Kiosque

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Kiosques préfabriqués modèle habana pour différents usages sur les plages de Barcelone, Espagne.

Un kiosque désigne dans la société de cour royale ou princière européenne dès le milieu de l'époque moderne un pavillon de jardin ouvert de multiples côtés vers le paysage jardiné. Sa construction dépasse ses modèles originels issus du palais stambouliote de Topkapi au XIVe siècle ainsi que le lieu d'édification quitte les jardins à la mode orientaliste ou d'inspiration orientale turco-persane, pour s'appliquer à un lieu offert au divertissement : point de vue abrité, belvédère, place de musique, de danse ou de fêtes, lieu d'observation de festivités dans les jardins, lieu de contemplation ou de récréation...

D'un point de vue urbanistique, le terme se précise au XIXe siècle en quelques types et modèles de constructions spécifiques à l'espace public qui conservent une structure ouverte et légère. Au début du XXe siècle, le terme prend des acceptions techniques précises dans les domaines (sous-)maritime et architectural.

Origine du mot et premières évolutions[modifier | modifier le code]

Kiosque de Bagdad du Palais de Topkapı, Istanbul.
Kiosque toilettes a Port Barcarès, France

Un kiosque est un pavillon de jardin ouvert, le plus souvent de tous les côtés. La forme peut être rectangulaire, ronde ou octogonale. Un dôme ou un toit à pans protège du soleil aveuglant ou des intempéries. La graphie française chiosque est attestée en 1654. Le terme est emprunté entre 1594 et 1608 (selon les études de R. Arveiler et Cayet) à l'italien des jardiniers de l'époque maniériste : chiosco, chioschi au pluriel. Le mot vient du turc médiéval kieuchk ou kiösk, écrit Köşk en turc actuel. Il dérive de manière plus lointaine du persan کوشک kushk ou kūšh qui signifie palais, salle haute, galerie ou salon.

Les kiosques se répandent en Perse, en Inde et au coeur de l'Empire ottoman à partir du XIIIe siècle. Ils semblent présents plus tardivement autour du bassin méditerranéen et dans l'ensemble du Proche-Orient. Le mot garde une phonétique similaire : la langue portugaise connaît Quiosque et la roumaine Chioşc pour désigner un petit pavillon de jardin ouvert d'un côté ou sur tous ses côtés.

Le mot, d'origine perse, pourrait désigner à l'origine un objet qui sert à fournir de l'ombre. Un examen plus approfondi de l'étymologie révèle que le mot köşk a la même racine que le mot turc gölge qui signifie ombre. Le pavillon pourrait être aussi une simple tente tendue par la pointe, comme le toit en pavillon de la plupart des kiosques.

Au cours du XVIIIe siècle, les multiples influences orientales en Europe firent du kiosque un élément important des jardins européens : fabrique de jardin ou pavillon. Le roi Stanislas de Pologne fait édifier pour observer les splendides jardins de son dernier palais de Lunéville un kiosque qui a toutes les caractéristiques d'une bâtisse-belvédère à étages jouxtant une grande galerie en son milieu, avec, à la fois, de vastes fenêtres vitrées au rez-de-chaussée et un chemin de ronde abrité à l'étage supérieur.

Le kiosque des places publiques accueille les spectacles d'artistes et les concerts de musiciens. Quoique plus modeste, il est l'héritier des divers kiosques des sociétés de cour. En 1893, le kiosque à musique est bien souvent un simple abri circulaire dans un jardin public ou sur une place publique qui permet d'accueillir des musiciens pour un concert en plein air, en journée ou en nocturne si l'éclairage est offert.

Toutefois, en dehors du sens premier préservé par l'espace public, surgit vers 1848 un emploi économique de petite maison de vente. La mutation est européenne puisque le mot allemand der Kiosk s'étend aussi au champ économique. Il s'agit d'une petite boutique installée sur le trottoir ou accessible de celui-ci. Le kiosque de journaux ou le kiosque à journaux est un édicule établi sur les voies fréquentées, dans les lieux publics divers, comme les gares. Le kiosquier, kiosquaire ou kiosquiste y vend des journaux, des revues, des livres. Mais il existe aussi des kiosques de distributions d'objets divers : kiosque à fleurs, à tabac ou cigarettes...

Kiosque ou pavillon de jardin[modifier | modifier le code]

En Turquie, le mot köşk désigne au XXIe siècle une construction de style ottoman, en bois recouvert d'un parement de pierres, à plusieurs étages, qui servait principalement de résidence d'été ou d'hiver pour les riches dans l'ancien palais impérial ottoman. Il y a de nombreux kiosques à l'intérieur et à proximité du palais de Topkapi à Istanboul, et ils sont encore fréquents en Grèce. Les kiosques turcs sont généralement polygonaux.


Kiosque à musique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Kiosque à musique.

Un kiosque à musique est une construction pour le divertissement, typique au XIXe siècle et début XXe de l'aménagement des villes et des parcs, très ouverte, symétrique par rapport à l'axe central (forme panoptique) et de plan polygonal.

Édicule urbain : kiosque à journaux, à fleurs...[modifier | modifier le code]

Kiosque à journaux dans Rosemont, Montréal, 1943.

Un kiosque à journaux est une petite boutique installée sur un trottoir où l'on vend essentiellement des journaux et des magazines. Un kiosque à fleurs abrite un ou une fleuriste.

Terme de marine et d'architecture[modifier | modifier le code]

Le Kiosque du NCSM Onondaga (S73).

Entre 1900 et 1912, le terme kiosque acquiert auprès du grand public un sens d'architecture maritime. Il s'agit d'un lieu central abrité, véritable dispositif panoptique de commandement et d'action sur les dispositifs embarqués.

Le kiosque de timonerie est un abri vitré sur le pont d'un bâtiment pour protéger le personnel et les appareils de navigation. Parfois, sur de modestes croiseurs ou sur de puissants cuirassés, le kiosque est positionné sur un aménagement de passerelles pour que le commandant et ses seconds, avec jumelles, instruments de navigation et cartes marines, puissent opérer la manœuvre et donner les ordres au combat.

Sur un sous-marins, le kiosque est la superstructure centrale qui comporte une partie supérieure ou baignoire, servant de passerelle pendant la navigation en surface. Après l'immersion, le cœur du kiosque est le lieu d'utilisation du périscope.

En architecture, le vocable désigne toute structure portante suffisamment ouverte pour offrir un dispositif panoptique, au moins provisoire. Ainsi la partie centrale en corniche du chapiteau d'un cirque à mât unique prend cette dénomination technique.

Service de vente ou de mercatique[modifier | modifier le code]

Le kiosque est un système de vente de service par téléphone ou par minitel avant l'essor d'internet.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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