Goulven (Finistère)

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Goulven
Image illustrative de l'article Goulven (Finistère)
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bretagne
Département Finistère
Arrondissement Brest
Canton Lesneven
Intercommunalité Communauté de communes du Pays de Lesneven et de la côte des Légendes
Maire
Mandat
Yves Iliou
2014-2020
Code postal 29890
Code commune 29064
Démographie
Gentilé Goulvinois
Population
municipale
448 hab. (2011)
Densité 70 hab./km2
Population
aire urbaine
25 712 hab.
Géographie
Coordonnées 48° 37′ 48″ N 4° 17′ 58″ O / 48.63, -4.29944448° 37′ 48″ Nord 4° 17′ 58″ Ouest / 48.63, -4.299444  
Superficie 6,38 km2
Localisation

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Goulven

Goulven [gulvɛ̃] (en breton : Goulc'hen) est une commune du département du Finistère, dans la région Bretagne, en France.

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

Goulven se trouve en bordure du littoral de la Manche en bordure de la "Grève de Goulven", ou "Baie de Goulven", dont l'estran se découvre sur plusieurs kilomètresm à marée basse, entre Plounéour-Trez et Plouescat. Les Dunes de Keremma, toutes proches sont en majeure partie situées sur le territoire de la commune voisine de Tréflez.

La baie de Goulven[modifier | modifier le code]

Carte particulière des côtes de Bretagne de l' Anse de Goulven à l'île d'Ouessant.

La baie de Goulven est connue comme étant une réserve ornithologique importante : bernaches, canards, avocettes, aigrettes, spatules… et nombreux petits limicoles.

Ce site protégé de plus de 180 hectares abrite chaque année des milliers d'oiseaux qui viennent se réfugier dans les herbes ou îlots rocheux au loin, à l'abri des prédateurs et des curieux. D'autres préfèrent la tranquillité de l'étang et sa roselière derrière la digue.

Au printemps, certaines espèces nichent même dans les dunes, ou en haut de plage.

Dans cet espace, on peut découvrir également une flore très riche. En effet, le fond botanique de cet écosystème est composé de près de 600 espèces de plantes.

La baie de Goulven est le résultat d'un fragile équilibre entre les éléments naturels et l'homme. En effet, elle met en présence un milieu marin, un milieu côtier avec ses plages, ses vasières, ses herbus, un marais avec ses eaux saumâtres et ses eaux douces, et une digue construite en 1823 par Louis Rousseau (père d'Armand Rousseau).

Histoire[modifier | modifier le code]

Étymologie et origines[modifier | modifier le code]

La paroisse de Goulven faisait partie de l'archidiaconé de Kemenet-Ily relevant de l'évêché de Léon et était sous le vocable de saint Goulven. Elle est issue d'un démembrement de la paroisse primitive de Plouider.

Deux versions de la création de Goulven par le saint éponyme existent : soit saint Goulven aurait construit un ermitage autour duquel un village se serait progressivement aggloméré, soit le comte Even aurait fait appel à l'aide de Goulven pour vaincre les envahisseurs normands[1] et pour le remercier, le comte aurait fait construire l'ermitage.

Goulven, attiré par la solitude, finit par se retirer dans les bois, face à la mer, construisit son ermitage sous le nom de penity sant goulven, et planta trois croix pour marquer son parcours quotidien autour du minihi (sur la future paroisse de Goulven). Il mena une vie religieuse rythmée par la prière, la pénitence et le travail en compagnie d’un disciple nommé Maden, tout en accomplissant des miracles. « Le bruit et la renommée de sa Sainteté s'épandit de toute part, en sorte que le peuple venoit visiter en foule » écrit Albert Le Grand.

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Le roi de France François Ier accorda en 1544 aux barons de Penmarc'h[2] (dans l'actuelle commune de Saint-Frégant), protecteurs de Goulven, le droit de foire. La "Maison de Saint-Goulven", en plein bourg, est une ancienne auberge qui date de l'époque des premières foires de Goulven ; elle accueillait également les nombreux pèlerins venus honorer saint Goulven. Un passage voûté traversant le bâtiment donne accès à la cour et aux écuries ; à l'arrière, une tourelle abrite un escalier à vis en pierre, permettant d'accéder à l'étage[3].

Époque moderne[modifier | modifier le code]

En 1593 débute la construction du clocher de l'église de Goulven, achevé en 1639, de style Louis XIII[4]. La disproportion du clocher par rapport au reste de l'édifice révèle le désir des habitants de montrer leur aisance financière[5].

Au XVIIIe siècle, Jacques Cambry écrit que Goulven est le « pays le plus fécond et le mieux cultivé du district ».

La récolte du goémon[modifier | modifier le code]

La collecte du goémon a suscité pendant des siècles de nombreuses querelles entre les habitants des paroisses littorales, comme l'écrit Antoine Favé :

« Du Corréjou à l'anse de Kernic, nous sommes sur les lignes d'un littoral aussi fertile en discussions héroïques, en batteries classiques, en procès interminables, qu'en gros temps et mauvais temps. Les administrateurs, les juges, les agents vigilants de la douane et de la maréchaussée, furent bien souvent mis sur les dents par les disputes, maintes fois meurtrières, de Plounéour-Trez, Goulven, Tréflez, Plounévez-Lochrist, Cléder, au sujet des délimitations de territoires et de questions de propriété touchant cette question vitale de la récolte du goémon[6]. »

H. Soutré, recteur de la paroisse de Goulven, dans une lettre du 16 décembre 1774 adressée à l'évêque de Léon Jean-François de la Marche en réponse à son enquête sur la mendicité, écrit (l'orthographe de l'époque a été respectée) :

« Pour ce qui est de la grève, l'unique moyen d'obvier à tout différent seroit de poser des bornes solides pour chaque paroisse, parce que les rivières ou ruisseaux qui en font ordinairement la séparation, sont sujets à changer de plan par le flux et le reflux de la mer. Ces deux dernières années, tout a été tranquille dans ce quartier[7]. »

Le XIXe siècle[modifier | modifier le code]

L'épidémie de variole de 1864[modifier | modifier le code]

En 1864, 1 517 cas de variole sont recensés dans le département du Finistère, dont de nombreux cas dans le canton de Lesneven :

« La variole a fait de nombreuses victimes dans plusieurs communes du canton : Plouider, Ploudaniel et Kernouës ont été les communes les plus éprouvées : les cas de mort y ont été nombreux. Plounéour-Trez, Kerlouan, Goulven ont eu aussi beaucoup de malades, mais la mortalité y a été moins sensible[8]. »

Le XXe siècle[modifier | modifier le code]

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Jumelages[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
531 622 605 739 749 752 751 797 798
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
788 779 859 849 820 750 730 750 761
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
780 813 781 752 757 705 725 647 602
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2008 2011
561 510 444 470 482 447 452 454 448
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[9] puis Insee à partir de 2004[10].)
Histogramme de l'évolution démographique

Monuments[modifier | modifier le code]

Église de Saint-Goulven et son clocher[modifier | modifier le code]

Le plus beau témoignage de la popularité de saint Goulven, dans la paroisse et dans le Léon, est certainement le superbe clocher Renaissance daté à sa base de 1598. Celui-ci, finement sculpté sur ses 58 mètres de haut, est, sans aucun doute, l'un des plus beaux du Finistère, au même titre que ceux de la basilique Notre-Dame du Folgoët et du Kreisker à Saint-Pol-de-Léon, ressemblant aussi à ceux de Pleyben et de Saint-Thégonnec.

L'église, de style gothique, est quant à elle plus sobre, mais mérite tout de même une attention particulière. À l'intérieur, les scènes évangéliques peintes sur le devant de l'autel sont d'une grande qualité artistique. Le maître-autel en kersanton est divisé sur sa façade en quinze arcades flamboyantes et porte une frise de feuillages largemement sculptée. Les sculptures en bois polychrome de l'autel côté nord valent d'être admirées. Chacune des scènes, très colorées et naïves, raconte un miracle de saint Goulven. Celui-ci est encore honoré dans le vitrail moderne du chœur et sur une peinture du plafond de la chapelle latérale. Réalisée au XVIIe siècle, elle représente le comte Even et ses hommes d'armes, remerciant Goulven après un combat livré contre les Normands. Le saint, par ses prières, avait donné la victoire à Even qui débarrassa ainsi le pays des barbares. Le buffet d'orgues date aussi du gothique flamboyant[11]. Le porche est daté de 1505 et est de style gothique en dépit de la date tardive car ce style a alors perduré en Basse-Bretagne.

L'ossuaire porte la date de 1709 mais a été très remanié par la suite. En 1880, la crypte souterraine de l'ossuaire fut ouverte et on y trouva un reliquaire contenant un bras de saint Goulven[5].

Fontaine de Saint-Goulven[modifier | modifier le code]

Saint Goulven venait de naître peu après le débarquement de ses parents sur le rivage voisin. Complètement démuni, ne trouvant pas une goutte d'eau pour étancher la soif de la mère et de l'enfant, Glaudan le père invoqua Dieu. Aussitôt jaillit en ce lieu une source où l'on édifia une fontaine.

Ce monument de style Renaissance est entouré d'une enceinte carrée sur laquelle sont disposés des bancs de granit pour les pèlerins et malades. À l'intérieur du mur latéral gauche, est encastré un sarcophage qui passe pour avoir été le lit de saint Goulven. Les malades s'y étendaient dans l'espoir d'être guéris. Dans le mur du fond, une ruche formée abrite une statue en granit de saint Goulven, représenté en évêque de Léon. Le premier dimanche de juillet, jour du pardon, on venait en procession jusqu'à la fontaine. Le célébrant y plongeait le reliquaire contenant un os du bras du saint afin de renouveler les vertus miraculeuses et curatives des eaux[12].

La chapelle du Pénity[modifier | modifier le code]

La Chapelle du Pénity (Pénity signifie "ermitage" en français ; elle a été construite à l'emplacement supposé de l'ermitage de saint Goulven) date de 1670. Elle est surmontée d'un clocheton et est maintenant désaffectée pour le culte, servant de lieu d'exposition[13].

Monument aux morts de 1914-1918[modifier | modifier le code]

Monument aux morts de 1914-1918.

Naissances[modifier | modifier le code]

Décès[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Peut-être lors de la bataille de Runéven (en Plouider) qui se serait peut-être déroulée en 936
  2. http://fr.topic-topos.com/chateau-de-penmarch-saint-fregant
  3. http://fr.topic-topos.com/maison-de-saint-goulven-goulven
  4. http://www.infobretagne.com/goulven.htm
  5. a et b Noémie Ledouble et Colette Vlérick, Lesneven et la Côte des Légendes, Keltia Graphic, 2007 [ISBN 978-2-35313-019-1]
  6. Antoine Favé, Les faucheurs de la mer en Léon (récolte du goémon aux XVIIème et XVIIIème siècles), "Bulletin de la Société archéologique du Finistère", 1906, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2076777/f174.image
  7. Antoine Favé, Les faucheurs de la mer en Léon (récolte du goémon aux XVIIème et XVIIIème siècles), "Bulletin de la Société archéologique du Finistère", 1906, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2076777/f177.image
  8. Henri-Marie Husson, Rapport sur les vaccinations pratiquées en France ..., Imprimerie impériale, 1866, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6361337z/f73.image.r=Ploudaniel.langFR
  9. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  10. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2008, 2011
  11. Albert Le Grand, " Les vies des saints de la Bretagne Armorique", J. Salaun, Quimper, 1901, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5038760.hl.r=pleyben.f325.langFR
  12. Panneau de présentation sur le site de la fontaine de saint Goulven
  13. http://fr.topic-topos.com/chapelle-du-penity-goulven

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]