Maraîchage

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Maraichage intensif dans la vallée de la Durdent, Seine-Maritime.

Le maraichage (ou maraîchage en orthographe ancienne), ou horticulture maraichère ou agriculture maraichère est la culture de légumes, de certains fruits, de certaines fines herbes et fleurs à usage alimentaire, de manière professionnelle, c'est-à-dire dans le but d'en faire un profit ou simplement d'en vivre, ce qui le distingue du jardinage.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le terme de maraîchage apparaît au XVIIIe siècle. Il servait à désigner l'activité des jardiniers qui cultivaient, autour de Paris, des jardins-potagers en général situés sur des marais. Ces marais ont été progressivement asséchés et urbanisés mais les jardiniers parisiens, qui durent s'éloigner et cultiver des sols plus secs, continuèrent à être appelés maraîchers[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Maraichage au début du XXe siècle, à Saint-Denis.
Un mode de maraichage autrefois pratiqué en Île-de-France : la culture sous cloches de verre.

Le maraîchage s'est d'abord développé dans la proche périphérie des villes pour approvisionner les marchés en légumes frais, souvent dans des zones marécageuses (Zone humide), comme les hortillonnages d'Amiens ou le plus souvent dans les plaines alluviales des fleuves comme les Jardins maraîchers de la Baratte au bord de la Loire à Nevers. Ce type de maraichage se caractérise par la petite surface des exploitations de type familial, par sa production diversifiée et souvent par la vente directe traditionnelle, les maraichers tenant eux-mêmes un étal dans les marchés locaux.

Au cours du XIXe siècle et surtout du XXe siècle, à cause des transports rapides, s'est développé un maraichage spécialisé, sur des territoires plus éloignés, mais présentant des conditions climatiques ou pédologiques plus adaptées à certains types de cultures. C'est ainsi que certaines cultures sont associées à certains pays, association parfois même consacrée dans des appellations d'origine. On peut citer par exemple le melon du pays de Cavaillon, la tomate de Marmande, le muguet de Nantes, etc. Généralement dans ces bassins spécialisés, les exploitations sont plus importantes, tant en surface qu'en personnel et commercialisent leurs produits par des circuits adaptés à l'échelle nationale ou internationale.

Organisation économique[modifier | modifier le code]

Alors que la culture de plantes alimentaires en potager concerne plutôt l'autoconsommation, le maraichage concerne les cultures pour la vente à la consommation. Les producteurs maraichers vendent leurs récoltes à des chaînes de supermarchés, à des centrales d'achat (grossistes en alimentation) à l'industrie agroalimentaire ou directement par l'agriculteur aux consommateurs sur un marché ou toute partie communale en ce qui concerne la France.

Le maraichage intensif est un type d'agriculture intensive, qui vise à maximiser l'utilisation du sol (il n'a alors plus sa fonction nourricière pour les plantes et n'est plus qu'un support auquel des fertilisants chimiques sont apportés) et à produire dans des cycles de temps très courts. En contrepartie, il nécessite des moyens parfois importants (stérilisation du sol, réseau d'irrigation, serres...) et une main d'œuvre abondante, la mécanisation étant plutôt difficile à mettre en œuvre dans ce type de cultures.

Le maraichage extensif est un type d'agriculture extensive, qui vise à utiliser la ressource nourricière du sol pour une ou plusieurs récoltes puis à cultiver ailleurs pour laisser ce sol se régénérer (rotation/assolement). Une aide à la fertilisation est aussi employée mais en utilisant des engrais verts, du compost végétal, des fumures d'origine animale, des déchets d'abattoir.

Productions primeurs[modifier | modifier le code]

Les productions primeurs sont les tout premiers végétaux (légume, fruits, fleurs) récoltés de la saison obtenus naturellement.

Productions de contre-saison[modifier | modifier le code]

Certains parlent encore de « primeurs » mais la production obtenue se situe à plusieurs mois de la production de plein champs (cultures sans artifices). Des maraichers ont développé des techniques leur permettant d'intensifier leur production et de vendre à contre-saison. C'est le maraichage ayant le plus d'effet négatif sur l'environnement et les populations car il emploie des dérivés du pétrole pour chauffer les tunnels. En France, tous les territoires de plaines alluviales recèlent ce type d'agriculture. Les Pays-Bas ont ainsi gagné d'importantes parts de marché dans la vente de tomates et de fraises produites ainsi. Les fruits et légumes ainsi produits sont de moindre qualité et souvent décevants gustativement[2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. Manuel pratique de la culture maraîchère de Paris - J. G. Moreau, J.J. Daverne - Google Livres
  2. http://www.arehn.asso.fr/dossiers/legumes_saison/legumes_saison.html

Voir aussi[modifier | modifier le code]