Hilaire de Chardonnet
Hilaire de Chardonnet
| Naissance | 1er mai 1839 Besançon |
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| Décès | 11 mars 1924 (à 85 ans) Paris |
| Nationalité | |
| Profession | Ingénieur, scientifique, industriel, inventeur de la soie artificielle et fondateur d'une importante industrie du textile de Besançon |
Le comte Hilaire de Chardonnet, né Louis-Marie Hilaire Bernigaud de Chardonnet (1er mai 1839 – 11 mars 1924), est un ingénieur scientifique et industriel de Besançon, inventeur de la soie artificielle et fondateur, à Besançon, de la Société de la soie Chardonnet, rebaptisée Rhodiacéta en 1952, après rachat par Rhône-Poulenc.
Sommaire |
[modifier] Biographie
Fils d'un ancien sous-préfet royaliste sous la Restauration, il naît le 1er mai 1839, au 2, place Jean-Cornet, à Besançon, dans l'hôtel Petit de Marivat, ancien hôtel Bruchon.
[modifier] Études
Il suit des études à la faculté des sciences de Besançon. En 1859, il est admis à l'École polytechnique, où il croise Sadi Carnot, futur président de la République, et d'où il démissionne en 1861.
[modifier] Exil politique
En 1861, Chardonnet manifeste son hostilité à Napoléon III en démissionnant de l'École polytechnique, d'où il sort cependant ingénieur des ponts et chaussées, et il s'exile en Autriche avec le comte de Chambord, d'où ils œuvrent au rétablissement de la monarchie.
Il épouse Marie-Antoine Camille de Ruoltz-Montchall. De cette union, naît Anne de Chardonnet (1869-1926), sculpteur, élève de Mathurin Moreau et Jules Franceschi, auteur d'un buste en marbre du comte de Chambord exposé au Musée des beaux-arts de Besançon.
Après la mort du prétendant au trône en 1883, Chardonnet s’éloigne de la politique, cherche à oublier ses désillusions et se résigne à la nouvelle République.
[modifier] Chercheur scientifique multidisciplinaire
Il s'engage alors totalement dans une carrière de chercheur scientifique à laquelle il a déjà consacré beaucoup de son temps. Il crée dans sa maison de la place de l’État-Major à Besançon un important laboratoire et s'intéresse, entre autres sujets, au téléphone, à l'automobile, aux rayons ultraviolets, à la photographie dans l'obscurité.
[modifier] Étude de la soie naturelle
Il est chargé d'une étude sur une maladie du ver à soie qui frappe l'industrie textile française d'alors sous la direction du franc-comtois Louis Pasteur. Il a l'idée de reproduire en laboratoire, puis de fabriquer industriellement, une des créations les plus délicates de la nature : la soie.
[modifier] Invention de la soie artificielle
Il installe son premier atelier de recherche et d'expérimentation de filature de soie artificielle à Gergy, près de Chalon-sur-Saône, dans la villa « La Croix blanche » qu'il a héritée de son père.
En 1884, âgé de 45 ans, il entre alors dans l'histoire des grands inventeurs et connaît la célébrité et la fortune en inventant une soie artificielle à base de cellulose et de collodion douée des mêmes propriétés que la soie naturelle : brillant, ténuité et légèreté. Cette même année, il dépose un brevet pour la fabrication de fils artificiels à partir de la nitrocellulose.
Il est élu à l'Académie de Besançon en 1884 et en devient le président en 1896-97, puis il se consacre entièrement à son invention.
[modifier] Production industrielle de la soie artificielle
En 1892 il se lance dans la production industrielle totalement nouvelle de tissus de soie artificielle en créant ses premières usines à Besançon, concurrençant très avantageusement la soie naturelle importée de Chine et du Japon.
Le 12 mai 1919, il est élu membre de l'Académie des sciences, dans la section des applications de la science à l'industrie.
[modifier] Disparition et succession
Il meurt pauvre, à l'âge de 85 ans, le 11 mars 1924, à son domicile parisien du 22, place Malesherbes, dans le 17e arrondissement.
En 1954, son usine de Besançon est rachetée par Rhône-Poulenc textile, rebaptisée Rhodiacéta et spécialisée dans la fabrication des fils Nylon et Tergal, avant de fermer ses portes définitivement en 1981 à cause de la concurrence internationale.
[modifier] Hommages
- Un lycée de Chalon-sur-Saône en Bourgogne porte son nom.
- Le plus grand centre de formation d'apprentis du Doubs porte son nom, il se situe à Besançon près de Micropolis.