Hilaire de Chardonnet

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Chardonnet.

Hilaire de Chardonnet

Description de cette image, également commentée ci-après

Le comte de Chardonnet par sa fille, Anne

Naissance 1er mai 1839
Besançon
Décès 11 mars 1924 (à 85 ans)
Paris
Nationalité Drapeau de la France France
Profession Ingénieur, scientifique, industriel, inventeur de la soie artificielle et fondateur d'une importante industrie du textile de Besançon

Louis Marie Hilaire Bernigaud de Grange, comte de Chardonnet (1er mai 1839 - 11 mars 1924), est un ingénieur scientifique et industriel de Besançon, inventeur de la soie artificielle et fondateur de la Société de la soie Chardonnet.

L'homme politique[modifier | modifier le code]

Plaque comméorative située place Jean-Cornet à Besançon.

Fils d'un ancien sous-préfet royaliste sous la Restauration, il naît le 1er mai 1839, au 2, place Jean-Cornet, à Besançon, dans l'hôtel Petit de Marivat, ancien hôtel Bruchon. Il suit des études à la faculté des sciences de Besançon. En 1859, il est admis à l'École polytechnique, où il croise Sadi Carnot, futur président de la République.

Mais en 1861, Chardonnet manifeste son hostilité à Napoléon III en démissionnant de l'école, d'où il sort cependant ingénieur des ponts et chaussées. Il accompagne alors le comte de Chambord dans son exil en Autriche, d'où ils œuvrent au rétablissement de la monarchie.

Chardonnet épouse Marie-Antoine Camille de Ruoltz-Montchall. De cette union, naît Anne de Chardonnet (1869-1926), sculpteur, élève de Mathurin Moreau et Jules Franceschi, auteur d'un buste en marbre du comte de Chambord exposé au musée des beaux-arts de Besançon.

Après la mort du prétendant au trône en 1883, Chardonnet s’éloigne de la politique. Il cherche à oublier ses désillusions et se résigne à la nouvelle république.

L'inventeur[modifier | modifier le code]

Ancienne usine textile Rhodiacéta au bord du Doubs vue depuis la citadelle de Besançon

Il s'engage alors totalement dans une carrière de chercheur scientifique à laquelle il a déjà consacré beaucoup de son temps. Il crée dans sa maison de la place de l’État-Major à Besançon un important laboratoire et s'intéresse, entre autres sujets, au téléphone, à l'automobile, aux rayons ultraviolets, à la photographie dans l'obscurité.

Il est chargé d'une étude sur une maladie du ver à soie qui frappe l'industrie textile française d'alors, sous la direction du franc-comtois Louis Pasteur. Il a l'idée de reproduire en laboratoire, puis de fabriquer industriellement, une des créations les plus délicates de la nature : la soie. Il installe son premier atelier de recherche et d'expérimentation de filature de soie artificielle à Gergy, près de Chalon-sur-Saône, dans la villa « La Croix blanche » qu'il a héritée de son père.

En 1884, âgé de 45 ans, il entre alors dans l'histoire des grands inventeurs et connaît la célébrité et la fortune en inventant une soie artificielle à base de cellulose et de collodion douée des mêmes propriétés que la soie naturelle : brillant, ténuité et légèreté. Cette même année, il dépose un brevet pour la fabrication de fils artificiels à partir de la nitrocellulose. Il est élu à l'Académie de Besançon en 1884 et en devient le président en 1896-1897, puis il se consacre entièrement à son invention.

En 1892 il fonde la Société de la soie Chardonnet et se lance dans la production industrielle totalement nouvelle de tissus de soie artificielle dans son usine de Besançon, concurrençant très avantageusement la soie naturelle importée de Chine et du Japon. En 1952, cette usine sera rachetée par la société Rhodiacéta et reconvertie dans la fabrication des fils Nylon et Tergal, avant de fermer ses portes définitivement en 1981 à cause de la concurrence internationale.

Le 12 mai 1919, il est élu membre de l'Académie des sciences, dans la section des applications de la science à l'industrie.

Hilaire de Chardonnet est mort pauvre, à l'âge de 85 ans, le 11 mars 1924, à son domicile parisien du 22, place Malesherbes, dans le 17e arrondissement.

Publication[modifier | modifier le code]

  • Hilaire de Chardonnet, « Souvenirs de la guerre carliste », dans Mémoires de l'Académie de Besançon, 1898.

Hommages[modifier | modifier le code]

Un timbre français a été gravé à son effigie, dans une série d'inventeurs en 1955.

Son nom a été donné à :

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Louis Gallas, « La Soie artificielle », dans Courrier de Saône-et-Loire, 11-18 juillet 1926.
  • Auguste Demoment, Un grand inventeur : Le Comte de Chardonnet (1839- 1924), La Colombe, Paris, 1953.
  • F. Brunand, « Hilaire de Chardonnet, père des textiles artificiels : Ses travaux et recherches à Gergy », dans Actes du Congrès de l'A.B.S.S. à Verdun, 1966.
  • Alexandre Gauthier, « Le Comte Hilaire de Chardonnet (1839-1924), père de la soie artificielle, » dans Besançon municipaux, 1974.
  • S. n., « Un Gergotin célèbre : Hilaire de Chardonnet », dans Gergy informations, 10 avril 1982.
  • Gabriel Theulot, « Inventeur chalonnais : Hilaire de Chardonnet, le créateur de la soie artificielle », dans Le Progrès de Saône-et-Loire, 19 juillet 1982.
  • André Questat, « Il y a cent ans à Gergy, le comte Hilaire de Chardonnet étirait le premier fil de soie artificielle », dans Trois rivières, no 22, 1983. (Texte intégral. Consulté le 2 mars 2012.)

Article connexe[modifier | modifier le code]