Âge du bronze

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L’âge du bronze est une période de la Protohistoire caractérisée par l’usage de la métallurgie du bronze, nom générique des alliages de cuivre et d’étain. Aujourd’hui, il est admis que cette période succède à l’âge du cuivre ou Chalcolithique et précède l’âge du fer, dans les régions du monde où ces catégories sont pertinentes. En effet, comme pour les autres périodes de la Préhistoire, les limites chronologiques de l’âge du bronze varient considérablement selon l’aire culturelle et selon l’aire géographique considérées.

Il est plus difficile à identifier dans certaines régions du monde, telles que l’Amérique latine où les civilisations précolombiennes connurent une métallurgie de l’or et du cuivre jusqu’à la conquête espagnole.

Historique[modifier | modifier le code]

Parure en bronze de Penne (Tarn) - Muséum de Toulouse.

Les précurseurs[modifier | modifier le code]

Le bronze est déjà mentionné dans L'Iliade et l'Odyssée[1] ainsi que plus tard, dans le De natura rerum de Lucrèce, mais comme simple hypothèse philosophique[2][Quoi ?].

Antoine de Jussieu[modifier | modifier le code]

En 1723, Antoine de Jussieu, fut le premier à publier ses travaux de recherche sur les Artéfacts archéologiques intitulés « De l'Origine et des usages de la Pierre de Foudre »[3].

Nicolas Mahudel et la théorie des trois âges[modifier | modifier le code]

Le préhistorien Nicolas Mahudel, par ses travaux de classification archéologique, élargit les concepts émis par Antoine de Jussieu. Le 12 novembre 1734, il lut un exposé de ses travaux de recherche, lors d'une audience publique à l'Académie des inscriptions et belles-lettres, dans lequel il a défini trois « âges », l'âge de la pierre ; l'âge du bronze et l'âge du fer dans un ordre chronologique. Il présenta ses travaux à plusieurs reprises cette année-là, mais ils furent rejetés jusqu'en novembre où ils furent finalement acceptés et publiés par l'Académie en 1740, sous le titre « Les Monumens les plus anciens de l'industrie des hommes, des Arts et reconnus dans les pierres de Foudres »[4].

Christian Jürgensen Thomsen[modifier | modifier le code]

Artéfact de l'âge du bronze
au musée national du Danemark.
Dalle de la tombe royale de Kivik montrant le procédé de « rabattement visuel[5] » pour représenter toutes les faces du char.

Le chercheur danois Christian Jürgensen Thomsen réinvente la notion d’« âge du bronze ». Sans formation spécifique, Thomsen, se voit confier en 1816 le classement des collections d’antiquités danoises au musée national du Danemark. Il se retrouve à la tête d’un amoncellement indescriptible d’objets de toutes sortes et de toutes origines. Se fondant sur les idées de l’historien Lauritz Schebye Vedel Simonsen, professeur à l’université de Copenhague, qui avait envisagé en 1813 que les outils des peuples antiques scandinaves avaient d’abord été de bois et de pierre avant d’être de cuivre et de fer[6],[7], et influencé par les travaux de Nicolas Mahudel, Thomsen classe par matière première les collections. Il les présente au public, dans trois cabinets différents, en 1819. Le premier regroupe les objets de pierre, le deuxième les objets en cuivre et en bronze et le dernier les objets en fer. Devenu le premier directeur des musées archéologiques et ethnographiques de Copenhague, il formalise sa théorie des trois périodes préhistoriques, l’âge de la pierre, l’âge du bronze et l’âge du fer, en 1836 dans Ledetraad til nordisk Oldkyndighed (Guide des antiquités nordiques). Son successeur à la tête du musée, Jens Jacob Asmussen Worsaae, ira sur le terrain faire des fouilles pour prouver, grâce à la stratigraphie, la véracité de l’intuition de l’emploi successif par l’humanité de la pierre, du bronze et du fer[8]. Avant eux, le moine bénédictin Bernard de Montfaucon, en publiant au XVIIIe siècle la sépulture mégalithique découverte près d’Évreux en 1685 par monsieur de Cocherel, avait initié les études paléographiques. Il avait relevé dans l’étude des textes anciens que Pausanias ou Homère citaient l’utilisation par les hommes du cuivre avant l’utilisation du fer[9].

Les subdivisions admises aujourd'hui[modifier | modifier le code]

En France, les premières études sur l’âge du bronze datent du XIXe siècle. Le Manuel d’archéologie préhistorique, celtique et gallo-romaine de Joseph Déchelette, paru en 1910, constitua longtemps la référence pour l’étude de cette période[10].

En 1954, Jean-Jacques Hatt propose pour la France une subdivision de l’âge de bronze qu’il confirmera définitivement en 1958 dans le Bulletin de la Société préhistorique française. Son dernier exposé présente une division de l’âge du bronze en trois parties, le Bronze ancien, le Bronze moyen et le Bronze final. Cette tripartition sert aujourd’hui de référence à la majorité des chronologies de l’âge du bronze[11]. Les bornes sont alors fixées ainsi :

  • Bronze ancien : 1800 à 1400 av. J.-C. environ
    • époque I : 1800 à 1700 av. J.-C. environ
    • époque II : 1700 à 1600 av. J.-C. environ
    • époque III : 1600 à 1400 av. J.-C. environ
  • Bronze moyen : 1500 à 1100 av. J.-C. environ
    • époque I : 1500 à 1400 av. J.-C. environ
    • époque II : 1400 à 1300 av. J.-C. environ
    • époque III : 1300 à 1100 av. J.-C. environ
  • Bronze final : 1200 à 700 av. J.-C. environ
    • époque I : 1200 à 1100 av. J.-C. environ
    • époque II : 1100 à 850 av. J.-C. environ
    • époque III : 850 à 700 av. J.-C. environ

Caractéristiques de chacune des grandes subdivisions :

  • Bronze ancien : il correspond à l’apparition de la métallurgie, avant le Ve millénaire av. J.‑C. en Anatolie mais vers le IIe millénaire av. J.‑C. en Europe occidentale comme en France ;
  • Bronze moyen : appelé aussi l’« âge du bronze véritable »[12], il correspond à la culture des tumulus protoceltiques ce qui en Europe centrale se situe vers le IIe millénaire av. J.-C. et vers 1500 av. J.-C. en France ;
  • Bronze final : il est marqué par le début des grandes invasions, principalement celtiques, et se confond en Europe centrale avec la culture des champs d’urnes. Il commence en Europe occidentale comme en France vers le XIIe siècle av. J.-C.[13]

Pour les besoins de précisions régionales, chacune de ces parties peut être subdivisée à son tour.

Naissance de la métallurgie[modifier | modifier le code]

Diffusion du cuivre natif au Chalcolithique.

Les métaux comme le cuivre – travaillé en Mésopotamie dès le IXe millénaire av. J.‑C. – l’ornécropole de Varna milieu du Ve millénaire av. J.‑C. – l’argent et l’électrum sont utilisés dès le Néolithique, à la période dite Chalcolithique, parallèlement à l’utilisation de la pierre. Pendant cette période, les métaux sont utilisés à partir de leur forme native par martelage à froid ou à chaud de pépites, pour réaliser des petits objets généralement d’apparat[14].

Cuivre natif

La caractéristique première de l’âge du bronze n’est donc pas l’utilisation des métaux mais la découverte et le développement de la métallurgie, technique nécessaire pour l’obtention du bronze, alliage à 90/10 de cuivre et d’étain. La métallurgie se définit comme un traitement thermique permettant l’extraction de métaux à partir de minerai. Elle nécessite un savoir-faire parfait de l’art du feu, acquis avec la cuisson de la céramique. Il existe d’ailleurs une parenté certaine entre le four du potier et le four du bronzier. Pour extraire un métal d’un minerai, il faut la maîtrise de fours à haute température (le cuivre fond à 1 084 °C[15] ; son addition avec l’étain abaisse considérablement le point de fusion).

C’est en Anatolie qu’il faut chercher les premiers objets en cuivre fondu au VIIe millénaire av. J.‑C.. Le plus ancien foyer métallurgique européen se trouve dans les Balkans vers 3500 av. J.-C. pour s’étendre à l’ensemble de la péninsule euro-asiatique vers 2000 av. J.-C[14].

Conséquences sociales de la métallurgie[modifier | modifier le code]

Diffusion de la métallurgie à l’âge du bronze.

Si la première métallurgie du cuivre ne s’est développée que dans les zones disposant de gisements de cuivre, l’âge du bronze se développe dans des régions dépourvues de minerais de cuivre ou d’étain. C’est le cas de la Mésopotamie (Sumer et Ur) où sont très certainement coulés les premiers bronzes[14].

Le façonnage des outils lithiques, la confection du tissage ou la fabrication de la poterie ne nécessitent que des produits et des compétences qui ne relèvent que d’une économie locale. Par contre, la métallurgie est à l’origine de la première économie complexe basée sur une production et une distribution couvrant de vastes territoires. Même si les échanges lithiques ou de céramique existent depuis longtemps, ils n’ont jamais atteint un tel niveau de complexité que les échanges minéraux et d’objets métalliques. Le Chalcolithique, durant lequel n’est produit qu’un nombre limité d’objets métalliques, ne marque encore aucune rupture sociale dans le mode de vie du Néolithique. L’apparition d’échanges à grandes distances, les propriétés particulières du bronze, qui est utilisé pour produire des armes tandis que les outils domestiques restent souvent lithiques, et la convoitise de nouvelles richesses non périssables entraînent l’apparition d’une différenciation économique qui n’est pas directement productive (celle des armes) et l’apparition d’une hiérarchisation sociale marquée[16].

Collection de bronzes antiques.

Spécialisation sociale[modifier | modifier le code]

Si des indices de spécialisation sont perceptibles avec certaines productions lithiques très particulières du Chalcolithique (poignards du Grand-Pressigny), avant le développement de la métallurgie, la production se faisait généralement au sein de la famille élargie, d’un clan ou d’un village. Avec la métallurgie, les activités de production vont se spécialiser. Elle nécessite dorénavant des artisans, mineurs ou forgerons, et des marchands qui exercent leur activité, du fait de la complexité ou de la durée, à plein temps. Il faut donc que d’autres personnes leur fournissent en échange subsistance et bientôt protection[16]. Cette spécialisation se lit dans l’organisation des sites tels que Fort-Harrouard, sur la commune de Sorel-Moussel où, au sein d’un site protégé, un quartier des bronziers a pu être localisé avec une production spécifique et différente par artisan[17][réf. incomplète].

Développement économique[modifier | modifier le code]

Ambre, un des moyens d’échange contre des minerais.

L’innovation de l’industrie du bronze est son développement hors zone de gisements métallifères. L’approvisionnement, la production et la distribution élargissent leur horizon. Les centres d’extraction sont parfois très éloignés des centres de production, eux-mêmes éloignés des centres d’échange. Cela implique la création d’un mouvement commercial qui semble avoir eu un développement important. Si aujourd’hui la typologie mais aussi les analyses chimiques permettent de tracer des voies d’échanges économiques, - comme les routes de l’ambre décrite quelques dizaines de siècles plus tard, par Pline l’Ancien à qui l’on doit le nom de cette route - les conditions de commercialisation comme les mécanismes de distribution (colportage, marchés, diffusion, grand commerce, etc.) ou les moyens d’échanges (ambre, fourrures, poterie, nourritureetc.) restent encore largement ignorés[16].

Naissance d'une insécurité[modifier | modifier le code]

La mise en place progressive d’échanges économiques dans lesquelles la valeur d’usage, base du troc, est accompagnée de notions nouvelles de valeur d’échange. La compétence nécessaire à la production, la relative rareté des produits semi-finis (haches-lingots) et finis vont donc générer des profits. Les scientifiques mettent ces notions en parallèle avec les témoignages archéologiques (retranchements, fortifications, armesetc.) d’une insécurité grandissante à partir du IIIe millénaire av. J.‑C. Les gisements de minerais et les dépôts de métaux entraînent la convoitise, nécessitant une protection comme celle des voies commerciales[18] ; « c’est alors que la guerre fait une apparition non déguisée parmi les communautés paysannes d’Occident »[19][réf. incomplète] (voir le massacre de Roaix).

Organisation sociale[modifier | modifier le code]

Une source de profits, des produits non périssables et la possibilité nouvelle d’accumuler des richesses alliés à une spécialisation du travail entraînent une nouvelle organisation sociale qui débouchera sur l’économie palatiale. Cette organisation est lisible dans les habitudes funéraires. Les sépultures et le mobilier funéraire témoignent d’une hiérarchisation sociale liée à une confiscation des richesses aux profits de potentats. Dans la Nécropole de Varna, datant du milieu du Ve millénaire av. J.‑C., les chercheurs ont trouvé dans un endroit spécifique de la nécropole des sépultures contenant un riche mobilier d’or dont une hache de pierre au manche de bois décorée d’or et considérée comme un sceptre par les spécialistes. Ces sépultures sont interprétées comme celles d’une petite élite riche et puissante[20]. Un peu partout, l’âge du bronze voit apparaître les tombes individuelles, jusqu’aux tombes mégalithiques, distinguant les puissants, et non plus les tombes collectives du Néolithique final[18].

L'âge du bronze dans le monde[modifier | modifier le code]

Afrique[modifier | modifier le code]

Égypte

L’usage du bronze est connu en Égypte dès la IVe dynastie (2700 - 2500 av. J.-C.), et restera courant jusqu’à la généralisation du fer, apparu sous la XVIIIe dynastie et couramment répandu à partir de la XXVIe dynastie[21].

L’épave d’Uluburun, découverte au large de la Turquie, témoigne des échanges entre l’Égypte et d’autres contrées méditerranéennes à l’âge du bronze récent (XIVe-XIIIe siècle).

Soudan

L'usage du bronze est attesté en Nubie avec le Royaume de Koush (-2500 av. J.-C.)

Asie[modifier | modifier le code]

Asie du Sud-Est

En Asie du Sud-Est, la culture Dong Son, nommée ainsi d’après le village éponyme dans le nord du Viêt Nam, remonte au IIIe siècle av. J.-C..

Chine et Asie centrale-Sibérie méridionale

En Chine, la métallurgie du bronze est introduite progressivement dans l'Ouest et le Nord de la Chine, dans des cultures néolithiques, qui ont en complément des pratiques de chasseurs-cueilleurs, en particulier la culture de Qijia (2200-1600), au Gansu peut-être par le corridor du Hexi, et dans celles de Zhukaigou (2000-1400) et du Xiajiadian inférieur (2000-1400), par des contacts permanents avec des pasteurs nomades d'Asie centrale ou de Sibérie du sud, avec en particulier la famille des cultures d'Afanaseivo (3300/3200-2600/2400) et d'Andronovo (2100-1500) [22] et le « Phénomène Seima-Turbino » (1700-800) : ce sont des technologies de fonte à deux moules ou de forge, voire à cire perdue. L'expansion de la fonte du bronze à multiples moules se développe ensuite à Erlitou (1900/1800-1500) et à la période d'Erligang (1600/1500-1400/1300) puis avec la dynastie Shang (1570-1045). La culture Sanxingdui, dans le Sichuan lui est contemporaine (de 2800 à 800 av. J.-C.), mais développe d’autres techniques métallurgiques. Cette dernière culture n’est documentée que par l’archéologie, les écrits chinois ne semblant jamais la mentionner. Le bronze est progressivement utilisé avec le fer, qui celui-ci ne vient qu'en complément, à partir de la Dynastie Zhou.

Corée

L’âge du bronze en Corée est caractérisé par l’abondance des dolmens : plus de 30 000 ont été recensés dans les deux Corées.

Inde et Pakistan

La Civilisation de la vallée de l’Indus connaît son apogée à l’âge du bronze. La cité de Mohenjo-daro en est le site archéologique le plus célèbre.

Iran

La Civilisation proto-élamite, puis élamite, de même que la Civilisation de Jiroft, employaient le bronze comme métal. Pour cette dernière, on peut citer les sites de Tepe Yahya et de Konar Sandal.

Mésopotamie

L’âge du bronze correspond, en Mésopotamie, à plusieurs périodes historiques : la civilisation sumérienne (la métallurgie du bronze y est pratiquée vers 2500 avant l'ère commune), l’Empire d'Akkad (de la fin du XXIVe siècle au début du XXIIe siècle) : une célèbre représentation de la tête d'un roi de Ninive, dans l'Empire d'Akkad, en alliage cuivreux et réalisée à la cire perdue date de 2250 avant l'ère commune. Cet Âge du bronze correspond donc à la Période des dynasties archaïques, ainsi qu'aux périodes paléo-babylonienne et paléo-assyrienne.

Proche-Orient

La cité d’Ougarit est le lieu où a été découvert le plus ancien système d’écriture alphabétique. Le site Minet el-Beida, en Syrie, était l’avant-port d’Ougarit.

Des hommes préhistoriques ayant vécu dans les premières zones minières de l’actuelle Jordanie ont été victimes de saturnisme et d’une forte augmentation des taux osseux de cuivre. Des contaminations humaines et animales sont connues dès l’âge du bronze dans cette région[23].

Europe[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Âge du bronze en Europe.
Espagne et Portugal

La Culture des Castros se développe dans la péninsule Ibérique durant l’âge du bronze final (IXe siècle av. J.-C.) et se poursuit à l’âge du fer jusque la conquête romaine. La culture d’El Argar fait également partie de l’âge du bronze espagnol.

Europe centrale

L’âge du bronze débute en Europe centrale avec la culture d’Unétice, vers 2300 av. J.-C. – 1600 av. J.-C. Cette culture doit son nom à la ville d’Únětice, située au nord-ouest de Prague en région de Bohême (République tchèque). Elle s’étend sur tout le territoire de l’actuelle République tchèque, le centre et le sud de l’Allemagne, et l’ouest de la Pologne. Exploitant les gisements d’étain des monts Métallifères, la culture d’Unétice a largement exporté ses productions dans les régions voisines, où elles ont parfois été imitées[24].

Généralement bâtis sur des collines, les villages de la culture d’Unétice sont entourés de palissades en bois. Les maisons, longues de 5 à 10 m, sont en bois et torchis, avec un plancher de bois ou un sol de terre battue. Parfois, les murs sont décorés d’un motif géométrique. Dans les plus grands ensembles, comme à Barca Slovaquie, de véritables rues larges de 2,50 m séparent les maisons, qui ont parfois plusieurs pièces[24].

Du point de vue économique, la culture d’Unétice est caractérisée par la pratique de l’élevage du mouton, du porc et du bœuf, ainsi que par la chasse du cerf et du sanglier. Le cheval est domestiqué, comme en témoignent de nombreux mors de bride. Pour l’agriculture, on travaille la terre à l’araire de bois, parfois avec un soc de pierre polie[24].

Finlande

Le site funéraire de l’âge du bronze de Sammallahdenmäki, constitué de 33 cairns funéraires en granite, édifiés entre -1500 et -500, est le premier site archéologique finlandais à être intégré à la liste du patrimoine mondial de l’Unesco.

France
La forteresse de Cucuruzzu.

En Corse : La forteresse de Cucuruzzu et les statues-menhir de Filitosa illustrent les spécificités de l’âge du bronze dans l’île. Dans le sud de la France, l’âge du bronze commence vers -2300 ans lorsque les communautés paysannes intègrent un mouvement d’unification européenne, et dure jusque vers -800, alors que des bouleversements sociaux venus de l’Est amènent la montée en puissance d’une aristocratie guerrière.

Découverte de la pirogue de Chalain (âge du bronze final, 1000 av. J.-C.

La production d’outils et d’autres objets en bronze permet aux archéologues d’individualiser les groupes humains d’alors, à côté du reste de la culture matérielle (essentiellement constituée par les céramiques). La production en bronze permet également d’établir des chronologies et des délimitations de populations, à défaut d’autres indices.

La vallée des Merveilles est une vallée du massif du Mercantour dans les Alpes où ont été découvertes plus de 40 000 gravures, datées pour la plupart de l’âge du bronze.

Grèce et Crète

La civilisation des Cyclades (de -3200 à -2000 av. J.-C.), présente dans les Cyclades, mais aussi en Grèce continentale, fait partie de l’âge du bronze. En Crète, se développe la Civilisation minoenne (de -2700 à -1200 av. J.-C.). Enfin, la civilisation mycénienne correspond à la fin de l’âge du bronze en Grèce et en Crète.

Grande-Bretagne

Le célèbre sanctuaire de Stonehenge existait bien avant l’âge du bronze dans les îles britanniques, mais il a été transformé et étendu durant cette période (voir Stonehenge III). Le site de Flag Fen est également considéré comme un sanctuaire probable. Le Cercle de Brodgar est un cercle mégalithique situé dans les Orcades.

Irlande

Voir l’article Histoire de l’Irlande primitive

Italie

Les cultures de Villanova et de Terramare font partie de l’âge du bronze italien. L’art rupestre du Valcamonica relève essentiellement de cette période.

Scandinavie

L’âge du bronze danois commence en -1800 et se termine en -500. Le Char solaire de Trundholm, daté du premier âge du bronze (vers -1400), en est l’une des productions célèbres. En Norvège, l’étude des gravures rupestres joue un rôle important dans la connaissance de l’âge du bronze. En Suède, les gravures rupestres de Tanum sont inscrites sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1994.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. qui se déroulent à l'âge du bronze de la Grèce antique, selon Robert Flacelière et plusieurs mentions dans les poèmes homériques
  2. Nathalie Richard, Inventer la préhistoire. Les Débuts de l'archéologie en France, Vuibert, 2008
  3. Les pierres de foudre, référence de l'ouvrage d'Antoine de Jussieu
  4. Hamy, M.E.T. (1906). Matériaux pour servir à l'histoire de l'archéologie préhistorique. Revue archéologique. 4e Série N°7 (mars–avril): p. 239–259.
  5. Expression de l'ethnologue Georges-Henri Luquet.
  6. B. G. Trigger (1990) p. 75.
  7. C. K. Maisels (1999) p. 11.
  8. Svend Hansen (2001) p. 10-23.
  9. A. Bondy (2001) p. 8.
  10. J. Déchelette (1910) tome 2.
  11. J.-.J. Hatt (1958) « Nouveau projet de chronologie pour l’âge de bronze en France » dans Bulletin de la Société préhistorique française, p. 304-306, 1958, vol. 55, no 5-6.
  12. M. Mourre (1998) p. 138.
  13. M. Mourre (1998) p. 137-138.
  14. a, b et c C. Louboutin (1988) p. 2.
  15. C. Louboutin (1988) p. 1.
  16. a, b et c C. Louboutin (1988) p. 6.
  17. J.-P. Mohen et G. Bailloud (1987).
  18. a et b C. Louboutin (1988) p. 7.
  19. J. Guilaine (1980).
  20. Musée de Varna consulté le 2 juin 2008.
  21. Jean Vercouter, L’Égypte et la vallée du Nil, t. I, Des origines à la fin de l’ancien empire, Nouvelle Clio, Presses universitaires de France, 1992.
  22. Dates précédentes tirées de The Archaeologia of China (2012), p. 299 et la date suivante de The Urals and Wertern Siberian in the Bronze and Iron Ages (2007/2014), p. 108.
  23. F.B. Pyatt, A.J. Pyatt, C. Walker, T. Sheen, and J.P. Grattanc, « The heavy metal content of skeletons from an ancient metalliferous polluted area in southern Jordan with particular reference to bioaccumulation and human health », Ecotoxicology and Environmental Safety, 60 (2005) 295–300.
  24. a, b et c Jacques Briard, L’âge du Bronze en Europe. Économie et société, 2000-800 avant J.-C., Paris, Errance, 1997, chap. II - « Unétice, tumulus et Danube », p. 23-50.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (fr) Alain Blondy (1994), Malte, Arthaud, Paris.
  • (fr) Alain Blondy (2001), « Les temples de Malte et l’émergence de la notion de Préhistoire en France (1770-1840) », dans Malte du Néolithique à la conquête normande, Dossier d’archéologie, no 267, octobre 2001.
  • (fr) Jacques Briard (1985), L'âge du bronze en Europe : économie et société, 2000-800 avant J.-C., Errance, Paris (1re éd. : L'âge du bronze en Europe barbare : des mégalithes aux Celtes, Éd. des Hespérides, Toulouse, 1976)
  • (fr) Jacques Briard, M. Le Goffic (1988), Avant les Celtes, l’Europe à l’âge du bronze, 2500-800 avant J.C., catalogue d’exposition, Daoulas, p. 66–73.
  • (fr) Laurent Carozza, Cyril Marcigny (2007), L’âge du bronze en France, La Découverte, Paris.
  • (fr) Collectif (1985), Le grand atlas de l’archéologie, Encyclopaedia Universalis, Paris.
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  • (fr) Claude Mordant, Michel Pernot, Valentin Rychner (1998), L’atelier du bronzier en Europe du XXe au VIIIe siècle avant notre ère, Actes du colloque Bronze 96, Neuchâtel et Dijon, C.T.H.S. et C.R.T.G.R. Université de Bourgogne, Paris.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]