Loire

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Loire
La Loire à Champtoceaux.
La Loire à Champtoceaux.
Cours de la Loire.
Cours de la Loire.
Caractéristiques
Longueur 1 006 km [1]
Bassin 117 356 km2 [1]
Bassin collecteur Loire
Débit moyen 931 m3/s (Saint-Nazaire) [2]
Nombre de Strahler 10
Régime Pluvio-nival océanique
Cours
Source Mont Gerbier-de-Jonc
· Localisation Sainte-Eulalie (Ardèche),
· Altitude 1 408 m
· Coordonnées 44° 50′ 06″ N 4° 12′ 33″ E / 44.835011, 4.209223 (Source - Loire)  
Embouchure Golfe de Gascogne - Océan Atlantique
· Localisation Saint-Nazaire / Saint-Brevin-les-Pins (Loire-Atlantique), France
· Altitude 0 m
· Coordonnées 47° 16′ 00″ N 2° 11′ 09″ O / 47.26667, -2.18583 (Embouchure - Loire)  
Géographie
Principaux affluents
· Rive gauche Allier, Loiret, Beuvron, Cher, Indre, Vienne, Thouet, Sèvre nantaise,
· Rive droite Arroux, Aron, Maine,

l'Edre

Pays traversés Drapeau de la France France
Régions traversées Rhône-Alpes, Auvergne, Bourgogne, Centre, Pays de la Loire
Principales villes Roanne, Nevers, Orléans, Blois, Tours, Nantes, Saint-Nazaire

Sources : SANDRE, Géoportail, Banque Hydro, EPTB-Loire[3]

La Loire est le plus long fleuve de France[N 1], avec une longueur de 1 006 kilomètres[1]. Sa source se trouve en Ardèche, sur le versant sud du mont Gerbier-de-Jonc, au sud-est du Massif central. Son embouchure vers l'océan Atlantique se trouve dans le département de la Loire-Atlantique, à l'ouest de la région des Pays de la Loire. Son cours se situe intégralement en France : il est globalement orienté d'abord sud-nord jusqu'aux environs de Briare dans le Loiret, puis vers l'ouest. Son bassin versant de 117 000 km2 occupe plus d’un cinquième du territoire français[2].

Son cours se décrit en plusieurs régions successives :

Jusqu'au milieu du XIXe siècle, la Loire était la voie principale par laquelle transitaient les marchandises de l'intérieur du pays jusqu'au port de Nantes. L'arrivée du chemin de fer, qui relie aujourd'hui Paris à Saint-Nazaire en passant par Le Mans, a changé la donne.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le nom de la Loire figure dans les textes anciens sous la forme Liger qui dérive probablement du gaulois *liga, lui-même issu d'un plus ancien *lega, désignant la vase ou le limon[8]. Ce mot gaulois, passé dans d'autres langues romanes sous la forme du gallo-roman *LIA (lénition du [g] intervocalique), est à l'origine du terme lie.

Hydrographie[modifier | modifier le code]

Une constatation générale mérite d'être notée avant tout sur la Loire : le profil général de son lit sur la longueur, est celui d'un escalier. Des paliers à peu près horizontaux se succèdent, reliés les uns aux autres par de brusques décrochements. D'où le cours du fleuve, qui suit l'escalier, est fait de mouilles, endroits suffisamment profonds pour être toujours immergés, et de seuils peu profonds, à peu près découverts en basses eaux, où le courant est rapide et où les bancs de sable ou de galets sont nombreux. Les seuils sont franchis par des jards, chenaux plus ou moins profonds selon les saisons. Ces chenaux sont rarement au même endroit d'une année sur l'autre : lors de ses hautes eaux (habituellement en février et en octobre, en plusieurs périodes de quelques jours chacune) la Loire occupant sinon la totalité de son lit majeur du moins une grande part de celui-ci, remanie son lit en profondeur. Le fond du fleuve est ainsi marqué d'instabilité chronique[9].

Tracé antérieur[modifier | modifier le code]

Des scientifiques émettent l'hypothèse que, dans un passé éloigné, la Loire continuait vers le nord et finissait par rencontrer le cours de la Seine, tandis qu'existait une autre Loire prenant sa source dans la région de Gien et se dirigeant vers l'ouest. Un incident géologique, vraisemblablement le plissement alpin, aurait favorisé une capture de la Loire séquanaise par la Loire atlantique et aurait détourné ainsi le fleuve vers l'ouest, donnant la Loire actuelle. Le lit de l'ancienne Loire séquanaise serait aujourd'hui occupé par le Loing[10].

La source[modifier | modifier le code]

La Loire prend sa source au sud-est du Massif central, dans le Vivarais, au pied sud du mont Gerbier-de-Jonc, dans la commune ardéchoise de Sainte-Eulalie. La présence d'une nappe phréatique sous le mont Gerbier-de-Jonc donne naissance à de multiples sources relativement voisines et trois d'entre elles sont mises en avant comme sources du fleuve :

Le fleuve n'est donc au départ qu'une multitude de filets d’eau constituant autant de petits ruisseaux qui se rejoignent rapidement.

La Loire supérieure[modifier | modifier le code]

Article connexe : Gorges de la Loire.
Gorges de la Loire, en aval du barrage de Grangent.

La Loire n'est encore qu'un ruisseau de montagne au débit rapide lorsqu'elle rencontre son premier affluent, l'Aigue Nègre, après seulement 2,5 km alors que cet affluent en a parcouru 4 km. Sur ses 10 premiers km, le fleuve naissant coule vers le sud-ouest. Elle se gorge de nombreux affluents tels la Semène et le Furan, qui sont marqués par les excès de l'hydrographie dans le Velay : cours pentus, flots rapides, dénivellements soudains de terrain avec chutes d'eau souvent importantes.

La Loire se tourne ensuite en direction générale du nord pour remonter l'est du Massif central. Le premier barrage rencontré est celui de Lapalisse, en Ardèche. Serpentant alors de gorge en défilé le long du talweg, son parcours est entre-coupé de bassins qui sont autant de fossés tectoniques comblés d'alluvions : la plaine du Puy, la plaine du Forez, celle du Roannais pour les plus étendus[12], d'autres plus petits comme celui de l'Emblavès (bassin de Lavoûte-sur-Loire et Chalignac ; également appelé Emblavez), Feurs[13]. Elle commence à être flottable au village de Retournac en Haute-Loire, à environ 37 km au nord et en aval du Puy-en-Velay[13] ; mais de nos jours le barrage de Grangent construit dans les années 1950 à environ 2 km en amont de Saint-Rambert, interdit définitivement tout flottage de long cours.
À 50 km en aval de Retignac, près de Saint-Rambert, son débit devient suffisant pour « porter bateau ». Mais jusqu'à Roanne la navigation est extrêmement dangereuse par endroits[9].

La gorge des roches (défilé de Neulise)[modifier | modifier le code]

Appelé la gorge des roches par les ingénieurs des mines, ce défilé sauvage s'allonge sur 32 km de Saint-Priest-la-Roche au sud (en amont) à Villerest au nord (en aval). Avant la mise en service du barrage de Villerest, c'était la partie la plus impressionnante des gorges de la Loire. Il est décrit en 1837 comme étroit, profond, sévère, avec des parois escarpées ou à-pic de roches sombres aux formes abruptes et tourmentées, menaçant l'éboulement par leurs larges fractures. Le fond de gorge, entièrement occupé par la Loire en de nombreux endroits resserrés, ne laissait qu'occasionnellement place à un étroit sentier sur une rive ou l'autre. La rivière y avait un flot tumultueux, sauf rares et courtes exceptions. Les deux passages les plus mal famés étaient l'étroit de Pinay, juste avant les 12 km de porphyre du défilé de Neulise entre Feurs et Roanne ; et l'étroit du Perron (« saut-du-Perron »), à la fin du même défilé de Neulise[13].
À l'étroit de Pinay, de gros rochers barraient une partie du cours de la Loire qui s'engouffrait en gros tourbillons dans un passage de moins de 15 m de large. Au saut-du-Perron, juste avant Villerest, à Saint-Jean-Saint-Maurice-sur-Loire, la rivière tourbillonnait fortement dans son lit resserré dans un tournant, avec des rochers à fleur d'eau et une très forte houle.
Un rocher planté au milieu du courant à Saint-Maurice-le-Dézert, était également fort craint des mariniers[14]. Le barrage de Villerest, mis en service en 1985, a submergé la quasi-totalité de la longueur de la gorge de Neulise.

Après Roanne la pente de son cours diminue sensiblement alors que l'altitude baisse. Elle creuse son lit vers le nord dans une couche d'éboulis et d'alluvions, de sables et d'argiles. Son cours s'assagit et ralentit, sa vitesse cesse d'être un handicap majeur pour la batellerie. Sortie du Massif central, juste avant le nivernais elle s'infléchit vers le nord-ouest et commence à remblayer son lit. C'est le début de cette particularité ligurienne : l'exhaussement du lit, qui est la cause directe de phénomènes particuliers à la Loire[9].

Exhaussement du lit de la Loire[modifier | modifier le code]

Se chargeant vigoureusement d'alluvions dans son pays natal montagneux, elle les dépose tout le long de son cours dès qu'une pente plus douce l'assagit. Accumulées, ces alluvions remblaient son cours, chassent la Loire de son propre lit en l'élevant, et causent des infiltrations dans les couches de terrains perméables. On voit alors ses affluents, moins travailleurs, arriver pour la confluence à un niveau plus bas que la Loire ; ils doivent alors la longer en parallèle jusqu'à pouvoir rattraper la différence d'altitude plus bas en aval. On peut citer comme exemple en Touraine le pays du Véron entre la Loire et la Vienne ; ou encore le Loiret, que l'on considère maintenant comme une résurgence et qui s'embourbe dans des marécages avant de confluer. C'est aussi la cause de la multitude d'étangs, roselières, marécages, boires (anciens bras de la Loire), mares et autres terrains humides qui bordent la Loire sur une si large étendue de chaque côté de son cours[9]. Enfin, cette configuration est responsable de certains effondrements dans le lit lui-même (sables mouvants, causes de beaucoup de noyades) ou au niveau de ses berges (bîmes). Cet exhaussement et toutes ses conséquences caractéristiques, commencent dès la sortie du Massif central et perdurent jusqu'à ce qu'elle rencontre le Massif armoricain[9].

Sa confluence avec l’Allier à Cuffy (18), près de Nevers (58), double sa taille. L'Allier pourrait même être le cours principal, et la Loire son affluent, selon les fluctuations de leurs débits respectifs.

Sur les 280 km suivant la confluence de l'Allier, la Loire ne reçoit que le Cosson et le Beuvron, dont le petit débit moyen cumulé est de environ 15 m3⋅s-1. Il lui faudra attendre d'avoir passé Tours pour recevoir d'autres affluents aussi substantiels que l'Allier.

En même temps qu'elle commence à remblayer son lit, la Loire infléchit sa course vers le nord-ouest. Après le Bec d'Allier elle reprend une course plein nord jusqu'à Cosne-sur-Loire où elle oblique définitivement vers l'ouest. Le remblaiement du lit s'accentue également à partir de Cosne[9].

Le pont qui relie Pouilly-sur-Loire (dans le département de la Nièvre) au département du Cher se situe à mi-distance entre la source et l'embouchure.

Vers Orléans[modifier | modifier le code]

La Loire en hiver au coucher du Soleil.

La Loire bifurque vers le sud-ouest à Orléans. Dans cette zone de calcaires fissurés, le débit d'étiage est essentiellement souterrain ; la rivière Loiret n'est en fait qu'une résurgence du fleuve. Autre conséquence de l'exhaussement constant du lit de la Loire moyenne, son cours possède un lit mineur ou petite Loire, cheminant dans le lit majeur ou grande Loire. Le lit majeur sert à absorber les surplus d'eau. C'est le lit mineur que les hommes ont cherché à canaliser par des duits (ou dhuis), digues submersibles parallèles à l'écoulement. Beaucoup, plantées d'arbres, sont maintenant en ruines[9].

Le Val de Loire[modifier | modifier le code]

Article connexe : Val de Loire.
Château d'Azay-le-Rideau.

Après Orléans la Loire emprunte sur 450 km une vallée plus ou moins orientée est – ouest, ample jusqu'à Rochefort-sur-Loire à la sortie de l'Anjou. C'est le Val de Loire. Tel qu'il a été inscrit en 2000 sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO, cette appellation désigne la partie de la vallée de la Loire située entre Sully-sur-Loire (dans le Loiret) et Chalonnes-sur-Loire (en Maine-et-Loire). Il constitue un site exceptionnel pour sa diversité biologique ainsi que pour sa richesse historique et culturelle (parcs, châteaux et villes).

Après la confluence de la rivière Loiret, la Loire retrouve le débit que ce pseudo-affluent lui avait fait perdre. De 365 m3 à Blois, son débit moyen croît jusqu'à 835 m3 à Montjean en Anjou. Passé Tours elle reçoit coup sur coup le Cher, l'Indre et la Vienne (grossie de la Creuse) : des apports conséquents. L'Indre au régime régulier ne draine qu'un bassin étriqué dont les 9/10e sont des plaines de terrains perméables. Mais le Cher, qui ne se calme quelque peu qu'après Montluçon et les gorges de Lavault-Sainte-Anne, lui apporte toute sa vigueur.

Entre Orléans et Angers, la vallée, large de 2 à 5 km, est principalement le lit majeur de la Loire. Cette vallée est souvent bordée des retombées des plateaux calcaires entre lesquels elle se fraye, formant des corniches de tuffeau[9]. De nombreux îlots et bancs de sable ou de gravier parsèment le lit majeur du fleuve. La profondeur et la largeur du lit mineur varient considérablement d’une saison à l’autre et d’une année à l’autre. Grâce à la présence de nombreux déversoirs dans ce val de Loire, les crues y sont le plus souvent sans conséquences graves.

La Basse-Loire[modifier | modifier le code]

Article connexe : Basse-Loire.

À partir du confluent de la Maine et sur près de 150 km estuaire compris, l'encadrement du cours de la Loire alterne entre des abrupts parfois impressionnants découpés dans les roches hercyniennes du Massif armoricain, et des étalements en bras multiples parsemés d'îles et îlots. Le sable est peu à peu remplacé par la vase déposée par le jusant des grandes marées qui peuvent, par vent d'ouest et à l'occasion, remonter au-delà des Mauves[9]. Entre Angers et Nantes les boires longent le cours du fleuve. Elles sont inscrites comme zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique, notamment la boire de Champtocé dans le Maine-et-Loire et la boire Torse en Loire-Atlantique.

L'estuaire[modifier | modifier le code]

Article connexe : Estuaire de la Loire.

La Loire se jette dans l’océan Atlantique par un estuaire situé en Loire-Atlantique, limité vers l'ouest par la Pointe de Chémoulin à Saint-Nazaire au nord et le phare de la Pointe de Saint-Gildas à Préfailles au sud[15],[16] 47° 11′ 35″ N 2° 16′ 35″ O / 47.19306, -2.27639. Dans cet estuaire, la présence d'un îlot émergé, le « Banc du Billot » situé en face du port de Montoir-de-Bretagne rend la remontée des navires en Loire maritime (section Saint-NazaireNantes) très délicate. Un chenal, d'une profondeur de 13 m, est entretenu en permanence.

L'estuaire abrite les chantiers de l'Atlantique réputés notamment pour la construction de paquebots transatlantiques (Normandie, France…) ou de croisière (Sovereign of the Seas, Queen Mary 2…). Le pont de Saint-Nazaire, un pont à haubans multicâble en éventail, enjambe l'estuaire de la Loire.

Principaux affluents[modifier | modifier le code]

Carte du bassin versant et des affluents de la Loire

Voici une liste des principaux (longueur[1] supérieure à 100 km, ou bassin versant[2] supérieur à 1000 km2 ou débit[2] moyen (module) supérieur à 10 m3/s connu au plus proche de la confluence) affluents directs de la Loire et situés avec leur confluence par :

puis avec les 3 données comparables à celles de l'affluent, pour la Loire (juste à l'amont de la confluence) :

Affluent Situation de la confluence Loire
Nom Longueur Bassin Débit Distance Altitude Rive Dépar-tement Commune Coordonnées Longueur Bassin Débit
L’Arroux 132,4 3 174 34,1 675,8 223 Droite Saône-et-Loire Digoin 46° 29′ 24″ N 3° 57′ 33″ E / 46.49, 3.95917 339,5 9 315 88,9
La Besbre 106.4 762 9.23 648,9 208 Gauche Allier Diou 46° 33′ 11″ N 3° 43′ 53″ E / 46.55306, 3.73139 366,4 13 007 136
L'Aron 103,8 1 600 17,6 596,8 188 Droite Nièvre Decize 46° 50′ 14″ N 3° 27′ 08″ E / 46.83722, 3.45222 418,4
L'Allier 425 14 310 147 555,7 167 Gauche Nièvre Gimouille 46° 57′ 33″ N 3° 04′ 46″ E / 46.95917, 3.07944 459,6 17 570 179
Le Beuvron 114,9 2 195 11 307,4 63 Gauche Loir-et-Cher Candé-sur-Beuvron 47° 29′ 38″ N 1° 14′ 24″ E / 47.49389, 1.24 707,9 38 320 359
Le Cher 367,8 13 920 95,9 244,2 38 Gauche Indre-et-Loire Villandry 47° 20′ 34″ N 0° 28′ 49″ E / 47.34278, 0.48028 771,1 42 130 357
L'Indre 279,3 3 462 18,7 217,1 31 Gauche Indre-et-Loire La Chapelle-sur-Loire 47° 14′ 03″ N 0° 10′ 57″ E / 47.23417, 0.1825 798,2
La Vienne 372 21 161 210 208,3 29 Gauche Indre-et-Loire Candes-Saint-Martin 47° 12′ 49″ N 0° 04′ 20″ E / 47.21361, 0.0722 807,0
Le Thouet 142,2 3 396 17 192,4 25 Gauche Maine-et-Loire Saint-Hilaire-Saint-Florent 47° 16′ 49″ N 0° 06′ 38″ O / 47.28028, -0.11056 822,9
La Maine 12 22 194 132 146,7 14 Droite Maine-et-Loire Sainte-Gemmes-sur-Loire 47° 24′ 40″ N 0° 36′ 54″ O / 47.4111, -0.615 868,5 86 289 651
La Sèvre nantaise 158,9 2 356 35,8 63,7 3,5 Gauche Loire-Atlantique Nantes 47° 11′ 50″ N 1° 32′ 52″ O / 47.1972, -1.54778 951,6 111 570 869
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Diagramme comparatif des bassins versants des principaux affluents, supérieurs à 1000 km² :

Principaux bras de la Loire[modifier | modifier le code]

Sont des anciens bras de la Loire :

Hydrologie[modifier | modifier le code]

Le débit moyen de la Loire est très irrégulier. Il est, en moyenne sur une année, de 350 m3⋅/s à Orléans et de 900 m3⋅/s à l’embouchure. Cependant, il peut parfois brutalement dépasser les 2 000 m3⋅/s pour la haute Loire et 7 000 m3⋅/s en basse Loire en période de crue. L'EPTB-Loire signale qu'un débit moyen de 10 m3⋅/s à Orléans n’est pas rare[3] ; la Banque Hydro indique d'autre part que le débit minimal de la Loire au Pont Royal d'Orléans a été atteint en août 1976 avec 22,4 m3⋅/s[2]. L'une ou l'autre mesure indiquent une grande irrégularité du débit, ce qui contribue dans une large mesure à réduire la navigabilité du fleuve.

Le débit est partiellement régulé par trois barrages : Grangent et Villerest sur la Loire ; Naussac sur l'Allier. Ils permettent la retenue des eaux pour écrêter les crues, et le relargage pour maintenir un débit suffisant, en particulier afin de permettre le refroidissement des quatre centrales nucléaires situées sur le fleuve : Belleville, Chinon, Dampierre et Saint-Laurent.

Les débits à Saint-Nazaire[modifier | modifier le code]

Le débit de la Loire a été observé sur une période de 15 ans, entre les années 1994 et 2008, à Saint-Nazaire, ville située à son embouchure sur l'océan[2]. La surface ainsi étudiée est de 117 480 km2, c'est-à-dire la totalité du bassin versant du fleuve.

Le module du fleuve à Saint-Nazaire est de 931 m3⋅/s[2].

La Loire présente des fluctuations saisonnières de débit bien marquées. Les hautes eaux se déroulent en hiver et au tout début du printemps, et se caractérisent par des débits mensuels moyens allant de 1 630 à 1 830 m3⋅/s, de janvier à mars inclus (avec un maximum en janvier). À partir du mois d'avril, le débit diminue progressivement jusqu'aux basses eaux d'été qui ont lieu de juin à octobre, entraînant une baisse du débit mensuel moyen jusqu'au plancher de 242 m3⋅/s au mois d'août, ce qui est plus confortable que ce que l'on pense habituellement. Mais ces moyennes mensuelles cachent des fluctuations bien plus prononcées sur de courtes périodes ou selon les années.

Débit moyen mensuel (en m3/s)
Station hydrologique : M8420010 - La Loire à Saint-Nazaire pour un bassin versant de 117 480 km2[2]
(1994 – 2008)

Source : Banque Hydro - Ministère de l'écologie et du développement durable

Étiage ou basses eaux[modifier | modifier le code]

Aux étiages, le VCN3 peut chuter jusqu'à 100 m3⋅/s en cas de période quinquennale sèche, ce qui n'est pas tellement sévère, le cours d'eau conservant alors plus de 10 % de son débit moyen.

Crues[modifier | modifier le code]

Les crues à Saint-Nazaire peuvent être extrêmement importantes. Les QJX 2 et QJX 5 valent respectivement 3 500 et 4 500 m3⋅s-1. Le QJX 10 est de 5 200 m3⋅s-1, le QJX 20 de 5 900 m3⋅s-1, tandis que le QJX 50 n'a pas été calculé étant donnée l'insuffisance de la période d'observation. Cela signifie que tous les 20 ans en moyenne, l'on doit s'attendre à une crue de l'ordre de 5 900 m3⋅s-1, soit presque autant que le débit moyen du Danube en fin de parcours.

Le débit journalier maximal enregistré à Saint-Nazaire durant cette période, a été de 5 350 m3⋅/s le 31 décembre 1999. En comparant cette valeur à l'échelle des QJX de la rivière, on constate que cette crue était d'ordre décennal (définie par le QJX 10), et donc nullement exceptionnelle, car destinée à se répéter tous les dix à douze ans en moyenne.

Lame d'eau et débit spécifique[modifier | modifier le code]

La Loire est un fleuve moyennement abondant. La lame d'eau écoulée dans son bassin versant est de 251 millimètres annuellement, ce qui est quelque peu inférieur à la moyenne d'ensemble de la France (plus ou moins 320 millimètres). Le débit spécifique (ou Qsp) atteint de ce fait le chiffre modéré de 7,9 litres/s/km2 de bassin.

Les crues ligériennes[modifier | modifier le code]

Repères de hauteurs de crues sur la façade du no 22 quai du Châtelet à Orléans.

Elles sont dans une certaine mesure irrégulières, souvent brutales, et parfois énormes. Des villages entiers ont disparu, rongés par les crues successives (comme Thuy près de Saint-Laurent-Nouan en Blésois). Près d'Avrilly et de Chambilly à l'est du Bourbonnais, une fois par an le bailli des justices locales tenait assises dans une toue au milieu de la Loire en mémoire des localités ainsi disparues[9].

Types de crue[modifier | modifier le code]

Les hauts bassins de la Loire et de l'Allier ne connaissent que les crues dites cévenoles : des pluies courtes mais intenses sur de petits bassins versants. Elles sont d'origine méditerranéenne, et sauf circonstance exceptionnelle n'ont pas d'effets en aval de Villerest. La crue cévenole de 2003, qui s'est fait ressentir jusqu'en Loire moyenne, a été grossie par un apport important de précipitations sur le Morvan.

Tout le reste du bassin connaît des crues de type océanique : longues périodes pluvieuses amenées par l'influence océanique, généralement en saison froide, s'étendant sur une grande partie du bassin versant. Une seule période pluvieuse limite les crues dans les sous-bassins tels que ceux de la Vienne, du Cher, de l'Indre, de la Maine, de la Sarthe ou du Loir. Plusieurs périodes pluvieuses en succession rapprochée (à quelques jours d'intervalle seulement), induisent un cumul de débit entre la Loire et ses affluents et peut générer une crue dangereuse en Basse Loire – témoin celle de décembre 1982. Les crues dangereuses pour les bassins versants de plus faible surface sont amenées par des pluies intenses et courtes.
Les crues mixtes sont les plus redoutables sur l'ensemble du bassin, et en particulier en Loire moyenne. Depuis le début du XIe siècle on a compté 17 de ces crues catastrophiques, soit une moyenne de 3 à 4 grandes crues par siècle[3].

Périodicité[modifier | modifier le code]

Les crues de la Loire sont connues de longue date[17]. Elles se succèdent parfois en série, comme dans la période 1749-1753 : 5 ans qui virent 5 crues sur tout le cours moyen du fleuve[9]. Mais les crues ne sont pas un phénomène cyclique obéissant à un rythme particulier. La fréquence des crues est exprimée par la notion de période de retour : ainsi, par exemple, une crue décennale n'est pas une crue se produisant tous les dix ans mais une crue qui chaque année, a une chance sur dix de se produire. Telle période de dix ans peut ainsi connaître plusieurs crues décennales, ou aucune. Il est impossible de prévoir la survenance d'une crue avant que ne se produisent les phénomènes météorologiques qui en sont la cause.

Grandes crues[modifier | modifier le code]

Parmi les plus grandes crues dans la région d’Orléans, on note celles qui ont eu lieu en 1846 (niveau 6,78 m), en juin 1856 (niveau maximal à Orléans à 7,1 m avec 6 000 m3⋅s-1 de débit au bec d'Allier près de Nevers), et en 1866 (niveau 6,92 m). Ces trois crues étaient de type mixte (cévenole et océanique), durant lesquelles le débit en aval du confluent de l'Allier s'est approché de 8 000 m3⋅s-1. La crue la plus importante au XXe siècle est celle de 1907 (niveau 5,25 m). Auparavant, celles de 1707 et de 1790, du même ordre d'importance, étaient les crues de référence.

À Cinq-Mars-la-Pile en Touraine on a relevé 7,35 m au-dessus de l'étiage en 1755, et 7,1 m en 1788. Le déluge de Saumur en 1615 vit la rupture conjointe des levées de la Loire, du Thouet et de l'Authion et laissa de cuisants souvenirs. Pour la Loire supérieure l'année marquante entre toutes fut 1790 avec les dévastations conjuguées de la Dore qui anéantit un quartier de Courpière et le port de la Care à Puy-Guillaume, de l'Allier débitant 3 800 m3⋅s-1 à Pont-du-Château et 7 000 m3⋅s-1 à Moulins où il détruit 654 maisons, et de la Loire supérieure qui annihile le port de Digoin et 65 maisons du quartier de la marine, ainsi que les bas quartiers de Nevers où elle abat trois arches du pont[9].

1856 : crue de référence[modifier | modifier le code]

La crue de 1856 demeure encore de nos jours la crue record et de référence pour l’aménagement du territoire. Elle a recouvert près de 100 000 ha et détruit près de 23 km de digues, provoquant la mort d'une trentaine de personnes uniquement dans le département de Maine-et-Loire. De nombreuses villes furent partiellement submergées : Blois, Tours, Trélazéetc. Dans cette dernière commune la carrière des Ardoisières fut engloutie, provoquant l’arrêt de la production durant plusieurs mois. L’empereur Napoléon III fit alors une visite sur les lieux de la catastrophe. Cette visite auprès des sinistrés avait aussi des arrière-pensées politiques (voir les émeutes de la Marianne dans cette commune un an plus tôt). Cependant, à l'amont du confluent de l’Allier, le niveau de cette crue de 1856 fut nettement moins élevé qu'en 1846 et 1866, et d’un niveau équivalent à celle de 1907.

En Haute-Loire, les crues de septembre 1980 ont fait six morts et vingt blessés. Un déluge s'était abattu en une nuit sur la façade cévenole du bassin. La crue est montée de 6 cm/s pour atteindre un débit de 2 000 m3⋅s-1. L'averse a eu lieu alors que le torrent était à sec. C'est la dernière grande crue cévenole en date[3].

De nombreuses maisons anciennes comportent des marques de crue sur leurs murs. Parmi ces dernières, nombre d'entre elles datent de la campagne de pose de plaques commémoratives dans les zones inondées qui fut entreprise en 1856 pour conserver le souvenir de la catastrophe[9].

Autres crues[modifier | modifier le code]

À Nevers, voici quelques relevés des dernières crues :

  • 13 novembre 1790 - 5,80 m : c'est la crue ayant occasionné le plus de dégâts : 5 arches du pont sont détruites, coupant la liaison entre les deux rives. Les bas quartiers sont inondés ;
  • octobre 1846 - 6,30 m : la Loire monte de plus de 4 m en 3 heures ;
  • 6 décembre 2003 : 2 200 m3⋅s-1 pour une cote de 3,88 m ;
  • 6 novembre 2008 : vers 6 h, la Loire écoule 1 950 m3⋅s-1 pour une cote de 3,52 m.

La Loire à sec[modifier | modifier le code]

Au contraire des crues, parfois la Loire connaît des périodes très sèches et son lit est réduit au minimum.

Écologie[modifier | modifier le code]

Bien que la Loire soit considérée comme une entité écologie exceptionnelle (le dernier grand fleuve relativement "sauvage" de France) et corridor biologique d'importance nationale et paneuropéenne pour la migration de nombreux poissons et pour la migration aviaire, elle n'est pas épargnée par la pollution diffuse issue des rejets directs ou indirects, pas ou mal épurés, du ruissellement agricole (engrais, pesticides, matière en suspension issue de l'érosion des sols) et du ruissellement urbain ainsi que des retombées atmosphériques ; Elle fait l'objet d'actions de surveillance, d'études, de prévention et de dépollution concertées dans le cadre d'un Plan Loire grandeur nature[18].

Une étude[19] écotoxicologique récemment publiée (mars 2013), conduite par VetAgro Sup et le muséum d’Orléans, à l'échelle du bassin de la Loire durant trois ans consécutifs a porté sur la contamination de mollusques, crustacés, poissons et superprédateurs (balbuzard, loutre, etc.) par 54 polluants xénobiotiques[20]. L'étude a confirmé que l'ensemble des espèces et du réseau trophique est contaminé à divers degrés par de nombreux polluants[20]. Cette étude devrait être suivie d'analyses plus pointues et de recommandations aux gestionnaires et décideurs[20] ; « Aucun individu d'aucune espèce n’est apparu exempt des xénobiotiques recherchés, quel que soit le site retenu dans le bassin de la Loire » y compris par des substances préoccupantes dont PCB, pesticides organochlorés et mercure qui comptent parmi les plus fréquemment retrouvées[20]. Quelques espèces représentatrices des capacités de bioaccumulation dans ce milieu (balbuzard, loutre, cormoran et silure) vont être étudiées plus précisément sur la Loire moyenne (du bec d'Allier à Tours) en 2013 et 2014, y compris pour des résidus médicamenteux susceptibles d'affecter la biodiversité, dont par leurs effets de perturbateurs endocriniens[20]. Chez les espèces du sommet de la chaine alimentaire comme le balbuzard, les quantités de polluants sont très élevées, quels que soient l'âge et le sexe de l'oiseau (1 mg/kg environ pour la somme des pesticides analysés, auxquels il faut ajouter plus de 0,5 mg de PCB, 0,4 mg de désherbant et presque autant de pesticides organophosphorés).

À elles seules, les doses de PCB atteignent les seuils considérés comme suffisants pour sérieusement perturber la reproduction et la survie de l'espèce[21]. La part des biocides organochlorés semblent diminuer, mais celles des PCB (souvent très rémanents) reste préoccupante. Les prédateurs de poissons (balbuzards pêcheurs) semblent épargnés par certains pesticides (carbamates et pyréthrines, raticides et anticoagulants) contrairement à ce qui est observé notamment pour les carbamates chez d'autres rapaces en France (comme, le milan royal)[22]. Le taux moyen de mercure des balbuzards pêcheurs (1,97 mg.kg-1 en poids sec) est préoccupant. Le taux individuel varie beaucoup selon les individus (de 0,03 à 16,3 mg.kg-1). Tous les balbuzards oiseaux sont contaminés par le mercure : « Certaines valeurs individuelles et la valeur moyenne sont supérieures à celles observées dans le sang, les tissus ou les œufs de balbuzards issus d’autres populations situées en Europe, aux États-Unis ou au Canada »[23],[24],[25],[26],[27],[28]. Le plomb, facteur notamment de saturnisme aviaire, est également présent chez 24 Balbuzards sur 27 (jusqu'à 0,76 mg.kg-1 en poids sec, avec des variations de 0,14 à 6,2 mg.kg-1 selon les individus[19]). Les taux de cadmium sont parfois très élevés (jusqu'à 11,6 mg.kg-1 en poids sec), avec une moyenne dépassant celles rapportées dans la littérature notent les auteurs[19].

Histoire humaine[modifier | modifier le code]

Navigation[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Marine de Loire.

Traversée du fleuve[modifier | modifier le code]

Bacs et gués[modifier | modifier le code]

Le bac entre Le Pellerin et Couëron.

Deux bacs sont situés dans le département de la Loire-Atlantique[29] :

  • entre Le Pellerin (rive gauche) et Couëron (rive droite)  ;
  • entre les localités d'Indret (rive gauche, RD 358) et Basse-Indre (rive droite) à Indre.

Ponts et ouvrages d'arts[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Liste des ponts sur la Loire.

Aménagements du cours du fleuve[modifier | modifier le code]

Article connexe : Levée de la Loire.

Pendant longtemps les gens se sont accommodés de crues qui, bien que parfois impressionnantes, n'ont finalement jamais causé de catastrophes générales. Les maisons étaient juchées sur des buttes, et les inconvénients des crues étaient largement compensées par la fertilité sans effort que le limon déposé confère aux terres inondées périodiquement[9].

Cependant, dès le Moyen Âge des turcies (digues) discontinues sont construites pour protéger les lieux les plus exposés à l'aide de pieux, de fascines, de clayonnages, de remblais et de plantations d'arbres. On en voit dès le XIIe siècle, étendues par Louis XI à l’Orléanais et à la Touraine[9],[17].

C'est au XVe siècle que l'on voit les premiers efforts pour établir un ensemble cohérent de digues insubmersibles. Les citadins, qui à cette époque ont pris du poids politiquement et se font mieux entendre ; et les commerçants, des gens de bourg et de ville également, qui sont eux soucieux de développer leur commerce ; tous demandent l'aménagement du fleuve et de ses affluents principaux – les uns pour des raisons de sécurité, les autres pour la rentabilité. Les agents du roi mettent donc en place des digues de terre, de glaise ou même de sable. Mais le remède est pire que le mal : canalisée dans son lit mineur, la Loire y accumule l'eau des crues et fait d'autant plus de dégâts quand les digues se rompent sous la pression accrue[9].

En 1690 une inondation ravage les bas quartiers de Nantes ; usant de bon sens, les pêcheries sont supprimées qui, établies sous le pont de Pirmil, obstruaient l'écoulement des eaux. Mais cette réflexion de circonstance n'est plus dominante, et tout au long des XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles les dévastations dues aux crues amplifient à mesure que l'administration rajoute des digues ou renforce celles existantes. Des déversoirs sont établis, qui prennent en charge le surplus d'eau lors des crues ; c'est d'ailleurs le rôle de la large vallée de la Loire elle-même à l'état naturel. Cependant ces déversoirs lèsent et mécontentent les paysans riverains ; ils sont donc négligés.

Fin XVIIIe siècle les Ponts et Chaussées réussissent à établir un équilibre précaire dans les intérêts conflictuels mis en jeu. Cet équilibre va être rompu lorsque l'on approfondit un chenal de navigation. Surviennent alors les dramatiques inondations de 1846, 1856 et 1866. Leur bilan est suffisamment lourd pour que prévale enfin la stratégie plus souple des Ponts et Chaussées. Sous l'impulsion de l'ingénieur Comoy, les réservoirs sont rétablis, les digues existantes sont consolidées sans être rehaussées, une carte de la Loire est dressée au 20 000e, et une surveillance stricte des niveaux des eaux et de la vitesse de propagation des crues est mise en place[9].

Le droit de boëtte levé par la « Communauté des marchands fréquentants la rivière de Loire et fleuves descendant en ycelle », sert en premier lieu au nettoyage et au balisage printanier (en début de saison de navigation) du lit mineur de la Loire, et à l'entretien de tous les éléments servant à la navigation ; ce qui comprend aussi les hausserées (chemins de halage) et inclut les affluents navigables.

Le balisage se fait avec des perches ou gaules de saules que l'on plante de chaque côté du jard ; à droite en baissant (côté galerne, en direction de l'aval), les perches gardent une touffe de feuilles ; aux perches plantées à gauche, les baliseurs cassent l'extrémité supérieure en laissant pendre le bout cassé à angle aigu.

En plus des tâches courantes de nettoyage sur toutes rivières (fauchages d'herbes aquatiques, dégagements de troncs d'arbres et autres), il s'agit aussi de retirer tous les bâtons de marine perdus par les mariniers, les pieux perdus des filets de pêcheurs, et généralement tout ce qui entrave la circulation des bateaux – ce qui ne va pas toujours sans opposition de la part des riverains et surtout des seigneurs locaux[9].

Aménagements du cours de la Loire supérieure[modifier | modifier le code]

D'abord construites en ordre dispersé et sans coordination par les communautés riveraines, à partir du XVIIe siècle les digues sont établies selon un plan cohérent. Leur hauteur est généralement de 7 m au-dessus de l'étiage. Il y a au total environ 500 km de digues, rétrécissant et rectifiant le chenal du lit mineur de la Loire[9].

  • Aménagements ponctuels

comme celui de la Pélière du Pont-du-Château, qui fut réalisé en plusieurs étapes du XVIIe au XVIIIe siècles[9].

En 1820-1825 le port de la Noierie est aménagé en amont de Saint-Rambert. Il est destiné à devenir tête de ligne pour le transport du charbon dans le haut pays[9]. La construction du canal de Roanne à Digoin, de 1831 à 1838, est le dernier effort d'aménagement avant l'arrivée du chemin de fer[9].

  • Aménagements à large échelle

De gros travaux sont effectués sur le cours de la Loire supérieure de 1700 à 1834. La compagnie La Gardette signe un contrat avec la couronne, s'engageant à aménager le cours de la Loire pour la rendre navigable jusqu'à Monistrol. Elle ne peut pas tenir cet engagement en totalité, et un avenant en 1708 la dispense de remplir le contrat pour la section de fleuve en amont de Saint-Rambert. Les travaux les plus importants furent réalisés par la compagnie La Gardette quand elle élimina en 1705 les rochers qui barraient le cours de la Loire à l'étroit de Pinay. Cette opération rendit la Loire accessible en amont, ce qui permit l'essor de la construction de rambertes à Saint-Rambert.

Il existe une seule écluse sur le cours de la Loire, l’écluse à petit gabarit de Belleville-sur-Loire sur le barrage de la centrale nucléaire.

Le 4 janvier 1994, Michel Barnier, ministre de l'Environnement du gouvernement d'Édouard Balladur, annonce le plan Loire grandeur nature, un plan global d’aménagement de la Loire visant à concilier la sécurité des personnes, la protection de l’environnement et le développement économique[18].

Le sable de Loire[modifier | modifier le code]

Le sable de Loire n’est pas une denrée inépuisable. La ‘’production’’ annuelle de sable par la Loire est estimée entre 500 000 et 1 million de tonnes. Tant que l’extraction du sable ne disposait que de moyens artisanaux, le prélèvement humain était largement inférieur à cette production.

La situation a changé au cours des dernières décennies du XXe siècle. L’extraction s’est industrialisée en même temps que les besoins augmentaient. Il est vrai que le sable de Loire est un sable d’excellente qualité. En 1972, il en fut prélevé 5 millions de tonnes rien qu’en Maine-et-Loire et Loire-Atlantique. En 1982, il fut décidé que tout prélèvement de sable de Loire cesserait à la fin 1992. Cette décision permet au fleuve de restaurer ses réserves de sable, nécessaires à son équilibre écologique. Elle permet aussi au fleuve de recommencer à apporter du sable en mer lequel est nécessaire à l’équilibre de la côte et au maintien des plages.

Depuis des décennies, les maraîchers nantais utilisaient du sable de Loire : 500 tonnes par hectare et par an. Leurs besoins annuels sont évalués à 600 000 tonnes. Après certains semis (carotte, mâche, radis), un fin voile de sable était épandu sur le sol. Cet apport contribuait au fil des ans à alléger les sols trop lourds ; ces sols se réchauffaient plus vite au printemps. Ce sable contribuait ainsi à la précocité, à la qualité, à la saveur et à la réputation des légumes nantais. Les maraîchers nantais utilisent maintenant du sable de mer dont une partie vient probablement de la Loire.

Protection du fleuve[modifier | modifier le code]

Dernier « fleuve sauvage » ?[modifier | modifier le code]

Malgré plusieurs barrages et d'importantes protections latérales contre les crues (des turcies ou levées), la Loire est souvent présentée comme le « seul grand fleuve sauvage » survivant en France : elle est aussi un « royaume » de paysages somptueux et de milieux naturels très riches. Mais cette appellation, selon les archéologues nauticiens et autres historiens, est très abusive : la Loire est un fleuve « civilisé » depuis l'Antiquité, de par sa position privilégiée, avec le Rhône, dans l'isthme français entre les mondes méditerranéen et atlantique. Très tôt elle a connu des aménagements pour favoriser la navigation et protéger les populations riveraines de ses crues légendaires. La Loire a engendré une civilisation ligérienne qui lui est propre, avec ses traditions, ses savoir-faire, ses coutumes, son parler, même si aujourd'hui, avec la disparition de sa navigation, cette identité est perçue de manière moins évidente. Parler de la Loire comme d'un « fleuve vivant » serait plus approprié au regard du lit en tresse qui le caractérise et qui donne à ses paysages un air de jungle originelle.

Zones protégées[modifier | modifier le code]

L'intégralité du fleuve a été inscrit comme Site d’importance communautaire du réseau européen Natura 2000 au titre des deux directives européennes « Oiseaux » et « Habitats », en vue de la protection de sa faune et de sa flore sauvage, de sa biodiversité, de ses écosystèmes ainsi que des lieux de passage des espèces migratoires.

Ainsi à Nevers existe une zone protégée nommée l'île aux Sternes. Des efforts sont effectués pour sauvegarder la flore et la faune ligérienne (sensibilisations, chemins de promenade et d'information le long de la Loire…). Protégé du 1er avril au 15 septembre, par arrêté préfectoral du 4 février 2005, un îlot proche du pont de Loire, constitué de sable et de graviers déposés par la Loire, accueille dès le mois d'avril une importante colonie d'oiseaux à haute valeur patrimoniale. On y trouve les sternes, oiseaux migrateurs transsahariens. Chaque année, elles effectuent des milliers de kilomètres entre leurs lieux de reproduction sur la Loire et leurs zones d'hivernage en Afrique tropicale. Mais d'autres espèces d'oiseaux y vivent : l'aigrette garzette, le chevalier guignette, le héron cendré, le petit gravelot, la sterne pierregarin et la sterne naine.

Culture et tourisme[modifier | modifier le code]

Toponymie et gentilés[modifier | modifier le code]

L’adjectif signifiant relatif à la Loire est « ligérien », d’après le nom du fleuve en latin, Liger, lequel a donné le nom français Loire, en langue ligérienne Loère et les noms occitans Léger et Leire.

Par ailleurs, la Loire a donné son nom aux départements français de la Haute-Loire (43), de la Loire (42), de la Saône-et-Loire (71), d’Indre-et-Loire (37), du Maine-et-Loire (49), et du dernier traversé la Loire-Atlantique (44) (anciennement appelé Loire-Inférieure) ; à la région française des Pays de la Loire ; au val de Loire, partie de la vallée de la Loire classée en 2000 au patrimoine mondial de l’UNESCO[30] ; ainsi qu'à de nombreuses communes françaises situées le long de son cours.

Le fleuve royal[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Val de Loire et Châteaux de la Loire.

Les 280 km de la vallée de la Loire situés entre Sully-sur-Loire et Chalonnes-sur-Loire, ont été classés en 2000 par l’UNESCO patrimoine mondial de l’humanité. Toujours dans le cadre de l'UNESCO, les terres environnantes sont incluses dans la « zone tampon »[31]. La Loire est parfois surnommée « fleuve royal » par le grand nombre de châteaux souvent royaux qui la bordent : le château de Chaumont dominant la Loire sur la rive gauche, le château d'Amboise édifié au confluent de la Loire et de l'Amasse, le château d'Azay-le-Rideau, le château de Chinon, et beaucoup d'autres.

La Loire à vélo[modifier | modifier le code]

La Loire à vélo est un projet d'itinéraire de 800 km, le long du fleuve royal, pour randonneurs à bicyclette, à la découverte de ses paysages et de ses cités ligériennes :
Sancerre, Gien, Orléans, Blois, Amboise, Tours, Langeais, Montsoreau, Saumur, Angers, Saint-Florent-le-Vieil et Nantes.

Le nom déposé « Loire à vélo » correspond uniquement à l'itinéraire en région Centre et Pays de la Loire. L'ensemble du projet est nommé EuroVelo 6. L'EuroVelo 6 ou EV6, également connue sous le nom d'« Eurovéloroute des Fleuves », est une véloroute de type EuroVelo qui relie Nantes à Bucarest, et par extension Saint-Nazaire à Constanta. C'est la plus célèbre véloroute européenne, elle traverse l'Europe d'Ouest en Est, de l'océan Atlantique à la mer Noire en passant par dix pays.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Vidéographie[modifier | modifier le code]

  • La Loire est chère, Émission Vivre en France, reportage sur les pêcheurs de saumons, 14 avril 1973 Archive INA

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le Rhin est plus long que la Loire mais son cours est partagé entre plusieurs pays et ne coule que partiellement en France, principalement en tant que frontière avec l’Allemagne. Ni sa source ni son embouchure ne se trouvent en France.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Sandre, « Fiche cours d'eau - La Loire (----0000) » (consulté le 14 mai 2014)
  2. a, b, c, d, e, f, g et h Banque Hydro - MEDDE, « Synthèse de la Banque Hydro - La loire à Saint-Nazaire (M8420010) » (consulté le 14 mai 2014). La Banque Hydro est un service du Ministère de l’Écologie et du Développement durable qui réunit les informations fournies par des services de l’État, les directions régionales de l'Environnement, les services de prévision des crues, les directions départementales de l'agriculture et de la forêt, les agences de l'eau, Électricité de France, des organismes de recherche (CEMAGREF, universités…), les compagnies d'aménagement (la Compagnie d'aménagement des coteaux de Gascogne, la Compagnie nationale du Rhône, la Société du canal de Provence, la Compagnie d'aménagement du Bas-Rhône-Languedoc, etc.).
  3. a, b, c et d La Loire et ses affluents, document émis par l'EPTB-Loire.
  4. Association Patrimoine culturel Loire
  5. Guide des Oiseaux, Sélection du Reader's Digest, 1982, p. 450.
  6. La Loire bretonne, d'Ingrandes à Nantes, par Christian Querré. Les icono guides, 1993, Ouest-France.
  7. Pêcheurs de Loire entre Bretagne et Anjou, par Jacques Boislevé. Éd. Siloë, 2005, 140 p.
  8. Xavier Delamarre, Dictionnaire de la langue gauloise, Errance, 2003, p. 201.
  9. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q, r, s, t, u et v La Loire – les peuples du fleuve, par Abel Poitrineau. p. 5-19, Une turbulente famille. Éd. Horvath, Saint-Étienne, 1989. ISBN 2-7171-0639-1.
  10. TOURENQ J. ; POMEROL C., Comptes rendus de l'Académie des sciences. Série 2. Sciences de la terre et des planètes, 1995, vol. 320, no 12, p. 1 163-1 169
  11. Georges Touchard-Lafosse, La Loire historique: pittoresque et biographique, t. premier, Nantes, Suireau,‎ 1840, 706 p., p. 19
  12. La Loire, par L. Gallouédéc. 1910. p. 77.
  13. a, b et c Notice géologique sur les mines d'anthracite de Fragny, commune de Bully ; et sur le défilé des roches de la Loire, entre les bassins de Feurs et de Roanne, par Louis-Étienne Héricart de Thury, inspecteur général des mines. Dans Annales des mines, ou recueil de mémoires sur l'exploitation des mines et les sciences et les arts qui s'y rapportent], par les ingénieurs des Mines de Saint-Étienne. 3e série, tome 12. Éditeur Carilian Gœury, Paris, 1837. p. 47-66.
  14. La Loire – les peuples du fleuve, par Abel Poitrineau. p. 21-39, L'organisation de la navigation. Éd. Horvath, Saint-Étienne, 1989. ISBN 2-7171-0639-1.
  15. G. Masson, La nature: revue des sciences et de leurs applications, Imprimerie nationale,‎ 1898, p. 394
  16. Charles Dominique Maurice Rollet de L'Isle, Observation, étude et prédiction des marées,‎ 1905, 297 p., p. 269
  17. a et b Les risques d'origine fluviale en Val de Loire et leurs gestions par les sociétés du passé : les apports de la géoarchéologie, par C. Castanet. Dans La Loire, Dessus dessous, éditions Faton.
  18. a et b Historique sur le site du plan Loire grandeur nature
  19. a, b et c Charles LEMARCHAND, René ROSOUX et Philippe BERNY (2013), Synthèse des principaux résultats, janvier 2013, 102 pages
  20. a, b, c, d et e Pollution des eaux ; Contamination universelle des espèces dans le bassin de la Loire, 2013-03-20, consulté 2013-03-20
  21. Elliott et al., 2000 ; Clark et al., 2001 ; Martin et al., 2003 ; Toschik et al., 2005.
  22. Berny, P.J., Veniat, A. & Mazallon, M. (2003). Bioaccumulation of lead, cadmium, and lindane in zebra mussels (Dreissena polymorpha) and associated risk for bioconcentration in tufted duck (Aythia fuligula). Bulletin of Environmental Contamination and Toxicology 71: 90-97.
  23. Wiemeyer, S. N., Lamont, T.G. & Locke, N.L. (1980). Residues of environmental pollutants and necropsy data for eastern United States ospreys, 1964-1973. Estuaries 3 : 155-167
  24. Desgranges, J.-L. Rodrigue J. Tardif B. Laperle M. (1998). Mercury Accumulation and Biomagnification in Ospreys (Pandion haliaetus) in the James Bay and Hudson Bay Regions of Québec. Arch. Environ. Contam. Toxicol. 35 : 330–341.
  25. Elliott, J. E., Machmer, M. M., Wilson, L. K. et Henny, C. J. (2000). Contaminants in Ospreys from the Pacific Northwest: II. Organochlorine pesticides, polychlorinated biphenyls and mercury, 1991–1997. Arch. Environ. Contam. Toxicol. 38: 93–106.
  26. Rattner, B. A., McGowan, P. C., Golden, N. H., Hatfield, J.S., Toschik, P. C., Lukei, R.F., Hale, R.C., Schmitz-Afonso, I., Rice, C.P. (2004). Contaminant exposure and reproductive success of ospreys (Pandion haliaetus) nesting in Cheseapeake Bay regions of concern. Arch. Environ. Contam. Toxicol. 47 : 126-140.
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  28. Rattner, B. A., Golden, N. H., Toschik, P. C., McGowan, P. C. et Custer, T.W. (2008). Concentrations of metals in blood and feathers of nestling ospreys (Pandion haliaetus) in Chesapeake and Delaware bays. Arch. Environ. Contam. Toxicol. 54:114–122.
  29. « Les bacs de Loire », Transport, sur www.loire-atlantique.fr, conseil général de la Loire-Atlantique (consulté le 8 mai 2012)
  30. Val de Loire entre Sully-sur-Loire et Chalonnes - UNESCO World Heritage Centre
  31. Le Val de Loire sur le site de l'Héritage mondial (World Heritage).