Carantec

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Carantec
La ville vue de la plage du Kélenn.
La ville vue de la plage du Kélenn.
Blason de Carantec
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bretagne
Département Finistère
Arrondissement Morlaix
Canton Taulé
Intercommunalité Communauté d'agglomération du Pays de Morlaix
Maire
Mandat
Jean-Guy Gueguen
2014-2020
Code postal 29660
Code commune 29023
Démographie
Gentilé Carantécois
Population
municipale
3 129 hab. (2011)
Densité 347 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 40′ 07″ N 3° 54′ 45″ O / 48.668611, -3.912548° 40′ 07″ Nord 3° 54′ 45″ Ouest / 48.668611, -3.9125  
Altitude Min. 0 m
Superficie 9,02 km2
Localisation

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Site web Site de la commune

Carantec [kaʁɑ̃tɛk] est une commune du département du Finistère, dans la région Bretagne, en France.

C'est une station balnéaire de la baie de Morlaix, classée station touristique dès 1926[1]. Les attraits de cette commune sont également les activités proposées : la pratique de sports nautiques sur un agréable plan d'eau, le tennis grâce aux différents terrains dont dispose la commune, le football, mais également le golf.

Géographie[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes de Carantec
Baie de Morlaix, Saint-Pol-de-Léon, Roscoff Manche Baie de Morlaix, Plougasnou
Penzé Carantec Baie de Morlaix, Plouezoc'h
Henvic Taulé Locquénolé, Rivière de Morlaix, Morlaix

Présentation générale[modifier | modifier le code]

Carantec est située sur le littoral nord de la Bretagne, en bordure de la Manche, dans la baie de Morlaix, à l'extrémité d'une presqu'île de 2 km de large, limitée par les deux rias de la Rivière de Morlaix à l'est et de la Penzé à l'ouest, et le long d'une grève qui se découvre jusqu'à 2 km au large lors des grandes marées.

Carantec, en bordure de la baie de Morlaix.

Ancienne station balnéaire des années 1900, Carantec est connue pour son micro-climat dû à l'influence de la dérive nord atlantique, ses plages de sable et son patrimoine historique particulièrement riche. Les plages les plus importantes sont la grève Blanche, la plage du Kélenn et la plage du Clouet, la plus étendue. La station dispose aussi d'une côte à falaises qui offre des paysages remarquables (la chaise du Curé et la pointe de Pen-al-Lann), cette dernière disposant de points de vue sur la baie de Morlaix, la Rivière de Morlaix, le château du Taureau et l'île Louët.

Carantec est située sur un massif granitique d'époque hercynienne, le granite présentant ici un faciès rose et fin à biotite, par exemple à la pointe de Penn-al-Lann, où le pendage est d'une vingtaine de degrés vers le sud et présente des filonnets quartzeux avec muscovite et tourmaline et localement de la wolframite et de la cassitérite ; le granite est porphyroïde à la pointe de Cosmeur[2].

La situation péninsulaire de Carantec a contribué à son isolement : ce n'est qu'en 1927 qu'est inauguré le « Pont de la Corde » sur la Penzé (en béton armé avec une arche centrale de 114 mètres de portée), qui relie la localité à Saint-Pol-de-Léon ; la Rivière de Morlaix n'est toujours franchie par aucun pont en aval de Morlaix. Le 27 août 1922 fut inaugurée la « Route de la Corniche » (les travaux avaient commencé en 1912 mais furent arrêtés pendant la Première Guerre mondiale) qui longe sur sa rive gauche la « Rivière de Morlaix » et relie directement Carantec à Morlaix[3].

La cale d'accostage du Kélenn est construite en 1910[4].

Carantec, outre l'île Callot, possède aussi des îlots (Ricard, Beclem, Île aux Dames ; Île de Sable, Île Verte, ar C'hlas Kozh, Vezoul) qui sont des refuges pour macareux moines, goélands argentés, sternes pierregarin ou de Dougall, tadornes de Belon, huîtiers pie et autres aigrettes garzettes. Ces sept îlots sont classés réserve ornithologique depuis 1962.

Un arrêté préfectoral de protection de biotope en date du 23 janvier 1991 concerne la protection du biotope du domaine public maritime de trois de ces (Ricard, Beclem, Île aux Dames). Il est notamment interdit de débarquer et circuler sur ces îlots entre le 1er mars et le 31 août, afin «  de préserver les sites de nidification favorable à certaines des plus importantes colonies françaises d'oiseaux protégés, tels que les cormorans (Phalacrocorax sp.), les sternes (Sternidae sp.) et le macareux moine (Fratercula arctica) »[5].

L'île Callot[modifier | modifier le code]

L’île Callot, accessible depuis le continent par une chaussée submersible qui permet de franchir la "Passe aux moutons", s’étend sur 2 125 km de long et mesure de 150 à 300 m de large. L'île est composée de deux îlots de granite reliés par un cordon dunaire. C'est une terre pleine de charme qui est essentiellement constituée de petites criques, de dunes, d’ajoncs, de champs et de pâturages et qui offre aussi des plages. La pointe nord permet de découvrir enfin un paysage partagé entre les dunes sauvages et les ensembles de massifs granitiques battus par les vagues. Le granite de l'île Callot, réputé pour sa qualité et sa quantité a servi pour la construction de nombreux monuments de la région dont le Château du Taureau, la Manufacture des tabacs de Morlaix, les églises de Henvic, Taulé, Guiclan, Plouezoc'h et les traces des anciennes carrières demeurent visibles.

L'île Callot a servi de tout temps de refuge pour les populations menacées comme en témoigne l'éperon barré situé dans le nord de l'île : cette fortification protohistorique de l'âge du fer est constituée par une double ligne de remparts en terre et deux fossés[6].

L’île possède à son point culminant une petite chapelle dite "Notre-Dame de Callot", au tout début du VIe siècle : selon une inscription située à l'intérieur, elle aurait été édifiée en 502 (en fait plus tardivement selon les historiens) en mémoire de la victoire obtenue à cet endroit par le prince Rivallon Murmaczon (ou Riwall) sur le général danois Corsole (Korsold) qui avait placé sa tente et s'était retranché après avoir pillé le pays. En fait un doute existe sur le nom du vainqueur qui serait peut-être en fait Hoël Ier si l'on en croit ce texte :

« Hoël, roi de Domnonée fut obligé de passer la mer à la tête de sa tribu ; il se réfugia en Cambrie en 509 ; quatre ans après, il retourna dans ses foyers suivi de ses 15 000 guerriers et prit une revanche éclatante sur les Frisons [Danois], qui avaient ravagé la Bretagne pendant onze ans, et qui, gorgés de butin, s'étaient retirés au nombre de 50 000 hommes à Carantec, à trois lieues de Morlaix ; Hoël y débarqua et tailla complètement en pièces l'armée envahissante. Après avoir fait élever sur le théâtre de sa victoire une chapelle que la tradition place dans l'île de Callot, le jeune vainqueur réunit toute la Bretagne sous sa domination et régna trente ans avec le plus grand éclat[7]. »

Depuis cette date, la chapelle a toujours été l'objet d'une grande dévotion. Des indulgences furent accordées trois fois par an au moment où le protestantisme sévissait dans la région[8]. Elle a été reconstruite à plusieurs reprises depuis ; elle doit à une rénovation du XVIIe siècle sa forme actuelle en croix latine (elle était auparavant rectangulaire) et son remarquable clocher, orné d'une galerie à balustres classiques et desservi par un escalier logé dans une tourelle cylindrique, est daté de 1672 ; ruinée pendant la Révolution française, elle fut relevée en 1808. Les boiseries de la chapelle sont classées depuis 1994.

Le pape Grégoire VI accorda en 1840 une indulgence plénière aux fidèles qui se confessent et communient dans la chapelle Notre-Dame-de-Callot, selon une inscription en langue bretonne située dans la chapelle. De nombreux ex-votos, y compris des modèles réduits de bateaux, illustrent la dévotion portée à Notre-Dame-de-Callot, en particulier par les marins. Le pardon a lieu traditionnellement le dimanche qui suit le 15 août.

La récolte et le brûlage du goémon était pour les habitants de Callot une activité importante comme en témoigne ce texte du milieu du XIXe siècle:

« Les habitants de l'Île de Batz et de la presqu'île de Callot récoltent le goémon qu'ils font sécher et l'emploient pour les besoins domestiques en guise de bois de chauffage. Les cendres qui en proviennent, et qu'ils conservent avec le plus grand soin, sont livrées au commerce agricole, mais elles ne sont jamais pures. Elles se trouvent mélangées à de la cendre provenant de la combustion de bouses de vache, que les habitants des côtes font sécher au soleil et qu'ils emploient ensuite comme combustible. Les cendres de goémon les moins mélangées, et par conséquent celles qui sont le plus estimées et recherchées, sont celles qui proviennent de l'Île de Batz. Celles de la presqu'île de Callot sont moins pures ; elles sont mélangées à une grande quantité de terre noirâtre que produit la presqu'île et qui en diminue et la valeur et la propriété. Les cendres de goémon ou de varech se vendent sur les marchés de Morlaix et de Penzé, vers la fin de mai et le commencement de juin, aux cultivateurs des cantons de Sizun et de Saint-Thégonnec qui en font un grand usage pour leurs blés noirs[9]. »

Vers 1890, l'île Callot comptait une centaine d'habitants[10]. La majorité des insulaires étaient alors des paysans-pêcheurs-goémoniers : « On possédait trois hectares. Mais certaines familles vivaient avec seulement un hectare et demi. Je pêchais à la voile et à l'aviron, lorsqu'il n'y avait pas de vent. Le goémon, on le brûlait sur l'île. D'ailleurs on peut encore, en cherchant bien, trouver des fours à goémon. Et on allait, en charrette à cheval, livrer les pains de soude à l'usine, à Plouescat. Plus tard, j'ai aussi péché les oursins »[11]. L'île eût longtemps son école (ouverte en 1937 et fermée en 1975). En 2010, 13 ou 14 personnes seulement y vivent encore en permanence.

Le château du Taureau[modifier | modifier le code]

Le château du Taureau est une île-forteresse qui dépend administrativement de la commune de Plouezoc'h. Elle fut bâtie par les bourgeois de Morlaix en 1542 afin de défendre l'entrée de la Rivière de Morlaix des invasions anglaises.

« L'an 1541, les Nobles Bourgeois de la ville de Morlaix, qui depuis que leur ville eût esté brûlée par les Anglois l'an 1521, avoient de coustume en temps de guerre d'aller faire le guet au Bas de la Rivière, ceux de la ville close de Saint-Martin, assistez des paroisses de Taulé, Henvic et Karantez (Carantec) à Penallan en Trecarantec (Trégarantec); et les habitans des faux-bourgs de saint Mathieu et saint Melaine, assistez des paroisses de Plou-Jean (Ploujean), Plouezockh (Plouezoch) et Plougaznou (Plougasnou) à Bar-ar-Menez ; ennuyez de ces guets furent conseillez par un Religieux du Convent de saint Dominique dans leur ville nommé Frère Nicolas Le Trocler, de bastir un fort sur un rocher qui est à l'entrée du havre dudit Morlaix nommé le Toreau vis-à-vis de la pointe de Karantec. Cet avis fut trouvé bon et fut présenté requeste au Roy pour en avoir la permission[12]. »

Construite par Jean-Siméon Garangeau et casematée par Vauban en 1689, cette forteresse servit de prison d'état pendant la Révolution française (Romme, Soubrany et Bourbotte s'y poignardèrent en 1795 afin d'éviter l'échafaud) et après la Commune de Paris : Auguste Blanqui y fut emprisonné.

Après avoir été une prison, le château du Taureau devint une résidence secondaire propriété de Mélanie Lévêque de Vilmorin qui y donna des réceptions fastueuses dans la décennie 1930, puis une école de voile (dans la décennie 1960), avant d'être un temps abandonné et de fermer ses portes en 1980, faute d'entretien. Restauré par la Chambre de commerce et d'industrie de Morlaix et neuf communes avoisinantes, ce « Fort Boyard » breton, se visite à nouveau aisément en bateau depuis Carantec.

En accostant, un escalier baigné par les vagues et un pont-levis permettent d'y accéder ; on peut voir les anciennes chambres où la troupe était logée, des cachots et des caveaux voûtés. De la plate-forme supérieure, le panorama s'étend sur toute la Baie de Morlaix.

Le site est désormais aménagé et sécurisé afin de recevoir les touristes ; on peut y accéder en bateau au départ du port de Carantec ou dans le cadre d'une croisière d'une journée organisée par À fer et à flot au départ de Morlaix)

Naufrages et sauvetages en mer[modifier | modifier le code]

"L'Alcide"[13], navire corsaire construit à Saint-Malo dans la première moitié du XVIIIe siècle, coula devant le château du Taureau en 1747. Son épave a été retrouvée par des plongeurs il y a quelques années et certains objets remontés, dont un canon monté sur affût qui se trouve désormais au musée maritime de Carantec.

Dans la nuit du 18 au 19 novembre 1893 survint le naufrage de l'Aboukir Bay : 19 corps retrouvés dont l'inhumation posa bien des problèmes.

Article détaillé : Aboukir Bay.

Nombreux ont été les autres naufrages au large de Carantec et les sauvetages en mer effectués par les canots de sauvetage successifs de la société de secours en mer de Carantec. Par exemple :

  • le 22 octobre 1891, le canot de sauvetage de Carantec sauve deux hommes de l' Olive réfugiés sur le rocher Bisayers après le naufrage de leur bateau, puis sauve en leur portant secours la gabarre Clotilde-Hippolyte, d'Henvic, en détresse près de la roche Horvil proche de l'île de Batz, puis la gabarre Ambroisine, de Morlaix, et la chaloupe de pêche Anne-Marie, de Carantec, tout cela dans la même journée par une forte tempête[14].
  • Dans la nuit du 21 au 22 février 1893, six marins de Carantec périssent lors d'une tempête.
  • le 22 décembre 1911, jour de forte tempête, le canot de sauvetage Commandant Philippes de Kerhallet effectue un double sauvetage : d'abord celui des marins-pêcheurs du Cyrus réfugiés sur une roche submersible Ty-Saozan-Vian et du Saint-Michel sous les falaises du Bloscon, puis de l'équipage du Sainte-Barbe, près des brisants terribles du rocher d'Enfer[15].
  • le 20 août 1929, sauvetage de l'équipage du bateau de plaisance Le Bigorneau, en promenade à l'île de Batz[16].
  • le 6 septembre 1936, le goémonier Marie-Louise, qui transportait des touristes partis de Carantec, s'échoue sur les rochers de Samson (2 morts).

Le nom de certains sauveteurs mérite d'être cité : par exemple Joseph Foll, ancien de la marine de commerce et de la guerre de Crimée sauva au cours de sa vie 16 hommes et 4 femmes[17] ou celui de Jean-René Morvan qui sauva au cous de sa vie 31 personnes si l'on en croit le journal Ouest-Éclair[18].

En décembre 1933, cinq cadavres de cachalots vinrent s'échouer à Carantec, dont deux mesuraient plus de 10 mètres de long et pesaient chacun quatre tonnes[19].

Histoire[modifier | modifier le code]

Étymologie et origines[modifier | modifier le code]

Le nom de Carantec provient de saint Carantec (ou Carantocus) qui dirigeait un monastère dans le Pays de Galles et dont saint Ténénan aurait été un disciple. C'est ce dernier qui, par dévotion pour son ancien maître, aurait construit en ce lieu une église qu'il lui aurait dédiée[20].

Article détaillé : saint Carantec.

La vie de "saint Carantec" a été retracée dans un conte qui s'appuie sur les sources hagiographiques disponibles par Anne Dumas[21].

Antiquité[modifier | modifier le code]

Une cinquantaine de pièces de monnaie osimiennes en bronze et en électrum ont été trouvées dans un vase en terre noire sur la côte ouest de l'île Callot à la fin de l'année 1910[22].

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Pol Louis Potier de Courcy recense comme nobles habitant Carantec dès le XVe siècle la famille de Kerhallic (ou Kergallic), « seigneur du lieu Carnantec » ; la famille Omnès, seigneurs de Keromnès, fondue par la suite dans la famille Le Bouteiller ; la famille Le Bouteiller, seigneurs de Keromnès, de Kerouant, de Mescanton[23].

Époque moderne[modifier | modifier le code]

En 1694, Vauban craignant un débarquement anglais à Carantec fit fortifier la ville et créa des relais de guet entre Carantec et Brest, transmis de clocher à clocher par des signaux optiques (fumées) et acoustiques (coups de fusil) ; le premier de ces relais à partir de Carantec était le vieux clocher de Taulé[24].

En 1768, François-Gabriel de Poulpiquet de Kermen habitait le manoir du Fransic en Carantec[25].

La Révolution française[modifier | modifier le code]

Les deux députés représentant les paroisses de Taulé, Henvic et Carantec lors de la rédaction du cahier de doléances de la sénéchaussée de Lesneven le 1er avril 1789 étaient Hervé Jacques et François Calvez[26].

Jacques Cambry décrivit ainsi les Santécois (on peut supposer que la description peut aussi s'appliquer aux Carantécois) à la fin du XVIIIe siècle : « Battus par les vents et les orages, ils sont vêtus de toile au milieu des hivers; leurs cheveux noirs flottants sur leurs épaules tombent sur le front et leur couvre les yeux ; une barbe épaisse ombrage leur menton ; des sillons à trente ans vieillissent leur figure ; ils vivent de quelques panais, de quelques choux ; leur demeure est un trou formé par des rochers que des goémons couvrent à peine (...) La nourriture insuffisante que leurs efforts arrachent à la terre naît sur des lieux que le sable couvrait »[27].

Le XIXe siècle[modifier | modifier le code]

La vie agricole traditionnelle[modifier | modifier le code]

Selon des statistiques agricoles publiées en 1849 et concernant selon les productions des années comprises entre 1836 et 1846, la répartition de l'occupation des terres est alors la suivante : pour une superficie totale de 902 ha, la commune possédait 523 ha de terres arables, 262 ha de landes et bruyères, 32 ha de bois, taillis et plantations, 18 ha de prairies naturelles, moins d'un demi-hectare de marais et d'étangs ; la commune possédait alors 6 moulins en activité. Les paysans de Carantec cultivaient à l'époque 105 ha d'avoine, 105 ha de froment, 78 ha d'orge, 13 ha de seigle, 42 ha de sarrasin, 249 ha d'ajoncs d'Europe, 9 ha de lin, 2 ha de chanvre, 16 ha de navets, betteraves, carottes et choux (dont 11 ha de navets), 78 ha de trèfle, 26 ha de pommes de terre, 37 ha restant en jachère, et élevaient 207 chevaux (52 mâles, 118 juments, 37 poulains et pouliches), 1 âne, 652 bovins (dont 400 vaches), 300 porcs, 58 ovins, 3 caprins, 221 poules et 89 coqs, 28 canards, 7 oies, et possédaient 40 ruches à miel. En 1836, la population agricole est de 1250 personnes, soit 96,9 % de la population communale totale qui était alors de 1290 habitants[28].

En 1899, Carantec fait partie des dix-huit seules communes du département du Finistère à déjà posséder une société d'assurance mutuelle, forte de 80 adhérents, contre la mortalité des animaux de ferme, qui assure les chevaux et les bêtes à cornes[29].

Les relations avec les communes avoisinantes et la récolte du goémon[modifier | modifier le code]

Le pardon de Carantec en 1898.

Ancienne trève de la paroisse de Taulé, Carantec a été érigé en paroisse en 1802.

À la suite d'une enquête organisée par une circulaire du 8 juin 1819 du Préfet du Finistère, le conseil municipal de Carantec répond (l'orthographe de l'époque a été respectée) :

« On doit accorder quelques jours de faveur à ceux qui n'emploient ni chevaux ni voitures pour la récolte du goëmon[30]. »

Un conflit opposant les communes de Taulé et Henvic à celle de Carantec à propos de la collecte du varech est tranché par une délibération du Conseil d'État du 14 décembre 1857.

« Avant 1789, ces trois communes ne formaient qu'une seule communauté, une seule paroisse, et par conséquent leurs habitants jouissaient, au même titre, du droit de récolter le varech, dans toute l'étendue des terres de la paroisse. Par suite de la création des trois communes, celle de Carantec est seule riveraine de la mer. Néanmoins, les habitants de Taulé et d'Henvic avaient longtemps continué à jouir de la récolte du varech. Mais la commune de Carantec ayant soutenu qu'elle seule y avait droit, les deux autres communes l'avaient assignée devant le tribunal de Morlaix[31]. »

Après maintes péripéties judiciaires (le tribunal de Morlaix donne tort à Carantec) et administratives, le Conseil d'État tranche finalement que la récolte du goémon doit se faire sous la surveillance et l'autorité de l'administration et que c'est à elle qu'il appartient de régler, conformément aux usages, l'exercice de l'abandon fait aux habitants des communes riveraines[31].

Le 25 septembre 1879, une demande de création de deux arrêts supplémentaires sur la ligne ferroviaire Morlaix-Roscoff, dont un sur la commune de Henvic, à l'endroit le plus rapproché de Carantec[32]. Ce n'est qu'en 1910 qu'ouvre la halte de Kerrichard, dénommée gare d'Henvic-Carantec qui permet une meilleure desserte de Carantec.

Le XXe siècle[modifier | modifier le code]

Les garennes et champs de la Chaise du Curé, divisés en 66 lots, sont mis en vente, jusque-là propriété communale[33].

Le bureau de poste de Carantec est construit en 1903.

La fin du XIXe siècle et les premières décennies du XXe siècle voient Carantec se transformer en une station balnéaire cotée, ce que symbolise par exemple la construction de l'hôtel Pouthier, en bordure de la Grève Blanche. Dès la décennie 1920, Carantec organisait un "championnat de tennis"[34], devenu ensuite le tournoi international de tennis[35]. En football, le "Stade carantécois" existait déjà dans la décennie 1930.

Le 27 août 1922 est inaugurée la "route de la Corniche" qui désenclave Carantec en direction de Morlaix et en 1927, la mise en service du "Pont de la Corde" sur la Penzé contribue à désenclaver Carantec en direction de Saint-Pol-de-Léon et Roscoff.

Incendies[modifier | modifier le code]

Le Grand-Hôtel, « le plus beau de Carantec avec celui du Quelen », brûle totalement le 27 mai 1904[36]. Le château de Penn-al-Lann est détruit par le feu dans la nuit du 30 au 31 mars 1937[37].

L'alcoolisme à Carantec vers 1900[modifier | modifier le code]

François de Kergrist, ancien maire de Carantec, répond en 1900 dans le journal Ouest-Éclair a un article paru antérieurement dans le même journal et qui dénonçait l'aloccolisme à Carantec :

« Ici comme partout il est vrai que le nombre des cafés est trop considérable. il a plus que doublé depuis que la malheureuse loi du 18 juillet 1880 a donné une entière liberté au commerce de détail des boissons. Carantec compte 13 cabarets. La population étant de 1 800 âmes, c'est un cabaret pour 140 habitants. La quantité de boisson consommée est très exactement constante par la recette de l'octroi. En prenant la moyenne des trois dernières années, on trouve que celle du vin s'est élevée par an à 18 269 litres, celle de l'alcool à 6 645 litres et celle de cidre à 4 089 litres, ce qui donne pour chaque habitant 10 litres de vin et 3,69 litres d'alcool pur équivalant à 8,20 litres d'eau-de-vie à 45°. Je vous accorde bien volontiers que 8,20 litres d'eau-de-vie par habitant, c'est beaucoup. (...) Encore faut-il faire deux observations : les quelques centaines d'étrangers [à la commune] qui fréquentent Carantec pendant la saison des bains de mer consomment une certaine quantité d'alcool (...); la plus grande partie de ce total est consommée dans les douze ou quinze noces qui ont lieu chaque année, qui durent deux ou trois jours, et surtout les dimanches et fêtes. Cela réduit à une quantité très faible la consommation habituelle et journalière[38]. »

Les troubles liés à l'expulsion des Sœurs[modifier | modifier le code]

Le 12 août 1902, le commissaire de police de Brest, accompagné d'un détachement de gendarmes à pied et à cheval de Morlaix expulse les religieuses de la congrégation des Filles du Saint-Esprit, qui enseignaient à l'école de Carantec. « On fait une ovation aux religieuses qui sont sorties aux cris de "Vivent les Sœurs ! À bas les proscripteurs !"»[39]. Le comte Albert de Mun, député, était venu en bateau de Saint-Pol-de-Léon quelques jours plus tôt pour soutenir la cause des Sœurs et fit un discours enflammé en présence de plus de 1 000 personnes venues de tout le canton[40].

« L'exécution des décrets a eu lieu à Carantec à six heures du matin. Deux compagnies du 118e et deux brigades de gendarmerie assuraient le service d'ordre. La maison d'école avait l'aspect d'une véritable forteresse. Derrière les portes, on avait dressé d'énormes barres de fer reliées par de solides fils de fer. À l'intérieur, des pompes étaient en batterie, prêtes à inonder les assiégeants. Le serrurier (...) s'est vu enlever les pinces des mains. Enfin le maire, M. de Kergrist, a fait sortir les Sœurs et a invité la population au calme[41]. »

« Les Sœurs quittent l'école acclamées et vont à l'église, puis se retirent chez les habitants, pendant qu'on appose les scellés[42]. »

Les activités maritimes[modifier | modifier le code]

En 1890, 9 bateaux sont construits à Carantec[43]. Les chantiers Eugène Moguérou fonctionnaient dans la décennie 1920, construisant des yachts à moteur comme l'Achillée III construit en 1926[44].Les chantiers Élies, Mével (créé en 1935 au port de Carantec par François Mével décédé accidentellement en 1957), Nédélec (créé par Jean Nédélec[45] sur la grève du Clouet et concepteur du « monotype de Carantec »[46]) ont continué cette tradition de chantiers navals, davantage orientés vers la plaisance désormais, tout au long du XXe siècle. Le chantier Ernest Sibiril[47], qui existe depuis 1789, est désormais orienté vers les constructions neuves exclusivement de pilotines, vedettes de sauvetage, etc. Ces chantiers se sont aussi développés récemment à Roscoff-Le Bloscon ; en difficultés financières, ce chantier naval a trouvé un repreneur en 2011, ce qui a permis de sauver 15 de ses 28 emplois[48].

En 1899 et à nouveau en 1921 - 1922, des invasions de pieuvres provoquèrent une ruine temporaire des pêcheurs de la région, y compris de ceux de Carantec[49]. « En 1889 [les pieuvres] ravagèrent tout, pis à la suite d'une violente tempête, elles vinrent en telle quantité à la côte qu'elles y crevèrent et qu'on dut les enfouir. C'est à cette époque que sombra le dundee dunkerquois Saint-Pierre-de-Calais ; l'équipage put être sauvé, mais le capitaine, enlacé par les pieuvres, fut littéralement dévoré. C'était la répétition du drame décrit par Victor Hugo dans Les travailleurs de la mer. L'invasion de 1921-1922 ne le cède en rien à celle de 1899, avec cette seule différence qu'il n'y a pas eu de victime humaine »[50].

La récolte du goémon a longtemps été importante : en 1925 « le ramassage est d'un bon rapport et toujours à la disposition des riverains en abondance. Du côté de Carantec, 38 goémoniers s'en occupent ; la tonne de varech revient à 180 francs »[51].

La pêche était très active : par exemple le journal Ouest-Éclair écrit en 1925 :« Les ormeaux, les moules, les berniques sont récoltées en grand nombre, à Locquirec et à Carantec, d'où on en a expédié beaucoup »[52].

Le commandant Louis Bernicot[53] navigateur solitaire parti à bord de son cotre de 12,5 m de long, l'Anahita, de Carantec le 26 août 1936, fut le premier navigateur solitaire[54] à réussir la traversée du détroit de Magellan, faisant escale au Chili, puis à Tahiti, puis à la Réunion pour accoster au Verdon le 30 mai 1938[55].

Les guerres du XXe siècle[modifier | modifier le code]

Les morts pour la France de Carantec[modifier | modifier le code]

Le monument aux morts de Carantec porte 112 noms de morts pour la France dont 72 décédés pendant la Première Guerre mondiale, 35 pendant la Seconde Guerre mondiale, 1 en AFN, 1 dans un territoire d'outre-mer non précisé et 3 dans des lieux et à une date non précisés[56].

Parmi les décédés de la seconde guerre mondiale, Armand Ollivier, né le 26 décembre 1913 à Carantec, quartier-maître canonnier, fit partie des 119 victimes (13 rescapés) de l'aviso Vauquois coulé par l'explosion d'une mine[57] devant Le Conquet le 18 juin 1940[58].

Le réseau d'évasion pendant la Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]
La statue de saint Yves offerte par les marins du "Saint-Yves" ayant échappé à la marine allemande à Notre-Dame-de-Callot

Grâce à la "filière Sibiril", organisée par Ernest Sibiril[59], maillon du réseau de renseignement militaires "Alliance", 15 bateaux et en tout 152 personnes se sont évadées par mer au départ de Carantec. La liste en est consultable sur un site Internet[60].

Le 6 mars 1943, neuf personnes (Gwenn-Aël Bolloré, Michel Fourquet, Bertrand du Pouget[61], Marcel Jassaud[62], Robert Guyader[63], Marc Thubé[64]. Étienne Couliou[65], Valentin Souffez[66], et un inconnu prénommé Martin) embarquent clandestinement pour l'Angleterre dans un petit cotre, le S'ils te mordent[67] à partir de la Penzé et parviennent malgré maintes difficultés à gagner Plymouth[68].

Alfred Jassaud dit "Bison", frère de Marcel Jassaud, parti de Carantec sur le S'ils te mordent, fut arrêté à Paris le 19 septembre 1943, emprisonné, torturé et exécuté le 21 août 1944 à Heilbronn en Allemagne[60].

Un autre épisode connu est celui du bateau "Saint-Yves" : dans la nuit du 7 juin 1943, une vingtaine de jeunes gens embarquèrent à bord de ce bateau, un petit sablier de 11 mètres, faisant route vers l'Angleterre. Repérés par un convoi de la marine allemande, ils firent le vœu en cas d'heureuse issue de leur évasion, d'offrir une statue de saint Yves à la chapelle Notre-Dame-de-Callot. Ils parvinrent sains et saufs à Fowey.

Par ailleurs, le 31 mars 1944, un avion allié tombe dans un champ de mines dans la presqu'île de Pen-ar-Lann en Carantec, l'appareil explose[69].

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 3 129 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
999 949 1 152 1 222 1 231 1 250 1 230 1 290 1 305
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 320 1 355 1 393 1 387 1 374 1 391 1 636 1 756 1 794
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 641 1 724 1 833 1 925 2 106 2 147 2 210 2 548 2 494
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 -
2 603 2 651 2 527 2 522 2 609 2 724 3 088 3 129 -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[70] puis Insee à partir de 2004[71].)
Histogramme de l'évolution démographique


Commentaire : La population de Carantec a été multipliée par environ 3,5 en deux siècles et l'augmentation a été quasi continue ; la population de la commune a presque doublé dans le courant du XIXe siècle, atteignant un premier maximum en 1896 avec 1794 habitants ( + 845 habitants entre 1800 et 1896, soit + 89,0 en 96 ans). À quelques minimes dents de scie près, elle a également presque constamment augmenté dans le courant du XXe siècle , gagnant 930 habitants entre 1896 et 1999 (+ 51,8 % en 103 ans), quelques fléchissements démographiques temporaires pouvant toutefois être remarqués pour certaines périodes, par exemple entre 1968 et 1975. Le rythme d'augmentation s'est même accéléré das les premières années du XXIe siècle; alors qu'il était de l'ordre de + 10 personnes par an dans le courant des deux siècles précédents, il a été de + 52 personnes par an entre 1999 et 2006 et atteint même + 110 personnes par an entre 2006 et 2008.

Le bourg de Carantec vu de la plage

L'augmentation de la population ces dernières décennies est due uniquement à une immigration nette importante (+ 2,6 % l'an entre 1999 et 2007) car le solde naturel reste négatif ( - 0,5 % l'an entre 1999 et 2007). Entre 1999 et 2008 inclus, le nombre des décès (405 en 9 ans) a été nettement supérieur à celui des naissances (268 en 9 ans), l'accroissement naturel étant donc largement négatif (- 137 personnes en 9 ans), ce qui s'explique par un vieillissement important de la population (en 2007, les 65 ans et plus formaient 28,7 % de la population carantécoise contre 19,4 % pour les 0 à 19 ans ; les 75 ans et plus sont aussi nombreux que les 0 à 14 ans (chacune des deux catégories représentant 14,9 % de la population totale en 2007[72]. L'explication est simple : Carantec est une station balnéaire attractive pour les retraités.

Carantec est un bon exemple de cette littoralisation du peuplement : entre 1999 et 2007, le nombre des logements y est passé de 2181 à 2999, augmentant donc de 818 unités (+ 37,5 % en huit ans); cette augmentation concerne certes le résidences principales (+ 278 unités, soit + 21,2 % en huit ans), mais beaucoup plus les résidences secondaires (+ 497 unités, soit + 63,6 % en huit ans) ; ces dernières forment en 2008 42,6 % du parc immobilier total[73].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs [74]
Période Identité Parti Qualité
(1790) Joseph Du Dresnay
(1858-1896) François de Kergrist (1824-15 février 1908) Ancien secrétaire général de la préfecture du Finistère. Décédé âgé de 84 ans au château de Keromnnès en Carantec
(1896-1904) Alphonse de Kermenguy (1848-1911)
(1904- ) Jean Bohic Suspendu de ses fonctions en 1905 pour avoir fait circuler une pétition pour le maintien du Concordat[75].
(1908-1914) Vicomte François-Marie-Joseph de Kermenguy[76] (1884-1914) petit-fils de François de Kergrist, ancien maire et fils d'Alphonse de Kermenguy. Tué au combat le 17 septembre 1914
(1919-1929) Alexandre Hamon
(1929-1931) Jean Guillerm
(1931-1935) Jacques Bohic
(1935-1941) Jean Lefebvre
(1941-1944) Henri Charles
(1945-1965) Hervé Guillerm
(1965-1977) René Simon
(1977-1979) Albert Gourvil
(1979-1989) André Jacq
(1989-1995) Jacques Pommellet
(1995-2001) André Jacq
depuis 2001 Jean-Guy Gueguen

Héraldique[modifier | modifier le code]

blason

Le blason de Carantec.
D'azur au rocher de trois coupeaux de sable, issant d'une mer ondée d'argent, au chef de contre-hermine.
(Déposé en préfecture le 28 août 1981)

Monuments et sites[modifier | modifier le code]

  • Le château du Taureau (XVIIe siècle), fort construit sur un récif pour protéger la ville de Morlaix des incursions anglaises par la mer. Il est situé sur le territoire de la commune de Plouezoc'h, mais est plus proche de Carantec, port à partir duquel il se visite aisément.
  • L'île Louët, îlot avec son phare, construit en 1857 sur des plans de l'ingénieur Fenoux, et sa maison du gardien, désormais louée comme gîte touristique.
  • L'île Callot, accessible par une chaussée que les marées couvrent et découvrent.
  • L'église Saint-Carantec, de style néogothique, date du XIXe siècle et fut construite par l'architecte de l'époque, M. de Kermenguy. L'abside contient une belle croix de procession (1652) en argent et une autre plus simple devant l'autel.
  • Le manoir du Rohou, construit la fin du XIXe siècle.
Le manoir du Rohou.

Culture[modifier | modifier le code]

Carantec possède un cinéma associatif, le Cinétoile qui propose des films arts & essais ainsi que « grand public » toute l'année.

Musique[modifier | modifier le code]

  • Rhené-Baton a composé Fileuse près de Carantec.
  • La chorale Kanerien Sant Karanteg est l'une des plus anciennes chorales de Bretagne. Elle a connu un nouvel essor sous la direction de Jean Bara en 1976. Dirigée successivement par Thierry Bara, Pierre Moret et, actuellement, par Grégoire Jandin, elle interprète a cappella des pièces traditionnelles des répertoires breton (E Kreiz an Noz), irlandais ou écossais, ainsi que des compositions baroques. Neuf CD ont été enregistrés depuis sa création. Kanerien Sant Karanteg a remporté le premier prix au championnat de Bretagne en 2005 et 2006.[réf. nécessaire]

Légendes[modifier | modifier le code]

  • Le cheval de Satan : Satan voyait avec déplaisir le magnifique clocher du Kreisker à Saint-Pol-de-Léon s'élever dans les airs. Il lança, depuis Carantec, un énorme rocher pur abattre la flèche. Mais l'intervention de Marie fit que Satan rata son but. Le rocher alla s'abattre quatre kilomètres au-delà, au village de Kerc'hoirat où l'on montre les griffes du diable bien marquées dans le roc. Furieux de sa déconvenue, Satan, d'un bond de son cheval, s'enfuit à Santec et se jeta à la mer du haut du rocher[77].

Tableaux et gravures représentant Carantec[modifier | modifier le code]

  • Charles Betremieux : La plage de Carantec (musée des beaux-arts de Valenciennes), peinture.
  • Alexej von Jawlensky : Champ de blé près de Carantec, vers 1905 (musée Albertina de Vienne)[78], peinture.
  • François Hippolyte Lalaisse : Carantécoises (musée des civilisations de l'Europe et de la Méditerranée à Paris), dessin[79].
  • François Hippolyte Lalaisse : Roscoff/Carantec (musée des civilisations de l'Europe et de la Méditerranée à Paris), dessin[80].
  • Hervé Mathé : Brûleurs de goémon à Carantec (Saint-Brieuc ; musée d'art et d'histoire des Côtes-d'Armor.

Commerce[modifier | modifier le code]

Le restaurant de Patrick Jeffroy à Carantec

Jumelages[modifier | modifier le code]

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Joseph Marie Nicolas du Dresnay (né le 21 avril 1791 à Carantec, décédé le 20 décembre 1847 à Morlaix) était le fils de Joseph-Marie-Nicolas Léonard, vicomte du Dresnay, né à Nantes, domicilié à Carantec, et de Marie-Françoise-Félicité Le Forestier de Kerisien, fille du seigneur comte de Boiséon et de Marie-José de Kerouartz, née à Saint-Thomas de Landerneau, domiciliée à Saint-Martin de Morlaix, mariés le 30 juin 1790 à Guiclan[83]. Il fit d'abord une carrière militaire comme officier de cavalerie avant d'être élu député à deux reprises en 1844 et 1846, siégeant dans l'opposition légitimiste à la Monarchie de Juillet. Son décès interrompit son second mandat en 1847[84].
  • Joseph de Kersauson Vieux-Châtel (1851-1913), vicomte, conseiller général, décédé au château du Frout en Carantec. Il était le frère du comte de Kersauson, ancien député.
  • Charles de Gaulle et sa famille ont séjourné plusieurs fois avant la guerre à Carantec. Yvonne de Gaulle et ses enfants ont rejoint le Général à Londres en partant de Carantec.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Carantec, une cité côtière du Léon, Ginette Luce-Lozac'h, 1989, Imprimerie de Bretagne, Morlaix
  • Mémoire en images, Carantec, Pierre Rousseau, Olivier Levasseur, 1995, éditeur Alan Sutton

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Décret du 31 août 1926, Journal officiel du 7 septembre 1926, page 10047, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5768445s/f542.image.r=Carantec.langFR
  2. Louis Chauris, "Minéralisations stanno-wolframifères dans le granite de Carantec (Bretagne)", Comptes rendus hebdomadaires des séances de l'Académie des sciences. Série D, Sciences naturelles, 2 juin 1975, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k57685684/f557.image.r=Carantec.langFR
  3. Journal des débats politiques et littéraires no 228 du 18 août 1922, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4901492/f3.image.r=Carantec.langFR
  4. "Navigazette" du 10 novembre 1910, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k55211079/f17.image.r=Carantec.langFR
  5. http://legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000000351348&dateTexte=20120430
  6. http://patrimoine.region-bretagne.fr/sdx/sribzh/main.xsp?execute=show_document&id=MERIMEEIA29001343
  7. Guillaume Marie Lejean, "Histoire communale du Finistère. (Première partie.) Histoire politique et municipale de la ville et de la communauté de Morlaix, depuis les temps reculés jusqu'à la Révolution française", 1846, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5789163j/f17.image.r=Carantec.langFR
  8. André Delalonde, "La chapelle Notre-Dame de Callot à travers ses livres de comptes", Bulletin de la Société archéologique du Finistère, tome CXXXIII, 2004
  9. Jean-Marie Éléouet, "Statistique agricole générale de l'arrondissement de Morlaix",1849, Brest, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1257176/f105.image.r=Taul%C3%A9.langFR
  10. Journal La Croix no 2220 du 24 octobre 1890, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k212469w/f4.image.r=Carantec.langFR
  11. Témoignage d'Ernest L'Hour, publié dans "Les Nouvelles du Viaduc" no 13, juin 2011
  12. Albert Le Grand, Les vies des saints de la Bretagne Armorique : ensemble un ample catalogue chronologique et historique des evesques d'icelle... et le catalogue de la pluspart des abbés, blazons de leurs armes et autres curieuses recherches", 5e édition, J.Salaun, Quimper, 1901, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5038760/f1090.image.r=Henvic.langFR
  13. Daniel Appriou, "L'Alcide, corsaire de Saint-Malo", éditions Coop Breizh, 1997, [ISBN 978-2-909924-87-8] (en collaboration avec E. Bozellec)
  14. "Annales du sauvetage maritime", Paris, 1891, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5765754v/f324.image.r=Carantec.langFR
  15. "Annales du sauvetage maritime", Paris, 1912, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k58022200/f210.image.r=Carantec.langFR
  16. "Annales du sauvetage maritime", Paris, 1929, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5828429t/f104.image.r=Carantec.langFR
  17. Journal Ouest-Éclair no 3890 du 16 septembre 1909, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k642289h/f2.image.r=Carantec.langFR
  18. Journal Ouest-Éclair no 12698 du 13 août 1931 consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k498973h/f4.image.r=Carantec.langFR
  19. Journal Ouest-Éclair no 13556 du 18 décembre 1933, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k659496h/f4.image.r=Carantec.langFR
  20. http://www.infobretagne.com/carantec.htm
  21. Anne Dumas, "Les aventures de Carantec, le moine pérégrin", éditions Bénévent, 2009, (ISBN 2756311731), consultable http://cdigarches.free.fr/pdf/101012_les-aventures-de-carantec_site.pdf
  22. "Bulletin de la Société archéologique du Finistère", 1911, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207700g/f43
  23. Pol Potier de Courcy, "Nobiliaire de Bretagne, ou Tableau de l'aristocratie bretonne depuis l'établissement de la féodalité jusqu'à nos jours", Saint-Pol-de-Léon, 1846
  24. http://www.commune-taule.fr/web/sites_remarquables.html
  25. "Bulletin diocésain d'histoire et d'archéologie", Kerangal, Quimper, 1924
  26. J. Madival et E. Laurent, "Archives parlementaires de 1787 à 1860 : recueil complet des débats législatifs et politiques des Chambres françaises" , imprimé par ordre du Corps législatif. 1er série, 1787-1799, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k480097g/f496.image.r=Locquenole.langFR
  27. Jacques Cambry, "Voyage dans le Finistère", consultable http://books.google.com/books?hl=fr&id=Rm32310wpkIC&dq=familleperche&q=Panais#v=snippet&q=Panais&f=false
  28. Jean-Marie Éléouet, " Statistique agricole générale de l'arrondissement de Morlaix", imprimerie de J.-B. Lefournier aîné (Brest), 1849, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1257176/f2.image.r=bovins.langFR
  29. Compte-rendu et procès-verbaux, " Association bretonne, Classe d'agriculture", Saint-Brieuc, 1901, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5566957m/f68.image.r=Ploudaniel.langFR et http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5566957m/f91.image.r=Ploudaniel.langFR
  30. Antoine Favé, Les faucheurs de la mer en Léon (récolte du goémon aux XVIIe et XVIIIe siècles), "Bulletin de la Société archéologique du Finistère", 1906, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2076777/f196.image
  31. a et b Léon Aucoc, "Des sections de commune et des biens communaux qui leur appartiennent", 1864
  32. http://www.scribd.com/doc/44947/Histoire-de-la-ligne-de-chemin-de-fer-Morlaix-Roscoff
  33. Journal Ouest-Éclair no 4967 du 4 août 1912
  34. Journal Le Figaro, no 239 du 26 août 1924
  35. Journal Ouest-Éclair no 12701 du 13 août 1931
  36. Journal Ouest-Éclair no 1745 du 30 mai 1904
  37. Journal Ouest-Éclair no 14754 du 1er avril 1937
  38. Journal Ouest-Éclair no 345 du 19 juillet 1900
  39. Journal Ouest-Éclair no 1094 du 14 août 1902, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k639699s/f2.r=Carantec.langFR
  40. Journal Le Temps no 15017 du 26 juillet 1902
  41. "Bulletin des Congrégations", n° du 17 août 1902, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5757741k/f9.image.r=Carantec.langFR
  42. Journal Le Temps no 15036 du 14 août 1902
  43. Adolphe Joanne, "Dictionnaire géographique et administratif de la France et de ses colonies", 1890-1905, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k733913/f161.image.r=Carantec.langFR
  44. Revue "Le Yacht", no 2357 du 26 mai 1928, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5859674g/f12.image.r=Carantec.langFR
  45. Jean Nédélec, né le 3 juillet 1919 à La Rochelle, mais qui a passé son enfance à Locquénolé, décédé le 20 décembre 1995 à La Grande-Motte
  46. http://monotypedecarantec.monsite-orange.fr/page2/index.html et http://cnsl.naoonet.free.fr/dossiers/editer.php3?cle=180
  47. http://www.chantier-naval-sibiril.com/index.html
  48. http://www.bretagne-info-nautisme.fr/Un-repreneur-pour-le-chantier.html?lang=fr&retour=back
  49. Journal Le Temps no 22148 du 26 mars 1922, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k244690d/f4.image.r=Locquenole.langFR
  50. Journal Le Temps no 22148 du 26 ars 1922, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k244690d/f4.image.r=Locquenole.langFR
  51. Journal Ouest-Éclair no 8599 du 5 mai 1925
  52. Journal Ouest-Éclair no 8759 du 1er octobre 1925, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k648156p/f3.image.r=Carantec.langFR
  53. Capitaine au long cours depuis 1908 à la compagnie "Chargeurs Réunis", puis à la "Transatlantique", le commandant Bernicot dessina lui-même son cotre
  54. Louis Bernicot, "La croisière d'Anahita", Gallimard, 1939
  55. Journal Ouest-Éclair no 15177 du 31 mai 1938
  56. http://www.memorial-genweb.org/~memorial2/html/fr/resultcommune.php?act=view&insee=29023&pays=France&dpt=29&idsource=13294&table=bp02&lettre=&debut=50
  57. http://recherches.historiques-leconquet.over-blog.com/article-28131713.html
  58. http://recherches.historiques-leconquet.over-blog.com/article-28115158.html
  59. Ernest Sibiril, sa femme et leur fils Alain faillirent être arrêtés le 18 juillet 1943 et trouvèrent refuge à Brest
  60. a et b http://evasions.par.mer.carantec.filiere.sibiril.over-blog.com/10-categorie-2375155.html
  61. A Fut aviateur engagé dans les Forces françaises libres et devint après la guerre, PDG d'industrie
  62. Engagé dans l'armée de terre, il fit la Campagne d'Italie
  63. Engagé dans le BCRA (deuxième bureau de renseignements), il fut capturé lors d'une mission en France et déporté dans un camp de concentration
  64. Cousin de Gwenn-Aël Bolloré, engagé dans l'armée de terre comme motocycliste ; après la guerre, fait de l'import-export en Afrique
  65. Marin-pêcheur ; engagé dans les Forces navales françaises libres ; périt en mer en mars 1951
  66. Cousin d'Étienne Couliou ; marin-pêcheur ; engagé dans les Forces françaises libres ; périt en mer en novembre 1954
  67. Le nom du bateau s'explique par la devise de la ville de Morlaix : « S'ils te mordent, mordilles ! »
  68. http://www.france-libre.net/temoignages-documents/temoignages/guerre-du-petit-cotre.php
  69. Éric Rondel, La Bretagne bombardée, 1940-1944, éditions Ouest et Cie, 2011, [ISBN 9-782364-28007-6]
  70. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  71. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2011
  72. recensement.insee.fr
  73. recensement.insee.fr
  74. Archives du Finistère
  75. Journal Ouest-Éclair no 2057 du 10 octobre 1905
  76. Le vicomte François Marie Joseph de Kermenguy est né le 14 novembre 1884
  77. Journal Ouest-Éclair no 3527 du 14 septembre 1908, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k641922p.r=Carantec.langFR
  78. http://enfinlivre.blog.lemonde.fr/2012/06/20/jawlensky-a-carantec Jawlensky à Carantec
  79. http://www.culture.gouv.fr/Wave/image/joconde/0459/m500201_08-509743_p.jpg
  80. http://www.culture.gouv.fr/Wave/image/joconde/0459/m500201_08-509742_p.jpg
  81. http://restaurant.michelin.fr/restaurant/france/29660-carantec/patrick-jeffroy/2bm9rwc?FromPoiList=/restaurants/france/29660-carantec/restaurants-michelin
  82. http://www.gaultmillau.fr/restaurant/bretagne/carantec-29660/restaurant-patrick-jeffroy-6167/
  83. http://www.infobretagne.com/guiclan.htm
  84. http://www.assemblee-nationale.fr/sycomore/fiche.asp?num_dept=18055 et René Kerviler, "Répertoire général de bio-bibliographie bretonne", fascicule 34, tome 12, 1886-1908, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5816149n/f21.image.r=Carantec.langFR

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