La Martyre

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La Martyre
l'enclos paroissial de La Martyre.
l'enclos paroissial de La Martyre.
Blason de La Martyre
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bretagne
Département Finistère
Arrondissement Brest
Canton Ploudiry
Intercommunalité Communauté de communes du Pays de Landerneau-Daoulas
Maire
Mandat
Chantal Soudon
2014-2020
Code postal 29800
Code commune 29144
Démographie
Gentilé Martyriens
Population
municipale
764 hab. (2011)
Densité 42 hab./km2
Population
aire urbaine
44 395 hab.
Géographie
Coordonnées 48° 27′ N 4° 10′ O / 48.45, -4.1748° 27′ Nord 4° 10′ Ouest / 48.45, -4.17  
Altitude Min. 49 m – Max. 191 m
Superficie 18,01 km2
Localisation

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Liens
Site web Site de la commune

La Martyre [lamaʁtiʁ] est une commune du département du Finistère, dans la région Bretagne, en France.

Ses habitants sont les Martyriens et les Martyriennes.

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

La Martyre est située dans l'extrême sud du plateau du Léon, à la limite de la Cornouaille, entre Landerneau et les Monts d'Arrée. Le bourg est décentré dans le nord-est du finage communal et placé à son endroit le plus élevé, à 191 mètres d'altitude. Les altitudes sont également assez élevées dans l'extrême sud-ouest du finage, là où se trouve le centre de loisirs de Lann-Rohou et le golf de Brest-Iroise, atteignant 179 mètres d'altitude. Le reste du territoire communal forme un plan incliné vers le nord-ouest, où l'altitude descend jusqu'à 62 mètres dans la vallée du ruisseau du Morbic, petit affluent de la rive droite de l'Élorn, qui conflue avec ce dernier à La Roche-Maurice. La ligne de partage des eaux entre les bassins de l'Élorn et de la Mignonne traversant la partie sud du finage communal, l'altitude s'abaisse progressivement aussi dans l'extrême sud jusquà 50 mètres, à la confluence de la rivière du Cann (le long de laquelle se trouvaient plusieurs moulins : le moulin de Poulbroc'h, le moulin du Cann, le moulin du Launay, ce dernier en Tréflévénez), avec la rivière de la Boissière.

Communes limitrophes de La Martyre
Pencran La Roche-Maurice Ploudiry
Dirinon La Martyre Ploudiry
Saint-Urbain Tréflévénez Le Tréhou

Henri Pérennès a décrit ainsi la Martyre en 1932 : « Le territoire de La Martyre, d’une superficie de 1702 hectares, fait partie d’un plateau qui, partant du pied des montagnes d'Arrée, s’étend jusqu’à l’extrémité de la presqu'île de Plougastel. Sur cette étendue, on voit beaucoup de terres incultes, ne rapportant qu’ajoncs et bruyères. La paroisse compte un village de moins que la commune, celui du Krann, dépendant de l'église de La Roche. Elle est limitée au Nord par La Roche, à l'Ouest par Pencran, au Sud par Tréflévénez et Le Tréhou ; à l'Est par Ploudiry. Sur cette dernière limite se trouve le bourg, distant d’un kilomètre seulement du bourg voisin. Assis à l’extrémité d’un promontoire, au-dessus de la vallée de l'Élorn, à 187 mètres d’altitude, son clocher et le bouquet d’arbres qui l’entourent s’aperçoivent d’assez loin. Les plus grands villages de la paroisse sont : La Haie, Trégouchen, Kervern, Kerglouaran, Kerlavarec, Koat-Sessou, Poulbroc'h, Kann, Kergoffou, Spernot, Lilyvon, Boudougenvès »[1].

Transports[modifier | modifier le code]

Si La Martyre fut par le passé un carrefour de voies romaines, puis de routes médiévales (ce qui explique probablement le succès de sa foire), le bourg est désormais à l'écart des grandes voies de communication, desservi par la seule route départementale 35. Toutefois la route départementale 764, anciennement Route nationale 164, dont l'ancien tracé allait d'Ancenis à Landerneau, et actuelle route entre Landerneau et Carhaix, traverse le sud-ouest du territoire communal.

Par contre le poste électrique de La Martyre, situé à l'ouest du finage communal, reçoit l'électricité par deux lignes, l'une de 400 000 volts, l'autre de 225 000 volts, depuis la centrale thermique de Cordemais et les centrales nucléaires de la vallée de la Loire, pour la redistribuer dans la moitié nord du Finistère. Une liaison souterraine de 225 000 volts est prévue pour relier la future centrale à cycle combiné gaz de Landivisiau au poste électrique de La Martyre, si ce projet aboutit.

Histoire[modifier | modifier le code]

Étymologie et origines[modifier | modifier le code]

La paroisse est une ancienne trève de la paroisse de Ploudiry. L'église tréviale était à l'origine sous l'invocation de Notre-Dame (ecclesiae Beatae Mariae du Merzer en 1363, Notre-Dame du Merzer en 1428[2].

Le village doit peut-être ses noms breton et français à un événement qui y est survenu le 25 juin 874 : l'assassinat du roi Salomon de Bretagne qui avait trouvé refuge dans l'église (« Salomon se réfugia dans l'église d'un monastère où il fut pris et traité avec une sauvagerie inouïe. On lui arracha les yeux avec tant de violence qu'il en mourut dans la nuit »[3]). C'est en effet l'église qui fut appelée "La Martyre" (Ar Merzher) en souvenir de cet événement pour avoir été profanée (Salaün étant le nom breton pour "Salomon")[4] . Elle donna ce nom à tout le village. Quant au roi, il fut canonisé en 910 pour son martyre et pour ses vertus (Saint Salomon figure au Martyrologe de l'Église catholique sur le site du Vatican[5]). Toutefois ce récit reste contesté, une autre tradition place à Plélauff (Côtes-d'Armor) le lieu de l'assassinat[6].

Une commune au nom identique (Le Merzer) existe dans les Côtes-d'Armor où l'église paroissiale Notre-Dame-des-Sept-Douleurs est aussi dédiée à saint Salomon.

D'autres explications existent pour l'origine du nom de la paroisse : selon un témoignage des fabriciens de la paroisse datant de 1683, le nom rappellerait le souvenir de massacres commis par les Vikings lors des invasions normandes et dont le souvenir aurait été perpétué par un oratoire consacré à la Vierge et dénommé Ar Merzer[7].

« Déclarent les fabriques que l'église de Notre-Dame a été bâtie des plus anciens temps, c'est-à-dire de celui des incursions et des ravages que les anciens Danois et Normands ont exercé dans les VIe siècle, VIIe siècle et VIIIe siècle, en plusieurs endroits de cette province. Ils firent un grand massacre des habitants du pays dans la lande où fut, peu après, construite ladite chapelle sous l'invocation de la Sainte Vierge, mais appelée du nom de La Martire, Marzer en breton, parce que ce fut dans le même endroit où arriva le carnage ou martyre des chrétiens qui s'étaient mis en armes pour se défendre[8] »

Préhistoire[modifier | modifier le code]

Deux enceintes fortifiées datant probablement de l'Âge du fer ont été identifiées, l'une à Lilyvon (disparue), l'autre, circulaire, à Iscoat, à l'ouest du finage communal.

Antiquité[modifier | modifier le code]

Un camp romain a existé juste au nord du bourg actuel de La Martyre. Selon Jourdan de La Passardière la voie romaine allant de Kastel-Paol (Saint-Pol-de-Léon) à Ys passait par La Martyre[9]. Deux postes fortifiés protégeant cette voie ont été retrouvés, l'un à Lilyvon, l'autre à Kerlavarec, qui aurait par la suite servi de résidence au roi Salomon[10]. Cette voie croisait à La Martyre une autre voie romaine allant de Vorgium à Vorganium, en passant par Commana et La Roche-Maurice, connue à La Martyre actuellement sous l'appellation de "chemin romain" (actuelle route départementale 35).

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

En 1363, Hervé VIII de Léon, seigneur de Léon, résidant en son château de La Roche-Maurice, meurt sans enfants (sa sœur Jeanne, épouse de Jean Ier de Rohan hérite de la seigneurie) et lègue par testament 50 livres de rentes à l'église de La Martyre à la condition que l'on célébrât deux messes par semaine pour lui et ses prédécesseurs.

La foire de La Martyre existait bien avant 1476. Cette année-là, le 4 août 1476, Jehan, duc de Rohan « se démunit en faveur de l'église N.D. de La Martyre des droits d'applacements [emplacements] et étaux [étals] qu'il levait de tout tems sur les marchands qui venaient débiter vins et breuvages et étalaient marchandises aux foires et assemblées qui se tenaient au bourg ». Cette exemption de taxes sur les boissons servies lors de la foire fut réduite à dix barriques de vin en 1671 ; en 1707, ce droit fut affermé moyennant 108 livres pour 20 barriques, « avec obligation de fournir le meilleur vin qu'il aura pour la célébration des messes journellement et de fournir tous les dimanches pour deux sols de pain blanc pour être béni »[11].

Le château de Lilyvon [L'Isle-Yvon] était un fief seigneurial issu du démembrement de la Principauté de Léon, habité au XVe siècle par un seigneur de Kerhoënt, époux de Béatrix de la Palue, descendante de Morvan, vicomte de Léon, qui lui avait apporté en dot ce domaine. Au XVIIe siècle, ce château passe successivement aux mains des familles de Cornouaille, de Gouzillon et enfin de Parscau du Plessis jusqu'à la Révolution française. Ce château fut ensuite démoli.

La seigneurie de Poulbroc'h, qui relevait aussi de la Principauté de Léon, possédait en fief plusieurs hameaux de la Martyre. Elle appartint successivement aux familles de Gestin, Keroudault, de Penteunteniou, Saisi de Kerampuil, Le Forestier de Quillien et de Coattarel. D'autres manoirs existaient comme ceux d'Irziri, de Kerfeunteun et de Kerlavarec[12],[13].

Le prieuré d'Irziri et la chapelle voisine dédiée à saint Evertin (peut-être saint Avertin ?), depuis longtemps disparue, appartenait au recteur de Ploudiry, qui en était prieur commendataire.

Du XVIe siècle au XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

Guy Éder de la Fontenelle aurait incendié le bourg de La Martyre en 1592, après avoir mis à sac Landerneau et pillé le château de Mézarnou en Plounéventer.

La Martyre fut un centre important de l'activité toilière du Pays de Léon. Guillaume Abgrall, paysan-marchand de toile du village de Roholloc en La Martyre, un julod, né en 1702 et décédé en 1733 laisse un héritage d'une valeur de 7657 livres selon son inventaire après décès dont 1 130 livres de « toiles » et 3 500 livres de fil blanc ou écru. Trente-cinq kanndi ont été recensés à ce jour à La Martyre, c'est la commune qui en comptabilise le plus après Ploudiry où quarante sont dénombrés[14].

Article détaillé : Julod.

Mais La Martyre doit surtout sa prospérité à ses foires : la "Foire franche", dénommée ainsi car aucune taxe n'y était prélevée, se tenait le 22 juillet, jour de la Sainte Madeleine ; son origine, lointaine, est inconnue. En 1560, Charles IX accorde deux nouvelles foires à La Martyre, la première le jour de la Saint Marc, la seconde le lendemain de la fête du Saint Sacrement, mais aucune de ces deux foires n'atteindra la renommée de la "Foire franche". Ces foires sont confirmées par Henri IV en 1607. Au XVIIe siècle, elle est la foire la plus importante du Léon ; des marchands viennent y acheter des chevaux, y vendre des étoffes, de la joaillerie, etc.. depuis la Normandie, la Touraine, etc.. ; un témoin affirme qu'on y vend plus de chevaux « qu'aux quatre coins de Carhaix et de Pontivy ». En 1618, Jean Bellec, maître-orfèvre à Morlaix, affirme même qu'on y rencontre de nombreux marchands d'Angleterre, d'Irlande, de Flandre et d'ailleurs, « qu'on y trafique de toutes sortes de marchandises, spécialement de soieries, draps, merceries, chevaux et bestiaux de touts sortes »[15].

L'église de La Martyre tira un grand profit de ces foires, grâce aux nombreuses offrandes faîtes par les participants (le montant des offrandes reçues par l'église se montait en moyenne annuelle à 947 livres entre 1641 et 1643, dont 614 reçues pendant la foire et à 1428 livres entre 1675 et 1677)[16], mais les paroissiens en profitaient par les boutiques, galeries et caves louées aux marchands. Les profits étaient tels que la foire était fortement convoitée : par exemple vers 1610 et à nouveau en 1665 Landerneau tenta, en vain, de s'approprier la foire de La Martyre. Le conseil de fabrique s'y opposa vigoureusement, faisant même appel au roi Louis XIV par une requête datant du 5 août 1667, arguant que le déplacement des foires aurait entraîné selon eux « la ruine d'une des plus belles églises de la province, qui perdra plus de 2 000 livres de rentes. C'est l'abolition de l'une des plus anciennes foires et des plus fréquentées du royaume », que dans l'église « il s'y fit quantité de miracles qui appelèrent une si grande affluence de peuples (...) » et que les ducs de Rohan eux-mêmes avaient jadis légitimé la foire et ses privilèges. Ils ajoutaient que « le lieu de La Martyre est tout à fait commode pour tenir la foire, qu'il y a des galeries très commodes pour les marchands et les marchandises (...), d'autant qu'il y a plusieurs hôtelleries dans le bourg capables de recevoir tous les marchands forains qui viennent y débiter »[17].

La sécurité de la foire était traditionnellement assurée par une garde commandée par le marquis de Brézal. Un procès dit "du guet de la foire" opposa les membres du corps politique de la Martyre, qui tentèrent d'assurer eux-mêmes la sécurité de la foire, au marquis de Brézal entre 1718 et 1723, ce dernier obtint par un arrêt du 14 janvier 1723 le maintien de ses droits[18].

La construction en 1713 d'une nouvelle chaire à prêcher fut l'occasion d'une dispute entre le curé, J. Pouliquen, « qui la trouvait trop ordinaire et voulait une autre plus artistique », et ses paroissiens. En 1738 encore le curé refusait d'utiliser la dite chaire et obtint de l'Évêque de Léon, Jean Louis de La Bourdonnaye, qu'une nouvelle chaire à prêcher soit construite en 1740. Une autre dispute entre le même curé et les marguilliers de la paroisse éclata à propos des reliques[19] que le curé gardait sous clefs dans une armoire, ce qui empêchait qu'elle soit exposées et vénérées lors des processions. Les marguilliers, dans une supplique adressée à l'évêque de Léon écrivent à propos de l'attitude du curé : « On craint que pour la foire de juillet, il ne fasse le même refus. Ainsi la fréquentation de l'église de La Martyre, où la dévotion attirait un grand nombre de peuples, se diminuera, les frais et les prières que les tréviens ont fait pour se procurer les dites reliques deviendraient inutiles... Vous plaise en conséquence, Monseigneur, que le jeudi de la foire et le second dimanche de mai, chaque année, les reliques soient portées autour du bourg par deux laïques pieux et vêtus selon l'usage pratiqué dans tout le diocèse »[20].

L'église de La Martyre était alors riche : « Les revenus en sont considérables et rapportent près de 2 000 livres en biens fonds, sans parler de près de 800 livres que l'on tire des boutiques et autres logements pendant la foire, et les offrandes qui y tombent pendant le cours de l'année » écrit le 26 mai 1736 Joseph du Parc Le Roy, procureur fiscal de la juridiction de la principauté de Léon, qui dénonce quelques abus commis alors par les marguilliers dans l'administration de ces biens, et ordonne que les comptes soient désormais faits en sa présence et celle du curé. Les marguilliers renâclèrent et ne se soumirent à cette décision qu'en 1738, exigeant toutefois le paiement d'une barrique de vin chaque année par la fabrique « pour suppléer aux frais de toutes les affaires qui se font tous les ans »[21]. Au XVIIIe siècle, la foire était toujours prospère, on y organisait même des loteries. En 1772, Besnard, un ingénieur des Ponts et Chaussées, écrit que « cette loterie est d'une grande richesse, tous les jours, il en sort des montres et des boîtes en or »[22]. Vers la fin du XVIIIe siècle, l'église de La Martyre louait 700 à 800 livres chaque année les droits d'étalage lors de la foire, qui durait alors une semaine, entre le 2ème et le 3ème dimanche de juillet[23].

Deux confréries avaient leur siège dans l'église de La Martyre : la confrérie des Trépassés, desservie par l'autel de Saint-Michel, et la confrérie du Saint Nom de Jésus[24].

Par ailleurs, les habitants de La Martyre obtinrent en 1742 de la Cour royale de Lesneven le maintien de leurs privilèges et exemptions accordés par les ducs de Rohan, en particulier celui de faire moudre librement leur blé, et de ne pas être obligés de le faire au moulin de Trompérénez, propriété de dame de Kerdaniel de Carné[25].

La population de La Martyre, qui devait être, au XVIIe siècle, de 2.500 habitants au moins, était de 1.500 à la Révolution, 1.000 en 1870 ; elle n'atteint pas 800 habitants désormais.

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La Révolution française[modifier | modifier le code]

Les deux députés représentant la paroisse de La Martyre lors de la rédaction du cahier de doléances de la sénéchaussée de Lesneven le 1er avril 1789 étaient Goulven Le Velly et Christophe Le Moing[26].

La trève de La Martyre fut supprimée le 11 septembre 1791 et son territoire partagé entre Ploudiry et Tréflévénez. L'église fut fermée et son mobilier en partie enlevé, y compris les orgues, au profit de l'église de Ploudiry, en dépit des protestations des paroissiens. Le reste du mobilier, devenu bien national, fut vendu. Le curé de La Martyre à cette époque, Ouroal, prêta serment de fidélité à la Constitution civile du clergé et devint curé constitutionnel de Plouvorn]. J. M Bézard, son vicaire, refusa de prêter serment, devenant prêtre réfractaire, se cacha à Plourin-Ploudalmézeau ; il revint faire des baptêmes en 1795, signant « curé de La Martyre »[27].

Dès 1801, La Martyre fut à nouveau pourvue d'un prêtre, mais n'en eut pas à nouveau entre 1809 et 1813, ainsi qu'entre 1819 et 1822. La partie non vendue du mobilier de l'église fut restituée par l'arrêté du 7 thermidor an XI et une autre partie fut rachetée par L'Estang du Rusquec, un noble habitant Tréflévénez, qui fut trésorier de la fabrique de La Martyre entre 1834 et 1852. L'église, qui était en mauvais état, fut restaurée en 1828-1829[28].

Le XIXe siècle[modifier | modifier le code]

La foire de La Martyre[modifier | modifier le code]

Au XIXe siècle, la foire de La Martyre était encore la plus importante de tout l'Ouest de la France et, à partir du 14 juillet 1843, jour de l'inauguration du premier hippodrome du département du Finistère, des courses célèbres de chevaux y furent organisées[29]. Un texte de 1852 évoque l'importance de la foire de La Martyre : « La plus belle foire du département, et l'une des plus belles de France, la foire de La Martyre, se tient le second lundi de juillet (...). Ce qui lui vaut la réputation méritée dont elle jouit, c'est la grande quantité et la qualité des chevaux de trait léger qu'on y rencontre. Elle présente des chevaux de toute espèce, conduits de tout le département, mais en général peu de chevaux de selle. (...) Autrefois, on y exposait 7 à 8 000 chevaux ; aujourd'hui, ce chiffre, singulièrement réduit, ne s'élève plus qu'à 4 ou 5 000, mais cette réduction ne saurait être attribuée à une décadence ; elle est due aux achats journaliers que les marchands étrangers font dans les différentes communes (...). »[30].

Pol Potier de Courcy écrit en 1843 dans le journal L'Océan que « le cachet propre et distinctif de cette foire (...), c'est d'avoir été le rendez-vous de toute la noblesse du pays, attirée là par ses plaisirs, ses affaires et parfois la politique ». Par exemple le marquis de Tinténiac, alors propriétaire du château de Brézal y venait en grand équipage : « Dès le matin, un fourgon, attelé de quatre magnifiques chevaux, transportait le service de bouche de Brézal à La Martyre. Des tables étaient dressées sous des tentes, dans un petit bois attenant au cimetière, et tous les gentilshommes, réunis par l'attrait de cette joyeuse fête, venaient y prendre place »[31].

Les courses de chevaux, par lesquelles la foire commençait, contribuèrent à la renommée de La Martyre pendant la seconde moitié du XIXe siècle et la première moitié du XXe siècle, puis elles périclitèrent, disparaissant en 1972[32]. Pol Potier de Courcy a écrit en 1843 : « Les femmes les plus distinguées du pays ajoutent par leur présence à l’agrément de cette réunion ; et le prix des dames, offert par les mains de l’une d’elles, au cavalier vainqueur de la lice, comme aussi l’harmonie d’une musique guerrière, rappellent la reine de la beauté couronnant, au bruit des fanfares, le paladin des anciens tournois, et font remonter la pensée au temps héroïque de la chevalerie »[33].

Delannoy, recteur de La Martyre, écrit le 10 juillet 1865 dans le journal L'Océan : « À la foire de La Martyre, on accourait en foule de toutes parts et de fort loin pour chercher et acheter ce qu'on trouvait à peine ailleurs : orfèvrerie, argenterie, vaisselle plate, vases sacrés, ornements et autres objets d'église, bijoux, tissus, draperies et dentelles. Le tout était étalé avec art pour la concupiscence des yeux, sous des auvents ou appentis à demeure longeant des maisons métamorphosées elles-mêmes en autant de riches magasins (...). Naguère encore en 1860, le bourg conservait un remarquable vestige de ces auvents ou appentis, où s'étalaient les marchands étalagistes ». À partir de 1860 environ, la foire déclina et, vers la fin du XIXe siècle, elle ne dura plus qu'une seule journée, limitée essentiellement à la vente des chevaux[34].

Un mariage de 700 convives[modifier | modifier le code]

La Martyre : femme allumant sa pipe (carte postale, début XXème siècle)

Le journal Ouest-Éclair écrit le 25 novembre 1899 :

« Ces jours derniers, le petit bourg de La Martyre présentait une animation extraordinaire. Deux conseillers municipaux mariaient leurs filles en même temps. Ces unions réunissaient sept cents invités qui ont festiné pendant trois jours. On n'avait jamais vu tant de mangeurs à La Martyre.[35] »

Le déclin démographique[modifier | modifier le code]

La Martyre connaît, pour le XIXe siècle, sa population maximale en 1846 (1 070 habitants). Un déclin démographique s'amorce ensuite, lent tout d'abord (la commune a encore 952 habitants en 1896), mais qui s'accentue ensuite, particulièrement entre 1896 et 1901, intervalle intercensitaire pendant lequel La Martyre perd 84 habitants en 5 ans, n'atteignant plus que 868 habitants en 1901. Le journal Ouest-Éclair écrit à ce sujet le 10 avril 1901 :

« Cette différence est attribuée à diverses causes : 1° à l'acheminement toujours croissant des jeunes gens vers la ville, où ils sont attirés par l'appât d'une vie considérée comme plus douce et plus facile qu'à la campagne, alors qu'elle est plus dispendieuse à tous points de vue et n'offre jamais que des regrets au bout d'un certain laps de temps ; 2° à l'épidémie de dysenterie qui a sévi vigoureusement dans la commune en 1899, et au départ spontané de quelques nombreuses familles de fonctionnaires appelés dans d'autres localités pour les besoins du service[36]. »

Ce déclin démographique principalement dû à l'exode rural s'est poursuivi pendant les deux premiers tiers du XXe siècle, la commune enregistrant sa plus faible population en 1968 avec seulement 509 habitants, avant d'enregistrer un regain démographique ces dernières décennies (764 habitants en 2011).

Le XXe siècle[modifier | modifier le code]

Monument aux morts de 14-18

La Première guerre mondiale[modifier | modifier le code]

36 soldats de La Martyre sont morts pour la France pendant la Première guerre mondiale[37].

L'Entre-deux-guerres[modifier | modifier le code]

Le programme des courses de chevaux du 3 août 1924 (Ouest-Éclair du 11 juillet 1924)

Des courses hippiques continuent à être organisées chaque année ; un train supplémentaire entre Brest et Landerneau fut même programmé certaines années, tant l'affluence était grande, ce fut le cas par exemple en 1904[38]; par contre, pour l'année 1924, le journal Ouest-Éclair du 5 août 1924 écrit : « Les courses de chevaux de La Martyre ont été favorisées par un très beau temps. L'affluence cependant ne fut pas considérable ». Le journal fournit ensuite le résultat des épreuves[39].

Le journal Ouest-Éclair du 13 juin 1929 écrit :

« Dimanche prochain 16 juin, auront lieu, sur le magnifique hippodrome de La Martyre, les grandes courses annuelles. Cette année particulièrement, elles promettent d'être intéressantes tant du point de vue du nombre que de la qualité des concurrents. Un service d'autos fonctionnera de Landerneau au champ de courses.[40] »

La Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Le 22 mai 1944, un avion anglais tombe dans un champ de la commune de La Martyre ; le pilote, blessé, est capturé par les Allemands[41].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Jumelages[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

           Évolution de la population  [modifier]
1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851 1856
924 1 007 909 997 1 099 1 062 1 070 1 043 1 064
1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901
1 020 996 930 961 988 960 937 952 868
1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962
832 763 791 756 729 712 670 593 518
1968 1975 1982 1990 1999 2006 2008 2011 -
509 527 575 580 596 730 769 764 -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[42] puis Insee à partir de 2004[43].)
Histogramme de l'évolution démographique

Monuments[modifier | modifier le code]

La commune abrite trois monuments historiques :

  • L’enclos paroissial, un des plus beaux du Léon, dont la construction s'est étalée entre le XIe siècle et le XVIIe siècle. Il a été classé par arrêté du 28 février 1916[44].
    • Cet enclos s'ouvre par une porte triomphale gothique flamboyant du XVIe siècle, surmonté d'un chemin de ronde, avec un passage donnant accès à la maison du guet (XIVe siècle).
    • L'église Saint-Salomon a été restaurée après trente ans de travaux qui ont pris fin en 2010 avec le remplacement des trois vitraux de l'abside et la pose du maître-autel.« La charpente, la toiture, le porche déformé par le temps a reçu une injection de béton qui l'a stabilisé, la porte triomphale et le calvaire situé en son sommet, le retable, les vitraux et le mobilier religieux », énumère Pierre Quélennec, le maire[45]. À l'intérieur de l'église, on découvre un chancel, des vitraux du XVIe à côté de vitraux contemporains, un baptistère...
    • Le porche sud, en pierre de kersanton, présente plusieurs scènes de la vie du Christ et est dédié à la Vierge sur son tympan et ses voussures, présentant notamment une Nativité à la Vierge couchée, autrefois allaitante, mais mutilée par un prêtre pudibond, qui était peint de couleur vive. Les apôtres sont présents comme piliers de l'église accueillant le fidèle et ouvrant la route vers Notre-Dame-de-Bonne-Encontre[46].
    • L'ossuaire de 1619 rappelle sa fonction par la présence d'un homme qui brandit un crâne et un os et la citation en breton : « La mort, le jugement, l'enfer glacé, quand l'homme y songe, il doit trembler : fol est, si par mégarde son esprit ne voit qu'il faut mourir. »[47]. À son angle se trouve une cariatide à demi nue.
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  • Deux maisons de guet datant du XIVe siècle, situées de part et d'autre de l'enclos paroissial. Elles ont été inscrites par arrêtés du 26 janvier 1925 et du 12 mars 1987[48].
  • L’enceinte de terre de Kerlavarec, datant du milieu du Moyen Âge, a été inscrite par arrêté du 27 juillet 1995[49].
  • Des croix et calvaires : le calvaire de Kerlavarec date de 1520, celui de Poulbroc'h du XVIe siècle. Des croix se trouvent à Lanviguer (date de 1565), Bas-Kervern (XVIe siècle), Croas-ar-C'huré (1614), sur le Champ de Foire (vers 1630), etc..[50]
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  • Le château de Poulbroc'h, construit à la fin du XIXe siècle sur le site de l'ancien manoir de Poulbroc'h, par Le Forestier de Quillien[51].
  • Le monument aux morts de 14/18

Événements[modifier | modifier le code]

Au Moyen Âge, une prestigieuse foire internationale se tenait à La Martyre. Principal bien échangé : la toile. Les XVe et XVIe siècles virent la plus grande activité. La légende veut que le père de Shakespeare en personne soit venu à ces foires, qui n'ont plus lieu de nos jours.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Henri Pérennès, Notice sur les paroisses du diocèse de Quimper et de Léon, 1932
  2. Bernard Tanguy, Dictionnaire des noms de communes, paroisses et trèves du Finistère, Douarnenez, 1990
  3. Alban Butler, Jean François Godescar, "Vies des pères, martyrs et des autres principaux saints", Volume 4, Lyon, F.Guyot, 1844
  4. Dom. F. Plaine, "Saint Salomon, roi de Bretagne et martyr, 25 juin 874", éditeur Lafolye, Vannes, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5809932s.image.hl.r=Carhaix.f63.langFR
  5. http://nominis.cef.fr/contenus/saint/10021/Saint-Salomon.html
  6. M. de Mauny, Le pays de Léon. Bro Leon, Mayenne, 1993
  7. M. Duval, Foires et marchés de Bretagne de l’Antiquité à la fin de l’Ancien Régime, Paris, 2001
  8. Paul Peyron, La Martyre et sa foire, "Bulletin de la Société archéologique du Finistère", 1891, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207615d/f204.image
  9. Jourdan de la Passardière, Note sur l'occupation militaire de l'Armorique par les Romains, "Bulletin de la Société archéologique du Finistère", 1905, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207673q/f186.image
  10. http://www.infobretagne.com/martyre.htm
  11. Henri Pérennès, Notice sur les paroisses du diocèse de Quimper et de Léon, 1932, consultable http://catholique-quimper.cef.fr/opac/doc_num.php?explnum_id=53
  12. Henri Pérennès, Notice sur les paroisses du diocèse de Quimper et de Léon, 1932
  13. Henri Pérennès, Notice sur les paroisses du diocèse de Quimper et de Léon, 1932, consultable http://catholique-quimper.cef.fr/opac/doc_num.php?explnum_id=54
  14. Andrée Le Gall-Sanquer, Jean-Luc Richard, Marie-Louise Richard, "L'or bleu (An aour glaz) : le lin au pays de Landerneau-Daoulas", Association Dourdon, Cloître Imprimeurs, 2005, [ISBN 2-9505493-1-4]
  15. Archives du Finistère, cité par http://www.infobretagne.com/martyre-foire.htm
  16. Denise Bonnefoy, La vie paroissiale dans le Léon au XVIIème siècle : Bodilis, Saint-Servais, La Martyre, à travers leurs comptes de fabrique, 2 tomes, Brest, 1971, cité par Jean Tanguy, Les révoltes paysannes de 1675 et la conjoncture en Basse-Bretagne au XVIIème siècle, Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest, 1975, volume 82, consultable http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/abpo_0399-0826_1975_num_82_4_2790?_Prescripts_Search_tabs1=standard&
  17. Archives du Finistère, cité par http://www.infobretagne.com/martyre-foire.htm
  18. Archives du Finistère, cité par http://www.infobretagne.com/martyre-foire.htm
  19. Reçues de Rome en décembre 1737
  20. Henri Pérennès, Notice sur les paroisses du diocèse de Quimper et de Léon, 1932, consultable http://catholique-quimper.cef.fr/opac/doc_num.php?explnum_id=53 et http://www.infobretagne.com/martyre-corps-politique.htm
  21. Henri Pérennès, Notice sur les paroisses du diocèse de Quimper et de Léon, 1932, consultable http://catholique-quimper.cef.fr/opac/doc_num.php?explnum_id=53 et http://www.infobretagne.com/martyre-corps-politique.htm
  22. D'après une notice d'information disponible dans l'église Saint-Salomon de La Martyre
  23. http://www.infobretagne.com/martyre-foire.htm
  24. http://www.infobretagne.com/martyre.htm
  25. Henri Pérennès, Notice sur les paroisses du diocèse de Quimper et de Léon, 1932, consultable http://catholique-quimper.cef.fr/opac/doc_num.php?explnum_id=53
  26. J. Madival et E. Laurent, "Archives parlementaires de 1787 à 1860 : recueil complet des débats législatifs et politiques des Chambres françaises", imprimé par ordre du Corps législatif. 1re série, 1787-1799, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k480097g/f496.image.r=Locquenole.langFR
  27. http://www.infobretagne.com/martyre-revolution.htm
  28. http://www.infobretagne.com/martyre-concordat.htm
  29. http://www.lamartyre.fr/
  30. Auguste Kerzéan, Statistique des chevaux de l'arrondissement de Brest, "Mémoires de la Société centrale de médecine vétérinaire", Société de médecine vétérinaire (France), 1852, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6485424q/f441.image.r=Guipavas.langFR
  31. Cité par http://www.infobretagne.com/martyre-foire.htm
  32. http://www.lamartyre.fr/
  33. http://www.infobretagne.com/martyre.htm
  34. http://www.infobretagne.com/martyre.htm
  35. Journal Ouest-Éclair n° 117 du 25 novembre 1899, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6387234/f3.image.r=Martyre.langFR
  36. Journal Ouest-Éclair n° 609 du 10 avril 1901, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k639214w/f2.image.r=Martyre.langFR
  37. http://www.memorial-genweb.org/~memorial2/html/fr/resultcommune.php?insee=29144&dpt=29&idsource=27639&table=bp04
  38. Jouranl Ouest-Éclair n° 1793 du 17 juillet 1904, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6404025/f4.image.r=Martyre.langFR
  39. Journal Ouest-Éclair n° 8329 du 5 août 1924, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6477233/f7.image.r=Martyre.langFR
  40. Journal Ouest-Éclair n° 10 090 du 13 juin 1929, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k657847v/f8.image.r=Martyre.langFR
  41. Éric Rondel, La Bretagne bombardée, 1940-1944, éditions Ouest et Cie, 2011, [ISBN 9-782364-28007-6]
  42. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  43. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2008, 2011
  44. « Notice no PA00090108 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  45. [1] Le Télégramme, 3 mars 2010
  46. http://www.lamartyre.fr/patrimoineet.php
  47. W. J. Jones, L'inscription bretonne de l'ossuaire de La Martyre, "Bulletin de la Société archéologique du Finistère", 1899, http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207649z/f565.image
  48. « Notice no PA00090109 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  49. « Notice no PA00135267 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  50. http://www.croix-finistere.com/commune/la_martyre/la_martyre.html
  51. http://patrimoine.region-bretagne.fr/sdx/sribzh/main.xsp?execute=show_document&id=MERIMEEIA29002913

Liens externes[modifier | modifier le code]

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