La Martyre

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La Martyre
l'enclos paroissial de La Martyre.
l'enclos paroissial de La Martyre.
Blason de La Martyre
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bretagne
Département Finistère
Arrondissement Brest
Canton Ploudiry
Intercommunalité Communauté de communes du Pays de Landerneau-Daoulas
Maire
Mandat
Pierre Quelennec
2001-2014
Code postal 29800
Code commune 29144
Démographie
Gentilé Martyriens
Population
municipale
764 hab. (2011)
Densité 42 hab./km2
Population
aire urbaine
44 395 hab.
Géographie
Coordonnées 48° 27′ N 4° 10′ O / 48.45, -4.17 ()48° 27′ Nord 4° 10′ Ouest / 48.45, -4.17 ()  
Altitude Min. 49 m – Max. 191 m
Superficie 18,01 km2
Localisation

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Liens
Site web Site de la commune

La Martyre [lamaʁtiʁ] est une commune du département du Finistère, dans la région Bretagne, en France.

Ses habitants sont les Martyriens et les Martyriennes.

Géographie[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

Étymologie et origines[modifier | modifier le code]

La paroisse est une ancienne trève de la paroisse de Ploudiry. L'église tréviale était à l'origine sous l'invocation de Notre-Dame (ecclesiae Beatae Mariae du Merzer en 1363, Notre-Dame du Merzer en 1428[1].

Le village doit peut-être ses noms breton et français à un événement qui y est survenu le  : l'assassinat du roi Salomon de Bretagne qui avait trouvé refuge dans l'église (« Salomon se réfugia dans l'église d'un monastère où il fut pris et traité avec une sauvagerie inouïe. On lui arracha les yeux avec tant de violence qu'il en mourut dans la nuit »[2]). C'est en effet l'église qui fut appelée "La Martyre" (Ar Merzher) en souvenir de cet événement pour avoir été profanée (Salaün étant le nom breton pour "Salomon")[3] . Elle donna ce nom à tout le village. Quant au roi, il fut canonisé en 910 pour son martyre et pour ses vertus (Saint Salomon figure au Martyrologe de l'Église catholique sur le site du Vatican[4]). Toutefois ce récit reste contesté, une autre tradition place à Plélauff (Côtes-d'Armor) le lieu de l'assassinat[5].

Une commune au nom identique (Le Merzer) existe dans les Côtes-d'Armor où l'église paroissiale Notre-Dame-des-Sept-Douleurs est aussi dédiée à saint Salomon.

D'autres explications existent pour l'origine du nom de la paroisse  : selon un témoignage des fabriciens de la paroisse datant de 1683, le nom rappellerait le souvenir de massacres commis par les Vikings lors des invasions normandes et dont le souvenir aurait été perpétué par un oratoire consacré à la Vierge et dénommé Ar Merzer[6].

Du XVIe siècle au XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

La Martyre fut un centre important de l'activité toilière du Pays de Léon. Guillaume Abgrall, paysan-marchand de toile du village de Roholloc en La Martyre, un julod, né en 1702 et décédé en 1733 laisse un héritage d'une valeur de 7657 livres selon son inventaire après décès dont 1 130 livres de « toiles » et 3 500 livres de fil blanc ou écru. Trente-cinq kanndi ont été recensés à ce jour à La Martyre, c'est la commune qui en comptabilise le plus après Ploudiry où quarante sont dénombrés[7].

Article détaillé : Julod.

La Révolution française[modifier | modifier le code]

Les deux députés représentant la paroisse de La Martyre lors de la rédaction du cahier de doléances de la sénéchaussée de Lesneven le étaient Goulven Le Velly et Christophe Le Moing[8].

Le XXe siècle[modifier | modifier le code]

La Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Le , un avion anglais tombe dans un champ de la commune de La Martyre ; le pilote, blessé, est capturé par les Allemands[9].

Monuments[modifier | modifier le code]

La commune abrite trois monument historique :

  • L’enclos paroissial, un des plus beaux du Léon, dont la construction s'est étalée entre le XIe siècle et le XVIIe siècle. Il a été classé par arrêté du 28 février 1916[10].
    • Cet enclos s'ouvre par une porte triomphale gothique flamboyant du XVIe siècle, surmonté d'un chemin de ronde, avec un passage donnant accès à la maison du guet (XIVe siècle).
    • L'église Saint-Salomon a été restaurée après trente ans de travaux qui ont pris fin en 2010 avec le remplacement des trois vitraux de l'abside et la pose du maître-autel.« La charpente, la toiture, le porche déformé par le temps a reçu une injection de béton qui l'a stabilisé, la porte triomphale et le calvaire situé en son sommet, le retable, les vitraux et le mobilier religieux », énumère Pierre Quélennec, le maire[11]. À l'intérieur de l'église, on découvre un chancel, des vitraux du XVIe à côté de vitraux contemporains, un baptistère...
    • Le porche sud, en pierre de kersanton, présente plusieurs scènes de la vie du Christ et est dédié à la Vierge sur son tympan et ses voussures, présentant notamment une Nativité à la Vierge couchée, autrefois allaitante, mais mutilée par un prêtre pudibond, qui était peint de couleur vive. Les apôtres sont présents comme piliers de l'église accueillant le fidèle et ouvrant la route vers Notre-Dame-de-Bonne-Encontre[12].
    • L'ossuaire de 1619 rappelle sa fonction par la présence d'un homme qui brandit un crâne et un os et la citation : « La mort, le jugement, l'enfer glacé, quand l'homme y songe, il doit trembler : fol est, si par mégarde son esprit ne voit qu'il faut mourir. » À son angle se trouve une cariatide à demi nue.
  • Deux maisons de guet datant du XIVe siècle, situées de part et d'autre de l'enclos paroissial. Elles ont été inscrites par arrêtés du 26 janvier 1925 et du 12 mars 1987[13].
  • L’enceinte de terre de Kerlavarec, datant du milieu du Moyen Âge, a été inscrite par arrêté du 27 juillet 1995[14].
  • Le monument aux morts de 14/18
    Monument aux morts de 14-18

Démographie[modifier | modifier le code]

           Évolution de la population  [modifier]
1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851 1856
924 1 007 909 997 1 099 1 062 1 070 1 043 1 064
1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901
1 020 996 930 961 988 960 937 952 868
1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962
832 763 791 756 729 712 670 593 518
1968 1975 1982 1990 1999 2006 2008 2011 -
509 527 575 580 596 730 769 764 -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[15] puis Insee à partir de 2004[16])
Histogramme de l'évolution démographique

Événements[modifier | modifier le code]

Au Moyen Âge, une prestigieuse foire internationale se tenait à La Martyre. Principal bien échangé : la toile. Les XVe et XVIe siècles virent la plus grande activité. La légende veut que le père de Shakespeare en personne soit venu à ces foires, qui n'ont plus lieu de nos jours.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Bernard Tanguy, Dictionnaire des noms de communes, paroisses et trèves du Finistère, Douarnenez, 1990
  2. Alban Butler, Jean François Godescar, "Vies des pères, martyrs et des autres principaux saints", Volume 4, Lyon, F.Guyot, 1844
  3. Dom. F. Plaine, "Saint Salomon, roi de Bretagne et martyr, 25 juin 874", éditeur Lafolye, Vannes, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5809932s.image.hl.r=Carhaix.f63.langFR
  4. http://nominis.cef.fr/contenus/saint/10021/Saint-Salomon.html
  5. M. de Mauny, Le pays de Léon. Bro Leon, Mayenne, 1993
  6. M. Duval, Foires et marchés de Bretagne de l’Antiquité à la fin de l’Ancien Régime, Paris, 2001
  7. Andrée Le Gall-Sanquer, Jean-Luc Richard, Marie-Louise Richard, "L'or bleu (An aour glaz) : le lin au pays de Landerneau-Daoulas", Association Dourdon, Cloître Imprimeurs, 2005, [ISBN 2-9505493-1-4]
  8. J. Madival et E. Laurent, "Archives parlementaires de 1787 à 1860 : recueil complet des débats législatifs et politiques des Chambres françaises", imprimé par ordre du Corps législatif. 1re série, 1787-1799, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k480097g/f496.image.r=Locquenole.langFR
  9. Éric Rondel, La Bretagne bombardée, 1940-1944, éditions Ouest et Cie, 2011, [ISBN 9-782364-28007-6]
  10. « Notice no PA00090108 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  11. [1] Le Télégramme, 3 mars 2010
  12. http://www.lamartyre.fr/patrimoineet.php
  13. « Notice no PA00090109 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  14. « Notice no PA00135267 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  15. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  16. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2008, 2011

Liens externes[modifier | modifier le code]

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