Saône

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Saône
La Saône à Gray
La Saône à Gray
Localisation du cours de la Saône.
Localisation du cours de la Saône.
Caractéristiques
Longueur 480 km
Bassin 29 950 km2
Bassin collecteur Rhône
Débit moyen 473 m3/s (Couzon-au-Mont-d'Or
(amont immédiat de Lyon))
Régime pluvial océanique
Cours
Source au pied de la falaise des monts Faucilles
· Localisation Vioménil
· Altitude 405 m
· Coordonnées 48° 05′ 33″ N 6° 10′ 49″ E / 48.092442, 6.180203 (Source - Saône)  
Confluence Rhône
· Localisation Lyon
· Altitude 158 m
· Coordonnées 45° 43′ 35″ N 4° 49′ 05″ E / 45.72639, 4.81806 (Confluence - Saône)  
Géographie
Principaux affluents
· Rive gauche Doubs, Lanterne
· Rive droite Azergues, Grosne
Pays traversés Drapeau de la France France
Régions traversées Lorraine, Franche-Comté, Bourgogne, Rhône-Alpes
Principales villes Chalon-sur-Saône, Tournus, Mâcon, Villefranche-sur-Saône, Lyon

Sources : SANDRE, Géoportail, Banque Hydro

La Saône [soːn][1] est une rivière de l'Est de la France, principal affluent du Rhône.

Avec une longueur de près de 500 kilomètres, c'est la quatrième rivière la plus grande de France[2].

Étymologie[modifier | modifier le code]

Base honorifique d'époque romaine dédiée à Quintus Julius Severinus, Séquane, patron de la corporation des bateliers du Rhône et de la Saône, ici mentionnée sous sa forme romaine Arar. Musée gallo-romain de Fourvière à Lyon. CIL XIII 1695

La Saône doit son nom à la tribu celte des Sequanes et à la déesse tutellaire Souconna ou Sauc-Onna. La Saône portait 3 noms : Brigoulus, Souconna et Arar. C'est finalement Souconna qui lui est resté, que les moines copistes ont progressivement renommé saoconna, d'où elle tire son nom de Saône.

Géographie[modifier | modifier le code]

La Saône prend sa source à Vioménil au pied du Ménamont, au sud du Seuil de Lorraine (département des Vosges), à 405 m d'altitude. Elle conflue avec le Rhône à Lyon, à l'altitude de 163 mètres.

C'est une rivière de 480 km de longueur[3], dont le Doubs est le principal affluent. Avant la confluence située à Verdun-sur-le-Doubs en Saône-et-Loire, la Saône est appelée petite Saône, ce qui montre bien la forte contribution de la rivière franc-comtoise, dont le débit moyen est légèrement plus fort (175 contre 160 m3/s) : certains en concluront que la Saône se jette dans le Doubs et non l'inverse. Par sa taille de bassin versant, la Saône domine avec 11 500 km2 contre 7 500 pour le Doubs. La Saône est d'ailleurs la première rivière de France par la taille de son bassin versant avec 30 000 km2 à Lyon (soit 1/18 du territoire métropolitain).

Son ancien nom avant le monde romain était Arar. Il est le doublement de la racine indo-européen ar = eau, car, s'écoulant lentement, il est difficile parfois de deviner son sens (selon César, dans La Guerre des Gaules). Son nom actuel vient d'une source sacrée, Sauc-Onna, située à Chalon, dont le nom fut donné à l'ensemble de la rivière par les légionnaires romains.

Histoire[modifier | modifier le code]

Monument à Trévoux dans l'Ain, hommage au 1er régiment de fusiliers marins libérant la ville le 3 septembre 1944. Il fait le parallèle avec une des premières batailles de la guerre des Gaules, opposant les Tigurins aux troupes de César. Le texte, extrait des Commentaires sur la Guerre des Gaules, décrit la Saône (alors baptisée « Arar »), comme une rivière au régime calme.

La Saône a joué le rôle de frontière naturelle par le passé. Notamment, son franchissement par les Helvètes en -58 marque l'un des éléments déclencheurs de la Guerre des Gaules.

Départements et principales villes traversés[modifier | modifier le code]

Panorama de la Saône, vue du quai Saint Vincent à Lyon

Hydrologie[modifier | modifier le code]

La petite Saône[modifier | modifier le code]

La source à Vioménil
La Saône à Gray
Le pont principal à Gray

La petite Saône a un régime pluvial (parfois influencé par la neige) avec une très forte influence océanique. Les sols, peu propices à l'infiltration, sont vite saturés et favorisent le ruissellement. Très vite le débit gonfle, et dès après avoir reçu les eaux de la Lanterne, la Saône est devenue une puissante rivière.

Le module de la Saône est observé depuis 44 ans (1964-2007) à la station hydrologique de Ray-sur-Saône, localité située une trentaine de kilomètres après le confluent de la Lanterne, entre Port-sur-Saône et Gray. Il est de 59,7 m3/s pour une surface de bassin de 3 740 km2 (bassin supérieur de la petite Saône), avec un maximum annuel de 64,5 et un minimum de 54,8.

La rivière y présente des fluctuations saisonnières de débit, avec des crues hivernales de 84 à 108 m3 de décembre à mars inclus, et des maigres d'été, en juillet-août-septembre, avec une chute du débit moyen mensuel jusqu'à 16,9 m3/s au mois d'août[4].

La lame d'eau écoulée dans le bassin supérieur de la petite Saône est de 505 millimètres annuellement (contre 687 pour la seule Lanterne), ce qui est élevé et résulte d'une pluviosité très abondante sur la partie vosgienne de son bassin. Le débit spécifique (Qsp) se monte à 16,0 litres par seconde et par kilomètre carré de bassin.

Le débit instantané maximal enregistré a été de 930 m3/s le 19 décembre 1982.

La grande Saône[modifier | modifier le code]

La grande Saône est formée par l'union du Doubs et de la Saône à Verdun-sur-le-Doubs. Le Doubs y apporte un débit moyen interannuel de 175 m3/s et la Saône 160 m3.

La grande Saône ne reçoit plus que de modestes affluents qui modifient peu le régime hydrologique et notamment les crues. La grande Saône s'écoule dans une vaste et large plaine (jusqu'à 3 km de large) jusqu'à l'entrée de Lyon, dans la cuvette de l'ancien lac bressan. La pente est très faible et sans les aménagements hydrauliques visant à garantir jusqu'au nord de Chalon un chenal de navigation profond, les débordements seraient plus fréquents.

À la station hydrologique de Couzon-au-Mont-d'Or à l'entrée de l'agglomération lyonnaise, les observations effectuées de 1969 à 1986 ont montré un débit moyen interannuel de 473 m3/s, avec un débit de crue centennale de 3 180 m3[5]. La lame d'eau écoulée pour la totalité du bassin versant de la rivière est de 501 millimètres et le débit spécifique ou Qsp monte à 15,8 litres par seconde et par kilomètre carré du bassin.

Débit moyen[modifier | modifier le code]

Débit moyen mensuel (en m3/s)
Station hydrologique : Couzon-au-Mont-d'Or

Source : Banque Hydro - Station U4710010

Au total, le débit moyen à Lyon est de 475 m3/s avec un minimum en août de 153 m3/s et un maximum en février de 954 m3 [6].

Navigation[modifier | modifier le code]

Tunnel de Saint Albin à Scey-sur-Saône et Saint-Albin

La Saône est classée navigable depuis Corre au nord de la Haute-Saône, au débouché du Côney, jusqu'à son confluent avec le Rhône à la Mulatière, à Lyon, soit sur 365 km, dont 167 à grand gabarit européen depuis Verdun-sur-le-Doubs jusqu'à Lyon.[réf. nécessaire]

Elle est reliée à la Loire par le Canal du Centre, à l'Yonne par le Canal de Bourgogne, à la Marne par le Canal de la Marne à la Saône renommé Canal entre Champagne et Bourgogne, à la Meuse par le Canal de l'Est, branche sud renommée Canal des Vosges, et au Rhin par le Canal du Rhône au Rhin. Tous ces canaux sont au gabarit Freycinet.

Navigables eux aussi, se raccordent à elle le petit Canal de Pont-de-Vaux (3 km), la Seille, 40 km navigables jusqu'à Louhans, et la partie inférieure du Doubs. Tous trois sont en cul-de-sac.

Tourisme fluvial[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Tourisme en Saône-et-Loire.

Evènements climatiques particuliers[modifier | modifier le code]

Crues historiques[modifier | modifier le code]

Les crues n'ont pas les mêmes particularités sur le linéaire. Ainsi, une très forte crue en débit sur l'amont pourra très bien s'atténuer dans la plaine bressane et être assez ordinaire à Mâcon, surtout si elle charrie des volumes d'eau modérés. Au contraire, une crue moyenne sur la petite Saône peut se transformer en crue importante sur l'aval, pour peu que le Doubs apporte une contribution égale et quasi simultanée. À noter que, contrairement à une idée répandue, les barrages de navigation sur la Saône n'ont aucune fonction de régulation des crues[7], et la plupart des digues agricoles qui bordent la rivière (casiers) sont submergées pour les crues faibles (entre 5 et 6 m à Mâcon). De fait, aucun ouvrage ne permet de modifier significativement l'écoulement des grandes crues.

  • La crue de 580 à Lyon
  • Les crues de 1602 durant l'équinoxe automnale[8] et 1711
  • La crue de novembre 1840 [9], avec un débit estimé à près de 4 000 m3⋅s-1, détruisit de nombreuses habitations le long du val de Saône. De nombreuses plaques marquant ce triste record sont encore visibles dans les villages touchés. Les hauteurs d'eau mesurées aux échelles de crue ont atteint 8,05 m à Mâcon et 7,28 m à Chalon (soit plus de 6 m et 5,5 m au-dessus du niveau normal).
  • La crue de mai 1856
  • Les plus fortes crues des 50 dernières années : janvier 1955 [10], mars 1970, décembre 1981 et 1982, mai 1983 [11], mars 2001 [12] et 2006.
  • La crue de référence dans les documents d'urbanisme est la crue centenale (qui a une probabilité de 1/100 de se produire chaque année). Mais cette référence est en cours de modification puisque les cartographies liées à la modélisation de la crue de 1840 dans les conditions d'urbanisme actuelles ont été notifiées au maires en décembre 2008 et que les nouveaux Plans de prévention sont en cours d'approbation depuis 2012.

Gel[modifier | modifier le code]

Saône gelée à hauteur du quai Tilsit à Lyon en 2012

La Saône gèle rarement à Lyon. Ceci est dû à l'importance du volume de cette rivière, à son mouvement, et au fait que la température à Lyon reste rarement suffisamment négative[13]. La température moyenne de la rivière en janvier est de 2,1 °C alors que celle de l'air est de -1,5 °C sur la même période. À noter que la température moyenne du Rhône à Lyon en janvier est de 4,2 °C. Cette différence est due au fait que ce fleuve est alimenté par le lac de Genève qui régule plus sa température. Il faut 5 degrés en dessous de zéro pendant quelques jours pour que la Saône gèle (il faut -14 °C pour que ce soit le Rhône qui gèle, ce qui est arrivé 22 fois entre les années 822 et 1850). Au XIXe siècle, avant les travaux de drague des hauts-fonds (moindre épaisseur d'eau)[14] et en l'absence de rejets domestiques et industriels, la Saône était réputée non navigable pendant une dizaine de jours par hiver à cause du gel.

Procédures publiques de gestion de la Saône[modifier | modifier le code]

Du 1er septembre 2004 au 31 août 2009, un contrat de rivière spécifique à la vallée inondable de la Saône a été mis en œuvre par l'Établissement Public Territorial du Bassin (EPTB) Saône et Doubs, en partenariat avec l'ensemble des acteurs de l'eau du territoire : Agence de l'Eau Rhône, Méditerranée et Corse, Collectivités régionales et départementales, Chambres d'agriculture, Voies Navigables de France, Fédérations de pêches, associations... Le Contrat de vallée inondable de la Saône, mis en œuvre sur 5 ans, a ainsi permis d'engager d'importantes actions en faveur de l'amélioration de la qualité des eaux, de la préservation et de la réhabilitation de milieux aquatiques et naturels, de la gestion du risque d'inondation et de l'entretien de la rivière et de ses berges. Une nouvelle démarche contractuelle est en cours d'élaboration pour les 5 prochaines années.

Un Programme d'Action de Prévention des Inondations de la Saône a été mis en place depuis 2004. De nombreuses actions de prévention ont été menées depuis (cartographie de tous les types de crue, sensibilisation des populations, salon PREVIRISQ, recensement et pose de repères de crues, étude des possibilités de protection locales, travaux de protection à Saint-Marcel, télé-alerte, diagnostics de bâtiments...).

Principaux affluents[modifier | modifier le code]

Pont de la Saône à Tournus

RD pour rive droite, RG pour rive gauche

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Références