Jean-François Le Gonidec

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Jean-François-Marie-Maurice-Agathe Le Gonidec de Kerdaniel (1775 - 1838) est un grammairien breton, linguiste de la langue bretonne, premier unificateur de l'orthographe de la langue bretonne. Il fut aussi un celtomane.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jean-François est né au Conquet (Finistère) le 4 septembre 1775 d'une vieille famille bretonne. Il est le cousin germain de Joseph-Julien Le Gonidec de Kerdaniel.

Il perd sa mère à l'âge de trois ans et est alors recueilli par sa marraine, Mme de Kersauzon-Goasmelquin, au château de Kerjean-Mol. Il fait ses études au collège de Tréguier de 1787 à 1791 et aurait ensuite participé à la Chouannerie. À partir de 1804, il entre dans la Marine de guerre et devient commis dans son administration des forêts, laquelle avait le droit de prélever du bois pour la construction de ses navires. Il est affecté dans plusieurs villes : Paris, Hambourg, Nancy et Moulins, puis à Angoulême où il reste pendant de nombreuses années.

Il occupe ses loisirs à la rénovation de l'orthographe du breton et à l'élaboration de sa grammaire. Dès 1807, il publie une grammaire celto-bretonne qui cherche à en dégager le système syntaxique et qui est le second ouvrage important du genre après le Sacré Collège de Jésus publié en 1657 par le père Julien Maunoir.

Il avait été membre de l'éphémère Académie celtique créée en 1803 à Paris et qui fut le point d'orgue de la mode de la celtomanie, pourtant une véritable hérésie scientifique. En 1821, il publie à Angoulême un Dictionnaire celto-breton qui sera enrichi et réédité en 1850 par La Villemarqué.

Son grand souci était de traduire la Bible en breton, car il connaissait l'effet positif que la traduction galloise avait eu sur le maintien du gallois. Cherchant l'accord de l'Église catholique romaine, il publie en 1821 un Katekiz historik (Catéchisme historique) qui est approuvé. Mais, sa traduction du Nouveau Testament (Testamant nevez) ne put être publiée en 1827 qu'aux frais d'une organisation protestante anglaise, ce qui lui vaut une interdiction officielle (mise à l'index) par l'Église.

En 1833, il s'établit à Paris et entre dans la Compagnie des Assurances générales fondée par un compatriote breton. En 1837, il fait paraître un Dictionnaire français-breton et meurt l'année suivante à Paris (le 12 octobre 1838). Il ne peut donc voir la réédition le 2 décembre suivant de sa Grammaire celto-bretonne.

Sa tombe est visible au cimetière de Lochrist, près du Conquet[1]. Elle a été érigée par les Gallois et les Bretons, en témoignage de reconnaissance. Elle est surmontée d'un monument portant des inscriptions, en gallois et en français.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Jean-François le Gonidec a joué un rôle important dans l'histoire de sa langue maternelle, car il a été l'initiateur d'une réforme de son orthographe, il en a écrit une grammaire et traduit pour la première fois le Nouveau Testament. Certains de ses épigones l'ont surnommé « Reizher ar brezhoneg » (le correcteur de la langue bretonne).

L'influence de l'œuvre linguistique de Le Gonidec a été immense, car ses réformes orthographiques ont été adoptées immédiatement par Théodore Hersart de la Villemarqué (1815-1895), devenu, grâce au Barzaz Breiz et jusqu'à la querelle du même nom, l'autorité incontestée pour le breton. Quelques prêtres seulement les suivirent au début, mais le nouveau système sera adopté après 1840 grâce au soutien de l'évêque de Quimper, Monseigneur Joseph-Marie Graveran (1793-1855).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Grammaire celto-bretonne, 1807, 1839 [lire en ligne].
  • Dictionnaire celto-breton,
    • Edition de 1821, [lire en ligne], Trémeau, Angoulême.
    • Edition de 1847 - 1850, augmentée par La Villemarqué: français-breton et Essai sur l'histoire de la langue bretonne [lire en ligne] ; breton-français et grammaire bretonne [lire en ligne], Prudhomme, Saint Brieuc.
  • Vocabulaire, édition de 1860 revue par A. E. Troude : Vocabulaire français-breton [lire en ligne] ; Vocabulaire breton-français [lire en ligne], Prudhomme, Saint-Brieuc.
  • Katekiz historik 1821.
  • Nouveau Testament 1827, [lire en ligne], Trémeau, Angoulême.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Image du tombeau, Photothèque bretonne.
  • Louis-Marie Dujardin. La vie et les œuvres de Jean-François-Marie-Maurice-Agathe Le Gonidec, grammairien et lexicographe breton, 1775-1838. Préf. P. Le Roux. Brest, Impr. Comm. & adm., 1949.