Constant Ier

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Constant Ier
Empereur romain
Image illustrative de l'article Constant Ier
Buste de l'empereur Constant Ier
Règne
César : -
Auguste : - 350 (~13 ans)
Période Dynastie constantinienne
dite des Seconds Flaviens
Précédé par Constantin Ier (310 - 337)
Co-empereur Constantin II (337 - 340)
Constance II (337 - 361)
Usurpé par Magnence et Décence (350)
Suivi de Constance II seul (350 - 361)
Biographie
Nom de naissance Flavius Julius Constans
Naissance 320 ou 323
Décès 350 (~30 ans) à Helena (Elne)
Père Constantin Ier
Mère Fausta
Liste des empereurs romains

Constant (Flavius Julius Constans en latin) (320 ou 323 - 350), fils de l'empereur Constantin Ier, est César en 333 puis Auguste de 337 à 350. En 337, il se partage l'Empire avec ses deux frères Constantin II et Constance II, et s'arroge la partie centrale de l'Empire. En 340, il affronte et tue Constantin II prenant ainsi le contrôle de tout l'Occident. Constant est renversé et assassiné en 350 suite à la rébellion du général Magnence.

Son accession au pouvoir[modifier | modifier le code]

Constant est né en 320 ou en 323. Il est le quatrième et dernier fils de l'empereur Constantin Ier, le troisième issu son mariage avec Fausta, elle-même fille de l'empereur Maximien Hercule. Il est élevé à Constantinople, en chrétien.

En 323, après la soumission de Licinius, son père devient seul maître de l'Empire romain. Seulement, l'immensité du territoire et les perpétuelles campagnes à mener tant contre les usurpateurs que contre les barbares et les perses, le contraignent rapidement à s'adjoindre des Césars. Souhaitant éviter que ceux-ci ne s'affrontent ou ne l'attaquent pour conquérir le pouvoir suprême, comme ce fut le cas sous la Tétrarchie, Constantin pense résoudre le problème en ayant recours aux liens familiaux.

Constant est fait César, soit vice-empereur, le par Constantin Ier. En 335 les fils de Constantin Ier, Constantin II, Constance II et Constant, ainsi que ses neveux, Dalmatius et Hannibalien sont tous associés au pouvoir impérial.

À ce titre, il remporte une victoire contre les Sarmates durant l'année 337.

César Auguste[modifier | modifier le code]

Constantin II, Constance II et Constant[modifier | modifier le code]

Le , l'empereur Constantin Ier meurt, sans avoir donné la moindre consigne au sujet de sa succession. Sa seule préoccupation semble avoir été son souci de créer et faire perdurer une dynastie, donc qu'un ou plusieurs des cinq Césars lui succèdent. La chose est d'autant plus délicate, que les cinq hommes n'ont que peu d'affection les uns pour les autres. Peu désireux de partager l'Empire, ses fils auraient décidé de se débarrasser de leurs cousins, opportunément dénoncés par Eusèbe de Nicomédie pour complot contre l'Empire.

Toujours est-il que des soldats de Constantinople massacrent une bonne partie de la famille de l'empereur défunt, entre autres, son frère Jules Constance et ses neveux Dalmatius et Hannibalien. De la lignée de Constance Chlore, père de Constantin Ier, seuls les deux fils de Jules Constance, Gallus et Julien, sont épargnés par la soldatesque, vraisemblablement du fait de leur très jeune âge.

Au cours des premiers jours de septembre 337, les trois hommes se rencontrent en Pannonie pour se partager l'Empire. Ils se font à cette occasion acclamer par les troupes de leur père. Le , le Sénat confirme le choix des légions. Constant et ses frères Constantin II et Constance II sont déclarés officiellement Auguste. Constant reçoit les provinces d'Italie et d'Afrique. Sa part, du fait de son relatif jeune âge, est moindre que celle de ses frères. De plus il est mis sous la tutelle de son frère aîné, Constantin II, dirigeant effectif de l'Occident.

Constant se montre mécontent du partage et de sa situation. En 338, à Viminacium, lors d'une deuxième rencontre, il réussit à obtenir en plus le contrôle des provinces d'Illyrie, de Macédoine et d'Achaïe. Constantin II reçoit les provinces de Bretagne, de Gaule et d'Hispanie, et Constance II, celles d'Asie, d'Orient, du Pont et de Thrace.

Désaccords avec Constantin II[modifier | modifier le code]

Constantin II se montre très mal disposé à fournir ces nouveaux territoires à son cadet. En effet tous deux se partagent le seul Occident et leur ambition respective débouche sur une situation très tendue. À cela s'ajoute le fait que l'empereur Constance II s'efforce par tous les moyens de maintenir cette division vivace, afin d'éviter que ses frères ne s'allient contre lui. Ainsi, plus inquiété par son aîné que par son cadet, il offre à Constant la Thrace et Constantinople pour rééquilibrer la situation en Occident.

En 340, profitant du fait que Constant soit occupé sur le Danube à combattre les barbares, et que l'attention de Constance II soit monopolisée par une très longue et difficile guerre contre la Perse, Constantin II envahit l'Italie de Constant. Constant détache en urgence un corps expéditionnaire pour ralentir la progression de son frère. Suite à un concours de circonstance, cette petite force parvient, au cours d'une embuscade à l'Aquilée, à tuer Constantin II lui-même. Toutes ses provinces passent à Constant.

Constance II et Constant[modifier | modifier le code]

En 341 et 342, Constant mène une campagne victorieuse contre les Francs. En 343 la défense de l'Empire l'amène à se rendre en Bretagne où il lutte probablement contre les Pictes et les Scots, le long du mur d'Hadrien.

Il coexiste pacifiquement avec son dernier frère. Celui-ci étant toujours empêtré dans le conflit perse, il n'a, de toute façon, lui non plus pas de légions à perdre dans une guerre civile. Cependant cet équilibre est ébranlé par les politiques religieuses contradictoires menées par chacun des deux empereurs.

Sa politique religieuse[modifier | modifier le code]

La lutte contre le paganisme et le donatisme[modifier | modifier le code]

À l'image de son père, il se montre très déterminé à propager et défendre le christianisme et ses idées. En 341, il édicte (ou renouvelle) une interdiction des sacrifices païens et de la pratique de la magie bien que cette loi porte en fait le seul nom de Constance[1]. Cette interdiction est renouvelée en 346 avec son autre frère Constance II. Elle s'applique dès lors dans tout l'Empire. En 342, il encourage la fermeture, mais non la destruction, de certains temples païens désaffectés[2].

Il est par ailleurs le premier empereur à avoir édicté une loi contre l'homosexualité (voir Code Théodosien, IX, 7, 3), punissant de mort « l'homme qui épouse un homme comme s'il était une femme », cum vir nubit in feminam viris porrecturam (Code Théodosien, IX, 7, 3). Les lois de Constant, lui-même homosexuel, visent, sans doute, ceux qui pratiquent en état de « passivité », donc de soumission. Cette décision est à remettre dans le contexte de la société romaine pour qui les relations ne sont pas ordonnées entre homosexualité et hétérosexualité mais entre rapports de soumission (indignes d'un homme libre) et de domination (légitime).

Constant s'oppose encore, tout au long de son règne, aux chrétiens adeptes du schisme donatiste, particulièrement vivace en Afrique et remporte plusieurs succès militaire contre le brigandage qui s'était développé dans la province.

L'hérésie arienne[modifier | modifier le code]

Il s'oppose cependant à son frère Constance II quant à l'attitude à adopter face à l'arianisme, doctrine condamné pour hérésie dès le concile de Nicée de 325. Constant se montre en effet un fervent partisan de l'orthodoxie et du crédo nicéen, tandis que Constance II promeut, lui, comme leur père Constantin Ier l'a fait à la fin de ses jours, la cause arienne. Constant mène donc une active persécution contre les ariens et soutient les nicéens dissidents en Orient, comme le patriarche Athanase d'Alexandrie.

L'apex de ce conflit a lieu lors de la controverse pour le contrôle du trône épiscopal d'Alexandrie. Le patriarche Athanase avait été condamné et expulsé de son poste, suite aux conciles de Tyr en 335 et d'Antioche en 341 où les ariens défendus par Constance II étaient majoritaires. Athanase en appelle au pape Jules, qui, avec le ferme soutien de Constant, appelle à la tenue d'un concile. Il se réunit en 342 à Serdica et donne raison à Athanase qui est rétabli dans ses fonctions. Celui-ci rentre à Alexandrie contrairement aux souhaits de Constance II.

S'ensuivent des rapports très tendus entre les deux empereurs. Toutes ces divergences manquent de les conduire à la guerre. En 346, pourtant, ils s'entendent et s'accordent pour diriger chacun leur territoire comme il l'entend. Cela signifie qu'ils acceptent de mener chacun leur politique religieuse sans que l'autre n'y trouve rien à redire.

L'usurpation de Magnence et la mort de Constant[modifier | modifier le code]

L'empereur n'aurait pas été très populaire. Ayant sans cesse besoin de nouveaux fonds, il aurait grandement accentué le poids de la fiscalité et de la bureaucratie sur la population, aurait offert des postes influents contre de l'argent et se serait montré assez peu regardant quant aux exactions commises par ses hommes de confiance.

En janvier 350, Constant est victime d'une conspiration militaire. Un officier, Magnence, se fait acclamer empereur, à Autun (Augustodunum). Ancien esclave de Constantin Ier, celui-ci était finalement devenu général en chef des armées de Constant sur le Rhin. L'empereur légitime tente de fuir vers l'Hispanie, mais il est rattrapé à Helena (Elne), une ville des Pyrénées, par les hommes de main de Magnence, dirigés par un dénommé Gaiso qui le mettent à mort dans le temple où il s'était réfugié.

Bien que promis dès l'âge de seize ans à Olympias, la fille de l'ancien préfet du prétoire d'Orient de Constantin Ier, Flavius Ablabius, ils ne se marièrent jamais. Constant, exclusivement homosexuel, n'eut aucun rapport avec elle et la répudia dès la mort de son père en 337, avant de l'expédier en Arménie, où elle épousa alors le roi Arsace III[3],[4]. Assassiné le 27 février 350, Constant ne laissa aucune descendance, ne s'étant jamais marié en raison de son homosexualité[5].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Code Théodosien, XVI, 10, 2.
  2. Code Théodosien, XVI, 10, 3.
  3. Ammien Marcellin, Res Gestae, XX, 11, 3.
  4. Aurélius Victor, De Caesaribus, XLI ; Zonaras, Annales, 219.
  5. François Zosso et Christian Zing, Les empereurs romains, éd. Errance, 2002, p. 144.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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