Doubs (rivière)
| Doubs | |
Le Doubs entre Laissey et Deluz, peu avant Besançon. |
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Localisation du cours du Doubs. |
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| Caractéristiques | |
|---|---|
| Longueur | 453 km |
| Bassin | 7 710 km2 |
| Bassin collecteur | Bassin du Rhône |
| Débit moyen | 176 m3⋅s-1 (Neublans-Abergement) |
| Régime | pluvio-nival |
| Cours | |
| Source | Massif du Jura |
| · Localisation | Mouthe, France Departement du Doubs |
| · Altitude | 945 m |
| · Coordonnées | |
| Confluence | Saône |
| · Localisation | Verdun-sur-le-Doubs, France |
| · Altitude | 175 m |
| · Coordonnées | |
| Géographie | |
| Principaux affluents | |
| · Rive gauche | Allaine, Loue |
| Pays traversés | |
| Principales villes | Pontarlier, Besançon, Dole |
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Le Doubs [du][1] est une rivière française et suisse, sous-affluent du Rhône par la Saône. D'une longueur totale de 453 km, dont 430 km sur le territoire français, il constitue le dixième cours d'eau français par sa longueur et la quatrième rivière après la Marne, le Lot et la Saône. Il prend sa source dans la commune française de Mouthe à 945,5 m d'altitude (le repère de nivellement en aval a pour valeur 944,9 m), et s'écoule d'abord principalement vers le nord-est, arrosant notamment les villes de Pontarlier et de Morteau puis vers le sud-ouest, traversant la ville de Besançon après avoir fait une incursion en territoire suisse (le Clos du Doubs) et par le Pays de Montbéliard. Il se jette dans la Saône à Verdun-sur-le-Doubs.
Sommaire |
Étymologie et histoire [modifier]
Le Doubs est mentionné anciennement sous la forme Dubis. Ce nom signifie « la Noire » en gaulois. C'est un nom féminin à l'origine *dubui > dubi(s), comme la plupart des noms de rivière antiques. On retrouve plusieurs noms de rivière analogues en Grande-Bretagne du type Dove, d'une forme en -ā (dubuā) et des noms dérivés en France (la Dhuine, la Dheune ou la Deule).
La racine celtique ancienne dubu- est prolongée par le vieux gallois dub-, gallois, breton du et l'irlandais dub, signifiants « noir », de même dans des termes dialectaux régionaux, par exemple dans sapin double, compris comme « double », mais à l'origine doube, c'est-à-dire noir. De même, le Suisse alémanique a conservé le mot, figé dans les toponymes du type Tobwald, Toppwald, mais encore vivant au Moyen Âge comme le montre la mention latine de 1299 : « Silvas nigras que theotonice vulgo topwelde appellantur. » [2],[3]
Le Doubs fut en crue à de nombreuses reprises à travers l'histoire. L'inondation la plus importante fut celle de 1910 qui toucha significativement Besançon.
Géographie [modifier]
D'une longueur de 453 kilomètres[4], il prend sa source à Mouthe (département du Doubs), près de la frontière suisse, à 945,5 m d'altitude[5]. Le Doubs a globalement la forme d'un M avec des jambes très allongées. Il s'écoule d'abord vers le nord-est, traverse successivement le lac de Saint-Point, le lac de Chaillexon et puis, dès le lac des Brenets et le saut du Doubs, il marque la frontière entre la Suisse et la France sur quelques dizaines de kilomètres. Après un crochet de quelques kilomètres entièrement en Suisse (le Clos-du-Doubs), il change brutalement de direction et s'écoule vers l'ouest, jusqu'à Saint-Hippolyte, où il est rejoint par le Dessoubre. Le confluent se situe schématiquement au niveau de la pointe centrale du M. Ensuite, après une courte remontée en direction du nord en amont de Montbéliard (qu'il n'arrose pas), il s'écoule en direction du sud-ouest dans une vallée encaissée creusée dans le plateau du Jura, utilisée par la RN83 et par la voie ferrée Lyon-Strasbourg. En aval de Besançon, le Doubs s'écoule dans la plaine de la Saône et se jette dans la Saône à Verdun-sur-le-Doubs (Saône-et-Loire, 71) après avoir reçu la Loue, qui n'est autre qu'une résurgence du Doubs.
Le Canal du Rhône au Rhin emprunte le cours du Doubs entre Dole et Montbéliard.
Chemin parcouru [modifier]
Le Doubs prend sa source dans le département français homonyme et traverse successivement les communes de Mouthe, Sarrageois, Rochejean, Labergement-Sainte-Marie, Lac de Saint-Point, Pontarlier, Arçon, Montbenoît, Morteau, Villers-le-Lac. Il marque ensuite la frontière naturelle avec la Suisse, puis pénètre dans ce pays où il forme une boucle couvrant les cantons de Neuchâtel et du Jura à travers les communes des Brenets NE, des Planchettes NE,de La Chaux-de-Fonds NE, des Bois JU, du Noirmont JU, de Goumois JU, des Pommerats JU, de Soubey JU, d'Epiquerez JU, d'Epauvillers JU, de Saint-Ursanne JU et d'Ocourt JU.
La rivière rejoint ensuite à nouveau la France, pour traverser les communes de Glère, Vaufrey, Saint-Hippolyte, Pont-de-Roide, Bourguignon, Mathay, Mandeure, Valentigney, Audincourt, Voujeaucourt, Bavans, L'Isle-sur-le-Doubs, Clerval, Baume-les-Dames, Laissey, Besançon, Boussières, Saint-Vit. Elle passe ensuite par les communes de Dampierre, Rochefort-sur-Nenon, Dole dans le département du Jura puis, enfin, celle de Verdun-sur-le-Doubs dans le département de Saône-et-Loire, lieu de son embouchure dans la Saône.
Principaux affluents [modifier]
Le tableau suivant récapitule les principaux affluents du Doubs, dont la longueur dépasse 10 kilomètres:
| Nom | Longueur | Bassin versant | Débit | Rive |
|---|---|---|---|---|
| ruisseau des Lavaux | 12 km (en France) | droite | ||
| le Drugeon | 53,5 km | 191 km2 | gauche | |
| la Rançonnière | 10,3 km (en France) | droite | ||
| le Dessoubre | 33,3 km | 560 km2 | gauche | |
| la Barbèche | 14,1 km | gauche | ||
| le Gland | 13,5 km | 41 km2 | droite | |
| l'Allan | 59,6 km | 1 120 km2 | droite | |
| le Cusancin | 12,6 km | 356 km2 | gauche | |
| la Clauge | 35,4 km | 116 km2 | gauche | |
| la Loue | 122,2 km | 1 760 km2 | gauche | |
| l'Orain | 39 km | 200 km2 | gauche | |
| la Sablonne | 27,3 km | droite | ||
| la Guyotte | 41,1 km | 160 km2 | gauche |
Principales villes traversées [modifier]
Les villes de plus de 3000 habitants traversées par le Doubs sont, d'amont en aval, Pontarlier, Morteau, Villers-le-Lac, Pont-de-Roide, Mandeure, Valentigney, Audincourt, Bavans, L'Isle-sur-le-Doubs, Baume-les-Dames, Thise, Besançon, Saint-Vit et Dole.
Hydrologie [modifier]
Le débit est très irrégulier avec un régime pluvial à pluvio-nival. Les étiages sont sévères en période estivale et la période des crues est très large, s'étalant historiquement de septembre à fin mai. En effet, les crues ont deux origines : soit des pluies longues qui saturent les sols, soit des pluies liées à un redoux et qui participent à la fonte du manteau neigeux.
- À la confluence avec la Saône, le débit varie de moins de 20 m³/s en très basses eaux à plus de 1 000 m³/s en crue, avec un débit moyen de 176 m³/s. Près de 1 800 m³/s ont été mesurés lors de la crue de fin mai 1983.
- À Besançon, le bassin versant est de 4 400 km2 et le débit maximum observé depuis 1956 est de 1 430 m³/s le 16 février 1990. Les crues historiques à Besançon datent du 10 mars 1896 (7,96 m à l'échelle de crue du pont de la République) et du 18 septembre 1852 (8,50 m).
- À Mathay, avant la confluence avec l'Allan qui passe à Montbéliard, le bassin versant est de 2 200 km2 et le débit moyen de 53 m³/s, pour un maximum de plus de 700 m³/s en février 1990. Le débit d'étiage est d'environ 8 m³/s.
Les crues historiques récentes sont celles de janvier 1955, mai 1983, février 1990, décembre 1995, février 1999, mars 2001, novembre 2002 et mars 2006. La plus forte crue du XXe siècle est celle de 1910.
Débits en fin de parcours [modifier]
Le Doubs est une rivière fort abondante, mais très irrégulière, comme presque tous les cours d'eau de l'est de la France. Son débit a été observé sur une période de 43 ans (1966-2007), à Neublans-Abergement, localité du département du Jura située à une trentaine de kilomètres de distance de son confluent avec la Saône [6]. Le bassin versant de la rivière y est de 7 290 km2 (soit près de 95 % de sa totalité qui fait 7 710 km2).
Le module de la rivière à Neublans-Abergement est de 176 m3/s.
Le Doubs présente des fluctuations saisonnières de débit assez peu marquées et reste en général assez abondant toute l'année. Les hautes eaux se déroulent en hiver accompagnées d'une hausse du débit mensuel moyen dans une zone allant de 225 à 268 m3/s, de décembre à avril inclus (avec un maximum en février). Dès la fin du mois d'avril, le débit baisse progressivement jusqu'aux basses eaux d'été, qui ont lieu de début juillet à septembre, avec une baisse du débit moyen mensuel allant jusqu'à 64 m3/s, au mois d'août. Mais les fluctuations de débit sont bien plus prononcées sur de plus courtes périodes ou d'après les années.
À l'étiage, le VCN3 peut chuter jusque 14 m3, en cas de période quinquennale sèche, ce qui est relativement sévère, mais correspond au régime des précipitations de la région.
Les crues peuvent être très importantes compte tenu de la grande taille de son bassin versant. Les QIX 2 et QIX 5 valent respectivement 1 100 m³/s et 1 300 m³/s. Le QIX 10 est de 1 500 m³/s, le QIX 20 de 1 600 m³/s, tandis que le QIX 50 se monte à pas moins de 1 800 m³/s.
Pour se faire une idée de l'importance de ces débits, on peut les comparer à ceux du grand affluent de la Seine de l'ouest de Paris, la Marne (en fin de parcours, à Gournay-sur-Marne dans l'agglomération parisienne), qui roule en moyenne 110 m³/s sur un territoire de 12 920 km2. Le QIX 10 de la Marne en fin de parcours vaut 510 m3 (contre 1 500 m3 pour le Doubs) et son QIX 20 se monte à 570 m³/s (contre 1 600 m³/s pour le Doubs). Ainsi, malgré un bassin plus ou moins deux fois moins étendu, le volume des crues du Doubs vaut près du triple du volume de celles de la Marne à Paris[7].
Le débit instantané maximal enregistré à Neublans-Abergement durant cette période de 42 ans, a été de 1 760 m³/s le 28 mai 1983, tandis que la valeur journalière maximale était de 1 760 m³/s le même jour. En comparant la première de ces valeurs à l'échelle des QIX de la rivière, il apparaît clairement que cette crue était d'ordre quasi cinquantennal, et donc destinée à se reproduire peu fréquemment.
Le Doubs est une rivière fort abondante, puissamment alimentée par les fortes précipitations de son aire. La lame d'eau écoulée dans son bassin versant est de 765 millimètres annuellement, ce qui est plus de deux fois supérieur à la moyenne d'ensemble de la France tous bassins confondus, ainsi qu'à la moyenne du bassin de la Saône (501 millimètres à Lyon). Le débit spécifique de la rivière (ou Qsp) atteint dès lors le chiffre très robuste de 24,2 litres par seconde et par kilomètre carré de bassin.
Il apparait que le débit du Doubs est supérieur à celui de la Saône à leur confluence. « La grande Saône est formée par l'union du Doubs et de la Saône à Verdun-sur-le-Doubs. Le Doubs y apporte un débit moyen interannuel de 175 m3/seconde et la Saône 160 m3. »
Faune [modifier]
Un poisson endémique du Sud-Est de la France : l'apron du Rhône.
Plusieurs variete de Truites, Fario et Arc en ciel Brochets, Ombres, Perches,...
Production électrique [modifier]
La pente importante du Doubs (436 m pour 144 km) est propice à la production électrique.
Plusieurs centrales électriques jalonnent le cours de la rivière. Il s'agit d'amont en aval[8] :
- Barrage du Châtelot, Franco-Suisse, achevé en 1953 et haut de 74m[9].
- Barrage du Refrain, inauguré en 1909, avec une hauteur de chute de 66,5 mètres
- Barrage de la Goule sur la commune suisse du Noirmont
- Barrage de Vaufrey (1949) sur la commune de Vaufrey
- Barrage de Grosbois (1927) sur la commune de Soulce-Cernay
- Barrage de Dampjoux (1943) sur la commune de Dampjoux
- Barrage de la Pretière (1918) sur la commune de La Prétière
Photographies [modifier]
-
Barrage à la frontière franco-suisse
-
Verdun-sur-le-Doubs en Saône et Loire
-
Verdun-sur-le-Doubs - navigation sur le Doubs (péniches et plaisance)
-
Verdun-sur-le-Doubs - confluent du Doubs (à droite) et de la Saône (à gauche)
Voir aussi [modifier]
Lien externe [modifier]
- Claude Rebetez, « Le Doubs (rivière) » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du 30 janvier 2006.
Notes et références [modifier]
- Notes
- Références
- Jean-Marie Pierret, Phonétique historique du français et notions de phonétique générale, Peeters, Louvain-la-Neuve, 1994, p. 104.
- Pierre-Yves Lambert, La langue gauloise, éditions errance 1994. ISBN 2-87772-089-6
- Xavier Delamarre, Dictionnaire de la langue gauloise, éditions errance 2003.
- SANDRE, « Fiche rivière le doubs (U2--0200) ». Consulté le 17 janvier 2010
- Géoportail - IGN, « Géoportail ». Consulté le 17 janvier 2010
- Banque Hydro - Station U2722010 - Le Doubs à Neublans-Abergement (Synthèse) (ne pas cocher la case "Station en service")
- Banque Hydro - station H5841020 - La Marne à Gournay-sur-Marne (Synthèse) (ne pas cocher la case « Station en service »)
- Les aménagements hydroélectriques de la Vallée du Doubs, sur http://energie.edf.com/. Consulté le 17 avril 2011
- Le barrage du Chatelôt sur le site structurae.de
