Alliance (réseau)

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Alliance est un réseau de la Résistance intérieure française pendant la Seconde Guerre mondiale.

Alliance était l'un des plus actifs réseaux de renseignement de la Résistance, avec la Confrérie Notre-Dame et, comptant jusqu'à 3 000 membres, le plus important des réseaux dépendant de l'Intelligence Service britannique (IS) sur le territoire français. Le réseau dénombre au total 438 morts[1] sur 1 000 arrestations. Chaque membre, pour préserver son identité, se vit désigner un matricule par l'IS. Puis, pour rendre plus pratique la communication entre les différentes parties, ils adoptèrent des surnoms ou pseudonymes. Les fondateurs du réseau Alliance et la plupart des autres membres choisirent de porter comme pseudonymes des noms d'animaux. C'est pourquoi la police allemande lui a attribué le nom original d’Arche de Noé. Toutefois, certains groupes à l'intérieur du réseau reçurent des pseudonymes de métier, ou de tribus indiennes...

Sommaire

Historique [modifier]

Le crématoire du camp de concentration de Natzwiller-Struthof où furent massacrés et incinérés les membres du Réseau Alliance.
Plaque mémorielle au crématoire du Camp de concentration de Natzwiller-Struthof.

Le réseau s'est d'abord implanté en zone sud, sous le nom de « Croisade », en novembre 1940[1]puis s'est étendu dans les zones occupées et interdites à partir de 1942.

Alliance était un réseau dont le commandement était de forte culture militaire et de tendance droite nationaliste. Il a été fondé par le commandant Georges Loustaunau-Lacau, officier nationaliste et pétainiste. Pour des raisons politiques, financières et militaires, il préfère se rapprocher en 1941 de l'IS britannique plutôt que de la France libre. Alliance va recruter dans tous les milieux sociaux, mais notamment auprès de la droite militaire et nationaliste (dont les anciens des réseaux Corvignolles), les hauts fonctionnaires, les cadres, les professions libérales… La moitié des membres appartenait à la fonction publique, et plus du quart du réseau était composé de femmes.

Le réseau accueille les différentes vagues de déçus du pétainisme. Par exemple son sous-réseau Druides est constitué en 1943 par l’encadrement des Compagnons de France (organisation de jeunesse créée par l'État Français).

Le S.R. Alliance se chargera du renseignement sur les sous-marins pour la bataille de l'Atlantique, du départ du général Giraud vers l'Algérie en novembre 1942 et devient l’un des éléments de la résistance giraudiste, toujours sous le commandement anglais. Il transmet les informations sur les nouvelles armes mises au point par l'Allemagne, et arrive à communiquer à Londres les emplacements des bases de lancement. Mais en 1943, la pénétration d'un agent du poste Abwehr de Dijon provoque l'effondrement du réseau, alors que « Hérisson » est à Londres. Début 1944, il ne reste plus que 80 agents actifs.

Dans la nuit du 1er au 2 septembre 1944, 107 membres du réseau « Alliance », emprisonnés au camp de Schirmeck furent massacrés au camp de concentration de Natzwiller-Struthof en Alsace et leurs corps incinérés dans le four crématoire du camp[2].

Grâce à la « filière Sibiril » au départ du port de Carantec (Finistère)[3], maillon du réseau de renseignement militaires Alliance, 15 bateaux et en tout 152 personnes se sont évadées par mer au départ de Carantec. La liste en est consultable sur un site Internet[4].

Le réseau ne rejoint le Bureau Central de Renseignements et d’Action de la France libre qu’au moment de la fusion entre les services d’Alger et ceux de Londres au printemps 1944.

Principaux membres [modifier]

Prénom Nom Pseudos Fonction dans le réseau Commentaires
Georges Loustaunau-Lacau « Navarre » Fondateur du réseau « Navarre » Héros de la première guerre mondiale. Spécialiste du renseignement.
Exclu de l’armée en 1938 pour y avoir créé le groupe anticommuniste des réseaux Corvignolles.
En 1940, délégué national à la Légion française des combattants. Il sera déporté.
Marie-Madeleine Fourcade « Poz 55 », « Hérisson » Chef (à partir de Mai 1941). Née Bridou
Léon Faye « Aigle » Chef militaire Commandant d'aviation. Fusillé à Sonnenburg.
Fourcaud Capitaine
Georges Groussard Colonel
Paul Bernard « Martinet » Successeur de Léon Faye
Georges Lamarque « Pétrel » Chef du sous-réseau Druides Compagnon de la Libération.
Jean Boutron « Aso 43 », « Taureau » Un des membres fondateurs. Officier de marine. Rescapé de Mers El Kébir
Édouard Kauffmann « Criquet » Chef de région (Centre) lieutenant-colonel de l'Armée de l'Air
Jean Sainteny « Dragon » Chef de région (Normandie) Compagnon de la Libération.
André Girard « Pointer » Chef de région (Centre-Ouest) Capitaine de réserve
Victor Renaud " Pataud " Agent de renseignement et de liaison, boîte à lettres du réseau[5] Arrêté par le Premier régiment de France, fusillé par la Milice le 23 juin 1944 à Limoges
Jean Philippe « Basset » Chef régional (Sud-ouest). Commissaire de police de Toulouse.
Arrêté par la Gestapo le 29 janvier 1943. Fusillé à Karlsruhe le 1er avril 1944.
François Marquier « Casoar » Chef radio zone Sud
et liaisons clandestines avec Alger
Arrêté par la Gestapo le 20 aout 1943 et interné pour espionnage.
Louis Jacquinot Avocat, député et ancien ministre, futur ministre de de Gaulle et homme politique de droite.
Léonce Vieljeux Colonel de réserve et maire de La Rochelle.
Déporté, fusillé au Struthof le 1er septembre 1944.
Jacques Stosskopf Ingénieur du génie maritime et directeur adjoint de la base de Lorient.
Déporté, fusillé au Struthof le 1er septembre 1944.
Robert Lynen Acteur. Arrêté à Cassis le 7 février 1943. Fusillé à Karlsruhe le 1er avril 1944.
Robert Bernadac « Rouge-gorge » Chef radio de Paris Père de l'écrivain Christian Bernadac
Ferdinand Rodriguez-Redington « Pie » Chef radio Détaché auprès du réseau par le SOE.
Monique Bontinck « Hermine » Estafette du PC.
Charles Bernis « Épagneul »
Maurice Coustenoble « Tigre » Sous-officier d’aviation
Henri Schaerrer « Tigre » Officier-mécanicien de la marine
Gabriel Rivière « Loup »
Émile Audoly « Renard »
Pierre Berthomier « Goéland » Pilote civil
Lucien Vallet Opérateur radio
Marc Mesnard « L’Évêque » Trésorier
Robert Philippe « Perroquet » Chef du service radio
Ernest Siegrist « Éléphant » Chef du service sécurité
Henri-Léopold Dor « Faon »
Émile Hédin « Castor »
Pierre Dallas « Cornac » Chef du service Avia Lieutenant-pilote.
Lucien Poulard « Mathurin » agent principal de renseignement de la zone "bretagne"puis second du chef de l'alliance à paris Lieutenant-pilote. Arrêté à Paris le 24 septembre 1943, fusillé à Heilbronn le 21 août 1944. Sa tombe est visible au carré militaire du cimetière de Redon (Ille-et-Vilaine).
Maurice Mac-Mahon (de) « Sloughi » Duc de Magenta
Camille Raynal « Briard » Général
Marguerite Brouillet « Abeille » agent d liaison assassinée le 1er septembre 1944 dans le camp du Struthof. Agent de liaison pour la Résistance, elle avait réussi à s’évader des geôles de la Gestapo à Lyon née a villeneuve sur lot 47
Philippe Kœnigswerther « Mandrille »
Jean Vinzant « Danois »
Maurice Gillet « Licorne »
André Coindeau « Urus »
Henry Frémendity « Balbuzard »
Berne-Churchill (Mme) « Coccinelle »
Joël Lemoigne « Triton » Chef du sous-réseau Sea-Star
Henri Battu « Sarigue »
Robert Rivat « Pinson »
Jean-Philippe Sneyers « Escogriffe »
« Flandrin » Adjoint de Sneyers
Élie Dampierre (de) « Berger »
Helen Isnard (des) « Grand-duc »
Jean-Claude Thorel « Alose »
Pierre Noal « Tétra » Docteur
Moraglia « Épervier » Chef de région (Sud-ouest)
Paul Mengel « Chauve-souris » Chef de région (Est)
Poulin « Argus » Chef de région (Rhône) Capitaine
Beaujolin Trésorier

Notes et références [modifier]

  1. a et b Mémoire de la Résistance : Conférence sur l'Arche de Noé
  2. http://evasions.par.mer.carantec.filiere.sibiril.over-blog.com/pages/Le_reseau_de_renseignement_ALLIANCE-3971977.html
  3. Ernest Sibiril, sa femme et leur fils Alain faillirent être arrêtés le 18 juillet 1943 et trouvèrent refuge à Brest
  4. http://evasions.par.mer.carantec.filiere.sibiril.over-blog.com/10-categorie-2375155.html
  5. Fonctions indiquées par Marie-Madeleine Fourcade, André Girard et le S.R. Alliance, introduction, 1er §

Annexes [modifier]

Bibliographie [modifier]

Liens externes [modifier]

  • Site internet sur le réseau Alliance
  • Forum sur le réseau Alliance
  • Site internet de la Chancellerie de l'Ordre des Compagnons de la Libération qui reprend la biographie de plusieurs membres du réseau Alliance