Louis II de Bourbon-Condé

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Louis II et Louis de Bourbon.
Louis II de Bourbon-Condé
Le Grand Condépar le peintre Justus van Egmont.
Le Grand Condé
par le peintre Justus van Egmont.

Titre Prince de Condé
(1649 – 1686)
Autre titre Duc d'Enghien
Duc de Bourbon
Duc de Montmorency
Duc de Châteauroux
Duc de Bellegarde
Duc de Fronsac
Comte de Sancerre
Comte de Charolais
Seigneur de Chantilly
Premier prince du sang
Prédécesseur Henri II de Bourbon-Condé
Successeur Henri Jules de Bourbon-Condé
Allégeance Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Flag of Cross of Burgundy.svg Monarchie espagnole (1652-1659)
Grade militaire Lieutenant-général
Conflits Guerre de Trente Ans
Guerre de la Fronde
Guerre de Dévolution
Guerre de Hollande
Faits d'armes Bataille de Rocroi
Bataille d'Alerheim
Siège de Dunkerque
Bataille de Lens
Bataille de Seneffe
Autres fonctions Gouverneur du Berry
Grand maître de France (1647-1654)
Pair de France
Biographie
Dynastie Maison de Condé
Surnom Le « Grand Condé »
Naissance
Paris
Décès (à 65 ans)
Fontainebleau
Père Henri II de Bourbon-Condé
Mère Charlotte-Marguerite de Montmorency
Conjoint Claire-Clémence de Maillé
Enfants Henri-Jules de Bourbon-Condé

Coat of arms of the Prince of Condé.png

Louis II de Bourbon-Condé dit le Grand Condé, connu d'abord sous le titre de duc d'Enghien (né à Paris le , mort à Fontainebleau le )[1], porte les titres de prince de Condé, duc de Bourbon, duc d'Enghien, duc de Montmorency, duc de Châteauroux, duc de Bellegarde, duc de Fronsac, gouverneur du Berry, comte de Sancerre (1646-1686), comte de Charolais (à partir de 1684), pair de France, premier prince du sang. Général français pendant la guerre de Trente Ans, il fut l'un des meneurs de la Fronde des princes.

Biographie[modifier | modifier le code]

Les débuts[modifier | modifier le code]

Grand Condé du sculpteur français Antoine Coysevox en 1688 au musée du Louvre

Il poursuivit ses études au collège des jésuites de Bourges. Il montra dans la carrière militaire un génie précoce. Après un apprentissage militaire au siège d’Arras, il reçut en 1643, à l'âge de 22 ans, le commandement honorifique de l'armée de Picardie, sous les ordres du maréchal de L'Hôpital. Il s'agissait de barrer la route à l'armée espagnole du roi Philippe IV sortie du comté de Flandre pour envahir la France. Le 19 mai, cinq jours après la mort de Louis XIII, Enghien remporta héroïquement l'éclatante victoire de la bataille de Rocroi, brisant ainsi la réputation d'invincibilité des tercios espagnols, tandis que ce nouveau capitaine de guerre fut promu à l’égal de César et Alexandre[2].

Il fut ensuite envoyé sur le Rhin, aux côtés du vicomte de Turenne. En 1644, il battit les Allemands à Fribourg. Il remporta avec Turenne la bataille de Nördlingen en 1645 contre Franz von Mercy (Guerre de Trente Ans). En 1646, à la mort de son père, il devint 4e prince de Condé. Il prit Dunkerque en 1646. Moins heureux en Catalogne, il ne put prendre Lérida ; mais il remporta bientôt après en comté d'Artois la victoire de Lens sur l'archiduc Léopold-Guillaume qui amena la paix avec l'empire germanique en 1648.

La Fronde[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Fronde (histoire).

Pendant les troubles de la Fronde, il adopta une attitude ambiguë. Il avait d'abord défendu le parti de la cour, la régence durant la minorité de Louis XIV étant assumée par sa mère Anne d'Autriche, secondée par le cardinal Mazarin, premier ministre, puis il prit parti contre Mazarin qu'il appelle « le faquin écarlate ». Son soutien à la reine mère Anne d'Autriche permit d'abord la signature de la paix de Rueil. Néanmoins, en 1649, par rivalité avec Mazarin qu'il considérait comme un usurpateur étranger, il avait des sympathies pour la Fronde. Remportant toutes les batailles entre 1643 à 1648, il réclama pour lui l’amirauté et pour ses amis tous les postes de responsabilité dans l’armée[2]. Le 18 janvier 1650, lui, son frère le prince de Conti et son beau-frère le duc de Longueville furent jetés en prison sans motif juridique valable par la reine-régente qui voulait refréner ses ambitions et subirent une détention de treize mois.

Le , devant l'union des Frondes, Mazarin s'enfuit et libéra les princes. Condé prit la tête de la Fronde des princes, malgré la majorité de son grand cousin, Louis XIV. Il négocia avec le roi Philippe IV d'Espagne et le Lord Protecteur anglais, Oliver Cromwell. Il leva des troupes, marcha sur Paris. Contre lui, Louis XIV âgé de 14 ans réussit à gagner Turenne qui prit la tête des troupes royales et défit le prince à la bataille de Bléneau le 7 avril 1652, à Étampes en mai puis au faubourg Saint-Antoine à Paris. La duchesse Anne-Marie-Louise d'Orléans (la Grande Mademoiselle) fit tirer les canons sur les troupes royales pour permettre à son cousin de se réfugier dans Paris.

Les guerres de Louis XIV[modifier | modifier le code]

La réception du Grand Condé à Versailles par Jean-Léon Gérôme (1878)

Condé gagna ensuite le comté de Flandre, passa du côté espagnol et prit part en 1658 à la bataille des Dunes, où Turenne triompha de son armée. Le traité des Pyrénées de 1659 lui assura le pardon royal, proclamé à Aix-en-Provence, peu avant le mariage de Louis XIV et de l'infante Marie-Thérèse d'Autriche. La guerre s'étant rallumée entre la France et l'Espagne, Condé retrouva un commandement dans les armées du roi et prit le comté de Bourgogne (actuelle Franche-Comté) aux Habsbourg d'Espagne en trois semaines en 1668.

Le , il reçoit durant trois jours Louis XIV alors âgé de 33 ans et les 3000 membres de la Cour de Versailles dans son château de Chantilly où il fait donner une fête fastueuse et des banquets somptueux organisés par François Vatel pour se réconcilier avec le roi et obtenir sa grâce et ses faveurs, ce qu'il obtient, le roi ayant besoin de son soutien.

Il combat à nouveau aux côtés des armées royales de Turenne lors de la guerre de Hollande, en 1672 ou il bat le prince d'Orange Guillaume III d'Angleterre à la bataille de Seneffe en 1674, puis passe en Alsace pour défendre cette province contre Raimondo Montecuccoli, généralissime des armées de l'empire germanique après la mort de Turenne en 1675. Le roi le reçoit en grande pompe en haut du grand escalier de marbre au milieu de toute la cour. Condé, perclus de rhumatismes, a de la peine à monter et fait un peu attendre Louis XIV. Alors qu'il présente des excuses, le roi lui dit avec politesse : « Mon cousin, quand on est chargé de lauriers comme vous, on ne peut marcher que difficilement ».

Il finit sa vie dans son château de Chantilly, entouré de musiciens et de poètes, cultivant les lettres et conversant avec Racine et Boileau. Son fils Henri Jules de Bourbon lui succéda comme 5e prince de Condé.

Toute sa vie, Louis de Condé avait été l'âme du parti libertin. Voltaire lui reproche comme un signe de sénilité sa conversion au parti dévot les deux dernières années de sa vie[3]. En effet, signe non-équivoque de cette conversion, Jacques-Bénigne Bossuet prononça sur son cercueil une oraison funèbre — un chef-d'œuvre du genre (Oraison funèbre de très haut et très puissant prince Louis de Bourbon).

Famille[modifier | modifier le code]

Ascendance[modifier | modifier le code]

Château de Chantilly du prince Louis II de Bourbon-Condé
Détail de la statue représentant Louis, Grand Condé par le sculpteur David d'Angers (1817). Exposé dans la Galerie David d'Angers, Angers.

Fils du prince Henri II de Bourbon-Condé et de Charlotte-Marguerite de Montmorency, baronne de Châteaubriant et de Derval, dont le roi de France Henri IV tomba amoureux et qui sera la marraine de Louis XIV.

Les trois premiers fils d'Henri II de Bourbon et de Charlotte-Marguerite de Montmorency étant morts en bas âge, Louis reçut le titre de « duc d'Enghien ». Il fit de solides études chez les Jésuites, à Bourges, et à l'âge de 17 ans, gouverna le duché de Bourgogne pour son père. Il fut élevé dans l'idée que le trône pourrait lui échoir si la branche aînée des Bourbon venait à manquer d'héritier[2], ce qui assura chez lui une grande fierté et une forte ambition (parfois à défaut de la fidélité) pour la France.

Mariage et descendance[modifier | modifier le code]

Pour des raisons politiques[4], il épousa le Claire-Clémence de Maillé, âgée de seulement 13 ans, fille d'Urbain de Maillé (1597-1650) et de Nicole du Plessis de Richelieu[5]. Il en eut trois enfants, dont deux moururent en bas âge :

Après avoir vainement cherché à faire annuler son mariage à la mort du cardinal de Richelieu, ne lui pardonnant pas d'avoir brisé son amour de jeunesse, Condé finit par faire enfermer sa femme à Châteauroux en 1671, sous le prétexte d'une liaison qu'elle aurait eu avec un page.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. ou 11 novembre, selon les sources
  2. a, b et c Simone Bertière, Un cousin de Louis XIV, ardent et rebelle, mécène éclairé de Chantilly, Canal Académie, 5 février 2012
  3. Cf. « Le Siècle de Louis XIV », conclusion du chap. XI.
  4. Le duc d'Enghien fut d'abord amoureux de Marthe Poussard dite mademoiselle du Vigean, qui entra dans les Carmélites puis désira se marier à l'amie de sa sœur, la Grande Demoiselle mais son mariage fut arrangé par son père.
  5. (sœur du cardinal de Richelieu)

Source partielle[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Henri Malo, Le Grand Condé, Editions Albin Michel, 1937, 512 p.
  • Katia Béguin, Les princes de Condé. Rebelles, courtisans et mécènes dans la France du grand siècle, éd. Champ Vallon, Seyssel, 1999, 463 p.
  • Simone Bertière, Condé, le héros fourvoyé, Éditions de Fallois, 2011, 542 pages.
  • Dominique Paladilhe, Le Grand Condé : Héros des armées de Louis XIV, Pygmalion, 2008 (ISBN 978-2756400082)
  • Joseph-Louis Ripault Desormeaux, Histoire de Louis de Bourbon, Paris 1766-1768, 4 volumes in-12.
  • Voltaire, Le siècle de Louis XIV (1751) (Wikisource)

Filmographie[modifier | modifier le code]

Précédé par Louis II de Bourbon-Condé Suivi par
Henri II de Bourbon
Coat of arms of the Prince of Condé.png
Prince de Condé
Henri Jules de Bourbon
Henri II de Bourbon-Condé
Grand maître de France
Thomas François de Savoie-Carignan