Cairn de Barnenez

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Cairn de Barnenez
Image illustrative de l'article Cairn de Barnenez
Façade principale : à gauche, le cairn secondaire ;
à droite, le cairn primaire, plus sombre
Présentation
Chronologie • entre 4938 et 4330 av. notre ère
(chambre G)
• entre 4580 et 3965 av. notre ère
(chambre A)
Type cairn
Période Néolithique
Faciès culturel mégalithisme
Fouille 1955-1968, Pierre-Roland Giot
Visite payante, 5,5 €
Caractéristiques
Dimensions 75 × 28 m
Matériaux pierres sèches
Décor oui
Mobilier peu
Géographie
Coordonnées 48° 40′ 03″ N 3° 51′ 31″ O / 48.6675, -3.8586148° 40′ 03″ Nord 3° 51′ 31″ Ouest / 48.6675, -3.85861  
Pays Drapeau de la France France
Région Bretagne
Département Finistère
Commune Plouezoc'h
  Géolocalisation sur la carte : Finistère
Finistere department location map.svg
Cairn de Barnenez

Le cairn de Barnenez (Karn Barnenez en breton) est un monument mégalithique du Néolithique, situé sur la commune de Plouezoc'h, en Bretagne, France. Il est constitué de deux cairns en pierre sèche, accolés, qui recouvrent onze dolmens à couloir. La construction du cairn primaire a lieu vers 4600 avant notre ère, soit quelque 2 000 ans avant la plus ancienne pyramide d'Égypte. La construction du cairn secondaire commence vers 4400, pour se terminer vers 4300.

Situation[modifier | modifier le code]

premier plan de pierres et de végétation, séparé par la mer de côtes en arrière-plan
Baie de Morlaix, vue du cairn.

Le monument est situé dans la commune de Plouezoc'h (Finistère), sur la presqu'île de Kernelehen. Ce socle rocheux, sur la rive droite de l'estuaire de la Rivière de Morlaix, constitue un promontoire dominant la baie de Morlaix. Il culmine à 45 m NGF[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Construction[modifier | modifier le code]

Les matériaux utilisés et des datations de dolmens par le carbone 14 permettent de distinguer deux grandes phases de construction.

  • La partie orientale (le « cairn primaire »), comportant 5 dolmens, est érigée aux alentours de 4600 avant notre ère[2]. La métadolérite locale utilisée pour le parement externe lui donne une teinte sombre[3].
  • À l'ouest, le « cairn secondaire », deux fois plus important en volume[4], comporte 6 dolmens : le plus ancien (dolmen F) est construit vers 4400, le plus récent (dolmen A) vers 4300[5]. Le parement est plus clair. Il est en effet constitué de granite rapporté de Stérec (aujourd'hui une île), à 1 km plus au nord[6],[7].

Ravages et sauvegarde[modifier | modifier le code]

En 1807, l'amas de pierres est cité dans le cadastre napoléonien, puis, en 1850, lors d'une réunion scientifique, par le maire de la commune de Plouezoc'h. Ces signalements ne suffisent pas à protéger le monument. En novembre 1954, un entrepreneur de travaux publics dévaste un premier cairn, long de 25 à 30 m, situé une centaine de mètres au nord-ouest du grand cairn[8]. Au printemps 1955, il commence à détruire le grand cairn, éventrant les chambres A, B, C et D. Il est stoppé par les autorités, alertées par Pierre-Roland Giot, directeur des antiquités historiques de Bretagne.

Celui-ci entame des fouilles qui vont s'échelonner jusqu'à 1968[9]. En urgence, à sa demande, le 18 janvier 1956, le cairn fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques[10]. De 1956 à 1968, il est consolidé et restauré[11]. André Malraux le qualifie de « Parthénon mégalithique[4] ».

Description de l'ensemble[modifier | modifier le code]

Structure[modifier | modifier le code]

Plan général de l'édifice.

Le cairn est de forme allongée, ce qui est peu courant en Armorique, et n'existe ni en Irlande ni en Grande-Bretagne ni dans la péninsule Ibérique[12]. Trapézoïdal, s'étirant en s'élargissant de l'est-nord-est à l'ouest-sud-ouest, il recouvre 11 dolmens à couloir ouvrant au sud-sud-est.

La structure de ces dolmens est variée. Si la plupart des chambres sont en pierre sèche (avec voûte en encorbellement), certaines ont une structure partiellement ou entièrement mégalithique. Les couloirs ont des murets de pierre sèche supportant des tables (dalles de couverture). Dans certains couloirs, de grandes dalles verticales sont plaquées contre ces murets.

Une fois terminé, le monument pouvait avoir une hauteur de 8 m[13]. Au début des fouilles, éboulé, il est long de 95 à 90 m, pour une largeur maximale de 30 à 35 m et une hauteur de l'ordre de 5 m[14]. Il a aujourd'hui une longueur de 75 m pour 28 m dans sa plus grande largeur[4], et une hauteur moyenne de 6 m. Ce qui permet d'estimer son volume global entre 6 500 et 7 000 m3, et son poids entre 12 000 et 14 000 tonnes.

Gravures[modifier | modifier le code]

Gravures du couloir J (la première) et de la chambre H.

Certains dolmens sont décorés par des symboles gravés d'outils, d'armes et d'animaux. On retrouve aussi sur les parois la répétition de la forme Q.

Mobilier[modifier | modifier le code]

Les objets découverts lors des fouilles sont peu nombreux, mais très divers. On trouve notamment des lames de hache polies, des pointes de flèche et des lames en silex. Des morceaux de poteries de deux types attestent d'une seconde utilisation du site (aux alentours du IIIe millénaire av. J.-C.). Cette hypothèse expliquerait aussi la découverte d'un petit poignard en cuivre et de pointes de flèche plus élaborées.

Description du cairn primaire[modifier | modifier le code]

Le massif n'est pas très élevé. Le parement interne est bien plus haut que le parement externe. Le dessus du cairn est arrondi.
Le cairn primaire, vu du nord-est. Au premier plan, le bas massif, surmonté d'un petit massif intermédiaire. On distingue les deux parements : interne (le plus haut) et externe (sur les massifs et sur la façade arrière).

Le cairn primaire est prolongé à l'est par un bas massif que surmonte un petit massif intermédiaire. Il est long de quelque 35 m, pour une largeur moyenne de 20 m.

Parements[modifier | modifier le code]

Il s'offre à la vue ceinturé de deux parements. Le parement externe a été trouvé dans un moins bon état de conservation que le parement interne. C'est pourquoi la restauration l'a fait moins haut qu'originellement[15].

Le cairn primaire a une orientation générale d'environ 70°, le cairn secondaire d'environ 57°. Mais il semble que des couloirs ont un jour été rallongés et que la façade principale du cairn primaire a été réaménagée. Elle s'aligne plus ou moins sur celle du cairn secondaire : le parement externe du cairn primaire est à 60 ou 62°, ce qui le rapproche de l'angle du cairn secondaire, et donne son unité à la façade principale de l'ensemble, avec une légère inflexion[16].

On a détecté, en arrière du parement interne, un fragment de troisième parement, reliant les entrées primitives des couloirs G et G′. Il n'a pas été dégagé. Le prolongement de ce parement n'a pu être trouvé[17].

Parvis[modifier | modifier le code]

vue de face de l'entrée, murée. À gauche, un large orthostate. À droite, 4 petits orthostates.
Entrée du dolmen H.

On n'a pas trouvé de traces d'utilisation rituelle sur la façade arrière du cairn primaire, pas plus qu'à l'extrémité est. Quant au parvis — lieu privilégié devant la façade principale de tous les monuments —, il n'a guère livré de restes mobiliers évoquant des cérémonies. Mais les structures extérieures encadrant l'entrée H sont remarquables[18]. À gauche, un grand orthostate en métadolérite, large d'un mètre, est plaqué contre le parement. À droite, s'élèvent quatre petits orthostates, hauts en moyenne de 80 cm, eux aussi plaqués contre le parement. Puis, entre la quatrième de ces pierres et l'entrée I, court un massif de contrefort, long de 4 m, profond de 80 cm. Il n'a livré aucun mobilier, et on en est réduit aux conjectures quant à une fonction rituelle[19].

Chronologie[modifier | modifier le code]

Dans le cairn primaire, seule la chambre G est datée. On ignore donc lequel des 5 dolmens fut bâti en premier. On doit se contenter de formuler des hypothèses.

  • La chambre G obtient la datation la plus haute de Barnenez. Ce qui peut inciter à penser que le dolmen G et son jumeau G′ sont les deux plus anciennes constructions du cairn primaire[20]. Mais ils peuvent aussi en être les plus récentes, car G voisine avec le plus proche dolmen du cairn secondaire, F, qui lui ressemble beaucoup[21].
  • Pierre-Roland Giot est tenté de voir en H le dolmen le plus ancien[22]. Celui-ci occupe en effet une place centrale dans le cairn primaire : tout s'articule autour de lui avec symétrie. Il tranche sur les autres par son architecture, par ses techniques de construction, par ses matériaux massifs[23].
  • Le plus ancien peut également être J, le plus en hauteur[16].

Dolmen G[modifier | modifier le code]

Le plan indique le tracé des parements interne et externe, des massifs et des 5 dolmens (en distinguant muraille de pierre sèche et pierres debout).
Plan du cairn primaire.

Le dolmen G est le monument le plus occidental du cairn primaire. Intact, il a une longueur d'environ 13,50 m. En dehors de charbons et d'un débris d'os, il n'a pas livré de mobilier[24].

Couloir[modifier | modifier le code]

Le couloir, long d'environ 11,60 m[25], est le plus long du cairn primaire[26]. Il s'incurve doublement, formant un s très aplati. Ses murets sont bâtis en pierre sèche (c'est-à-dire sans mortier). À l'entrée, plaqués contre les parois, se dressent deux petits piliers, sur lesquels repose la première des 13 tables (dalles de couverture) du couloir. La hauteur est d'abord, sous les deux premières tables, de 50 à 60 cm. Puis elle remonte à 100-110 cm. La largeur, dans cette première partie du couloir, est de 100 cm[27].

À 7 m de l'entrée, le couloir rétrécit nettement : sa seconde partie ne fait plus que 50 cm de large, tandis que le plafond descend jusqu'à 70 cm. À l'endroit du redent, il y a une rupture dans l'appareillage des parois et, au-dessus, tout autour de la huitième table, le cairn comporte un parement interne, perpendiculaire au couloir[25]. Tout cela donne à penser que le couloir a été fait en deux étapes : on a construit d'abord un couloir primaire de longueur moyenne (4,60 m), couvert de 5 tables ; puis on l'a prolongé par un couloir secondaire de 7 m, pourvu de 8 tables[24].

Le sol est entièrement recouvert d'une couche de 25 à 30 cm de pierraille. Le couloir a été obstrué volontairement sur 4 m, entre les tables 4 et 9 : à cet endroit, le « pavage » a été trouvé recouvert — parfois jusqu'au plafond — d'un amoncellement de grosses pierres de taille. L'arrivée dans la chambre était également à demi obturée d'un amoncellement de pierres, parmi lesquelles se trouvait un fragment de tibia humain[28].

Chambre[modifier | modifier le code]

Circulaire, bien conservée, la chambre est petite : d'un diamètre moyen de 2 m pour une hauteur de 2,60 m. Les parois et la voûte sont, comme le couloir, en pierre sèche : les parois sont faites de dalles plates de granite jaune superposées ; la voûte, en encorbellement, est également faite de petites dalles de granite superposées, auxquelles se mêlent quelques plaques de schiste bleu. Une dalle de schiste ferme l'encorbellement[24].

Des charbons de bois trouvés dans la chambre en 1968 ont été datés par le carbone 14 entre 4938 et 4330 avant notre ère[11].

Dolmen G′[modifier | modifier le code]

Situé entre le dolmen G et le dolmen H, le dolmen G′ doit sa dénomination au fait qu'il a été découvert après tous les autres, en juin 1957. Par son plan et par ses dimensions, il a des ressemblances avec le dolmen G[29]. Il a une longueur d'environ 12,50 m. Hormis quelques charbons de bois et un éclat de silex (et, à l'entrée, deux tessons, probablement de l'âge du fer), il n'a pas livré de mobilier[30].

Couloir[modifier | modifier le code]

Le couloir est « tortueux et irrégulier » comme celui du dolmen G[20]. Il a une longueur de 10,40 m environ[30]. Ses murets sont bâtis en pierre sèche. Il est recouvert de 12 tables. L'entrée a un petit orthostate, qui ne supporte pas la première table. On distingue, comme dans le dolmen G, un couloir secondaire (6 m) prolongeant un couloir primaire (4,40 m). Le couloir secondaire, recouvert de 6 tables, a une hauteur de 120 à 130 cm, pour une largeur de 80 à 90 cm[31].

Le rétrécissement du couloir est encore plus marqué que dans le dolmen G : dans le couloir primaire, la hauteur n'est plus que de 80 à 90 cm, et la largeur moyenne de 70 cm. À l'endroit du rétrécissement, on a trouvé dans le cairn la trace du même parement interne qu'au-dessus du couloir G.

Une des dernières dalles est brisée. Le sol est recouvert de pierraille. On a trouvé dans ce couloir un bourrage de grosses pierres moins élevé que dans le couloir G[31].

Chambre[modifier | modifier le code]

Circulaire, bien conservée, la chambre a des dimensions proches de celles de la chambre G : d'un diamètre moyen de 2 m pour une hauteur de 2,80 m. Comme dans la chambre G, parois et voûte en encorbellement sont en pierre sèche (granite mêlé, pour ce qui concerne la voûte, de quelques dalles de schiste bleu). Une dalle de schiste bleu ferme l'encorbellement. Le sol est recouvert de pierraille[31]. Une fine dalle sur chant était disposée de façon oblique à l'ouest de l'entrée de la chambre[30]. Elle a mystérieusement disparu dans les années 1960[32].

Dolmen H[modifier | modifier le code]

les trois entrées (murées) en premier plan sont bien visibles, les suivantes, appartenant au cairn secondaire, sont moins visibles
De droite à gauche : entrées H, G′ et G du cairn primaire.

Le dolmen H est, selon Pierre-Roland Giot, « le plus spectaculaire de tous les dolmens de Barnenez[32] ». Il n'a livré que très peu de mobilier : quelques débris de poterie[27].

Couloir[modifier | modifier le code]

Le couloir, d'une construction très soignée, bien plus spacieux que celui des autres dolmens, est long de 7 à 7,50 m[33], pour une largeur de 110 cm et une hauteur moyenne de 120 cm. Les 7 tables sont portées exclusivement par les murets de pierre sèche, contre lesquels sont plaquées de grosses dalles verticales[27] : 7 dalles (et un fragment) côté ouest, 9 dalles côté est. Le couloir remonte : le plancher se relève progressivement de 50 cm, et le plafond de 40 à 50 cm, ce qui limite la pénétration des rayons solaires, même en hiver[33].

Antichambre[modifier | modifier le code]

L'ensemble antichambre et chambre a une longueur d'environ 4 m pour une largeur moyenne de 1,75 à 2 m, ce qui représente une surface totale de 8 m2[34].

L'antichambre a une muraille de pierre sèche, haute de 2,50 m, plus ou moins circulaire, contre laquelle sont plaquées de grosses dalles. La petite voûte encorbellée est effondrée. Elle devait culminer à 3 m. Ne laissant qu'un étroit passage de 80 cm, 2 petits orthostates marquent la séparation avec la chambre[27]. Ils ne supportent pas la grande table sous laquelle ils se trouvent[34].

Chambre[modifier | modifier le code]

Entièrement mégalithique, la chambre à une forme polygonale. Elle est délimitée par 5 grosses dalles, dont 2 sont partagées avec l'antichambre. Ces 5 dalles supportent une très grande table. Entre les dalles verticales et la table, des petits murets comblent les vides[27].

La chambre est ornée de nombreuses gravures…

  • Sur le petit orthostate ouest de l'entrée, les signes sont très profondément gravés. Ce sont 3 triangles (haches) et un arc.
  • Sur les autres piliers, les gravures sont plus frustes et simplement piquetées : triangles, signe en U (cornes), croix, lignes ondulées, lignes brisées[35]

Dolmen I[modifier | modifier le code]

vue de face de l'entrée, murée.
Entrée du dolmen I. À gauche, le massif de contrefort.

Le dolmen I est long d'environ 10,50 m[36]. Il a une entrée basse (100 à 110 cm)[37].

Dans le couloir, long de 7,50 m, en très bon état, ce sont les murets en pierre sèche qui soutiennent seuls les tables de granite. La première partie de ce couloir est couverte de 3 tables. De très courts orthostates (75 à 80 cm de haut[37]) y bordent les deux murets, sans jouer le rôle de supports. La deuxième partie du couloir est couverte de 4 tables. On n'y trouve que 2 faux-supports, l'un à droite, l'autre à gauche, juste avant l'entrée de la chambre[35].

La chambre, circulaire, couvre environ 7 m2. Les murs sont restés intacts jusqu'à environ 2 m de hauteur, tandis que la voûte en encorbellement est trouvée effondrée. En 1961, elle est reconstituée[36].

Dolmen J[modifier | modifier le code]

extrémité est du cairn. La partie couverte du couloir est murée.
Avant-couloir du dolmen J, et entrée de sa partie couverte. À droite, le massif est.

Le dolmen J, long de 9 m, est le plus oriental du cairn. Il occupe a peu près, dans la surface couverte par l'édifice, le point le plus élevé[38]. Il se trouve dans une zone où sans doute on prélevait des pierres depuis longtemps. Il est très endommagé[39].

Couloir[modifier | modifier le code]

dalle trapézoïdale exposée debout. Un rectangle y est sculpté, pouvant symboliser un visage et surmonté de 15 longs traits courbes en gerbe pouvant figurer des cheveux. Un cartel dit : « Déesse de Barnenez »
Gravure de la première table du couloir J.

Le couloir (6 m) est le plus court du cairn primaire. Ses murets en pierre sèche portent les tables.

Il forme tout d'abord un avant-couloir découvert, long d'un mètre, dont l'entrée s'aligne sur le parement externe. Le dolmen J est le seul du cairn primaire à être pourvu d'un avant-couloir. Celui-ci, du fait de sa position privilégiée, pouvait avoir une fonction rituelle. Mais on n'y a découvert aucun mobilier permettant de conforter une telle hypothèse[38].

Puis vient le couloir couvert. Sa première table, en granite, est alignée sur le parement interne du cairn (et non sur le parement externe, comme pour les 4 autres dolmens du cairn primaire). Sur sa face inférieure, est gravé un rectangle surmonté d'une gerbe de 15 lignes courbes en 2 registres divergents. On trouve en Bretagne d'autres exemples de cette figure, dite « en marmite » (sans anses, ici)[35], qui donne lieu à diverses interprétations : figure humaine avec cheveux, déesse mère, voile de barque[40]… L'endroit où elle se trouve est inhabituel, ce qui fait penser à un réemploi[39].

Sous la deuxième table, un faux-support est plaqué contre le muret ouest. Les tables suivantes ont disparu[40]. On trouve encore deux petits faux-supports contre le muret ouest[39].

Chambre[modifier | modifier le code]

La chambre, de forme indécise (3 m de diamètre), est en pierre sèche. Elle n'a conservé sa muraille que sur une hauteur d'1,50 m. Sa voûte en encorbellement, trouvée effondrée, est reconstituée en 1961[38].

Description du cairn secondaire[modifier | modifier le code]

Fonction[modifier | modifier le code]

Accès, visite[modifier | modifier le code]

la partie ravagée du cairn laisse apparaître quatre chambres (trois seulement figurent sur la photo), qui présentent trois structures différentes
Partie détruite par l'utilisation du cairn comme carrière. Elle permet de comparer trois structures différentes de chambre : de gauche à droite, chambres C, B et A.

De Morlaix, la route D 76 mène au bourg de Plouezoc'h, puis se dirige vers la presqu’île de Kernelehen. Au lieu-dit Kergaradec, on quitte la D 76 en poursuivant tout droit, pour s'engager dans la presqu'île.

Propriété de l’État comme une centaine d’autres monuments, le cairn de Barnenez est géré, animé et ouvert à la visite par le Centre des monuments nationaux. L'entrée est payante (5,50 € en 2015[41]). Elle se fait par un escalier, depuis le bâtiment d'accueil, qui abrite une exposition. Les personnes handicapées peuvent accéder au cairn par un chemin (un peu plus long). Une aide extérieure peut leur être nécessaire sur l'herbe qui recouvre la butte.

On ne visite pas les dolmens. Mais on découvre, à l'arrière du cairn secondaire, les quatre chambres entamées par les engins de travaux publics, qu'on a pu restaurer. Cette vue « en coupe pédagogique » permet d'appréhender la diversité des structures dolméniques de Barnenez :

  • chambres D et C entièrement de pierre sèche, avec voûte en encorbellement ;
  • chambre B entièrement mégalithique ;
  • chambre A en encorbellement, avec dalles mégalithiques plaquées contre la muraille de pierre sèche.

Photos du site[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pierre-Roland Giot, Barnenez, Carn, Guennoc, Université de Rennes I, 1987, t. I, p. 13.
  2. Entre 4938 et 4330 avant notre ère. Jean L'Helgouac'h, in Pierre-Roland Giot, Jean L'Helgouac'h, Jean-Laurent Monnier, Préhistoire de la Bretagne, Ouest-France, 1998, p. 243.
  3. Jean L'Helgouac'h, in Préhistoire de la Bretagne, op. cit., p. 243 et 244.
  4. a, b et c « Grand cairn de Barnenez », sur monuments-nationaux.fr.
  5. Entre 4720 et 4040 avant notre ère pour la chambre F, entre 4580 et 3965 pour le dolmen A. Jean L'Helgouac'h, in Préhistoire de la Bretagne, op. cit., p. 249 et 250.
  6. « Île Stérec », sur bretagne.developpement-durable.gouv.fr, Atlas des sites classés du Finistère, ministère de l'Écologie, du Développement durable et de l'Énergie, 2011, p. 85 et 86.
  7. Jacques Briard, Dolmens et menhirs de Bretagne, sur books.google.fr, Gisserot, 2000, p. 11.
  8. Pierre-Roland Giot, Barnenez, Carn, Guennoc, op. cit., t. I, p. 20, 21, 28-30.
  9. Jacques Briard, Barnenez, sur books.google.fr, Gisserot, 2000, p. 3.
  10. « Notice no PA00090230 », base Mérimée, ministère français de la Culture.
  11. a et b Jean L'Helgouac'h, in Préhistoire de la Bretagne, op. cit., p. 243.
  12. On trouve au Danemark et en Suède des dolmens à couloirs (dolmens en T) groupés dans de grands tumulus rectangulaires. Jean L'Helgouach, Les Sépultures mégalithiques en Armorique : dolmens à couloir et allées couvertes, Laboratoire d'anthropologie préhistorique de la faculté des sciences de Rennes, 1965, p. 32-34.
  13. Jean L'Helgouac'h, in Préhistoire de la Bretagne, op. cit., p. 250.
  14. Pierre-Roland Giot, Barnenez, Carn, Guennoc, op. cit., t. I, p. 31.
  15. Pierre-Roland Giot, Barnenez, Carn, Guennoc, op. cit., t. I, p. 88 et 89.
  16. a et b Pierre-Roland Giot, Barnenez, Carn, Guennoc, op. cit., t. I, p. 52.
  17. Pierre-Roland Giot, Barnenez, Carn, Guennoc, op. cit., t. I, p. 88.
  18. Pierre-Roland Giot, Barnenez, Carn, Guennoc, op. cit., t. I, p. 91.
  19. Pierre-Roland Giot, Barnenez, Carn, Guennoc, op. cit., t. I, p. 92.
  20. a et b Pierre-Roland Giot, Barnenez, Carn, Guennoc, op. cit., t. I, p. 33.
  21. Jean L'Helgouac'h, in Préhistoire de la Bretagne, op. cit., p. 249.
  22. En 1958 — c'est-à-dire un an avant la première datation radiocarbone d'un dolmen à couloir européen (le dolmen central de Carn) —, Pierre-Roland Giot estime que les dolmens bâtis en premier sont B et H, « du fait qu'ils possèdent de très grosses dalles ». Pierre-Roland Giot, « Circonscription de Rennes », sur persee.fr, in Gallia Préhistoire, vol. 1, no 1, 1958, p. 129.
  23. Jean L'Helgouac'h, in Préhistoire de la Bretagne, op. cit., p. 247.
  24. a, b et c Pierre-Roland Giot, Barnenez, Carn, Guennoc, op. cit., t. I, p. 36.
  25. a et b Pierre-Roland Giot, Barnenez, Carn, Guennoc, op. cit., t. I, p. 34.
  26. Jean L'Helgouac'h, in Préhistoire de la Bretagne, op. cit., p. 246.
  27. a, b, c, d et e Pierre-Roland Giot, Jean L'Helgouach, « Campagne de fouilles de 1956 », sur persee.fr, in Bulletin de la Société préhistorique de France, vol. 54, no 7-8, 1957, p. 360.
  28. Pierre-Roland Giot, Barnenez, Carn, Guennoc, op. cit., t. I, p. 34 et 35.
  29. Pierre-Roland Giot, Jean L'Helgouach, « Campagne de fouilles de 1956 », article cité, p. 358, note 2.
  30. a, b et c Pierre-Roland Giot, Barnenez, Carn, Guennoc, op. cit., t. I, p. 39.
  31. a, b et c Pierre-Roland Giot, Barnenez, Carn, Guennoc, op. cit., t. I, p. 38.
  32. a et b Pierre-Roland Giot, Barnenez, Carn, Guennoc, op. cit., t. I, p. 40.
  33. a et b Pierre-Roland Giot, Barnenez, Carn, Guennoc, op. cit., t. I, p. 41.
  34. a et b Pierre-Roland Giot, Barnenez, Carn, Guennoc, op. cit., t. I, p. 42.
  35. a, b et c Pierre-Roland Giot, Jean L'Helgouach, « Campagne de fouilles de 1956 », article cité, p. 363.
  36. a et b Pierre-Roland Giot, Barnenez, Carn, Guennoc, op. cit., t. I, p. 48.
  37. a et b Pierre-Roland Giot, Barnenez, Carn, Guennoc, op. cit., t. I, p. 47.
  38. a, b et c Pierre-Roland Giot, Barnenez, Carn, Guennoc, op. cit., t. I, p. 50.
  39. a, b et c Pierre-Roland Giot, Barnenez, Carn, Guennoc, op. cit., t. I, p. 49.
  40. a et b Pierre-Roland Giot, « Circonscription de Rennes », article cité, p. 129.
  41. « Cairn de Barnenez », sur barnenez.monuments-nationaux.fr.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Pierre-Roland Giot, Barnenez, Carn, Guennoc, Université de Rennes I, 1987, 2 vol.
  • Jacques Briard et Nicolas Fediaevsky, Mégalithes de Bretagne, Ouest-France,‎ 1987.
  • Pierre-Roland Giot, Barnenez : un grand cairn mégalithique, Le Doaré,‎ 1999, 15 p.
  • Charles-Tanguy Le Roux et Yannick Lecerf, Le Grand Cairn de Barnenez : mausolée néolithique, Monum, Patrimoine, coll. « Itinéraires du patrimoine »,‎ 2003, 48 p. (ISBN 2-85822-671-7, ISSN 1159-1722, notice BnF no FRBNF39035385).

Articles[modifier | modifier le code]

  • Pierre-Roland Giot, Jean L'Helgouach, « Le cairn méridional de Barnenez-en-Plouézoc'h (Finistère) : campagne de fouilles de 1956 », in Bulletin de la Société préhistorique de France, vol. 54, no 7-8, 1957, p. 358-366.
  • Pierre-Roland Giot, « Circonscription de Rennes », in Gallia Préhistoire, vol. 1, no 1, 1958.
  • Maurice Mesnard, « Le tumulus de Barnenèz en Plouézoc'h », Société d'émulation des Côtes-du-Nord, Mémoires Saint-Brieuc, vol. 107,‎ 1979, p. 50-52 (résumé).

Brochures[modifier | modifier le code]

  • Pierre-Roland Giot, Jean L'Helgouach, Le Cairn méridional de Barnenez-en-Plouézoc'h (Finistère) : campagne de fouilles de 1955, 1956. Extrait du Bulletin de la Société préhistorique française, LIII, 1956, no 5-6, p. 326-333.
  • Pierre-Roland Giot, Jean L'Helgouach, Première campagne de fouilles aux cairns de Barnenez, en Plouézoc'h, Brest, 1956. Extrait du Bulletin de la Société archéologique du Finistère, t. LXXXI, 1956.
  • Pierre-Roland Giot, Jean L'Helgouach, Deuxième campagne de fouilles aux cairns de Barnenez, en Plouezoc'h, Brest, 1956. Extrait du Bulletin de la Société archéologique du Finistère, t. LXXXII, 1956.
  • Pierre-Roland Giot, Jean L'Helgouach, Le Cairn de Barnenez en Plouezoc'h (Finistère) : architecture et mobilier de la tombe C, Rennes, 1957.
  • Pierre-Roland Giot, Jean L'Helgouach, Troisième campagne de fouilles au cairn de Barnenez, en Plouézoc'h, Brest, 1958. Extrait du Bulletin de la Société archéologique du Finistère, t. LXXXIII, 1957.
  • Pierre-Roland Giot, Barnenez, Ouest-France, Caisse nationale des monuments historiques, 1991, 30 p.
  • Jacques Briard, Barnenez, Gisserot,‎ 2000, 16 p. (ISBN 2-87747-499-2, notice BnF no FRBNF37185635, présentation en ligne, lire en ligne).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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