Benoît Hamon

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Benoît Hamon
Benoît Hamon en mai 2012.
Benoît Hamon en mai 2012.
Fonctions
Ministre de l’Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche
En fonction depuis le 2 avril 2014
(&&&&&&&&&&&&01183 mois et 27 jours)
Président François Hollande
Gouvernement Manuel Valls
Prédécesseur Vincent Peillon (Éducation nationale)
Geneviève Fioraso (Enseignement supérieur et Recherche)
Ministre délégué à l'Économie sociale et solidaire et à la Consommation[1]
16 mai 201231 mars 2014
(&&&&&&&&&&&&06841 an, 10 mois et 15 jours)
Président François Hollande
Gouvernement Jean-Marc Ayrault I et II
Successeur Valérie Fourneyron
Député de la 11e circonscription des Yvelines
20 juin 201221 juillet 2012
(&&&&&&&&&&&&&0311 mois et 1 jour)
Élection 17 juin 2012
Législature XIVe
Prédécesseur Jean-Michel Fourgous
Successeur Jean-Philippe Mallé
Porte-parole du Parti socialiste
6 décembre 200816 mai 2012
(&&&&&&&&&&&012573 ans, 5 mois et 10 jours)
Prédécesseur Julien Dray
Successeur David Assouline
Député européen
représentant de la circonscription Est
20 juillet 200413 juillet 2009
(&&&&&&&&&&&018194 ans, 11 mois et 23 jours)
Élection 13 juin 2004
Président du Mouvement des jeunes socialistes
décembre 1993décembre 1995
Prédécesseur Poste crée
Successeur Régis Juanico
Biographie
Date de naissance 26 juin 1967 (47 ans)
Lieu de naissance Saint-Renan (France)
Nationalité Française
Parti politique Parti socialiste
Diplômé de Université de Bretagne occidentale

Benoît Hamon, né le 26 juin 1967 à Saint-Renan (Finistère), est un homme politique français. Ancien député européen, il est porte-parole du Parti socialiste de 2008 à 2012 et conseiller régional d'Île-de-France depuis 2010.

Le 16 mai 2012, il est nommé au poste de ministre délégué à l'Économie sociale et solidaire auprès de Pierre Moscovici, ministre de l'Économie et des Finances dans le gouvernement Jean-Marc Ayrault I, il devient ministre délégué à l'Économie sociale et solidaire et à la Consommation dans le gouvernement Ayrault II. En juin 2012, il est élu député de la onzième circonscription des Yvelines. Le 2 avril 2014, il est nommé ministre de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche au sein du gouvernement Valls[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Benoît Hamon est né d'une mère secrétaire et d'un père ingénieur, ayant travaillé toute sa carrière aux Arsenaux[3] de la Direction des constructions navales (DCN) de Brest[4].

Il vit ses premières années rue Véronèse à Brest, puis de 1976 à 1980, il emménage avec ses parents à Dakar au Sénégal, où il suit sa scolarité du CE2 à la 5e au collège de Hann, un établissement catholique des Pères maristes[5]. Il revient en Bretagne après le divorce de ses parents.

Benoît Hamon s'engage en politique à dix-neuf ans lors des manifestations estudiantines contre le projet de loi du ministre de l'enseignement d'Alain Devaquet (hiver 1986-1987). Il milite alors à la section de Brest du Parti socialiste et au sein du courant rocardien. Membre des clubs Forum (jeunes rocardiens, présidés par Manuel Valls), il y anime le réseau à l'intérieur du Mouvement des jeunes socialistes.

Après avoir obtenu une licence d'histoire à l'université de Brest[4], il débute sa carrière à vingt-quatre ans en 1991 comme assistant parlementaire du député PS (rocardien) de la Gironde Pierre Brana. Il devient le premier président du Mouvement des jeunes socialistes refondé en 1993, lorsque la direction nationale (présidée par Michel Rocard) accorde son autonomie à l'organisation de jeunesse. Il reste à ce poste jusqu'en 1995 quand il transmet le mandat à un fidèle, Régis Juanico.

Benoît Hamon en 2000.

Il devient conseiller pour la Jeunesse auprès de Lionel Jospin, Premier secrétaire du Parti socialiste de 1995 à 1997. Il se présente aux élections législatives de 1997 dans la deuxième circonscription du Morbihan (Auray). Au second tour, il est battu par le député sortant, le centriste Aimé Kergueris, qui obtient 54,35 % des voix[6]. Il entre ensuite au cabinet de Martine Aubry, ministre de l'Emploi et de la Solidarité, comme conseiller technique chargé de l'emploi des jeunes (1997-1998), puis comme conseiller chargé des affaires politiques (1998-2000). Il a été directeur du planning stratégique de l'institut de sondage Ipsos de 2001 à 2004.

Il est conseiller municipal de Brétigny-sur-Orge (Essonne) de 2001 à 2008 et député européen de juin 2004, à juin 2009, représentant de la circonscription Est[7].

Benoît Hamon entre au bureau national du Parti socialiste. Il cofonde, en 1993, Nouvelle Gauche. Il est aussi cofondateur (avec Arnaud Montebourg et Vincent Peillon) du courant Nouveau Parti socialiste (NPS), dont il devient l'un des porte-parole ; mais ce trio explose lors de la synthèse du congrès du Mans, puis lors de la primaire pour l'élection présidentielle de 2007 (Montebourg et Peillon soutiennent Ségolène Royal, Hamon soutient Laurent Fabius).

Déjà partisan du « non » au référendum français sur le traité établissant une Constitution pour l'Europe du 29 mai 2005 sur le traité de Rome de 2004, il se prononce en faveur de la synthèse lors du congrès du Mans le 20 novembre. Il est nommé Secrétaire national du Parti socialiste, chargé du projet européen le 28 novembre 2005.

Le 6 novembre 2007, il démissionne de ce poste après la décision de Bureau national du Parti socialiste de soutenir le traité modificatif européen lors de la procédure d'adoption parlementaire[8]. Il considère que cette décision est en contradiction avec la synthèse du congrès du Mans et la campagne présidentielle de Ségolène Royal qui demandait un nouveau référendum.

En tant que député européen, il est membre de la commission des affaires économiques et monétaires, membre suppléant de la commission du marché intérieur et de la protection des consommateurs, vice-président de la délégation pour les relations avec les États-Unis, et membre suppléant de la délégation pour les relations avec Israël. Il retient l'attention par deux rapports parlementaires majeurs : la révision stratégique du Fonds monétaire international et la révision de la directive sur la fiscalité de l'épargne.

En mai et juin 2007, il est porte-parole du Parti socialiste pour les élections législatives de 2007. En juillet, il fonde avec Noël Mamère le cercle de réflexion La Forge.

Député européen de la circonscription Est durant la législature 2004-2009, il se représente en troisième position sur la liste du PS en Île-de-France aux élections européennes du 7 juin 2009 et perd son mandat.

Il travaille pour Le Fil, société d’études d’opinion cofondée en 2002[9] avec Philippe Hubert et Samuel Jequier[10].

Benoît Hamon est, depuis octobre 2008, membre du conseil d'administration de l'université Paris-VIII, en tant que « personnalité extérieure »[11]. Depuis septembre 2009, il donne dans cet établissement, en qualité de professeur associé, un enseignement concernant les organisations internationales et les processus décisionnels dans l'UE.

Congrès de Reims[modifier | modifier le code]

Dans le cadre du congrès de Reims du Parti socialiste, il dépose avec Henri Emmanuelli, le 2 juillet 2008, une contribution intitulée Reconquêtes[12], au nom du Nouveau Parti socialiste (NPS).

Benoît Hamon en compagnie de Martine Aubry et Harlem Désir lors d’une manifestation, le 29 janvier 2009, à Paris.

Dans l'optique du dépôt des motions, les courants Ambition socialiste (autour de Marie-Noëlle Lienemann et Paul Quilès), Démocratie et Socialisme (autour de Gérard Filoche) ainsi que Jacques Fleury (auteur de la contribution « Et si le parti restait socialiste ! ») acceptent de fusionner leurs contributions avec celle du NPS. Après plusieurs contacts avec Martine Aubry, ils décident de ne pas poursuivre le rapprochement à cause de son alliance avec les strauss-kahniens[13]. Après discussions, Trait d'union (autour de Jean-Luc Mélenchon), Forces militantes (autour de Marc Dolez) et le NPS font motion commune le matin même de la date de dépôt de la motion. Avec le ralliement de Nouvelle Gauche (autour de Pierre Larrouturou) la veille, toute l'aile gauche du PS s'est ainsi réunie sur la motion C intitulée « Un Monde d'Avance : reconstruire l’espoir à gauche », dont le premier signataire est Benoît Hamon. Jean-Luc Mélenchon a qualifié cette union d'« événement historique »[14].

Benoît Hamon annonce dans la foulée sa candidature au poste de Premier secrétaire du Parti socialiste, poussé par ses proches[15]. Le 7 novembre, lors du vote des militants sur les motions, celle qu'il conduit arrive en quatrième position avec 18,52 % des suffrages exprimés, derrière la motion E soutenue par Ségolène Royal (29,08 %), la motion A conduite par Bertrand Delanoë (25,24 %) et la motion D conduite par Martine Aubry (24,32 %)[16].

Satisfait du score de sa motion[17] et alors que les signataires issus des courants Trait d'union et Forces militantes décident en majorité de quitter le PS pour fonder le Parti de gauche[18], Benoît Hamon précise qu'il ne signera aucune synthèse ne refusant pas explicitement l'alliance du PS avec le centre, et maintient sa candidature au poste de Premier secrétaire[19]. Benoît Hamon obtient 22,6 % des voix lors du premier tour du vote pour le poste de premier secrétaire le 20 novembre (3e position, derrière Martine Aubry et Ségolène Royal), et demande aux militants ayant voté pour lui de voter « massivement » pour Aubry au second tour[20].

À l'issue du congrès de Reims, la motion Un Monde d'Avance est transformée en courant structuré dans les fédérations (départements) du Parti socialiste. Ce courant réunit des militants issus de la Gauche socialiste, du Nouveau Monde et du NPS avec Henri Emmanuelli et Pascal Cherki, qui en est le secrétaire général.

Porte-parole du Parti socialiste[modifier | modifier le code]

Le 6 décembre 2008, il est nommé par la nouvelle première secrétaire du Parti socialiste Martine Aubry, porte-parole du parti, en remplacement de Julien Dray[21]. Une de ses premières déclarations proposant de rétablir une « forme d'autorisation administrative de licenciement » fait débat dans le monde politique et syndical[22].

Il est élu conseiller régional d'Île-de-France lors des élections régionales de 2010.

Ministre du gouvernement Ayrault[modifier | modifier le code]

Le 16 mai 2012, il est nommé ministre délégué chargé de l'économie sociale et solidaire auprès de Pierre Moscovici, ministre de l'Économie, des Finances et du Commerce extérieur, dans le gouvernement de Jean-Marc Ayrault. Il est remplacé par David Assouline, Guillaume Bachelay et Charlotte Brun au poste de porte-parole du Parti socialiste[23], puis à partir de juillet 2012, par le seul David Assouline.

Benoît Hamon est candidat dans la onzième circonscription des Yvelines lors des élections législatives de 2012. Il obtient 45,3 % des suffrages exprimés au premier tour, devant le député sortant (UMP), Jean-Michel Fourgous (34,26 %). Au second tour, il l'emporte avec 55,38 % des voix (Fourgous : 44,62 %)[24].

À l'été 2013, il défend et fait passer un projet de loi sur la consommation qui vise à mettre en place des outils économique pour « rééquilibrer les pouvoirs entre consommateurs et professionnels ». La mesure phare du texte est la mise en place dans le droit national d'une action de groupe au civil pour les consommateurs mais contient aussi des articles sur le renforcement de la DGCCRF, la lutte contre le surendettement ainsi qu'une tracabilité renforcée des produits agricoles et agroalimentaires[25],[26],[27].

Ministre du gouvernement Valls[modifier | modifier le code]

Le 2 avril 2014, il est nommé ministre de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, dans le gouvernement de Manuel Valls.

Le 28 juin 2014, il annonce que le gouvernement Valls renonce à l'application généralisée de l'ABCD de l'égalité.

Prises de position politiques[modifier | modifier le code]

Benoît Hamon milite pour une forte intervention de l'État dans l'économie, ainsi que pour des réglementations permettant d'encadrer l'économie. Il propose notamment la nationalisation d'établissements bancaires afin de créer un pôle financier public, et, au niveau européen, plaide pour des restrictions au libre-échange[28]. Benoît Hamon s'est prononcé en faveur d'une gauche qui agit à chaque fois que cela est nécessaire aux côtés des syndicats dans le mouvement social pour la sauvegarde des services publics notamment ou plus récemment pour la défense de la retraite à 60 ans sans augmentation de la durée de cotisation, ce qui n'est pas en phase avec la direction actuelle du Parti socialiste.

Le 22 novembre 2010, la fondation Terra Nova (proche du PS et de nombreux membres du parti socialiste) publie le texte Mères porteuses : extension du domaine de l'aliénation. Benoît Hamon fait partie du groupe de réflexion à l'origine de ce texte, qui dénonce la proposition d'encadrement législatif de la gestation pour autrui[29].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Portefeuille de la Consommation rajouté à partir du 21 juin 2012
  2. Royal, Montebourg, Hamon... l'équation risquée de Manuel Valls, Le Monde, 2 avril 2014.
  3. Benoît Hamon, Sous les pavés, la grève, Paris Match, 12 août 2009, consulté sur www.parismatch.com le 3 janvier 2013.
  4. a et b Michel Revol, « Le frondeur du PS », Le Point, 9 août 2007, consulté sur www.lepoint.fr le 19 avril 2011.
  5. Sur les traces de Benoît Hamon, l'Africain, leparisien.fr, 8 février 2011.
  6. « Résultats des élections législatives de 1997 », sur Assemblée nationale (consulté le 26 octobre 2012)
  7. Listes du PS aux élections européennes de 2004.
  8. « PS : Benoît Hamon démissionne de son poste de secrétaire national », Agence France-Presse, 6 novembre 2007.
  9. Sylvie Santini, « Benoît Hamon, Sous les pavés, la grève », Paris Match, 6 août 2009.
  10. « Qui sommes-nous ? », www.lefil.fr.
  11. « Benoît Hamon à Paris VIII », 10 octobre 2008.
  12. « Reconquêtes », reconquetes.eu.
  13. France Info, chronique « L'invité de la mi-journée », 24 septembre 2008.
  14. Dépêche AFP, 23 septembre 2008].
  15. « Archives. Parti socialiste », Le Télégramme.com, 21 septembre 2008.
  16. Résultats par fédérations.
  17. « Motions PS : Delanoë et Hamon réagissent », Le Figaro,‎ 7 novembre 2008.
  18. « Jean-Luc Mélenchon quitte le PS », Le Monde,‎ 7 novembre 2008.
  19. « Benoît Hamon : Ségolène Royal doit clarifier sa position vis-à-vis du MoDem », Le Nouvel Observateur,‎ 7 novembre 2008.
  20. « Ultime match serré entre Royal et Aubry pour la direction du PS », Agence France-Presse, 20 novembre 2008.
  21. « Benoît Hamon Porte-parole », Le Monde,‎ 8 décembre 2008 (consulté le 16 décembre 2008).
  22. « Licenciements : haro sur Hamon », Libération, 10 décembre 2008.
  23. « David Assouline, Guillaume Bachelay et Charlotte Brun, les nouveaux porte-parole du PS », Parti socialiste,‎ 22 mai 2012
  24. « Résultats des élections législatives 2012 : YVELINES (78) - 11e circonscription », ministère de l'Intérieur
  25. « Le Sénat adopte le projet de loi sur la consommation », Le Parisien,‎ 14 septembre 2013
  26. « Projet de loi relatif à la consommation », sur Sénat
  27. « Projet de loi Consommation : pour rééquilibrer les pouvoirs », sur Ministère de l'Économie et des Finances
  28. Unmondedavance.eu.
  29. René Frydman et Olivier Lyon-Caen, Mères porteuses : extension du domaine de l'aliénation, Fondation Terra Nova, 22 novembre 2010

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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