Ascension (fête)

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Ascension
Vitrail de la Cathédrale Notre-Dame-des-Anges de Los Angeles
Vitrail de la Cathédrale Notre-Dame-des-Anges de Los Angeles

Observé par les chrétiens
Type Célébration religieuse
Signification Commémoration de l’ascension de Jésus-Christ
Date Quarante jours après Pâques[1].
Lié à Pâques

L’Ascension est une fête chrétienne célébrée quarante jours après Pâques (en comptant le dimanche de Pâques). Elle tombe donc toujours un jeudi entre le 30 avril et le 3 juin inclus pour le calendrier grégorien.

Dans la tradition chrétienne, elle marque l’élévation au ciel de Jésus Christ après sa résurrection et la fin de sa présence sur Terre.

Le Jeudi de l’Ascension est jour férié dans plusieurs pays. Pour 2014, l’Ascension est le jeudi 29 mai et en 2015 elle aura lieu le 14 mai.

Les sources néotestamentaires[modifier | modifier le code]

Deux évangiles mentionnent l'« enlèvement au ciel » de Jésus. Celui de Marc le place juste après l’épisode de la Résurrection : « Le Seigneur, après leur avoir parlé, fut enlevé au ciel, et il s’assit à la droite de Dieu » [2].

Cet épisode constitue la fin de l’Évangile selon Luc[N 1] et inaugure les Actes des apôtres[N 2] écrit par le même auteur, ce qui a amené des chercheurs à postuler que les deux documents n’en constituaient originellement qu’un seul[3]. L'évangile de Matthieu n'en fait pas mention.

Quant à celui de Jean, il semble annoncer cette ascension - non au ciel mais vers Dieu - mais ne la décrit pas : lors de la dernière Cène Jésus évoque à plusieurs reprises « Je vais vers le Père »[4]. De même, lors de l’apparition à Marie de Magdala après la Résurrection, il la met en garde : « Ne me touche pas, car je ne suis pas encore monté vers le Père. Mais va trouver mes frères et dis-leur : "je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu" »[4].

Les sources essentielles du récit de l’ascension de Jésus tel que conservé par la tradition chrétienne se trouvent dans les textes de Luc. L’épisode de l’Ascension dans Luc, après la description du cycle des diverses apparitions pascales du Ressuscité, conclut l’action terrestre de Jésus en même temps qu’il marque « l’apogée de [sa] seigneurie »[3], son entrée dans la sphère céleste et le début de son absence. Cette conclusion est connotée de manière positive, Jésus bénissant ses disciples qui accueillent ce départ dans la joie. La séparation elle-même n’est pas du fait de Jésus : celui-ci est l’objet d’une action faite par Dieu, comme en témoignent les verbes au passif utilisés dans les différents passages lucaniens[5].

Ascension de Jésus, ivoire, aux environs de l’an 400, Musée national de Bavière, ancienne collection Martin von Reider (Munich).

Les Actes proposent l’épisode comme le début du « temps du témoignage »[3] : les croyants sont désormais seuls mais « nantis d’une mission »[5] dans l’attente du retour de Jésus. Ainsi, dans les récits lucaniens mettant en scène le Ressuscité, celui-ci n’opère pas de miracles - à la différence du passage johannique[N 3] - qui sont plutôt le fait de témoins inspirés par le Nom de Jésus[5].

Il est possible que l’auteur de Luc et des Actes s’inspire d’une tradition populaire faisant un parallèle avec les assomptions respectives de Moïse, d’Hénoch ou d’Isaïe, ou encore avec d’autres récits édifiants mettant en scène l’élévation de personnages illustres de la mythologie gréco-romaine, comme Romulus, Hercule ou Médée, voire des apothéoses d’empereurs romains, dans une démarche et un récit qui tendent à historiciser le phénomène d’élévation de Jésus[5].

Signification[modifier | modifier le code]

L'élévation au ciel[modifier | modifier le code]

L’Ascension du Seigneur désigne pour les chrétiens le moment où Jésus a été élevé au ciel, après avoir été mis sur la croix. Présent dans le Nouveau Testament, l’Ascension est un thème que l’on trouve dans la mythologie gréco-romaine (Hercule, Romulus) : monter aux cieux, c’est symboliquement rejoindre le domaine divin. Pour le christianisme le terme concerne uniquement l’Ascension de Jésus Christ, l’Assomption désignant celle de la Vierge Marie.

Ce quarantième jour marque dans la théologie chrétienne la fin de la présence physique de Jésus sur la Terre, après sa mort et sa résurrection. Mais Jésus n’abandonne pas pour autant les hommes : il leur envoie son Esprit Saint le jour de la Pentecôte, et intercède sans cesse en leur faveur auprès de Dieu le Père (He 9, 25). Dix jours après l’Ascension au ciel de Jésus, lors de la Pentecôte, les Apôtres se rendent compte qu’ils sont l’Église et partent prêcher l’Évangile[réf. nécessaire].

Quarante jours[modifier | modifier le code]

Le nombre de quarante jours est récurent dans la Bible : il décrit la période durant laquelle la pluie est tombée lors du déluge de Noé, et celle que Moïse passe sur le mont Sinaï pour recevoir les tables de la loi. Dans les évangiles synoptiques, la tentation du Christ au désert dure également quarante jours.

Cette durée symbolise un temps d'attente, d'épreuve et d'apprentissage[6].

Le lieu de l'Ascension[modifier | modifier le code]

D'après Luc, l'Ascension se produit à Béthanie, le village où vivaient les amis de Jésus, Marthe, Marie et Lazare, et où Jésus a ressuscité Lazare. C'est également dans ce village qu'aurait été baptisé Jésus[7].

Une tradition la situe au sommet du Mont des Oliviers où une église a été édifiée autour de la pierre qui recèlerait la dernière empreinte du pied de Jésus sur terre avant son ascension vers les cieux [8],[9].

Histoire de la fête[modifier | modifier le code]

La célébration de l’Ascension est attestée à la fin du IVe siècle[10], parfois fêtée simultanément avec la Pentecôte jusqu’au Ve siècle[11].

À partir de 511, la fête de l’Ascension fut précédée en Europe par les trois jours des Rogations, qui devinrent facultatifs dans le culte catholique après Vatican II[12].

Calendrier[modifier | modifier le code]

L’Ascension est célébrée au quarantième jour après Pâques, il s’agit d’une fête mobile dont la date est fonction du calcul de la date de Pâques et est donc généralement différente entre le calendrier liturgique catholique et le calendrier liturgique orthodoxe.

Elle tombe donc toujours un jeudi, entre le 30 avril et le 3 juin inclus pour les Eglises occidentales et entre le 13 mai et le 16 juin pour les Eglises orthodoxes.

Le Jeudi de l’Ascension est jour férié dans plusieurs pays (en Europe : Allemagne, Autriche, Belgique, Danemark, Finlande, France, Islande, Liechtenstein, Luxembourg, principauté de Monaco, Norvège, Pays-Bas, Suède, Suisse ; en Afrique : Bénin, Burundi, Burkina Faso, Côte d'Ivoire, Madagascar, Namibie, Sénégal ; Togo; en Amérique : Colombie, Haïti ; en Asie et Océanie : Indonésie, Vanuatu).

Certains pays, comme l’Italie, l’Espagne, le Portugal ou la Grande-Bretagne, la célèbrent le dimanche suivant[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Lc 24. 50-53 : « Il les conduisit jusque vers Béthanie, et, ayant levé les mains, il les bénit. Pendant qu’il les bénissait, il se sépara d’eux, et fut enlevé au ciel. Pour eux, après l’avoir adoré, ils retournèrent à Jérusalem avec une grande joie; et ils étaient continuellement dans le temple, louant et bénissant Dieu ».
  2. Ac 1. 3-12 : « Mais vous recevrez une puissance, le Saint Esprit survenant sur vous, et vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée, dans la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre. Après avoir dit cela, il fut élevé pendant qu’ils le regardaient, et une nuée le déroba à leurs yeux. Et comme ils avaient les regards fixés vers le ciel pendant qu’il s’en allait, voici, deux hommes vêtus de blanc leur apparurent, et dirent: Hommes Galiléens, pourquoi vous arrêtez-vous à regarder au ciel? Ce Jésus, qui a été enlevé au ciel du milieu de vous, viendra de la même manière que vous l’avez vu allant au ciel. ».
  3. Jn 21. 4-6.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Quarante jours selon la façon juive antique de compter les jours, trente-neuf selon le décompte contemporain. Parmi les pays africains dans lesquels le jour de l'Ascension est férié se trouve le Togo (Afrique de l'ouest). Cette observation est conséquence de la tutelle française sur le Togo.
  2. Philippe Rouillard, Les Fêtes chrétiennes en Occident, p. 97
  3. a, b et c Daniel Marguerat, Introduction au Nouveau Testament : son histoire, son écriture, sa théologie, éd. Labor et Fides/Le Monde de la Bible, 2008, p. 127,128, extrait en ligne.
  4. a, b et c Philippe Rouillard, Les Fêtes chrétiennes en Occident, p. 99
  5. a, b, c et d Daniel Marguerat, L’aube du christianisme, éd. Bayard/Labor et Fides, 2008, p. 425-427.
  6. Daniel Marguerat, Les Actes des Apôtres (1-12), Labor et Fides,‎ 2007, p. 39
  7. Frère Antoine Tingba, L'Ascension du seigneur, 2013, Site des Dominicains de Bordeaux - http://bordeaux.dominicains.com/new_site/index.php?controller=homelies&id=53
  8. Mosquée de l’Ascension
  9. Le Dôme de l'Ascension
  10. Michel Rouche, Les origines du christianisme 30-451, p. 149
  11. Philippe Rouillard, Les Fêtes chrétiennes en Occident, p. 98
  12. Philippe Rouillard, Les Fêtes chrétiennes en Occident, p. 101-102

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Daniel Marguerat, Introduction au Nouveau Testament : son histoire, son écriture, sa théologie, éd. Labor et Fides/Le Monde de la Bible, 2008 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Daniel Marguerat, L’aube du christianisme, éd. Bayard/Labor et Fides, 2008 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Philippe Rouillard, Les Fêtes chrétiennes en Occident, Le Cerf (ISBN 9782204071062), p. 92-102 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Michel Rouche, Les origines du christianisme 30-451, Hachette

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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