Henvic

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Henvic
Mairie d'Henvic.
Mairie d'Henvic.
Blason de Henvic
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bretagne
Département Finistère
Arrondissement Morlaix
Canton Taulé
Intercommunalité Communauté d'agglomération du Pays de Morlaix
Maire
Mandat
Christophe Micheau
2008-2014
Code postal 29670
Code commune 29079
Démographie
Gentilé Henvicois, Henvicoise
Population
municipale
1 298 hab. (2011)
Densité 130 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 37′ 59″ N 3° 55′ 36″ O / 48.6330555556, -3.92666666667 ()48° 37′ 59″ Nord 3° 55′ 36″ Ouest / 48.6330555556, -3.92666666667 ()  
Altitude 78 m (min. : 0 m) (max. : 80 m)
Superficie 9,95 km2
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Finistère

Voir sur la carte administrative du Finistère
City locator 14.svg
Henvic

Géolocalisation sur la carte : Finistère

Voir sur la carte topographique du Finistère
City locator 14.svg
Henvic

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte administrative de France
City locator 14.svg
Henvic

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte topographique de France
City locator 14.svg
Henvic
Liens
Site web Site de la commune

Henvic [ɛ̃vik] (en breton : Henvig) est une commune du département du Finistère, dans la région Bretagne, en France. Henvic occupe une position centrale dans la baie de Morlaix, entre les deux abers de la Penzé et de la Rivière de Morlaix.

Géographie[modifier | modifier le code]

La commune s'est développée sur un plateau entre 50 mètres et 78 mètres d'altitude et est proche de la Manche même si elle ne dispose pas de façade littorale. En situation péninsulaire, Henvic bénéficie du climat privilégié de la Ceinture dorée et pratique essentiellement une agriculture maraîchère et légumière, artichauts et choux-fleurs principalement.

Transports[modifier | modifier le code]

Transport ferroviaire[modifier | modifier le code]

La ligne ferroviaire de Morlaix à Roscoff, mise en service le par la Compagnie des chemins de fer de l'Ouest, desservait Henvic par les deux haltes de Taulé-Henvic et de Henvic-Carantec, franchissant la Penzé par le viaduc de la Penzé. Ces gares ne sont plus desservies depuis 1981.

La gare de Taulé-Henvic fut une gare notable d'exportation des artichauts de la Ceinture dorée bretonne pendant l'Entre-deux-guerres. Déjà en février 1914, les élus locaux protestèrent contre la réduction du service de transport des voyageurs pendant la période hivernale à quatre trains par jour au lieu de six antérieurement[1].

Transport routier[modifier | modifier le code]

Le Pont de la Corde, inauguré le [2], enjambe la Penzé et relie depuis cette date la presqu'île de Henvic-Carantec à Saint-Pol-de-Léon et Roscoff par la départementale D58 ; cette route, maillon de l’axe Roscoff-Lorient, désormais voie express, relie aussi Henvic à Morlaix et met aussi la capitale à moins de cinq heures de route.

Transport aérien[modifier | modifier le code]

La ville ne dispose pas d’aéroport, celui de Brest est à une heure de route.

Histoire[modifier | modifier le code]

Préhistoire et Antiquité[modifier | modifier le code]

Un dolmen et un menhir (disparus) à Lingoz ainsi que des tumuli à Goarem ar Justis et Kerichard attestent d'un peuplement très ancien. Un poignard[3], trouvé au manoir de Lingos, ayant quatre gros rivets à sa base se trouve, ainsi que quelques autres vestiges trouvés au même endroit, au Musée d'archéologie nationale de Saint-Germain-en-Laye[4]. Les Romains auraient implanté un poste militaire d'observation à Langros, endroit le plus élevé de la commune, afin de surveiller la mer[5].

Étymologie et origines[modifier | modifier le code]

Henvic porta anciennement le nom de Hen-Guic qui signifie vieux-bourg. Wic, dans les anciennes langues celtique, scandinave et saxonne signifie "baie, golfe ou embouchure[6]". Le VIe siècle fut marqué par l’arrivée de moines venus d’Irlande et du Pays de Galles pour prêcher la religion chrétienne (saint Carantec, puis saint Maudez). Le nom de Henvic est attesté pour la première fois en 1439, le bourg étant aussi dénommé Henguic en 1445 et 1481[7].

Les Henvicois se montrèrent très fervents envers saint Maudez. Ce dernier parcourut la Bretagne pour convertir ; il construisit alors de nombreuses chapelles et monastères : c’est ainsi que le bourg de Henvic aurait été fondé au lieu-dit le Menec'h (= pluriel de manac'h, "moine" en langue bretonne). Les invasions normandes et vikings, au cours du IXe siècle et principalement en 878, engendrèrent la construction de manoirs fortifiés construits en pierres en lieu et place du bois antérieurement utilisé.

Le Moyen Âge et l'époque moderne[modifier | modifier le code]

En 1481, à la montre de l'évêché de Léon tenue à Lesneven, Henvic est représenté par onze nobles[7].

Le manoir et la seigneurie de Lézireur[modifier | modifier le code]

La vasque de l'ancien manoir de Lézireur (vers 1700)

La principale seigneurie fut celle de Lézireur (ou Lézillur, ou Lissilour) possédée en 1421 par Yves Kerigou, maître d'hôtel de la duchesse Jeanne de France et qui passe en 1460 aux mains des Guicaznou dont les armes sont gravées sur une vasque encore visible dans la ferme du château. Cette seigneurie disposait des droits de basse justice, moyenne justice et haute justice, les fourches patibulaires étant dressées sur le tumulus dénommé Goarem ar Justis à Langros, le chemin y menant était encore dénommé il y a peu stéat an anaon ("chemin des trépassés")[5]. Le seigneur de Lézireur Mériadec de Guizcanou, capitaine de la ville et du château de Morlaix, obtint du roi Louis XII le droit de tenir à Henvic une foire annuelle et détenait aussi les droits de passage pour le franchissement de l'estuaire de la Penzé à "La Corde". Du manoir de Lézireur, il ne reste pratiquement plus rien de nos jours sauf une vasque en granite et quelques linteaux gothiques sur les maisons du hameau.

Au début du XVIe siècle, le bourg de Henvic possédait plusieurs maisons nobles, des auberges, des hostelleries mais en 1522, alors Jean de Guizcanou avait hérité des titres et fonctions de son père Mériadec, le château de Lésireur et le bourg furent détruits et presque entièrement brûlés lors de l’attaque de Morlaix par une expédition anglaise. Le clocher de la "Vieille église" est reconstruit après ce pillage. Le mariage en 1557 de Jeanne de Guizcanou, dame de Lézireur, fille de Jean de Guizcanou, avec Christophe Gourio, écuyer, fait passer le manoir aux mains de la famille Gourio[8]. Le château de Lésireur fut à nouveau incendié partiellement en 1594 pendant les guerres de la Ligue par les Ligueurs. Par la suite, Alain Gourio, fils de Jeanne de Guizcanou, marié avec Lucrèce Le Tavignon, est à son tour seigneur de Lézireur : c'est lui qui en 1639, rattache les seigneuries de Penzé et de l'Île Callot à celle de Lézireur[9]. Le mariage de leur fille, Jeanne Gourio, née vers 1635, mariée le à Nantes avec Eustache-Charles de Lys, fait de ce dernier, qui est aussi seigneur de Beaucé et, en 1660, sénéchal et président du présidial de Rennes et conseiller au Parlement de Bretagne, le seigneur de Lézireur[7].

Les autres manoirs et seigneuries[modifier | modifier le code]

D'autres seigneuries existaient : celle de Kerily (famille Kermellec) ; celle de Quistillic en bordure de la Penzé (qui appartint aux Kerlouagen, puis aux Jegou du Laz et enfin aux Crémeur) ; celle de Kerdanet (familles Gourio, puis Penhoadic, puis Mescam) dont le château fut détruit lors de la Révolution française ; celles de Feunteun-Speur, de Coat-Plohou, Le Heder, Castellenec, Lingoz, Coatalec.

En 1613, un chanoine du Léon, Louis Jacobin, écrit à son évêque : « La jolie église de Henvic, l'une des plus belles de la campagne, cachée et abritée des vents par un bouquet d'arbres ». En 1794 encore, un témoignage évoque une centaine d'arbres autour de l'église[10].

À l'époque moderne, le manoir de Trogriffon (qui fut une simple gentilhommière appartenant à Jean Le Moyne, seigneur de Coatudavel, au XVe siècle) devint propriété de la famille Tournemouche en 1578, passa aux mains des Quintin-Kerscao, puis des Coatanlem, enfin des Grainville. Ce manoir possédait une chapelle dédiée à sainte Marguerite et deux moulins dont un moulin à marée le long de l'estuaire de la Penzé.

La Révolution française[modifier | modifier le code]

Les deux députés représentant les paroisses de Taulé, Henvic et Carantec lors de la rédaction du cahier de doléances de la sénéchaussée de Lesneven le étaient Hervé Jacques et François Calvez[11].

Élien, curé constitutionnel de Henvic et ancien moine Récollet du Monastère de Saint-François de Cuburien réclama l'éloignement des anciens prêtres non jureurs de Henvic en 1792[12].

Le XIXe siècle[modifier | modifier le code]

La tradition du pardon[modifier | modifier le code]

La vieille église avant 1900

Selon un témoignage du recteur de Locquénolé datant de 1803, le jour de l'Ascension, date du pardon de Locquénolé, les paroissiens de Taulé se joignaient à ceux d'Henvic et de Carantec, portant les reliques de leurs saints patrons. Le dimanche suivant, jour de l'assemblée d'Henvic, ces mêmes reliques y étaient portées de la même manière, ainsi qu'à Taulé le dimanche de la Trinité et le jour de la Saint-Pierre[13].

La vie agricole vers le milieu du XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Selon des statistiques agricoles publiées en 1849 et concernant selon les productions des années comprises entre 1836 et 1846, la répartition de l'occupation des terres est alors la suivante : pour une superficie totale de 995 ha, la commune possédait 633 ha de terres arables, 237 ha de landes et bruyères, 25 ha de bois, taillis et plantations, 12 ha de prairies naturelles, 4 ha de marais et étangs ; la commune possédait alors 9 moulins en activité. Les paysans de Henvic cultivaient à l'époque 127 ha d'avoine, 127 ha de froment, 95 ha d'orge, 12 ha de seigle, 51 ha de sarrasin, 225 ha d'ajoncs d'Europe, 11 ha de lin, 2 ha de chanvre, 19 ha de navets, betteraves, carottes et choux (dont 13 ha de navets), 95 ha de trèfle, 32 ha de pommes de terre, 44 ha restant en jachère, et élevaient 308 chevaux (19 mâles, 189 juments, 100 poulains et pouliches), 617 bovins (dont 515 vaches), 113 porcs, 31 ovins, aucun caprin, 395 poules et 53 coqs, 13 canards, aucune oie, et possédaient 40 ruches à miel. En 1836, la population agricole est de 1 315 personnes, soit 98,4 % de la population communale totale qui était alors de 1 337 habitants[14].

En 1858, Claudine Guichoux, femme Cleach, du village de Henvic, obtint une médaille de 500 francs comme "prix de vertu" «  pour avoir donné l'hospitalité dans l'humble galetas qu'elle occupait, à une femme âgée, malade, à laquelle elle ne devait rien que la commisération. Pour la vêtir, elle s'est dépouillée de ses propres habits ; pour la nourrir, elle s'est réduite aux aliments les plus grossiers[15] ».

La dispute avec Carantec à propos de la récolte du varech[modifier | modifier le code]

Avant 1789, les trois communes de Taulé, Carantec et Henvic « ne faisaient qu'une seule communauté, une seule paroisse, et par conséquent leurs habitants jouissaient au même titre du droit de récolter le varech, dans l'étendue des terres de la paroisse. Par suite de la création des trois communes, celle de Carantec était seule riveraine de la mer. Néanmoins les habitants des communes de Taulé et d'Henvic avaient longtemps continué à jouir de la récolte du varech. Mais la commune de Carantec ayant soutenu qu'elle seule y avait droit, les deux autres communes l'avaient assigné devant le tribunal de Morlaix ». Après maintes péripéties judiciaires (le tribunal de Morlaix donne tort à Carantec) et administratives, le Conseil d'État tranche finalement que la récolte du goémon doit se faire sous la surveillance et l'autorité de l'administration et que c'est à elle qu'il appartient de régler, conformément aux usages, l'exercice de l'abandon fait aux habitants des communes riveraines[16].

Le XXe siècle[modifier | modifier le code]

En 1909, la chute d'une partie du clocher qui était en construction de l'église neuve fit deux blessés parmi les ouvriers se trouvant alors dans le clocher :

« M. l'abbé Lejeune, recteur, avait commencé sa messe à 9 heures et avait hâté la cérémonie pour permettre aux maçons de poser le fleuron final du clocher qui devait supporter une croix qu'on voulait placer aujourd'hui, fête de la Saint-Jean, en grande solennité. La messe était finie depuis vingt minutes quand, à 10 heures 10, la tempête qui soufflait avec violence du nord-ouest abattit la cime du clocher. Plus de 2 mètres de maçonnerie s'écroulèrent par suite de la rupture des haubans qui maintenaient l'échafaudage. Des pierres défoncèrent le toit de l'église, puis tombèrent dans la nef, broyant une cinquantaine de chaises. On devine quelle épouvantable catastrophe on eût pu déplorer, si l'accident s'était produit au moment de l'office. (...) Le vent était tellement violent que des pierres pesant 150 kilos ont été projetées à 30 mètres[17]. »

En 1903, une épidémie de variole sévit à Henvic[18].

Des huîtres étaient pêchées dans l'estuaire de la Penzé sur le banc de Saint-Yves par des pêcheurs d'Henvic, par exemple une dizaine de bateaux en pêchent en moyenne 300 à 400 chacun le [19].

Le , l'explosion du Liberté dans le port de Toulon fit une victime henvicoise : le quartier-maître de mousqueterie Mazé[20].

Un bureau téléphonique ouvre à Henvic le [21].

Le soir du , la gabare Phénix, d'Henvic, sombre lors d'une violente tempête dans les parages de Sainte-Anne près de la pointe de Pempoul et le bateau de sauvetage de Roscoff, le Commandant Philippes de Kerhallet, récupère les six marins sur les rochers des Vernes[22]. Les marins du Phénix avaient eux-mêmes sauvés deux marins lors du naufrage d'une autre gabare quelques années auparavant, le [23]. Le , le Catherine, autre gabare d'Henvic, surprise par une tempête à Benven dans les parages de l'Île de Batz doit être abandonnée par son équipage qui furent sauvés par le même bateau de sauvetage[24].

En 1921 est créée la caisse locale de Henvic dépendant de la caisse régionale de Bretagne des Assurances mutuelles agricoles (ancêtre de l'actuel Groupama[25]) dont le siège est à Landerneau[26]. En avril 1922, la minoterie Daniélou est entièrement détruite par un incendie[27].

En 1925, la famille d'Alexis Guillou, facteur rural à Penzé, mais habitant Henvic, se voit attribuer le prix Cognacq-Jay, d'une valeur de 10 000 francs de l'époque, car, le mari étant alors âgé de 38 ans, leur 8e enfant vient de naître[28].

Le monument aux morts d'Henvic

En 1928, le Bulletin de la Société archéologique du Finistère proteste : « On déboise sans discrétion, sans mesure et sans nécessité. (...) À Henvic, deux ormes et trois hêtres formaient un ravissant décor à la vieille et pittoresque église. Ces beaux arbres ont été abattus. L'établissement d'une ligne électrique a servi de prétexte[29] ».

La culture des artichauts se développe pendant l'Entre-deux-guerres : le journal L'Ouest-Éclair note, à titre d'exemple, 60 voitures chargées d'artichauts amenées sur la place du marché devant la gare de Taulé-Henvic et 40 au marché de Penzé le et des chiffres identiques le [30], et même 80 voitures le [31].

Démographie[modifier | modifier le code]

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 155 1 304 1 340 1 389 1 241 1 315 1 291 1 337 1 257
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 333 1 373 1 421 1 335 1 292 1 376 1 323 1 512 1 556
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 526 1 545 1 484 1 474 1 513 1 519 1 582 1 446 1 443
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2006 2010
1 420 1 216 1 145 1 222 1 265 1 174 1 262 1 275 1 298
2011 - - - - - - - -
1 298 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[32] puis Insee à partir de 2004[33])
Histogramme de l'évolution démographique

Commentaire : La population de Henvic n'est actuellement que guère supérieure à ce qu'elle était en 1793 et elle n'a que peu fluctué au cours des XIXe siècle et XXe siècle à la différence de la plupart des autres communes françaises, 437 habitants seulement séparant la population minimale, celle de 1975, de la population maximale, atteinte en 1936 avec 1582 habitants. Le XIXe siècle a certes connu quelques dents de scie dans son évolution démographique, mais de faible importance jusqu'au maximum secondaire atteint en 1896 avec 1556 habitants. Les 40 premières années du XXe siècle restent constamment à un niveau démographique élevé, le déclin le plus marqué correspondant à la période 1936-1975, pendant laquelle la commune connaît un important exode rural, avec une perte de 437 habitants en 39 ans (-28 %), l'année 1975 étant celle de la population minimale, légèrement inférieure même à celle de 1793. Par contre, le dernier quart du XXe siècle et la première décennie du XXIe siècle sont une période de modeste reprise démographique avec un gain de 160 habitants supplémentaires en 33 ans en dépit d'un fléchissement temporaire entre 1990 et 1999.

La densité de population est assez élevée (131 habitants par km² en 2008) pour une commune qui reste semi-rurale, mais grossie par des migrants pendulaires liés à la proximité des villes de Morlaix, Saint-Pol-de-Léon et Roscoff et par la littoralisation du peuplement en raison de sa situation péninsulaire et littorale. La commune connaît une immigration nette depuis 1975 (le solde migratoire était négatif antérieurement) et même son solde naturel, resté longtemps négatif (jusqu'en 1999) en raison du vieillissement antérieur de sa population est devenu modestement positif entre 1999 et 2008 (+0,2 % l'an), mais ce redressement reste précaire : en 2009 par exemple, Henvic a enregistré 12 naissances et 15 décès. L'analyse de la structure par âge de la population montre une population qui reste relativement âgée : en 2008, les 65 ans et plus représentaient 20,7 % de la population totale, les 0 à 19 ans 18,0 % seulement[34]. .

Entre 1968 et 2008, le nombre des logements à Henvic est passé de 393 à 688, augmentant donc de 295 unités (+75 % en 40 ans) ; les constructions récentes sont donc nombreuses (surtout celles construites entre 1975 et 1989 au nombre de 159), ce qui s'explique par la prolifération des lotissements pendant cette période. Il s'agit essentiellement de maisons individuelles (96,8 % du parc immobilier total en 2008) ; les résidences secondaires sont en nombre non négligeable : 59, soit 8,6 % du parc immobilier total en 2008, mais ce pourcentage n'est pas énorme pour une commune littorale[35].

Administration[modifier | modifier le code]

Héraldique[modifier | modifier le code]

blason

Blason de Henvic :
D'argent au lion morné de sable, accompagné de trois molettes du même.
Officiel : déposé en préfecture le .

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1792 1796 Joseph Guiader
1796 1800 Jean Gourvil
1800 1830 François-Marie Borgnis-Desbordes député
1830 1834 Jean Gourvil
1834 1848 Christophe Bellec
1848 1867 François Mescam
1867 1881 Adrien de L'Espine de Grainville
1881 1884 Jean Priser
1884 1905 Adrien de L’Espine de Grainville Conseiller d'arrondissement
1905 1912 René Jourdren
1912 1919 Louis Mescam
1919 1920 Charles de L'Espine de Grainville
1920 1925 François-Marie Le Duc
1925 1933 François Guillou
1933 1945 Yves Bohic
1945 1965 François Caroff
1965 1989 Marie Jacq PS députée
1989 1995 Paul Caroff droite
1995 2001 François Stéphan droite
2001 2008 François Stéphan droite
2008 2010 Annick Corre-Gillet démission prématurée
2011 en cours Christophe Micheau
Les données manquantes sont à compléter.

Monuments[modifier | modifier le code]

  • Les vestiges de la Vieille église (Roudoù an iliz kozh) : elle date de la fin du XVIe siècle et du début du XVIIe siècle mais a été réduite à ses dimensions actuelles vers 1900 après la construction de l'église nouvelle ; l'église a toutefois a conservé son clocher pittoresque qui servait autrefois d'amer aux navires entrant dans la baie de Morlaix. Ses saints patrons étaient saint Maudez et sa sœur sainte Juvelte ; « les statues de saint Maudez, en abbé, et de sainte Juvelte, en religieuse, qui se voyaient dans l'ancienne église, ont été replacées dans la nouvelle, ainsi que les curieux panneaux sculptés qui représentaient les principales scènes de la vie de ces saints personnages avec de curieuses légendes explicatives[36] ». C'est un clocher de style Beaumanoir avec sa galerie, sa tourelle cylindrique dans laquelle est logé l'escalier et ses deux étages de cloches. Le porche ajouré de 9 arcades, et surmonté d'une chambre des archives appartient à la dernière période du style gothique flamboyant, de même que le clocher avec sa tourelle d'escalier. Mais la balustrade en saillie et le beffroi, couronné par une flèche minuscule, donnent la sensation du style Henri IV ou du style Louis XIII[37].
Cliquez sur une vignette pour l’agrandir

Le portail d'entrée du placître est surmonté de statues qui proviennent de l'ancien calvaire détruit pendant la Révolution française. L'autel extérieur encore visible dans l'enclos paroissial fut mutilé à la même époque.

  • L'église paroissiale Saint-Maudez-et-Sainte-Juvette actuelle, construite par l'architecte Serrurier de Morlaix et inaugurée le (officiellement consacrée le [38]), a conservé un certain nombre d'éléments décoratifs de la vieille église qui y ont été replacés. Parmi eux, le diptyque gothique à la gloire de saint Maudez (6 panneaux) et sainte Juvette (4 panneaux), qui retrace les principaux actes de leur vie : saint Maudez guérissant les infirmes, recevant la bénédiction de son père, délivrant un possédé, rendant la vue à un aveugle et sainte Juvette ressuscitant un seigneur, délivrant des possédés, des « fols », des enragés, donnant la vue à des aveugles, l'ouïe aux sourds et la parole aux muets, défendant aux oiseaux et bêtes « d'endommager le bled des pauvres gens[39] ». Sainte Juvette était aussi invoquée contre « les humeurs aux genoux[40] ». Le maître-autel provient aussi de l'ancienne église, de même que les autels latéraux, consacrés à saint Fabien et saint Sébastien d'un côté, sainte Catherine et sainte Barbe de l'autre. L'église est aussi décorée d'un grand triptyque décoratif à la mémoire des morts de la Première Guerre mondiale peint par Jacques Jullien et inauguré le [41].
  • La chapelle Sainte-Marguerite date des XVe siècle et XVIe siècle, fut restaurée en 1878. On y trouve une statue en bois de sainte Marguerite terrassant le dragon' et son pardon Notre-Dame d'Espérance se déroule chaque 15 août.
  • Deux chapelles ont disparu : la chapelle Saint-Gildas (qui a donné son nom au village de Salvantez, même si le nom est très déformé) et la chapelle Saint-Jean-Baptiste, qui était la chapelle seigneuriale du château de Lézireur.
  • 8 croix et calvaires sont identifiées sur le territoire communal dont les restes d'un calvaire dans le jardin public, Croaz Al Lan (?) (la "Croix-au-loup")[42] à Langroas qui date de 1820 et la croix Mez-ar-Graoz qui date de 1821[43]. La "Croix-du-Salut" doit son nom à la coutume qui voulait que lors du pèlerinage du Tro Breizh, les pèlerins se signaient et priaient à chaque fois qu'ils apercevaient pour la première fois une nouvelle église consacrée à l'un des sept saints fondateurs, ici celle de Saint-Pol-de-Léon. Une croix était érigée à cet endroit.
  • Les manoirs :
    • Le manoir de Trogriffon[44], sur les bords de la Penzé, encaissé dans un vallon étroit, date des XVIIe siècle et XVIIIe siècle et possède encore une tourelle du XVe siècle et un colombier du XVIe siècle, ainsi qu'un beau parc agrémenté d'un étang mêlant eau douce et eau de mer[45]. La tradition locale rapporte que le dernier seigneur de Trogriffon, de Coatanlem de Rostiviec, aurait accepté de rester cloîtré dans le manoir pendant toute la période révolutionnaire, à condition d'avoir l'assurance de ne pas être inquiété par les patriotes henvicois et aurait profité de cette réclusion forcée pour rédiger un dictionnaire breton-français en sept volumes[46]. Le manoir a appartenu par la suite par mariage à la famille de L'Espine de Grainville.
    • Le manoir de Lingoz[47] date du XVIIe siècle. C'est une simple ferme désormais.
  • La commune a possédé 9 moulins dont le moulin à marée de Trogriffon (en ruine) le long de l'estuaire de la Penzé
  • Le viaduc de la Penzé

Culture[modifier | modifier le code]

La coiffe de Henvic[modifier | modifier le code]

La coiffe de Henvic, appelée la chubilinenn ou encore la jobelinenn, était particulière à la péninsule qui regroupe aujourd’hui les quatre communes de Taulé, Carantec, Henvic, et Locquénolé. Elle avait une forme de carapace de crabe et a commencé à disparaître à l’époque de la Seconde Guerre mondiale, même si jusque dans les années 1960 certaines femmes la portaient encore.

Chanson traditionnelle[modifier | modifier le code]

  • Pod maro gant c'hoant plac'h (en breton, dialecte du Léon) ou Le garçon mort d'amour (en français) est une chanson populaire traditionnelle dont le texte, en breton et en français, a été recueilli le [48] et transcrit par E. Ernault[49]; la chanteuse était Jannet Puill, mendiante de Henvic.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Pierre-Joseph de Coëtamlem (né en 1749, décédé en 1827), seigneur de Trogriffon, fut l'auteur d'un dictionnaire breton manuscrit en huit volumes qu'il rédigea pendant la Révolution française, alors qu'il vivait reclus dans son manoir de Trogriffon.
  • François-Marie Borgnis-Desbordes, né à Brest le , propriétaire, négociant, manufacturier, maire de Henvic depuis l'an IX, fut élu député du Finistère le . Il siégea au côté gauche et vota en 1819 avec les libéraux contre les lois d'exception. Il fut aussi un des 95 opposants au nouveau système électoral. Une biographie de 1820 lui consacre cette brève notice : « Un des muets du côté gauche. Il a cinq pieds et cinquante ans. Son esprit, ses manières, n'ont rien de bien distingué ; mais il est plein de patriotisme et de probité. C'est l'ombre de M. Guilhem[50] ». Il cesse d'être député le et décède à une date inconnue (après 1830)[51].
  • La famille de L'Espine de Grainville, qui a fourni plusieurs maires à Henvic, est originaire de Normandie, tirant sa noblesse des charges en la Chambre des Comptes de Rouen que certains de ses membres exercèrent au XVIIIe siècle avant qu'une branche de cette famille[52] ne vienne s'établir en Bretagne[53] :
    • Gabriel de L'Espine de Grainville (né en 1781, décédé le à Plouigneau), fils de Guillaume-Marie et de Marie-Louise Le Rouge de Guerdavid, devint propriétaire du manoir de Trogriffon grâce à son mariage célébré le à Henvic avec Marie Perrine de Coëtanlem (née le à Morlaix, paroisse de Saint-Martin et décédée le à Plouigneau), fille de Pierre Joseph de Coëtamlem et héritière du manoir.
      • Adrien de L'Espine de Grainville, né le à Plouigneau, décédé le à Morlaix, fut commissaire à la marine avant d'être maire de Henvic pendant 32 ans entre 1867 et 1881 d'une part, entre 1884 et 1905 d'autre part ; il fut aussi conseiller d'arrondissement du canton de Taulé. Il fut un défenseur des marins et agriculteurs de la région. En 1870, bien que veuf et ayant six enfants en bas âge, il n'hésita pas à quitter son foyer pour s'enrôler âgé de 47 ans dans le bataillon des zouaves de Charette[54].
        • Charles de L'Espine de Grainville fut aussi maire de Henvic en 1919 et 1920.
  • Luc-Olivier Merson, peintre et graveur, y compris de timbres-poste, passa une partie de sa retraite à Henvic.
  • Alexis Gourvennec né sur la commune le 11 janvier 1936.
  • Mgr André Pailler, (1912-1994), archevêque de Rouen
  • Marie Jacq, née le à Henvic, fut maire de cette commune entre 1965 et 1989 et député socialiste du Finistère de 1978 à 1983; elle fut vice-présidente de l'Assemblée nationale.

Jumelages[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Journal L'Ouest-Éclair n° 5525 du 10 février 1914, Gallica
  2. Journal L'Ouest-Éclair, n° 9503 du 1er novembre 1927, Gallica
  3. Base Joconde
  4. Léon Courtil, Poignards, rapières et épées de l'âge du bronze, L'Homme préhistorique, revue mensuelle illustrée d'archéologie et d'anthropologie préhistoriques, novembre 1927, Gallica
  5. a et b http://jeanclaude.hyrien.free.fr/Histos/HistoHenvic.php
  6. Recueil des publications de la Société havraise d'études diverses, 1924, Gallica
  7. a, b et c http://www.infobretagne.com/henvic.htm
  8. Son frère, Louis Gourio fut en 1648 commandant du château du Taureau en Baie de Morlaix
  9. http://www.henvic.fr/pages_html/notre_commune/pages_en_fran%E7ais/origines_revolution.htm
  10. Cité par http://jeanclaude.hyrien.free.fr/Histos/HistoHenvic.php
  11. J. Madival et E. Laurent, "Archives parlementaires de 1787 à 1860 : recueil complet des débats législatifs et politiques des Chambres françaises" , imprimé par ordre du Corps législatif. 1er série, 1787-1799, Gallica
  12. René Kerviler, Répertoire général de bio-bibliographie bretonne, tome 35, J.Plihon et L.Hervé, 1886, Gallica
  13. Lettre du recteur de Locquénolé, M. Couffon à Mgr André le 2 floréal an XI, cité par Abbé Kerbiriou, La vie et l'organisation du clergé paroissial dans le Léon à la veille de la Révolution par le Bulletin diocésain d'Histoire et d'Archéologie, 1924, Gallica
  14. Jean-Marie Éléouet, " Statistique agricole générale de l'arrondissement de Morlaix", imprimerie de J.-B. Lefournier aîné (Brest), 1849, Gallica
  15. Frédéric Lock et Couly d'Aragon, "Les prix de vertu fondés par M. de Montyon : discours prononcés à l'Académie française", Garnier frères, Paris, 1858, Gallica
  16. Léon Aucoc, Des sections de commune et des biens communaux qui leur appartiennent, 1864
  17. Journal L'Ouest-Éclair n° 3815 du 25 juin 1909, Gallica
  18. Journal L'Ouest-Éclair, n° 1541 du 8 novembre 1903, Gallica
  19. Journal L'Ouest-Éclair, n° 3324 du 14 avril 1906, Gallica
  20. Journal La Croix n° 8761 du 10 octobre 1911, Gallica
  21. Journal L'Ouest-Éclair, n° 5482 du 29 décembre 1913, Gallica
  22. Annales du Sauvetage maritime, mars 1914, Gallica
  23. Annales du Sauvetage maritime, mars 1909, Gallica
  24. Annales du sauvetage maritime, 30 juin 1922, Gallica
  25. http://www.corporate.groupama.com/groupe/histoire-du-groupe/histoire-du-groupe-@/article.jspz?id=295
  26. Bulletin trimestriel de l'Union des syndicats agricoles du département du Morbihan, 15 août 1922, Gallica
  27. Journal La Croix n° 11994 du 23 avril 1922, Gallica
  28. Journal L'Ouest-Éclair, n° 8836 du 28 décembre 1925, Gallica
  29. Bulletin de la Société archéologique du Finistère, année 1928, Gallica
  30. Journal L'Ouest-Éclair, n° 14479 du 28 juin 1936, Gallica et n° 14486 du 5 juillet 1936, Gallica
  31. Journal L'Ouest-Éclair n°1 4483 du 2 juillet 1936, Gallica
  32. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  33. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2005, 2006, 2010, 2011
  34. Insee
  35. Insee
  36. Louis Le Guennec, Le Finistère monumental, tome 1 : Morlaix et sa région, 1913
  37. Abbé Pierre Nicolas, texte Commune de Henvic
  38. Journal L'Ouest-Éclair n° 1734 du 19 mai 1904, Gallica
  39. Albert Le Grand, Les vies des saints de la Bretagne Armorique : ensemble un ample catalogue chronologique et historique des evesques d'icelle... et le catalogue de la pluspart des abbés, blazons de leurs armes et autres curieuses recherches, J. Salaün, Quimper, 1901, Gallica
  40. Bréviaire imprimé de Léon de 1516, cité dans Bulletin et mémoires de la Société archéologique du département d'Ille-et-Vilaine, année 1922, Gallica
  41. Journal L'Ouest-Éclair, n° 9476 du 5 octobre 1927, Gallica
  42. Cette croix est ainsi dénommée car le un enfant de 7 ans, Jean Le Tartarin, fut tué et en partie dévoré par un loup à cet endroit, une jeune fille étant aussi tuée dans les mêmes circonstances la même année et inhumée dans l'église de Henvic
  43. http://www.croix-finistere.com/commune/henvic/henvic.html
  44. http://cheminsetjardins.blogspot.com/2011/06/manoir-de-trogriffon-henvic.html
  45. http://www.henvic.fr/pages_html/Trogriffon.htm
  46. http://fr.topic-topos.com/manoir-de-trogriffon-henvic
  47. http://fr.topic-topos.com/manoir-henvic
  48. Collection Penguern, tome 1, pages 171-172
  49. E. Ernault, Mélusine. Revue de mythologie, littérature populaire, traditions et usages, 1888-1889, tome IV, Gallica
  50. Jean-Pierre Olivier Guilhem, qui fut député du Finistère, puis du Maine-et-Loire
  51. Adolphe Robert, Edgar Bourloton et Gaston Cougny, Dictionnaire des parlementaires français... : depuis le jusqu'au , 1889-1891, Gallica
  52. Charles-Joseph de L'Espine de Grainville, né en 1695 à Neaufles dans le diocèse de Rouen, conseiller au Parlement de Paris et lui-même fils de Louis de L'Espine de Grainville né le 6 juin 1650 à Rouen, eut parmi ses petits-enfants Jean Charles de L'Espine de Grainville, lieutenant des vaisseaux du roi et chevalier de l'Ordre de Saint-Louis, décédé en 1779 et marié le à Landerneau avec Marguerite-Françoise de Kerguvelen du Penhoat, ce qui explique la présence de cette famille en Bretagne et parents de Gabriel de l'Espine de Grainville
  53. Gustave Chaix d'Est-Ange, Dictionnaire des familles françaises anciennes ou notables à la fin du XIXe siècle, 1918, Gallica
  54. Journal L'Ouest-Éclair, n° 2079 du 4 mai 1905, Gallica

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Liens externes[modifier | modifier le code]