les aliments déshydratés.

La randonnée étant un sport d'endurance, les besoins seront surtout un apport énergétique à l'aide de sucres lents. La composition nutritionnelle pourra donc être moins riche en protéines animales ou végétales que lors des repas habituels et comporter 60 % de glucides, 14 % de protéines et 20 % de lipides. Il faut prévoir une ration de 3 000 à 3 300 kcal par jour, suffisante pour couvrir les besoins énergétiques en puisant dans les réserves adipeuses[7].

Il faut augmenter la quantité de boisson, en se méfiant des cours d'eau de montagne qui peuvent avoir été souillés en amont (pâturages, refuge). Au retour on favorisera la réhydratation (potages, boisson, thé) et la récupération énergétique (pâtes, riz) en limitant les apports carnés pour éviter les crampes[8].

La respiration est un élément central dans la gestion de l'effort en randonnée. Le principal métabolisme sollicité étant le métabolisme aérobie, il convient de considérer sa respiration comme l'on considère son alimentation et sa boisson.

La marche afghane permet de contrôler son souffle pour mieux gérer l'effort.

Vêtements et chaussures[modifier | modifier le code]

Chaussures de randonnée.

Choisir des vêtements adaptés est crucial quand on part en randonnée. Les vêtements conservent la chaleur produite par le corps humain. Ils protègent des brûlures du soleil, du froid, et empêchent les piqûres d'insectes et de plantes.

Le choix des vêtements dépend de la région de randonnée. Sous un climat tempéré, les difficultés météorologiques sont la pluie et le vent. En effet, ils emportent la chaleur conservée même par plusieurs couches de vêtements. Le risque d’hypothermie est alors élevé en cas de vent. Par temps froid, il suffit d'empiler les couches : sous-pull, chemise, pull-over, etc. S'il pleut, penser éventuellement à un vêtement imperméable, comme un poncho. Ce dernier permet également de protéger son sac-à-dos de la pluie et de conserver ainsi ses affaires au sec. Attention tout de même à la transpiration, qui risque de tremper vos vêtements, surtout lors des arrêts. Retirer alors des couches, et prévoir des changes.

Par temps chaud, le compromis entre confort et pratique est difficile à trouver. Le port de vêtements épais et l'effort physique augmentent le risque d’hyperthermie. C'est pourquoi il est préférable de se déplacer avec peu de vêtements, en évitant les tissus imperméables. Pendant une pause, ne pas hésiter à mettre un vêtement chaud si l'air se rafraîchit. Les vêtements du désert doivent être très lâches et légers, permettant une bonne ventilation. Copiez les vêtements portés par les Arabes qui ont une bonne connaissance de ce genre de climat.

L'émergence de textiles synthétiques a permis une grande avancée en matière de compromis entre le confort et l'aspect pratique. Le Gore-Tex est un textile qui respire, et qui permet de maintenir le corps au chaud et au sec avec une bonne ventilation. Attention à ne pas le salir, sinon ses capacités seront diminuées. Le vêtement en fourrure polaire est très pratique et plus performant que ceux en coton. Il faut en choisir un qui soit coupe-vent si possible. On peut porter ce type de vêtement sous un imperméable par temps humide.

Dans les fibres naturelles, la laine est excellente pour conserver la chaleur. Mais attention à ne pas la mouiller, car elle risque de s'alourdir et de se déformer : éviter alors les chaussettes en laine. Le coton, lui, attire toute l'humidité, il est donc à éviter dans les régions froides et humides, mais utile sous les tropiques.

Le choix des chaussures est aussi primordial, surtout si la marche s'avère longue. Ne pas hésiter à marcher avec ses chaussures de marche quelques jours avant le départ. Choisir la pointure adaptée, regarder la robustesse des chaussures : elles doivent maintenir la cheville en cas de chute. Si elles sont en cuir, il faut les laver afin de retirer la boue après chaque journée de marche, pour les conserver dans un bon état[9].

Les étapes[modifier | modifier le code]

Lors d'une randonnée de plusieurs jours, plusieurs solutions sont possibles pour passer la nuit :

Randonner avec des enfants[modifier | modifier le code]

Portage d'enfant en randonnée.

Il faut veiller à adapter l'activité à leurs capacités. Le risque étant qu'une sortie trop difficile ou trop monotone les dégoûte de cette activité. En effet, ils n'auront pas forcément les mêmes centres d'intérêt que les adultes, ils se souviendront par exemple plus du barrage qu'ils auront réalisé dans un torrent de montagne que des superbes paysages qui les environnaient.

Leurs aptitudes et leurs besoins physiologiques sont aussi spécifiques. En particulier, et à tout âge, il faut veiller au soleil, en protégeant leur peau avec une crème solaire adaptée, les yeux par des lunettes de soleil et par le port d'une casquette ou d'un chapeau.

Avant cinq ans[modifier | modifier le code]

Avant trois ans, l'enfant peut être transporté dans un porte-bébé, ventral pour les nourrissons, ou dorsal quand l'enfant peut tenir assis seul[10]. Il faut alors éviter la randonnée par temps froid. Quand l'enfant dort profondément, il faut prendre garde à ce que ses jambes ne soient pas comprimées[11].

À partir de trois ans, l'enfant peut commencer à marcher sur de courtes distances, il restera donc nécessaire de prévoir un portage s'il est fatigué.

Le mal aigu des montagnes est difficile à détecter chez les jeunes enfants qui ont du mal à décrire leurs symptômes. Par ailleurs, la plupart des enfants de cet âge n'éprouveront aucun intérêt spécifique pour l'environnement de haute montagne par rapport au milieu naturel qu'ils peuvent explorer à des altitudes inférieures. Il faut donc éviter les séjours à plus de 2 000 ou 3 000 mètres avec de jeunes enfants[11].

Entre cinq et dix ans[modifier | modifier le code]

L'enfant peut marcher, en fonction de son âge, trente kilomètre par année en terrain plat. Il faut cependant veiller à s'adapter à sa vitesse de marche, ce qui signifie une moyenne de 1 à 3 km/h environ[10]. Pour une première sortie, une marche de deux heures est un objectif largement suffisant[12]. On veillera donc à ne pas dépasser environ 3 km, et 300 mètres de dénivelé. Les durées indiquées par les topoguides sont calculées pour des marcheurs adultes, il faudra donc ajouter entre 50 % et 100 % à la durée indiquée.

Pour motiver les enfants il peut être intéressant de fixer un but (voir un château, une cascade) à la balade. En règle générale, ils s'ennuient et se fatiguent rapidement d'une activité répétitive telle que la marche prolongée. Il faut donc prévoir des moments pour briser la monotonie : bricolages avec des éléments naturels (flèches polynésiennes, moulinet à eau, cabanes, barrages jeux (de cachette, de sensibilisation à la nature, d'orientation), des histoires ou des chansons, observation (du paysage, des animaux, des fleurs, des empreintes)). Ils seront également intéressés par l'aspect aventure de l'activité. Et on peut leur confier quelques responsabilités adaptées à leur âge : porter un petit sac avec leur gourde ou leurs jouets, rechercher les balisages, rechercher le chemin sur la carte, veiller à l'heure.

Il faut éviter les conditions difficiles (fort dénivelé, distance trop longue, froid ou chaleur, vent ou pluie) et rester attentif à sa fatigue et ses besoins (faim, soif)[10]. À plus de 3 000 m il faut veiller particulièrement aux symptômes du mal aigu des montagnes et l'environnement de haute montagne reste peu compatible avec les besoins et les centres d'intérêt des enfants[11]. La nourriture de randonnée n'est pas toujours du goût des enfants et il faut veiller à observer une hygiène minimale. L'enfant a de toute façon besoin de manger et de boire plus fréquemment qu'un adulte. Il est bon de planifier une pause toutes les 40 minutes environ[13].

Il faut veiller à prévoir des journées de repos entre deux randonnées.

Après 10 ans[modifier | modifier le code]

C'est à partir de 9 ou 10 ans qu'on peut envisager la randonnée itinérante ou des sorties longues, en fonction de leur entraînement. Les adolescents plus âgés ont des aptitudes physiques à la randonnée similaires à celles des adultes.

Ils seront plus motivés en groupe, avec quelques copains. En fonction du terrain, de leur maturité et de leur préparation, on pourra leur laisser une certaine autonomie, par exemple en les laissant marcher devant vous après avoir convenu d'un point de rendez-vous.

Environnement[modifier | modifier le code]

L'érosion sur un sentier de la forêt de Fontainebleau.

Les milieux parcourus par les randonneurs peuvent être accidentellement perturbés ou détruits par cette activité. Le passage répété sur un sentier peut, par exemple, accélérer l'érosion et la disparition du sol. Cet effet est aggravé quand un grand nombre de personnes « coupent » les lacets d'un sentier en montagne et augmentent considérablement la surface de terrain abîmée par les passages répétés. Un exemple est la dégradation de certains secteurs autour du sommet du puy de Sancy en Auvergne où l'on estime que quarante hectares de pelouse subalpine ont ainsi disparu. Les spécialistes estiment dans ce cas et compte tenu de l'altitude (environ 1 600 m) qu'il faudra entre vingt et cent ans pour que cette pelouse se reconstitue[14]. Un autre exemple est lié à l'utilisation de bois mort pour faire des feux. Après un certain nombre d'années le prélèvement prive le sol de nutriments.

Parfois une seule action individuelle peut avoir un impact important. En 2005, un randonneur a provoqué un incendie dans le parc national Torres del Paine au Chili en utilisant un réchaud non autorisé. Cet incendie a affecté 13 880 hectares, soit 7 % de la surface totale du parc[15].

Sécurité[modifier | modifier le code]

Sécurité routière[modifier | modifier le code]

Une des premières causes de mortalité en Europe provient des accidents de la route. Aussi, quand on randonne le long d’une route, quelque principes de sécurité élémentaire s'imposent. Il faut bien évidemment utiliser les trottoirs quand ils existent, s’il n’y a pas de trottoirs il est conseillé de :

  1. Marcher en file indienne sur le côté gauche de la route (pour les pays où on roule à droite, sinon c’est l’inverse). En marchant à gauche de la chaussée, on peut plus facilement voir arriver les véhicules et ainsi éviter un accident.
  2. Éviter de prendre les virages à la corde. Même si cela rallonge de quelques mètres le parcours, le piéton peut plus facilement voir venir et être vu des véhicules. Cela est particulièrement vrai quand il s’agit d’un virage sans visibilité.
  3. Se rendre visible la nuit en utilisant lampe de poche et bandes réfléchissantes.

Appel radio en montagne[modifier | modifier le code]

L'appel d'urgence peut être fait sur le Canal E (pour « Canal Emergency »), canal européen des secours en montagne, sur la fréquence 161,300 MHz[16].

Dans la littérature[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Tao-te-king, ch.16
  2. Claude François Denecourt, Guide du voyageur dans la forêt de Fontainebleau, Fontainebleau, Amis de la forêt de Fontainebleau,‎ 2003 (1re éd. 1839), 1 disque optique numérique (CD-R) : coul. ; 12 cm (notice BnF no FRBNF39227084, lire en ligne).
  3. « Fédération française des sports populaires » (consulté le 4 mars 2009)
  4. Fédération du Club vosgien
  5. « Les marques de balisage officielles de la FFE-CNTE et leur utilisation », sur fédération française d'équitation.
  6. Créer 1 sentier VTT - Fédération française de cyclisme, site fédéral officiel du vélo, route, piste, VTT, cyclo-cross, BMX, cyclisme salle, polo vélo
  7. a et b Fédération française de la montagne et de l'escalade, « L'alimentation en montagne » (consulté le 2/7/2008)
  8. a et b Pierre Belleudy médecin ffme, « L’alimentation en randonnée » (consulté le 2/7/2008)
  9. d'après Aventure et survie de John Wiseman
  10. a, b et c David Dunand, « Randonner avec un enfant en montagne » (consulté le 2/7/2008)
  11. a, b et c Fédération française de la montagne et de l'escalade, « L'enfant et la montagne » (consulté le 2/7/2008)
  12. La randonnée en famille
  13. Conseils randonnée avec enfant
  14. Massif du Sancy et Artense, balades et randonnées, publié par l'association Chamina, Aubière, 1997 2-904460-75-6
  15. http://www.torresdelpaine.com/secciones/noticias/11.asp
  16. Les réseaux radios : le Canal Emergency : un réseau d’alerte dédié aux usagers de la montagne - Service départemental d'incendie et de secours de la Haute-Savoie (SDIS 74)

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]