Vicomté de Léon

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La Vicomté de Léon, dans le nord-ouest de la Bretagne, a existé depuis au moins le milieu du XIe siècle et a disparu à la fin du XIIIe siècle. Son territoire correspondait peu ou prou avec celui de l'Évêché de Léon et à la majeure partie de l'ancien Pays de Léon, dénommé alors Comté de Léon avant la partition de 1176 qui donne naissance à la Vicomté de Léon et, au profit d'une branche cadette, à la Seigneurie de Léon[1].

Article détaillé : Pays de Léon.

La partition de l'ancien comté de Léon[modifier | modifier le code]

Entre 1154 et 1189, Henri II Plantagenêt règne sur la Normandie, le comté d'Anjou et l'Angleterre. De par son mariage avec Aliénor d'Aquitaine, il contrôle aussi l'Aquitaine. La Bretagne se trouve au centre de cet immense territoire. Les comtes de Léon font face à l'emprise des Plantagenêts et se révoltent sans succès au moins six fois à partir de 1167. À chaque révolte, Henri II Plantagenêt vient en personne ou délègue son armée pour mater le comte le Léon. En 1180, le combat est définitivement perdu et le comté de Léon est démantelé[2].

Les vicomtes de Léon vont continuer à contrôler Brest et Lesneven, mais pas Morlaix qui devient une ville ducale. La branche cadette obtient les territoires de Daoulas, Landerneau et Landivisiau jusqu'à Penzé. Le duc de Bretagne Jean Ier le Roux s'empare de Lesneven en 1216 et de Brest en 1240, provoquant la disparition de la branche aînée des vicomtes de Léon. En revanche, malgré quelques vicissitudes, la branche cadette parvient à se maintenir autour de son fief de La Roche-Maurice pendant 8 générations (de Hervé Ier à Hervé VIII). Vers 1240 elle se révolte et tente de contrer l'avancée du duc de Bretagne en Léon. Le château de la Roche-Maurice est probablement alors détruit.

Liste des vicomtes de Léon[modifier | modifier le code]

La liste des vicomtes de Léon est très incertaine[3] ; on dispose de plusieurs généalogies manuscrites, mais parfois contradictoires[4]. Vers 824, le roi de France Louis le Pieux organise une expédition contre un chef breton dénommé Guyomarch, sans doute un ancêtre des vicomtes de Léon, dont plusieurs se prénommèrent par la suite Guyomarch[5].

On peut toutefois en proposer la liste suivante[3], forcément incomplète, les premiers vicomtes de Léon restant inconnus :

La Croix de Croas Melar en Commana commémore la bataille de 1169 ou 1170 au cours de laquelle le vicomte de Léon Guyomarch IV fut fait prisonnier
Article détaillé : Seigneurie de Léon.
  • Guyomarch V de Léon, mort vers 1210, ne contrôle plus qu'une partie du Léon, perdant entre autres le contrôle de Morlaix, en raison de l'opposition de son père à Henri II d'Angleterre, contre qui il se bat, réussissant, avec l'aide de son frère Hervé, à reprendre le contrôle de la ville ainsi que de Châteauneuf-du-Faou, en 1186. Il finit toutefois par accepter l'autorité de Geoffroy II de Bretagne. En 1196, il soutient Constance de Bretagne, veuve de Geoffroy II Plantagenêt, et son fils Arthur qu'il accueille à Brest. Il est présenté parfois comme un personnage brutal et cynique. C'est probablement lui qui a fait construire le donjon du château de La Roche-Maurice.
  • Conan Ier de Léon (dit "le Bref"), décédé avant 1231, fut capturé, ainsi que duc de Bretagne Arthur Ier en 1202 alors qu'ils assiégeaient Mirebeau où était réfugiée Aliénor d'Aquitaine, grand-mère d'Arthur Ier, mais qui soutenait son autre petit-fils Jean sans Terre dans la revendication du trône d'Angleterre laissé vacant par le décès de Richard Cœur de Lion en 1199. Emprisonné au château de Chinon, il est libéré en juin 1205 par les troupes de Philippe Auguste. Entre 1214 et 1216, le Léon est envahi par Pierre de Dreux, dit Mauclerc, qui conquiert Lesneven en 1216. La rébellion menée par de nombreux nobles bretons et à laquelle participe Conan le Bref, est matée lors de la bataille de Châteaubriant en 1222, et ces nobles doivent accepter Pierre Mauclerc, époux d'Alix de Thouars, héritière du duché, comme nouveau duc de Bretagne. Conan Ier avait épousé la sœur (dont le nom reste inconnu) d'Alain, comte de Goëlo et héritier de la Penthièvre.
  • Guyomarch VI de Léon, mort vers 1239, a peut-être participé à la bataille de Bouvines et à la révolte de 1222 contre Pierre Mauclerc (Pierre Ier de Bretagne). En 1231, par défi à l'encontre du duc de Bretagne Pierre Mauclerc, soutenu par le roi d'Angleterre Henri III, il fait hommage de tous ses fiefs au roi de France Louis IX, mais rend hommage à Jean Ier le Roux, nouveau duc de Bretagne, en 1237, mais ne tarde pas à entrer en guerre contre lui.
  • Hervé III de Léon (vers 1239 - vers 1265) cède en mars 1240 Brest (la ville, le port et le château) au duc de Bretagne. Son épouse est Margelie. Le castellum (château) de Quimperlé est incendié en 1241 par un membre de sa famille, dénommé Hervé de Léon.
  • Hervé IV de Léon (avant 1271 -après 1298) gaspilla en quelques années tous les biens de sa famille, cédant par exemple en 1274 Le Conquet pour 1500 livres, les péages de Saint-Mathieu en août 1275, Plouarzel et Plougonvelin la même année, Saint-Renan, le manoir de Damani et toutes ses propriétés subsistantes dans les trois évêchés de Léon, Tréguier et Cornouaille en octobre 1276 au duc de Bretagne Jean Ier le Roux. Il s'était marié en 1265 avec Catherine de Laval, qui obtient des compensations financières de la part du duc de Bretagne en 1281, puis en 1306. Elle est alors qualifiée de « jadis vicomtesse de Léon »[9].
  • Amé de Léon, « fille jadis Hervé visconte de Léon »[10], obtient elle aussi des compensations financières en 1298 pour renoncer définitivement à ses droits sur la vicomté de Léon. Elle a épousé Prigent de Coëtmen, vicomte de Tonquédec. Elle meurt sans avoir eu d'enfants ; c'est Rolland de Dinan, un de ses petits-cousins, fils de Geoffroy de Dinan et petit-fils d'un homonyme Rolland de Dinan, marié avec une autre Amé de Léon qui était la sœur de Hervé IV de Léon[11].

Le lignage des vicomtes de Léon disparaît donc à la fin du XIIIe siècle, le duc de Bretagne Jean II cède un temps la vicomté à son fils puîné Pierre de Bretagne qui en raison de ses dettes la revend à son frère aîné Arthur II de Bretagne en 1293. Par contre, la seigneurie de Léon, issue de la branche cadette, passe aux mains de la famille de Rohan en 1363, dont les descendants s'attribuent le titre de "Prince de Léon" à partir de 1530.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. André-Yves Bourgès, "L’expansion territoriale des vicomtes de Léon à l’époque féodale", Bulletin de la Société archéologique du Finistère, tome CXXVI, 1997
  2. "La Roche-Maurice et Landerneau, "Bulletin de la Société archéologique du Finistère", mai 2011, consultable http://www.le-finistere.org/phototheque/index.php?art=2011_05_landerneau
  3. a et b http://www.tudchentil.org/spip.php?article484 et http://www.tudchentil.org/spip.php?article547
  4. Celle d'Augustin du Paz, qui date du début du XVIIe siècle, a été perdue et n'est connue qu'indirectement par les auteurs qui y font référence ; celle de Guy Autret de Missirien date de 1636 ; d'autres sont dues à Dom Lobineau dans son Histoire de Bretagne, à Dom Morice, à Pierre Le Baud et à Albert Le Grand qui ont utilisé certaines sources désormais disparues
  5. a et b http://www.tudchentil.org/IMG/pdf/Genealogie_des_vicomtes_de_Leon.pdf
  6. Le Cartulaire de Landévennec parle de « Guiomarch, fils de Ehuarn »
  7. Joëlle Quaghbeur La Cornouaille du IXe au XIIe siècle PUR Rennes (2002) (ISBN 2 868477437) p. 144 & Tableau 13 « Lignage vicomtal du Faou  » p. 372-373
  8. http://michel.mauguin.pagesperso-orange.fr/sonj/Lezkelen.htm
  9. Acte de 1306 lors des paiements effectués en exécution du testament du duc de Bretagne Jean II
  10. Acte de 1315 lors des paiements effectués en exécution du testament du duc de Bretagne Jean II
  11. Enquête pour la succession au duché de Bretagne de 1341

Bibliographie[modifier | modifier le code]