Beffroi

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir beffroi (homonymie).
Dessin d’un beffroi

Un beffroi (baffraiz en vieux français) est un ouvrage de charpente destiné à supporter et à permettre de faire mouvoir des cloches ; on a donné par synecdoque le nom de beffroi aux tours renfermant les cloches de la commune.

Dans les villes du Moyen Âge, le beffroi est le symbole des libertés communales obtenues du suzerain. Sa tour abrite la cloche du ban ou « bancloque », symbole de pouvoir destiné à appeler le peuple aux délibérations communales, des exécutions capitales ou l'approche d'un ennemi. Les chartes communales, qui confirment par écrit l'étendue des libertés et l'engagement du suzerain à les respecter, y sont conservées en lieu sûr.

Historique[modifier | modifier le code]

Le beffroi est conçu pour isoler les murs de pierre des cloches. Il est constitué d’un entrelacement complexe de croix en chêne et repose sur un rebord en pierre dépassant des murs intérieurs de la tour. Lorsque les cloches sonnent, le matériau plus indulgent absorbe les vibrations. Si les cloches étaient reliées directement à la pierre, leurs vibrations dangereuses affaibliraient les murs qui finiraient par s’écrouler.

À partir du XIe siècle, les communes libres firent élever des beffrois. Après l'obtention de leurs seigneurs du droit de s'administrer elles-mêmes par des chartes, l'érection de tels monuments marquait leur autonomie et leur puissance. De plus, une horloge sonnant les heures symbolisait un changement dans le découpage du temps. Auparavant, la journée était rythmée par les cinq prières sonnées par les clochers des églises : matines, nones, vêpres, etc. Le temps que marquaient ces sonneries était un temps divin. La construction d'un beffroi sonnant les heures marque le passage à un temps profane, consacré au commerce, et donc consacre l'avènement de la bourgeoisie urbaine[pas clair].

La cloche du beffroi sert à sonner l'alarme.

Beffrois de charpente[modifier | modifier le code]

Les clochers d'églises sont souvent disposés pour contenir des beffrois en charpente, au milieu desquels manœuvrent les cloches. Ces beffrois sont posés sur une retraite ou sur des corbeaux ménagés dans la construction des tours, et s'élèvent en se rétrécissant vers leur sommet afin de ne pas toucher les parois intérieures de la maçonnerie lorsque le mouvement imprimé aux cloches les fait osciller, et aussi pour présenter une plus grande résistance à l'action de va-et-vient de ces cloches mises en branle. Lorsque la masse des cloches utilisées atteignit des sommets, on dut les suspendre dans des beffrois de charpente indépendants de la construction en maçonnerie. En France, en Belgique, en Allemagne, on construisait déjà, au Xe siècle, des clochers d'un diamètre tel qu'il fait supposer l'emploi de fortes et nombreuses cloches, la construction de beffrois intérieurs de charpente très importants. Il ne nous reste pas une seule de ces charpentes antérieures au XVIe siècle. Nous ne pourrions donc donner un exemple appuyé sur un monument existant.[réf. nécessaire]

Étymologie du mot[modifier | modifier le code]

Beffroi s'écrivait beffroy avant 1465, dérivé de berfroi (vers 1155), lui-même issu du francique bergfridu (Bergfried mot allemand proche de donjon). Le mot aurait donné le moyen haut allemand bërovrit, bërvrit, dont le sens littéral est « préserve la paix » ; l'étymologie est à rapprocher de l'allemand bergen « sauver, mettre en sureté » et de Frieden « paix ». Cette hypothèse d'un emprunt au moyen haut allemand fait toutefois difficulté du point de vue phonétique[1]. On dit « belfry » en anglais et « belfort » en néerlandais.

Construction des beffrois[modifier | modifier le code]

Le beffroi de Mons.

Le plus ancien beffroi de France est celui de Millau, construit au XIIe siècle, mais il n'a eu un rôle communal qu'au XVIIe siècle. Celui de Poitiers a été construit en 1199, suivi par le beffroi d'Abbeville construit en 1209 à l'initiative du comte de Ponthieu.

Folklore[modifier | modifier le code]

Dans certaines villes, des objets ou des victuailles sont lancées du beffroi à la foule massée à son pied lors d'une fête. Il s'agit souvent de traditions anciennes, interrompues puis remises à l'honneur. À Comines, la foule se dispute de grosses cuillers en bois nommées « louches ». À Armentières, les spectateurs attrapent de petits biscuits appelés « nieulles ». À Tournai, ce sont de petites pâtisseries en forme de bonhommes appelées « pichous ». Au carnaval de Dunkerque, on jette des harengs fumés. À Ypres, si la tradition voulait jadis qu'on lance des chats vivants, actuellement on se contente de lancer des chats en peluche.

Les villes de Belgique et du nord de la France sont célèbres pour leurs beffrois. Dans le Midi on parle plutôt de campanile.

Les beffrois de Belgique et de France ont été inscrits sur la Liste du patrimoine mondial de l'UNESCO en 2005.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. D'après Le Robert, dictionnaire historique de la langue française, 3e édition, 2000.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Sébastien Hamez "Petites histoires de beffrois", Éd. La Voix du Nord, Lille, 2000.
  • Marie-Lavande Laidebeur "Des Beffrois et des Hommes", Éd. Geai Bleu Éditions, Lille, 2005.
  • Jean-Luc A. d'Asciano, Catherine Dhérent, Sam Bellet Les Donjons de la liberté, beffrois du Nord-Pas-de-Calais et de la Picardie, Éd. Du Quesne, Lille, 2006.
  • Jocelyne Denière et Lysiane Denière "Les Beffrois de Belgique et de France inscrits au PatrimoineMondial de l'Humanité de l'Unesco", 208 pages, Ed J. et L. DENIERE, Dunkerque, 2008 ISBN 978-2-911327-26-1

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]