Royaume de Bretagne

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Royaume de Bretagne
Rouantelezh Breizh br

851936

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Le royaume de Bretagne, frontières de 845 à 867

Informations générales
Religion catholicisme
Histoire et événements
24 janvier 845 Bataille de Ballon
22 août 851 Bataille de Jengland
867 Traité de Compiègne
(extension maximale du royaume)
888 Bataille de Questembert
1er août 939 Bataille de Trans
Rois de Bretagne
851-857 Erispoë
857-874 Salomon
890-907 Alain Ier
908-913 Gourmaëlon

Entités précédentes :

Entités suivantes :

Le Royaume de Bretagne est une entité éphémère de l'histoire de la Bretagne qui commence en 851 avec les revendications d'Erispoë, puis de Salomon, avant de sombrer dans une période de troubles due à la querelle de succession qui opposent les assassins de ce dernier, Gurwant et Pascweten. Le frère de Pascweten, Alain Ier, dit le Grand, sera le troisième et le dernier à se voir reconnu le titre de roi de Bretagne[1]. À sa mort, en 907, s'ouvre avec son petit fils, Alain Barbetorte, comte de toute la Bretagne, la période dite du duché de Bretagne jusqu'à la réunion de celui-ci à la France en 1532.

Histoire du Royaume de Bretagne[modifier | modifier le code]

Article connexe : Armorique au Haut Moyen Âge.

Ensemble de petits royaumes jusqu'à la fin du VIIIe siècle, la Bretagne est envahie une première fois par l'armée franque au cours du règne de Charlemagne, sans succès. Plusieurs expéditions identiques furent lancées de 801 à 837 sans parvenir à pacifier de manière durable la Bretagne. Afin de faire entrer la Bretagne dans l'aire d'influence de l'empire, Louis le Pieux nomme Nominoë, noble breton, à la tête du pays. Nommé missus imperatoris par l'empereur, il est chargé d'administrer la province au nom de celui-ci.

À la mort de Louis le Pieux, profitant des incursions vikings et des nombreuses querelles dynastiques, les troupes bretonnes battent celles de Charles le Chauve, fils de Louis le Pieux, roi de Francie occidentale, au lieu dit de Ballon près de Redon, le 24 janvier 845. Sur ce site marécageux, les rapides cavaliers bretons empêchent la lourde infanterie franque de manœuvrer.

L'année suivante, un traité de paix est signé entre les deux belligérants. Ce document dont le contenu exact nous est inconnu fige la situation et permet à Nominoë de renforcer son autorité sur le territoire. Il s'emploie particulièrement à mettre en place une église bretonne et à remplacer les évêques francs lui étant hostiles par des hommes lui étant favorables. En 849, Nominoë se fait couronner à Dol et parvient à se faire reconnaître par le pape Léon IV. L'année suivante, Nominoë passe à l'offensive. Il prend Rennes et Nantes, puis Angers. Toutefois son décès, le 7 mars 850, marque un coup d'arrêt dans l'offensive et voit le repli des Bretons sur leurs terres.

Son fils Erispoë lui succède. L'empereur croyant que l'heure de la revanche a sonné passe à l'offensive, mais est défait par les troupes bretonnes le 22 août 851 à la bataille de Jengland. La débâcle est totale pour Charles qui s'enfuit à Angers en abandonnant ses troupes. Lors du pillage du camp par l'armée bretonne, Erispoë aurait prononcé ces paroles légendaires : « Doue zo en neñv ha tiern e Breizh » (en français : « il y a Dieu au ciel et un chef en Bretagne »). Le royaume de Bretagne devient alors un royaume subordonné comme il en existe dans l'empire franc[2]. C'est un premier âge d'or pour le jeune royaume breton qui doit toutefois lutter contre les razzias vikings de plus en plus nombreuses. Une alliance politique afin de faire face au fléau est réalisée entre la France et la Bretagne, laquelle est scellée par un mariage en 856. Mais la politique d'Erispoë ne plaît pas à tout le monde. Il est assassiné la même année par son cousin Salomon.

Après une période d'instabilité politique, ce dernier parvient à s'imposer comme héritier légitime. Durant son règne, le royaume de Bretagne atteint son apogée. En effet, Salomon est un fin politicien. Il s'allie aux Danois afin de lutter contre les Francs puis pille Le Mans avec l'aide des Normands. Charles le Chauve, qui projette une nouvelle expédition punitive sur les territoires bretons, se résout finalement à négocier, et cela à deux reprises, en 863 et 867. Par ces traités, la Bretagne obtient la totalité du Cotentin et du Maine. En 873, Salomon change une nouvelle fois de stratégie et s'allie à Charles afin de reprendre Angers aux Vikings. En détournant le cours de la rivière, les Bretons amputent les Vikings de leur principale flotte. La ville est à prendre mais Charles préfère négocier.

L'église bretonne, dont les principaux dignitaires finissent par disparaître, revient progressivement dans la sphère d'influence de l'église franque. Très puissant, Salomon se déplace entouré d'un cour importante et met en place une administration efficace. Cette puissance s'exprime notamment par les cadeaux qu'il fait aux autres souverains.

En 874, Salomon, craignant pour son repos éternel abandonne le pouvoir et entre dans le monastère de Pléan où repose déjà sa femme Wembrit. Toutefois, il est rattrapé par ses ennemis qui le livrent aux Francs, lesquels lui crèvent les yeux. Frappé par sa fin tragique, le peuple breton en fait un martyr.

Ses assassins ne tardent pas à se disputer le pouvoir, Pascweten, comte de Vannes, époux de Proslon (la fille de Salomon), s'oppose à Gurwant, le gendre d'Erispoë. Le premier a de son côté le plus grand nombre de combattants et n'hésite pas à enrôler des mercenaires vikings. Au second, il reste le courage. Lors d'un premier affrontement, les rangs de Pascweten sont décimés, mais il revient rapidement avec une nouvelle armée. Gurwant, pourtant malade, remporte une nouvelle fois la victoire, mais meurt en 876, suivi de peu par son rival.

À Pascweten, succède son frère Alain et à Gurwant, son fils Judicaël; la guerre reprend. En 877, le royaume de Francie occidentale est également déchiré par des guerres de succession. Les deux royaumes sont par conséquent des proies faciles pour les envahisseurs normands. Dix ans de lutte rapprochent les rivaux Alain et Judicaël qui s'unissent contre l'ennemi viking. Les Bretons remportent plusieurs victoires, parmi laquelle celle de Questembert en 888. C'est au cours de cette bataille que Judicaël trouve la mort. À partir de 890, Alain peut songer à reconstruire la puissance bretonne, ce qu'il parvient à faire avant de mourir en 907. Il fut surnommé « le Grand » par ses contemporains.

Incursions Vikings des IXe et Xe siècle en Bretagne.

Lui succède Gourmaëlon, comte de Cornouaille, vite disparu dans la tourmente qui s'abat sur l'Ouest à partir de 919. Une vague d'invasions normandes submerge toutes les défenses. Pour la Bretagne, les heures sombres sont revenues. Après avoir colonisé la Normandie, les Vikings cherchent à faire de même avec la Bretagne et leur chef Ranold fonde une principauté autour de Nantes. C'est le début d'une longue période de crise pour la Bretagne qui a perdu son indépendance au profit de l'envahisseur viking. Les principaux monastères sont pillés et plusieurs Bretons choisissent l'exil dans l'île des origines : la Grande-Bretagne. Parmi eux, Mathuedoï, comte de Poher, gendre d'Alain le Grand, accompagné de son fils Alain... La Bretagne semble abandonnée de tous ; elle est même concédée officiellement par les Francs aux Vikings. Mais en 935, Jean, abbé de Landévénnec revient afin de préparer la reconquête. Quelques mois plus tard, Alain Barbetorte, le fils de Mathuedoï, débarque en Bretagne. Ce dernier écrase plusieurs troupes normandes à Dol et Saint-Brieuc, puis se rend maître de Nantes, centre de la puissance viking, en 937. Les succès se poursuivent et les Normands se retranchent dans un camp fortifié à Trans. Pour en venir à bout, une armée de Bretons et de Francs, commandée par Alain Barbetorte, Juhel, comte de Rennes et Hugon, comte du Mans, se rassemble. Le 1er août 939, les Vikings sont battus, le camp est rasé et le péril normand définitivement écarté.

À la tête d'une Bretagne affaiblie, réduite aux frontières qui était siennes du temps de Nominoë, Alain Barbetorte ne peut prétendre au titre de roi et ne sera que duc. Il prête hommage à Louis IV, roi de France, en 942[3],[4]. À l'origine, "Dux" désigne un chef d'armée puis un territoire ; mais, pour l'heure, la Bretagne participe encore aux luttes qui opposent les grands princes de Francie occidentale.

Article connexe : Duché de Bretagne.

Annexes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Les rois de Bretagne IVe-Xe siècle, de Tourault
  2. Jean Kerhervé. Au temps de l'indépendance, Historia n°740 Août 2008 pages 48-53.
  3. John T. Koch. Celtic culture : a historical encyclopedia. ABC Clio Eds (2006) p34.
  4. Joëlle Quaghebeur. La Cornouaille du IXe au XIIe siècle : Mémoire, pouvoirs, noblesse. Société archéologique du Finistère (2001) p83.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Secher,R. et Le Honzec,R.: Histoire de Bretagne, 830-1341, Du royaume au duché T.2,ed Secher 1992
  • Poisson,H. et Le Mat, JP.: Histoire de Bretagne, p.47 à p.61, Coop Breizh 1993
  • Nicolas,M.: Le royaume de Bretagne, Belain 1999