Passepied

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Passepied de opéra-entracte «L'Os de chagrin»

Le passepied (ou passe-pied, ou Pach-pi en breton) est une danse traditionnelle européenne originaire de Bretagne. Il s'agit d'une danse à trois temps, vive et gaie, proche du menuet, mais plus rustique[1]. Le mot est attesté dès 1532.

Le passepied désigne également la musique qui accompagne et rythme la danse. Généralement de signature 3/8 ou 3/4, il comporte des hémioles destinées à induire de courts passages binaires dans ce mouvement ternaire[2].

Cette danse apparaît parfois dans la suite, souvent placé entre la sarabande et la gigue.

Exemples de passepieds :

Mme de Sévigné a décrit plusieurs fois dans ses lettres les figures du passe-pied[4].

En Bretagne[modifier | modifier le code]

Thoinot Arbeau dans son Orchésographie assimile passepied et trihori, probablement à tort. Si cette dernière danse est bien l'ancêtre de la dañs tro (gavotte), il ne semble pas qu'on puisse établir un lien avec le passepied. Mentionné dès le XVIe siècle, les auteurs s'accordent toujours sur son origine bretonne. A cette époque, il est encore en vogue dans l'aristocratie : en 1689, Mme de Sévigné assiste à une démonstration de passepied par le fils et la bru du sénéchal de Rennes. Il est très difficile cependant de préciser la nature du lien entre passepied de cour et passepied de tradition populaire.

Le passepied de tradition populaire qui est parvenu jusqu'à nous est une ronde qui alterne toujours deux parties. La première est un déplacement, en pas de marche ou de galop, la seconde s'effectuant sur place, avec le pas spécifique qui la caractérise. On ne le retrouve plus guère aujourd'hui que dans quelques terroirs où la tradition est restée vivante et n'a pas été vaincue par les évolutions de la danse bretonne du XVIe au XIXe siècle. Il a été supplanté par de nouvelles danses, voire par de simples airs à marcher comme dans le nord de l'Ille-et-Vilaine.

Il existe encore en danse autonome, par exemple le passepied de Plaintel. Mais il a également été intégré dans des suites de danse :

  • le bal paludier est un passepied
  • dans la suite de Loudéac, il forme le quatrième mouvement et est appelé riqueuniée
  • dans la suite Treger, il forme le troisième mouvement (mais avec les hommes à l'extérieur et les femmes dans la ronde intérieure)
  • dans une suite de gavotte, il peut remplacer le bal (deuxième mouvement) ou former un quatrième mouvement supplémentaire (à la manière de la gavottenn podou fer). On l'appelle alors le pach-pi.

En Belgique[modifier | modifier le code]

En Wallonie, on connaît également une forme de danse appelée passepied (ou passepîd) dans la région de Liège.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le menuet est souvent associé à la musique de cour.
  2. Olivier Miquel, L'écriture musicale, vol. II, chap. 12.
  3. François-René Tranchefort (dir.), Guide de la musique de piano et de clavecin, Paris, Fayard, coll. « Les indispensables de la musique »,‎ 1987, 870 p. (ISBN 978-2213016399), p. 606
  4. Deux Lettres de Madame de Sévigné genealogie22.org