Peste

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Peste
Classification et ressources externes
Pestarzt.jpg
Un médecin de peste à Rome, pendant une épidémie de peste, portant un masque de protection.
CIM-10 A20
CIM-9 020
DiseasesDB 14226
MedlinePlus 000596
eMedicine med/3381 
MeSH D010930
Wikipédia ne donne pas de conseils médicaux Mise en garde médicale

La peste (du latin pestis[1], maladie contagieuse) est une maladie à multiples facettes qui est mortelle pour l'homme. Elle est causée par le bacille Yersinia pestis, découvert par Alexandre Yersin de l'Institut Pasteur en 1894, qui est aussi responsable de pathologies pulmonaires de moindre gravité chez certains petits mammifères et animaux de compagnie (il est dans ce cas question de peste sauvage). Elle est principalement véhiculée par le rat noir, qui la transmet à l’homme par l’intermédiaire de puces infectées (puce du rat Xenopsylla cheopis, dans les pays chauds comme l’Inde, ou Nosopsyllus fasciatus en Europe). Les rongeurs sauvages constituent le réservoir naturel de la maladie. Les lagomorphes (lapin, lièvre) et carnivores peuvent infecter l'humain par contact avec un animal infecté ou morsure par ce dernier.

En raison des ravages qu’elle a causés, surtout pendant le Moyen Âge, la peste a eu de nombreux impacts sur l'économie, la religion et les arts. Ainsi, la peste noire de 1347–1352 a profondément marqué l'Europe en exterminant 25 % à 50 % de la population européenne. La population française quant à elle chuta de 41 % sur la même période faisant 7 millions de victimes sur les 17 millions de Français de l'époque. Cependant, plusieurs épidémies de maladies inconnues à forte mortalité ont pu être qualifiées de peste par les chroniqueurs de l'époque. Par analogie, d'autres maladies à forte morbidité pour d'autres espèces sont également nommées peste, comme la peste aviaire, celle du canard, celle du porc. Elles n'ont pour la plupart rien à voir avec la peste humaine.

Bactériologie[modifier | modifier le code]

Yersinia pestis, ici vue avec un grossissement de 200 en fluorescence. Cette bactérie portée par les puces est responsable des différentes manifestations de la peste.

Dans le règne des bactéries, Yersinia pestis est un coccobacille de 0,5 à 0,8 µm de largeur sur 1 à 3 µm de longueur, immobile, capsulé, Gram négatif, aéro-anaérobie facultatif, appartenant à la famille des Enterobacteriaceae. Il semble être une évolution de Yersinia pseudotuberculosis[2]. Il présente une coloration bipolaire en présence des colorants Wright, Giemsa et Wayson et se développe sur des milieux de culture standards en deux jours à 28 °C.

Trois variétés de souches sont notées : l’orientale, la médiévale et l'antique. Ce germe est résistant, il reste virulent plusieurs jours dans un organisme en putréfaction[3]. Des traces de protéines microbiennes peuvent être détectées même après plusieurs siècles, grâce à des tests dont les archéologues peuvent se doter[4]. Il possède plusieurs facteurs de virulence qui lui permettent de survivre chez l'humain en utilisant les nutriments des cellules hôtes et en empêchant la phagocytose et d'autres mécanismes de défense.

Le séquençage du génome de Y. pestis a été réalisé en 2001 par l'équipe de Julian Parkhill de l'institut Sanger à Cambridge et par B. Wren[5]. Ils ont détecté 4 012 gènes codant des protéines[6].

Physiopathologie[modifier | modifier le code]

Le germe contenu dans le sang est ingéré par une puce hématophage, il se multiplie et bloque la digestion de l'ectoparasite. Ce dernier est affamé, et doit à nouveau se nourrir. L'estomac plein, il vomit lors de la piqûre pour manger à nouveau.

Après morsure de la puce infectée, le germe se multiplie au point d'inoculation laissant une vésico-pustule puis gagne le système lymphatique et colonise le ou les ganglions satellites du point d'inoculation (le bubon). Une ou plusieurs adénites localisées et suppurées apparaissent. L'évolution de la dissémination par voie hématogène permet au germe d'atteindre l'ensemble des organes et les poumons où il développera une localisation pulmonaire secondaire. Le bacille se multiplie dans les macrophages et libère une toxine qui les détruit.

Diagnostic[modifier | modifier le code]

Description historique[modifier | modifier le code]

La peste est décrite depuis l'Antiquité. Au VIe siècle, Grégoire de Tours écrit[7] :

« .. on compta, un dimanche, dans une basilique de Saint Pierre[8], trois cents corps morts. La mort était subite ; il naissait dans l’aine ou dans l’aisselle une plaie semblable à la morsure d’un serpent ; et ce venin agissait tellement sur les hommes qu’ils rendaient l’esprit le lendemain ou le troisième jour ; et la force du venin leur ôtait entièrement le sens. »

Plus tard au XVIe siècle, Nicolas de Nancel en donne la description suivante :

« Or donques la peste est une fièvre continue, aiguë et maligne, provenante d'une certaine corruption de l'air extérieur en un corps prédisposé : laquelle étant prise par contagion se rend par même moyen communicable & contagieuse : résidente aux trois parties nobles ; accompagnée de très mauvais & très dangereux accidents, & tendante de tout son pouvoir, à faire mourir l'homme, voire tout le genre humain. »

Éléments cliniques[modifier | modifier le code]

La peste s'exprime sous trois formes cliniques différentes pouvant parfois se succéder dans le temps :

Peste bubonique[modifier | modifier le code]

Bubons à l'aine d'une personne atteinte de la peste bubonique.
Bubon axillaire gauche, chez un patient malade de la peste (fin des années 1940)[9]
Représentation de symptômes de la peste bubonique, dans un livre allemand datant d'avant la première guerre mondiale[10]

Forme la plus fréquente en milieu naturel, la peste bubonique fait suite à la piqûre de la puce d'un rat ou d'un rongeur infecté. La peste se déclare d'abord chez les rongeurs qui meurent en grand nombre. Les puces perdant leur hôte recherchent d'autres sources de sang, et contaminent l'homme et les animaux domestiques par piqûre. Après une incubation de moins d’une semaine, apparait brutalement un état septique avec fièvre élevée sans dissociation de pouls, frissons, vertiges, sensation de malaise. L’examen clinique détecte le bubon au deuxième jour. Le bubon est une adénopathie (ou ganglion augmenté de volume) ou paquet ganglionnaire, satellite du territoire de drainage de la piqûre de l’ectoparasite, inflammatoire, suppuré et très œdémateux. Les aires ganglionnaires le plus souvent touchées sont l’aire inguinale (pli de l'aine) ou crurale (haut de la cuisse), plus rarement axillaire voire cervicale. Des signes de déshydratation et de défaillance neurologique vont accélérer l'évolution de la maladie vers une mort en moins de sept jours en l'absence de traitement efficace. Il est estimé entre 20 et 40 % le nombre de malades qui vont guérir spontanément après un temps de convalescence assez long.

Peste septicémique[modifier | modifier le code]

Cette forme constitue 10 à 20 % des pestes[2]. La peste septicémique est la plupart du temps une complication de la peste bubonique, due à une multiplication très importante des bacilles dans la circulation sanguine. Cette variété de peste apparaît quand les défenses des ganglions lymphatiques et les autres types de défense sont dépassés. Le bubon peut n’être que peu apparent. Il s'agit d’une forme plus grave et très contagieuse.

Peste pneumonique ou pulmonaire[modifier | modifier le code]

Forme plus rare que la peste bubonique, mais nettement plus dangereuse et extrêmement contagieuse, la peste pneumonique ou pulmonaire survient lorsque le bacille pénètre directement dans l'organisme par les poumons (et non par la peau, après une piqûre de puce). Les humains sont contaminés par les projections d'expectorations purulentes et microscopiques contenant le germe. Après une période d'incubation de quelques heures, s’installe une pneumopathie aiguë sévère avec état septique. Même avec un traitement antibiotique approprié, cette forme de peste est souvent mortelle en quelques jours par œdème pulmonaire aigu et défaillance respiratoire.

Biologie[modifier | modifier le code]

Un diagnostic biologique doit pouvoir confirmer le diagnostic clinique. La ponction des ganglions fluctionnaires (bubon) avec examen au microscope après coloration (examen direct) peut parfois suffire. La mise en culture (nécessitant un délai de 48 h) permet également de déterminer le germe en cause si l'examen direct est insuffisant. Dans la peste pulmonaire, le diagnostic est confirmé par la culture des crachats ou de l’aspiration bronchique. Les hémocultures (mise en culture du sang du patient) sont l'examen-clef d'une forme septicémique.

La détection de Y. pestis se fait par la mise en évidence de bactéries gram-négatives de forme ovoïde, d’une taille comprise entre 0,5 à 0,8 µm de largeur sur 1 à 3 µm de longueur, à coloration bipolaire. Les tests aux anticorps fluorescents ou ELISA sont trop tardifs et incertains puisqu’il existe des réactions croisées avec des germes de la famille des yersinioses.

Des examens autopsiques peuvent être réalisés puisque le germe est particulièrement résistant dans un corps en putréfaction. La recherche d’antigènes du Yersinia (dit F1) permet de faire également un dépistage rapide. À noter que tous les prélèvements d’un sujet contaminé sont hautement contagieux et que leur gestion nécessite des précautions renforcées.

Traitement[modifier | modifier le code]

Un traitement réel contre la peste n’a été disponible qu’à partir des dernières années du XIXe siècle, après la découverte du bacille par Alexandre Yersin.

Traitement historique[modifier | modifier le code]

Les populations du Moyen Âge étaient totalement démunies face à la peste, comme face aux autres maladies graves d'ailleurs. En Europe, le traitement s'est longtemps limité à :

  • prier les saints, notamment saint Roch[11] et saint Sébastien (voir Saints antipesteux) ;
  • organiser des processions de flagellants, brûler les hérétiques et les lépreux accusés de propager la maladie (voir Peste noire : Conséquences) ;
  • l'usage d'antidotes, ou alexipharmaques, dont les bézoards, les sécrétions animales (sang de vipère et bave de crapaud) , etc. étaient largement utilisés ;
  • la thériaque, composée de multiples plantes, a été utilisée. Sa teneur en opium devait diminuer légèrement la diarrhée et les douleurs ;
  • la purge et la saignée, en aggravant l'état de choc et la diarrhée, permettaient peut-être d'abréger les souffrances des patients ;
  • le traitement dit « électuaire des trois adverbes »[12] : « cito, longe, tarde », (pars) vite, (va) loin, (reviens) tard – traitement pas toujours facile à mettre en œuvre, et susceptible de propager plus encore la maladie[13].

À partir du XVIe siècle, l'Europe découvre les mesures d’isolement (exemple : Mur de la peste dans les Monts de Vaucluse) et séparation des malades dans les hôpitaux, avec désinfection et fumigation des maisons, isolement des malades, désinfection du courrier et des monnaies, création d’hôpitaux hors les murs, incinération des morts. La mise en quarantaine systématique des navires suspects s’avère efficace pour éviter de nouvelles épidémies, chaque relâchement de l’attention rappelant sans tarder les conséquences possibles (voir par exemple la peste de Marseille de 1720). L'invention du cordon sanitaire à la fin du XVIIIe siècle conduit progressivement à l'élimination de cette épidémie[14].

Le masque à bec de canard imaginé par Charles de Lorme, médecin de Louis XIII, contenait des plantes aromatiques, notamment de la girofle et du romarin, aux propriétés désinfectantes. Une éponge, placée devant la bouche et imprégnée de « vinaigre des quatre voleurs » (vinaigre blanc, absinthe, genièvre, marjolaine, sauge, clou de girofle, romarin et camphre) était censée protéger de la contagion.

La tradition signale que trois professions sont épargnées : les chevriers et palefreniers (car l'odeur des chèvres et des chevaux repousserait les puces du rat), et les porteurs d’huile car l’huile qui les oint repousserait elle aussi les puces.

Peste et maladies pestilentielles[modifier | modifier le code]

Beaucoup de maladies sont bien plus virulentes que la peste. La méconnaissance des virus, des bactéries, des champignons et des parasites, les font nommer à l'« aune » de la peste, maladie probablement la mieux étudiée de toutes ces maladies: « maladies pestilentielles », « pestilence » ou « fièvre pestilentielle ». D'après l'encyclopédie d'Alembert, les maladies pestilentielles diffèrent de la peste en ce que l'épidémie est plus générale dans celle-ci; en ce que la mortalité y est aussi plus grande ; en ce que les accidents sont plus violents que dans la peste.

Ces maladies ont de tous temps été combattues avec des succès variables.

Hippocrate en -460[15], lors d'une épidémie à Athènes recommande d'allumer de vastes foyers sur les places publiques. Ces foyers brûlaient les « miasmes » et provoquaient un courant d'air dans l'atmosphère ambiante. C'est là la première ventilation artificielle dont l'histoire fasse mention et celle qu'on a applique encore au XIXe siècle quelques villes du Midi de la France pendant la quatrième pandémie de choléra. Ce système exigeait une masse énorme de combustible et n'agissait que sur des surfaces très restreintes[16].

Une encyclopédie de construction du début du XIXe siècle recommande en cas de maladie pestilentielle, d'abord de brûler tous les vêtements, le linge de ceux qui auront été attaqués et même leurs meubles. Ensuite de gratter les murs intérieurs les planchers, décarreler les chambres, les recarreler à neuf et ré-enduire les murs, le tout à la chaux vive quand c'est possible. Enfin, employer pour désinfecter les logements, les fumigations de genièvre et autres prescrites depuis longtemps par Louis-Bernard Guyton-Morveau, les chlorures, etc. moyens simples, peu dispendieux que le moindre pharmacien peut alors indiquer[17].

Les progrès initiés par les Hygiénistes au XIXe siècle vont de manière générale améliorer les conditions de vie dans les villes et les campagnes permettant de lutter efficacement contre certaines de ces maladies.

Traitement actuel[modifier | modifier le code]

Le traitement par antibiotiques en reste la clé. Y. pestis est naturellement résistant aux bêta-lactamines mais reste sensible aux aminosides : streptomycine, gentamicine et à la kanamycine (pour les nouveau-nés), aux cyclines, au chloramphénicol (dans les cas de méningite), aux quinolones, au triméthoprime-sulfaméthoxale (TMP-SMX), à la rifampicine.

La voie d’administration peut être orale ou parentérale, et l’antibiothérapie doit être prescrite au stade précoce (8 à 24 h après le début de la peste pulmonaire) pour obtenir un maximum d’efficacité. Il a été décrit de rares souches résistantes à plusieurs de ces antibiotiques[18]. Cette situation reste, pour l’instant, exceptionnelle.

Il peut être nécessaire d’inciser le bubon et de faire un drainage.

Mesures de protection de santé publique[modifier | modifier le code]

Lutte contre la peste et le typhus par l'élimination des rats de décharges (ici probablement durant la Seconde Guerre mondiale).
L'image montre un homme avec un pulvérisateur et de nombreux rats morts sur la surface des déchets. Il est sans doute en train de pulvériser un gaz toxique (chloropicrine ?) dans les " terriers" de rongeurs[19].

La peste est une maladie à potentiel épidémique qui justifie un diagnostic précoce et exige une déclaration aux autorités sanitaires nationales et internationales.

En France, la peste fait partie des maladies infectieuses à déclaration obligatoire auprès des agences régionales de santé (Maladie no 9).

D’après le Plan Biotox de la Direction générale de la Santé française, les mesures de protection à prendre consistent à :

  • porter un diagnostic précoce ;
  • déclarer très rapidement aux autorités sanitaires la suspicion d'un cas de peste ;
  • lancer une enquête épidémiologique pour identifier la source et les personnes exposées ;
  • hospitaliser tout malade symptomatique dans une structure médicalisée, particulièrement ceux qui sont atteints de formes respiratoires ;
  • limiter les déplacements pour éviter l'extension de l'épidémie ;
  • administrer une antibioprophylaxie par cyclines, rifampicine ou streptomycine aux sujets en contact.

La désinsectisation et la lutte contre les réservoirs animaux sont déterminantes dans la prévention d’une épidémie.

Vaccination[modifier | modifier le code]

Il existe un vaccin mais il est uniquement utilisé pour protéger les personnes fortement exposées à la maladie, comme le personnel militaire dans certaines circonstances opérationnelles, ou celles qui travaillent avec des animaux dans des régions endémiques de la peste. Pour qu’il soit très efficace, il doit être injecté à doses multiples et des injections de rappel doivent être effectuées régulièrement (faible durée d'action) ce qui entraîne des effets secondaires importants. Il n'est pas disponible au public.

L’ancien vaccin n’est plus fabriqué et n’était efficace que contre la peste bubonique. De nouveaux essais de vaccins sont en cours depuis 2005 au Canada[20].

Épidémiologie[modifier | modifier le code]

Peste humaine : nombre de cas et de décès notifiés dans le monde, 1987-2009
Répartition mondiale des foyers de peste entre 1970 et 1998.
  •      Cas de peste rapportés
  •      Présence du pathogène chez les animaux

La peste est considérée par l’OMS comme une maladie réémergente[21].

De 1987 à 2009, 53 417 cas de peste humaine ayant causé 4 060 décès ont été notifiés à travers le monde (soit une moyenne de 2 322 cas et de 177 décès par an), 95 % des cas étant africains[22]. Un foyer malgache est responsable de 31 % des cas mondiaux et de 37 % des décès[23]. Il s’agit essentiellement de peste bubonique (entre 80 et 95 % des cas) avec une mortalité comprise entre 4 et 10 % des cas (9,1 % à Madagascar)[23],[2].

Réservoir naturel du germe[modifier | modifier le code]

Le réservoir sauvage concerne les petits rongeurs et leur environnement. Des épizooties apparaissent lors des variations de population et des modifications de l’environnement écologique de ces rongeurs. L’homme se contamine directement à leur contact, ou par le passage de l’épizootie aux rongeurs domestiques. Lors d’épidémie, le rat domestique devient le réservoir du germe.

En Europe, les rats sont la source principale de dissémination de la peste, aux États-Unis ce sont les écureuils (Spermophilus variegatus et Spermophilus beecheyi). Les animaux domestiques, chiens et chats, peuvent être des sources d’infection quand ils sont contaminés par les puces de rongeurs. Les puces demeurent infectieuses pendant des mois.

Foyers de peste dans le monde[modifier | modifier le code]

D'après l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l'Afrique est le continent le plus touché avec 90 % des cas de pestes répertoriés (hauts plateaux du centre de l'île de Madagascar et République démocratique du Congo, ces deux pays recensant 90 % des cas sur le continent, Mozambique, Tanzanie), suivie de l’Asie (Inde). Ces deux continents regroupent près de 99 % des cas rapportés dans le monde en 1997. 13 cas de peste ont été détectés en Libye à la mi-juin 2009, mais l'épidémie a été enrayée immédiatement[22],[24]. Maladie de la pauvreté, elle révèle dans ces pays de mauvaises conditions sanitaires avec une forte promiscuité avec les rongeurs vecteurs de peste et des diagnostics insuffisants, l'antibiothérapie étant mise en place trop tard. En République démocratique du Congo, il existe un petit foyer endémique permanent à Butembo (Nord-Kivu) à l'origine du décès d'une centaine de personnes par an, le réservoir primaire permanent étant les muridés de savane et de forêt[25].

L’Amérique du Sud et l'Ouest des États-Unis ont répertorié quelques cas en 1997. La peste est actuellement inexistante en Europe. Le dernier cas survenu en France date de 1945, l'épidémie s'étant déclarée en Corse.

En 2010, l'OMS rapporte une moyenne de 600 cas de peste déclarée par an avec un taux de létalité de 10 % mais ce nombre varie fortement d'une année à l'autre selon l'importance et l'extension des foyers de cette épidémie qui fait partie des maladies ré-émergentes[21],[26].

Transmission[modifier | modifier le code]

La puce du rat, Xenopsylla cheopis est le principal vecteur de la peste.

L’homme est essentiellement contaminé par la piqûre de puce infectée, en particulier Xenopsylla cheopis (la puce du rat), très rarement par la morsure d’un rongeur infecté et encore plus rarement en le consommant. Le modèle de transmission le plus répandu passe par les puces de rongeurs qui transmettent la bactérie de la peste à l’homme lors d'un repas sanguin. Lors d’une épidémie, la transmission peut se faire par voie respiratoire interhumaine si l'un des malades est atteint d’une lésion respiratoire ouverte. Dans ce cas, il s'agira de peste pulmonaire et non de peste bubonique.

Histoire[modifier | modifier le code]

Terme historique générique[modifier | modifier le code]

Au Moyen Âge, le terme de « peste », ou ses équivalents, ne désigne pas nécessairement la maladie aujourd'hui nommée peste, ni même une autre maladie spécifique. Il s'appliquait à toute épidémie importante, toute maladie frappant une communauté — phénomène difficile à expliquer sans le concept de contagion — et rapportées plus souvent à des superstitions qu'à des causes matérielles[27]. La première épidémie reconnue avec certitude sous le nom de peste est la Peste de Justinien (seconde moitié du VIe siècle). Toutefois, la maladie existait certainement avant cette date. Ses origines ont été discutées ; si on[Qui ?] les situait souvent en Asie centrale, l’idée a aussi été avancée que la peste était présente dans l’Égypte pharaonique[28]. Une étude comparative de plusieurs génomes de bacilles de Yersinia Pestis a montré que l'origine de la maladie devait se trouver dans le voisinage de la Chine, où l'ancêtre commun des bacilles actuels serait à rechercher il y a plus de 2 600 ans[29]. Les sociétés antiques étaient régulièrement frappées par des maladies épidémiques et ne pouvaient que difficilement les différencier. De nombreuses sources relatent de tels fléaux.

Principales épidémies[modifier | modifier le code]

Carte de diffusion de la peste noire

La peste est évoquée dans l'Ancien Testament comme un fléau envoyé par Dieu aux Hébreux. Le roi David est châtié par Dieu et doit faire le choix entre subir sept années de famine, trois mois de guerre, ou trois jours de peste ; il choisit la peste (Livre II Samuel 24).

Les Grecs ont également subi de telles maladies. Ils attribuaient traditionnellement la peste à la vengeance d’Apollon comme cela est décrit dans l’Iliade. C’est avec un regard plus rationnel que Thucydide évoque une épidémie infectieuse lors du conflit entre Sparte et Athènes, vers -430, généralement nommé "peste d'Athènes". De nombreuses hypothèses ont été avancées pour identifier cette épidémie, notamment la rougeole, la variole, la grippe[30], le typhus, ou la fièvre typhoïde. C'est cette dernière maladie qui aurait été identifiée par une recherche ADN dans la pulpe dentaire de cadavres retrouvés dans une sépulture de masse contemporaine de l'épidémie[31],[32]. Cette identification a toutefois été contestée[33].

L’Empire romain connut d’importantes épidémies, en particulier à partir du IIe siècle de notre ère, la plus connue étant la peste antonine qui sévit à Rome en l'an 166. Galien nous en a laissé une description qui laisse souvent penser que la maladie en question était en fait la variole (voir : Peste antonine).

Après la peste dite de Cyprien (vers 250), l'Antiquité fut marquée par la peste de Justinien (seconde moitié du VIe siècle) identifiée avec une grande certitude à la peste bubonique. Par la suite la peste semble disparaître de l'Occident au début du Moyen Âge.

En 1347, des navires infectés abordent en Europe et déclenchent une épidémie dont mourra un quart de la population occidentale en quelques années. Les recherches archéologiques récentes ont confirmé qu'il s'agissait bien d'une épidémie due au bacille Yersinia Pestis[34].

Jusqu'au XVIIIe siècle, des épisodes majeurs de peste (Grande peste de Londres et Peste de Marseille) sont encore signalés régulièrement en Europe, comme à Toulouse en 1628-1633[35] et dans le nord de l'Italie[36], à Londres en 1665-1666 et à Marseille en 1720.

La dernière pandémie, qui commence en 1894, permet de découvrir le bacille responsable de la peste. Appelé en urgence à Bombay où une épidémie de peste bubonique s'est déclarée en octobre 1896, Waldemar Haffkine met au point le premier vaccin le 10 janvier 1897. Appelé aussi lymphe d’Haffkine ce vaccin était composé de germes tués.

En 1908, une mise au point d'un sérum antipesteux est faite. En 1921, un vaccin aqueux est mis au point dans l'institut Pasteur. 1932 : Georges Girard et Jean Robic mettent au point un vaccin préparé avec des bacilles pesteux de virulence atténuée : utilisé dès 1933 ce vaccin antipesteux EV (pour Evesque, nom de la victime sur laquelle a été isolée la souche du vaccin) restera le seul traitement efficace contre la peste pulmonaire jusqu'au traitement de la maladie par les sulfamides puis par les antibiotiques.

Actuellement, la peste touche 99 % des continents africain et asiatique[réf. nécessaire]. Dans les années 1990, quelques cas ont été relevés en Amérique du Nord et en Amérique du Sud. Le dernier cas de peste en France (Corse) date de 1946. L'OMS la classe comme « maladie réémergente ». Quelques milliers de cas chaque année dans le monde sont dénombrés et leur nombre augmente de façon régulière depuis vingt ans. La géographie de la maladie s'est modifiée. Dans les années 1970, l'Asie était le continent le plus touché. Désormais, l'Afrique recense plus de 90 % des cas. Pays les plus frappés : Madagascar et la République démocratique du Congo. Si la peste tue moins que les grandes pandémies contemporaines, comme le sida ou la malaria, sa recrudescence inquiète néanmoins les scientifiques.

Arme bactériologique[modifier | modifier le code]

En 1346, les Tatars assiégeant le port génois de Caffa furent décimés par la peste. Leur chef, le khan Djanibek, décida de catapulter les cadavres pestilentiels sur les habitants de la ville. Il est probablement, sans le savoir, l'un des premiers utilisateurs d'une arme biologique. Et le départ précipité de nombreux Génois vers l'Europe contribua à la naissance de la peste noire[37].

La peste a été utilisée comme arme par l’armée impériale japonaise lors de l’invasion de la Chine, notamment dans la région de Changde. Ces armes étaient utilisées à la suite d'essais menés par des unités de recherche bactériologiques comme l'unité 731 qui pratiquaient des expérimentations sur des humains[38].

Plus tard, les Américains, qui avaient gracié les criminels de guerre de l'équipe de Shiro Ishii, et les Russes, qui avaient condamné pour crimes de guerre douze Japonais lors du procès de Khabarovsk, ont travaillé sur des aérosols de Yersinia pestis[2].

Représentations et significations[modifier | modifier le code]

Art pictural[modifier | modifier le code]

Détail de la peinture de Antoine-Jean Gros Bonaparte visitant les pestiférés de Jaffa

Les mystères entourant l'épidémie, la mort et l'influence des récits antiques et bibliques sur les croyances populaires ont largement inspiré les auteurs et artistes jusqu'à la renaissance. À partir des textes bibliques, Nicolas Poussin représente dans La Peste d’Ashdod (1630) les Philistins frappés par la peste en transformant l'anecdote en mythe. Le châtiment de David (retraçant le choix du roi entre la guerre, la famine et la peste dans 'Livre II, Samuel'), est figuré dans la peinture classique du XVIIe siècle. Sébastien Bourdon réalise une gravure intitulée Peste de David. Castiglione grave Les Trois Jours de peste[39].

Les « danses macabres » constituaient des représentations d’épisodes de peste, notamment celle de l'église de Lübeck (1460), aujourd'hui disparue.

Les peintures murales de l'église romane Saint-Martin de Jenzat sont de très rares représentations médiévales de malades présentant les stigmates de la peste bubonique ou peste noire[40].

Saint Roch (à droite) et Saint Sébastien (au centre) sont deux Saints protecteurs de la peste. Église Saint Barthélémy de Vaugines.

Le thème de la peste inspira de nombreux artistes notamment tels que David (Saint Roch intercédant auprès de la Vierge pour les malades de la peste, 1780), Michel Serre, Raphaël, Antoine-Jean Gros (Bonaparte visitant les pestiférés de Jaffa), Jules-Élie Delaunay et Jean-François de Troy).

Langage courant[modifier | modifier le code]

Autrefois trois mots résumaient les précautions à prendre contre la peste : « cito, longe, tarde » (« vite, loin et longtemps »), sous-entendant que dès l’apparition des premiers signes de la maladie dans un lieu, il fallait partir vite, aller loin et y rester longtemps.

Le mot peste est devenu au fil du temps un qualificatif pour toutes épidémies infectieuses surtout dans l’antiquité et au Moyen Âge. Il est entré dans le langage populaire pour désigner une chose ou une personne pernicieuse, malicieuse, mauvaise ou espiègle puis dans des expressions telle que « fuir quelque chose comme la peste », marquant la volonté d'éviter quelqu'un ou une chose de manière absolue. A partir du qualificatif de ceux qui ont « eu » ou qui « donnent » la peste, le mot peste a ainsi pu former la base de nom usuel de personne (par exemple dans la langue bretonne), de verbes (par exemple c'est à la base du verbe "taquiner" dans le néerlandais ou bien "pester" dans le français).

Image de technique de pouvoir[modifier | modifier le code]

Pour Michel Foucault dans les Anormaux[41] et dans Surveiller et Punir[42], la peste est une technique de pouvoir spécifique. Il lui oppose la lèpre. Ainsi, au Moyen Âge, on excommuniait le lépreux : on allait même à lui prononcer une oraison funèbre, puis on l'expulsait des villes. Stratégie ancienne du pouvoir, qui consiste à extérioriser la maladie. Avec la peste, tout est différent. On quadrille les villes : les villes sont sous l'autorité d'un préfet, qui les subdivise en quartiers, les quartiers en districts, les districts en blocs, etc. imposant des hiérarchies et des contrôles à tous les échelons. Un responsable de rue passe et vérifie chaque maison à intervalle régulier, invitant les appelés à se présenter à une fenêtre désignée. « Si un ne se présentait pas, c'est qu’il était couché. S’il était couché, c’est qu’il était malade. S’il était malade, c'est qu’il était dangereux. » Michel Foucault généralise ensuite cette idée de peste : de la conception de la lèpre qui excluait les lépreux en masse, le pouvoir préfère à présent, dit Foucault, quadriller, afin d'appliquer sa puissance normative sur les individus. Le but, selon Foucault, n’est plus de purifier la population, mais de produire une population saine[43].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Définitions lexicographiques et étymologiques de « peste » du Trésor de la langue française informatisé, sur le site du Centre national de ressources textuelles et lexicales
  2. a, b, c et d Prentice MB, Rahalison L, « Plague » Lancet 2007;369;1196-1207
  3. Traité de Médecine, Tome 2, p. 2109 ; Pierre Godeau, Flammarion
  4. Article de presse du 24 février 2009
  5. the causative agent of plagueParkhill, Wren et col ; Nature 413 :523-527
  6. www.sanger.ac.uk
  7. Cf. Grégoire de Tours : Histoire des Francs - Livre quatrième : de la mort de Théodebert Ier à celle de Sigebert Ier, roi d’Austrasie (547 – 575) (consultable ici)
  8. à Clermont-Ferrand.
  9. Photo ; Courtesy of Doctor Luis Barriento, La Paz, Bolivie, , mise à disposition de tous par les Archives médicales militaires des États-Unis
  10. Illustration mis à disposition de tous par les Archives médicales militaires des États-Unis
  11. Prière à saint Roch : Ô saint Roch, /…/Garde nous de la peste, entends notre prière…
  12. Rhazès : La pilule aux trois adverbes »:
    « Les trois petits mots chassent la peste
    - Vite, loin et longtemps, où que l’on soit.
    - Partir vite, aller loin et droit devant,
    Quant au retour, le remettre à plus tard. »
  13. Traditionnellement attribuée à Hippocrate, cette formule se retrouve souvent abrégée en CLT et inscrite sur les portes de maison.
  14. Michel Signoli, D. Chevé, A. Pascal, Peste : entre épidémies et sociétés, Firenze University Press,‎ 2007
  15. Hippocrate. Traité des airs des eaux et des lieux. 460 Av JC.
  16. V. C. Joly. Traité pratique du chauffage, de la ventilation, et de la distribution des eaux dans les habitations particulières: à l'usage des architectes, des entrepreneurs, et des propriétaires. 1869. Consulter en ligne
  17. M. De Fontenay. Manuel des constructions rustiques, ou guide pour les constructions rurales. Encyclopédie Roret, Paris, 1836. Consulter en ligne
  18. (en) Galimand M, Guiyoule A, Gerbaud G. et al. « Multidrug resistance in Yersinia pestis mediated by a transferable plasmid » N Engl J Med. 1997;337;677–680.
  19. Source : Archives médicales militaires des États-Unis
  20. http://biodefense.veille.inist.fr/
  21. a et b (en) Les alertes de l'OMS depuis 2001 sur le site de l'OMS
  22. a et b OMS « Peste humaine : examen de la morbidité et de la mortalité régionales, 2004-2009 ». Relevé épidémiologique hebdomadaire, vol. 85, no 6, 5 février 2010, p. 40-45.
  23. a et b Boisier P, Rahalison L, Rasolomaharo M. et al. « Epidemiologic features of four successive annual outbreaks of bubonic plague in Mahajanga, Madagascar » Emerg Infect Dis. 2002;8;311–316
  24. (en) Tarantola, A. ; Mollet, T. ; Gueguen, J. ; Barboza, P. And Betherat, E. « Plague Outbreak in the Libyan Arab Republic » Eurosurveilance vol. 14, no 26, 2 juillet 2009, 3 p.
  25. X. Misonne, « Quarante années de lutte antipesteuse au Congo » Ann Soc belge Méd trop. 1969;49(1)1-16.
  26. Chiffres de l'Institut Pasteur
  27. Florence Dupont, « Pestes d’hier, pestes d’aujourd’hui » Histoire, économie & société 1984;3(3-4):511-524.
  28. (en) Eva Panagiotakopulu, « Pharaonic Egypt and the origins of plague » Journal of biogeography 2004;31(2):269-275. [1]
  29. (en) G. Morelli et al. « Yersinia pestis genome sequencing identifies patterns of global phylogenetic diversity » Nature Genetics, 31 octobre 2010, DOI:10.1038/ng.705
  30. Hypothèses rappelées dans Norbert Gualde, Un microbe n’explique pas une épidémie, Le plessis-Robinson, 1999, p. 33
  31. M.J. Papagrigorakis, C. Yapijakis, P.N. Synodinos, E. Baziotopoulou-Valavani, « DNA examination of ancient dental pulp incriminates typhoid fever as a probable cause of the Plague of Athens », International Journal of Infectious Diseases, 10-3, mai 2006, p. 206-214
  32. M.J. Papagrigorakis, C. Yapijakis, P.N. Synodinos, E. Baziotopoulou-Valavani, « Insufficient phylogenetic analysis may not exclude candidacy of typhoid fever as a probable cause of the Plague of Athens (reply to Shapiro et al.)», International Journal of Infectious Diseases 10-4, 2006, p.  335-336
  33. Beth Shapiro, Andrew Rambaut and M. Thomas P. Gilbert, « No proof that typhoid caused the Plague of Athens (a reply to Papagrigorakis et al.) », International Journal of Infectious Diseases 10-4, 2006, p.  334-335. (ISSN 1201-9712)
  34. N. J. Besansky, S. Haensch, R. Bianucci, M. Signoli, M. Rajerison, M. Schultz, S. Kacki, M. Vermunt, D. A. Weston, D. Hurst, M. Achtman, E. Carniel, B. Bramanti. « Distinct Clones of Yersinia pestis Caused the Black Death », PLoS Pathogens, 2010-6 (10): e1001134 DOI: 10.1371/journal.ppat.1001134 [2]
  35. La peste à Toulouse au XVIIe siècle, Archives départementales de la Haute-Garonne
  36. Lucchetti Enzo, Manfredini Matteo, De Iasio Sergio, « La peste de 1630 dans la ville et dans le territoire de Parme (Italie) », Bulletins et Mémoires de la Société d'anthropologie de Paris, vol. 10, no 3-4,‎ 1998, p. 411-424. (lire en ligne)
  37. Christine Coustau et Olivier Hertel, La Malédiction du cloporte et autres histoires de parasites, Points Science, Tallandier éditions (2008). cf. pages 77-78 en édition de poche (2010).
  38. (en) Christopher GW, Cieslak TJ, Pavlin JA, Eitzen EM Jr., « Biological warfare. A historical perspective » JAMA 1997;78;412–417
  39. La peste ou le fléau imaginé de Chevé Dominique
  40. Yves Morvan, « La peste noire à Jenzat », Bulletin Historique et Scientifique de l'Auvergne, Clermont-Ferrand, 1984, vol. 92, no 682, p. 89-102
  41. 1974-75 : Michel Foucault, Les Anormaux, Gallimard, Paris, 1999, 351 p. (ISBN 2-02-030798-7)
  42. Surveiller et Punir (page 228 dans l'édition Gallimard, collection Tel)
  43. 1974-75 : Michel Foucault, Les anormaux, pages 40 à 44

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) M. Achtman, G. Morelli et al. « Yersinia pestis genomic sequencing identifies patterns of global phylogenetic diversity », Nature Genetics, 42, 2010, p. 1140-1143.
  • Frédérique Audoin-Rouzeau, Les chemins de la peste ; le rat, la puce et l'homme, Rennes, Presses Universitaires de Rennes 2003, réédition Paris, Taillandier 2007.
  • Jean-Noël Biraben, Les hommes et la peste en France et dans les pays méditerranéens. t. I : La peste dans l'histoire ; t. II : Les hommes face à la peste, La Haye, Mouton, 1975 et 1976.
  • Samuel K. Cohn, « Piété et commande d'œuvre d'art après la Peste Noire », Annales, Histoire, Sciences Sociales, 51-2, 1996, p. 551-573.
  • (en) B.J. Hinnebusch, D.L. Erickson, « Yersinia pestis in the flea vector and its role in the transmission of the plague », Curr Top Microbiol Immunol, 2008, 322, p. 229- 248.
  • (en) K.L. Kausrud et M. Begon, T. Ben Ari, H. Viljugrein, J. Esper, U. Büntgen, H. Leirs, C. Junge, B. Yang, M. Yang, L. Xu, N.C. Stenseth, « Modeling the epidemiological history of plague in Central Asia: palaeoclimatic forcing on a disease system over the past millennium », BMC Biology, 2010, 8:112.
  • (en) L.K. Little, Plague and the End of Antiquity. The Pandemic of 541-750, New York, Cambridge University Press, 2007.
  • (en) Michael McCormick, « Rats, Communications, and Plague: Toward an Ecological History », Journal of Interdisciplinary History, 34-1, 2003, p. 1-25.
  • (en) Terence Ranger et Paul Slack, Epidemics and Ideas. Essays on the Historical Perception of Pestilence, New-York, CUP, 1992.

Évocations littéraires[modifier | modifier le code]

Évocations picturales[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

  • Monique Lucenet, La peste, fléau majeur textes numérisés par la BIUM (Bibliothèque interuniversitaire de médecine et d'odontologie, Paris) collection Medic@.