Thermalisme

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Le thermalisme est l’ensemble des activités liées à l’exploitation et à l’utilisation des eaux thermales. Cela se rapporte aussi bien à l’histoire, l’économie, les acteurs, le patrimoine qu'à l’ensemble des moyens (médicaux, sanitaires, sociaux, administratifs…) mis en œuvre dans les stations thermales lors des cures thermales.

Le thermalisme historique est très différent du thermalisme d'aujourd'hui, devenu très médicalisé en France.

Thermes de Plombières les Bains à Plombières-les-bains (France)

Histoire[modifier | modifier le code]

Les thermes de l'Antiquité[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Thermes romains.

Les premiers usages des eaux thermales semblent remonter aux Grecs. En effet, l'usage des eaux thermales est évoqué dès le VIe siècle av. J.-C. par le poète grec Ibycos[1]. Les Romains perfectionnèrent la pratique des thermes par la construction d’aqueducs, dont certains donnaient accès à l'eau potable, tandis que d'autres alimentaient les thermes. La pratique des thermes romains est assez codifiée  : on se déshabille pour prendre l'air chaud et les vapeurs, on prend ensuite un bain chaud, puis un bain froid revigorant. La fin du bain consiste en général en une séance d'épilation et de massages. Ville de Dax,cité romaine et 1re destination thermale de France  : Aquae Tarbellicae. Sur la carte de Peutinger (dite « table de Peutinger »), copie médiévale d'une carte de l'Antiquité romaine, figurent quelques stations thermales, signalées par une vignette spécifique. On y trouve Aquis Calidis (Vichy), Aquae Bormonis (Bourbon-l'Archambault), Aquis Nisincij (Bourbon-Lancy), Aquis Sextis (Aix-en-Provence)… Mais d'autres stations thermales gallo-romaines figurent également sur cette table comme Aquis Neri (Néris-les-Bains).

Les bains au Moyen Âge[modifier | modifier le code]

La médecine thermale existe depuis l’Antiquité. On plaçait alors les lépreux dans des bains, puis on les envoyait se sécher au soleil pour améliorer leur guérison. Les blessés de guerre se retrouvaient aux thermes pour se rétablir. Il y avait une croyance particulière dans les bienfaits de l’eau. Aujourd’hui on respecte encore les vertus de l’eau et on améliore son utilisation. En France, il y a plus de 1 200 sources d’eau qui sont occupées par les Thermes. Le thermalisme est l’utilisation de l’eau minérale à des fins thérapeutiques.

Cette méthode médicale n’est pas une invention très récente, en fait, cela date de 3 000 ans av. J.-C. Nous nous reportons donc dans l’Antiquité. Les Romains vouaient à l’eau un véritable culte, ils construisaient des fontaines, des systèmes d’aqueduc et des Thermes. Les Thermes ou gymnase grec, étaient d’immenses bains chauds utilisés pour un usage médical, hygiénique mais surtout social. Ces bains publics étaient des lieux très représentatifs, on pouvait y admirer des sculptures, des peintures, des statues, ils représentaient le luxe. Les Grecs sont les précurseurs des canons de beauté, déjà à cette époque, il fallait que tout soit beau, grand et fort. Les Thermes étaient donc des monuments énormes qui représentaient la richesse de la cité. On pouvait y accueillir jusqu’à 1 000 personnes en même temps. Dans les Thermes, il y a quatre sections, l’entrée, une pièce à l’eau tiède, une à l’eau chaude et l’autre à l’eau froide. Déjà, on y exerçait la vasodilatation et la vasoconstriction des vaisseaux sanguins.

Henri IV crée la Charte des eaux minérales. L'armée a fortement contribué au développement de certaines stations comme Bourbonne-les-Bains (Haute-Marne), dès Louis XV et alors que cette toute petite ville avait un passé thermal à l'époque romaine. Ainsi, un hôpital militaire a soigné les soldats blessés dans cette ville viticole (350 ha) qui a trouvé là un excellent débouché pour ses vins. C'est Henri IV qui posera les bases juridiques[2] d'une réglementation et d'une administration thermale en créant le premier Surintendant des Eaux minérales de France, en 1605 (édit de mai 1605). Au XVIIIe siècle, l'usage des eaux minérales devient de plus en plus réglementé (déclaration du 25 avril 1772, arrêt du Conseil du 12 mai 1775, déclaration du 26 mai 1780...) inscrivant les eaux minérales dans une logique pharmaceutique et médicale.

Le bassin des ladres (lépreux) à Ax-les-Thermes, date du Moyen Âge. Sa source soigne les affections dermatologiques et rhumatologiques.

Les Eaux de la Belle Époque[modifier | modifier le code]

Le thermalisme connaîtra un engouement exceptionnel au XIXe siècle, porté par la vague du romantisme.

Gargarisoirs à Châtel-Guyon

Pour des raisons de facilité d'accès, les stations se développeront d'abord à proximité immédiate ou à l'intérieur des grandes villes. Très rapidement, l'extension rapide des liaisons ferroviaires rendra accessibles ces stations isolées pour les Parisiens et les étrangers[3]. La croissance de la fréquentation s'emballera, et l'on passera de 22 000 curistes en 1822 à 120 000 en 1855. Aux confins de la Lorraine, une demi-douzaine de stations se développent comme Plombières-les-Bains, la ville aux mille balcons, Vittel, Contrexéville, Bourbonne-les-Bains, Bains-les-Bains, etc. Dans la chaîne pyrénéenne, pas moins de 31 stations thermales se développeront, portées par le goût impérial pour les villes d'eaux. L'Auvergne n'échappe pas à ce mouvement ; le Mont-Dore, Royat, La Bourboule, Saint-Nectaire… et surtout Vichy, qui devient l'archétype de la ville thermale par excellence.

Le thermalisme aujourd'hui en France[modifier | modifier le code]

Les villes thermales en France.

Le thermalisme se définit comme étant l’ensemble des moyens médicaux, sociaux, sanitaires, administratifs et d’accueil, mis en œuvre pour l’utilisation, à des fins thérapeutiques, des eaux minérales et thermales, des gaz thermaux et des boues. Le mot thermalisme implique que soit utilisée une eau dont les vertus curatives sont reconnues par le corps médical.

C'est en 1950 que les soins thermaux sont pris en charge par la Sécurité Sociale. Cet organisme prend en considération chaque station thermale et contrôle l'eau pour qu’il n'y ait aucune bactérie. Ce processus est tellement respecté qu’au moindre élément pathogène présent dans l’eau, il y a fermeture du centre. Même les hôpitaux n’ont pas un code d’hygiène aussi poussé. Chaque établissement de soins doit être agréé dans le traitement d’une ou plusieurs orientations thérapeutiques et tous doivent être conventionnés par la Sécurité Sociale.

Établissement thermal des Eaux-Bonnes, Pyrénées-Atlantiques, 1830.

Il existe en France 115 établissements implantés sur 102 sites. Plus de 500 000 patients effectuent une cure chaque année en France.

Les eaux thermales[modifier | modifier le code]

On recense plus de 1 200 sources d’eaux thermales en France. Leur composition chimique particulière leur confère des vertus thérapeutiques reconnues par l’Académie de Médecine. Ce statut leur donne des obligations, puisqu’elles doivent être délivrées pures, dans l’état où elles se trouvent à l’émergence, et stables dans le temps.

Le patient sera orienté vers un centre thermal ayant recours à une eau adaptée à sa pathologie selon sa composition minérale.

On classe les eaux minérales en cinq grandes catégories (bicarbonatées, sulfatées, sulfurées, chlorurées et oligo-métalliques faiblement minéralisées) et on les utilise dans douze orientations thérapeutiques.

Les activités induites par le thermalisme[modifier | modifier le code]

L'activité thermale dans une ville ne fait pas fonctionner seulement le centre de cure. De nombreuses autres activités doivent leur succès à la fréquentation des curistes.

Depuis le XIXe siècle le thermalisme a fait bénéficier l'industrie hôtelière d'un apport considérable de clients durant la saison thermale. Au début du XXe siècle où les cures thermales s'adressent à une clientèle fortunée, la mode est aux grands hôtels. Les villes de Vichy et Aix-les-Bains, qui ont connu leur heure de gloire à cette époque, possèdent donc un nombre particulièrement élevé d'hôtels. Avec l'arrivée du thermalisme social, les gens se tournent vers un hébergement en meublé, moins cher et permettant plus d'économie. Les villes thermales bénéficient aussi, grâce à leur statut de station hydrominérale, de l'autorisation de posséder un casino (Article L.2231-3 du code des collectivités territoriales). Bien que le casino ait perdu l'aspect mondain qu'il avait dans les années d'avant-guerre, il attire toujours une forte clientèle. On peut aussi citer les commerces, en particulier les services à la personne (pressing, ambulances) indispensables durant une cure de trois semaines pour certains curistes. Les curistes disposant de beaucoup de temps libre, les activités touristiques sont aussi appréciés en ville thermale.

La représentation des stations thermales[modifier | modifier le code]

Créé en 2002, le Conseil National des Exploitants Thermaux, seul syndicat professionnel de la branche, regroupe la quasi-totalité des établissements thermaux. Son objectif est de travailler à la modernisation et à l’amélioration de la médecine thermale.

Pour cela il s’est engagé dans une démarche destinée à prouver l’intérêt médico-économique du thermalisme, en lançant plusieurs études permettant de valider scientifiquement le Service Médical Rendu (SMR) des cures.

Une source thermale en libre-service : la source St Augustin à Cransac.

Chiffres clés[modifier | modifier le code]

  • 105 établissements thermaux répartis sur 102 stations thermales [4]
  • En 2008, 492 331 patients ont reçu une prescription médicale de cure thermale
  • La rhumatologie représente plus des deux tiers des patients
  • 8,8 millions de journées de cures dans le cadre de cures conventionnées
  • 2 millions de journées en cure capital santé
  • 0.3 % du budget de l’assurance maladie

Déroulement d'une cure[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Cure thermale.
Bain romain de Bains-les-Bains

La cure thermale la plus pratiquée est la cure médicale prescrite, prise en charge (en partie) par la Sécurité sociale. Cette cure est prescrite par un médecin traitant, généraliste ou spécialiste. Elle se déroule sur trois semaines, dont 18 jours de traitement. C'est un médecin thermal qui prescrit les soins (quatre soins obligatoires par jour en rhumatologie), voire une pratique alimentaire adaptée dans les stations traitant la nutrition, à l'arrivée du curiste dans la station thermale et qui le suit pendant toute la cure (trois visites médicales sont obligatoires durant le séjour).

Cures de remise en forme[modifier | modifier le code]

Les thermes Chevalley d'Aix-les-Bains

Au-delà des utilisations médicales et thérapeutiques, il existe également un thermalisme d'agrément soit dans les établissements de cure, soit dans des établissements de balnéothérapie installés le plus souvent dans les grandes villes. Ces derniers sont sans lien avec la médecine et ne sont pas non plus liés à l'existence de sources thermales naturelles.

Ces cures libres médicalisées ou des séjours de remise en forme, d'une durée d'un week-end (minicures), d'une semaine ou plus.

Certains de ces établissements proposent à leur clients différentes installations telles que bains de vapeur, sauna finlandais, bains à remous, etc.
Il existe beaucoup de soins différents, l'hydromassage, le modelage, la brumisation, le Cellu M6, la pressothérapie, les piscines à jets ciblés[5]...

Thermalisme au Japon[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Onsen.

Activités naturistes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. André Authier et Pierre Duvernois, Patrimoine et traditions du thermalisme, Privat, 1997, p.18
  2. Antonin Mallat, Histoire des Eaux minérales de Vichy, tome II, livre VII, Paris, G. Steinheil Éditeur, 1915, p. 125-188.
  3. Dax et Vernet-les-Bains sont reliées à Paris par le chemin de fer dès 1854, Plombières en 1860, Vichy en 1862, Le Mont-Dore et La Bourboule en 1882 Thermalisme et rail sources de progrès in "la vie du rail" n°1909
  4. « Chiffres Clés », sur http://www.medecinethermale.fr (consulté le 9 aout 2014)
  5. http://balneo-normandie.com/test/soins-thalasso-bien-etre-orne.php

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • E.-H. Guitard, Le prestigieux passé des eaux minérales. Histoire du thermalisme et de l'hydrologie des origines à 1950. Préface du Pr Laignel-Lavastine, Société d'histoire de la pharmacie, Paris, 1951.
  • Joseph-Barthélemy-François Carrère, Catalogue raisonné des ouvrages qui ont été publiés sur les eaux minérales en général, et sur celles de la France en particulier, Paris, 1785.
  • Guérard, Rapport général sur le service médical des eaux minérales de la France en 1864, Paris, 1864.
  • Philippe Langenieux-Villard, Les stations thermales en France, PUF collection Que sais-je (N°229) décembre 1990
  • Jérôme Penez, « Les réseaux d’investissement dans le thermalisme au XIXe siècle en France », In Situ n° 4, mars 2004. [1]
  • Armand Wallon, La vie quotidienne dans les villes d'eaux, 1850-1914, Hachette, 1981, 349 p.
  • Dictionnaire Badoche, Guide du baigneur et du touriste, eaux minérales, bains, villes de plaisance, Paris, publié à partir de 1880.
  • Index médical des principales stations thermales et climatiques de France, publié par le Syndicat général des médecins des stations balnéaires et sanitaires de France, Paris, 1903.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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