Nicolas Durand de Villegagnon

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Nicolas de Villegagnon
Portrait imaginaire du XVIIe siècle ?
Portrait imaginaire du XVIIe siècle ?

Naissance 1510
à Provins
Décès (à ~60 ans)
à Beauvais-en-Gâtinais
Origine Français
Allégeance Ordre de Saint-Jean de Jérusalem Ordre de Saint-Jean de Jérusalem
Pavillon royal de la France.png Royaume de France
Grade Vice-amiral de Bretagne
Hommages Ilha Villegaignon
Autres fonctions Gouverneur de Sens

Nicolas Durand de Villegagnon (1510, Provins - ) est un militaire et explorateur français, fondateur de l'éphémère colonie française au Brésil nommée « France antarctique ».

Biographie[modifier | modifier le code]

Ses origines[modifier | modifier le code]

Nicolas Durand de Villegagnon (également appelé Villegaignon[1]) est né à Provins vers 1510. Il est le fils d'un procureur du roi au bailliage de Provins. Il est élève aux collèges de La Marche et de Montaigu à Paris, en compagnie de Calvin. Il obtient ensuite sa licence de droit à Orléans.

Carrière militaire[modifier | modifier le code]

Sur la recommandation de son oncle Philippe Villiers de l'Isle-Adam, grand maître de l’ordre, il entre en 1531 dans l’Ordre de Saint-Jean de Jérusalem et devient chevalier de Malte. Il prend part en 1541 à l’expédition de Charles Quint contre Alger dont il écrit le récit. En 1548, il commande la flotte envoyée en Écosse pour ramener Marie Stuart à la cour de France, pour ses fiançailles au dauphin François. Il réalise alors un exploit naval considéré jusqu'alors comme impossible pour tromper la vigilance des Anglais : après le débarquement des Français à Perth, il contourne en galères l’Écosse par le nord au large des Orcades. Il descend la mer d'Irlande et fait embarquer Marie Stuart à Dumbarton dans l'estuaire de la Clyde pour gagner Morlaix. En 1551, il tente en vain, depuis Malte, de défendre Tripoli contre les Turcs. Rentré en France, il est nommé en 1553 vice-amiral de Bretagne après ses campagnes en Hongrie et au Piémont.

La France Antarctique et le Brésil[modifier | modifier le code]

Article détaillé : France antarctique.
Carte de la France Antarctique.

Il reçoit en 1555 le commandement de la flotte mise par Henri II à la disposition de Gaspard II de Coligny pour installer une colonie au Brésil où les protestants français pourraient exercer librement leur religion.

Il part du Havre le [2],[3]. Il a avec lui son neveu et adjoint Legendre de Boissy, seigneur de Bois-le-Comte, sur deux navires, piloté par le capitaine de navire Nicolas Barré chargés de 600 marins et passagers. Il arrive dans la baie de Rio de Janeiro (Guanabara) le 10 novembre et débarque dans l’île de Serigipe, qui porte aujourd'hui son nom . Villegagnon y fait élever le fort Coligny, voulant appeler Henryville la bourgade qu’il compte créer sur la terre ferme, sur la côte qu’il appelle la « France antarctique ». Mais le ravitaillement s’épuise vite et une conspiration est montée contre Villegagnon. Elle est découverte à temps et les conspirateurs se réfugient parmi les Indiens et les montent contre les Français, qui partent chercher du renfort en Europe.

Des protestants de Genève débarquent alors à Fort Coligny le [4]. Catholiques et protestants ne tardent pas à s’opposer, et les derniers, dirigés par Philippe de Corguilleray, avec deux pasteurs, Pierre Richer et Guillaume Chartier, s’installent fin octobre 1557 sur la terre ferme en un lieu appelé la Briqueterie où s’était déjà établis d’autres Français dissidents. Controversé, Villegagnon quitte fort Coligny pour la France (1559). Mais le fort Coligny est attaqué par les Portugais en 1560 et les Français qui l'occupent en sont chassés, ils se réfugient dans les forêts environnantes et s'installent avec les Indiens. Ils parviennent à maintenir une relation commerciale avec la France jusque vers 1567, période à laquelle les Portugais se décident à une occupation véritable de la région. Aujourd'hui, cette île est appelée Ilha Villegaignon et abrite l'École navale brésilienne.

Le récit de l’expédition a été écrit en 1578 par l’un de ses membres, l’étudiant en théologie Jean de Léry : Histoire d’un voyage fait en la terre de Brésil[5].

Fin de carrière[modifier | modifier le code]

Le , Nicolas Durand de Villegagnon devient le seigneur du domaine de Torcy par don du roi Henri II de France pour le rembourser des travaux de fortifications du chateau de Ponteflures du marquisat de Montferrat[6].

De retour en France, Villegagnon poursuit sa polémique avec les calvinistes et prend part aux Guerres de Religion dans le camp catholique. Il fut notamment blessé au siège de Rouen en 1562.

Il fut ensuite nommé gouverneur de Sens en 1567.

Il meurt le dans la commanderie hospitalière de Beauvais-en-Gâtinais près de Nemours.

Littérature[modifier | modifier le code]

Jean-Christophe Rufin s'inspire de l'expédition de Villegagnon au Brésil pour son roman Rouge Brésil, prix Goncourt 2001.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. cf. Claude Lévi-Strauss, Tristes Tropiques, 1955, p. ???
  2. Annie Charon, Thierry Claerr et François Moureau, Le livre maritime au siècle des Lumières : édition et diffusion des connaissances maritimes (1750-1850), Presses Paris Sorbonne,‎ 2005 (ISBN 9782840503637, lire en ligne)
  3. ou le 12 juillet 1555 selon Pierre Pluchon dans son Histoire de la colonisation française, Fayard, 1991 p. 46
  4. Abel Hugo, France historique et monumentale : Histoire générale de France depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, vol. 4, Delloye,‎ 1841 (lire en ligne)
  5. Ouvrage disponible sur le site Gallica de la Bibliothèque nationale de France
  6. http://books.google.fr/books?id=Kh8FAAAAQAAJ&pg=PA132&lpg=PA132&dq=torcy+philippe+le+bel&source=bl&ots=qkrf_iQLc1&sig=33XLALnYOFBOuweOMDQD_XJaXCU&hl=fr#v=onepage&q=torcy%20philippe%20le%20bel&f=false

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

  • De bello Melitensi, & eius euentu Francis imposito, ad Carolû Cæsarem V. Nicolai Villagagnonis Commentarius. Parisiis, Apud Carolum Stephanû, 1553.
Édition originale du texte latin. Elle a été publiée en même temps que la version française, également chez Charles Estienne, afin d'avoir la diffusion la plus large dans la Chrétienté. Il fait le récit de la guerre de Malte en 1551 et de la prise par les Turcs de l'île et de Tripoli qu'il avait été secourir à la demande des chevaliers de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem. Les Impériaux rendaient les Français coresponsables du sac de Gozo, une île près de Malte, et de la perte de Tripoli. Il est témoin des graves défaites subies par l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem en 1551, en rejette la responsabilité sur le Grand Maître et sur les éléments espagnols de la garnison de Tripoli. Il disculpe les Français, en particulier l'ambassadeur d'Aramont, le gouverneur Vallier et lui-même.

Articles connexes[modifier | modifier le code]