Cornique

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Cornique
Kernewek
Pays Royaume-Uni
Région Cornouailles
Nombre de locuteurs Environ 3 000
Typologie flexionnelle, accusative, à accent d'intensité
Classification par famille
Statut officiel
Régi par Cornish Language Partnership (en)
Codes de langue
ISO 639-1 kw
ISO 639-2 cor
ISO 639-3 cor
IETF kw
Linguasphère 50-ABB-a
WALS crn

Le cornique (dans cette langue Kernewek ou Kernowek) est une langue celtique insulaire (groupe brittonique) de la famille des langues indo-européennes, parlée en Cornouailles, au Royaume-Uni (à ne pas confondre avec le cornouaillais qui est le dialecte breton parlé en Cornouaille — sans s —, en Bretagne).

Statut et répartition[modifier | modifier le code]

Carte des Cornouailles en cornique.

Il existe un Cornish Language Partnership (en) (Office de la langue cornique) dont la mission est de promouvoir le cornique. En 2008, il existe 3 500 personnes en Cornouailles anglaises et dans le reste du monde capables de s'exprimer en cornique. Il existe des écoles bilingues du nom de Dalleth, équivalent des écoles Diwan de breton par immersion en Bretagne. En juillet 2002, la langue cornique a été officiellement reconnue par les autorités du Royaume-Uni selon la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires - c'est la seule langue régionale reconnue en Angleterre, car les Cornouailles ne bénéficient d'aucun statut comparable à celui du Pays de Galles ou de l'Écosse.

On retrouve du cornique dans des noms propres (patronymes et toponymes) et certains mots du parler anglais de Cornouailles.

Histoire[modifier | modifier le code]

Recul de la langue cornique entre 1300 et 1750.

Après l'arrivée des envahisseurs saxons, la zone contrôlée par les Bretons du sud-ouest est progressivement réduite par l'expansion du Wessex et le brittonique parlé en Domnonée insulaire se retrouve refoulé vers les Cornouailles dès la période du vieux cornique (800-1200). Néanmoins, la langue cornique continue à se développer au début de la période du moyen cornique (1200-1600) pour atteindre un pic d'environ 39 000 locuteurs au XIIIe siècle, après quoi le nombre commence à diminuer. Au fil du temps, la population s'anglicise, surtout à partir du XVIe siècle et de l'imposition de la liturgie en anglais en 1549. Selon la tradition, le décès, en 1777, de Dolly Pentraeth, marchande de poissons et dernière locutrice monolingue connue, aurait fait du cornique une langue morte. Ses dernières paroles auraient été : « Me ne vidn cewsel Sawznek ! » (« Je ne parlerai pas l'anglais ! »). Mais on suppose qu'elle parlait un peu d'anglais et qu'elle n'était donc pas la dernière locutrice monolingue ; il s'agirait plutôt d'un certain Chesten Marchant, réputé dernier locuteur monolingue, qui mourut en 1676. L'existence de locuteurs du cornique est encore attestée au cours du XIXe siècle, et les pêcheurs de la région continuaient de compter en cornique jusqu'aux années 1940. On a retrouvé un certain usage traditionnel de cornique parmi les mineurs des mines de charbon. Mais toujours est-il que Dolly Pentraeth comptait avant le XXe siècle au nombre des dernières personnes capables de parler la langue couramment.

Depuis le début du XXe siècle, on s'efforce de faire revivre la langue, notamment dans des services religieux, des cours pour adultes ou pour enfants (dans quelques écoles primaires et secondaires). Plusieurs centaines de personnes ont ainsi acquis une certaine compétence en cornique, et des milliers y ont été exposés. La littérature en cornique ne cesse de croître ; la littérature en cornique rénové dépasse aujourd'hui en quantité celle du cornique traditionnel. 1 500 personnes environ sont capables de tenir une conversation en cornique. Quelques locuteurs ont même le cornique comme langue maternelle : ce sont les enfants de militants linguistiques.

Orthographes[modifier | modifier le code]

Il y avait trois orthographes avant leur réunification. La première (Kernewek Unys ou Unified Cornish, « cornique unifié ») a été régularisée par R. Morton Nance, auteur du premier dictionnaire cornique contemporain, et repose sur la base du cornique médiéval. Les deux autres émergent pendant les années 1980 : l'une ayant pour but de représenter les sons du cornique médiéval d'une manière plus phonétique (Kernewek Kemmyn, « cornique commun »), et l'autre prenant pour base le cornique du XVIIIe siècle (Curnoack ou Modern Cornish, « cornique moderne »).

Une orthographe standard a été convenu en 2008, qui s'appelle Furv Skrifys Savonek (« forme écrite standard »).

Grammaire[modifier | modifier le code]

La syntaxe est très proche de celle du breton. La phonétique du cornique est aussi relativement proche de celle du breton, mais plus archaïque, proche par certains aspects du breton vannetais. Le vocabulaire se distingue davantage (mais le vocabulaire cornique est plus proche de celui du breton que ne l'est celui du gallois) : il existe nombre de mots qui n'existent ni en gallois ni en breton, et des emprunts à l'anglais (médiéval ou moderne) assez nombreux.

Exemples[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Langues brittoniques.

Ce tableau montre plusieurs mots en cornique (forme écrite standard) avec des équivalents en gallois et en breton.

Cornique Gallois Breton Français
Kernewek Cernyweg Kerneveureg cornique
gwenenen gwenynen gwenanenn abeille
kador cadair kador/kadoer chaise
keus caws keuz fromage
en-mes allanfa/mas er-maez sortie
kodha cwympo kouezhañ tomber
gaver gafr gavr chèvre
chi ti maison
gweus gwefus gweuz lèvre
aber aber/genau aber estuaire
niver rhif/nifer niver nombre
peren gellygen/peren perenn poire
skol ysgol skol école
megi ysmygu mogediñ fumer
steren seren steredenn étoile
hedhyw heddiw hiziv aujourd'hui
hwibana chwibanu c'hwibanat siffler
lowarn llwynog louarn renard

Exemple de texte en cornique[modifier | modifier le code]

(Début de la traduction en cornique du texte mythologique gallois Pwyll Pendeuic Dyued. Orthographe officielle FSS de 2008.)

Pwyll Pensevyk Dyfed o arludh war seyth keverang Dyfed. Hag ev ow tryga yn Arberth, y benn-lys, hwans o dhodho mos helghya. An rann a'y dyr a vynna helghya ynno o Glyn Cuch, ha'n nos na ev eth war y hens a Arberth ha dos bys dhe Llwyn Diarwyd. Hag ena y feu an nos na. Ha ternos, yn yowynkneth an jedh, sevel a wrug ha dos dhe Lyn Cuch, rag dyllo y geun y'n koos. Y hwethas an korn ha dalleth an helva, ha holya y helgeun, ha kelli y geskowetha. Hag ev ow koslowes orth lev y vagas-hel, y klewas lev nep bagas aral hag y nyns ens unnlev, hag yth esens ow tos erbynn y vagas ev.

Hag ev a welas lannergh y'n koos, o leven y don. Ha pan dheuth y helgeun dhe vyn an lannergh, ev a welas karow arag an bagas-hel aral. Hag yn ogas dhe gres an lannergh, ottena'n bagas esa war y lergh ow talhenna ynno ha'y dewla dhe'n dor. Ena y firas orth liw an keun, heb prederi a viras orth an karow. Hag a'n helgeun oll re welsa y'n bys, bythkweth ny welsa keun o unnliw gansa i. Ha'ga liw o gwynn golow splann ha'ga diwskovarn o kogh. Ha kepar del derlentri gwynnder an keun yndella y terlentri koghter aga diwskovarn. Gans henna ev a gerdhas dhe'n keun ha chassya dhe ves an re na a ladhsa an karow, ha bosa y geun y honan war an karow.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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