Duché de Bourgogne

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Page d'aide sur les redirections Cet article concerne le duché féodal. Pour les autres significations du nom Bourgogne, voir Bourgogne (homonymie).

Duché de Bourgogne

8801477

Drapeau Blason
Description de cette image, également commentée ci-après

La France en 1477

Informations générales
Statut Duché
Capitale Dijon
Histoire et événements
880 Création
1337-1453 Guerre de Cent Ans
1430 Ordre de la Toison d'or
1474-1477 Guerre de Bourgogne
Bataille de Nancy

Entités précédentes :

Entités suivantes :

Le duché de Bourgogne est un fief féodal entre les IXe et XVe siècles avec pour capitale Dijon. A partir de 1006, le duché est un apanage gouverné successivement par deux lignées de sang royal, Capétiens directs et Valois.

À la suite du mariage de Philippe Le hardi avec Marguerite de Flandre, les Valois Bourgogne donnent une telle extension à leurs possessions dans les Pays-Bas entre 1363 et 1477 qu'ils envisagent d'en faire un état indépendant. Cependant, ce développement rapide entraîne la formation d'une coalition menée par la confédération suisse et le duc de Lorraine qui inflige une série de défaites au dernier duc Charles le Téméraire, qui trouve finalement la mort sous les murs de Nancy.

La Bourgogne elle même devient alors un Gouvernement et une Généralité du Royaume de France. Son territoire correspond essentiellement à :

La province sera augmentée de la Bresse et du Bugey lorsque la Savoie cédera à Henri IV ses possessions sur le rive droite du Rhône. Quant aux possessions des ducs de Bourgogne dans les Pays-Bas, c'est Charles Quint, arrière petit-fils de Charles Le Téméraire, qui en fera une entité politique distincte.

Aujourd'hui subsistent un certain nombre de souvenirs de la grandeur des ducs et de leur entourage : la Tour Jean sans Peur à Paris, la Tour Philippe le Bon à Dijon, les tombeaux de Philippe le Hardi et Jean sans Peur vestiges de la Chartreuse de Champmol, les Hospices de Beaune construits par le chancelier Nicolas Rolin ou encore le Monastère royal de Brou édifié par Marguerite d'Autriche.

Les premières maisons ducales[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire de la Bourgogne.

Le partage de l'ancienne Burgondie entre la France et la Germanie[modifier | modifier le code]

Le duché de Bourgogne est l'un des héritiers de l'ancienne Burgondie mérovingienne, qui ressurgit à l'occasion des nombreux partages carolingiens. Au fil des guerres on voit apparaître et coexister les royaumes de Bourgogne, le duché et le comté.

En 841, on note le titre de dux Burgundiae potentissimus porté par le comte Guérin : c'est un commandement militaire. Les partages de 843 à Verdun, 855 à Prüm, 870 à Meerssen sont à l'origine durable de la séparation des territoires en Bourgogne occidentale (duché) et orientale (comté): l'ouest de la Saône et du Rhône va à Charles le Chauve, l'est à Lothaire[1].

La création du duché : les bosonides (898-952)[modifier | modifier le code]

En 879, Boson comte de Vienne et Autun devient roi. Ses possessions couvrent une large part de l'ancienne Burgondie. Mais le roi Carloman II, soutenu par le propre frère de Boson, Richard dit le Justicier, réduit son royaume à la Provence. Richard devient ainsi comte d'Autun en 883. En 887, à la mort de Boson, il hérite des comtés de Troyes et Nevers. En 894, il conquiert le comté de Sens. En 898, il obtient le titre de marquis du roi Eudes. C'est l'ébauche du duché de Bourgogne qui se forme. Vers 918, il est titré dux, donc premier duc de Bourgogne (un des six pairs laïcs primitifs de France), et réunit alors les comtés d'Autun, de Nevers et d'Auxerre. Les comtes et évêques de Brienne, Chalon, Beaune, Troyes, Langres, se placent sous son autorité, cela dans le contexte des invasions normandes[2]. C'est la première dynastie des ducs de Bourgogne, les Bosonides (898-952).

Le duché robertien (956-1002) puis capétien (1006-1361)[modifier | modifier le code]

Les Robertiens disputent le duché de Bourgogne à la famille du roi Raoul dès 936. Hugues le Grand (943-956) obtient du roi de France Louis IV le duché de Bourgogne puis ses fils Otton (956-965) et Henri (965-1002), frères d'Hugues Capet, lui succèdent.

Le duché est ensuite tenu par Robert le Pieux, fils d'Hugues Capet, qui l'octroie à son troisième fils Robert, dont les descendants constituent jusqu'en 1361 la branche cadette des Capétiens (Première maison capétienne de Bourgogne). De 1363 à 1482, ce sont d'autres Capétiens, une branche cadette des Valois, qui tiennent le duché.

Le duché des Valois (1361-1477)[modifier | modifier le code]

Ducs valois de Bourgogne

En 1361 le duc Philippe de Rouvres meurt sans héritier, le roi de France Jean II le Bon récupère le duché et l'octroie en 1363 à son fils Philippe le Hardi en apanage. Celui-ci, grâce aux manœuvres diplomatiques de son frère le roi Charles V, reçoit le comté de Flandre par son mariage avec Marguerite III de Flandre.


L'expansion aux Pays-Bas[modifier | modifier le code]

L'État bourguignon, sous Charles le Téméraire

L'action des ducs[modifier | modifier le code]

Philippe le Hardi épouse Marguerite de Flandre qui est l’héritière, outre du comté de Flandre, des comtés de Bourgogne de Nevers et de Rethel. En mariant en 1385 son fils Jean sans Peur à Marguerite, fille du comte Albert Ier de Hainaut et de Hollande, et sa fille Marguerite à Guillaume IV de Hainaut, fils et héritier d'Albert, il prépare l'union de ces principautés à l'État bourguignon en 1433.

En 1429, Philippe le Bon prend possession du comté de Namur en Belgique vendu par le Marquis de Namur Jean III pour 132 000 couronnes d'or en 1421 avec usufruit jusqu'à sa mort.

Le 10 janvier 1430, Philippe Le Bon a épousé Isabelle de Portugal, créant à cette occasion l'ordre de la Toison d'or.

En 1430, il devient Duc de Brabant, de Lothier et de Limbourg en succession de Philippe de Saint-Pol.

En 1443, il achète le Luxembourg à sa tante la duchesse Elizabeth de Goerlitz du Luxembourg.

Charles Le Téméraire ajoute encore à cet ensemble de duché de Gueldre, profitant d'un conflit entre le duc et son fils héritier.

Compte tenu de leur assise, les ducs de Bourgogne font nommer des proches comme titulaires des évêchés souverains d'Utrecht, Liège et Cambrai.

Les résistances[modifier | modifier le code]

Les exigences de la politique des ducs se heurte aux intérêts des puissantes villes de Flandres. À la suite du traité d’Arras (1435) avec la France, le commerce trans-Manche avec l'Angleterre est interrompu et les drapiers flamands ne sont plus approvisionnés en laine. En 1437 Bruges se révolte contre Philippe le Bon qui manque d’y laisser la vie. L'insurrection est réduite avec l'aide des villes de Gand et Ypres. La paix de Gravelines entre Philippe le Bon et Henri VI d'Angleterre permet la reprise du commerce entre l'Angleterre et la Flandre en 1439. En 1453 les Gantois se révoltent. Ils sont écrasés à Gâvres, par son fils Charles le Téméraire qui réprime violemment l'insurrection.

Liège et Dinant (qui dépend de la Principauté de Liège) se révoltent contre le prince-évêque Louis de Bourbon qui est un neveu du duc. Charles Le Téméraire prend Dinant, qui est pillée et détruite et met fin aux velléités liégeoises. Après la mort de Philippe le Bon (), les Liégeois reprennent les hostilités, mais Charles le Téméraire les bat à Saint-Trond et, après le sursaut des 600 Franchimontois, prend Liège, qui est détruite et soumise en présence de Louis XI qui en a financé et soutenu l'insurrection.

Le roi de France est contraint de signer le traité de Péronne (14 octobre 1468) tout à l'avantage de l'État bourguignon et de céder à son frère cadet Charles de France (allié du Téméraire) le comté de Champagne et Brie. Louis XI fera annuler ce traité deux ans plus tard, sous prétexte de félonie du duc de Bourgogne.

Article détaillé : Etat bourguignon.

Les relations avec la couronne de France[modifier | modifier le code]

Philippe le Hardi (1342-1404)

La participation au gouvernement du royaume[modifier | modifier le code]

Jean sans Peur (1371-1419)
Philippe le Bon (1396-1467)
La France en 1435. En rouge sombre le duché de Bourgogne.

À la mort de son frère Charles V en 1380, Philippe le Hardi devient régent et tuteur du roi en attendant la majorité de Charles VI (en 1388). Il consolide ses possessions et la position diplomatique de la France en recherchant des alliances avec le Saint Empire, c'est dans cet esprit qu'il marie Charles VI avec Isabeau de Bavière sur laquelle il gardera une forte influence. Charles VI sombrant dans la folie en 1392, les affaires de l'État sont à nouveau gérées par un conseil de régence présidé par la reine Isabeau. La reine étant piètre politique, c'est encore Philippe le Hardi qui a l'influence prépondérante dans les affaires du royaume, cependant il doit composer avec la montée en puissance de l'ambitieux frère du roi, Louis d'Orléans.

Jean Sans Peur son fils a beaucoup moins d'influence sur Isabeau de Bavière que son père. Louis Ier d'Orléans fait évincer les Bourguignons du conseil de régence et Jean sans Peur le fait assassiner en 1407. Cet acte précipite le pays dans une guerre civile opposant les Bourguignons aux partisans de Louis d'Orléans regroupés au sein du parti d'Armagnac. Henri V le roi d'Angleterre, profite de ces troubles pour relancer la guerre de Cent Ans et envahir la Normandie. Après la débâcle d'Azincourt en 1415, le duc de Bourgogne prend le pouvoir à Paris en 1418, avec le concours des artisans et des universitaires. La pression anglaise s'accroît et un rapprochement entre Armagnacs et Bourguignons est indispensable. Le dauphin Charles rencontre donc le duc de Bourgogne à Montereau. Des Armagnacs craignant que le dauphin cède aux vues bourguignonnes assassinent Jean sans Peur lors de l'entrevue le 19 septembre 1419.

Philippe le Bon, le fils de Jean sans Peur s'allie alors avec les Anglais. Ils font signer en 1420 à la reine Isabeau et au roi Charles VI le traité de Troyes qui déshérite le dauphin Charles au profit du roi d'Angleterre Henri V qui doit devenir roi de France à la mort de Charles VI (il contrôle déjà tout le nord et le sud-ouest de la France). N'ayant plus de réel suzerain le Duc de Bourgogne à un accès direct aux impots collecté dans sa principauté, il est donc librement autonome[3]. En 1422, Charles VI et Henri V meurent. Henri VI devient roi d'Angleterre et roi de France mais n'a que 1 an et n'est pas sacré. Le duc de Bedford devient alors régent du royaume de France et épouse l'année suivante Anne de Bourgogne, la sœur de Philippe le Bon, le soutien de ce dernier étant essentiel. Cependant Charles VII est sacré grâce à l'intervention de Jeanne d'Arc en 1429. En 1435 il signe avec Philippe Le Bon le traité d'Arras qui marque la fin de la guerre civile. Les anglais présents lors des négociations refusent l'annulation du Traité de Troyes et menacent Philippe le Bon. En retour, celui-ci tente de reprendre Calais mais le siège tourne au désastre pour les troupes de Philippe le Bon qui se retire en Flandre.

La tentation de la souveraineté[modifier | modifier le code]

Marie de Bourgogne (1457-1482)

Philippe Le Bon a obtenu de Charles VII de ne plus rendre hommage au roi, privilège concédé à titre purement personnel. Cependant le duc reste fidèle à une politique de proximité avec la monarchie française. Il accueille d'ailleurs le futur Louis XI en difficulté avec son père.

Charles le Téméraire lui n'hésite pas à défier dans le cadre de la Ligue du Bien public Louis XI en lui livrant bataille à Montlhéry (1465) et en mettant le siège devant Paris. Ainsi contraint-il le roi à signer les traités de Saint-Maur-des-Fossés et de Conflans par lesquels il récupère la Picardie et la ville de Boulogne, ce qui assure ses arrières du côté de la france.

Charles le Téméraire veut reconstituer l'ancienne Lotharingie en reliant tous les domaines néerlandais (les pays "de par-deçà", ou "Pays-Bas") aux domaines bourguignons (les pays "de par-delà") grâce à l'annexion de la Champagne, la Lorraine et l'Alsace. Il cherche à s’entendre avec l’empereur en vue d’obtenir une éventuelle couronne. Le duc Sigismond d'Autriche de Habsbourg lui apporte son aide en 1469 en lui vendant ses terres d'Alsace et en face le pays de Brisgau sur la rive allemande du Rhin. Mais les Bourguignons sont mal perçus dans la région et s’attirent l’hostilité des Suisses qui les battent à Grandson et Morat. Charles Le Téméraire meurt au siège de Nancy en 1477.

À la suite du mariage de Marie de Bourgogne avec Maximilien Ier de Habsbourg pour contrer le roi de France, le titre de duc de Bourgogne et le duché sont divisés en deux. Le roi Louis XI devient duc de Bourgogne avec la Bourgogne[4], et les Habsbourgs d'Autriche et d'Espagne deviennent duc de Bourgogne avec les Pays-Bas bourguignons (actuel Benelux) et la Franche-Comté. Les Habsbourgs et, en particulier, Charles Quint contre François Ier, n'auront de cesse de faire reconnaître leurs droits au duché de Bourgogne, sans aucun succès.

Annexes[modifier | modifier le code]

Les dirigeants[modifier | modifier le code]

comtés vassaux du duché de Bourgogne[modifier | modifier le code]

Le duché de Bourgogne a compris de manière discontinue les comtés vassaux suivants : comté de Flandre, comté de Chalon, comté de Charolais, comté de Mâcon, comté d'Autun, comté de Nevers, comté d'Avallon, comté de Tonnerre, comté d'Auxerre, comté de Sens, comté de Troyes, comté d'Auxonne, comté de Bar et autres comtés et seigneuries...

Il a été associé à la comté de Bourgogne, partie du Saint-Empire romain germanique, actuelle Franche-Comté, entre 1330 et 1361, et entre 1384 et 1482, par lien dynastique, mais chaque principauté resta distincte.

Le duc de Bourgogne a également parfois été suzerain ou possesseur du comté de Senlis, et du comté de Montbéliard.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (fr) Jean Richard, Histoire de la Bourgogne, Éditions Privat,‎ 1978 (ISBN 2-7089-1680-7)
    Collectif, sous la direction de J. Richard : Joseph Joly, Roland Martin, Jean Marilier, Pierre Quarré, Daniel Ligou, Pierre Lévêque, François Caron
  • (fr) Bertrand Schnerb, L'État bourguignon, Perrin, coll. « Tempus »,‎ 2005, 469 p. (ISBN 978-2-262-02360-7)
  • (fr) Sous la direction de Danielle Régnier-Bohler, Splendeurs de la Cour de Bourgogne, récits et chroniques, chez Robert Laffont, paris, 1995, Modèle:ISBN = 2-221-06825-4.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. J. Richard (1978) p. 106
  2. J. Richard (1978) p. 110-112
  3. Takemi Kanao, « Introduction aux finances et à la fiscalité de Philippe le Bon dans les années 1420 », Bulletin du Centre d'études médiévales d'Auxerre, 8 (2004), Centre d'études médiévales
  4. http://books.google.fr/books?id=j3kUAQAAMAAJ&pg=PA224 Lettres patentes de Louis XI, Selommes, le 19 janvier 1477 (1476 avant Pâques)

Liens externes[modifier | modifier le code]