Pays de Léon

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48° 35′ N 4° 02′ O / 48.583, -4.033

Léon
Blason de Léon
Héraldique
Drapeau de Léon
Drapeau
Carte de Localisation
Carte de Localisation
Administration
Pays Drapeau de la France France
Création de l'évêché de Léon 865
Capitale historique Saint-Pol-de-Léon (Kastell Paol en breton)
Démographie
Gentilé léonard, léonarde
Langue(s) Français - Breton léonard
Religion Catholique
Géographie
Coordonnées 48° 35′ N 4° 02′ O / 48.583, -4.03348° 35′ Nord 4° 02′ Ouest / 48.583, -4.033  
Superficie 2 019 km2

Le Léon ou Léonais[1] (bro Leon en breton, pagus Leonensis en latin), anciennement Loonois[2], est une région de Bretagne, patrie de Tristan. Comté confisqué en 1179 au profit d'un comte évêque, et scindé pour un résidu du temporel en vicomté de Léon et seigneurie de Léon, il se confond à partir de cette date avec l'évêché de Saint Pol de Léon, échoue à obtenir son indépendance en 1235 et, devenu une quasi république épiscopale enrichie par l'armement et le commerce des crées du Léon, restera le cœur de la résistance des Princes de Léon au centralisme ducal puis royal. C'était aussi une baronnie, un bailliage et une province fiscale, dont Brest est aujourd'hui une agglomération de plus de trois cent mille habitants.

Présentation[modifier | modifier le code]

Le Léon est limité à l'est par la rivière de Morlaix ou « Dossen » (Dosenn en breton, confluent des rivières Queffleuth et Jarlot), frontière avec le Trégor, au sud par les contreforts des monts d'Arrée et par le fleuve de l'Élorn, frontière avec la Cornouaille et particulièrement au niveau du Pont de Rohan[note 1]. La ville de Morlaix est, pour sa rive gauche, en Léon et, pour sa rive droite, en Trégor. Ces frontières sont celles de l'ancien évêché de Léon, lequel regroupait trois archidiaconés érigés au XIIIe siècle :

  • le Léon proprement dit, appelé aussi Haut Léon (Gourre Leoun);
  • à l'ouest de l'Aber Wrac'h, le pays d'Ach, dont le nom s'écrit aujourd'hui Ac'h;
  • entre les deux le fief d'Illy (Kemenet Illi) centré sur Lesneven.

Par ailleurs, ce qui est devenu ultérieurement autour de La Roche Maurice la Seigneurie du Léon était appelé pays d'entre eaux (Daoudour), soit la partie méridionale du Léon entre Landerneau, Morlaix, l'Elorn et les Monts d'Arrée.

Au IXe siècle, Wrmonoc (Gurmonoc), moine de Landévennec, témoigne dans sa Vie de saint Pol Aurélien, écrite en 884, qu'il n'existait, apparemment, que le pays d'Ac'h (Agniensis pagus) et le Léon (Leonensis pagus). Le Léon proprement dit constituait au Haut Moyen Âge la partie occidentale de la Domnonée. Le fief de d'Illy en a été détaché au plus tôt un peu avant 1008[3], à une date imprécise mais postérieure à l'émergence de la féodalité, c'est-à-dire au XIe siècle, peut être en même temps qu'a été constitué le minihy de Léon. Jusqu'à leur fixation au début du XIIIe siècle, les frontières étaient beaucoup plus étendues vers l'est et vers le sud où elles ont varié, Cornouaille et Trégor procédant de démembrements de l'antique cité des Osismes postérieurs au retour d'exil d'Alain Barbetorte, quelles que soient les origines que les hagiographes leur ont donné. Administrativement (sénéchaussées, juridictions, domaines propres des Seigneurs de Léon), elles n'ont jamais coïncidé au sud avec la frontière de l'évêché.

Outre une vicomté un temps dirigée par un évêque, le Léon était une des sept baronnies des États de Bretagne, citée aux assises de Geoffroy en 1185. Comme le pouvoir local était exercé principalement par l'évêque-comte, cette baronnie permettait à peu de frais à la même famille de Rohan, héritière d'un démembrement de la vicomté de Léon au XIVe siècle, la Seigneurie de Léon, et par ailleurs seigneur de la baronnie de Rohan dans le Vannetais, de cumuler les charges. Les Rohan, considérant que le mariage d'Anne de Bretagne en 1491 les avaient déliés en tant que princes d'Empire de la suzeraineté du duché de Bretagne, se sont honorés depuis 1564 du titre de prince du Léon, conférant au Léon celui de principauté jusqu'à la Révolution[4].

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le nom de Léon, prononcé en léonard [leun] avec un « n » final très nasal et évanescent, c'est-à-dire « léoun' » si on utilise l'orthographe française, était expliqué autrefois par les prêtres du diocèse comme venant du latin leonis, la bête christianisée par saint Pol Aurélien lors de son arrivée dans la ville déserte de son cousin Gwithur, identifiée à un lion. D'autres[5] ramenaient l'étymologie à un castellum legionensis, et, pour appuyer leur hypothèse, voyaient là la preuve qu'une légion romaine avait stationné à l'emplacement de l'actuelle commune de Saint-Pol-de-Léon. En fait aucun document ne corrobore ces étymologies. La mention la plus ancienne, soit ca. 1170, est celle du roman de Tristan et Iseut de Béroul[6], à savoir l'ancien français Loonois, sans rapport avec le lion ou la légion. Le problème est que le latin leo, ni même legio, n'était pas passé dans le vocabulaire de l'ancien breton, a fortiori pas sous sa forme du cas régime de l'ancien français se terminant par un « n ».

Un étymon plausible est l'ancien breton litau qui désignait le rivage continental aux bretons insulaires, qui a donné LLyddaw en gallois[7] et aurait donné en breton moyen Lezoun puis par une substitution qui s'observe plus souvent à l'initiale (v.g. Sabrina - Havren) Lehoun. L'absence de documents en breton moyen ne permettra jamais d'infirmer ou confirmer cette étymologie, ou une autre mais le strict respect des règles de l'étymologie bretonne appelle un ligau, non attesté, plutôt qu'un litau. Cependant on dispose de la mention, en latin, du terme de Letewicion[8] et surtout du terme Letavia[9] pour désigner l'ensemble de la Bretagne.

Il est possible que le sens de ce terme ait été réduit à la partie la plus anciennement colonisée au IVe siècle, le Léon, comme semble en garder le souvenir de la légende de Conan Meriadec localisée à Plougoulm, après que se fut produite une seconde colonisation à l'origine de la Domnonée et de la Cornouaille. On sait en effet que le Léon ne faisait pas partie de la Domnonée lors de la création de celle-ci. On aurait là avec le terme de Léon, une évolution un peu semblable à celui de France, qui désignait d'abord tout le territoire de la Gaule puis seulement un pays de quelques kilomètres carrés au nord de Paris. Là encore, l'étaiement de toute hypothèse restera toujours faible.

Si l'on veut remonter à un hypothétique ligau ou antérieurement ligan, plus conforme mais non attesté, les étymons possibles sont la province irlandaise de Laghain ou celle de Laggan, à l'ouest de la Foyle, ou bien encore Lugdun, littéralement « forteresse de Lug », qui a effectivement donné, par extension du nom de la capitale Lyon, son nom à la Gaule celtique conquise, la Lyonnaise, et plus particulièrement à l'Armorique, la Lyonnaise III. Dans ce cas, le nom aurait subi la même réduction de sens de la province à une de ses parties la plus anciennement colonisée.[réf. nécessaire]

La forme ancienne française « Loonois », qui a donné en français moderne « Léonais », tendrait à laisser supposer[réf. nécessaire] un « loones » issu de « Lodonesia », ancien nom du comté brittonique de Lodain. Il y aurait là une étymologie commune avec le royaume légendaire de Lyonesse localisé dans les îles Sorlingues mais il est possible que ce royaume englouti de Lyonesse soit un « Lyon enes », c'est-à-dire île de Léon, ce qui nous renvoie à notre point de départ.

Quelle que soit l'étymologie, le toponyme renvoie, comme beaucoup de toponymes bretons, à un lieu de Bretagne insulaire, en l'occurrence la presqu'île du Nord du Pays de Galles, Lleyn (cf. infra sub « Colonisations bretonnes »), dont l'étymologie est tout aussi problématique.

Géographie[modifier | modifier le code]

Présentation générale[modifier | modifier le code]

Le Léon est baigné par la mer d'Iroise et la Manche, que sépare la pointe de Corsen. C'est un plateau granitique surélevé par rapport au niveau de la mer, ce qui donne à ses côtes envahies par la mer un relief marqué par des rias, appelées aber en breton, et deux baies d'un intérêt géographique de premier ordre, la rade de Brest et la baie de Morlaix. Ces deux baies se prolongent dans l'intérieur des terres par des vallées encaissées, celle de l'Elorn et celle de l'Horn, qui constituent à elles deux la limite naturelle du plateau. Au-delà, montent les contreforts gagnés sur la lande des monts d'Arrée et dominés par un affleurement rocheux. Le plateau en revanche est aujourd'hui un damier très serré de bocage. Son avancée dans la mer lui permet de bénéficier de la douceur du climat (« Ceinture dorée »), en des endroits abrités du vent jusqu'à l'illusion (cf. Jardin Exotique de Roscoff (en), ou Jardin Georges Delaselle[10] sur l'île de Batz).

Au sein du Pays de Léon, on distinguait traditionnellement le « Haut-Léon », qui est celui des manoirs et des enclos paroissiaux, autour de Landivisiau et de la capitale historique de l'évêché, Saint-Pol-de-Léon, le « Bas-Léon » animé par Landerneau et le « pays pagan » aux environs de Brignogan, Guissény, Plouguerneau et Lesneven ; entre Landerneau à l'ouest et Saint-Thégonnec à l'est, débordant un peu vers le nord la vallée de l'Élorn dans son tronçon compris entre Landivisiau et Landerneau et atteignant vers le sud le pied du versant nord des Monts d'Arrée à hauteur de Plounéour-Ménez et Commana. La zone concernée correspondrait au pays chelgen, dit aussi parfois pays juloded[11]. Ces pays traditionnels n'ont rien à voir avec les pays administratifs liés à la refonte actuelle de la structure administrative de la France.

Liste des villes principales du Pays de Léon[modifier | modifier le code]

Liste des cours d'eau du Pays de Léon[modifier | modifier le code]

D'ouest en est (à compléter) :

Liste des Îles du Pays de Léon[modifier | modifier le code]

D'ouest en est (à compléter) :

Histoire[modifier | modifier le code]

Préhistoire[modifier | modifier le code]

L'acidité des sols et l'absence d'abris naturels calcaires a empêché la conservation des ossements anciens. Si le profil culturel colombanien (du site éponyme de Saint Colomban en Carnac), qui a vu[12]« l'un des plus anciens feux entretenus par l'homme connus dans le monde à ce jour »[note 2], s'est développé en Léon comme il s'est développé à partir de - 300 000 au Menez Dregan à Plouhinec, en Cornouailles, et à Plestin-les-Grèves, en Trégor, ses traces restent à découvrir, peut être sous la mer.

Entre - 250 000 à - 40 000, au Paléolithique moyen, le site aujourd'hui submergé de Treissény[13] en Kerlouan accueille un de ces groupes de chasseurs au gros gibier, sans doute des néanderthaliens descendant de groupes venus depuis l'Afrique et le Sud de l'Europe (présence de hachereaux). Sédentaires, ils exploitaient, en tribu restreinte et isolée, un territoire de toundra d'une vingtaine de kilomètres autour d'abris naturels élevés. Ces abris servaient de poste d'observation dont l'occupation a duré des millénaires.

À partir de - 40 000, au Paléolithique supérieur, durant la Dernière glaciation, le climat devient encore plus rigoureux, et vers - 20 000 quasiment polaire[14]. Les sites de Kerlouan et de Brignogan, datés de - 35 000, montrent une quasi disparition de la population. Ce sont de petits campements, sans doute saisonniers, dominant les vallées et présentant un outillage archaïque fait de mauvais silex.

L'Épipaléolithique apparaît, avec le réchauffement du climat et la diffusion de l'homme moderne, vers - 10 000 à la grotte de Roc'h Toul en Guiclan et dans des cavernes côtières à Landéda. Les microlithes trouvés dans l'Anse de Berthaume sur la rive nord de la Rade de Brest datent approximativement de cette époque[15].

C'est sur la côte du Léon, à l'Île Guennoc (ou Guénioc), qu'ont été découvertes les plus anciennes traces du Mésolithique breton, datant d'environ - 8 000[16]. Le Boréal, à partir de - 7 000, voit l'industrie microlithique du type Bertheaume déjà répandue dans le Finistère évoluer en un type « nord breton » et se diffuser jusqu'au golfe de Saint-Malo et en particulier à des sites de chasse implantés dans les monts d'Arrée à Commana et à Saint-Nicolas-du-Pélem. Des silex originaires des cordons littoraux de galets et du fond de la vallée que formait encore La Manche étaient acheminés pour être taillés sur place[17]. Comme sur toute la côte atlantique de l'Europe, le réchauffement induit une sédentarisation autour de sites d'exploitation intense de l'estran qui ont laissé des traces sous formes d'amas de déchets coquilliers, les kjoekkenmoedings, associés en Bretagne à l'homme de Téviec, ancêtre de la civilisation mégalithique locale. Un de ces amas se trouve dans l'anse de Pemprat, sur la côte entre Saint-Pol-de-Léon et Roscoff[18].

Bien que voisin du site d'une des premières constructions monumentales de l'humanité, le tumulus de Barnenez (~ - 4 700) en Plouezoch, le Léon présente relativement peu de vestiges des paysans, qui restaient avant tout des chasseurs et des pécheurs, de la civilisation mégalithique, centrée sur le Vannetais (Locmariaquer (~ - 4500)) puis Stonehenge (- 2 800))[note 3]. Localement, celle-ci s'organise à partir de - 5 000 dans une zone extrême occidentale autour de l'enceinte mégalithique d'Ouessant en alignements dans ce qui deviendra, avec l'élévation du niveau de la mer, Molène, l'île Béniguet, la côte et l'arrière-pays du Talmézeau (menhirs de Kervignen et de Kerloas en Plouarzel). Un second site s'organise autour de la baie de Plounéour-Trez, avec un menhir en retrait de la pointe de Pontusval en Brignogan, un unique pilier d'un dolmen disparu au Goulven, deux allées couvertes en Plounévez, le dolmen de Brétouaré, le tumulus de Kerandevez et un petit cromlec'h redoublé à cause de la montée des eaux sur l'anse de Kernic en Plouescat. Un troisième pôle dont il ne restait que le tumulus de Kerestat[19] a dû se développer sur la péninsule de Roscoff. On trouve aussi un tumulus au sud est de Plabennec. La relative importance des vestiges au sud du Léon, à Commana, Huelgoat et Brennilis, laisse penser que la pauvreté apparente du mégalithisme léonard est un artefact dû à l'intensité de l'activité agricole, sinon au zèle des recteurs.[réf. nécessaire]

Protohistoire[modifier | modifier le code]

Vers -2 400, la civilisation du Wessex, ancêtre des Osismes, s'implante, grâce à la supériorité de ses armes en cuivre arsénié puis en bronze, dans des territoires préfigurant déjà le Léon et le Trégor, avant de se diffuser dans un second temps vers -2 100, alors que Stonehenge était reconstruit, au Cap (Cap Caval et Cap Sizun), puis le long de la côte sud[réf. nécessaire]. Ce sont des colonies minières (étain, plomb, argent, or) et commerciales dirigées par des princes dont il reste en Léon neuf tertres funéraires actuellement recensés, un à Saint Renan où les alluvions produisait de l'étain, et huit concentrés dans le Haut Léon (Cléder, Plouvorn, Saint-Vougay, Saint-Thégonnec). Cette répartition montre un peuplement nouveau, pas nécessairement allogène, dans le Haut Léon, alors apparemment laissé vierge par la civilisation mégalithique, et une domination des autochtones dans le Bas Léon. Les tombes « roturières » voisines des tumulus révèlent en effet un type physique autochtone.

À partir de -1 500, le règne de près de mille ans de l'aristocratie maritime et guerrière cède la placeà une société plus intégrée et très prospère où la métallurgie, devenue industrielle grâce au bois des forêts défrichées dans l'intérieur, est au service, non plus du prestige et de la domination (poignards et épées cloutés et décorés, parures), mais de l'agriculture (haches, marteaux, ciseaux) et du commerce international (ateliers de fonderie). Ce changement s'explique peut-être par l'enrichissement de marchands importateurs de lingots de cuivre ibérique et cymrique nécessaire à l'alliage du bronze. Les zones originelles du Léon, du Trégor et de la Basse Cornouaille paraissent à cette époque intégrées à l'ensemble d'un territoire qui s'est étendu par essor démographique, défrichage et conquête agricole et qui préfigure l'actuelle Bretagne (style des haches à douilles), lui-même en relation commerciale avec les futures Gaule et Bretagne insulaire, jusqu'à l'Irlande, les côtes en face d'Heligoland et la route de l'ambre.

Vers -1 200, la métallurgie se développe vers l'accumulation de trésors à vocation religieuse (sacrifices de coupes, armes etc. aux rivières) et à vocation bancaire. Les haches à douille « type breton », impropres à un usage d'outil en raison de leur fort taux de plomb, tels les neuf cents exemplaires découverts à Guesman en Le Tréhou, servent, stockées dans des silos souterrains, de garantie monétaire[20].

À partir de -1 000, la culture du cheval domestique, inconnu auparavant, se diffuse à l'ouest du Rhin, et dans le Léon en particulier. En témoignent les pièces de harnachement et les mors en bronze, renforçant une classe guerrière, armée d'épées « langue de carpe », peut-être enrichie par la traite des esclaves, principal butin des guerres et principal facteur du brassage des populations. Jusqu'au Bas Moyen Âge, le cheval était réservé à la guerre et sa possession, jusqu'au XIXe siècle en Basse Bretagne, un signe d'élévation au-dessus de la condition paysanne.[réf. nécessaire]

Dès -900, l'émergence des civilisations celtique au Nord des Alpes (cf. Hallstatt) et étrusque au Sud de celles-ci (Cf. Villanova) assèche le trafic du cuivre et relègue peu à peu l'Armorique, et plus encore le Léon, en position de bout de monde. La prééminence des descendants des princes du premier âge du bronze est transférée à des sites continentaux comme celui de Vix.

Vers -800, le site de Guisseny voit l'invention de l'industrie de briquetage, technique de fabrication de pains de sel, destinés à l'exportation, par chauffage de saumure d'eau de mer. Il est possible que cette industrialisation de la production de sel soit la marque d'une tentative de reconversion.

En -700, l'invention du fer, consécutive à la pénurie de cuivre, achève de déclasser l'Armorique.[réf. nécessaire] Le centre du commerce se déplace irréversiblement de la Manche à la Méditerranée. Le Léon reste cependant à l'écart de ces bouleversements.[réf. nécessaire]

Antiquité[modifier | modifier le code]

Vers -500, le Carthaginois Himilcon double le promontoire Oestrymnis[21], première mention des Osismes, habitants du Finistère actuel. L'amiral mentionne le trafic avec la colonie phénicienne de Tartessos (possible origine d'un mythe de la déesse phénicienne Ishtar dont le culte, sous la forme d'Isis, nom qui rappelle celui d'Iseult, Esselt en breton, est attesté en Bretagne à l'époque romaine).

Vers -320, le massaliote Pythéas[22] navigue au large de l'île d'Uxisama, l'actuelle Ouessant, qui semble jouer un rôle de métropole commerciale régionale[23].

Vers -100, le territoire est occupé par les Celtes, qui fondent la ville de Vorganon, future Vorganium au lieu dit Kérilien en Plounéventer. C'est l'époque du roi Bituit, qui avait vu ses débouchés méditerranéens et le commerce avec le futur allié carthaginois des Gaulois contre Rome fermés par la prééminence grandissante de la grecque Massilia. Les gisements alluvionnaires d'étain en l'actuel Saint-Renan sont toujours exploités et constituent, comme pour les explorateurs précités, le principal centre d'intérêt des conquérants.

De -57 à -37, la conquête romaine ruine l'Armorique. Les navires du commerce trans-Manche sont détruits et la production de sel est interdite.

En -37 est créée la cité stipendiaire des Osismes autour d'une ville nouvelle, Vorgium, en l'actuelle Carhaix. Le futur Léon en constitue la partie la plus peuplée mais la ville principale Vorganium est déchue de son statut de capitale. La convention de Narbonne rattache en -27 la cité à la Gaule lyonnaise.

De 41 aux début du troisième siècle, le Léon vit une période de stabilité dans le cadre de l'Empire romain (période de Pax Romana). Vorganium est au carrefour d'une route reliant un port de l'Aber Wrac'h, peut être la légendaire Occismor ou Tolente, au chef-lieu Vorgium, et au-delà à Darioritum chez les Vénètes puis à Condevicnum, port des Namnètes, et d'une autre route reliant Gesocribate (probablement Le Conquet ou Brest) à Fanum Martis (Corseul), capitale de la cité des Coriosolites. Au-delà, ce dernier axe reliait d'une part la cité des Cénomans (Le Mans) et d'autre part, par Condate (Rennes), celle des Andécaves (Angers).

La prospérité dure jusque vers 240, date à laquelle s'ouvre une période de difficultés liée à des épidémies et aux pirates bretons et irlandais.

Articles connexes : Kimris et Confédération armoricaine.

Bas Empire[modifier | modifier le code]

De 258 à 274, l'Empire des Gaules fait sécession. La cité des Osismes est rattachée, au sein de cet empire, à une province armoricaine dont la capitale est, d'après l'importance du matériel archéologique daté de cette période, Riedones, future Rennes.

De 274 à 282, une difficile reconquête romaine s'achève par le transfert de la capitale vers Osismis, où sont construites six tours espacées de vingt et un mètres et reliées par une muraille de quatre mètres d'épaisseur. La Bretagne insulaire reste indépendante.

De 283 à 286, les révoltes paysannes des Bagaudes conduites par Aelianus et Amandus éclatent dans toute l'Armorique. Sous l'autorité de Carausius est créée la province militaire du Tractus Armoricanus en parallèle au Tractus Nervicanus et en complément du Litus Saxonicum, véritables limes navals composés d'un chapelet de garnisons côtières, vraisemblablement chargées d'enrôler et de fixer les candidats à l'immigration et au pillage. C'est cette politique qui est à l'origine des foederati et des lètes et qui finit par un transfert, en Léon comme ailleurs sur le limes, de l'autorité à des colons militaires installés avec leurs familles et même à un changement de population. Une légion des Mauri Osismiaci, environ mille hommes, stationne désormais dans la forteresse d'Osismis avec pour mission de dissuader les pirates d'aborder les côtes et de remonter les rivières.

En 286, après douze ans d'une campagne de reconquête militaire pour le compte de Rome, Marcus A. V. Carausius restaure à son profit, depuis la Bretagne insulaire, l'Empire des Gaules des deux côtés de la Manche (possible origine du mythe du roi Marc). Pour le Léon, le bouleversement est profond. Après le transfert de la capitale à Osisimis, le réseau routier est décentré de Vorganium, qui sera abandonné un siècle plus tard, pour une rocade militaire en retrait du littoral reliant Osismis à la future Plougoulm, et au-delà, par le gué de Morlaix et le futur Saint Brieuc, à la garnison suivante d'Alet.

En 293, Constance Chlore, César de Maximien, lequel règne depuis Trèves en tant qu'Auguste sur la part d'Occident de l'Empire, vainc Allectus, usurpateur et successeur de Carausius et soustrait l'Armorique à l'autorité de la Bretagne insulaire. Quatre ans plus tard, il reconquiert cette dernière.

Le siècle de ses successeurs, qu'ils soient héréditaires (Constantin, premier empereur chrétien, en 306 ; Constantin II, César des Gaules en 337 ; Constant Ier, son frère, en 340 ; Constance II vainqueur de Magnence en 353) ou qu'ils soient proclamés Augustes par leurs légions (Magnence en 350 ; Julien en 361 après avoir été nommé par l'empereur en 355 ; Jovien en 363 ; Valentinien en 364), voit l'agriculture, et la population, régresser comme l'attestent les études polliniques, vraisemblablement pour des raisons climatiques.

Colonisations bretonnes[modifier | modifier le code]

En 367, le général Théodose repousse au nom du dauphin Gratien, fils de Valentinien, l'invasion des provinces romaines de la Bretagne par les Scots (les Irlandais), les Pictes (les Écossais des Lollands) et les Attacots[24] (Calédoniens d'Inverness). Un « comes maritimi tractus », peut-être à l'origine de la figure légendaire de Conan Mériadec, défend l'Armorique. Il répartit la garnison des Mauri Osismiaci le long des routes dans des fermes[25]. De militaires cantonnés, ceux-ci deviennent colons astreints au service militaire. Ces soldats paysans, probablement recrutés en partie dans des familles chassées de la Bretagne insulaire attaquée par les pirates, à moins qu'ils ne furent les envahisseurs eux-mêmes amadoués de cette façon, sont peut-être les premiers nouveaux habitants à l'origine de la Bretagne moderne[26].

De 383 à 388, l'Empire des Gaules est restauré par l'Espagnol[note 4] Maxime, Macsen Wledig en breton, grâce à une armée de Bretons insulaires. La légende rapporte que cette armée est financée par la femme de Maxime, Hélène (en)[27], Elen en breton, fille du roi de Segontium (en), Octavius, Eudwy en gallois, et dirigée par le neveu du roi, Conan Meriadec[28], héritier du trône selon les lois locales. Celui-ci prendrait le gouvernement de l'Armorique et y installerait cent trente mille colons bretons insulaires (chiffre extravagant sauf à y inclure des autochtones enrôlés), devenant souverain impétrant possessionné sur les deux rives de la Manche. Le siège de l'autorité locale serait transféré à Castel Meriadec en Plougoulm[29]. L'archéologie confirme l'abandon du site de Vorganium[30]. Sachant que Segontium (en), l'actuelle Caernarfon, devenue alors la cité de l'impératrice, est la principale ville de la péninsule de Lleyn, il est raisonnable de conjecturer que c'est à cette époque que le Léon a acquis son nom. C'est sous le règne de Maxime et Hélène (en), qui a introduit au Pays de Galles la règle monastique de Saint Martin qu'elle avait fréquenté[31] à Trèves, que ce dernier, devenu en 371 métropolite de Tours, a exercé, théoriquement du moins, son autorité sur le Léon dans un contexte de conversion et d'élaboration d'un gouvernement chrétien.

Selon la tradition de Saint Gildas[8], qui écrivait à un peu plus d'un siècle de distance, Conan Meriadec continue, après la défaite en 388 de Maxime, d'exercer l'autorité, Théodose régnant à Milan. En 407, les légions de l'île de Bretagne, confrontées à l'impéritie de Rome face au franchissement par les Germains du Rhin gelé et craignant une invasion de l'île[32], proclament l'usurpateur Constantin III, qui est selon la légende le fils d'Hélène (en)[27]. Il périra quatre ans plus tard au terme d'une nouvelle expédition continentale. En 409, Conan Meriadec reçoit, à Nantes, des Bagaudes soulevées de nouveau, le titre de roi. L'historien Zozime confirme[32], sans nommer Conan Meriadec, qu'en 410, alors qu'Honorius, fils de Théodose, devenu premier empereur d'Occident, entérine l'abandon de la Bretagne insulaire, l'Armorique devient indépendante. La même année, un chef breton, Ivomadus, fonde avec mille hommes à lui, plus en amont sur la Loire la garnison de Blois.

En 417, le préfet du prétoire des Gaules Exuperantius, à la tête de l'armée romaine, reconquiert sur les Bagaudes et pacifie[33] ce territoire au nord de la Loire mais en 423, deux ans après la mort de Conan Mériadec, Honorius est tout de même amené à reconnaître l'indépendance de l'Armorique. Son beau-frère Constance III lui succède.

Dans les années 420 puis 440, les missions de saint Germain d'Auxerre et de son diacre Palladius, le fils d'Exuperantius, attestent que l'Armorique est convertie au pélagianisme, c'est-à-dire que le clergé et l'aristocratie sont culturellement intégrés à la Bretagne insulaire, christianisée depuis le IIIe siècle. Il est difficile d'interpréter ce pélagianisme autrement que comme une volonté politique, exercée sur l'Église, de s'opposer ou du moins de résister à Rome, à une époque où le christianisme britannique, en cela héritier du druidisme, est un phénomène essentiellement aristocratique et militaire, c'est-à-dire l'expression du gouvernement, en l'occurrence celui du supposé Conan Meriadec. Cette opposition se traduit par une ultime révolte des Bagaudes en 435 puis par le mandat donné en 445 aux Alains, installés dans l'Orléanais sous le commandement de Goar, par le patrice Aetius, régent pendant la minorité de Valentinien III, d'écraser les Bagaudes armoricaines.

L'avènement en 450 du règne, des deux côtés de la Manche[34], d'Ambroise Aurélien, qui serait le fils puiné de Constantin III[28], donc originaire du Lleyn par sa grand-mère, la pieuse impératrice Hélène (en), semble marqué un renversement d'alliances, peut être consécutif aux démarches de Saint Germain d'Auxerre, puisqu'en 451, les armoricains envoient des troupes pour soutenir Aetius dans la bataille des Champs Catalauniques et qu'en 468, le chef breton Riothamus soutient, avec douze mille hommes, l'empereur Anthémius dans sa campagne contre les Wisigoths.

Si ce renversement de parti en Bretagne insulaire en faveur des fils de Constantin III contre le beau fils[35] de Maxime allié à Conan Meriadec, Vortigern, correspond bien à un rejet du pélagianisme, la mission d'un parent d'Ambroise Aurélien[28], Paul Aurélien, fils de Porphyre Aurélien et précisément formé par le disciple de Saint Germain, Iltud, prend tout son sens. Il débarque, raconte sa légende[36], mandaté par le diocèse de Guicastel, aujourd'hui Winchester, en 517 avec ses gens, douze disciples et douze neveux ou cousins, soit une petite colonie de cent à deux cent personnes, à Porz an Ejen sur l'île d'Ouessant.

Haut Moyen Âge[modifier | modifier le code]

  • 530, annexion de la partie de la cité osisme qui forme le Léon, par Deroch, fils de Riwal (515-520), roi de Domnonée de 520 à 535.
  • 550, règne sur les deux rives de la Manche de Conomor. C'est vers cette époque que Procope de Césarée désigne[37] pour la première fois l'Armorique sous le nom de Bretagne, « Britannia ». Le règne de Tristan sur le Léon, règne légendaire mais issu d'un fond historique, daterait aussi de cette période, puisque la stèle funéraire du héros le donne pour beau fils de Conomor[38].
  • 560, bataille du Relec en Plounéour-Ménez par laquelle ses sujets révoltés après sa défaite contre Clotaire Ier tuent Conober, roi de Bretagne.

Au IXe siècle, l'église de Saint-Paul, en l'île de Batz est reconstruite. C'est alors l'église principale de la région.

Vers 824, le roi de France Louis le Pieux organise une expédition contre un chef breton dénommé Guyomarch, sans doute un ancêtre des vicomtes de Léon, dont plusieurs se prénommèrent par la suite Guyomarch[39].

En 848, dans les frontières du Léon est érigé un diocèse épiscopal confié à Libéralis. Quelques années plus tard, l'île de Batz étant occupée par des envahisseurs normands, l'évêque Marbo, transfert les reliques de Saint Pol à l'abbaye de Fleury[40].

Le mythique comte Even (ou Neven), souvent surnommé « Even le Grand » en raison de ses victoires contre les Normands, aurait vécu vers 900. La tradition en fait le fondateur de Lesneven. Dom Morice en fait le père de Guyomarch Ier, comte de Léon et de Hamon, vicomte de Léon, au début du XIe siècle et le Cartulaire de Landévennec le citent comme donateur dans deux actes concernant les paroisses de Lanrivoaré et Lanneuffret[39].

Bas Moyen Âge: de la société féodale à un état épiscopal[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Vicomté de Léon.

Hervé Ier de Léon, vicomte de Léon, fonde le prieuré de Saint-Martin de Morlaix. Il suit son père en Terre Sainte en 1096. Avec d'autres seigneurs bretons, ils ont l'honneur d'entrer les premiers à Jérusalem, lorsque Baudouin en fait la conquête[41].

En 1163, son petit-fils, Hervé II de Léon, seul membre de sa maison à s'intituler « comte », et son fils Guyomarch IV de Léon sont faits prisonniers par le vicomte du Faou et libérés par une expédition montée par le frère de Guyomarch IV de Léon, l'évêque du Léon Hamon, et appuyée par le roi de Bretagne Conan le Petit.

Le 28 janvier 1172, Guyomarch, précédemment défait, grâce à l'aide de Conan, dans sa tentative de le chasser, fait assassiner son frère l'évêque Hamon à la fin de l'homélie sur le parvis de la cathédrale. L'année suivante, il fonde en expiation l'abbaye Notre-Dame de Daoulas. Cet épisode illustre un conflit général en Bretagne à cette époque entre pouvoir séculier et pouvoir religieux.

En 1179, Geoffroi Plantagenêt confisque la vicomté. Les fils de Guyomarch ne se voient restituer qu'une partie du territoire, le duc s'arrogeant les meilleures paroisses. Le roi Jean le Roux, tranchant définitivement contre ses vassaux en faveur des évêques, entérine le dépeçage en transférant le titre de comte à l'évêque et en créant un titre inédit d'« évêque-comte ». Les Léonards échappaient ainsi précocement au régime féodal pour entrer dans une société organisée peu à peu autour d'institutions religieuses : chapelles, pardons, fêtes fériées, hôpitaux, ossuaires, canonicats anoblissants ou prébendés, chapellenies et confréries, abbayes, couvents de femmes, monastères urbains, écoles presbytérales... Au XIIIe siècle, le diocèse s'organise en trois archidiaconés, un à Brest pour le pays d'Ach, un à Lesneven pour le Quéméné d'Illy, un à Saint-Pol pour le Léon, ce qui était une façon d'ajouter une structure ecclésiastique irrévocable sauf à obtenir l'accord du Pape.

Vers 1250, Mgr Derrien, d'après la tradition, inaugure la construction de la cathédrale actuelle. Après avoir récupéré, grâce à une enquête ordonnée par le pape Jean XXII, la part confisquée par le duc Jean des modestes six cent livres tournois qui constituaient le revenu de l'évêché, Msg. Guillaume de Kersauson, son successeur de 1292 à 1327, continue les travaux mais c'est à Msg. Pierre Benoît, doyen de Châteaubriand, qu'il reviendra de la consacrer en 1334. Entretemps Guillaume de Kersauson, en 1296, fait libérer par la Curie romaine le diocèse, qui bénéficiait déjà de la loi de l'alternative[note 5], de la contrainte imposée par le métropolite de Tours d'un coadjuteur.

En 1325, Even de Kerobert, archidiacre de Léon, fonde à Paris, en un emplacement occupé aujourd'hui par le collège de France, le collège de Léon, voisin du collège de Tréguier, pour accueillir les futurs clercs les plus prometteurs du diocèse, lesquels avaient auparavant quelques places réservées au Collège du Plessis (annexé ultérieurement par le collège de Clermont qui est devenu le lycée Louis-le-Grand).

Les routiers de la guerre de Cent Ans incendient en 1371 le couvent des dominicains à Morlaix et détruisent l'année suivante l'hôpital Saint-Julien à Landerneau. Cette année-là, en 1372, Alain VIII de Rohan hérite au décès de sa mère, Jeanne de Léon fille de Hervé VIII de Léon (à ne pas confondre avec son homonyme), de la seigneurie de Léon, qui devient dès lors une possession majeure des vicomtes puis des ducs de Rohan. En 1375, Saint-Pol-de-Léon est prise par les Anglais, la population massacrée et la Kreisker brûlée. Les déprédations continuent jusqu'en 1376 à l'abbaye du Relecq et au couvent des Carmes de Saint-Pol-de-Léon.

Article détaillé : Seigneurie de Léon.

Au cours des années 1420, le seigneur-évêque Philippe de Coëquis instaure grâce à une donation d'Alain de Rohan le pardon marial à la chapelle de Notre-Dame du Folgoët, construite en 1409. Ce pardon finit par détrôner le culte plus ancien de Notre-Dame de Pont Christ en Plounévez. Ce pardon est resté longtemps un moment majeur de la vie léonaise. Le Léon est alors une terre à blé et à lin. Les foires à bétails et à chevaux très prisés par l'armée y font des fortunes.

Le 5 juillet 1455, Guillaume Ferron, évêque du Léon de 1439 à 1472, fonde, dans la capitale, une psalette, qui devient très vite, grâce au zèle de l'archidiacre de Quéménédilly Alain de Penmarc'h, une école de musique et de grammaire obligatoire pour les futurs clercs sacrés et ouverte à tous les enfants, qui y étaient logés, nourris, peignés et blanchis mais séparés définitivement, ne serait-ce que par leurs soutanes rouges et leurs bonnets carrés, des autres enfants. Leur voie angélique répondait au chœur des chanoines au cours des antiennes apprises « par chœur ».

Temps modernes: le diocèse pilote de la Contre-Réforme[modifier | modifier le code]

C'est de la capitale du Léon, par l'entremise de son sénéchal, député, au titre des quarante trois « bonnes villes de Bretagne », aux États de Bretagne dont il obtient en 1577 le soutien pour envoyer une délégation au roi de France, que part la protestation contre la levée par celui-ci d'impôts directs.

En 1585, Mgr Roland de Neufville charge le précepteur prébendé Jean Prigent de fonder à la chapelle de Bonne Nouvelle, Kelou Mad en breton, au lieu dit Prat Cuic, l'École du Léon.

En 1590, alors que le Duc de Mercœur est sur le point d'ôter au roi « hérétique » Henri IV la souveraineté de la Bretagne, la Ligue, menée par les seigneurs du Rusquec, de Crémeur et de Kerven, appuyée par la foule des paysans, fait tirer avec un canon, après jours plusieurs de siège, sur le château de Kerouzéré que Pierre de Boiséon, chef du parti royal, avait transformé en forteresse. Ayant obtenu une capitulation, les assiégeants, très inférieurs en nombre, s'enfuient avant l'arrivée du régiment des Royaux. En 1592, les protestants, probablement menés par La Fontenelle, pillent Saint-Pol et ravagent pendant cinq ans le pays, qu'une épidémie décime. La chapelle de Saint Roch et Saint Sébastien est érigée à Roscoff en 1598 pour ensevelir les victimes de la contagion et célébrer, comme un martyre, la paix établie par l'édit de Nantes.

En 1630, alors que la question de l'éducation avait été au cœur des guerres de religion, Mgr René de Rieux, qui avait succédé à Mgr Roland de Neufville en 1619, par une constitution synodale dans l'esprit de la Contre-Réforme, pérennise un programme voué à « la science et la piété » de formation à l'excellence des clercs en s'appuyant sur les congrégations, en particulier des Carmes, installés depuis 1353 à Saint-Pol, des Capucins arrivés en 1621, des minimes en 1622, des ursulines en 1629. Pour pallier les difficultés de fonctionnement et d'organisation de l'École du Léon consécutives aux guerres de religion, il confie un séminaire au sein du prieuré de Notre-Dame du Creisker au recteur de Lannilis, Alain Madec, et aux prêtres François Méar et Jean Brochec. Dans l'esprit de ne pas nuire au travail par la religion, ni à celle-ci par l'amour des vacances, il réduit à quarante-quatre par année le nombre de fêtes chômées. Le Léon, voué à la Vierge, est alors une sorte de république monastique, dirigée par la curie diocésaine pour ce qui n'est pas du ressort de la cour séculière de première instance de Lesneven, des municipalités ou de l'Amirauté, à laquelle tous les foyers participent au moins par un cousin et qui compte mille deux cents prêtres pour moins de cent paroisses ou trèves[42][note 6]. Les confréries et leurs abbés laïques régentent les corporations, des tailleurs, des mariniers, des forgerons, des cordonniers, des laboureurs...

Son remplacement provisoire de 1640 à 1648, obtenu de la Curie romaine à la suite de manœuvres de Richelieu qui n'avait pas supporté son soutien à la Reine mère, par un homme de ce dernier, Mgr Robert Cupif, voit éclore les manifestations d'exaltation populaire autour des prédications de Michel Le Nobletz, des stigmates de la voyante Marie-Amice Picard, et des missions du père Maunoir et du père Eudes, qui sont encouragées jusqu'après 1652 par Mgr Henri de Laval de Boisdauphin.

Entre 1671 et 1701, Mgr Pierre Le Nebous de la Brosse, œuvre à la scolarisation des filles en appelant les congrégations des Dames de la Retraite à Saint Pol et des Filles du Sacré-Cœur à Brest. En octobre et novembre 1673, la mission organisée pour le père Maunoir par monsieur de Trémaria prêche l'oraison du cœur à dix mille communiants venus de toute la Bretagne. En 1681 le collège du Léon de Kelou Mad est transféré dans de nouveaux locaux construits autour du Creisker dotés d'une librairie et d'une imprimerie. En 1738, Mgr Jean Louis de La Bourdonnaye fonde l'association des Dames de la Charité à laquelle participent toutes les quarante dames de la haute noblesse en tant qu'assistantes d'un chirurgien.

À partir de 1772, Mgr Jean-François de La Marche introduit, avec l'aide des recteurs et des exonérations fiscales, la culture maraichère. C'est ce colbertisme engagé qui est à l'origine de la situation agricole actuelle du Léon, principale zone primeure de France. « L'évêque des patates »[43] finance en outre avec soixante dix mille livres de sa fortune personnelle et le fruit de quêtes un petit séminaire.

En 1790, à Landerneau, et donc au Léon, est préféré Quimper pour être le chef-lieu du nouveau département du Finistère. Le 3 novembre, à la suite du décès de l'évêque de Cornouaille et de l'exil à Londres de Mgr de La Marche, d'où il organisait l'émigration, l'élection du nouvel évêque, Louis-Alexandre Expilly de La Poipe, recteur de Saint-Martin-des-Champs et député du Léon, se fait, selon la constitution civile du clergé élaborée par une commission présidée à l'Assemblée nationale par le même, par département : l'évêché de Léon fusionne avec celui de Quimper.

Chronologie[modifier | modifier le code]

Capitales[modifier | modifier le code]

La capitale religieuse du Léon est Saint-Pol-de-Léon, célèbre pour sa cathédrale et le clocher de la chapelle du Kreisker (centre-ville en breton parce qu'elle servait de salle de conseil municipal). Aujourd'hui, l'influence de cette ville a diminué, elle n'est plus qu'un chef-lieu de canton de 7 000 habitants mais son importance historique et religieuse fait que les Léonards la considèrent comme la réelle capitale du Finistère-Nord, aux dépens de Brest.

La résidence du prince de Léon à l'époque ducale, le duc de Rohan, était Landerneau, même s'il entretenait un hôtel à Saint-Pol. La capitale administrative et judiciaire du Léon à l'époque ducale comme sous l’Ancien Régime était Lesneven, chef-lieu de baillie et châtellenie ducale.

En dehors de Brest, Le Conquet, Landerneau et Morlaix en étaient les ports les plus actifs. Le Conquet eut son heure de gloire au XVIe siècle avec une école de cartographie. La position de port de fond d'estuaire de Landerneau et Morlaix leur assura une longue prospérité fondée sur l'exportation des créés du Léon.

Culture[modifier | modifier le code]

Article connexe : Julod.

Clichés identitaires[modifier | modifier le code]

Il existe une rivalité ancestrale et toujours vive entre les Léonards (Leonad, Leoniz en breton) et leurs voisins du Trégor et de la Cornouaille : « un Léonard n'est pas un Cornouaillais, lequel ne se confond pas avec un Trégorrois, même si tous trois sont finistériens »[44]. Le Léonard est réputé très religieux, conservateur et doué d'un bon esprit d'entreprise, ce qui n'est pas le cas de ses voisins réputés plus laxistes et bons vivants. À l'époque moderne, sur le plan politique, le Léonard était réputé voter traditionnellement à droite, tandis que les Trégorrois et les Cornouaillais étaient plutôt attirés par la gauche[45].

Ces rivalités tendent à disparaitre avec les nouvelles générations, même si, historiquement, elles font souvent l'objet des boutades qui font partie de la culture bretonne locale.[réf. nécessaire] Elles restent toutefois profondes parce qu'ancrées dans la géographie. Les terres léonardes sont des terres agricoles riches, dont les riches laboureurs étaient qualifiés de Julod, expression d'admiration tout autant que d'ironie, alors que Cornouaille et Trégor se sont orientés vers la pêche.

Les Léonards, entre eux, aiment à se distinguer. C'est ainsi que les habitants du Haut Léon, proches de l'évêché, regardent comme des païens les habitants du Bas Léon, région qu'ils qualifient de pays pagan. À leur tour bon nombre des habitants du pays pagan, jusqu'à nos jours, tire gloire de ce qualificatif. Heredia a célébré ces fiertés de clochers[46]. De là est né un esprit d'humour à demi mots mais féroce et parfois surréaliste, très vivant autrefois, moins aujourd'hui, visant à surmonter la timidité inculquée par la crainte de Dieu.

Costume[modifier | modifier le code]

Cet orgueil austère se traduisait autrefois dans le costume masculin de couleur noir[47]. Un habitant de Plougastel, dans la Cornouaille voisine, dont la guise était certainement l'une des plus belles et des plus colorées de Bretagne, était sûr, au cours de ses visites à Landerneau, de recevoir une réflexion désagréable, peut être sur sa virilité. Un Léonard ne conduisait son charriot à chevaux que debout. Le comble de la fierté était la boucle en or massif sur le chapeau[48].

La coiffe portée par les femmes du Minihi, appelée chikolodenn, était un bonnet de mousseline garni de deux larges barbes qui pouvaient soit pendre nonchalamment sur le devant des épaules soit être élégamment ramenées sur le bonnet. Cette poche à chignon, toukenn en breton, s'est répandue sous ce nom en Trégor à partir de 1840, les barbes y prenant une forme pointue. En pays pagan, les femmes portaient la cornette évoquant les hénins d'autrefois, avec un châle richement brodé et un tablier coloré. Du côté de Landivisiau et des monts d'Arrée, on portait la modeste tintaman, presque réduite à un bonnet de chignon en dentelle, alors que plus bas dans la vallée de l'Elorn, la coiffe en bonnet perdait sa modestie et gagnait de longues barbes formant un nœud dans le dos, tandis que le costume s'embourgeoisait d'un châle uni. À Ouessant, les femmes, comme à Sein, Batz et Bréhat, portaient le noir jusque sur la coiffe, garnie d'un grand nœud haut placé.

Tradition religieuse[modifier | modifier le code]

La Bretagne a une tradition religieuse qui remonte au néolithique mais le Léon a spécifiquement une très ancienne tradition mystique qui remonte à la création de l'évêché au VIe siècle par Pol Aurélien et s'est développée à partir de la confiscation des biens du vicomte de Léon Guyomarch IV de Léon par Geoffroi Plantagenêt en 1179. En effet, dès lors, le Léon est devenu un territoire gouverné de fait par « l'évêque-comte », titre officialisé au XIIIe siècle par le duc Jean le Roux. Le pouvoir des évêques-comtes, nommés par le pape, s'autonomisait en se prévalant de Rome, instance judiciaire de dernier recours[49]. Cette abolition précoce du régime féodal, en libérant bien avant la Révolution les paysans de la condition de sujets d'un seigneur, a instauré un régime où l'autorité locale est détenue par le recteur seul.

Le pays a fourni les bataillons du clergé catholique pendant plusieurs centaines d'années, et la puissance de ce clergé a fait parler de théocratie. Ce clergé était formé dans les institutions locales mises en place par la Contre-Réforme, et les disciples étaient envoyés évangéliser la Basse-Bretagne. Au fur et à mesure du développement de l'Empire colonial français, ces institutions ont alimenté dans des proportions impressionnantes les missions de l'Indochine et de l'Afrique en moines, prêtres ou évêques.

La danse, malgré l'interdiction légendaire de Saint Goulven, n'était pourtant pas totalement proscrite. Cependant, on avait conservé en Léon (« dans Leon ») ainsi qu'en Trégor des danses où les hommes et les femmes dansaient face à face en rang, afin de préserver les règles de la décence, ce qu'on n'a pas observé ailleurs en Bretagne[50]. Danser le jabadao, danse étrangère venue de la montagne sauvage, en revanche exposait à l'excommunication.

Légendes[modifier | modifier le code]

Le Léon est la patrie de Tristan de Loonois et du légendaire comte Gwithur (ou Withur, Wizur).

Les légendes tournent principalement autour de Paul Aurélien (ou Pol Aurélien selon l'orthographe bretonne), l'histoire de sa cloche Hirglaz ramenée de la mer par un poisson, celle du monstre écailleux qui terrorisait la région, celle du héros Nuz (cf. Nuada) dont on visite le château en ruine à Kergounadeac'h.

D'autres légendes tournent autour des naufrageurs du pays Pagan ou de la vierge, ou sorcière, on ne sait trop, Gwarc'h, qui a donné son nom à l'aber, à une île et son phare, ou encore d'Azenor, la vertueuse fille de comte Élorn, ou le chevalier rançonneur Morvan, qui a laissé son nom à La Roche Maurice, et bien sûr l'Ankou et les « Anaons ».

Langue bretonne[modifier | modifier le code]

Le léonard est une variante de la langue bretonne (le L de KLT). Il se distingue du breton du reste de la péninsule par la prononciation des syllabes finales des mots (ez prononcé « é » en Cornouaille, Trégor et vannetais et « èze » en Léon), qui n'ont plus qu'une orthographe étymologique ailleurs. Le léonard, plus encore que le trégorrois, ferme extrêmement les « e » et les « o », parfois au point de faire entendre un « i » ou un « ou » comme en gallois (par exemple le poing se dit en cornouaillais « dorn », en léonard « dourn », en gallois « dwrn »). Ainsi, on trouve des noms de villages en « plou » en Léon et Trégor, en « plo » en Bretagne méridionale. De même, le léonard substitue parfois à la diphtongue « ae » un « ea » (par exemple « meaz » pour « maes », « champ », issu de « magos »). Les variations locales étaient autrefois importantes. C'est le dialecte le moins contaminé par les francismes, pour des raisons géographiques tout simplement[51]. Selon le parti pris du linguiste, celui-ci qualifie le léonard de dialecte de référence, « plus pur », ou bien de dialecte conservateur. Cette querelle, sur fond politique voire religieux, s'est traduite par l'abandon pour le breton d'une orthographe puriste léonarde prônée entre les deux guerres par le Bleun Brug pour l'orthographe universitaire syncrétique élaborée après-guerre, actuellement la plus diffusée, dite KLT.

Auteurs léonards[modifier | modifier le code]

XVIIe siècle 
XIXe siècle 
XXe siècle 
XXIe siècle 

Personnalités léonardes[modifier | modifier le code]

Le Léon de nos jours[modifier | modifier le code]

Le Pays de Léon s'étendait sur le territoire de 112 communes actuelles.

Le Léon est surtout connu pour son activité agricole. La région entourant Saint Pol-de-Léon, appelée la Ceinture Dorée, est une zone de terres sablonneuses, une sorte de lœss glaciaire pouvant atteindre jusqu'à huit mètres de profondeur[52], à la productivité agricole record, équivalente ou supérieure à celles qu'on trouve aux Pays-Bas. Il s'y trouve une bonne partie de la production maraîchère française connue principalement par les artichauts (no 1 en France), les choux-fleurs, les tomates ou les oignons roses AOC de Roscoff. Les techniques traditionnelles d'amendement par le goémon, et plus tard les techniques de maraîchage modernes où le tracteur remplace le cheval y ont été inventées. C'est également là que les coopératives avec vente au cadran[note 7] ont été initiées sous l'impulsion du syndicaliste Alexis Gourvennec. La fortune agricole du Léon tient tant au soin de la terre qu'au dynamisme commercial, en particulier à l'export.

La pêche, l'aquaculture et l'industrie agro-alimentaire, liée à celles-ci aussi bien qu'à la production agricole, sont aussi bien développées. Au milieu de l'aber Wrac'h sont élevées les huîtres de Prat ar Coum. La baie de Morlaix sert de naissain aux belons. On trouve aussi des viviers à Roscoff. Les principaux ports de pêche sont Le Conquet (Konk Leon), Portsall et Moguériec, port spécialisé dans la pêche au homard, rentable à l'extrême. Lanildut est le premier port goémonier d'Europe.

Le Léon a subi plusieurs marées noires, dont celle de l'Amoco Cadiz. Marées noires et dégazages ont amené la préfecture maritime à mettre en place le rail d'Ouessant, géré par le Cross Corsen à partir de Brest.

Tourisme[modifier | modifier le code]

Le Léon est une région touristique structurée en quatre pôles. Le circuit des enclos paroissiaux présente des chefs-d’œuvre sculpturaux du XVIe siècle. À Brest, Océanopolis, les fêtes de vieux gréements ou de courses transatlantiques sont les principales attractions touristiques. La région des abers est un espace de randonnée. Le port de Roscoff et les communes alentour accueillent les yachtmen, pas seulement britanniques, lassés de Saint-Malo mais également, depuis que la thalassothérapie y a été inventée, les familles de grands malades (Centre héliomarin) aussi bien que celles des citadins avides de l'air le plus revigorant d'Europe. En effet, le vent s'y lave dans des eaux qui bénéficient de la plus grande richesse en algues de la côte atlantique.

Infrastructures[modifier | modifier le code]

Le Léon est traversé d'est en ouest par la route express qui tient lieu d'autoroute. L'Aéroport de Brest-Bretagne, est un aéroport international, pouvant recevoir les plus gros porteurs. Il est entre autres desservi par la filiale bretonne d'Air France Brit Air, dont le siège et le centre de formation et de maintenance, se trouvent à Morlaix.

Le TGV s'arrête à Morlaix et à Brest.

Ce dernier port reste un centre de trafic marchand important, un centre de recherche océanographique majeur, le CNEXO devenu Ifremer, et bien sûr le cœur de la Royale. Roscoff s'est doté d'un port en eau profonde qui lui permet, via les Brittany Ferries fondés par Alexis Gourvennec, d'assurer des liaisons de passagers et de voitures régulières avec Cork et Plymouth.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. On dit d'ailleurs en breton : « War pont Landerne e vezer ar penn e Leon hag ar revr e Kerne », c’est-à-dire : « Sur le Pont de Rohan à Landerneau, on a la tête en Léon et le cul en Cornouaille ».[réf. nécessaire]
  2. Cf. la note rédigée par l'inventeur sur le site en ligne de la commune de Plozevet Fouilles à Plouhinec.
  3. En même temps que Stonehenge devient le centre de cette civilisation, elle se diffuse dans presque tout le Midi, principalement dans le bassin du Lot.
  4. Cette origine d'Ibérie est peut-être une confusion ou une erreur de copie avec l'Hibernie. L'aristocratie de Segontium (en), comme en témoignent les inscriptions oghamiques retrouvées sur les côtes occidentales de l'île de Bretagne, avait vraisemblablement son origine dans le Leinster.
  5. La loi de l'alternative propre aux évêchés bretons règle un partage des revenus, et des nominations, des cures directement entre le Saint Siège et le diocèse, la collation de huit mois sur douze, puis à partir du XVe siècle d'un mois sur deux revenant directement à celui-là.
  6. La densité d'ecclésiastiques est donc supérieure à celle de Cambrai, où elle est à la fin du XVIIe de 1,75 pour mille, ratio lui-même jugé alors pléthorique.
  7. Les prix décroissent toutes les heures et le premier qui fait acte d'achat remporte la vente

Références[modifier | modifier le code]

  1. Voir par exemple Jean-Baptiste Ogée, "Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne" en 4 volumes, Nantes, 1778-1780.
    Ce livre a été complété et réédité par A. Marteville et P. Varin, Éditions Molliex, Nantes, Rennes.
    La version originale, numérisée en 2010 par l’Université d’Ottawa, est archivée et disponible librement en ligne : volume 1, volume 2, volume 3, volume 4 (archive.org), ou la nouvelle édition revue et augmentée en 1843 par A. Marteville et P. Varin (Google Books)
  2. J. Bédier, Le roman de Tristan et Iseut, I, p. 2, Art H. Piazza, Paris, 1946. (Les références médiévistes sont innombrables, celle-ci n'en est que la plus célèbre.)
  3. J. de la Passardière, Topologie des paroisses du Léon, in Revue de Bretagne, p. 61, Lafolye Frères, Vannes, 1811.
  4. V.g. D. Houard, Dictionnaire analytique, historique, étymologique, critique et interprétatif de la coutume de Normandie, vol. II, p. 46, Le Boucher, Rouen, 1780.
  5. Chanoine Kerbiriou L., La Cité de Léon, p. 35, Imprimerie Cornouaillaise, 1947
  6. Wikisource : Tristant et Iseut de Béroul.
  7. Vocabulaire vieux breton de Joseph Loth.
  8. a et b Nennius,Historia Brittonum
  9. Anonyme, Livre des faits d'Arthur, ~1000
  10. http://www.jardin-georgesdelaselle.fr
  11. http://tresordesregions.mgm.fr/Mdir.php?p=cant.php&cl=Leon&region=53
  12. Monnier J.L., « Homo erectus à la conquête de l’Ouest », Sciences Ouest, n° 183, décembre 2001.
  13. Minois, G., Nouvelle histoire de la Bretagne, p. 22, Fayard, 1992.
  14. Minois, G., Nouvelle histoire de la Bretagne, p. 24, Fayard, 1992.
  15. O. Kayser, Autour du mésoliithique en Bretagne, in Revue archéologique de l'Ouest, 1984.
  16. Minois, G., Nouvelle histoire de la Bretagne, p. 25, Fayard, 1992.
  17. Minois, G., Nouvelle histoire de la Bretagne, p. 21, Fayard, 1992.
  18. Hamon N., L’Histoire du Minihy du Léon Roscoff Santec Saint-Pol de Léon, Mémoire de diplôme d’études supérieures de géographie, Faculté des Lettres de Rennes, novembre 1941.
  19. Hamon N., L’Histoire du Minihy du Léon Roscoff Santec Saint-Pol de Léon, Mémoire de diplôme d’études supérieures de géographie, Faculté des Lettres de Rennes, novembre 1941
  20. Minois, G., Nouvelle histoire de la Bretagne, page 43, Fayard, 1992.
  21. Avienus, "Ora maritima"
  22. Strabon, Géographie I 4 et 5, IV 1 et 4
  23. Jean Paul Le Bihan, Habitat et territoire, deux exemples armoricains
  24. Patrick Galliou, La Bretagne romaine: de l'Armorique à la Bretagne, page 113, Éditions Jean-Paul Gisserot,1991
  25. Patrick Galliou, La Bretagne romaine: de l'Armorique à la Bretagne, page 111, Éditions Jean-Paul Gisserot,1991
  26. Patrick Galliou, La Bretagne romaine: de l'Armorique à la Bretagne, page 116, Éditions Jean-Paul Gisserot,1991
  27. a et b Mabinogion
  28. a, b et c Geoffroy de Monmouth, Historia Regum Britanniae
  29. Anonyme, "Livre des faits d'Arthur", ~1000
  30. Patrick Galliou, La Bretagne romaine: de l'Armorique à la Bretagne, page 35, Éditions Jean-Paul Gisserot,1991
  31. Grégoire de Tours, Histoire des Francs, éd. Belles lettres, coll. « Classiques de l'Histoire », Paris, 1980 (ISBN 2-251-34037-8)
  32. a et b Zozime, Histoire nouvelle V 10
  33. Rutilius Claudius Namatianus: De reditu suo sive Iter Gallicum
  34. Saint Gildas, De Excidio Britanniae
  35. Pilier d'Elisec
  36. Wormonoc, Vie de Saint Pol, 886
  37. Procope, Histoires des guerres de Justinien, 8
  38. Tristan
  39. a et b http://www.tudchentil.org/IMG/pdf/Genealogie_des_vicomtes_de_Leon.pdf
  40. Fond français 22329, B.N.
  41. La Loire historique, pittoresque et biographique : de la source de ce fleuve à son embouchure dans l'océan, par Georges Touchard-Lafosse, publié par Adolphe Delahays, 1858, v. 5, p.32.
  42. Chanoine Kerbiriou L., La Cité de Léon, p. 87, Imprimerie Cornouaillaise, 1947
  43. Chanoine Kerbiriou L., La Cité de Léon, p. 95, Imprimerie Cornouaillaise, 1947
  44. Mikaela Kerdraon, Xavier Grall, page 31, éditions An Here, Ar Releg-Kerhuon, 2001, (ISBN 2-86843-215-8).
  45. Identité mentale des Léonards : Dictionnaire d’histoire de Bretagne, page 444, ouvrage collectif, Skol Vreizh, Morlaix, 2008, (ISBN 978-2-915623-45-1).
  46. José Maria de Heredia, Les Trophées, "Maris Stella"
  47. "La vie quotidienne des paysans bretons au XIXe siècle", page 124, de Yann Brekilien chez Hachette 1972
  48. témoignages familiaux
  49. v.g. Pie II, sentence du 7 janvier 1464 déliant l'évêché de certains droits du duc
  50. Yann Brekilien, Vie quotidienne des paysans bretons au XIXe siècle, page 320, Hachette, 1972
  51. Abbé François Falc'hun, La dialectologie bretonne: problèmes, méthodes et résultats, Faculté de Lettres de Paris, 1956
  52. HAMON N., L’histoire du Minihy du Léon Roscoff Santec Saint-Pol de Léon - Mémoire de Diplôme d’Études Supérieures de Géographie, Faculté des Lettres de Rennes, novembre 1941

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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  • Beaulieu, F. de., Jardins exotiques du Léon, ArMen, no 94, 1998.
  • Cornette, J., Histoire de la Bretagne et des bretons, Seuil Histoire, 2008.
  • Elégoët, F., Nous ne savions que le breton et il fallait parler français : mémoire d'un paysan du Léon, La Baule, 1978, 227 p.
  • Elégoët L., Le Léon, Palantines, 2007, 293 p.
  • Fleuriot, L., Les Origines de la Bretagne, 1980.
  • Galliou, P., L'Armorique romaine, 1983.
  • Hamon, N., Le Minihy de Léon, Chronique géographique des Pays celtes, 1942, p. 5-20.
  • Kerbiriou L., La Cité de Léon, Imprimerie Cornouaillaise, 1947
  • La Borderie, A. de, Histoire de Bretagne, 1905.
  • Le Menn C. Etonnants Léonards, tome 1, Keltia Graphic, 2006, 190 p ; tome 2, éd. Montagnes Noires, 2011 ; tome 3, éd. Montagnes Noires, 2014.
  • Mauny, M. de, Le Pays de Léon. Bro Leon. Son histoire, ses monuments, Ed. régionale de l'Ouest, Mayenne, 1993 (2e éd.), 399 p.
  • Mellouet, P., Les Paysans léonards au travail. Évolution des techniques de culture de plein champ au XXe siècle, Blaz an douar, 2002 (2e éd.), 164 p.
  • Minois, G., Nouvelle histoire de la Bretagne, Fayard, 1992.
  • Moal, F., Cléder et le Léon, des origines à 1789, Coop Breizh, Spézet, 1987, 158 p.
  • Seite, V., Ar marh reiz : e bro-Leon gwechall, s.l., 1985, 342 p.
  • Simon, J.-F., Tiez. Le paysan breton et sa maison/ Le Léon, Éditions de l'Estran, 1982, 304 p.
  • Tanguy, M., Quand les champs avaient un nom : le Léon rural (1920-1950), Spézet, 1991, 170 p.
  • Waquet, H. et Saint Jouan, R. de, Histoire de la Bretagne, PUF, "Que sais je" no 147, 1975.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]