Culture de Villanova

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Aire de diffusion de la culture villanovienne vers - 900.

Culture de Villanova ou villanovienne est le terme consacré par les archéologues pour l'espace sur lequel va se former la future Étrurie qui est déjà nettement dessiné au début du Ier millénaire av. J.‑C.. Ces archéologues l'ont nommé du nom d'un site archéologique majeur, Villanova di Castenaso, situé dans la région de Bologne. Cette culture néolithique correspond ensuite à une entité ethnique unique qui connaît le travail des métaux, notamment celui du fer.

Principales caractéristiques[modifier | modifier le code]

La caractéristique majeure de la culture de Villanova est le recours à l'incinération des défunts, dont les cendres sont ensuite placées dans des urnes biconiques : la similitude de cette pratique funéraire avec celle de la culture dite des « Champs d'Urnes », dans la plaine danubienne, a conduit certains historiens à émettre l'hypothèse d'une origine nordique des Villanoviens.

Enfin, les Villanoviens connaissent et emploient le minerai de fer : ce dernier provient surtout de l'île d'Elbe. Les Grecs, qui s'y fournissent probablement aussi, la nomment alors Αἰθαλία / Aithalia ; ils donnent cependant le même nom à l'île de Lemnos.

Les Villanoviens vivent dans des villages de huttes ovales, parfois quadrangulaires, utilisent des armes de fer et produisent en bronze des casques, des armures et des objets domestiques de qualité. L’art reprend des motifs géométriques et la figure humaine, rare, y est extrêmement stylisée. Les vases, d’abord fabriqués à la main, puis au tour, ont des formes originales qui se développent sous l’influence de la Grèce mycénienne. Ils apparaissent comme des sédentaires, agriculteurs, éleveurs et guerriers (lances, épées, boucliers et poignards des tombes riches). Les femmes ne semblent pas exclues de positions sociales élevées ou de la richesse.

Origines[modifier | modifier le code]

Urne cinéraire
Urne de la tombe à ziro

Les ancêtres des Villanoviens ont dû commencer à émigrer des régions situées sur le pourtour de la mer Noire[réf. nécessaire], par vagues successives, aux alentours des trois derniers siècles du IIe millénaire av. J.‑C. ; aussi, ils ont pu être considérés comme des prédécesseurs des Celtes ou proto-Celtes, au même titre que les autres populations protohistoriques établies à l'âge du bronze au nord de la Méditerranée (Provence, péninsule ibérique et péninsule italienne).

On sait cependant que ces populations n'étaient pas les premières à s'établir dans ces régions : de nombreux complexes préhistoriques en témoignent, parmi lesquels il faut citer la « civilisation mégalithique » de Sardaigne (l'île est habitée dès le VIIe millénaire av. J.‑C. par une population non indo-européenne, qui, après l'installation de nouveaux arrivants — les Shardanes, appartenant aux Peuples de la mer — y construit les ouvrages cyclopéens de pierre qu'on nomme nuraghes en sarde), mais également la population des « Terramare » en Italie du nord et du centre.

La péninsule italienne durant l'âge du bronze[modifier | modifier le code]

Durant l'âge du bronze, la péninsule italienne est caractérisée par une nette homogénéité culturelle qui se traduit par un même type de céramique et un même type de rituels funéraires, dans lesquels l'incinération des défunts prédomine.

Cependant, deux types de sépultures coexistent dans le sud, particulièrement dans la région de Caere (Cerveteri) et de Vulci, où l'on trouve également des tumulus qui ont été bien étudiés par ailleurs.

Ces différences sont sans doute liées aux contacts privilégiés qu'entretient alors le sud de la péninsule avec la Sardaigne. Dès cette époque, il existe également des contacts et des échanges commerciaux avec les Mycéniens, et plus généralement dans toute l'aire chyprio-mycénienne, qui comprend le sud de la péninsule italienne et la Sardaigne.

Début de l'âge du fer[modifier | modifier le code]

Au début de l'âge du fer, la diffusion de la culture villanovienne est attestée dans l'ensemble de la péninsule. Elle offre toutefois une densité particulière sur un territoire un peu plus large que l'actuelle Toscane.

La densité et la capillarité de la présence humaine sont remarquables dans cette dernière région. Les sites, en effet, y sont en moyenne distants de 5 à 15 km les uns des autres. L'exploitation rationnelle et systématique des terres donne l'impression de se trouver en présence d'un vaste processus de colonisation, commencé au cours du IXe siècle av. J.-C. et mené à terme en l'espace de deux à trois générations.

À l'issue de cette évolution, le paysage rural se trouve constitué par de nombreux villages d'importance comparable : ceux-ci abritent de petites communautés agraires et sont les plus sûrs indices de l'existence d'une société relativement égalitaire.

Article détaillé : Italie préromaine.

Débuts de la civilisation étrusque[modifier | modifier le code]

Reconstitution d'un four à céramique étrusque

Sur la toile de fond décrite ci-dessus émergent ensuite des aristocraties : ce phénomène est lié à une différenciation socio-économique qui aboutit à la constitution de nouveaux groupes sociaux.

La « famille nucléaire » se substitue à la communauté agraire de la période précédente, ce qui correspond à l'instauration du pouvoir d'un pater familias. On assiste alors à la transmission de l'heredium : la transmission du patrimoine s'effectue au sein de la même famille et le patrimoine lui-même devient héréditaire.

L'instauration de cette règle constitue un changement majeur à la période protohistorique. Ce changement détermine à son tour la mise en œuvre d'un système social nouveau qui se substitue à la société villanovienne archaïque.

Un tel système est bien connu : il a en effet été décrit par les auteurs romains :

  • rex / roi ;
  • populus /peuple ;
  • curiæ / associations d'hommes où l'infanterie est recrutée ;
  • tribus / tribu où se recrutent les membres de la cavalerie ;
  • patres / conseils des anciens ;
  • clientes / citoyens attachés au service des patroni (personnes éminentes) ;
  • familiæ / famille nucléaire ;
  • gentes / groupes liés par la consanguinité et autre type de dépendance.

C'est vers la même époque, au cours du IXe siècle, et sans doute dès les deux ou trois siècles précédents qu'arrivent par mer et par petits groupes les Tyrrhéniens dans l'espace villanovien.

Ces nouveaux venus, peu nombreux, s'intègrent dans les sociétés qu'ils trouvent à leur arrivée, apparemment sans heurts majeurs puisqu'aucune trace d'invasion, c'est-à-dire d'incendie ou de destruction de site, ne semble alors déstabiliser le processus villanovien de colonisation en cours.

L'arrivée des Tyrrhéniens coïncide avec le début de ce que les archéologues nomment « période orientalisante » de la civilisation « étrusque ». Elle n'est sans doute pas non plus étrangère à l'émergence d'une aristocratie à laquelle appartient exclusivement, dans un premier temps, la connaissance de l'écriture, qui fait alors son apparition en Étrurie.

Il faut aussi considérer un autre phénomène important, survenu vers la même époque : il s'agit de la présence des Phéniciens en Méditerranée occidentale. Ces derniers s'établissent dans le sud-ouest de la Sardaigne, à Nora, dès le IXe siècle. Par la suite, les Étrusques entretiennent d'étroites relations commerciales avec eux.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • L'origine degli Etruschi, Massimo Pallottino, Roma 1946
  • Etruscologia, Massimo Pallottino, Milano 1968
  • Storia degli Etruschi, Mario Torelli, éditions Laterza, 1981.
  • AA.VV., Le « bucchero nero » étrusque et sa diffusion en Gaule méridionale, Bruxelles 1979
  • I commerci di Vetulonia in età orientalizzante, G.Camporeale, Firenze 1969
  • Il n'existe pas d'analyse complète du type d'échanges dans l'aire villanovienne. Les meilleures et plus récentes contributions en la matière sont les notes sur les importations gréco-géométriques en Étrurie. (D. Ridgway, in "St.Etr.", XXXV, 1968, et sur les objets villanoviens retrouvés en orient).
  • La civiltà etrusca, Werner Keller, Garzanti, 1971, 1981.

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