Otte-Guillaume de Bourgogne

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Otte-Guillaume Ier de Bourgogne ou Otte-Guillaume de Mâcon[1] (vers 962-1026) fut le premier comte palatin de Bourgogne (982-1026) et comte de Mâcon par mariage avec Ermentrude de Roucy (héritière du comté de Mâcon par son premier mariage avec le comte Aubry II de Mâcon982).

Biographie[modifier | modifier le code]

Le duché de Bourgogne et le Comté de Bourgogne (approximativement la Franche-Comté actuelle)

Otte-Guillaume naît vers 962. Fils du roi Aubert Ier d'Italie (descendant d'Amédée d'Oscheret (790-867), comte d'Oscheret dans le royaume de Bourgogne) et de Gerberge de Chalon (fille du comte Lambert de Chalon et d'Autun)

Son père fait partie des rois qui se partagent et règnent sur l'ancien empire carolingien de Charlemagne et à ce titre, il lui constitue, au moment de la féodalisation et du découpage de l'ancien empire de Charlemagne en duchés et en comtés féodaux, le comté de Bourgogne autour de Dole dans le Jura en Franche-Comté (à peu près la Franche-Comté actuelle, le comté de Montbéliard en moins). Il devient comte de Mâcon en épousant Ermentrude de Roucy (?-1005) (fille de Renaud de Roucy, comte de Reims et de Roucy, et d'Albérade de Hainaut - elle-même fille du duc Gislebert de Lotharingie et de Gerberge de Saxe. Ermentrude de Roucy était l'héritière du comté de Mâcon par son premier mariage avec Aubry II de Mâcon † 982). Otte-Guillaume a pour enfants de ce mariage :

972 son père décède à l'âge de 41 ans.

973 sa mère Gerberge de Chalon, veuve, se remarie avec le duc Henri Ier de Bourgogne dont elle n'a pas d'enfant. (Il est donc le beau-fils de son suzerain le duc de Bourgogne par le remariage de sa mère).

982 il devient premier comte palatin de Bourgogne de la maison d'Ivrée du comté de Bourgogne par le domaine franc-comtois de son père et par le titre de comte palatin de Bourgogne donné par son beau-père le duc de Bourgogne.

En 990, Foucher prieur du prieuré Saint-Léger près de Pontarlier porte plainte contre l'abbé Guillaume de Volpiano de l'Abbaye Saint-Bénigne de Dijon au sujet du bois de Haute-Serve à Cessey-sur-Tille devant Henri le Grand, duc de Bourgogne, avoué de Saint-Léger, Otte-Guillaume , comte de Mâcon et de Bourgogne, avoué de Saint-Bénigne, et Brunon de Roucy, évêque de Langres. Les parties sont invitées à procéder à la vue du bois, en présence du comte Richard de cives de Dijon, et de plusieurs nobles, chargés de trancher le débat. Ceux-ci prescrivent un combat singulier. Au jour fixé, le prieur de Saint-Bénigne , comparut, mais son adversaire se déroba[2].


995 il associe son fils Guy Ier de Mâcon au pouvoir de comte.

1002 il lègue le comté de Mâcon à son fils Guy Ier de Mâcon.

1002 à la mort de son beau-père le duc Henri Ier de Bourgogne sans héritier, il prétend sans aucun lien de filiation direct à la succession du duché de Bourgogne. Il se considère alors comme duc de Bourgogne pendant deux ans.

1004 le duché de Bourgogne est annexé par le roi Robert II de France au royaume de France (qui le donnera en 1032 à son troisième fils Robert Ier de Bourgogne).

1004 décès prématuré de son fils Guy Ier de Mâcon sans avoir succédé à son père à la tête du comté de Bourgogne. Otton II de Mâcon, le fils de Guy Ier de Mâcon, hérite du comté de Mâcon.

1016 Otte-Guillaume épouse en secondes noces Adélaïde d'Anjou (vers 942-1026 à Arles)[3].

Le roi Rodolphe III de Bourgogne (dernier roi de Bourgogne par manque d'héritier) reconnait son neveu de la maison des Ottoniens, l'empereur germanique Henri II du Saint-Empire comme suzerain protecteur et héritier de son royaume dont dépend le comté de Bourgogne. Otte-Guillaume et d'autre seigneurs Français se révoltent alors contre l'autorité de suzeraineté sur le Royaume de Bourgogne et sur le comté de Bourgogne légitimement revendiqué par l'empereur germanique. (Le Comté de Bourgogne tombe sous la suzeraineté de l'Empereur germanique à la mort de Rodolphe III de Bourgogne en 1032).

Il décède le 21 septembre 1026. Il fut inhumé au monastère de Saint-Bénigne de Dijon. Son fils Renaud Ier de Bourgogne lui succède comme comte de Bourgogne.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Généalogie de Otte-Guillaume (Guglielmo di Ivrea) sur le site Medieval Lands
  2. Chevrier et Chaume, Chartes et documents de Saint-Bénigne de Dijon, n°215, p.17 (990-1002) cité par Yvonne Bonger, Recherches sur les cours laïques du XIe au XIIIe siècle, éd.Harmattan, 2012, pp.71-72/318.p.
  3. L'hypothèse d'une cinquième union d'Adélaïde d'Anjou, veuve du comte de Provence, avec Othon Guillaume, comte de Bourgogne et de Mâcon, a été proposée en 1907 par René Poupardin(Cf. René Poupardin, Le Royaume de Bourgogne, 888-1038 : étude sur les origines du royaume d'Arles. Paris: Bibliothèque de l'École des hautes études, IVe section, Sciences historiques et philologiques ; fasc. 163, p. 418, note 6) et repris par d'autres historiens à sa suite. Cette hypothèse repose uniquement sur trois chartes (Cf. Auguste Bernard et Alexandre Bruel, éditeurs. Recueil des chartes de l'abbaye de Cluny, Paris : Imprimerie nationale, t. 3, charte no 2694; C. Ragut, éditeur. Cartulaire de Saint-Vincent de Mâcon connu sous le nom de livre enchaîné. Mâcon, 1864, chartes no 471 et 490.) attestant simplement l'existence d'une seconde épouse d'Othon Guillaume du nom d'Adélaïde et une bulle du pape Benoît VIII adressée, entre autres, aux dirigeants séculiers de Bourgogne et de Provence, parmi lesquels Othon Guillaume et Adélaïde, sans faire mention d'une union entre eux. Cette hypothèse, qui ne repose sur aucune preuve décisive, est donc à considérer avec prudence (Cf. Stasser, loc. cit., p. 25).