Cloche

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Cloche de chapelle
Parties de la cloche : 1. joug, 2. anses, 3. cerveau, 4. épaule, 5. robe, 6. panse, 7. pince, 8. lèvre inférieure, 9. battant, 10. faussure
Battant de cloche ancienne de Picardie

Une cloche est un objet simple destiné à l'émission d'un son. C'est un instrument de percussion et un idiophone. Sa forme est habituellement un tambour ouvert et évidé d'une seule pièce qui résonne après avoir été frappé. Un objet de cette forme est dit campaniforme.

La partie qui frappe le corps de la cloche est soit un battant, sorte de langue suspendue dans la cloche, soit une petite sphère libre comprise dans le corps de la cloche, soit un maillet ou un battant (souvent un tronc de bois suspendu par des cordes) séparé qui frappe la cloche depuis l'extérieur.

La cloche est généralement surmontée dans sa partie supérieure, au-dessus de l'axe support, d'une masse métallique ou de bois jouant le rôle de contrepoids : le mouton. L'ensemble des cloches est supporté par un ensemble complexe de poutres en bois, le beffroi : le bois absorbe les vibrations importantes, ce que ne pourrait faire directement une maçonnerie.

Les cloches sont généralement faites en airain, mais certaines cloches ou clochettes peuvent être en fer, en fonte ou en acier (fondeur Jacob Holtzer d'Unieux). Les cloches sont fondues (fabriquées) et coulées par le fondeur de cloches (ou encore « saintier »). Le métal traditionnel pour ces cloches est un alliage : l'airain (un alliage de bronze), comprenant généralement en France 22 % d'étain et 78 % de cuivre. Connu comme du métal à cloche, cet alliage est aussi le même que pour les cymbales. Certaines petites cloches ou clochettes ont été faites en argent, en laiton ou encore en tombac (des alliages de cuivre et de zinc). On a même utilisé de la terre cuite, de la porcelaine, du verre ou du cristal.

L'étude des cloches s'appelle campanologie, et les collectionneurs de cloches sont appelés campanophiles.

Histoire[modifier | modifier le code]

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Son de cloches (info)
Les cloches de l'église Saint-Jean à Bechhofen

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La cloche est l'un des plus vieux instruments sonores que nous connaissions : elle est née probablement, quant à son principe, à l'époque où l'homme sut, par le feu, durcir l'argile et constituer ainsi un vase qui se révélera « sonore » en le percutant. Les premières cloches métalliques remontent à l'âge du bronze. On trouve des traces d'utilisation des cloches en Asie, il y a 4 000 ans. Les Annales de la Chine rapportent que l'Empereur Jaune Huángdì fit fondre, vers l'an 2260 av. J.-C., douze cloches. Plusieurs clochettes de l'époque de la dynastie Shang (XVIIIe siècle av. J.-C. au XIe siècle av. J.-C.) sont exposées au musée de l'histoire chinoise à Pékin (définition extraites du Vocabulaire campanaire édité par la Société française de campanologie – SFC - ).

En juillet 2011, des archéologues conduits par l'équipe d'Eli Choukron et le professeur Ronny Reich de l’université de Haïfa ont déterré à Jérusalem dans la Cité de David, une clochette d’or appartenant à un grand prêtre de l’époque du Second Temple (Ier siècle av. J.-C.). Cette clochette en or porte la calligraphie d’une petite bouche à son extrémité. Les sources religieuses juives rapportent que les grands prêtres servant dans le Temple de Jérusalem, portaient effectivement des cloches d’or sur les bords de leurs manteaux. Le livre de l’Exode, par exemple, décrit la cape du prêtre Aaron, comme contenant « des clochettes d’or ». Dans les textes sacrés, celui de L’Exode, chapitre 28, versets 31-34, explique la manière dont un prêtre du Temple doit s’habiller : sur la lisière de cette robe semblable à une cotte de maille, le bas comportait tout autour ces clochettes d’or en alternance avec des grenades de pourpre, d’azur et d'écarlate.

Clochette en cuivre précolombienne d'Amérique du Nord.

La cloche est un instrument universel dont la longue portée acoustique est utilisée pour communiquer au loin, soit vis-à-vis des hommes, soit vis-à-vis des dieux. On trouve des cloches dans toutes les civilisations et toutes les religions. Des cloches rituelles ont été en usage en Amérique précolombienne. Dans la religion musulmane, on note par exemple la présence d'une grosse cloche ancienne à la mosquée de Xi'an en Chine ou encore sur le minaret de la mosquée de Saint-Louis au Sénégal. La cloche est un symbole rarement utilisé dans l'art islamique bien qu'un hadith relatif à un échange de Mahomet et de El-Hareth ibn Hicham nous décrive la vision de Mahomet comme accompagnée d'un tintement de cloches : « …la Révélation me vient tantôt comme le bourdonnement d'une cloche… ». (Ibn Khaldoun - Prolégomènes, Slane, 1863, tome I.djvu/327 - page203). En Asie, il en existe aussi des modèles très anciens et imposants liés aux usages de la religion hindouiste ou bouddhiste : en Corée, au Japon ou en Birmanie notamment où se trouve la célèbre cloche du roi Bodawpaya destinée au stūpa d'une pagode de Mingun. Elle porte l'inscription 55555. Il s'agit du poids en peik-thar, unité traditionnelle équivalente à 1,63 kg. Avec ses 8 mètres de haut et ses 90 tonnes, la cloche de Mingun est l'une des plus grosses cloches sonnantes du monde. En Corée, la cloche divine du roi Seongseok coulée en 771 est la plus grande cloche coréenne bouddhiste conservée à ce jour. Elle mesure 3,75 m de haut, 2,27 m de diamètre. Son poids (pesée de 1997) est de 18,9 tonnes.

En Europe, des fouilles archéologiques ont permis de trouver de nombreuses cloches ou clochettes en fer battu ou en bronze d'origine grecque et romaine. Pline[Lequel ?] rapporte que l'on déposa des clochettes dans le tombeau de Porsenna, un dirigeant étrusque qui prit momentanément le contrôle de Rome à la fin du VIe siècle av. J.-C.. À Rome, l'érudit Suétone rapporte dans son ouvrage Divus Augustus (91.2) l'usage de cloches pour le temple de Jupiter capitolin. En Gaule, la cloche remplace peu à peu l'usage du simandre. Les premiers chrétiens firent de la cloche un symbole d'appel et de ralliement. La tradition veut que ce soit l'évêque saint Paulin de Nole (353-431) qui installa les premières cloches dans les églises. Nole est une ville de Campanie qui donna son nom aux cloches (campana). Le mot cloche, par contre, vient du mot issu de l'irlandais ancien cloc. Divers documents attestent qu'à partir du Ve siècle, les moines chrétiens fondaient des cloches. L'Écossais saint Patrick (385-461) se rend en Irlande au Ve siècle accompagné de fondeurs de cloches. Saint Colomban de Luxeuil (540-615) atteste de l'existence d'une cloche dans le monastère de l'île d'Iona située dans les Hébrides intérieures en Écosse au Ve siècle. Les cloches ont été utilisées plus largement dans les églises chrétiennes dès le VIIe siècle et étaient le plus souvent fondues dans les monastères. Mais dès le VIIIe siècle il existe des fondeurs itinérants laïcs capables de fondre des cloches d'une centaine de kg ou plus. Charlemagne ordonne en 801 des sonneries de cloches à certaines heures et en 817 au concile d'Aix-la-Chapelle il fut décidé que les églises paroissiales devaient être équipées d'au moins deux cloches. Ce ne fut qu’à partir du XIIe siècle que les progrès en matière de conception et de technologie de la fonderie permirent la création de spécimens de grande taille, associés généralement aux cathédrales. Ces cloches furent créées en faisant couler de l'airain, le seul alliage produisant des tonalités harmonieuses, dans un moule en briques couvert de cire.

Dans l'église grecque, l'usage de la cloche apparaît dans la seconde moitié du IXe siècle quand en 865, le doge de Venise Ursus fait un don à l'empereur Michel de douze grosses cloches. Ces cloches furent accrochées dans une tour près de la basilique Sainte-Sophie de Byzance (actuelle Istanbul). En Russie, l'usage des cloches apparut presque simultanément avec la diffusion du christianisme par saint Vladimir Ier vers l'an 988. L'usage ancien du simandre (une planche de bois ou des cerceaux battus à coups de marteau) est toujours en cours dans certains monastères orthodoxes.

Forme et modes de sonnerie[modifier | modifier le code]

Cloche chinoise Bo, XIe siècle avant notre ère, musée des arts asiatiques de Nice
Electrotinteurs pour cloches fixes du carillon de ND de la Drêche (Tarn)
Cloche "Demoiselle de Louison" équipée pour la volée tournante (Gaulène - Tarn (cl carillons en pays d'oc))

Sa forme la plus classique est la cloche d'église, en forme de coupe renversée, qui est suspendue dans une tour (le clocher) généralement via un portique en bois ou métallique, le beffroi (nom étendu par la suite à la tour maçonnée qui supporte l'ensemble), qui absorbe les vibrations de la mise en mouvement des cloches sans les retransmettre au clocher, qui risquerait la destruction, et sonnée en la faisant osciller manuellement ou mécaniquement, le battant accroché à l'intérieur frappant le corps de la cloche. La cloche est sonnée « à la volée » lorsqu'elle oscille sur son axe, le battant libre frappant l'intérieur. Il existe plusieurs types de volées[1].

- La volée en rétrograde : L'axe de balancement de la cloche se situe au-dessous de l'axe de balancement du battant, et lorsque la cloche balance, le battant, qui est alors un poids mort, retombe sur la lèvre inférieure du vase sonore. Ce type de sonnerie est assez courant dans le Sud de la France, dans les petits clochers où le manque de place et/ou la robustesse du beffroi font défaut. L'avantage de cette sonnerie est donc le gain de place, mais la cloche ne développe pas toute sa puissance sonore et dans le cas d'une sonnerie lente, due à un mauvais équilibrage du joug, le battant peut, le temps que la cloche change d'oscillation, rester collé à la panse et par conséquent, étouffer le son. Le Rétro mitigé utilise la même disposition mécanique que le rétro-lancé, mais sans contrepoids au-dessus de l'axe du battant, il en résulte une sonnerie rétrograde où la cloche doit pratiquement se trouver à l'horizontale pour que la masse du battant entre en contact avec la cloche[2].

- La volée en lancé franc : Dans ce cas, l'axe de balancement du battant est au-dessous de l'axe de balancement de la cloche, et, lorsque la cloche balance, le battant, qui n'est alors plus un poids mort, vient frapper la lèvre supérieure de la cloche. Cette sonnerie permet à la cloche de sonner à pleine puissance et de bien mettre en valeur ses harmoniques, surtout le hum, l'octave inférieure, en particulier pour les grosses cloches. L'inconvénient de cette sonnerie est qu'elle requiert plus de place, et la cloche doit avoir des oscillations plus importantes pour que le battant puisse faire son rôle. Le beffroi doit également absorber une force égale à trois fois le poids de la cloche lorsque celle-ci est en mouvement, imposant donc de lourdes constructions pour les cloches de gros profils[3].

- La volée en rétro-lancé : Il s'agit d'un mélange des deux sonneries précédentes, l'axe de balancement de la cloche est positionné de manière similaire à une sonnerie en rétrograde, mais à l'intérieur de la cloche, l'axe de balancement du battant est sur-abaissé. Le battant peut également être muni d'un contrepoids. On combine ainsi une puissance de frappe meilleure, avec un gain de place[4].

- La volée en super-lancé : Même principe que la volée en lancé-franc, sauf que l'axe de balancement de la cloche se trouve même au-dessus des anses. Ce mode de sonnerie peut être utilisé pour plusieurs raisons. Dans un premier cas, il peut être utilisé pour ralentir la fréquence de balancement de la cloche, dans le but de ne pas imposer de trop gros efforts au beffroi ou par exemple, par manque de place, il aussi peut être utilisé afin d'augmenter la puissance de frappe du battant et par conséquence obtenir un son plus fort[5].

- La volée tournante : Il s'agit d'une pratique assez courante dans le Sud de la France, en pays occitan ou dans le Lauragais, ainsi qu'en Espagne. Le poids du joug, beaucoup plus lourd, est étudié pour obtenir un meilleur équilibre de la cloche, et permet ainsi de réaliser des tours complets. Cette sonnerie développe au maximum le son de la cloche qui s'entend de fort loin. Le joug est généralement du type bois, avec montage de la cloche type lancé, ou montage type rétrograde avec joug cintré et contrepoids (joug type louison). Il s'agit également du type de sonnerie le plus spectaculaire[6].

Un autre mode de sonnerie très largement utilisé est le tintement. Cette méthode est employée pour faire retentir la cloche en utilisant un tinteur, extérieur ou intérieur à la cloche, dont la masse vient percuter la partie la plus épaisse de la panse de la cloche. Dans certains cas, si la cloche est fixe, le battant peut être utilisé à cet effet (c'est le cas notamment dans les églises orthodoxes, ainsi que dans certaine régions de France ou de Suisse où le sonneur se tient au côté des cloches, actionnant ainsi les battants à l'aide de ses mains et de ses pieds par l'intermédiaire de câbles[7].

Il existe aussi des cloches tubulaires. En Extrême-Orient, une cloche peut aussi reposer sur un coussin, en position renversée ; elle est alors frappée de l'extérieur, par le côté pour celles en métal, ou par dessus pour celles en bois.

Usages[modifier | modifier le code]

Signal collectif[modifier | modifier le code]

La cloche "Big Ben" à Londres

Les cloches rythment la vie quotidienne tant profane (indication des heures et des moments de l'emploi du temps) que sacrée : matines, angélus, messe, vêpres, mariage, baptême, enterrement, glas[8]… Les cloches ou clochettes accompagnent et ponctuent les cérémonies et les processions à l'intérieur et à l'extérieur des édifices. On peut parler de langage des cloches, riche et bien varié.

Les cloches des églises pouvaient autrefois être utilisées comme système d'alerte d'un danger avec le tocsin, d'une mort avec le glas, ou d'un événement majeur. L'usage religieux pouvait être distinct de l'usage civil selon le type de cloche utilisé ou selon sa localisation (cloches civiles, beffroi…).

Cependant, les cloches ont pour fonction normale de signaler les temps réguliers. Dans ce cas, une séquence particulière de sons peut être produite par un groupe de cloches pour indiquer l'heure et ses subdivisions. L'une des plus connues et celle dite des « quart de Westminster », une série de seize notes qui est émise par le carillon de l'horloge du palais de Westminster dont la grande cloche qui sonne l'heure même jouit du nom de Big Ben. La plupart du temps, seules les heures pleines sont sonnées (en général à raison d'un coup par heure, en allant de 1 à 12), parfois en deux séries de coups : le pic et le repic (ou rappel).

Signaux privés[modifier | modifier le code]

Des grelots ou des clochettes ont parfois servi de jouets pour les enfants ou encore pour des adultes à l'occasion de certaines fêtes (carnaval) ou lors de déguisements.

Cloche de porte d'entrée.

On trouve des cloches pour appeler à l'entrée des maisons, dans les maisons pour appeler aux repas, à table pour appeler le service, etc.

Des cloches ou clochettes étaient ou sont toujours placées dans les conciergeries, réceptions d'hôtels et restaurants.

Actuellement, des systèmes de production de son sont fondés sur des cloches miniatures dans des alarmes, des sonneries de téléphone, de carillon de portes d'entrée ou de réveille-matin par exemple. Pour les sons se répétant rapidement produits par de tels systèmes, le terme employé est sonnette.

Avertissements[modifier | modifier le code]

Lépreux agitant une cloche (manuscrit du XIVe).
Cloche de Marine

Au Moyen Âge, on appelait campanier la personne qui annonçait les baptêmes sur la place principale du hameau ou précédait les convois funèbres en agitant une petite cloche ou clochette. La coutume de signaler le passage d'un cortège funèbre par ce campanier vêtu de noir, appelé familièrement le « clocheteur des trépassés » s'est conservée jusqu'au début du XXe siècle dans les campagnes, alors que dans les villes officiait plutôt le crieur des morts[9].

Parallèlement, les lépreux devaient signaler leur passage au moyen d'une cloche à main afin de signaler le danger d'épidémie. Dans une marge du Liber pontificalis of Edmund Lacy, Bishop of Exeter, un manuscrit du XIVe siècle, est représentée la figure d'un lépreux assis agitant une cloche tandis qu'un phylactère reproduit ses paroles (The Medieval Leper and his Northern Heirs de Peter Richards, 2000). Le docteur Jean-Joseph Tricot-Royer (1875 - 1951) rapporte le port d'une cloche par les lépreux en Belgique dans un article de la revue Aesculape - Revue mensuelle illustrée des Lettres et des Arts dans leurs Rapports avec les Sciences et la Médecine (1929).

Albert Jacquot (1853-1915) rapporte dans son Dictionnaire pratique et raisonné des instruments de musique anciens et modernes (1886) que : « …les criminels des Turcs portaient au cou (XVIIe siècle), une petite clochette qui avertissait le peuple de s’éloigner d’eux ».

En Angleterre à l'église anglicane St Sepulchre-without-Newgate, on sonnait traditionnellement la grande cloche lors de l'exécution d'un prisonnier à la prison de Newgate, dans le quartier. Le greffier de St Sepulchre était également chargé de faire sonner une clochette hors de la cellule du condamné à mort à Newgate pour l'informer de l'imminence de son exécution. Cette clochette connue sous le nom d'« Execution Bell », se trouve désormais exposée dans une vitrine au sud de la nef.

Dans la Marine on utilise aussi pour les bateaux des cloches appelées cloches de bord ou de Marine. (Voir l'article cloche de navire). Avant la mise en place de lentille de Fresnel, la navigation nocturne côtière et fluviale était guidée par des cloches. Au Musée Maritime Fluvail et Portuaire de Rouen est conservée une cloche qui guidait la navigation et qui était autrefois placée sur le bord de Seine : l'insolite cloche de la Risle.

Les premières automobiles avaient comme avertisseurs des cloches ou des clochettes. Certains marchands ambulants, ferrailleurs ou commerçants divers utilisent des cloches pour avertir les clients de leur passage. Autrefois, certaines locomotives à vapeur étaient également équipées de cloches pour servir de signal ou écarter les personnes ou le bétail des voies, de même que certains véhicules d'incendie ou encore les tramways.

Les cloches portées par les animaux d'élevage conduits dans un pâturage ont également une fonction d'avertissement, permettant au berger de repérer ses bêtes dans la brume (lire le paragraphe sonnaille et clarine). On note également l'utilisation de clochettes ou de grelots pour les animaux domestiques.

Clochers[modifier | modifier le code]

Les cloches sont souvent installées dans le haut d'une tour élevée permettant une diffusion plus lointaine du son. La tour isolée ronde ou carrée située à côté d'une église se nomme campanile ou beffroi s'il s'agit de cloches à usage public. Lorsque la tour est placée sur une église ou un bâtiment public, on l'appelle clocher s'il est à usage religieux et également beffroi ou tout simplement « tour de l'horloge » lorsque c'est pour loger des cloches municipales. Dans nombre de régions méridionales, on trouve les cloches enfermées mais exposées aux intempéries dans des cages en fer forgé parfois très travaillées au sommet de ces tours, on les appelle également campaniles. Ailleurs, comme en Lozère (France), certains clochers qui servaient à guider les voyageurs ou les habitants par temps de neige, sont nommés les « clochers de tourmente ».

Les noms des cloches[modifier | modifier le code]

Lors de l'inauguration d'une cloche d'église, l'usage veut qu'une cérémonie religieuse lui soit consacrée, appelée « baptême », « bénédiction » ou « consécration »(si le rite des diverses onctions aux huiles saintes est accompli ), durant laquelle un nom est attribué à la cloche. La tradition considère en effet la cloche comme une personne, et lui affecte un parrain et/ou une marraine. Les cloches publiques portent parfois des noms d'usage (la cloche de la Mutte de Metz par exemple, située dans la tour homonyme qui sert de beffroi communal servant à alerter la population et qui tire son nom du verbe « ameuter ») ou encore ceux des personnalités ayant présidé leur installation. Sur la grosse cloche du carillon de Chambéry sont gravés par exemple les noms de trois ministres : Jack Lang, Louis Besson, Michel Barnier.

Instrument de musique[modifier | modifier le code]

Agogô, cloches de la musique traditionnelle brésilienne

Les cloches peuvent être de toutes les dimensions : depuis des accessoires de robe minuscules (clochettes ou grelots) jusqu'à celles destinées aux églises, pesant plusieurs tonnes.

En Inde, aujourd'hui encore, des hommes et des femmes portent des chevillières équipées de clochettes appelées shinjini usées particulièrement dans la danse appelée kathak. On utilise aussi des ghungharus (appelés en tamil salangai) fabriqués avec 40, 80 voire 200 clochettes lors de danses traditionnelles indiennes. Ils servent à accentuer l'aspect rythmique de la danse en permettant des pas complexes et de souligner l'habileté des danseurs.

Les cloches sont utilisées comme des instruments de musique, organisées en carillon : un ensemble d'au moins quatre cloches (quadrillon) couvrant tout ou partie de la gamme. Cependant l'ensemble campanaire n'est souvent reconnu en tant qu'instrument de musique que si le nombre de cloches est supérieur ou égal à 23. Un tel ensemble peut être commandé, soit par un seul musicien par l'intermédiaire d'un clavier "coup de poing" ou artisanal et d'un système de transmission, soit par un ensemble de joueurs de cloches, commandant chacun à la main une ou plusieurs cloches aux tons différents. Certains carillons sont composés de cloches dont le corps est constitué d'un simple tube métallique : ce sont des cloches tubulaires.

Cloche à main

Dans la région du Valais en Suisse, il existe aussi un genre particulier de carillon. Celui-ci, dit carillon valaisan, est constitué d’un nombre de cloches variant entre trois et environ une dizaine. Il n’y a pas de clavier, le carillonneur, assis sur un banc parfois au milieu du beffroi, parfois à l’étage en dessous, actionne directement une mécanique très simple constituée de cordes et de chaînes reliées aux battants des cloches.

Des cloches sans battant en métal nommées Agogô sont un composant important de la musique latino-américaine. Elles reprennent la forme des cloches de campagne utilisées pour les animaux, appelées aussi « cloches à vaches » ou sonnailles. Elles sont frappées avec un bâton ou une baguette ; le son est modulé en touchant différentes parties et en l'assourdissant avec la main.

Dans divers endroits du monde (notamment en Afrique de l'ouest), des paires ou des trios de cloches sans battant sont jointes de manière qu'elles puissent être frappées séparément ou ensemble. La plus fréquente est l'agogô, aussi utilisé au Brésil. Dans la musique cubaine, une cloche appelée cencerro est utilisée comme instrument de percussion. Le même musicien jouant aussi les bongos, il est appelé bongocerro.

Clochette à main.

Alpenglocken :

Il s'agit d'un instrument formé d'un ensemble de petites cloches alpines (clarines) accordées et secouées soit par une même personne tour à tour, soit par un ensemble musical. On parle aussi d'austrian bells dans les pays anglo-saxons où elles sont très en vogue.

Cloche anglaise :

Les clochettes à main (en), appelées cloches anglaises, sont des clochettes en bronze, pourvues de poignées individuelles (traditionnellement en cuir mais aujourd'hui le plus souvent en plastique), accordées chromatiquement pour être utilisées dans des chœurs de clochettes joués dans les églises, écoles, groupes communautaires[10].

Sonnaille et clarine[modifier | modifier le code]

Sonnailles et clarines pour bovins

Sur les territoires où les troupeaux d'élevage bovin, ovin ou caprin sont conduits dans des pâturages collectifs, les paysans attachent des clochettes au cou des bêtes. Ces cloches possèdent plusieurs utilités : identification des animaux appartenant à un troupeau particulier, localisation des bêtes, notamment en cas de brume, et cohésion du troupeau.

Il existe des concours de « musique pastorale » utilisant ce type de cloches.

Le terme sonnaille (Kuhglocken en allemand) s'applique aux cloches qui sont forgées ou formées à l'aide de plaques soudées. Ces cloches légères sont généralement fabriquées en tôle de fer rivetée, de forme trapézoïdale, cylindrique ou en forme de coupe.

Le terme clarine s'applique aux cloches de bovin en bronze ou laiton de fonderie qui sont plus lourdes.

Symbolisme[modifier | modifier le code]

tintinnabule de la basilique de Marienthal (Bas-Rhin)
  • Le tintinnabule (ou tintinnabulum) est une clochette sur un support portatif et constitue, avec l'ombrellino, l'un des emblèmes distinctifs des basiliques chrétiennes catholiques.
  • Le Rationale divinorum officiorum médiéval de l'évêque Guillaume V Durand (1230-1296) associe la dureté du métal de la cloche à la force du prêcheur. La percussion du battant rappelle que le prédicateur doit se frapper symboliquement lui-même pour se corriger. De plus le joug qui supporte l'instrument évoque la croix du Christ, tandis que la corde qui lui est attachée symbolise la juste compréhension des Écritures qui découle du mystère de la croix.
  • Les cloches de Pâques. Selon une tradition chrétienne en cours dans l' Occident catholique depuis le VIIe siècle, les cloches restent silencieuses en signe de deuil à partir du Jeudi Saint. On rapporte aux enfants qu'elles sont parties pour Rome pour se faire bénir et qu'elles reviennent le jour de Pâques en ramenant des œufs qu'elles sèment sur leur passage après la Semaine sainte. Cette tradition s'explique par le fait que pour marquer la passion et le deuil relatif à la mort du Christ, on s'abstient de sonner les cloches le Jeudi saint, le Vendredi et Samedi Saint. Des crécelles ou trétrèles sont alors utilisées dans les paroisses et dans les communautés religieuses tant catholiques qu'anglicanes. Ce n'est qu'au Gloria[11] de la Messe de la Vigile Pascale que les cloches résonnent à nouveau. La tradition d'offrir des œufs remonte à l'Antiquité. Déjà, les Égyptiens et les Romains offraient des œufs peints au printemps car ils étaient le symbole de la vie et de la renaissance. L'Église ayant instauré au IVe siècle l'interdiction de manger des œufs pendant le Carême et les poules continuant à pondre, les œufs étaient alors décorés puis offerts le jour de Pâques. L'œuf en tant que symbole de vie, de fécondité et de renouveau est à l'image d'une vie nouvelle. Il était tout désigné pour devenir l'un des symboles profanes de Pâques et exprimer le renouveau inauguré par la résurrection, saluée symboliquement par les sonneries de cloches. En Italie, en signe de deuil, on attache les cloches des églises pour éviter qu'elles ne sonnent à partir du Jeudi Saint. À Pâques, les cloches déliées de leurs liens peuvent à nouveau sonner. En Roumanie, le simandre remplace entre le jeudi Saint et le dimanche de Pâques, les cloches qu’il est interdit de sonner en signe de deuil.
  • En Bucovine (Roumanie) et toujours la nuit de Pâques, les jeunes filles du village montent dans le clocher de l’église paroissiale pour laver le battant de la cloche (sa langue) avec de « l’eau non-commencée », c'est-à-dire de l'eau puisée à la fontaine par une personne qui ne parlera pas jusqu’à ce que cette eau soit utilisée pour laver le battant de la cloche. Par la suite, à l’aube du jour de Pâques, les jeunes filles se lavent elles-mêmes avec cette eau pour être belles toute l’année, symbole de jeunesse et de résurrection.
  • L'attachement aux cloches comme élément identitaire, de l'esprit de clocher au sens premier, cristallise les deux dimensions de l'institution ecclésiale à la fois autorité spirituelle et autorité temporelle et sociale. Il s'est manifesté notamment lors des mouvements d'opposition aux réquisitions de cloche pendant la période révolutionnaire et sous le Premier Empire, comme en 1806 à Lageyrat (Haute-Vienne) ou encore lors des pillages de cloches lors de la Première et Deuxième guerre mondiale. Gabriel Le Bras (1891-1970) juriste, historien, sociologue et professeur d'université dit à cet effet : « le clocher est le symbole même de la paroisse et sa personnalité ».
  • Le pouvoir des cloches. Selon une tradition occidentale, les sonneries de cloches éloigneraient la foudre et la grêle. Les agriculteurs utilisaient les sonneries de cloches afin d'éloigner les orages et briser les coups de grêle et donc protéger les hommes, les bêtes et les récoltes. La cloche porte encore le nom de « sauveterre » dans certaines régions, en référence à cet usage ancien. Un autre pouvoir des cloches était celui supposé de permettre la délivrance plus rapide des parturiantes. Faire sonner les cloches faciliterait l'accouchement. Paul Sébillot (1843-1918) ancien président de la Société d'Anthropologie, rapporte dans son ouvrage de 1908 : Le Paganisme contemporain chez les peuples celtolatins, l'habitude dans certaines régions de lier la ceinture de la femme enceinte à une cloche de l'église paroissiale et d'en sonner trois coups.

Symbolisme de la cloche en Asie[modifier | modifier le code]

Cloche rituelle tibétaine.

Il est lié à la perception du son. En Inde elle symbolise l'ouïe et ce qu'elle perçoit, le son, reflet de la vibration primordiale. Les rituels du bouddhisme tibétain utilisent la cloche en même temps que le dordjé, le dordjé représentant le masculin, le chemin vers la connaissance, l'efficacité pour surmonter les obstacles et la cloche représentant le féminin, la connaissance et la vacuité. La réunion des deux symbolisant la complémentarité, l'interdépendance du masculin et du féminin et la réunion du temporel et du spirituel.

En Chine on associe le bruit de la cloche à celui du tonnerre et du tambour. La musique des cloches y est musique princière et symbole de l'harmonie universelle. Les clochettes suspendues au toit des pagodes sont chargées de répandre le son de la loi bouddhique. Le bruit des cloches a universellement un pouvoir d'exorcisme et de purification : il éloigne les influences mauvaises ou avertit de leur approche. Un document chinois daté de 2260 avant Jésus-Christ rapporte que l'Empereur Hoang-ti fit fondre douze cloches destinées à ces usages.

La plus grande cloche du monde était bouddhiste et birmane : la cloche du roi Dhammazedi, seizième souverain du royaume d'Hanthawaddy, fondue le 5 février 1484, pesant vraisemblablement 300 tonnes selon les descriptions de l'époque. Elle fut volée en 1608 dans la pagode Shwedagon par l'aventurier Filipe de Brito, qui souhaitait la fondre pour en faire des canons. Elle coula en même temps que le bateau chargé de la transporter à la confluence des rivières Bago et Yangon. Un projet américain appuyé par le gouvernement birman est actuellement[Quand ?] à l'étude pour la renflouer.

La plus grande cloche bouddhiste actuelle est celle du temple de Hanshan à Suzhou, en Chine. La cloche, sur laquelle sont inscrits les noms de 10 000 bouddhas, pèse 109 tonnes et mesure 9 mètres de hauteur pour 6,06 mètres de largeur maximale. Elle a été fondue par Wuhan Heavy Industry casting & Forging, filiale des chantiers navals CSIC, en 2009-2010. Traditionnellement pour la fin de l'année lunaire on la sonne de 108 coups, ainsi qu'à minuit pour chaque nouvelle année civile, en signe de paix, de prospérité et de bonheur. Le chiffre 108 représentant les 108 épreuves qu’a subi le Bouddha pour atteindre l’illumination, les 108 noms du Bouddha, les 108 passions que doit surmonter le fidèle, les 108 écrits sacrés de Padmasambhava, les 108 mudras du Tantra, les 108 positions du Yoga, les 108 feux allumés pour le culte des morts au Japon, les 108 tombeaux extérieurs du mont Hiei près de Kyoto et les 108 grains du chapelet bouddhique. Dans l'hindouisme, il y a également 108 représentations de poses ou danses sacrées du Nastya Shastra, 108 Upanishads, 108 noms donnés à Vishnou dans le Mahabharata et 108 noms pour Shiva.

Fabrication[modifier | modifier le code]

Une cloche en coupe

La fonte d'une cloche[12] se fait à partir d'un moule dans lequel on versera un alliage appelé « airain ». La composition du métal a peu varié depuis la création des premières cloches par les Chinois il y a près de 4 000 ans. En effet, il convient de trouver un alliage de différents métaux qui offre à la fois une résistance mécanique suffisante pour supporter la frappe répétitive du battant ou d’un marteau et une qualité musicale satisfaisante tant en matière de portée sonore qu’en matière de durée des vibrations. L'alliage traditionnellement utilisé en France pour la fonte de cloches et qui est appelé familièrement « potin » par les fondeurs, est une combinaison de cuivre et d’étain, deux matériaux qui sont plutôt mous pris séparément. La bonne proportion utilisée pour la fabrication de l’airain est de 78 % de cuivre et de 22 % d’étain. Sa température de coulée est de 1 180 °C. Le temps de solidification dans le moule est de l’ordre de cinq heures, afin d’obtenir une structure métallique particulière qui va donner à l’alliage sa rigidité, sa résistance mécanique, mais surtout ses propriétés acoustiques si remarquables. Cet alliage est de couleur jaune très pâle. Exposé à l’air extérieur et aux intempéries, il se recouvre progressivement d’une couche de patine dans les nuances « vert bronze ».

La composition peut varier notablement. Certaines cloches actuelles comportent également des traces d'antimoine (exemple des cloches de Friedrich Schilling de l'ancienne fonderie de Heidelberg en Allemagne). Pour les cloches anciennes, les analyses de métal montrent qu’il peut y avoir des écarts et aussi des traces d’autres métaux. Il n’était pas toujours facile d’obtenir des matières premières pures (présence de plomb ou de zinc notamment, mais aussi fer, arsenic, soufre…) surtout quand il y avait eu récupération de pièces métalliques diverses ou refonte de canons ; il y avait quelques fois des tentations pour introduire des matières moins onéreuses que le cuivre ou l’étain.

Il y eut aussi des tentatives pour réaliser des cloches avec d’autres types d’alliages ou d’autres matériaux. Vers 1919 un fondeur de cloches lorrain de Robécourt, Georges Farnier, tenta de modifier la composition initiale du bronze de coulée en y joignant une faible quantité d'aluminium. Malgré le résultat positif de l'expérience, il y renonça, tant il parut outrancier de dépasser la tradition.

On trouve encore en Allemagne et en France quelques cloches coulées en acier dont les premiers exemplaires ont été réalisés au milieu du XIXe siècle (cloches moulées de Jacob Mayer présentées à l'exposition universelle de Paris en 1855[13], Société Jacob Holtzer et compagnie des Aciéries d'Unieux entre 1857 et 1872). Exemple de la cloche en acier de l'église Sainte-Madeleine à Tournus, fondue par Jacob Holtzer en 1862. Elle a un diamètre de 108 cm (note La3). Ces cloches ont l’avantage d’être moins lourdes et moins coûteuses, mais leur qualité sonore est moindre et leur durée de vie est sans doute plus courte du fait du risque d’altération par la rouille. Elles doivent souvent être peintes du fait de la corrosion.

Après la Seconde Guerre mondiale, notamment en Allemagne, certaines matières premières comme l’étain ont manqué et des essais ont été faits avec d’autres métaux comme l’aluminium ou le manganèse mais la qualité s’en est ressentie. La présence d’argent pour rendre la cloche plus cristalline est toutefois une légende ; c’était une façon pour le fondeur de récupérer quelques objets de valeur pour sa rémunération personnelle. Néanmoins certaines cloches russes coulées par les fondeurs contiennent effectivement des traces d'argent.

En Allemagne, il existe aussi des petits carillons de cloches faites de porcelaine (région de Meissen, en particulier) ; la portée peut atteindre quelques centaines de mètres autour du clocher.

Pour les petites cloches, comme les clarines d’animaux, on peut trouver des alliages proches du laiton. En Inde, il a été fait parfois usage pour la fonte de clochettes rituelles d'un alliage composé de 8 métaux appelé "ashtadhatu" : or, argent, cuivre, zinc, plomb, étain, fer et mercure.

Quelques analyses de composition du métal de certaines cloches :

  • la célèbre cloche russe de 200 tonnes, la Tsar Kolokol : l’analyse effectuée par le laboratoire impérial du corps des mines, donna le résultat suivant : cuivre 84,51 %, étain 13,21 %, soufre 1,25 %, divers (zinc, arsenic…) 1,03 % ;
  • les cinq cloches de l'église Saint-Vincent de Gragnague (Haute-Garonne) ont fait l’objet d’une analyse métallique par le CNRS : la cloche de 1405 comporte 75,3 % de cuivre et 20,7 % d’étain, 2,7 % de plomb et des résidus de divers autres métaux ; celle de 1939 comporte 6,3 % de plomb au détriment du cuivre (69,7 %) ;
  • la cloche de 1721 de Poligny (Jura) montre une composition de 76 % de cuivre et 24 % d’étain ;
  • les analyses faites lors de fouille archéologiques sur des restes de moules médiévaux montrent, par exemple à Alet, une présence de 3,6 % de plomb au détriment du cuivre.

Le Processus de fabrication[modifier | modifier le code]

Le moule lui-même comprend deux parties qui correspondent à la forme intérieure et extérieure de la future pièce.

La fabrication d'un noyau en briques réfractaires, sorte de cheminée à l'intérieur de laquelle on entretient un feu de charbon de bois (no 1), constitue la première étape. Ce noyau est recouvert de plusieurs couches de « terre » – en réalité un mélange d'argile, de crottin de cheval et de poils de chèvre (no 2) – lissées à l'aide d'un gabarit en laiton. Il existe deux formats de gabarits (no 2), l'un définissant la forme intérieure de la cloche, l'autre la forme extérieure (no 3). Malgré leur ressemblance, ils sont bien différents, ce que la coupe d'une cloche permet de visualiser ci-contre.

Une « fausse cloche », composée d'argile et de poils de chèvre, est construite à l'aide du gabarit extérieur. Une fois lissée avec du gras de bœuf, elle reçoit décors et inscriptions en cire, notamment son nom, la date et le nom du donateur. Ce travail très minutieux s'effectue élément par élément. Pour l'estampage des ornements, on utilisait autrefois des matrices en bois gravé (no 4), une technique qui imposait un dessin préalable au miroir. Désormais de nouveaux matériaux permettent de concevoir le décor à l'endroit et sont également plus souples.

La « fausse cloche » – préfiguration de la pièce finale – est à son tour recouverte de terre. En séchant, cet enduit constitue une sorte de carapace, que l'on appelle la chape. Au bout de quelques jours, lorsque les moules sont bien secs, on les ouvre pour libérer la « fausse cloche ».

On enterre alors le noyau, la chape et le moule de la couronne dans une fosse remplie d'une terre soigneusement damée. Le métal porté à une température de 1 180 °C dans un four y est déversé au moyen d'un canal en briques traversant la fosse. Les très grosses pièces, d'un poids supérieur à 500 kg, sont placées dans une fosse spéciale (no 6). Le lendemain on dégage la terre et quelques jours plus tard on casse le moule, manuellement, avec des sortes de marteaux, pour retirer la cloche définitive (no 8). Il reste à la nettoyer et à vérifier sa sonorité, que l'on rectifie au besoin en la polissant. On ajoute alors les accessoires de suspension et le battant.

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Les cloches en France[modifier | modifier le code]

Cloches notables[modifier | modifier le code]

Emmanuel, le bourdon de Notre-Dame de Paris
cloche en acier de 15 tonnes de l'exposition universelle de Paris - 1867 -

La cloche dite « de Saint-Ronan », conservée dans le trésor de l'église de Locronan, datée du VIe au VIIIe siècle, et la cloche « de Saint-Pol » de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon datée du VIe siècle, sont parmi les plus anciennes de France. La légende rapporte que la cloche « de Saint Pol » (Saint Paul Aurélien (492-572), l'un des sept évêques fondateurs de Bretagne), serait le fruit d'une trouvaille miraculeuse. Avant de quitter le Pays de Galles pour l'Armorique, saint Pol demanda au roi Marc'h de Cornouailles de lui donner l'une de ses sept clochettes qu'il utilisait pour se protéger des esprits malfaisants. Le roi refusa. C'est alors qu'au cours d'un repas pris à Île de Batz, à la table de son cousin Wirthur, chef de la légendaire ville d'Occimor, l'on retrouva miraculeusement la cloche dans le produit d'une pêche. Saint Pol la reconnaissant, rapporta l'histoire. C'est cette cloche qui est depuis conservée dans une niche de la cathédrale Saint-Pol-de-Léon.

La cloche du Puy est l'une des plus anciennes cloches répertoriées en France (fin du XIIe siècle). Elle porte un décor composé d'une frise de rinceaux fins et de palmettes peu développées ainsi qu'une succession de filets parcourant le corps de la cloche jusqu'à la pince.

L'une des plus vieilles cloches de France est celle de Fontenailles, un hameau appartenant à la commune de Longues-sur-Mer (Calvados), datant de 1202. Elle est conservée au musée du Baron-Gérard à Bayeux. Une autre cloche faisant partie des plus vieilles cloches de France, classée monument historique, est celle de Sidiailles (Centre), datant de 1239.

Il existe encore plusieurs cloches d'églises antérieures à l'an 1300 : Arlanc (Puy-de-Dôme), Le Moutier-d'Ahun (Creuse), Marines (Val d'Oise), Gros-Horloge de Rouen (Seine-Maritime), Saccourvielle (Haute-Garonne), Le Tech (Pyrénées-Orientales), La Villedieu (Dordogne) et surtout les deux cloches de l'église Saint-Georges de Haguenau (Bas-Rhin), l'un des plus anciens duos conservés en Europe.

Dans le campanile de l'église de Fouqueure (Charentes), se trouvent deux cloches de la fin du XIIe siècle, achetées en novembre 1957 par l'abbé Tesseron à l'abbé Clairefeuille, curé d'Ébréon. Elles ont été installées à Fouqueure le 29 mars 1958. Elles se nomment Appolonia (41 kg) et Marie-Bernard (56 kg). Elles avaient été découvertes dans un champ d'Ébréon (Charentes) appartenant à la famille Verron. Elles sont depuis 1957 propriété de la commune de Fouqueure.

La cathédrale Saint-Étienne et Notre-Dame de Metz comporte une cloche datée de 1398 qui sonne en La dièse. Une autre cloche ancienne de la cathédrale de Metz a été fondue en 1413, elle pèse environ 2 tonnes, mesure 1,20 m de hauteur et 1,56 m de diamètre inférieur. Elle sonne les heures en Ré dièse. La cathédrale abrite également l'une des plus grosses cloches françaises : la Mutte qui pèse près de 11 tonnes et mesure 2,32 m de diamètre. Elle sonne en Fa dièse 2. Elle a été fondue en 1412. La tradition rapporte qu’il y ait eu sept refontes, en raison de fêlures successives. Sa dernière refonte date de 1605. La Mutte était une cloche civile et ne sonnait qu’en cas d’attaques ennemies, d’incendies et de très grandes fêtes. Elle a sonné à la volée pour la dernière fois en 1919 et fait actuellement l'objet d'une restauration ainsi que la tour servant de beffroi qui l'abrite.

Le beffroi de la ville d'Obernai dans le Bas-Rhin abrite un bourdon de 1429 du fondeur Hans Gremp (le fondeur du bourdon de la cathédrale de Strasbourg qui date de 1427) et une autre cloche de 1474 du fondeur Lamprecht Johannes. L'église de Brageac dans le Cantal abrite une cloche de 1466 la plus vieille du département.

La cloche de Schleithal (Bas-Rhin) de l'église paroissiale Saint-Barthélemy date de 1594 et a été coulée à Spire par le fondeur Paul Kessel. Elle pèse près de 1 400 kg et mesure 1,26 m de hauteur pour un diamètre qui est de 1,31 m. Sur la faussure, elle porte les figures de la Vierge, de Saint-Pierre et de Saint-Paul.

La cloche la plus grosse de France mesure 3,06 mètres de hauteur, 9,60 mètres de circonférence et pèse plus de 18 tonnes (Do#2). Surnommée "la Savoyarde" et de son vrai nom "Françoise-Marie du Sacré-Cœur", elle se trouve au Sacré-Cœur à Paris. La souscription des Savoyards avait été commencée le 29 janvier 1889 sur une initiative de Monseigneur Leuillieux archevêque de Chambéry pour contribuer à la construction de la Basilique. La cloche fut coulée le 13 mai 1891 par Georges et Francisque Paccard d'Annecy-le-Vieux et baptisée le 20 novembre 1895. Elle fut mise en place en 1898.

Une cloche de 15 tonnes et de 3,13 m de diamètre sonnant le Ré fut fondue à Bochum par la fonderie Jacob Mayer (bochumer Verein) en 1867 pour devenir, en compagnie de trois autres cloches plus petites, une attraction de l'exposition universelle de Paris. Elle est en acier, ne sonne plus, elle est en mauvais état et n'a plus de battant. Elle est aujourd'hui exposée en face de l'hôtel de ville de Bochum en Allemagne.

La plus grosse cloche coulée en France, qui est actuellement la 2e plus grosse cloche en volée du monde après celle de Gotemba au Japon (36 250 kg) qui a été coulée par la fonderie Eijsbouts d'Asten aux Pays-Bas en 2006, est d'un poids de 33 385 kg (note LA1) d'un diamètre de 3,65 m et d'une hauteur de 3,65 m. Elle a été réalisée par les fonderies Paccard de Sevrier et la société Verdin de Cincinnati pour le compte de la Millenium Monument Company à Newport, Kentucky (États-Unis). 4 000 briques, 150 tonnes de sable et argile et 350 kg de cire d'abeille non raffinée ont servi à la préparation des moules. Plus de 30 tonnes d'airain fondu porté à 1 023 °C ont été nécessaires pour remplir le gigantesque moule en 5 minutes et 57 secondes. Le 20 mars 1999 la cloche a été dévoilée aux Nantais avant son embarquement. Le 4 juillet de la même année s'est déroulée la présentation officielle à La Nouvelle-Orléans (Louisiane) de la "World Peace Bell" pour la fête nationale américaine. En août-septembre 1999, elle a été installée dans une tour spéciale du Millenium Monument Company à Newport aux États-Unis pour y sonner solennellement le passage des 12 coups de minuit au 1er janvier 2000.

Les plus grosses cloches de France : (à compléter)

Nom Lieu Masse (en kg) Note Année Fondeur ou Fonderie
La Savoyarde Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre (Paris) 18 835 Do#2 1891 Paccard
Emmanuel Cathédrale Notre-Dame de Paris 13 270 Fa#2 1685 Florentin le Gay
Savinienne Cathédrale Saint-Étienne de Sens 11 500 à 9 800 Mib2 1560 Mongin Viard
Potentienne Cathédrale Saint-Étienne de Sens 10 000 à 6 800 Fa2 1560 Mongin Viard
La Mutte Cathédrale Saint-Étienne de Metz 10 943 à 9 000 Fa#2 1605 (?)
Charlotte Cathédrale Notre-Dame de Reims 10 640 Fa2 1570 (?)
Thérèse Basilique Sainte-Thérèse de Lisieux 9 800 Fa2 1948 Paccard
Jeanne d'Arc Cathédrale Notre-Dame de Rouen 9 600 Fa2 1959 Paccard
du Saint-Esprit (Totenglocke) Cathédrale Notre-Dame de Strasbourg 8 811 Lab2 1427 Hans Gremp (Strasbourg)
Ferdinand Tour Pey-Berland (Cathédrale Saint-André de Bordeaux) 8 350 Fa#2 1869 (?)
Marie-Joséphine Basilique Notre-Dame-de-la-Garde de Marseille 8 234 Ré#2 1845 Gédéon Morel
Charles Église Sainte-Croix de Nantes environ 8 000 Sol2 (?) 1841 (?)
Grosse cloche Collégiale Notre-Dame de Montbrison environ 8 000 (?) 1502 (?)
Godefroy Cathédrale Saint-Pierre de Rennes 7 938 Fa#2 1867 Bollée (Le Mans)
Grosse cloche Porte de la Grosse Cloche de Bordeaux environ 7 800 Fa#2 (?) 1775 Turmel
Bourdon Cathédrale Saint-Jean de Lyon environ 7 700 Lab2 1622 Pierre Recordon
Marie Cathédrale Notre-Dame de Reims environ 7 400 Sol2 1894
Jean Bart Beffroi de Saint-Éloi de Dunkerque environ 7 000 (?) (?)
Bourdon Cathédrale de Dijon environ 6 800 Fa2 (?)
Bourdon Cathédrale d'Auch environ 6 750 ou 9 700 Mi2 1853
Aubert Basilique Saint-Gervais d'Avranches 6 454 Sol2 1899 Bollée (Le Mans)
Saint-Étienne Église Saint-Étienne de Mulhouse 6 334 Sol2 2011 Cornille-Havard
Gros bourdon Cathédrale Notre-Dame de Verdun 6 330 à 5 500 Sol2 1756
Maria de Domnis Cathédrale Notre-Dame des Doms d'Avignon 6 301 Fa#2 1848 Pierron
François de Sales Église Notre-Dame de Liesse d'Annecy 6 200 Sol2 1878
Sainte Marie Cathédrale de Chartres 6 200 Fa#2 1840 Cuviller Frères
Charles Basilique Saint-Vincent de Metz 6 120 Sol2 1901 Bour & Guenser
Thérèse Église Saint-Sulpice de Paris 6 100 Fa#2 1824 Osmond
Gros Guillaume (Guillaume-Étienne) Cathédrale de Bourges 6 080 Fa2 1840(?)
Marie Cathédrale Notre-Dame de Paris 6 023 Sol#2 2012 Eijsbouts
Joséphine Basilique Saint-Régis de Lalouvesc 6 000 Sol2 1890 Gulliet (Lyon)
Sacré-Cœur de Jésus Abbatiale Saint-Nabor de Saint-Avold 6 000 Sol2 1920 Paccard
Bourdon Cathédrale Sainte-Marie-Majeure de Marseille environ 6 000 La2 1901 Burdin-Ainé
Cécile Église Saint-Jacques de Pau 6 000 Sib2 1880 Léon Bollée (Le Mans)
Gros Léon Basilique Notre-Dame de Bonsecours près de Rouen 6 000 La2 1892 Drouot (Douai)
Jeanne d'Arc Cathédrale Sainte-Croix d' Orléans 6 000 Sol2 1898 (refondu en 2012) Bollée (Paccard)
Bourdon Église Notre-Dame de Vitré 5 800 Sol#2 Bollée (Le Mans)
Saint-Maximin Église de Thionville 5 740 Sol2 1920 Georges Farnier
Joyeuse Beffroi de Douai 5 500 (?) 1924
Saint-Pierre Cathédrale de Rodez 5 299 Fa#2 1851
Jean-Marie église Sainte-Ségolène de Metz 5 276 Lab2 1931 Causard
Grosse cloche carillon de Chambéry 5 100 Sol2 1993 Paccard
Joseph-Auguste-Edmond Basilique Saint-Nicolas de Saint-Nicolas-de-Port 5 000 Si2 1897
Bourdon Église Saint-Just d'Arbois 5 000 (?) (?)
Bourdon Église de Masevaux 4 900 Lab2 1969
le Timbre Cathédrale Notre-Dame de Chartres 4 900 La2 1520
Alphonse Église Saint-Barthélemy de Gérardmer 4 817 (?) 1936
2e Bourdon Cathédrale Notre-Dame de Verdun 4 650 à 3 650 La2 1756
Marie église Saint-Joseph de Montigny-lès-Metz 4 568 La2 1907 Otto (Hemelingen)
Anselme Abbaye Notre-Dame du Bec 4 500 (?) 2010
Marie Cathédrale Notre-Dame d'Amiens 4 500 La2 1736
Anne-Charlotte Cathédrale Saint-Christophe de Belfort 4 425 (?) 1903
Bourdon Église Saint-Martin de Vitré 4 400 Sol2 1885
Gabriel Cathédrale Notre-Dame de Paris 4 162 la#2 2013 Cornille-Harvard
Amable Basilique Saint-Amable de Riom 4 080 (?) 1865
François Cathédrale Saint-Pierre de Montpellier environ 4 000 Sol#2 1867 Crouzet-Hildebrand (Paris)
le Grand Bourdon Cathédrale Saint-Étienne de Saint-Brieuc environ 4 000 La2 1952 Cornille-Havard
Marie Françoise Basilique de la Visitation d'Annecy environ 4 000 La2 1926 Les Fils de G. Paccard
Gros Bourdon Collégiale Notre-Dame de L'Assomption de Samoëns environ 4 000 La2 (?) 1810 Samuel Croix
Marie Cathédrale Saint-Nazaire de Béziers 3 983 La#2 1939 Granier
Étienne-Florian Cathédrale Saint-Étienne de Toulouse 3 901 La2 1876 Amans Lévêque (Toulouse)
Saint-Jean Cathédrale Notre-Dame de Strasbourg 3 896 Sib2 1976
Saint-Jacques Cathédrale Sainte-Marie de Bayonne 3 640 La2 2003 Cornille-Havard
Bourdon Église Saint-Thomas de Strasbourg 3 600 La2 1783
Firmine-Mathilde Cathédrale Notre-Dame d'Amiens 3 600 Sib2 1903
Petit Bourdon Cathédrale de Metz 3 500 (?) (?)
Anne-Geneviève Cathédrale Notre-Dame de Paris 3 477 si2 2013 Cornille-Harvard
Marie-Charlotte Cathédrale Saint-Étienne de Sens 3 427 Re 1376 Jean Jouvente
Jean Baptiste Église Saint Jean-Baptiste de Megève 3 200 Si bémol 2 1886 G&F Paccard
Jacques Église Saint Jacques de Sallanches 3 200 Si bémol 2 1846 C&J-P Paccard
Florus Cathédrale Saint-Pierre de Saint-Flour 3 156 Si2 1881 Reynaud (Lyon)
Saint-Georges Église Saint-Georges de Sélestat 3 060 Do3 1879 (1599)
Valérien Cathédrale Sainte-Cécile d'Albi 3 020 Sib2 1879 Amans Lévêque (Toulouse)
Charles Cathédrale Saint-Pierre de Montpellier environ 3 000 La#2 1867 Crouzet-Hildebrand (Paris)
Grosse Cloche ou Quiriace Tour César de Provins 3 000 (?) 1511
Marie Église d'Hirsingue 3 000 Sib2 1863
le "Gros-Malo" Église Saint-Malo de Dinan 2 980 Sol#2 1869 Villedieu-les-Poêles
Sacré-Cœur de Jésus Église Saint-Nicolas de L'Hôpital 2 819 Do3 1950 Camille Havard
Louise-Thérèse Église Saint Jean-Baptiste de Taninges 2 755 Si2 1909 G&F Paccard
Sacré-Cœur de Jésus Église Saint-Louis de la Robertsau (Strasbourg) 2 145 Do 1921 Paccard

Nota : à titre de comparaison, la plus grosse cloche du monde se trouve en Russie. Il s'agit de la Tsar Kolokol d'un diamètre phénoménal de 6,6 m pour 6,24 m de hauteur et 200 tonnes. La cloche est actuellement la plus grande cloche au monde et a été fondue par les maîtres Ivan Motorin et son fils Mikhail (1733–1735)… Elle n'a cependant jamais fonctionné.

Les cloches disparues célèbres de France :

Nom Lieu Masse (en kg) Note Année Disparue
Maria Regina Cathédrale Notre-Dame de Strasbourg environ 20 560 (?) 1519 1521
Georges d'Amboise Cathédrale Notre-Dame de Rouen environ 18 000 (?) (?) (?)
La Rigaud Cathédrale Notre-Dame de Rouen (?) (?) vers 1260 (?)
Jeanne d'Arc Cathédrale Notre-Dame de Rouen 16 000 Ré2 1914 1944
Gros Bourdon Cathédrale de Chartres 15 000 (?) (?) 1793
La Non-Pareille Cathédrale de Mende environ 13 000 (?) 1516 1580
Cardailhac Cathédrale de Toulouse 13 000 (?) 1387 et 1531 1794
Marie-Firmine Beffroi d'Amiens environ 11 000 (?) 1748 1940
Bourdon Cathédrale de Chartres 10 000 (?) (?) 1793
Bourdon (et carillon) Abbaye Saint-Winoc de Bergues 8 500 (Bourdon) (?) 1700 1791
Marie Cathédrale Notre-Dame de Paris environ 8 000 Sol 1472 (?)
Bancloche Cathédrale de Toul (?) (?) 1396 (?)
Bourdon (et carillon) Église Saint-Martin de Bergues 4 000 (Bourdon) (?) 1618 1793
Messglocke Cathédrale Notre-Dame de Strasbourg 2 151 (?) 1643 (?)
Saint-Laurent + sonnerie Église Saint-Laurent de Wintzenheim environ 2 150 Do 1919 1943
Gabrielle Église Notre-Dame de Fives Lille environ 2 100 (?) (?) 2010
ancienne sonnerie Église Saint-Nicolas de L'Hôpital en Moselle (?) (?) 1882 et 1922 1917 puis 1943
Petit Bourdon (et carillon) Abbatiale Saint-Nabor de Saint-Avold Petit Bourdon : 2 100 (?) 1920 1944
grosse cloche Église Saint-Epvre de Nancy (?) (?) XVIe 1747
ancienne cloche Église Saint-Epvre de Nancy (?) (?) 1576 1867
ancienne cloche Église Saint-Étienne d'Écuelle près de Bouxières-aux-Chênes (?) (?) 1412 1914
Marie timbre de l'horloge de Verdun (?) (?) 1301 1944

Conservation du patrimoine campanaire en France et en Belgique[modifier | modifier le code]

Enlèvement de la cloche de Martincourt-sur-Meuse par les Allemands le 7 août 1917

Les guerres sont les pires ennemies des cloches. Déjà au cours de la guerre de Cent Ans de 1337 à 1453 on note des pillages et des pertes campanaires importantes. Françoise Michaud-Fréjaville, dans son étude Naudin Bouchard, une carrière de fondeur orléanais pendant la guerre de Cent Ans, publiée au Bulletin de la Société archéologique et historique de l’Orléanais, n.s., 11/92 (1991), p. 23-32, montre le lien entre le développement de l’artillerie au cours de cette guerre et certains fondeurs de cloches se reconvertissant en fondeurs de canons. Les guerres de religion vont continuer de ravager le patrimoine campanaire. Une série de huit grands conflits où se sont opposés catholiques et protestants, appelés aussi huguenots, va toucher le royaume de France dans la seconde moitié du XVIe siècle. C'est ainsi que disparaîtra en 1580 la Non Pareille une cloche de 1516 de la cathédrale de Mende, la plus grosse de France à ce jour avec 25 tonnes. Elle est détruite par le capitaine huguenot Mathieu Merle. Le notaire Destrictis de Mende rapporte : « …Comme on ne pouvait parvenir à rompre la Non Pareille, on fit faire un grand feu, au-dessous et aux environs, et on la fit échauffer de telle sorte qu'après on la rompit aisément ». Le métal fut récupéré pour faire des couleuvrines et deux gros canons. Seul resta le battant en fer de 470 kg ce qui parait peu compte tenu du poids couramment estimé de la cloche, il ne faut pas perdre de vue toutefois que le quintal du Midi et du Gévaudan d'ancien régime pesait cinquante kilos environ (48,5) au lieu des 100 du quintal métrique actuel (il manqua de disparaître plus tard en 1793, les membres du comité révolutionnaire voulant le vendre mais personne ne s'en porta acquéreur). La guerre de Trente Ans (1618-1648) s'accompagna des mêmes destructions.

Le patrimoine campanaire tant français que belge, a été ensuite menacé à plusieurs reprises par la Révolution française et toutes les guerres qui s'ensuivirent. Pour convertir le bronze en monnaie (premiers décrets en 1791) ou en canons (décret du 23 juillet 1793), plusieurs lois furent votées par les assemblées révolutionnaires entre 1791 et 1795. Le décret du 23 juillet 1793 ordonnait que « chaque commune a la faculté de conserver une cloche qui serve de timbre à son horloge » (cloche civique)[14]. Ce décret proclame la Patrie en danger et va justifier la récupération par les révolutionnaires des cloches afin d'en fondre le bronze pour le convertir en canons. Au total, cent mille cloches disparurent dans la tourmente. Napoléon, pour les besoins de son immense armée, en fit aussi grande consommation. La cloche de Lignières (Cher) a heureusement échappé à ces mesures : fondue à Orléans pendant la révolution en 1790, elle porte la mention « Vive la nation, vive le Roi » et des fleurs de lys. Celle de Quintal (Haute-Savoie) porte la mention « Si je survis à la Terreur c’est pour annoncer le bonheur ». Dès la date de la signature du Concordat le 8 avril 1802, la reconstitution du patrimoine campanaire dans les édifices ouverts au culte se fit lentement. Le véritable repeuplement des clochers ne se fit cependant que sous le Second Empire et la IIIe République[15].

La Première et la Seconde Guerre mondiale furent désastreuses pour le patrimoine campanaire européen et notamment français et belge. La Basilique de Saint-Nicolas-de-Port conserve par exemple dans une chapelle une cloche de 1832, percée lors du bombardement du 19 juin 1940.

En France selon les recherches et les chiffres de Percival Price, sur environ 75 000 cloches recensées en 1939, près de 1 160 auraient été confisquées et détruites par l'occupant, essentiellement dans les trois départements d’Alsace-Lorraine (plus précisément l’Alsace-Moselle), annexés et traités comme le reste de l’Allemagne, ainsi que dans les départements du Nord et du Pas-de-Calais dont l’administration militaire allemande relève alors non pas de Paris mais de Bruxelles. Cependant il faut ajouter à ce chiffre, les cloches non dénombrées détruites par les bombardements.

En Belgique ce fut le fondeur George II Slegers (1907-1910) qui œuvra activement pour le remplacement des centaines de cloches disparues au cours de la Seconde Guerre mondiale. Avant la Seconde Guerre mondiale, la Belgique possédait près de 12 000 cloches dont le poids total était évalué à six mille tonnes. Après les réquisitions de juin et de juillet 1944, les 4 566 cloches enlevées par l'occupant représentent un poids de 3 794 825 kg, soit une perte de près de 60 % du patrimoine campanaire belge. Rien que dans le diocèse de Liège, 840 cloches sont portées manquantes pour un poids total de 1 205 599 kg.

La cloche est non seulement un instrument soumis aux aléas de l'histoire, mais elle est également soumise aux caprices des éléments : vieillissement du métal, intempéries, oxydation, ce qui demande un entretien régulier par des artisans campanaires. Par grand froid (moins de -10 °C) on s'abstient de sonner les cloches en volée car elles sont alors fragilisées. On pense que c'était par exemple à cause du froid que l'une des cloches des plus importantes de France, la Maria Regina de Strasbourg (environ 21 tonnes) et qui datait de 1521, s'était irrémédiablement fêlée.

L’art campanaire regroupe plusieurs corps de métier : la fonderie, la musique, la charpente, la serrurerie, la mécanique, la mécanique horlogère, l’électricité, l’électronique. Aujourd’hui, aucune norme ni règle officielle ne régit la profession. Devant ce fait, des artisans campanaires réunis en coopérative d’entreprises ont décidé : d’établir un programme de formation reconnu du personnel (première en France et en Europe) ; d’établir des cahiers des charges précis pour les prestations d’électrification, de restauration et d’installation en matière de cloche et d’horlogerie.

L'École nationale du patrimoine a organisé en juin 1997 un séminaire sur « la connaissance et la gestion du patrimoine campanaire », qui portait en particulier sur :

Inventaire et vérification systématique des cloches lors des tournées de visites des églises rurales ; Récolement des cloches classées au titre des monuments historiques (154 cloches recensées) ; Inventaire général du patrimoine départemental (époques, sonneries, coutumes) ; Demandes de protection des cloches anciennes nouvellement repérées ; Publications.

  • L’entretien

Contact avec les entreprises spécialisées et visites sur place des installations sous contrat d’entretien. Vérification du lien « joug cloche » ainsi que de la fixation du battant ; Analyse des éléments extérieurs liés à l’entretien et au bon fonctionnement ; échelles d’accès, abat- son, lumière, présence de pigeons (conservation préventive). Sensibilisation des propriétaires et affectataires.

  • Les travaux

Avis sur devis d’entreprises. Restauration des « ensembles » cloche-beffroi, cloche-clocher, beffroi-clocher, cloche-beffroi-clocher ; Propositions d’interventions particulières à chaque cas en milieu rural ; Soudures (apport scientifique, précautions, intérêt et difficultés de création de cloches neuves) ; Programmations à long terme.

Les grandes sonneries de cloches de France[modifier | modifier le code]

Cloches pour la sonnerie des heures de la cathédrale de Strasbourg.
Installation de cloches dans le beffroi de la cathédrale de Strasbourg en 1978.
« Sonnerie pour la France »,
Sonnerie partielle de cinq cloches de la cathédrale Notre-Dame de Strasbourg, 9 juillet 2000.

Lorsque plusieurs cloches de volée sont accordées entre elles, on parle de « sonnerie ». La France est, en la matière, un peu moins dotée que les pays voisins, mais possède néanmoins quelques ensembles d'exception :

  • la sonnerie de la cathédrale Notre-Dame de Strasbourg est le plus grand ensemble de volée en France. Elle comprend seize cloches de volée, dont un bourdon de 1427. Elle est aussi avec un poids de (24 tonnes) la deuxième plus lourde sonnerie de France derrière celle de Notre Dame de Paris (35 tonnes), ainsi que l'une des sonneries les plus harmonieuses en Europe. Le grand bourdon appelé Totenglocke (la cloche des morts) est coulé en 1427 par maître Hans Gremp de Strasbourg. Pesant près de 180 quintaux germaniques (soit environ 8 800 kilogrammes) et d’un diamètre de 2,20 m, le bourdon sonne en Lab2 et est classé monument historique depuis le 30 décembre 1982 à titre d’objet. Entre 1975 et 1977, sept nouvelles cloches sont coulées par la fonderie Friedrich Schilling de Heidelberg. Elles sonnent en Sib2, Réb3, Mib3, Fa3, Lab3, Sib3 et Do4. En 1987, une nouvelle cloche sonnant en Solb3 et coulée à Karlsruhe rejoint la sonnerie. En 1993, une petite cloche Lab4 coulée à Karlsruhe bientôt rejointe par une cloche Mib4 coulée également à Karlsruhe en 2004 complètent la sonnerie. La cloche Mib3 s’est fêlée au printemps 2006 et a été refondue par le fondeur André Voegele de Strasbourg la même année et pèse 1 550 kg. Quatre petites cloches supplémentaires ont été installées en 2014 dans la tour de croisée, pour marquer les cérémonies du millénaire de la cathédrale. À ces quinze cloches s'ajoute une autre cloche de volée, la Torglocke, aujourd’hui appelée Zehnerglock (cloche de dix heures). Coulée en 1786 par le fondeur Matthieu Edel elle pèse 2 450 kg pour un diamètre de 1,58 m. Elle sonne en Si2 et ne sonne avec d'autres cloches de la cathédrale que pour la messe du soir du mercredi des cendres, le 2 novembre (jours des défunts) et lors des grands deuils. Pour des raisons d'harmonie, elle n'est jamais intégrée au plénum. Enfin, à côté de cet extraordinaire ensemble de cloches de volée, la cathédrale possède également quatre cloches coulées en 1595, 1692 et 1787 servant à usage d’horloge, situées quant à elles dans la partie occidentale et la partie septentrionale de l'octogone de la tour.
  • la sonnerie de la cathédrale Notre-Dame de Verdun, se compose elle aussi de seize cloches de volée sur un ensemble de 19 cloches, coulées entre 1756 et 1955. Moins lourde et moins étoffée que Strasbourg, la sonnerie constitue le deuxième plus grand ensemble de volée de France. Les deux grands bourdons sonnant Sol2 et La2 datent de 1756 ils pèsent respectivement (en poids total) 12 930 kg et 9 600 kg. Ils ont été coulés par le fondeur lorrain Pierre Guillemin. Ce sont les seules cloches de la cathédrale laissées en place à la Révolution française. Entre 1874 et 1898, 14 cloches supplémentaires sont coulées par la fonderie Farnier-Bulteaux de Mont-devant-Sassey. Elles sonnent en Si2, Do3, Ré3, Mi3, Fa3, Sol3, La3, Sib3, Si3, Do4, Ré4, Mi4, Fa4 et Sol4. La cloche Ré4 a été endommagée en 1945 et refondue en 1955. La cloche Do3 qui était fêlée, a été réparée en 2010.
  • la sonnerie de la cathédrale Notre-Dame des Doms d'Avignon. Elle est composée de quinze cloches de volée avec un bourdon de 6,3 tonnes et constitue le troisième ensemble de volée de France
  • la sonnerie de la collégiale de Colmar, autre chef-d'œuvre de l'art campanaire, comprend neuf cloches de volée, coulées entre 1817 et 1990.
  • la basilique de Saint-Nicolas-de-Port en Meurthe-et-Moselle possède un ensemble remarquable de 18 cloches dont 12 de volée (trois manuelles et neuf électrifiées), ce qui en fait avec Strasbourg, Verdun et Avignon l'un des ensembles campanaires des plus importants de France. Elles ont été fondues entre 1853 et 2000. Les trois cloches situées au-dessus du chœur dans le clocheton central sont encore en volée manuelle. Le bourdon nommé Edmond date de 1897 et sonne en Sol 2. Il pèse près de 5 000 kg. À cet ensemble s'ajoute une petite cloche de 1839 et trouée en 1940 ne sonnant plus, exposée dans la chapelle Sainte-Marguerite
  • la sonnerie de la cathédrale-basilique-primatiale Notre-Dame et Saint-Sigisbert de Nancy. Elle comprend neuf cloches de volée coulées par divers fondeurs lorrains entre 1742 et 1897
  • la sonnerie de la collégiale de Sallanches, Haute-Savoie comprend 9 cloches de volée signées Fonderie Paccard, le bourdon pesant 3 300 kg donne un Si Bémol 2. Il est rajouté 5 cloches fixes, pour le carillon.
  • la sonnerie de la basilique Notre-Dame-de-Lourdes de Nancy. Elle comprend huit cloches coulées en 1908 et 1931 par Jules Robert, fondeur à Nancy et Porrentruy. Elles donnent les tonalités La2, Si2, Do#3, Ré3, Mi3, La3, Si3, Do#4 et pèsent un total de 13,5 tonnes. C'est la troisième plus grande sonnerie du département de Meurthe-et-Moselle
  • la cathédrale de Besançon possède un ensemble de dix cloches, coulées entre 1787 et 1935
  • la sonnerie de la cathédrale d'Auch, comprend neuf cloches de volée, réalisées entre 1852 et 1929
  • la sonnerie de la cathédrale Saint-Maurice d'Angers compte neuf cloches de volée, coulées entre 1832 et 1949.
  • la sonnerie de la cathédrale de Mende, comprend neuf cloches de volée coulées en 1846
  • la cathédrale de Nantes abrite une imposante sonnerie de huit cloches, coulées en 1841
  • la basilique Saint-Donatien et Saint-Rogatien de Nantes abrite une sonnerie de 10 cloches de 1902. Les cloches ont été fondues par la maison Bollée du Mans. Le bourdon nommé le Sacré-Cœur pèse 4 614 kg (La), la 2e Marie 2 997 kg (Si), la 3e Donatien 1 975 kg (Do dièse), la Rogatienne 1 611 kg (Ré), Joseph 1 076 kg (Mi), Agapit 771 kg (Fa dièse), Augustine 605 kg (Sol dièse), Anne 500 kg (La), Stéphanie 377 kg (Si), Marie-Emmanuelle 291 kg (Do dièse)
  • la cathédrale de Rouen possède une grosse sonnerie de six cloches, coulées en 1959
  • la collégiale Saint-Salvi d'Albi possède une sonnerie rétrograde de 8 cloches coulées entre 1817 et 1959
  • la sonnerie de l'église Notre-Dame-du-Bourg à Rabastens dans le Tarn possède une sonnerie lancé et superlancé de 8 cloches mues encore manuellement, fondues en 1898 et 1899
  • la sonnerie de l'église abbatiale bénédictine Saint-Nabor à Saint-Avold en Moselle. Le bourdon a été mis en place le 14 novembre 1920 et béni par Mgr Pelt. Issu de la Fonderie Paccard, il pèse exactement 6 000 kg pour 2,10 m de diamètre et est de tonalité sol. Il est l'unique rescapé du pillage de 1944. Il y avait un également petit bourdon de 2 100 kg et un jeu de carillon unique en Lorraine de 19 cloches pesant 1 317 kg, ainsi que sept autres cloches pesant au total 11,3 tonnes. En 1947, 4 grosses cloches de Blanchet, fondeur à Paris, furent installées à côté du bourdon rescapé, ce qui réduit l'actuelle sonnerie à 5 cloches de volée
  • la sonnerie de la cathédrale Saint-Étienne et Notre-Dame de Metz en Moselle. Elle comprend 3 bourdons : la Mutte (un bourdon d'environ 11 tonnes), deux autres bourdons de 3 500 kg et 2 300 kg, ainsi qu'un tocsin de 1 500 kg et trois autres cloches (dont l'une nommée « demoiselle de Turmel »). La Mutte et la tour qui l'abrite sont actuellement en cours de restauration (2011-1012)
  • la sonnerie de l'église Notre-Dame de Bar-le-Duc en Meuse. Elle comprend 5 cloches de volée : 705 kg, Fa3 (1844) ; 1 023 kg, Mib3 (1850) ; 1 273 kg, Ré3 (1845) ; 1 729 kg, Do 3 (1845) ; 2 459 kg, Sib2 (1845) ; toutes ont été fondues par Royer à Bar-le-Duc
  • la sonnerie de la Basilique du Bois-Chenu à Domrémy. Elle comprend actuellement 5 cloches de volée. En 1897 4 cloches de volée de 3 440 kg coulées par Farnier de Robécourt intègrent la nouvelle basilique de Domrémy, auxquelles s'ajouta en 1926 une cinquième cloche offerte en souvenir des noces de diamant sacerdotales de monseigneur Foucault, évêque de Saint-Dié. Elle eut pour marraines les filles du donateur Georges Farnier
  • la sonnerie de la cathédrale Notre-Dame de Rodez comprends 9 cloches de volée dont un bourdon de 5 299 kg, note Fa#2
  • la sonnerie de la collégiale de Samoëns, en Haute-Savoie se compose de 5 cloches en La2, Ré3, Fa#3, La3, Ré3. Le "Gros Bourdon" est la deuxième plus grosse cloche du département. Poids total de 7 250 kg
  • la sonnerie de l'église Saint-Martin de Vitré se compose de cinq cloches du fondeur Bollée de 1885 : Sol2 (5 800 kg), Do3, Ré3, Mi3, Sol3
  • la sonnerie de l'église Notre-Dame de Vitré se compose de 4 cloches du fondeur Bollée : Sol2 (4 400 kg), Sib2, Do3, Ré3
  • la sonnerie de l'église Saint-Maurice de Strasbourg comporte 6 cloches : Do3, Ré3, Mi3, Sol3, La4, Do4. Ces cloches furent coulées en 1931 par la fonderie Jules Robert de Nancy
  • la sonnerie de l'église Saint-Martin de Masevaux dans le Haut-Rhin comporte 5 cloches. Quatre cloches de 1969 coulées par Schilling (Heidelberg) un bourdon Lab2 (4 900 kg), Do3, Mib3, Lab3 ainsi qu'une cloche plus ancienne Fa3 en provenance d'Oranie (Algérie)
  • la Primatiale Saint-Jean de Lyon possède un ensemble de 9 cloches, dont 3 timbres civils et 6 cloches à la volée (lab2 sib2 do3 fa3 sol3 sib3). Le bourdon, surnommé "Grosse Cloche", coulé en 1622 par Pierre Recordon, pèse à lui seul plus de 7 700 kg.

Les carillons notables de France[modifier | modifier le code]

Table de jeu du carillon de Douai
Carillon de Douai
  • le célèbre carillon de Chambery, 41 tonnes, 70 cloches. Il se trouvait à l'origine dans la partie haute de la tour Yolande qui flanque le chevet de la Sainte-Chapelle du château. Il se composait d'un carillon de 37 cloches fondues par Alfred Paccard et acquises en 1938 par la Savoie. En 1960 il est étendu à 40 cloches. Le 11 septembre 1993, un nouveau carillon de 70 cloches d’un poids total de 41 tonnes est inauguré et sera installé en 2007 dans les jardins du château. Il est actuellement le plus important d’Europe et le quatrième au monde (le premier est celui de Broomefiels Hills composé de 77 cloches, le second est celui de Riverside composé de 74 cloches, le troisième est celui de Chicago et composé de 72 cloches)
  • le carillon du beffroi de Douai. Le carillon actuel a été fabriqué par le fondeur savoyard Paccard en 1954 et 1974. Les deux bourdons, "Joyeuse" 5 500 kg (La) et la "Disnée" 2 400 kg (Do), datent de 1924. Ils ont été coulés par le fondeur douaisien Wauthy. Le carillon se compose de 62 cloches (18 tonnes). Le beffroi de Douai est classé au titre des monuments historiques par la liste de 1862. Le carillon est actionné par un clavier coup de poing mais également par un tambour à ritournelles.
  • la basilique Notre-Dame de Buglose. Elle comprend un carillon de 60 cloches inauguré en 1895. Le gros bourdon pèse 2 100 kg, il date de 1902 et peut sonner en volée tournante.
  • le carillon de la cathédrale de Rouen a été construit en 1920 et agrandit à 56 cloches en 1956. Il est l'un des plus grands carillons de France. Il est en attente d'une restauration depuis l'an 2000
  • Le clocher de l'église Saint-Vincent de Carcassonne (Aude) renferme un carillon de 54 cloches allant du Do3 au Sol7 soit quatre octaves chromatiques et demie avec un bourdon de 2,5 tonnes. C'est le plus important carillon de la Région Languedoc-Roussillon.
  • le beffroi du pèlerinage de la Vierge du Mas Rillier à Miribel. Il s'y trouve un carillon manuel de 50 cloches et d'un poids total de 7 800 kg. Il a été classé monument historique le 21 décembre 1992
  • la cathédrale Saint-Just et Saint-Pasteur de Narbonne (Aude) possède un carillon de 36 cloches soit 4 octaves et dont la particularité étant que la plupart de ces cloches ont été rapatriées de l'Algérie dans les années 1970 et 1980.
  • la Collégiale Saint-Michel de Castelnaudary (Aude) possède un important carillon de 35 cloches, fondues pour la plupart par la fonderie Paccard. Le carillon possède un clavier coup de poing également équipé d'un système électro-pneumatique.
  • le carillon de l'église de Taninges en Haute-Savoie. Son clocher abrite un bel ensemble de volée de 3 cloches (Si2, Fa Dièse 3, Si3) qui avoisine les 5 000 kg et un carillon de 3 tonnes, de 40 et bientôt 50 cloches. Il est le premier carillon de la Haute-Savoie et le cinquième de la région Rhône-Alpes. Il y a des visites. Le tout sur : Carillon de Taninges
  • le carillon de la collégiale Saint-Piat de Seclin. Le carillon actuel a été installé en 1933 à la suite d'une souscription menée par le maire de Seclin, Achille Caby. Les cloches qui le composent ont été fondues à Croydon en Grande-Bretagne par la fonderie Gilett & Johnston. Le carillon est composé de 42 cloches qui pèsent au total plus de 7 tonnes. Il est considéré comme d’un des plus justes d’Europe. La plus petite cloche pèse 4 kg et le bourdon pèse plus de 2 000 kg. Les quatre plus grosses cloches se nomment : « Piatus » (Piat), « Eligius » (Éloi), « Eubertus » (Eubert) et « Maria » (Marie).
  • la cathédrale Saint-Jean-Baptiste de Perpignan. Elle comprend un carillon de 46 cloches classé au titre des monuments historiques
  • l'église Notre-Dame de la Platé à Castres possède le plus important instrument du Tarn, composé de 33 cloches formant 3 octaves chromatiques incomplètes, du Sol3 au Sol5, les quatre plus grosses cloches sont également sonnées à la volée manuellement.
  • l'église Saint-Henri, Le Creusot. Elle comporte un carillon de 24 cloches (4 de volée et 20 plus petites). La plupart des cloches ont été fondues en 1883. La plus grosse cloche s'appelle Eudoxie et pèse 1 500 kg. Ce carillon a été inscrit à l'inventaire des Monument historique en 1994. Les cloches ont été fondues par la Maison Crouzet-Hildebrandt à Paris. Le clavier mécanique est en bois de buis
  • la cathédrale Saint-Antonin de Pamiers. Ce carillon est le plus important de la région Midi-Pyrénées et se compose de 49 cloches, du Sol3 au La7. Il date de 1863 et a été complété jusqu'en 1995 et restauré.
  • la Basilique Saint-Gervais d'Avranches. Son carillon se compose de 32 cloches. 23 ont été fondues par Bollée du Mans en 1899, et 9 autres par la Fonderie Cornille-Havard, bénites le 21 novembre 1982. Les 32 cloches se répartissent ainsi (les 5 premières sont les cloches de volée, qui sont aussi jouables) : Sol2, Do3, Ré3, Mi3, Sol3, La3, Si3 jusqu'au Do6 inclus.

Fonderies françaises[modifier | modifier le code]

Fonderies encore en activité[modifier | modifier le code]

Cloches de la fonderie Cornille-Havard
Présentation des nouvelles cloches de Notre-Dame de Paris fondues en 2013 par Cornille-Havard.
  • La fonderie de cloches Bollée, itinérante de 1715 à 1838 Jean-Baptiste Amédée Bollée installa sa fonderie à Saint-Jean-de-Braye, près d'Orléans en 1838 (en 1842 Ernest-Sylvain (son frère cadet) installa sa fonderie au Mans, elle ferma en 1917 à la mort d'Amédée son fils) [16], a fondu quelques cloches prestigieuses (Ottawa, basilique de Yamoussoukro…). Elle abrite un musée campanaire depuis 1992. En septembre 2011 la Fonderie Bollée a été cédée par son dernier titulaire à un consortium regroupant, entre autres composantes, l’entreprise strasbourgeoise Voegelé.
  • À Strasbourg, l’entreprise Voegele créée en 1908, au service du patrimoine campanaire a commencé le métier de fondeur de cloche en l’an 2000, grâce à la collaboration des fonderies de cloches allemandes de Karlsruhe et Maria-Laach. La plus grosse cloche sortie de cette fonderie a été livrée en 2010 à l’abbaye normande du Bec-Hellouin et pèse 4,5 tonnes.
  • À Labergement-Sainte-Marie, la fonderie Obertino est la plus ancienne entreprise de France à fondre des cloches en bronze pour le bétail. Cette famille originaire du Piémont italien – comme beaucoup de familles de fondeurs suisses et français des XIXe et XXe siècles tel les Albertano, Barrinotto, etc. – s'est installée dans le Haut-Doubs en 1834. Une branche de la famille Obertino s'est installée à Morteau au début des années 1930, et produit aussi des cloches de vaches. À Labergement ainsi qu'à Morteau sont produites artisanalement des clarines, c'est-à-dire des cloches en bronze, pour l'usage agricole et actuellement aussi pour le tourisme et les cadeaux.

Fonderies de cloches disparues[modifier | modifier le code]

Cloche d’Oberhoffen-sur-Moder, Bas-Rhin (1850) fondue par Louis Edel (1810-1887). À l’arrière plan, l’enseigne en grès de la fonderie Edel (XVIIIe siècle).
Coll. Musée historique de Strasbourg.
Cloche ancienne de Picardie
Cloche ancienne de l'église de Masevaux

À côté d'innombrables fondeurs itinérants, la France a également connu de nombreuses fonderies sédentaires, aujourd'hui fermées, parmi lesquelles on peut citer :

  • Fonderie Baptisti Jean à Marseille
  • Fonderie Baudouin Eugène à Marseille
  • Fonderie Beauquis Frères à Quintal
  • Fonderie Berta (et Lecourt) à Toulouse ; entre 1802 et 1821
  • Fonderie Blanchet Armand à Paris
  • Fonderie Burdin à Lyon
  • Fonderie Burnichon Père & Fils à Coutouvre
  • Fonderie Cavillier à Carrépuis
  • Fonderie Causard-Dury à Colmar
  • Fonderie Chambon à Montargis
  • Fonderie Chanay Antoine à Castres
  • Fonderie Crouzet-Hildebrand à Paris
  • Fonderie Drouot à Douai
  • Fonderie Dencausse à Tarbes
  • Fonderie Dubois à Damblain en Lorraine, puis au Puy en Velay en Auvergne
  • Fonderie Edel à Strasbourg
  • Fonderies Farnier à Robécourt, Mont-devant-Sassey et Dijon
  • Fonderie du Frère Fulbert à Ploërmel
  • Fonderie Goussel à Metz
  • Fonderie Granier à Hérépian ( existe toujours physiquement) la dernière cloche avant l'arrêt total de la fonderie ayant été coulée en septembre 2011
  • Fonderie Gillet Justin à Albi
  • Fonderie André Guenser à Metz
  • Fonderie Guillet à Lyon
  • Fonderie Gripon Maurice à Brest
  • Fonderie Guillaume-Besson à Angers
  • Fonderie Holtzer Jacob à Unieux
  • Fonderie Humbert à Morteau
  • Fonderie Larroque à Gaillac
  • Fonderie (gendre Louison) à Toulouse
  • Fonderie Louison à Toulouse, reprise par ses gendres Lévêque Amans et Pèlegrin, puis par la famille Vinel ; entre 1821 et 1953
  • fonderie Martin Barnabé & frères, à Foix (Ariège)
  • Fonderie Masse Jacques à Albi
  • Fonderie Maurel Toussaint à Marseille (ne pas confondre avec Morel Gédéon)
  • Fonderie Meunier Eugène à Chambéry
  • Fonderie Mesmann à Robécourt
  • Fonderie Morel Gédéon à Lyon
  • Fonderie Olin-Châtelet à Toulouse, reprise par Dubois ; entre 1855 et 1866
  • Fonderie Osmond-Dubois à Paris
  • Fonderie Perrin-Martin à Robécourt
  • Fonderie Pierron Pierre à Avignon
  • Fonderie Pourcel à Villefranche-de-Rouergue
  • Fonderie Prémilhac Michel à Castelnaudary
  • Fonderie Robert à Urville puis à Nancy
  • Fonderie Rosina à Nice
  • Fonderie Ronat Georges à Châlette-sur-Loing
  • Fonderie Soulié Jean à Castres
  • Fonderie Triadou à Villefranche-de-Rouergue et Rodez
  • Fonderie Vauthier à Saint-Émilion
  • Fonderie Viguier à Toulouse ; entre 1803 et 1837
  • Fonderie Vinel Amédée & frères à Toulouse, fermeture 1938
  • Fonderie Wauthy à Douai

Les cloches notables dans le monde et par pays[modifier | modifier le code]

Allemagne[modifier | modifier le code]

  • la Sankt Peter Glocke de la cathédrale de Cologne date de 1923. Elle sonne en Do2. C'est la seule cloche au monde de cette taille en lancer franc. Sa masse est de 24 tonnes et son battant pèse 700 kg. Il s'est brisé lors de la célébration du 2 janvier 2011. La Sankt Peter Glocke remplace une cloche disparue en 1918 qui avait pour nom Kaiserglocke. Sa masse était de 26,5 tonnes. Elle sonnait en Do#2[18].

Birmanie[modifier | modifier le code]

  • la cloche de Migun. Coulée en 1790 à Mandalay, sa masse serait de 90 tonnes pour un diamètre de 5 mètres. Sans battant, elle est frappée à l'extérieur avec un heurtoir en teck.

Canada[modifier | modifier le code]

  • la cloche de la chapelle de Beauport est la plus ancienne cloche du Canada . C'est une cloche historique du Québec qui a été fondue en France en 1666. Elle est conservée au Musée du Québec depuis 1946 ;
  • Étienne de la cathédrale orthodoxe de la Transfiguration de Markham (Ontario) pèse 14 515 kg et sonne en Ré2. C'est la plus grosse cloche du Canada et a été coulée par la fonderie Paccard (France) en 1986. Aux côtés de ce bourdon se trouvent deux autres cloches d'importance : Anne qui pèse 10 tonnes et sonne en Fa2 et Daniel qui pèse 6 tonnes et sonne en La2 ;
  • la Jean-Baptiste ou Gros Bourdon est la seconde plus grosse cloche du Canada et la première du Québec. Son poids est de 11 263 kg. Elle fut placée en 1843 dans la tour Ouest nommée « Persévérance » de la basilique Notre-Dame de Montréal. Elle se fendit six mois après sa première mise en branle mais fut remplacée six mois plus tard par une autre de même dimension. Il fallait à l'époque 12 hommes pour la mettre en mouvement. Par la suite elle fut actionnée électriquement et sonne actuellement seulement pour des occasions spéciales ;
  • le bourdon de la cathédrale de Trois-Rivières pèse 7 423 kg. Il a été coulé par la fonderie Paccard (France) en 1912 ;
  • la Grande Marie, de la basilique Notre-Dame de Montréal pèse 7 tonnes. Elle a été coulée en 1843 et refondue en 1844 ;

Corée[modifier | modifier le code]

  • la cloche divine du roi Seongseok coulée en 771 est la plus grande cloche coréenne conservée à ce jour. Elle mesure 3,75 m de haut, 2,27 m de diamètre. Son poids (pesée de 1997) est de 18,9 tonnes ;

Espagne[modifier | modifier le code]

  • la Saint- Eugène ou campana Gorda est le bourdon de la cathédrale de Tolède. Cette cloche a été coulée en 1753 par Gargollo Alejandro, fondeur venu d'Arnuero, Siete Villas, Cantabrie ( Santander ), mais s'est aussitôt fêlée. Elle pèse 17 500 kg (supposés), pour une hauteur de 2,29 m et d'un diamètre de 2,93 m. Sa circonférence est de 9,17 m ;
  • María de la cathédrale de Pampelone est l'une des plus grandes cloches d'Espagne. Elle a été coulée en 1584 par Pierre de Villanueva. Elle mesure 2,50 m de diamètre, 2,25 m de hauteur. Son poids est estimé entre 10 000 kg et 12 000 kg. Sur son périmètre de 8 m figure l'inscription « Petrus de Villanueva me fecit Anno dei 1584 die 15 septembris » ;
  • Berenguela est une cloche sonnant les heures de la tour de l'horloge de la cathédrale de Saint-Jacques-de-Compostelle. L'originale pesant 9 200 kg s'est fêlée et a été déposée dans le cloître de la cathédrale. Elle a été remplacée par une copie coulée par la fonderie Eijsbouts d'Aasten (Pays-Bas) ;
  • Le " Micalet" de la Cathédrale Sainte Marie de Valence (Levant) , sonne les heures et pèse 7 514 kg pour un diamètre de 2,35 m et une hauteur de 2,03 m , fondu en 1539 par Trillès Louis
  • " Eulalie, Alfonsa, Marie-Mercedes ", bourdon des heures de la cathédrale de la Sainte Croix et Sainte Eulalie de Barcelone (Catalogne) pèse 7 230 kg pour un diamètre de 2,32 m et une hauteur de 1,60 m , fondue en 1865 par Calberto Francesc

États-Unis[modifier | modifier le code]

le carrillon Paccard du Robert A. Taft Memorial
la Liberty Bell de Philadelphie
  • la Millenium bell de la Millenium Monument Company à Newport, Kentucky. Elle pèse 33 385 kg (note LA1), diamètre de 3,65 m, hauteur de 3,65 m. Elle a été réalisée par la fonderie Paccard de Sevrier (France) et la société Verdin de Cincinnati en 1999 ;
  • le Laura Spelman Rockefeller Memorial Carillon de l'église baptiste de Riverside New York comporte un bourdon de 18 561 kg (Do2) coulé en 1925. C'est l'un des plus grands carillons du monde composé de 74 cloches d'une masse totale de 102 tonnes ;
  • The Founder's Bell de Philadelphie (Pennsylvanie) sonne D (145 Hz) et pèse 15 775 kg. Elle date de 1926 ;
  • la Korean Bell of Friendship de Los Angeles pèse 15 422 kg. Elle est utilisée comme un gong ;
  • la cloche du Odiyan Buddhist Retreat Center de Cazadero en Californie. Elle sonne E, elle pèse 12 473 kg et date de 1988 ;
  • Big Joe une cloche du Saint Francis De Sales Catholic Church de Cincinnati (Ohio) pèse 12 423 kg. Elle sonne E-flat. Elle date de 1896 ;
  • Solomon Juneau du City Hall de Milwaukee (Wisconsin). Cloche d'environ 11 tonnes coulée par G. Campbell & Sons (Milwaukee) en 1896 ;
  • le bourdon de la National Cathedral de Washington pèse 10 697 kg ;
  • le bourdon du Marion Leroy Burton Memorial Tower sur le campus de l'université d'Ann Arbor (Michigan) pèse 10 695 kg. Il fait partie d'un carillon de 55 cloches qui date de 1936 ;
  • All is well bell, cloche coulée en 2013 par la fonderie Paccard (France), commandée et fabriquée par la ville de San Francisco et l'artiste américain Paul Kos en hommage aux pompiers de San Francisco. Elle pèse 9 tonnes ;
  • le carillon du Robert Taft Memorial inauguré près du building du Capitole (Washington) à le 14 avril 1959 par le président américain Herbert Hoover se compose de 27 cloches (dont un bourdon de 7 tonnes) coulées par la fonderie Paccard en France. Il est considéré comme l'un des meilleurs au monde ;
  • le bourdon de la basilique du Sacré-Cœur de l'université Notre Dame du Lac à Notre Dame (Indiana) a été coulé par Bollée (France) en 1867 et pèse 6 351 kg ;
  • la Liberty Bell ne pèse que 940 kg. Elle est fissurée et a une circonférence de 3,70 m. Cette cloche historique fut coulée à Londres et fut refondue aux États-Unis en 1754. Elle est située à Philadelphie (Pennsylvanie). Autrefois accrochée dans l'Independence Hall la tradition rapporte qu'elle sonna le 8 juillet 1776 pour marquer la promulgation de la Déclaration d'indépendance des États-Unis ;

Italie[modifier | modifier le code]

  • la cloche Maria Dolens de Rovereto pèse 22 639 kg. Sa première coulée date de 1924. Refondue pour la dernière fois en 1964 ;
  • la cloche Della Pace (Concordia 2000) de Brunico pèse 18 100 kg ;
  • le bourdon de la cathédrale de Messine pèse 13 200 kg ;

Roumanie[modifier | modifier le code]

  • Buga (qui signifie bœuf) une cloche du saint monastère de Putna date de 1484 ;
  • la grande cloche de l'église noire de Brașov serait la plus lourde de Roumanie. Son poids atteint 6 300 kg ;

Russie[modifier | modifier le code]

la Tsar Kolokol en 1884
  • la Tsar Kolokol (En russe : Царь–колокол, « Tsar des cloches » en français) est une cloche en bronze, visible au Kremlin de Moscou, pesant 201 924 kg, d'une hauteur de 6,24 mètres et d'un diamètre de 6,60 mètres. Elle a été fondue en 1735 par 200 hommes, supervisés par les maîtres artisans Ivan Motorin puis son fils Mikhail à la demande de la tsarine Anna Ire. C'est actuellement la plus grosse cloche du monde mais elle n'a jamais sonné, car brisée dans sa fosse lors d'un incendie en mai 1737 : un éclat de 11,5 tonnes s'en est détaché ;
  • la Tsar Kolokol de l'église de la Dormition du monastère de la Trinité Saint-Serge à Serguiev Possad pèse 72 tonnes. Fondue à Saint-Pétersbourg, elle mesure 4,50 m de hauteur, 4,50 m de diamètre et a été montée le 16 avril 2004 dans le clocher. Elle remplace celle de 64 tonnes détruite par la répression stalinienne en même temps que 27 autres, sur les 40 que comptait le monastère. Elle rejoint deux énormes bourdons de 27 et de 35,5 tonnes acquis en 2002. C'est actuellement la plus grosse cloche sonnante de Russie.

Suisse[modifier | modifier le code]

  • la Große Glocke de la cathédrale de Berne pèse 10 tonnes et est la plus grosse cloche de la confédération ;

Vatican[modifier | modifier le code]

  • le campanone ou gros bourdon de la basilique Saint-Pierre, installé sur le flanc gauche de la façade en compagnie de 5 autres cloches a été coulé en 1785 sous le pontificat de Pie VI par le fondeur Luigi Maria Valadier (1714-1785). Il sonne Mi2 ou E0+3, son diamètre est de 2,316 m et il pèse 9 200 kg (poids total) ou 8 950 kg. La tradition rapporte un poids de 28 000 livres romaines ;
  • la cloche du Millénaire ou campana del Millennio a été coulée en 1999 par la fonderie fonderie Marinelli d'Agnone. Elle se trouve dans les jardins du Vatican. Elle sonne un Sol2. Son poids est de 5 tonnes ;
  • le campanoncino ou petit-bourdon. Il sonne en Sib2, il a été fondu en 1725, son poids est de 3 640 kg, diamètre 1,772 m ;

Viêt Nam[modifier | modifier le code]

La cloche bouddhiste en airain fondue en 2007 à Huê par Nguyên Van Sinh, élu « artisan des métiers traditionnels de Huê », pèse 31 tonnes et mesure 5,40 m de hauteur et 3,42 m de diamètre. Elle est considérée comme la plus grande cloche du Viêt Nam.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. voir schéma
  2. Voir une vidéo sur Youtube
  3. Voir une vidéo sur Youtube
  4. Voir une vidéo sur Youtube
  5. Voir une vidéo sur Youtube
  6. Voir une vidéo sur Youtube
  7. Voir une vidéo sur Youtube
  8. Code et langage des sonneries de cloches en Occident Éric Sutter, Société française de campanologie, 2006
  9. Victor W. Turner, Le phénomène rituel. Structure et contre-structure, PUF,‎ 1990, 208 p.
  10. Clochettes à main
  11. Le Gloria (comme l'Alléluia) n'est pas chanté durant tout le Carême.
  12. Les explications qui suivent s'appuient sur la documentation et la visite guidée de la Fonderie Cornille-Havard à Villedieu-les-Poêles, où ont été prises les photos de la galerie. Elles ont été revues par la Société française de campanologie pour la composition du métal.
  13. « Les maîtres de l'acier, Duel dans la Ruhr » (Pioniere: Stahlkrieg an der Ruhr), 52 mm, Allemagne, 2012, Mira Thiel et Brigitee Tanner
  14. Louis Réau, Les monuments détruits de l'art français. Histoire du vandalisme, Hachette,‎ 1959, p. 367
  15. René Dinkel, L'Encyclopédie du patrimoine (Monuments historiques, Patrimoine bâti et naturel - Protection, restauration, réglementation - Doctrines - Techniques - Pratiques), Paris, Les Encyclopédies du patrimoine, 1997 « Notices Cloche p. 558-568 ».
  16. Note sur les fondeurs de carillons sur le site ARPAC à Douai
  17. (fr) Thomas Brégaris, « Fonderie de Villedieu-les-Poêles (50). 26 blessés, dont un grave. », sur ouest-france.fr,‎ 31 juillet 2009 (consulté le 1er février 2013)
  18. Cahiers du Pays Naborien no 25, 2011, ISBN 2-911317-19-X

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Ringue, Cloches et carillons, Traditions wallonne, ministère de la Communauté française de Belgique,‎ s.d.
    Cet ouvrage est axé sur la musicalité et Les cloches, instruments de musique de la chrétienté – messagères du ciel. Son auteur, Chanoine, est expert en campanologie du diocèse de Strasbourg.
  • (en) Thomas D. Rossing (dir.), Acoustics of Bells, R. Van Nostrand,‎ 1984
  • (en) Edwards V. Williams, The Bells of Russia. History and Technology, Revue de musicologie,‎ 1987
    T. 73, n° 1, p. 122-123
  • (de) Margarete Schilling, Glocken: Gestalt, Klang und Zier, VEB Verlag der Kunst,‎ 1988, 369 p.
  • L-R Aram, sous la direction de Laurent Pie, Chants des cloches, voix de la terre, Carillons et traditions en Languedoc-Roussillon, Max Chaleil Éditeur,‎ s.d.
  • Frédéric Baillot, Éric Brottier, Christine Laugie-Vanhoutte et Éric Sutter, Beffrois et carillons, Assecarm,‎ 1988, 179 p. (ISBN 2-950266-00-2)
  • Berthelé, Joseph, Enquêtes campanaires : notes, études et documents sur les cloches et les fondeurs de cloches du VIIIe au XXe siècle, Montpellier, impr. de Delord-Bochin et Martial,‎ 1903, 758 p. (lire en ligne)
  • Joseph Berthelé, Archives campanaires de Picardie, Abbeville et Montpellier,‎ 1911, 491 p.
  • Collectif, Cloches et sonnailles. Mythologie, ethnologie et art campanaire, Édisud/ADEM,‎ 1996, 176 p. (ISBN 2-85744-868-6)
  • Collectif, Cahiers du Pays Naborien n°25, Saint-Avold, DECLIC COMMUNICATION,‎ 2011, 134 p. (ISBN 2-911317-19-X)
    Histoire des cloches, sonneries et carillons de Saint-Avold et environs
  • Collectif, Cloches et carillons, Liège, CEFAL,‎ 1998, 486 p.
  • Alain Corbin, Les cloches de la terre. Paysage sonore et culture sensible dans les campagnes au XIXe siècle,‎ 1994, 360 p. (ISBN 2226067523)
  • Jacqueline Goguet, Le carillon des origines à nos jours, Le Cerf-volant,‎ 1958, 127 p.
  • Hervé Gouriou, L'Art campanaire en Occident. Histoire, facture et esthétique des cloches de volée – Le cas français, Éditions du Cerf,‎ 2006, 336 p. (ISBN 2-204-07612-0)
  • Alain Jouffray, Art campanaire, Centre-Musée européen de l'art campanaire,‎ 1993, 170 p.
  • Gérard Lomenec’h, Cloches et carillons de Bretagne, Coop Breizh,‎ 200, 207 p. (ISBN 9782843460746)
  • J. Nicourt, Fabrication des cloches fondues. Permanence des techniques, Ethnologie Française,‎ 1971
    t. 1, 1971, n° 3-4, p. 55-82
  • Jean-Pierre Rama, Cloches de France et d'ailleurs, Le Temps Apprivoisé,‎ 1993, 240 p.
  • Lucie Rault-Leyrat et Alain Jouffray, La Voix du dragon : trésors archéologiques et art campanaire de la Chine ancienne, Cité de la musique,‎ 2000
  • Arnaud Robinault-Jaulin, Cloches. Voix de Dieu, messagères des hommes, Desclée de Brouwer,‎ 2003, 125 p. (ISBN 2904365389)
  • Arnaud Robinault-Jaulin, Cloches, Histoire générale des cloches et des techniques campanaires en France des origines à nos jours, Union Rempart, coll. « Patrimoine vivant »
  • Éric Sutter, La Grande Aventure des cloches, Éd. Zélie,‎ 1993, 280 p.
  • Éric Sutter, Ressources documentaires concernant les cloches, clochettes et carillons, SFC,‎ 1996, 115 p.

Presse spécialisée :

  • Bulletin campanaire, Association campanaire wallonne
  • (en) Bells and Bellringing. A Quarterly Journal Devoted to their History
  • L'Art campanaire
  • Patrimoine campanaire

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • (de) Wo Himmel und Erde sich berühren. Eine klangvolle Bilderreise durch die Welt der Glocken, Butzon & Bercker, Kevelaer, 2006
  • (fr) Au fil des cloches de Didier Lannoy, 1994 (France 3 Nord-Pas-de-Calais - RTBF Bruxelles)
  • (fr) Sons de cloches d'Alain Leonard-Matta, 1996

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]